TOUT EST DIT

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mercredi 7 juillet 2010

L'heure des comptes



Comment dire ? Devant l'emballement de l'affaire Woerth, l'éditorialiste politique ne peut qu'éprouver un sentiment de malaise et d'impuissance. En l'absence de preuves, où se niche la vérité dans l'écheveau de la communication dissimulatrice, du harcèlement caricatural et des vrais-faux mensonges ? Faudrait-il se résigner à hésiter entre l'omission et l'injustice ? A entendre le ministre du travail, hier soir sur TF1, on pourrait imaginer que la presse d'un grand pays démocratique comme la France est mue par l'affabulation, la volonté de nuire, le goût du scandale. Et aux ordres du Parti Socialiste. Une presse sadique déterminée à faire la peau d'un ministre, bien sûr. Un peu court tout de même. Si elle n'était qu'un scandale monté de toutes pièces l'affaire Woerth n'aurait pas duré trois jours ! Alors si elle a pris une telle ampleur, c'est parce que ses zones d'ombre n'ont pas été éclaircies et que ses interrogations -légitimes- n'ont pas trouvé de réponse convaincante et définitive. On sait -hélas- que les démentis les plus catégoriques, généralement surjoués avec talent, n'ont pas valeur de garanties d'innocence. On aura remarqué aussi qu'ils restent très aériens : on a attendu en vain une contradiction argumentée contre les déclarations de l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt. Une démonstration précise et percutante aurait sans doute suffi à lever les doutes d'une opinion qui n'aime guère l'injustice. On l'attend toujours... Les enveloppes occultes d'argent liquide pour financer les partis ? Arrêtons de faire comme si on découvrait cette « horreur » en poussant des cris d'orfraie ! Tout le monde se doute bien qu'elles existent toujours et qu'elles prospèrent en période électorale. Comment croire que Mme Bettencourt ait pu se contenter d'un don de 4 500 euros réglementaire ? A peine, pour elle, l'équivalent d'un carambar... Mais nous sommes au bal des faux-jetons où la candeur est un masque bien utile. On peut y jouer la vertu outragée, et parfois ça marche. Bien sûr que la présomption d'innocence doit être respectée. Bien sûr que l'honneur d'un homme a un prix élevé. Bien sûr qu'il ne faut pas offrir sur un plateau des arguments aux forces d'extrême droite. A l'heure des comptes, pour la morale politique comme pour le budget de rigueur, ce ne sont pas des raisons suffisantes pour s'éxonérer de dénoncer toutes les dérives qui, à la longue, minent une démocratie bien davantage que des articles de journaux.

Olivier Picard

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