samedi 6 septembre 2014
François Hollande, les «sans-dents» et le cynisme de la gauche morale
Un extrait du livre de Valérie Trierweiler sur François Hollande souligne, de façon glaçante, la schizophrénie qui existe entre discours public et propos privés.
On peut ne pas avoir l'âme d'un inspecteur, savoir qu'un homme n'est que contradictions, reconnaître qu'il y a toujours un décalage entre les mots et les choses et être stupéfait par l'extrait du livre de Valérie Trierweiler sur François Hollande et les pauvres. «En réalité, il n'aime pas les pauvres. Lui l'homme de gauche dit en privé: “Les sans-dents” très fier de son trait d'humour.» Par bienveillance, on peut y voir une énième blague du monsieur qui est en est le spécialiste, mais la bienveillance a des limites. En lisant ces mots, on ne peut s'empêcher de penser à la lettre d'Antoine de Saint-Exupéry à André Breton dans laquelle il fustigeait une société de surveillance où «l'homme n'est plus jugé sur sa qualité d'être mais sur son formulaire, où les manifestes tiennent lieu de cœur». Des manifestes, François Hollande en a signé. Des formulaires, il en a rempli. Toujours impeccables. Pas un mot qui dépasse: le Bien à toutes les pages. Ami des petits, des sans-grade. Ennemi de la finance. «J'aime les gens», on est riche à «4000 euros». A un million, c'est 75%!
Mais derrière le sourire qui accompagne, en général, ces déclarations, il faut sans doute voir la satisfaction de celui à qui on ne la fait pas. Une forme low-cost de Talleyrand confiant à l'abbé Louis lors de la messe de la fête de la Fédération: «Par pitié, ne me faites pas rire.» La vérité est que le chef de l'Etat est le représentant ultime d'une génération politique fascinée par Mitterrand et qui, sans avoir ni sa finesse, ni sa culture, a confondu le cynisme et le talent, désappris tout ce qui ressemblait à de la loyauté, du courage, de la profondeur et en est réduite aux déclarations d'estrades, au serment de canton, aux complots d'arrière-boutiques. Un machiavélisme middle-class. Tout cela n'est pas nouveau, mais sans invoquer les grandes vertus, il est juste de rappeler que cette génération n'a cessé, elle, de la faire, la morale. Qu'elle a dit le bien et le mal. Sans nuance et sans précaution, elle est la reine de l'invective, de l'anathème, de la condamnation. De Théâtre du Rond-Point en concerts solidaires, elle a passé trente ans la main sur le cœur. Était-il sec? Les sans- dents, les sans-influence, les sans-combines, les sans-carrières connaissent désormais la réponse.
Les sans un sou aussi, ceux que nous sommes, n'achetons pas ce truc qu'on nomme pompeusement livre....c'est à chier !
Cherchez l’erreur
Ce n’est pas bien de copier dès la rentrée ! Nos confrères de Valeurs actuelles titrent leur numéro du 4 au 10 septembre : « L’ayatollah ». Ils parlent de Najat Vallaud-Belkacem. Toute ressemblance avec la une de Présent du 28 août dernier serait évidemment fortuite.
Et le directeur général de Valeurs actuelles,Yves de Kerdrel, accusé d’incitation à la haine raciale (bienvenue au club !), invite, le dictionnaire à la main, les responsables du Parti socialiste comme de SOS Racisme à relire avec lui la définition que le dictionnaire Larousse donne du mot « ayatollah » : « personne aux idées rétrogrades qui use de manière arbitraire et tyrannique des pouvoirs étendus dont elle dispose ».
N’est-ce pas que c’était bien trouvé ?
« Il n’y a donc dans ce titre choisi par Valeurs actuelles, comme dans les huit pages que notre hebdomadaire consacre à la Ministre de l’Education nationale, pas la moindre allusion de nature raciste ou confessionnelle », conclut Kerdrel.
Il aurait pu ajouter (mais la culture de sa famille d’idées est davantage celle du Figaro) qu’il y a quelques années, une personnalité du Front national tout ce qu’il y a de plus Français de souche avait été surnommée « l’ayatollah Cassoulet ». Ce qui est bien la preuve de la non-confessionnalité de l’expression. Qui d’ailleurs avait été prise avec humour.
Nous ne demanderons pas de « droits d’auteur » à Valeurs actuelles qui fait le buzz avec cet emprunt. Après tout on ne copie que les meilleurs.
La charge de Philippe Bilger contre le livre de Valérie Trierweiler
Philippe Bilger a pris le temps de lire le livre de Valérie Trierweiler, «Merci pour ce moment». Il nous donne ses impressions sur une œuvre qu'il juge dévastatrice et indécente.
Quel gâchis que ce livre!
Je ne me suis pas contenté des extraits et je suis allé au bout et puis-je dire que je suis à bout?
Il se murmure qu'aux côtés de Valérie Trierweiler, Laurent Binet y aurait contribué, mais cela ne change rien à mon point de vue.
Ces pages écrites dans l'urgence, composées dans le secret et publiées sans vergogne représentent à la fois une sale action et une indécence humaine. Ce n'est pas l'étrange bienveillance quasiment corporatiste dont deux journalistes éminentes duMonde ont fait bénéficier l'ouvrage qui me fera modifier mon appréciation.
J'avoue à ma grande honte que si le président Sarkozy avait pâti d'un tel traitement, j'aurais approuvé celui-ci avec un contentement laid et sadique. Mais force est de reconnaître qu'il a su mieux choisir et aimer que François Hollande. Cécilia Attias a écrit sur son ex-époux avec délicatesse et dignité et à un moment qui ne prêtait pas à équivoque et à polémique. Je n'imagine pas une seconde que Carla Bruni-Sarkozy, si son couple venait à se séparer, abandonnerait son occupation principale - parvenir à faire entendre sa voix et ses chansons - pour se livrer à une telle charge vulgaire.
Je comprends l'attitude de ceux qui à gauche comme à droite s'indignent devant ce déballage. Stéphane Le Foll, Claude Bartolone, Hervé Mariton et Nicolas Dupont-Aignan, notamment, ne le liront pas. Il n'y a que Brice Hortefeux, hypocrite, qui déplore tout en se félicitant de l'image négative donnée du président.
Pour ma part, contrairement à certains critiques, je préfère lire avant de juger.
Que cette chronique subjective et aigre soit le fait d'une «favorite répudiée» ulcérée plus que jamais de l'avoir été ne rend pas forcément absurde et partial l'ensemble de sa vision de François Hollande.
Que son entreprise ait été largement rémunérée et élaborée selon un processus qui révélait que Valérie Trierweiler avait évidemment conscience de ses effets ravageurs et qu'elle les désirait ne prive pas cependant de pertinence toutes ses analyses.
Etait-il toutefois absolument nécessaire de s'abandonner à cet exhibitionnisme dévastateur pour que la personnalité de François Hollande, pour ceux qui ont un peu le sens de la psychologie, soit enfin dévoilée? Faut-il être d'une sagacité indépassable pour deviner ce qu'il y a dans l'être intime de notre président à la fois de faiblesse et d'autorité, de peur, de méfiance et de défiance et en même temps d'aptitude au bonheur et de goût de la séduction? Est-il si difficile de percevoir que chez lui, comme chez tout séducteur qui sait ne pas pouvoir compter exclusivement sur lui mais sur l'aura et le pouvoir qui l'entourent, il y a eu et il y aura une part de misogynie? Convient-il d'être bouleversé parce qu'on nous affirme qu'il lui arrive de mentir dans l'intimité et d'être lâche quand il choisit de répondre à une question gênante par une désinvolture de fuyard? Il est obsédé par les sondages qui baissent et par les médias, paraît-il. Quelle nouvelle!
Le président de la République ne sort pas grandi par la relation de petites choses qui, en effet, font de lui moins un homme normal qu'une personnalité tristement banale.
Mais pour le reste qui est l'essentiel? Le quolibet - les «sans-dents» - qui manifesterait sa dérision à l'égard des pauvres, son mépris de la famille Massonneau, sa sécheresse et sa volonté permanente de la laisser sur «la touche», l'illégitimité qu'elle ressentait et qu'il aggravait, leur projet de mariage brutalement avorté parce qu'il avait commencé sa liaison avec Julie Gayet?
Pour ma part, aussi déplaisant que puisse apparaître François Hollande à ses adversaires et sans doute à nombre de ses alliés et soutiens - il lui en reste un peu! -, il me semble extravagant de lui imputer ce cynisme, cette haine, cette condescendance à l'encontre des humbles et des modestes, de lui refuser sa sincérité contre la misère, sauf à donner à des échanges provocateurs privés, qui peuvent surgir chez nous tous, une dimension politique et sociale sérieuse.
La version de Valérie Trierweiler est-elle d'ailleurs exacte? L'Elysée dément et conteste ces allégations. On comprend que François Hollande soit «atterré»: on le serait à moins sans que cela valide en quoi que ce soit les coups ciblés de cette dernière. Même si elle n'a pas eu tort de mettre en lumière les ambiguïtés de l'histoire amoureuse et politique entre Ségolène Royal et François Hollande, j'attache cependant infiniment plus de crédibilité à celle qui a été sa compagne durant longtemps, la mère de ses enfants et qui est autant imprégnée d'humanisme que Valérie Trierweiler. Ségolène Royal a formellement contredit cette image d'un François Hollande sarcastique et dédaigneux des affres de la misère.
Ainsi, une compagne du président durant vingt mois à l'Elysée, majoritairement détestée par les Français, écrirait un livre et elle devrait être crue sur parole? Oublie-t-on qu'elle a trouvé le moyen de commencer à affecter sa présidence par un comportement ridicule à la Bastille le 6 mai 2012, qu'elle a sciemment dégradé l'autorité présidentielle le 12 juin 2012 par son tweet de soutien à Olivier Falorni et qu'elle n'a cessé de répéter par la suite qu'elle était en train de s'habituer à son nouveau statut sans qu'à l'évidence elle y parvienne? Faut-il alors s'étonner que François Hollande, échaudé, ait eu tendance à se mettre à l'abri en tentant autant que possible de l'exclure, elle, de moments officiels importants et même d'une rencontre avec Nelson Mandela? Est-il choquant de se mettre à la place de François Hollande en l'approuvant d'avoir favorisé sa tranquillité personnelle au détriment d'une emprise jalouse et d'une susceptibilité souvent blessée?
La pantalonnade de la rue du Cirque, ce qu'elle révélait de la vie intime du président, certes, n'étaient pas reluisants, et la France était moquée comme si elle était dans le placard de ce vaudeville. La souffrance, l'humiliation de Valérie Trierweiler étaient évidemment authentiques, mais heureusement passagères, puisque l'indécence de ce livre, pour une femme qui avait bataillé pour l'intimité de leur vie privée, montre qu'elle s'est guérie par une lamentable vengeance. On sait que l'arrangement financier dont elle a bénéficié lors de son départ de l'Elysée le 25 janvier 2014 n'était pas à son désavantage et qu'il semblait exclure tout livre de ce type et en de telles circonstances où elle jouit de son coup de force éditorial.
La focalisation sur les attaques perfides qu'elle distille l'ont fait réagir et affirmer qu'elle avait éprouvé «une vive admiration» pour le président et qu'elle ne regrettait rien. L'amante offensée qui a écrit cherche à faire illusion: ce serait la journaliste qui devrait avoir le dernier mot! Et on a droit à «… Je ne compte plus ses reniements. Sait-il encore où est sa gauche?» Mais l'apothéose est toute de nostalgie et de passion: «Puis-je seulement avoir été aimée autant que j'ai aimé»!
Comme c'est grand, sincère et émouvant! Le fin mot de tout cela n'est-il pas, derrière la mousse apparente, de montrer qu'elle serait encore désirée par cet inconstant qui lui aurait transmis la bagatelle de 29 SMS le 3 juillet 2014 et qui aspirerait «à la regagner comme une élection» .
Mais, pour qui a ce livre entre les mains, c'est une honte. Il ne lui demandait que d'être belle: il pressentait que le pire était à venir.
L’austérité en Grèce, c’est concret : "Je dois prendre l’avion pour aller accoucher"
Aujourd’hui, quatre ans après, je suis enceinte de mon deuxième enfant, qui arrivera en janvier 2015, et l’histoire se répète. L’hôpital n’a toujours pas ouvert à cause des coupes budgétaires dans le budget de la santé, mais aussi du manque de médecins. À cause de mon diabète, je dois réaliser des tests sanguins toutes les trois semaines avec un médecin spécialisé. Je dois prendre le bateau ou l’avion pour aller à Athènes faire ces tests. J’ai calculé que chaque nouveau bébé me coûte donc environ 5 000 euros.
Santorin, dans l’archipel de Cyclades au sud de la Grèce, est considérée comme l’une des plus belles îles du monde. Un paradis pour les touristes, mais pas forcément pour ses habitants. Notre Observatrice nous explique qu’elle va devoir accoucher sur le continent tant les services médicaux de son île ont été laminés par la politique d’austérité."Chaque nouveau bébé me coûte 5 000 euros"
Georgia N. est une habitante grecque de l’île de Santorin. Enceinte de son premier enfant en 2011, elle découvre qu’elle est atteinte de diabète gestationnel, une forme de diabète qui apparaît lors d'une grossesse.
la construction d’un hôpital de 50 lits a démarré en 2008. Il devait être prêt déjà pour la naissance de mon premier enfant et disposer de tous les équipements nécessaires : plusieurs salles d’accouchement et de maternités, des salles d’examens… tout ce dont une personne comme moi, qui a été diagnostiquée avec un diabète de grossesse, a besoin. J’ai attendu le dernier moment, mais voyant que l’hôpital n’était pas opérationnel, j’ai décidé d’aller à Athènes pour accoucher. J’y ai passé un mois en observation, pour faire tous les tests, alors que si j’avais pu accoucher à Santorin je n’y serai resté qu’une semaine maximum. À l’époque, je me suis dit que mon prochain enfant naîtrait à Santorin.
"Même une infection urinaire pour un nouveau né peut être catastrophique à Santorin"
Le plus gênant, c’est que la moindre complication médicale ici peut avoir de graves conséquences. Un mois après sa naissance, mon premier enfant a fait une infection urinaire. Il a fallu prendre en catastrophe un vol pour Athènes pour qu’il reçoive le traitement approprié.
Il y a une clinique privée à Santorin, mais elle n’est pas adaptée pour les accouchements et est horriblement chère pour un Grec. Les seuls qui peuvent prétendre y être soignés sont les touristes, mais uniquement pour des "petits" problèmes. S’ils ont par exemple un accident de voiture, ils ne pourront pas être opérés là bas et devront être évacués vers Athènes.
Le plus gênant, c’est que la moindre complication médicale ici peut avoir de graves conséquences. Un mois après sa naissance, mon premier enfant a fait une infection urinaire. Il a fallu prendre en catastrophe un vol pour Athènes pour qu’il reçoive le traitement approprié.
Il y a une clinique privée à Santorin, mais elle n’est pas adaptée pour les accouchements et est horriblement chère pour un Grec. Les seuls qui peuvent prétendre y être soignés sont les touristes, mais uniquement pour des "petits" problèmes. S’ils ont par exemple un accident de voiture, ils ne pourront pas être opérés là bas et devront être évacués vers Athènes.

Selon notre Observatrice, le matériel médical est encore sous plastique comme sur ces photos prises en 2011. Photo publiée ici.
L’hôpital de Santorin, symbole des restrictions budgétaires dans la santé publique
Les finances du ministère de la Santé ont été durement touchées par l’austérité lancée dès 2009 par le gouvernement grec. Entre 2009 et 2011, le budget de l’hôpital public a été réduit de 25 % et un tiers des hôpitaux étaient menacés de fermeture. La Grèce est par ailleurs devenue l’un des pays de l’Union européenne qui a les dépenses de santé les plus basses. Une situation qui a provoqué plusieurs manifestations de médecins ces dernières années dans le pays.Santorin n’est pas la seule île grecque à ne pas disposer de centre de santé et dont les malades les plus sérieux doivent être évacués vers Athènes. Elle est toutefois même la seule à disposer d’un hôpital flambant neuf - quoi que jamais ouvert.
En 2008, le ministre de la Santé grecque, Dimitris Avramopoulos, avait pris la décision de construire cet hôpital pour répondre aux besoins médicaux grandissants des 15 000 habitants de l’île, mais aussi des nombreux touristes. En 2007, 92 000 patients s’étaient rendus dans l’ancien centre médical de l’île, aujourd’hui fermé, qui était déjà totalement submergé par les demandes.
Depuis, le projet d’hôpital est au point mort, à tel point qu’un collectif d’habitants, dont Georgia Nomikou fait partie, ont lancé une pétition sur Internet pour en réclamer l’ouverture. Le collectif espère récupérer 15 000 signatures, soit le nombre symbolique d’habitants de l’île Santorin.

Les locaux de l'hôpital sont à l'abandon depuis la fin des travaux, mais le matériel n'a pas bougé. Photo publiée ici.
vendredi 5 septembre 2014
Qui sont les « sans-dents » ?
Censée désigner les pauvres, l’expression les "sans-dents" attribuée à François Hollande par son ex-compagne Valérie Trierweiler dans son livre "Merci pour ce moment" - en librairie depuis ce jeudi - renvoie à une dure réalité : une part importante de Français doit renoncer à tout soin dentaire par manque d’argent. Etat des lieux.
Ce n’est guère étonnant, mais plus que jamais d’actualité : l’accès aux soins bucco-dentaires dépend du niveau de revenu, au point que les plus pauvres sont le plus souvent obligés de s’en passer. Selon une étude de l’Insee publiée en juillet dernier, ce sont en moyenne 7% des Français qui s’abstiennent chaque année de consulter un dentiste alors qu’ils en ressentent le besoin. Et dans 50% des cas, le motif de ce renoncement est le coût de la consultation. Un réflexe qui plus est récurrent : 40% des personnes ayant une première fois renoncé à faire soigner leurs quenottes, y renoncent également l’année suivante.
Bien évidemment, si elles ne peuvent s’offrir ces soins très coûteux, c’est parce qu’elles sont le plus souvent démunies de toute couverture complémentaire. Ainsi, selon un sondage de l’Ifop, 46% des Français ayant dû renoncer à une consultation dentaire ne disposaient pas d'une mutuelle santé. Résultat : pour les plus pauvres, l’expression « sans-dents » prend malheureusement tout son sens. L’ONG Médecins du Monde a par exemple estimé que les patients recourant à ses centres d’accueil comptent en moyenne 5,3 dents manquantes. Une proportion qui grimpe à huit dents pour ceux âgés de 40 à 59 ans, et même à quinze pour les malades de 60 ans et plus.
Mais que ceux disposant d’une mutuelle ne se réjouissent pas trop vite : tous ne sont pas, en effet, égaux devant la "roulette". Après avoir passé au crible 870 contrats complémentaires, la DREES (organisme statistique rattaché au ministère de la santé) vient de confirmer qu’il valait mieux être salarié d’une grande entreprise et du coup bénéficier d’un contrat collectif, qu’indépendant ou retraité et devoir se tourner vers un contrat individuel. Alors qu’elle coûte environ 750 euros, une prothèse dentaire est en moyenne remboursée à hauteur de 327 euros aux premiers, contre 218 euros aux seconds (33% de moins). Quant aux implants dentaires, facturés aux alentours de 2.000 euros pièce, si le remboursement atteint 337 euros en moyenne dans le premier cas, il tombe à 201 euros dans le second (40% de moins).
Le « reste à charge » n’est cependant pas le seul frein à la consultation du dentiste. Il faut signaler aussi l’état de santé général : selon l’étude de l’Insee, moins on est bien portant, plus on tend à renoncer à prendre rendez-vous… Enfin, plus surprenant, la sensibilité à la douleur : 25% des Français qui renoncent à se faire soigner les dents expliquent leur refus de consulter par la peur du dentiste ! Bref, il y aurait aussi des "sans-dents" chez les "riches douillets".
Déclin françaDéclin français : les déterminants politiques et éthiques (5) La démagogieis : les déDéclin français : les déterminants politiques et éthiques (5) La démagogieterminants politiques et éthiques (5) La démagogie
Comment la démocratie a-t-elle pu se pervertir jusqu’à la démagogie ?
D’une manière plus générale, on assiste à une incapacité du pouvoir politique à proposer un changement qui s’apparente même de façon très édulcorée à la rigueur. Quant au mot austérité, il est devenu une insulte imprononçable dans une société qui ne se caractérise pourtant pas par son académisme linguistique. La détérioration gravissime de la situation financière des États occidentaux au début du 21ème siècle permet de mettre en évidence l’extrême faiblesse des dirigeants politiques face à l’opinion. Les dettes accumulées, qui menacent l’existence même de certains États, devraient inciter à des mesures drastiques, surtout dans des sociétés riches qui peuvent aisément faire baisser leur niveau de vie pour retrouver une santé financière. On assiste au contraire à des hésitations, voire à des refus chez les dirigeants de réduire les dépenses publiques.
Au cœur des interactions déterminant le devenir d’une civilisation se trouve le politique. Il interagit nécessairement avec l’économique, le social, le juridique et l’institutionnel. Quant à l’aspect éthique, il est indissociablement lié au politique qui porte les valeurs déterminant la vision de l’avenir et les modalités de l’action. Cinq concepts politico-éthiques constituent la base intellectuelle du déclin de la France au début du 21e siècle :l’idéologie, le dogmatisme, le repli sur les acquis, l’hédonisme et la démagogie.
Il existe probablement une contradiction fondamentale entre l’évolution économique de l’Occident et la démocratie. Les valeurs porteuses de démocratie sont centrées sur la vertu au sens le plus traditionnel : rigueur morale voire austérité, respect des principes et des formes, idéalisme.
L’évolution économique de l’Occident a conduit à une production de masse mal régulée et à l’addiction du grand nombre à de petits plaisirs inconsistants liés à la consommation de biens ou de services. La consommation devient pour beaucoup d’occidentaux un objectif : il faut posséder certains biens ou avoir accès à certains services (restaurants, voyages par exemple) et chacun sera jugé sur son habileté à les obtenir. N’a-t-on pas fait circuler l’information qu’un Président de la République française aurait prétendu que celui qui ne possédait pas une montre Rolex à 50 ans avait raté sa vie ? Peu importe d’ailleurs que l’information soit juste ou fausse : personne, pas même un Président de la République, n’est à l’abri de telle ou telle affirmation trop rapide et caricaturale. Ce qui est intéressant, c’est qu’un tel propos ait été relevé. Il pouvait être utilisé par les médias car il est significatif de l’époque et de ses valeurs : l’hédonisme, le matérialisme, la surévaluation de l’apparence.
Société du spectacle
Un tel terrain est particulièrement propice au développement rapide d’une plante très vénéneuse : la démagogie. L’aspect le plus visible de l’emprise de la démagogie sur la pratique politique des démocraties est sans doute le glissement de la représentation au spectacle. Nos démocraties sont traditionnellement des régimes représentatifs, c’est-à-dire que le peuple s’exprime par la voix de représentants élus (députés, sénateurs, élus locaux). Jusqu’au milieu du 20ème siècle, ces représentants n’avaient que des relations épisodiques avec leurs électeurs sous forme de réunions ou d’entretiens. Avec les moyens de communication de masse, l’élu est omniprésent, et cela ne concerne pas seulement les leaders politiques. Il devient indispensable de participer à des émissions télévisées ou radiodiffusées, d’avoir un site internet, de diffuser de la documentation écrite. La scène politique devient un spectacle permanent. S’adresser directement à ses électeurs peut avoir des effets positifs en permettant un effort explicatif sur des problèmes complexes. Mais la dominante a plutôt consisté à construire un message politique en fonction des sondages d’opinion.
Le modèle est l’étude de marché précédant la mise au point d’un produit : il s’agit de répondre aux désirs du client. En matière politique, on entre alors dans le populisme : l’objectif est de séduire l’électeur-client-spectateur en lui proposant un programme conforme à ses désirs latents et non plus de présenter un programme conforme à l’intérêt général. Le populisme est plus marqué aux extrêmes que dans les partis de gouvernement. En Italie, Silvio Berlusconi a été un exemple presque caricatural de populisme de gouvernement. En France, le Front national en est le représentant le plus emblématique. Il surfe sur n’importe quel thème porteur : l’émigration, l’insécurité, l’hostilité primaire à la construction européenne, et plus récemment les thèmes sociaux. Tout est bon pour capter un électorat.
La haine de la rigueur
D’une manière plus générale, on assiste à une incapacité du pouvoir politique à proposer un changement qui s’apparente même de façon très édulcorée à la rigueur. Quant au mot austérité, il est devenu une insulte imprononçable dans une société qui ne se caractérise pourtant pas par son académisme linguistique. La détérioration gravissime de la situation financière des États occidentaux au début du 21ème siècle permet de mettre en évidence l’extrême faiblesse des dirigeants politiques face à l’opinion. Les dettes accumulées, qui menacent l’existence même de certains États, devraient inciter à des mesures drastiques, surtout dans des sociétés riches qui peuvent aisément faire baisser leur niveau de vie pour retrouver une santé financière. On assiste au contraire à des hésitations, voire à des refus chez les dirigeants de réduire les dépenses publiques.
L’exemple de la France est particulièrement illustratif : le problème des déficits pourrait être vite résolu si on augmentait les prélèvements à large assiette, par exemple la TVA, la CSG, de quelques pourcents et si l’État supprimait de multiples interventions coûteuses et inefficaces. Mais le sujet est tabou, principalement parce que cela induirait une diminution de la consommation des ménages. Augmenter la TVA de 2 ou 3% changerait-il quoi que ce soit de significatif au niveau de vie des ménages ? Bien évidemment non. Mais la démagogie est devenue telle que l’adversaire politique pourrait utiliser l’argument et drainer un électorat supplémentaire de mécontents. Il faut donc, pour faire bonne figure, proposer uniquement du bonheur consumériste additionnel.
Les débats politiques médiatisés sont ainsi devenus d’une pauvreté conceptuelle affligeante et il est permis de douter qu’il en aille autrement dans le petit cercle des décideurs. Peu importe la faisabilité de telle ou telle proposition ou ses chances de pérennité à long terme, peu importe l’efficacité d’une mesure ; il s’agit de réussir sa communication et de transmettre un message simple de façon plaisante. Ne pas ennuyer, ne pas déranger, ne pas penser surtout : édulcorer ou caricaturer. Nous sommes face à des illusionnistes, à des magiciens, qui doivent enchanter ou assombrir le réel selon qu’ils exercent le pouvoir ou sont dans l’opposition. Il existe une véritable bulle de la communication politique, de plus en plus déconnectée de la description réaliste de la société. Internet accentue encore la tendance par la technique du buzz, permettant de diffuser rapidement et massivement une information ou un document, indépendamment de sa fiabilité.
La démocratie ne consiste pas à faire plaisir au peuple mais à le respecter. Elle n’a pas pour fonction de le rendre heureux mais de lui attribuer le pouvoir de décision. La démagogie consiste au contraire en faux semblants, en promesses sans lendemain, en mépris déguisé. Polybe, théoricien politique grec de l’antiquité (200-118 av JC) pensait qu’il existait un cycle des régimes politiques comportant six phases successives : la monarchie, la tyrannie, l’aristocratie, l’oligarchie, la démocratie et l’ochlocratie. Il semble que nous soyons en fin de cycle : selon les grecs anciens, l’ochlocratie est un état de décomposition de la société et d’affaissement moral qui aboutit à la disparition du pouvoir politique, jusqu’à ce qu’apparaisse un homme providentiel qui rétablit la monarchie. Est-ce là notre destin ?
Réponse à Loïc Clerc, de Marianne
Réponse à Loïc Clerc, de Marianne
J’ai beaucoup apprécié le long compte rendu de Loïc Clerc, de Marianne, concernant mon livre, Au coeur du volcan - Flammarion. Il est ambigü à souhait. Tout en fustigeant mon ouvrage et en le tournant en dérision, il choisit explicitement d’en parler à la place du livre de Mme Trierweiler qui accapare l’attention des médias, et par la même, rend un bel et singulier hommage Au coeur du volcan. Pile ou face? Sa critique principale porte sur la manière dont je parle de l’ancien président, qui selon lui, confine à l’idolâtrie: "Sarko, mon héro". En vérité, je lui en suis reconnaissant car il prouve bien par là-même que mon ouvrage n’a rien de déloyal, contrairement au reproche qui m’a été fait… Dommage, je crois qu’il passe à côté de l’essentiel, c’est-à-dire la crise du pouvoir politique. Il y a un point sur lequel je suis particulièrement en désaccord avec lui et sur lequel je voudrais répondre. Cet article m’accuse de ne pas aimer les journalistes. Rien n’est plus faux: j’ai une profonde et sincère estime pour le métier d’informer et l’aurais probablement choisi si je n’avais pas été aspiré par les concours de la fonction publique. Cependant, c’est vrai, je suis choqué sinon révolté par les articles qui ne sont pas destinés à apporter une information mais à insulter, lyncher, ou traîner dans la boue. D’ailleurs, je n’appelle pas cela du journalisme. J’ai trouvé détestables, non pas les critiques, mais les injures envers le président Sarkozy, du genre "le voyou de la République". Qui ne l’eût pas été de voir son "patron" traité de la sorte? Je raconte dans mes carnets l’émotion ressentie à cette découverte, ce qui est assez logique puisque j’y rend compte de mes sentiments au jour le jour.
jeudi 4 septembre 2014
Le livre scandale
Le livre scandale
On savait la sortie du livre imminente. Depuis longtemps déjà, même les socialistes, sans trop le dire, étaient choqués. Mettre sur la place publique, ses sentiments les plus personnels et ses états d’âme sous couvert d’analyse, était d’autant plus malvenu que le pays est en crise et le chômage en augmentation permanente. Si la tendance est à briser quelques tabous, encore ne faut-il rien exagérer : certains secrets doivent demeurer des mystères. Certes, en France, quiconque touche à la politique a l’obligation quasi morale d’écrire. Mais tout est question de calendrier. Aussi M. François Rebsamen, ministre du Travail, est sage d’avoir différé la sortie de son bouquin sur les coupes du monde de football qu’il a écrit à ses moments perdus, entre deux contrôles de chômeurs.
Humiliation publique, affaire publique
Humiliation publique, affaire publique
Tout est sinistre dans le livre de Valérie Trierweiler. Sinistre l’ouvrage lui-même, sinistre l’idée qu’il ait pu être écrit, sinistre la démarche vengeresse d’une femme humiliée. Mais sinistre aussi le personnage de François Hollande que dessine son ancienne compagne : cynique, froid, manipulateur, dissimulé, calculateur, inconstant et lâche, tellement lâche…
Passé le premier sentiment d’écœurement, c’est l’effarement qui l’emporte. Ainsi donc, ce Président qui s’était construit une image de type sympa, ne résistant pas à l’effet d’une bonne blague, rond et rose, souriant et dispo, ainsi donc cet homme normal est celui-là ? Sinistre. Bien sûr, ses affidés expliqueront qu’il s’agit d’une affaire privée, qu’ils ne liront pas le livre, que toute cette boue indécente ne regarde pas les affaires de l’Etat. C’est faux. Car cette humiliation publique laissera de profondes traces.
Personne, en effet, quelle que soit sa résistance à l’adversité, ne peut rester insensible à la violence de cette charge. Depuis l’instant où le livre est paru, François Hollande sait que tous ses interlocuteurs, ses proches, ses collaborateurs, le regardent autrement. Et le jugent sur le plan humain. Même s’il est totalement privé d’affect, son comportement ne peut pas ne pas en être perturbé.
Et ce qui est vrai pour son premier cercle le sera aussi pour les Français comme pour tous ses interlocuteurs étrangers. Incapable d’obtenir des résultats, menant une politique à l’opposé ou presque de ce qu’il avait promis à ses électeurs, déstabilisé par l’érosion constante de sa majorité, le voici humilié dans sa personne privée. Impopulaire comme personne avant lui pour sa politique, démasqué pour son inélégance et son manque total de valeurs personnelles, il entraîne avec lui la fonction présidentielle. Comment peut-il encore espérer retrouver une once de crédibilité ?
Christian Delporte : «Hollande paie au prix fort la confusion vie privée-vie publique»
L'historien spécialiste de la communication politique Christian Delporte analyse les conséquences pour François Hollande de la publication du livre de Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment.
Le livre de Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, est, selon ses premiers lecteurs, «dévastateur» pour le chef de l'Etat, à tel point que François Hollande est, selon Le Parisien, «atterré» par cette publication. Quel sera selon vous l'impact de cette œuvre sur la popularité du président?
Christian DELPORTE: Je ne pense pas qu'il faille raisonner en matière de popularité. Après tout, François Hollande n'est déjà plus qu'à 16% d'opinions positives dans les sondages. Comment voulez-vous qu'il aille plus bas?
En revanche, ce livre risque d'avoir un effet dévastateur sur l'un des rares atouts du président: on le trouvait jusqu'ici encore sympathique. D'après les premiers extraits publiés çà et là dans les journaux, les communicants de l'Elysée vont avoir du pain sur la planche pour protéger cette image positive…
Dans ce livre, l'ancienne compagne de François Hollande raconte sa relation avec ce dernier, au quotidien, dans les bons comme dans les mauvais moments. Elle raconte notamment que le chef de l'Etat continuait de la contacter après leur séparation, en lui disant qu'il «allait la regagner, comme si j'étais une élection». Attaquer la personnalité propre du Président de la République, est-ce la dernière étape du discrédit? Peut-on encore aller plus loin?
Ce qui se passe ici est le dénouement d'une longue histoire du dévoilement de l'intime par les hommes de pouvoir, les dirigeants d'entreprise et les chefs politiques. De Gaulle pensait qu'il fallait du mystère et de la distance autour des grands de ce monde. Or, l'homme qui exerce le pouvoir est depuis devenu un homme ordinaire, recherchant avant tout le lien affectif, la proximité avec ses compatriotes, la sympathie du public: toutes les mises en scène des enfants et des femmes des hommes de pouvoir vont dans ce sens.
Ce qui me frappe, c'est qu'on assiste à une rupture. Jusqu'ici, ce système fonctionnait car il était sous contrôle. Là, François Hollande semble être dépassé par la machine médiatique et la communication présidentielle est juste mobilisée pour tenter d'éteindre l'incendie.
François Hollande a répété à l'envi, durant la campagne de 2012, qu'il souhaitait être un «président normal», proche des Français, et dont il partagerait les aléas quotidiens. Paie-t-il aujourd'hui sa propre volonté de transformer la fonction présidentielle? Tout a commencé avec l'affaire Gayet, où Hollande s'est retrouvé pris à son propre piège. Sa posture, adoptée pendant sa campagne présidentielle, et s'opposant à la «peopolisation» de Nicolas Sarkozys'est alors brisée. En 2012, Valérie Trierweiler était ainsi en retrait, et le candidat Hollande refusait de l'utiliser comme argument politique pour séduire les électeurs.
L'affaire Gayet a ensuite eu un effet inverse. Il est entré, dans la pire des situations et à son corps défendant dans la peopolisation, en contradiction avec sa volonté et son message politique. Il a été victime d'une évolution qui s'est produite avant lui qui a rendu la presse de plus en plus inquisitrice sur la vie privée des politiques et l'opinion de plus en plus réceptive à son dévoilement.
C'est une procédure déjà ancienne. Giscard d'Estaing avait déjà, à son époque, mis en scène sa famille, et plus particulièrement ses enfants, qu'on pouvait voir dans Paris Match ou Point de Vue. On avait même eu droit à une couverture médiatique du mariage de ses filles. Cependant, cette mise en scène était encore contrôlée et pensée pour créer une identification de la famille française à cette famille Giscard.
Alors que le président accumule les crises (politique, diplomatique avec la Russie, économique), ce nouveau camouflet peut-il être tourné à son avantage? Peut-il utiliser cette publication pour regagner la sympathie des Français?
A mon avis, François Hollande a surtout intérêt à baisser la tête, laisser passer l'orage et montrer qu'il se bat pour la France. Plus que jamais, la séparation entre vie privée et vie publique doit être claire et sans faille. Tout ce qu'il dira sur Valérie Trierweiler le desservira ; il doit montrer qu'il ne se préoccupe même pas du dérisoire, des règlements de compte, et que seul importe son combat pour notre pays.
Le 18 septembre, il y aura sans doute une question des journalistes, durant la conférence de presse de l'Elysée, à ce sujet ; mais nul doute qu'il éludera la question grâce à une réponse préparée par ses communicants.
Attaqué sur sa politique, sur son autorité, son ambition, et maintenant sur sa personnalité, François Hollande peut-il quand même songer aux prochaines présidentielles de 2017?
En politique, on n'est jamais mort. Le facteur politique me semble plus important que le facteur personnel. La vraie question devient alors: son noyau dur d'électeurs lui reste-t-il fidèle? D'après un sondage paru après le remaniement, les électeurs qui regrettent le plus le départ d'Arnaud Montebourg sont ceux du Front National et du Parti de Gauche, tandis que seulement 33% des électeurs de François Hollande - autant que ceux de Nicolas Sarkozy! - regrettent l'ancien ministre du Redressement productif. Cela peut révéler que la ligne Valls est soutenue par la majorité des socialistes, mais aussi que son électorat ne veut plus aucun couac gouvernemental.
Paris envisage une action «militaire» contre l'État islamique
À l'issue d'un conseil restreint de défense, dédié à la situation en Irak, François Hollande a précisé mercredi que cette réponse, «si nécessaire militaire», devait s'inscrire «dans le respect du droit international».
L'inflexion est notable. À l'Élysée, il n'est désormais plus exclu de répondre par les armes au défi lancé par les djihadistes de l'État islamique. Mercredi soir, à l'issue d'un conseil restreint de défense sur la situation en Irak, François Hollande «a souligné l'importance d'une réponse politique, humanitaire et si nécessaire militaire dans le respect du droit
international», a fait savoir la présidence française dans un communiqué. «La France entend poursuivre une concertation étroite avec l'ensemble de ses partenaires pour que cette réponse soit coordonnée dans tous les domaines et se montre à la mesure d'une menace globale qui est devenue grave», précise le même texte. François Hollande s'est entretenu mardi par téléphone avec le président irakien, le Kurde Fouad Massoum.
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| L'abruti en discours. |
Il y a encore une semaine, le discours était encore sensiblement différent. Dans son adresse aux ambassadeurs, qui fixe les grandes lignes de la diplomatie française pour l'année à venir, François Hollande avait consacré une bonne partie de son discours à la menace représentée par l'État islamique. Il avait notamment soulignée l'aide humanitaire déjà délivrée aux populations persécutées et les armes fournies aux forces kurdes. «Nous ne pouvons en rester là», avait laissé présager le président de la République, appelant de ses vœux la réunion à Paris d'une conférence internationale sur la sécurité en Irak. François Hollande avait néanmoins posé comme condition la constitution d'un gouvernement irakien.
Le ton monte dans les chancelleries occidentales
L'exécution mardi d'un second ressortissant américain, le journaliste Steven Sotloff, semble avoir accélérée les choses. Et le ton est monté d'un cran dans les chancelleries occidentales. «Ces actes horribles ne font qu'unir notre pays et renforcer notre détermination à combattre ces terroristes», a notamment réagi Barack Obama, le président américain en a même fait une affaire personnel en promettant de détruire l'État islamique. La Maison-Blanche a indiqué que le président américain s'apprêtait à consulter ses alliés de l'Otan, qui doivent se retrouver jeudi et vendredi en Estonie, pour «développer une coalition internationale et dessiner une stratégie». Pour sa part, l'Union européenne s'est dit «plus que jamais engagée à soutenir les efforts internationaux pour combattre l'État islamique»
Outre le soutien aérien américain et les armes délivrées aux forces kurdes, les États-Unis ont envoyé au total 820 soldats et conseillers américains dont les 350 annoncés la veille pour conseiller les troupes irakiennes et protéger le personnel américain. Même Berlin a brisé un véritable tabou ce week-end. L'Allemagne a fait une entorse à sa politique depuis le Seconde Guerre mondiale en décidant l'envoie d'armes à destination des combattants kurdes. Paris avait déjà sauté le pas et un premier convoi est arrivé en Irak fin août. Les hommes de l'État islamique ont conquis de vastes territoires dans le Nord de l'Irak et en Syrie voisine depuis le mois de juin. Durant le seul mois d'août, au moins 1420 personnes ont été tuées dans les violences en Irak, selon un décompte de l'ONU.
Ségolène Royal
La présidente de Poitou-Charente n'a pu retenir ses larmes après son échec au second tour de la primaire PS, le 9 octobre 2011. Avec moins de 7% des voix, Ségolène Royal se place en 4e position, loin derrière Arnaud Montebourg. Une lourde défaite pour celle qui fut candidate aux élections présidentielles de 2007 face à Nicolas Sarkozy.
Ségolène Royal est la fille de Jacques Royal, colonel d'artillerie et de Hélène Dehaye, qui eurent huit enfants. Elle a été la compagne de François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, avec qui elle a eu quatre enfants. Leur séparation a été annoncée en juin 2007.
Après l'ENA , elle adhère au Parti socialiste en 1978, à la section du 6e arrondissement de Paris. De 1984 à 1988, François Mitterrand lui confie les affaires sociales et l'environnement. Sa carrière politique prend son véritable essor au niveau national à partir du gouvernement Bérégovoy, en 1992, dans lequel elle est ministre de l'Environnement.
Poitou-Charentes
Puis, de 1997 à 2000, elle est ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du gouvernement Jospin. De 2000 à 2002, elle est ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées. En 2004, elle conquiert le conseil régional de Poitou-Charentes dont elle devient présidente. Elle est reconduite dans ses fonctions en mars 2010 avec 60% des voix contre 40 pour son opposant le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau.
Première femme
Le 16 novembre 2006, elle est désignée au premier tour par 60,65 % des 178 000 militants socialistes comme candidate officielle du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007. Elle devance Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Le 22 avril 2007, après une campagne menée tambours battants elle accède au second tour de l'élection présidentielle française avec 25,87 % des voix (contre 31,18 % à son rival Nicolas Sarkozy).
Une apogée médiatico-politique qui se soldera par un échec à l'issue du second tour mais qui marquera fortement les esprits en France. En effet, Ségolène Royal a été la première femme à accéder au second tour d'une présidentielle. En avril 2013, elle est nommée ministre de l'Ecologie, de l'Environnement et de l'Energie.
Ségolène Royal est la fille de Jacques Royal, colonel d'artillerie et de Hélène Dehaye, qui eurent huit enfants. Elle a été la compagne de François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, avec qui elle a eu quatre enfants. Leur séparation a été annoncée en juin 2007.
Après l'ENA , elle adhère au Parti socialiste en 1978, à la section du 6e arrondissement de Paris. De 1984 à 1988, François Mitterrand lui confie les affaires sociales et l'environnement. Sa carrière politique prend son véritable essor au niveau national à partir du gouvernement Bérégovoy, en 1992, dans lequel elle est ministre de l'Environnement.
Poitou-Charentes
Puis, de 1997 à 2000, elle est ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du gouvernement Jospin. De 2000 à 2002, elle est ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées. En 2004, elle conquiert le conseil régional de Poitou-Charentes dont elle devient présidente. Elle est reconduite dans ses fonctions en mars 2010 avec 60% des voix contre 40 pour son opposant le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau.
Première femme
Le 16 novembre 2006, elle est désignée au premier tour par 60,65 % des 178 000 militants socialistes comme candidate officielle du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007. Elle devance Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Le 22 avril 2007, après une campagne menée tambours battants elle accède au second tour de l'élection présidentielle française avec 25,87 % des voix (contre 31,18 % à son rival Nicolas Sarkozy).
Une apogée médiatico-politique qui se soldera par un échec à l'issue du second tour mais qui marquera fortement les esprits en France. En effet, Ségolène Royal a été la première femme à accéder au second tour d'une présidentielle. En avril 2013, elle est nommée ministre de l'Ecologie, de l'Environnement et de l'Energie.
Livre de Trierweiler : "Le président normal est mis à nu"
"Merci pour ce moment" est disponible depuis ce jeudi matin. Un "coup de grâce" pour Hollande, d'après les éditorialistes.
Valérie Trierweiler, l'ex-compagne de François Hollande, porte "le coup de grâce" au président de la République dans un ouvrage - publié ce jeudi - aux allures de "grand déballage" et de "règlement de comptes", estiment jeudi de nombreux éditorialistes. L'ancienne première dame, qui "repousse jusqu'au malaise les frontières du mélange des genres entre vie publique et vie privée", "choisit son moment pour décocher l'attaque la plus perfide", écrit Cécile Cornudet dans Les Échos. "Alors que François Hollande voit une partie de ses troupes s'interroger sur la sincérité de son engagement à gauche, elle le décrit comme un homme qui n'aime pas les pauvres... On appelle ça un coup de grâce."
Valérie Trierweiler "a livré un cadeau de rupture dévastateur", en décrivant
François Hollande comme "un être dénué d'affect (...), mais surtout un cynique s'asseyant carrément sur son électorat", renchérit Philippe Waucampt (Le Républicain lorrain). "Elle va lui coller à la peau, cette phrase sur la famille pas très jojo de sa compagne, ou celle sur les pauvres, les sans-dents..." "Aujourd'hui, la femme trompée, humiliée, congédiée raconte. Cynisme et indifférence, boniment et condescendance : le président normal est mis à nu. Le spectacle est affligeant, l'obscénité à son comble", assure Yves Thréard (Le Figaro), avant d'asséner : "Vie privée, vie publique, le mensonge est partout sur l'Aventin élyséen.""Étalage impudique et consternant"
"Parce qu'on déteste la vulgarité et la bassesse, on ne devrait pas parler du livre de Valérie Trierweiler. Néanmoins, on va le faire", avoue Jean-Marcel Bouguereau (La République des Pyrénées). "Parce qu'il dit l'époque. Parce qu'il dit l'homme qui nous gouverne. Et parce qu'il faut bien reconnaître que nous sommes voyeurs, ce qui dit tout autant l'époque. Une époque où les journaux people font des tirages faramineux et où la presse d'information se meurt..." Pourtant, ajoute-t-il, "si l'affaire a des allures de comédie de boulevard, comme les tragédies, elle pourrait se clore par la mort (politique) de son principal personnage".
Avec "cet étalage impudique et consternant des divagations d'un couple qui n'en était pas vraiment un", souligne Jacques Camus, "c'est un ultime engagement de campagne qui s'effondre : celui de ne point exposer sa vie privée à la manière d'un Nicolas Sarkozy dont les épanchements familiaux font pourtant figure, rétrospectivement, d'aimable bluette à côté de l'actuel Dallas élyséen". Mais "le plus grave" dans cette affaire, affirme Bruno Dive (Sud-Ouest), est que "l'ouvrage de Valérie Trierweiler porte atteinte à une fonction présidentielle déjà passablement dégradée". La journaliste de Paris Match"croyait ne pointer que les faiblesses d'un homme. C'est l'image et l'aura de la fonction suprême qu'elle abîme."
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