TOUT EST DIT

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mercredi 4 août 2010

Le nerf de la guerre


Le très brillant succès des athlètes français aux championnats d'Europe de Barcelone inspire, et c'est compréhensible, des éloges unanimes. Non seulement parce que les 18 médailles remportées renouent avec un record inconnu depuis soixante ans, mais parce qu'elles font un contraste saisissant avec l'épisode désolant de l'équipe de football à la dernière Coupe du monde. La cohésion, la sobriété, le sérieux et, surtout, la fraîcheur des athlètes et de leur mentalité accusent ces différences. Mieux, on se plaît à relever que ces disciplines par nature individuelles ont inspiré à l'équipe de France un authentique esprit collectif. Au reste - on l'aura remarqué sur les images -, les champions médaillés chantaient « La Marseillaise ». Ce qui change de l'image habituelle de footballeurs bredouillants ou gênés pendant l'exécution de l'hymne national.

Les analyses convergent : le nerf de la guerre - si c'en est un -est dans un cas le maillot et la nation qu'il symbolise, dans l'autre la prestation et les contrats qu'elle fait escompter. On mesure à l'occasion les limites de l'économie de marché. Elle excelle à faire fonctionner l'activité économique, sauf dérives financières, mais elle ne sait pas inspirer l'enthousiasme de ses pratiquants. Les enjeux de l'athlétisme n'étant pas - ou pas encore -économiques et financiers, les résultats ne dépendent pas des transferts du « mercato », des investisseurs, d'une stratégie de multinationales utilisant des joueurs devenus apatrides. Ils sont la récompense de petits clubs artisanaux, servis par des entraîneurs bénévoles, au service d'athlètes engagés dans le combat contre leurs propres limites plutôt que contre un adversaire désigné, ce qui est le propre des jeux sportifs mimant la guerre ou les jeux vidéo. En quoi l'athlétisme, cet incontestable paradigme du sport, est plus proche de la civilisation. On lui souhaite de le rester, à la satisfaction des sportifs plutôt qu'à la recherche des spectateurs payants.

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