TOUT EST DIT

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dimanche 10 octobre 2010

LE COINS DES CATHOS.


Synode, mode d'emploi


Instance d’animation collégiale de l’Église, le Synode des évêques est le fruit d’un va-et-vient entre les préoccupations du terrain et les instances de décision romaines

L’idée de ce synode est venue de Mgr Louis Sako, évêque de Kirkouk (Irak), devant l’exode des chrétiens de son pays. Appuyée auprès du pape par le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, elle a été concrétisée par Benoît XVI à l’issue de la réunion des patriarches à Castel Gandolfo, le 19 septembre 2009.

Il ne s’est donc écoulé qu’une petite année, un délai inhabituellement resserré, avant sa mise en œuvre. Sa durée, deux semaines, sera également très courte. Peut-être parce que les Orientaux sont familiers d’un fonctionnement synodal : c’est ainsi que la plupart élisent leurs évêques, demandant ensuite l’assentiment du pape. Le processus est jalonné de cinq phases, portant des noms latins.

Les lineamenta («grandes lignes»), publiées le 8 décembre 2009, ont été élaborées par deux groupes de six à huit personnes, dont les présidents de dicastères romains concernés : les cardinaux Walter Kasper (Unité des chrétiens), Jean-Louis Tauran (Dialogue interreligieux), Ivan Dias (Évangélisation des peuples). Le P. Samir Khalil, jésuite (Université St-Joseph de Beyrouth), a pris une part déterminante à ces travaux, finalisés par le patriarche émérite de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah. Traduits en arabe, français, anglais et italien, ils ont été très largement distribués, aux patriarches, évêques et paroissiens qui avaient quatre mois pour réagir.

L’Instrumentum Laboris («Document de travail»), rédigé à partir de toutes les réactions, a été remis par le pape aux évêques concernés à Chypre, le 6 juin dernier.

Dès le début du Synode, Mgr Antonios Naguib, patriarche copte d’Alexandrie, rapporteur général, présentera la Relatio ante disceptationem , rapport préalable au débat, qui devrait donner quelques lignes fortes.

Après les premiers jours, marqués par les interventions en séance plénière des pères synodaux, limitées à huit minutes et traduites en quatre langues, les participants se divisent en « circuli minores » (carrefours linguistiques) devant aboutir à des travaux qui permettront au rapporteur d’élaborer une Relatio post disceptationem , présentée le 18 octobre.

Le samedi 23 octobre devrait être voté l’ Elenchus finalis propositionum (liste finale des propositions) constitué des propositions, amendées, puis votées avec un placet (oui) ou non placet (non).

Ces propositions sont en partie reprises par le pape sous la forme d’une exhortation apostolique post-synodale, qui engage ainsi l’autorité de l’Église.
Frédéric MOUNIER, à Rome