TOUT EST DIT

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mardi 28 juin 2011

Hugo Chavez, un révolutionnaire du passé ?

Depuis quelques jours, des rumeurs sur l’état de santé de Hugo Chavez, opéré d’un abcès pelvien le 10 juin à La Havane, alors qu’il effectuait une visite officielle à Cuba chez son parrain, Fidel Castro, circulent sur le Net. Les médecins cubains restent muets et le président vénézuélien – habituellement omniprésent dans les médias – brille par son absence. Ainsi, les déclarations de ses ministres assurant que Chavez « récupère » et « donne des ordres depuis Cuba » n’ont pas convaincu l’opposition de droite latino-américaine, qui le tient pour le plus dangereux des extrémistes rouges et rêvent de sa mort. Il est vrai que la disparition subite de « Hugo Boss », qui a financé la plupart des leaders de gauche du continent latino-américain depuis dix ans (Evo Morales en Bolivie, Rafael Correa en Equateur, Hollanta Humala au Pérou, etc.), aurait des conséquences géopolitiques importantes. Rappelons que Chavez est à l’origine de l’« Alternative bolivarienne pour les Amériques » (ALBA, dont sont aussi membres la Bolivie, Cuba, le Nicaragua, l’Equateur, etc.), dans le cadre duquel le Venezuela, riche en pétrole, octroie de nombreux prêts et dons aux voisins « anti-impérialistes ». Dans ce même contexte tiers-mondiste, l’homme à la chemise rouge (qui s’est fait voter les pleins pouvoirs) a noué des relations stratégiques avec la Libye de Kadhafi (recevant le prix Kadhafi des Droits de l’homme) et l’Iran du président Mahmud Ahmadinejad, dont il soutient les projets nucléaires. Certes, d’autres leaders latino-américains poursuivront la « revolucion ». Mais aucun successeur n’a son charisme et son culot démagogique parfois proche de la folie. Egalement surnommé « fléau de l’oligarchie et héros des pauvres », ou même « El Comandante », en référence à Che Guevara, Hugo Rafael Chavez Frias fait figure de héros des antimondialisations lorsqu’il réclame la disparition du Fonds monétaire international, ou appelle les pauvres à prendre les biens des riches…. Idolâtré au sein d’une certaine gauche tiers-mondiste comme d’une certaine extrême droite anti-américaine, il développe régulièrement dans son émission « Alo Presidente », le thème du « complot des oligarchies financières » pro-américaines et le Satan israélien, d’où son succès dans le monde islamique. Pour le président iranien, Ahmadinejad, ou le Hamas palestinien, Hugo Chavez est « le champion de la lutte anti-impérialiste ». Depuis 2005, l’Iran et le Venezuela ont passé 200 accords de commerce portant sur 25 milliards de dollars. A l’occasion de la réélection d’Ahmadinejad contestée de 2009, Chavez fut le premier chef d’Etat du monde à souhaiter « bonne chance » à son « frère ». Concernant les révolutions arabes, il a soutenu les pires dictateurs (Bachar al-Assad en Syrie, Kadhafi en Libye) qui, comme Ahmadinejad, matent dans le sang les révolutionnaires. Comme ses alliés dictatoriaux syrien, iranien ou libyen, Chavez en est resté aux schémas de la guerre froide et il n’a pas compris que les nouveaux révolutionnaires réclament un ordre nouveau et de nouvelles figures.

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