TOUT EST DIT

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jeudi 31 janvier 2013

Des ministres gênés par la grève des fonctionnaires

Le gouvernement souligne l'étroitesse de la marche de manœuvre et renvoie au programme de Hollande. Deux fonction­naires sur trois avaient apporté leurs voix à François Hollande en mai 2012, au second tour de la présidentielle. Huit mois après son arrivée à l'Élysée, le président de la République est confronté à la toute première grande journée d'action des fonctionnaires. Les conditions de travail, les suppressions d'emplois dans les secteurs non prioritaires, la baisse du pouvoir d'achat suscitent la grogne des agents du public. Au fil des mois, ils ont déchanté.

Pour les syndicats de fonctionnaires, l'objectif est clairement de mettre la pression sur le pouvoir socialiste avant la réunion du 7 février consacrée aux rémunérations, prévue avec la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu. Pour l'exécutif, il s'agit de tenir, la réduction des déficits publics n'offrant guère de marges de manœuvre. «Il y a forcément une attente qui est forte. Nous sommes attentifs à ce moment », confie un conseiller élyséen, admettant mezza voce que «toutes les marges de manœuvre ne sont pas ouvertes ».
À Matignon aussi, on souligne l'étroitesse des marges de manœuvre budgétaires. «Les syndicats ne sont pas idiots. Ils ont parfaitement conscience de la situation du pays », veut croire un conseiller de Jean-Marc Ayrault, qui relati­vise la grogne syndicale en faisant valoir que seulement «trois syndicats sur huit appellent à la grève » et qu'il s'agit là de «la troisième journée d'action depuis mai ». «Ce mouvement transversal se coagule avec les mouvements au sein des écoles », minimise encore ce conseiller.
D'autres ministres sont plus mal à l'aise sur le sujet, comme gênés à l'égard de cet électorat acquis à leur camp. Aussi préfèrent-ils renvoyer au bilan de la droite. C'est ce qu'ont fait mercredi la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, et la ministre de la Fonction publique lorsqu'elles ont confirmé que le gouvernement planchait bien sur un réaménagement de la rémunération au mérite mise en place sous le précédent quinquennat.
Toujours à jour de la connerie à dire.
La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, n'est pas en reste. «Sous Sarkozy, on disait aux fonctionnaires: vous serez moins, mais on va vous payer plus ! C'est quand même pas terrible comme méthode », s'agace-t-elle. Ancien rapporteur général du budget au Sénat, spécialiste des finances publiques, Bricq estime également que le candidat Hollande n'a jamais fait la moindre promesse concrète aux fonctionnaires, si ce n'est celle du «changement »: «Il y a un contrat qui a été passé avec le pays. Personne n'a été pris par surprise. Relisez ce qu'a dit François Hollande ! C'est un contrat précis avec le peuple.»
Au sein du gouvernement, ils sont de plus en plus nombreux à estimer que le pouvoir socialiste ne doit pas lâcher. Qu'il faut réduire les déficits quoi qu'il en coûte aux socialistes dans l'électorat de gauche. À leurs yeux, le redressement du pays est «la» priorité. «Nous devons accepter l'idée de sacrifier les élections locales en 2014 et 2015», confiait récemment un poids lourd de l'équipe Ayrault. Sinon? La gauche ne parviendra pas à se maintenir au pouvoir, affirmait-il. Voilà un discours qui sera peut-être plus difficile à tenir dans quelques mois, à l'approche des municipales.

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