TOUT EST DIT

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dimanche 31 mars 2013

François Hollande persiste


François Hollande connaissait les enjeux pour lui et pour son mandat de cette intervention télévisée. Sur France 2, le 28 mars, le chef de l’Etat n’avait donc pas le droit à l’erreur : il lui fallait absolument rassurer les Français, face à la montée du chômage et à l’affaiblissement des protections sociales.
Au terme de plus d’une heure d’entretien télévisé (pour 45 minutes annoncées), et une tentative prudente d’appel au rassemblement, en invoquant une « République apaisée », François Hollande, en « chef de la bataille », n’a qu’imparfaitement honoré cette feuille de route.
Le pouvait-il vraiment ? Les formules ciselées «  un engagement pour l’emploi», le catalogue des mesures imaginées en 10 mois par son gouvernement, la fameuse boite aux outils faite de plans divers, et les promesses -«  à la fin de l’année, nous serons dans une baisse du nombre de chômeurs » - devraient fatalement rencontrer le scepticisme face à l’augmentation continue du nombre des sans-emploi (on approche en France le record absolu de 1997). Mais surtout ces propos n’ont pas annoncé de rupture dans l’exercice du pouvoir depuis mai dernier : François Hollande a d’abord confirmé la logique mise en œuvre pour tenter de contenir les effets de la crise.
Le président de la République, modeste et pédagogue, n’a pas trouvé les mots de nature à répondre énergiquement au sentiment d’insécurité économique et sociale aujourd’hui dominant. Et il n’a pas répondu au rejet dans une part significative de l‘opinion de réformes de société, comme le « mariage pour tous », mesurable par une hostilité manifestée par plusieurs milliers de personnes devant le siège de France Télévisions avant son intervention.
La prudence dans les choix (le refus de l’austérité, la stabilité fiscale ) soulignée dans une formule «  le redressement, pas une maison de redressement », lui évite de donner le sentiment d’une trop grande fébrilité et témoigne d’une certaine constance. Mais elle donne, dans le même temps, l’impression que la France attend que passe l’orage sans engager de profondes réformes à l’instar de ses voisins européens.
Gardant le cap, François Hollande n’a pas fait naître un nouvel élan pour combattre la crise.

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