TOUT EST DIT

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samedi 30 août 2014

Les pendules à l’heure

Et revoici les combattants de la… 36 heure ! Ceux qui, après la bataille des 35 heures, remettent sur le tapis la question de la suppression de la loi Aubry. La mèche a été rallumée par Emmanuel Macron, le sémillant ministre de l'Économie, dans une interview publiée hier par Le Point. Notre « Mozart de la finance » aurait commis un couac monumental en menant la charge contre les 35 heures. Du moins est-ce ce que des commentateurs empressés ont retenu des propos d'Emmanuel Macron, pour mieux monter en épingle ce premier couac du gouvernement Valls 2.
En vérité, qu'a donc déclaré Emmanuel Macron dans cette interview antérieure à une nomination dont il prétend qu'il ne savait rien ? Il suggérait que nous puissions « autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d'accords majoritaires, à déroger aux règles sur le temps de travail et les rémunérations ». Pas de quoi pousser des cris d'orfraie, sauf à vouloir gonfler la bulle médiatique. C'est d'autant plus excessif que Matignon a démenti toute remise en cause… tout en disant à peu près la même chose.
Tout au plus peut-on considérer cette interview comme inopportune, même si elle est intervenue dans un timing que l'intéressé ne maîtrisait pas. Il est sûr qu'au lendemain de la « déclaration d'amour » de Manuel Valls à l'université du Medef, cette prise de position pouvait constituer la goutte d'eau faisant déborder le vase. Surtout chez ceux qui, dans ces périodes de révision des dogmes, assimilent le vocabulaire social-libéral à de l'hébreu.
Tout cela est d'autant plus dérisoire que le débat date d'un autre temps. Après les nombreux aménagements intervenus depuis l'an 2000, la loi Aubry n'est plus qu'un totem autour duquel se prosternent les nostalgiques d'une gauche chimérique. Mieux vaut éviter de réveiller les vieilles querelles puisque personne, à droite, n'a eu le courage de briser le tabou pour aborder dans un climat ouvert les lourds dossiers à venir sur l'assouplissement du marché du travail. Il est temps, pour s'en sortir, que tout le monde mette les pendules à l'heure.