TOUT EST DIT

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mercredi 8 août 2012

Souffle meurtrier 


C’est un vent mauvais qui souffle sur le «milieu» de l’île de Beauté et qui balaye tout sur son passage. La pègre est un monde sans pitié où l’on assassine ses propres légendes.
Au-delà du sanglant et tristement banal fait divers, le meurtre de Maurice Costa dit quelque chose d’un rapport de force qui s’inverse, d’un pouvoir occulte qui change de mains. L’époque est aux bouleversements, et dans ce monde-là, ils sont forcément violents.
Elle marque en tout cas clairement la fin des parrains corses, représentants de la seule forme de crime organisé née sur notre sol et qui régnait depuis la Première Guerre mondiale sur le grand banditisme français.
Ces gangsters mythifiés par le cinéma et la télévision, qui naviguent aux confluents de la voyoucratie, de la politique et des affaires, se sont longtemps crus intouchables. Ils l’ont été. Ce n’est plus le cas.
Dans le fracas des armes tombent ainsi les uns après les autres les «Beaux mecs», comme les appellent les policiers. À commencer par les membres de la mythique bande de la «Brise de mer» qui tenaient la Haute-Corse, les machines à sous et les cercles de jeux parisiens. Costa est le onzième de ces braqueurs de haut vol à avoir mordu la poussière ces quatre dernières années.
Dans une société d’ordinaire frappée de surdi-mutité, les langues ont commencé à se délier. Et les règlements de comptes à se poursuivre.
Plus personne n’est à l’abri, même pas les «bergers braqueurs» de Venzolasca, au sud de l’île, dont le chef, Ange-Toussaint Federici, considéré comme l’un des derniers hommes forts du milieu, est en prison.
Ces changements marquent sans doute anecdotiquement l’émergence d’une nouvelle génération de gangsters plus crâne-au-feu et moins «embourgeoisés» que leurs aînés. Ils soulignent surtout le retour dans la partie des nationalistes du FLNC qui ont déclaré la guerre à la mafia corse depuis l’assassinat de l’un des leurs en juin 2011.
Pendant ce temps-là, l’État français, impuissant, compte les points. Comme il le fait depuis quarante ans.

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