vendredi 8 février 2013
L’euro fort est-il la seule cause de tous nos problèmes ?
François Hollande estime "qu'une zone monétaire doit avoir une politique de change, sinon elle se voit imposer une parité qui ne correspond pas à l'état réel de son économie". La monnaie unique est-elle un bouc émissaire ?
Jean-Paul Betbèze : L’euro est notre plus gros handicap en termes politiques, parce qu’il montre à tous notre faiblesse politique, qui vient de la crise économique et financière que nous vivons et de nos tensions internes, par rapport à d’autres pays qui sont mieux en ordre de bataille. Il montre que nous sommes un point faible de l’économie mondiale, entre dollar, yen et livre sterling qui veulent baisser et yuan qui veut bien monter, mais à son rythme. Nous sommes ainsi un espace d’ajustement des tensions, ce qui ne nous arrange évidemment pas, parce que ceci accroît encore nos propres difficultés internes.
Bruno Bertez : La France, au fil des ans, a perdu beaucoup de compétitivité. Elle tente timidement, d'enrayer la dégringolade de cette compétitivité L'action se concentre sur la baisse des charges d'un côté et une politique de relative austérité de l'autre. Pour parler clairement, il s'agit d'une action que l'on peut qualifier de modérément déflationniste. Le fait que cette action, pour des raisons politiques soit insuffisante doit être souligné, mais ce n'est pas notre propos. Notre propos est que pour être cohérente, éviter la récession et une montée du chômage en France, cette action doit être complétée par une dévaluation, une baisse du change. Dans les temps anciens, face à ce problème, on annonçait une dévaluation et on la complétait par des mesures dites d'accompagnement, qui sont précisément des mesures d'austérité. L'ensemble était cohérent : d'un cote on pèse sur la demande interne, de l'autre on bénéficie d'un surcroît de demande externe grâce à la devise moins chère Avec la monnaie commune arrimée à une sorte de Deutsche Mark en filigrane, il est évident que non seulement il n'est pas possible de dévaluer, mais en plus, le change est trop élevé.
Toutes proportions gardées, la France se trouve dans la position de Pierre Laval en 1935 quand il a imposé une baisse des prix et salaires et a refusé de dévaluer malgré les conseils de Jacques Rueff.
Alexandre Baradez : Effectivement, il est intéressant de constater la forte divergence de point de vue entre la France et l’Allemagne sur le niveau de valorisation de l’euro. La France par la voie de son président au Parlement européen a clairement expliqué qu’on ne pouvait pas laisser la devise européenne fluctuer au gré de l’humeur des marchés. Moins de 48 heures plus tard, le porte-parole de la chancelière allemande prenait exactement la posture inverse en expliquant que la hausse de l’euro était la marque d’un retour de la confiance des investisseurs en zone euro.
Aujourd’hui, l’euro n’est évidemment pas le seul handicap de l’Europe. Quel est le problème majeur ? Celui du retour de la croissance. Et on sait que la croissance se fait sur 3 axes majeurs : la consommation, l’investissement et enfin les exportations. On sait que la consommation va rester atone en raison de l’envolée du chômage qui frise les 12 % en zone euro. Les exportations commencent à repartir et, sur ce point-là, un euro plus faible serait un atout compétitif supplémentaire. Il suffit de voir la politique menée par le Japon pour se rendre compte de l’enjeu…Mais, un des points les plus importants, reste indéniablement l’investissement. Et là, il y a un réservoir de croissance majeur. Les investisseurs étrangers commencent progressivement à revenir en Europe en raison des réformes structurelles engagées dans de nombreux pays mais pas suffisamment pour créer un «choc de croissance ». Il y a également les investissements qui vont découler du futur budget européen, budget qui cristallise les tensions à l’heure actuelle entre les partenaires européens.
Jean-Paul Betbèze : L’économie française est quasiment en récession, et tous ses secteurs industriels, sauf les engrais (en liaison avec les bons prix des céréales) et l’aéronautique (grâce à Airbus). Le reste de l’industrie est plat ou en baisse. Mais on sait que le prix des avions se fait en dollar, ce qui menace la rentabilité d’Airbus. Pour bénéficier de l’euro fort, il faut être très bien positionné, dans des niches, en haut de gamme, ce qui n’est pas vraiment le cas de la France. En milieu de gamme, où nous sommes, la compétitivité prix est importante, et ce qui se passe nous affaiblit. Quant au luxe par exemple, que l’on dit insensible au prix, il faut faire attention car il y a des limites à tout, puisque notre luxe se répand largement, autrement dit ne concerne pas seulement les très très riches.
Bruno Bertez : Il faut préciser que ma réponse ci-dessus est une réponse de pure logique. Si on pèse sur la demande interne et que l'on veut éviter la montée du chômage en France, il faut élargir les débouchés externes et dans le court terme, cela n'est possible que par la dévaluation. Il est évident que toute politique ne se juge qu'en regard des objectifs qu'elle se fixe et des choix et sacrifices qu'elle accepte en contrepartie. On ne peut restructurer une économie, la rendre compétitive sans douleur, or le gouvernement, fidèle en cela à son idéologie voudrait accomplir ce miracle d'une reconquête de l'efficacité sans effort et sans douleur, c'est ce qui explique son rêve, sa demande, son trépignement d'enfant gâté auprès des Allemands : aidez nous, favorisez une baisse du change européen.
La dévaluation telle que nous la comprenons et telle que les allemands la comprennent vise à faire l’économie de l'effort et de la douleur . Les socialistes marchent sur la tête, ils croient que la solution aux problèmes de compétitivité, c'est la baisse du change, tout comme ils croient que la solution au problème de la croissance, c'est l’augmentation de dettes ! La réalité économique est que les avantages procurés par les baisses du change sont temporaires, éphémères et qu'en revanche les dégâts faits par une politique laxiste, inflationniste, dévaluationniste durent très longtemps. Aucun secteur ne bénéficie sur le long terme d'une baisse du change, on ne voit pas en quoi une destruction du pouvoir d'achat de la monnaie pourrait etre positive a qui que ce soit qui marcherait sur les pieds et non sur la tête. Appauvrir les Français n'est une solution à aucun problème, sauf ceux des gens de gauche, cela augmente leur clientèle.
Alexandre Baradez : A un cours proche des 1.35$, l’euro évolue presque exactement au milieu du couloir dans lequel il évolue depuis mi-2008, c’est-à-dire entre 1.20$ et 1.50$. Une bonne partie de la hausse récente de l’euro est un simple phénomène de rattrapage de la baisse majeure subie au plus fort de la crise de la dette avant l’intervention de la BCE à l’été dernier.
En terme de conséquence, le Trésor estime que, à taux d’intérêt constant, une hausse de 10% de l’euro contre toutes les devises de contrepartie entraînerait une baisse du PIB de 0.6%. Quand on sait que la France enchaîne les trimestres de croissance nulle, on comprend mieux l’impact que cela peut avoir. Mais il y a un effet positif malgré tout qui se répercute positivement sur la consommation. L'économie française étant fortement dépendante des importations, une hausse de la devise européenne nous permet d’importer moins cher et donc de laisser les prix sous pression favorisant ainsi la hausse du pouvoir d’achat, or la consommation créé de la croissance.
Il y a également un effet positif sur l’importation de matières premières souvent libellées en dollar. La hausse de l’euro les rend moins cher et permet d’éviter les tensions inflationnistes. Les entreprises qui en souffrent sont celles qui exportent sur les Etats-Unis ou l’Asie et notamment le Japon avec l’affaiblissement brutal du yen.
Jean-Paul Betbèze : Cet épisode est différent parce que la France est en quasi récession, entourés de pays voisins qui baissent leurs salaires et qui nous concurrencent par les prix dans l’automobile, par l’exportation des biens, ou par l’immobilier ou l’agriculture, en « exportant » des salariés roumains ou, maintenant, espagnols. Aujourd’hui, la concurrence se fait beaucoup par les salaires en zone euro, où la dévaluation est par construction impossible, et si l’euro monte encore, les salaires devront baisser plus, pour exporter et croître, pour des produits de milieu de gamme.
Bruno Bertez : La France n'a jamais souffert de quoi que ce soit en raison d'un euro fort. Au contraire nous avons bénéficié de l'euro fort ... pour faire les imbéciles. Au lieu de saisir la chance historique d'une monnaie incontestée, de taux bas, de l'afflux de capitaux, nous avons consommé, gaspillé, accumulé dettes et déficits improductifs. Quelle gabegie ! Nous avons bénéficié d'un cadeau tombé du ciel, le Mark Allemand et nous l'avons gâché par le laissez aller, la veulerie, la facilité, la surestimation nationale.
Si, à la faveur des taux bas et de l'afflux des capitaux rendus possibles par un euro fort, nous avions investi, afin de produire des biens internationalement négociables, nous aurions les moyens de rembourser nos dettes, de mettre au travail nos enfants et les moyens de parler haut en Europe au lieu de mendier, please, donnez-nous un euro faible.La France, en tant que pays du milieu entre les pestiférés du sud et les biens portants du nord continue dans la voie de la facilité en quémandant un affaiblissement du change. La France veut jouir, pas produire. La jouissance crée peu d'emplois.
Alexandre Baradez : On ne peut pas considérer que, par le passé, la zone euro ait réellement souffert d’un « euro fort ». Le pic de l’euro face au dollar a été atteint en 2008, quelques semaines avant l’effondrement de Lehman Brothers et la propagation fulgurante de la crise financière. L’euro est passé de 1.16$ en 2005 à plus de 1.60$ à la mi-2008 soit 38% de hausse. Au cours de cette même période, entre 2006 et 2008 notamment, la croissance annuelle du PIB de la zone euro évoluait à plus de 2.5%.
Mieux, on peut clairement considérer que l’euro fort à ce moment-là nous a protégés d’une poussée inflationniste surtout lorsque le prix du baril de pétrole (WTI) est monté à plus de 140$ alors qu’il se négocie actuellement à 95$...l’euro fort à cette époque a clairement préservé une partie du pouvoir d’achat des particuliers et a permis de limiter les coûts d’approvisionnement en énergie (pour les entreprises également)
Jean-Paul Betbèze : L’euro fort actuel peut fragiliser les équilibres politiques en zone euro par la montée des populismes (Espagne, Italie…). Les populismes ne sont pas la réponse aux réformes structurelles, qui doivent se faire dans un contexte européen. Au contraire. Ils peuvent déboucher sur des politiques de réduction des dépenses publiques locales, désorganisées, concurrentielles au sein de la zone, sans bénéficier des économies d’échelle et d’organisation qu’elle permet. Il s’agit d’éviter le moins disant salarial dans le privé et le moins disant organisationnel dans le public. Si la zone euro doit peser, elle ne peut fonctionner avec des Etats affaiblis et un budget européen rogné. Il faut donc réformer, mais de façon coordonnée, structurée, coopérative au sein de la zone euro, pour la renforcer.
Bruno Bertez : L'euro fort, si tant est qu'un euro à 1,35 contre dollar soit un euro fort, l'euro fort est comme tout dans la vie, ce peut être la meilleure et la pire des choses. Tout dépend de ce que l'on en fait, des objectifs que l'on poursuit, des priorités que l'on se donne. Ce qui compte dans une politique économique, c'est sa cohérence. Lorsque l'on mène des politiques brouillonnes, de type Gribouille alors aucune politique ne donne de résultats, on n'a que les inconvénients sans jamais aucun bénéfice.
La première chose à faire est définir l’horizon de son action, on ne gère pas de la même façon selon que l'on vise les sondages, les échéances des élections municipales ou la réélection dans 4 ans! Le temps est déterminant. A la faveur d'un euro fort, vous bénéficiez de taux très bas, vous pouvez rouler votre dette, consolider sa maturité, bref, vous pouvez desserrer la contrainte financière, le fameux mur de l'argent. Le tout c'est de savoir ce que vous faites des marges de manoeuvres ainsi crées. Vous pouvez les distribuer pour qu'elles soient consommées. Vous pouvez réduire les prélèvements qui pèsent sur l'effort productif, vous pouvez reprendre en mains tout ce qui dysfonctionne, et Dieu sait s'il y de quoi faire .
L'euro fort, pour des gouvernants qui ont le sens national et le sens de l'histoire, devrait être une raison d'accélérer les restructurations du système français sous tous ses aspects, tous. C'est une opportunité, un créneau pour l'action. Pleurnicher pour un euro plus faible est une idiotie au plan international dans le climat actuel marqué par la persistance de la crise financière en Europe. Compte-tenu de la situation pourrie dans laquelle se trouvent les Italiens et l'Espagne, on devrait se lever chaque matin et remercier le ciel d’être arrimé aux allemands et prier pour qu'ils ne nous laissent pas tomber.
Alexandre Baradez : Une partie de la réponse se trouve un peu plus haut, notamment dans la distinction entre la consommation, les investissements et les exportations.Résumer ou attribuer le manque de compétitivité de la France - et même de l’Europe - au seul niveau de la devise est évidemment un raccourci un peu simpliste…même si bien entendu, le niveau de la devise a une influence sur les exportations qui elles-mêmes participent à la croissance, la sortie de crise ne pourra se faire que par le retour et la hausse significative de l’investissement en France (et en Europe).
Un des facteurs aggravant de la crise de la dette en zone euro a été la fuite des capitaux de la zone euro provoquant notamment l’envolée des taux d’emprunt des pays fragiles. Stimuler l’investissement est sûrement le meilleur moyen d’initier un cercle vertueux permettant d’inverser durablement la courbe du chômage et de favoriser la consommation.
Les fonctionnaires vont rester à la diète
La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a confirmé aux syndicats ce 7 février que la valeur du point d'indice servant de base au calcul des rémunérations serait de nouveau gelée pour 2013. C'est la troisième année consécutive. En revanche, elle est prête à favoriser l'évolution de carrière des très basses rémunérations (la catégorie "C") et à ouvrir le chantier d'une refonte des grilles. La ministre souhaite aussi continuer le mouvement de diminution du nombre des corps. Pour les syndicats, le compte n'y est absolument pas, ils songent donc fortement à mobiliser...
C'est non ! Le point d'indice qui sert de base de calcul à la rémunération des 5,2 millions de fonctionnaires ne sera pas revalorisé en 2013. La ministre de la Fonction publique, recevant ce jeudi 7 février les syndicats, a été très claire : « Il n'y aura pas de remise en cause du gel du point d'indice pour 2013 ». Cela fera donc trois ans que ce fameux point d'indice est gelé. Sa dernière revalorisation (0,5%) remontant à 2010. Mais la contrainte budgétaire est telle que les syndicats ne se faisaient pas trop d'illusions, sachant que chaque hausse du point d'indice de 1% augmente de 800 millions d'euros la masse salariale des agents de l'Etat et de 1,8 milliard celles de l'ensemble des administrations publiques.
Des mesures pour les très faibles rémunérations
Marylise Lebranchu a néanmoins annoncé des "mesures immédiates" pour les catégories C, c'est à dire les plus basses rémunérations, pour améliorer leurs carrières. Le coût de ces mesures, a-t-elle précisé, devrait être pour les trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) de quelque 16 millions d'euros. Très concrètement, les fonctionnaires de catégorie C bénéficieront de la « suppression du contingentement de l'accès au 8ème échelon pour l'ensemble des corps", ce qui leur permettra d'améliorer leur rémunération en grimpant plus facilement dans la grille hiérarchique... Mais celle-ci est tellement « tassée » que le bond ne sera pas énorme. Quelque 126.000 agents seraient potentiellement concernés.
Vers une refonte des grilles...
A plus long terme, la ministre a proposé aux syndicats l'ouverture d'un cycle de négociation « sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations ». A cet égard, on sait Marylise Lebranchu hostile à la rémunération « au mérite » instituée sous Nicolas Sarkozy. La ministre souhaite aussi inclure dans le cycle de négociation la réforme du système des grilles. L'objectif serait celui d'une plus grande simplicité et d'une harmonisation de l'organisation statutaire entre les trois fonctions publiques afin de favoriser les mobilités et les parcours professionnels.
... et la poursuite de la diminution du nombre des corps
Concrètement, il s'agira de poursuivre le travail entamé depuis des années sur la diminution du nombre de corps. Selon un rapport parlementaire de 2012, la politique de fusions des corps de fonctionnaires s'est déjà traduite par la suppression de 327 corps entre 2005 et 2011. Il en reste environ 330 ! Et l'objectif des prédécesseurs de Marylise Lebranchu était de porter le nombre de corps à 230 à l'horizon 2018. Moins il y a de corps, plus la fluidité et les passerelles entre les différents métiers de la fonction publique est aisée.
Grogne des syndicats qui songent à mobiliser
Du côté des syndicats, on estime donc, sans surprise, que le compte n'y est absolument pas. D'autant plus que l'emploi et l'abrogation de la journée de carence -- non indemnisée -- figurent également à leur cahier de doléances. Mais, là aussi, tout en ne fermant pas complètement la porte s'agissant de la journée de carence, la ministre met régulièrement l'accent sur les "contraintes budgétaires" pesant sur le gouvernement. Bref, ça risque de tanguer dans la fonction publique, FO annonçant déjà dans un communiqué "qu'elle prendra ses responsabilités". Et la CGT veut "construire des mobilisations les plus unitaires possibles pour peser sur les choix du gouvernement". Un nouveau dossier pour la majorité à traité avec tact !
Les mesures choc des sénateurs pour lutter contre les déserts médicaux
Les sénateurs s'attaquent aux déserts médicaux. Un rapport d'information,présenté par Hervé Maurey (UDI), dénonce l'inefficacité des mesures mises en place pour lutter contre ce phénomène et dévoile une quinzaine de propositions visant à inciter les médecins à s'installer dans les zones sous-dotées.
Les inégalités des Français vis-à-vis de l'accès aux soins ont déjà été pointées du doigt par de nombreuses études. Et la situation risque d'empirer. "La démographie médicale va connaître un creux dans les dix prochaines années, alors que la population française augmentera. Dans le même temps, la demande de soins tend à progresser avec le vieillissement de la population, le temps d’exercice médical effectivement disponible se réduit", s'inquiètent les auteurs de l'étude.
Pour régler ce problème, le gouvernement privilégie, pour le moment, les mesures incitatives. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a ainsi dégainé il y a quelques semaines ses 200 contrats de "praticiens territoriaux de médecine générale". Objectif : permettre aux jeunes médecins installés dans des déserts médicaux, et gagnant moins de 4.600 euros par mois, de bénéficier d'une aide financière.
Insuffisant pour Hervé Maurey. "Les mesures incitatives à l’installation en zones sous-dotées (…) aboutissent à un empilement de dispositifs, qui se traduit par une absence de lisibilité et par l’impossibilité d’une évaluation globale. Beaucoup de ces aides financières apparaissent coûteuses, sources d’effets d’aubaine, parfois redondantes, et surtout peu opérantes", déplorent-ils.
Les sénateurs privilégient des actions restrictives. Ils proposent notamment que les médecins choisissant de s'installer dans les zones où l'offre médicale est déjà abondante ne soient pas conventionnés. Conséquence : leurs patients ne pourraient pas se faire rembourser par la Sécurité sociale. Une pratique déjà en vigueur pour d'autres professions de santé, comme les infirmiers.
Autre suggestion : obliger les spécialistes à exercer pendant deux ans, juste après la fin de leurs études, dans les hôpitaux des chefs-lieux de départements où un manque a été identifié. "Il ne s’agirait pas à proprement parler d’une obligation d’installation, mais de l’accomplissement d’un bref service public", justifient les auteurs.
Les sénateurs militent aussi pour faire évoluer les critères de sélection pour l'accès aux études de médecine, dans le but d'élargir l'origine sociale et géographique des étudiants. "L’intensité de la sélection favorise l’éclosion de préparations privées, elle renforce la part prépondérante des étudiants issus des catégories socioprofessionnelles supérieures. Or, ceux-ci étant surtout urbains, ils auront naturellement une certaine réticence, au terme de leurs études, à s’installer en zone rurale", expliquent-t-ils.
CES SOCIALISTES LAMENTABLES !!!
Les débats sur le mariage des homosexuels ne s'apaisent pas. Un vif incident de séance a opposé, mercredi 6 février tard dans la soirée, les députés UMP aux socialistes, et à la vice-présidente de l'Assemblée nationale, Laurence Dumont. Cette dernière remplaçait temporairement au perchoir le président Claude Bartolone, qui doit assister à un enterrement jeudi matin. Les députés UMP se sont levés pour protester quand Laurence Dumont a coupé la parole à leur chef de file, Christian Jacob, et a fait procéder à un vote, précédemment annoncé, sur un des innombrables amendements de l'opposition. "Bartolone ! Bartolone !", ont-ils alors crié pour réclamer le retour du président, dont la conduite du débat, depuis dix jours, fait l'unanimité à gauche et à droite. "Assis ! Assis !", ont alors crié les députés socialistes, pendant que les huissiers de l'Assemblée se levaient autour de la tribune présidentielle pour prévenir tout éventuel contact physique entre les députés. "Couchés ! Couchés !", ont répliqué les parlementaires de droite, qui reprochent à leurs collègues de gauche de se "coucher" devant le gouvernement. La séance a alors été suspendue pendant cinq minutes, mais les affrontements verbaux ont continué dans l'hémicycle pendant la suspension de séance. "Machos ! Machos !" ont crié les députés socialistes, laissant entendre que le comportement de la droite à l'égard de Laurence Dumont était due au fait qu'elle est une femme.
L’intox au quotidien
L’intox au quotidien
« Selon ce sondage pour France Info/Le Monde/Canal+, 32% de Français se disent « tout à fait » (6%) ou « assez » (26%) d’accord avec les idées du Front national, un chiffre en hausse d’un point sur un an. » Voilà l’archétype d’un sondage et d’un commentaire de presse manipulateurs. Les soi-disant « idées du fn » ne sont pas explicitées mais on devine ce qui est supposé venir à l’esprit à la lecture d’un tel document: tout ce qui n’est pas conforme à la pensée unique, au matraquage politico-médiatique quotidien, à l’idéologie dominante. Dites par exemple « l’immigration n’est pas forcément, toujours et en toute circonstance « une chance pour la France ». Dites aussi que « l’actuelle Union à 27 a pris une tournure bureaucratique néfaste à l’Europe et aux Européens « . Vous voilà aussitôt classé, étiquetté, encagé. Inutile de débattre, d’échanger, d’essayer de vous expliquer. Votre compte est bon: vous ne pensez pas comme tout le monde, ou plutôt comme les élites médiatiques, vous faites donc plus ou moins partie des 32% maudits… Peu importe la réalité de vos conceptions et de vos idées, voire même de votre engagement. Vous sortez des sentiers battus de la pensée unique, vous êtes à lyncher, à abattre. Les producteurs et commentateurs de ce sondage en sont-ils seulement conscients? Cette méthode donne à un parti politique plus d’importance qu’il n’en a réellement, l’érige faussement en pivot idéologique. Mais surtout, elle relève du lavage de cerveau, consiste à interdire de penser et de réfléchir en dehors des clous, voire même d’exprimer la simple réalité. Le pire, c’est qu’elle fonctionne plein pot quand on observe les prises de positions de la plupart des politiques (de gauche ou de droite) plus soucieux de leur respectabilité au regard de l’idéologie dominante que de défendre des convictions et mieux encore, l’intérêt général, encore un autre gros mot…
PMA : l'avis du comité d'éthique "ne contraint aucunement le gouvernement"
Le gouvernement attend l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) sur la procréation médicalement assistée (PMA). Mais cet avis "ne contraint aucunement le gouvernement", a précisé sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, mercredi 6 février.
Alors que la PMA ne cesse de secouer la majorité, en plein débat sur l'ouverture dumariage aux homosexuels, Najat Vallaud-Belkacem a effectué une mise au point lors du compte-rendu du Conseil des ministres. "Que les choses soient claires : l'élargissement de la procréation médicalement assistée aux couples de même sexe sera dans le projet de loi famille", a-t-elle affirmé, démentant les informations du Figaro de la veille. Et d'expliquer : "Très vraisemblablement, on peut dire que le projet de loi famille ne sera présenté qu'une fois que cet avis [du CCNE] sera connu, même si cet avis (...), évidemment, ne contraint aucunement le gouvernement."
Un avis rendu à l'automne
Ces propos rejoignent ceux de Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée. Lors d'une interview sur BFMTV dimanche soir, il a assuré que la PMA serait bien votée, rappelant que le CCNE n'avait qu'un "avis consultatif".
Pas sûr que Jean-Marc Ayrault soit de cet avis. S'il a finalement repris la ligne défendue par la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, - à savoir la présentation avant la fin de l'année d'un projet de loi famille qui comprendra des dispositions sur la PMA -, le Premier ministre a rappelé lundi que ce texte ne serait présenté qu'"une fois que le Conseil consultatif national d'éthique se [serait] prononcé". Ce qu'il devrait faire à l'automne.
La France est-elle au bord de l'explosion sociale comme le pense Manuel Valls ?
Le ministre de l'Intérieur s'est inquiété mardi matin d'une explosion sociale de la France liée à la récente vague de licenciements dans l'industrie française. Malgré les divers sujets qui divisent les Français, l'embrasement du pays de la Révolution est encore bien loin.
Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a déclaré mardi s’inquiéter des risques d' «implosion ou explosion sociale» liés aux mouvements que pourrait créer la vague de licenciements et de fermetures d’usines en France. La situation économique du pays et l’état d’esprit actuel de la classe ouvrière justifient-ils cette inquiétude ?
Dominique Andolfatto : Je ne suis pas au cœur de ces entreprises mais ce que je constate de nouveau dans la sociologie des mouvements sociaux c’est la multiplication de ceux-ci dans les entreprises privées, petites et grandes.Traditionnellement, cela était bien souvent réservé aux fonctionnaires, aux cheminots, aux entreprises de transports plus ou moins liées à l’Etat. De là à dire, que cela va entraîner une explosion sociale, il y a un pas que je ne franchirai pas.
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| Ils sont complètement dingues ces socialistes !!! |
Mathieu Zagrodzki : Je ne crois pas que l’on puisse répondre de manière univoque à cette question car la contestation sociale virulente et violente a toujours existé dans notre pays. Sans même considérer l’ensemble de l’histoire sociale de la Vème République, il y a toujours des blocages d’autoroute, des déversements de fumier ou des PDG retenus dans leur bureau. Il est possible qu’il y ait une montée des crispations ces dernières semaines à cause de la vague des licenciements mais ce n’est pas pour autant qu’il pourrait y avoir un embrasement généralisé du pays ni une agrégation des causes et des problèmes.
Historiquement, jusqu’à quel degré de violence les mouvements sociaux sont-ils allés ?
Mathieu Zagrodzki : Il y a eu historiquement deux grands moments où la violence a été particulièrement élevée dans les mouvements sociaux. Le premier est bien évidement mai 68 qui a été exceptionnel tant par sa longueur que par son intensité. Cela a notamment donné lieu à l’apparition et la disparition des fameux voltigeurs, ces motards qui percutaient les manifestants à l’aide de barres de fer. Mai 68 a donc été une sorte de prise de conscience pour les pouvoirs publics qui ont compris que certaines pratiques n’étaient plus acceptables dans la gestion des conflits sociaux. La deuxième période marquante fut probablement les manifestations contre le projet Devaquet en 1986 qui, au-delà des dizaines de blessés, a provoqué la mort de Malik Oussekine et a profondément choqué l’opinion publique.
Dominique Andolfatto : J’entends de plus en plus souvent parler de radicalisation des mouvements sociaux mais je crois qu’il y a là une profonde erreur d’analyse. Les mouvements sociaux ont toujours été violents, et ils le sont plutôt moins qu’avant. Il existe cependant deux éléments qui contribuent à cette vision. Premièrement, les divers porte-paroles de ces mouvements sociaux sont contraints de faire dans le spectaculaire, dans le virulent afin d’émouvoir les médias et de les attirer à eux. Il est apparu une injonction qui oblige les mouvements sociaux à entrer dans une dramaturgie qui n’existait pas auparavant. Ensuite, les mouvements sociaux étaient autrefois assez solidement encadrés par les syndicats qui avaient de leur côté une solide tradition militante et de très nombreux membres mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. En dehors des grandes entreprises, les salariés sont donc bien souvent livrés à eux-mêmes, dos au mur, et sont donc souvent plus prompts à agir plus vite et de manière plus extrême que les grosses organisations syndicales.
Un tel mouvement pourrait-il emporter l’adhésion des Français et ainsi se propager ? Quelles causes pourraient faire l'amalgame ?
Dominique Andolfatto : En général, la violence fait peur à l’opinion et met fin aux mouvements sociaux plutôt qu’elle ne les encourage. La France est malade d’une conviction qui consiste à penser que les mouvements violents emportent toujours l’adhésion générale probablement héritée de la Révolution française et qui est pourtant complètement fausse. Lors des évènements de mai 1968, la diffusion télévisée d’images violentes a brutalement entravé le mouvement dans l’opinion. Je n’imagine pas que les autres causes qui divisent actuellement la France puissent s’associer de quelque manière que ce soit. Ce serait marier la carpe et le lapin. Les mouvements urbains et sociétaux comme le mariage pour tous sont complètement déconnectés des questions économiques qui poussent les ouvriers à la revendication sociale. De plus sur la question du mariage, ce sont surtout les antis qui se sont mobilisés et j’ai du mal à croire que ces gens, qui sont pour la plupart bien loin de l’idéologie syndicale, puissent s’associer aux métallos et aux autres. Il peut évidemment exister des violences ponctuelles mais aucun phénomène de coagulation de ces causes qui sont dispersées par manque de structures claires.
Mathieu Zagrodzki : Il est assez peu probable de voir apparaître une agrégation des causes qui provoquerait des mobilisations sociales bien plus importantes que des manifestations ouvrières. Au moment des manifestations contre le CPE, une partie des syndicats étudiants avaient essayé d’attirer à eux la jeunesse défavorisée des cités à sa cause mais sans grand succès. Cela s’était même retourner contre eux avec l’apparition de groupes de casseurs et de détrousseurs issus de cette jeunesse qui frappaient et dépouillaient les manifestants. Bien que les problématiques des cités et des licenciements ne soient pas tout à fait déconnectées, puisqu’elles sont fonctions de questions socio-économiques globales touchant à la pauvreté (l’emploi, le logement), elles ne sont pas vouées à fonctionner ensemble. L’autre exemple clair est que, lors des émeutes de 2005 dans les banlieues, celles-ci étaient très peu politisées et aucune revendication politique claire n’en est sortie.
La classe ouvrière française a-t-elle atteint un niveau de désespoir qui pourrait catalyser la lutte des classes ?
Dominique Andolfatto : Il n’est plus possible aujourd’hui de parler d’une classe ouvrière mais de plusieurs classes ouvrières. Les intérêts des différents groupes d’ouvriers sont bien souvent divergents tant cette classe est plurielle. Le problème de fond reste donc la dispersion et la très faible implantation syndicale dans cette classe car les représentants sociaux sont de plus en plus souvent des cols blancs qui ont plus de mal à fédérer les populations salariées. Il existe donc un regain de combativité qui n’est pas forcément empreint de désespoir car même si la situation n’est pas parfaite nous sommes bien loin de l’opposition patron/salariés du 19ème siècle. De plus en plus, les choses se règlent dans une discussion autour d’une table.
Quel pourrait être le rôle des syndicats dans une telle situation ? Se positionneraient-ils comme médiateurs ou comme leaders du mouvement ?
Dominique Andolfatto : La tradition syndicale est plutôt à la modération et c’est bien pour cela que les différents gouvernements ont donné un rôle important aux syndicats. Les politiques y voient des modérateurs entre une base désorganisée, parfois en colère, et l’élite patronale. Les syndicats sont supposés faire office de pont dans la hiérarchie sociale pour faciliter la négociation. Les syndicalistes jettent rarement de l’huile sur le feu bien que lorsqu’ils ne sont pas entendus ou satisfaits ils peuvent céder à la tentation de la radicalité. En général, ils cèdent même plutôt à la discussion afin de trouver des portes de sortie et de mettre rapidement fin aux contestations.
Mathieu Zagrodzki : Là encore, si l’on se réfère à l’exemple du CPE, on constate qu’un tournant a été pris lorsque la CGT a offert son service d’ordre aux manifestants afin de lutter contre les casseurs et les dépouilleurs. Ces services d’ordres sont très organisés et ont réussi à très bien gérer l’intérieur du cortège pendant que les policiers s’occupaient de l’extérieur et des rues avoisinantes. Cela a permis d’institutionnaliser les revendications car les grandes centrales syndicales n’ont aucun intérêt à voir une manifestation dégénérer. Cela les discrédite tant auprès des citoyens que des décideurs politiques.
Comment la classe politique peut-elle éviter d’encourager ces mouvements sociaux ? Cela passe-t-il par la réforme des syndicats ?
Mathieu Zagrodzki : Dans toutes les situations d’alerte à propos d’une situation sociale tendue considérée comme pouvant dégénérer, le pouvoir politique doit mettre en œuvre une politique de prévention et de présence policière afin de canaliser le problème. Cependant, il est à noter que cela peut parfois avoir l’effet inverse et être considéré comme une provocation. Le dernier exemple en date est celui des ouvriers de Florange qui souhaitaient rendre visite à Nicolas Sarkozy dans son QG de campagne en mars dernier et qui se sont retrouvés face à un rempart de CRS. La situation s’est rapidement envenimée car les ouvriers ont considéré qu’agir ainsi témoignait d’une criminalisation de la revendication ouvrière et de la contestation sociale.
Dominique Andolfatto : Le paradoxe du syndicalisme français est qu’il a déjà beaucoup de pouvoir mais peine à séduire les foules de milliers de salariés. A l’inverse, quand le DGB tape du poing sur ma table les patrons allemands écoutent car en face d’eux sont assis des gens qui représentent des centaines de milliers, voire des millions, de travailleurs. Ils ont le pouvoir d’arrêter totalement le travail dans un lander. La classe politique n’a pas beaucoup de moyens d’action face à la colère des salariés pour la simple et bonne raison qu’elle n’en a pas pour réguler réellement l’économie. Cela nourrit une sorte de désespérance imputable à la sensation qu’il n’y a pas de capitaine dans un bateau un peu fou. Enfin, il ne suffira pas d’une réforme pour faire changer la structure syndicale française qui est la résultante d’une construction longue et empreinte d’histoire.
Grèce: 600.000 hectares d'espace naturel disparus en 20 ans
Environ 600.000 hectares de forêts et de maquis ont disparu entre 1987 et 2007 en Grèce au profit des exploitations agricoles et des logements ou infrastructures, a relevé jeudi une étude de l'organisation environnementale WWF."Les maquis et les pâturages sont les plus touchés car il y a des pressions pour étendre les terres cultivées et construire des infrastructures ou des logements", indique cette étude de la section grecque de l'ONG internationale, publiée dans les médias grecs.
Près de 488.000 hectares de maquis ou pâturages et 131.000 hectares de forêt ont disparu dont 55.000 dans la seule agglomération d'Athènes, la région Attique, 35.000 en Épire (nord-ouest) et 17.000 en Chalcidique (nord-est) ces dernières années.
Le développement du logement a surtout eu lieu aux alentours de récents axes routiers, Egnatia (nord) et Attiki, périphériques d'Athènes tandis que les grands incendies des vingt dernières années ont favorisé l'augmentation du nombre de constructions, selon la WWF.
"Il faut arrêter de voir l'espace naturel comme une occasion d'investir", a souigné l'urbaniste Thymios Papayannis, dans Le journal des rédacteurs.
Il a déploré qu'un projet de loi sur le tourisme, en élaboration par le gouvernement "prévoit des réglementations qui menacent l'environnement".
Le manque en Grèce d'une politique d'aménagement du territoire est "au détriment de l'espace naturel et sape également la perspective de croissance dans le secteur primaire et le tourisme", relève Dimitris Karavellas, directeur de la WWF-Grèce.
"Surtout en période de crise, les hommes politiques devraient penser à un aménagement du territoire viable, basé sur le maintien de l'espace naturel et la tonification écologique de l'activité économique", a-t-il souligné.
Près de 488.000 hectares de maquis ou pâturages et 131.000 hectares de forêt ont disparu dont 55.000 dans la seule agglomération d'Athènes, la région Attique, 35.000 en Épire (nord-ouest) et 17.000 en Chalcidique (nord-est) ces dernières années.
Le développement du logement a surtout eu lieu aux alentours de récents axes routiers, Egnatia (nord) et Attiki, périphériques d'Athènes tandis que les grands incendies des vingt dernières années ont favorisé l'augmentation du nombre de constructions, selon la WWF.
"Il faut arrêter de voir l'espace naturel comme une occasion d'investir", a souigné l'urbaniste Thymios Papayannis, dans Le journal des rédacteurs.
Il a déploré qu'un projet de loi sur le tourisme, en élaboration par le gouvernement "prévoit des réglementations qui menacent l'environnement".
Le manque en Grèce d'une politique d'aménagement du territoire est "au détriment de l'espace naturel et sape également la perspective de croissance dans le secteur primaire et le tourisme", relève Dimitris Karavellas, directeur de la WWF-Grèce.
"Surtout en période de crise, les hommes politiques devraient penser à un aménagement du territoire viable, basé sur le maintien de l'espace naturel et la tonification écologique de l'activité économique", a-t-il souligné.
Le rival social-démocrate de Merkel veut laisser souffler la Grèce
Peer Steinbrück, rival social-démocrate de la chancelière allemande Angela Merkel, a estimé mercredi que la Grèce avait "besoin de temps" pour assainir ses comptes, en entamant une visite à Athènes. "Il n'est pas possible d'imposer à un pays des mesures que l'on ne pourrait pas imposer à nos propres peuples", a affirmé M. Steinbrück, à l'issue d'une rencontre avec le chef du parti socialiste, Evangélos Vénizélos, partenaire de la coalition gouvernementale du Premier ministre conservateur Antonis Samaras.
"C'est pour cela que la Grèce a besoin de temps pour réussir sa stabilisation et pour que les gens retrouvent confiance", a ajouté cet ex-ministre des Finances, jugeant que "la seule austérité ne donne pas de résultat".
M. Steinbrück, qui défiera Mme Merkel aux législatives allemandes de septembre, a souligné que le plan de redressement dicté à la Grèce en échange de son sauvetage financier par l'UE et le FMI "conduit à des mesures très douloureuses pour les retraités et salariés, qui perdent 30 à 40% de leurs revenus".
"Nous devons voir comment maintenir la cohésion sociale", a-t-il plaidé, alors que la crise subie par la Grèce a paupérisé des pans entiers de la population et fait percer un parti néonazi, Aube Dorée, qui a raflé 7% des voix et 18 députés lors des législatives de juin.
Il a aussi jugé que les socialistes grecs du Pasok n'étaient pas "ceux qui ont la responsabilité" du déclenchement de la crise de la dette en 2009, quand ils avaient repris le pouvoir après sept ans de gestion conservatrice de Costas Caramanlis.
Se définissant lui-même comme socio-démocrate, le ministre des Finances Yannis Stournaras a rappelé à plusieurs reprises ces dernières semaines la responsabilité de M. Caramanlis dans le dérapage des finances du pays, s'attirant l'ire de nombreux ténors de droite.
En mini-tournée dans une Europe que Mme Merkel veut convertir à une stricte orthodoxie budgétaire, le responsable allemand devait également être reçu par le chef de l'Etat grec, Carolos Papoulias, ainsi que MM. Samaras et Stournaras.
"C'est pour cela que la Grèce a besoin de temps pour réussir sa stabilisation et pour que les gens retrouvent confiance", a ajouté cet ex-ministre des Finances, jugeant que "la seule austérité ne donne pas de résultat".
M. Steinbrück, qui défiera Mme Merkel aux législatives allemandes de septembre, a souligné que le plan de redressement dicté à la Grèce en échange de son sauvetage financier par l'UE et le FMI "conduit à des mesures très douloureuses pour les retraités et salariés, qui perdent 30 à 40% de leurs revenus".
"Nous devons voir comment maintenir la cohésion sociale", a-t-il plaidé, alors que la crise subie par la Grèce a paupérisé des pans entiers de la population et fait percer un parti néonazi, Aube Dorée, qui a raflé 7% des voix et 18 députés lors des législatives de juin.
Il a aussi jugé que les socialistes grecs du Pasok n'étaient pas "ceux qui ont la responsabilité" du déclenchement de la crise de la dette en 2009, quand ils avaient repris le pouvoir après sept ans de gestion conservatrice de Costas Caramanlis.
Se définissant lui-même comme socio-démocrate, le ministre des Finances Yannis Stournaras a rappelé à plusieurs reprises ces dernières semaines la responsabilité de M. Caramanlis dans le dérapage des finances du pays, s'attirant l'ire de nombreux ténors de droite.
En mini-tournée dans une Europe que Mme Merkel veut convertir à une stricte orthodoxie budgétaire, le responsable allemand devait également être reçu par le chef de l'Etat grec, Carolos Papoulias, ainsi que MM. Samaras et Stournaras.
Etes-vous riches ? Un sondage exclusif
Qu’est-ce qu’être riche ? C’est un sondage réalisé pour le mensuel Enjeux-Les Echos nouvelle formule qui sort demain, qui répond à la question. Dans un pays qui a la passion de l’égalité, qui décortique jalousement les revenus des Depardieu, Dany Boon, Beckham, des Carlos Ghosn, des huissiers au Parlement et du moindre élu local ou national, cette question – la richesse, combien de zéros ? - est récurrente. La France, pays où un ancien responsable du PS devenu président avait chiffré la richesse à 4.000 euros par mois ; la France, pays qui invente la taxe à 75%. Etre riche, c’est quoi ? Le plus simple, c’était de demander aux Français eux-mêmes. L’IFOP l’a fait pour nous.
Et donc, le résultat – roulement de tambour ! Je vais essayer de ne pas noyer nos auditeurs sous les chiffres. En moyenne, les Français estiment que l’on est riche si l’on vit avec plus de 6.500 euros par mois. Il s’agit de revenus nets, de salaires, d’aides et d’allocations. C’est une moyenne : en réalité, la majorité des Français situe la richesse en dessous de 5.000 euros par mois. Dans le détail, se vérifie le principe : dis-moi qui tu es, je te dirai qui est riche à tes yeux. Les ouvriers voient la richesse à 5.080 euros, les cadres supérieurs à plus de 8.000 euros. Ce qui est drôle est que le fait d’être socialiste ou UMP ne change rien. Comme si, parler argent était plus sérieux que de parler politique.
Qu’est-ce que tout cela dit de nous ? Il y a un phénomène, "moi riche ? Jamais !" Les riches, ce sont les autres puisque tous les chiffres cités sont quand même au-dessus de la réalité vécue. Mais en même temps, ce qui frappe est que les chiffres cités n’ont rien à voir avec les revenus des « vrais » hyper-riches, de Johnny Halliday, des patrons du CAC 40 ; les Français ne se disent pas : la richesse, c’est 200.000 euros par mois, ils sont infiniment plus modestes. Peut-être parce que le mot « riche » vient de prospère, il n’est pas synonyme de yacht et d’avion privé. La richesse, pour les Français, c’est ce qui leur donnerait une tranquillité d’esprit. Malgré les Une de magazine sur les fortunes, malgré les reportages de l’émission « Capital » sur M6, la richesse est un ailleurs inaccessible. Une réalité virtuelle, un rêve inimaginable – au sens propre.
Et les Français, d’ailleurs, estiment que les riches sont utiles à la société... Neuf sur dix le pensent, tout en approuvant leur taxation. Ca n’est pas en ligne avec ce que Johnny Halliday déplore dans l’Express : quand t’as une belle voiture, dit-il, aux Etats-Unis, on te sourit, en France on te traite de voleur. Hypothèse : peut-être que les médias sont plus sévères que l’opinion…
Dernière question posée aux Français : comment devient-on riche ? La vérité est un mélange de vertu et de réalisme ! Dans l’ordre des réponses, pour être riche, il faut être travailleur, avoir des parents riches, avoir des relations et être intelligent. Le sondage ne dit pas quelle certitude on a d’être riche si on remplit les quatre critères.
Quand la CGT tue la presse quotidienne
Coup de colère : une nouvelle fois, aucun quotidien national, et donc Les Echos comme les autres, n’est paru ce matin (06/02/13).
C’est une catastrophe, une honte, et je pèse mes mots. Dans le cas du quotidien Les Echos, c’est la vingt-cinquième perturbation en quatre mois, donc sur environ cent parutions. Cela fait une parution sur quatre. Pour les autres titres, c’est pareil. Exemplaires pas ou peu imprimés, pas ou peu distribués, une minorité de salariés a un pouvoir de vie ou de mort sur la presse, pénalise les lecteurs, et tue les kiosquiers, dont le métier se meurt. Une presse qui va mal, qui vit un énorme bouleversement, est frappée dans le dos. Cette fois, les éditeurs ont décidé de marquer le coup en imprimant pas. Ce sont 1,5 million d’exemplaires qui n’ont pas été ou ne seront pas distribués - si on ajoute Le Monde cet après-midi. Il faut également ajouter le Canard Enchaîné.
La cause directe, c’est la réorganisation de la distribution, celle de Presstalis, qui distribue les journaux, autrefois les NMPP, Nouvelles Messageries de la Presse parisienne. La diffusion de la presse baissant avec Internet, une restructuration en cours concerne plus de 1.000 salariés. La CGT du Livre, qui a toujours eu un quasi-monopole et un statut privilégié, refuse le principe même de départs contraints. Alors que l’Etat a mis sur la table environ 30 millions d’euros. Dans un communiqué publié hier soir, le Syndicat du Livre CGT refuse (je cite) la « casse d’un acquis reposant sur les valeurs de la Libération ». Au prix de la faillite ? Peu importe ! Ah oui, un détail : Internet, je crois, n’existait pas en 1945.
Pourquoi la situation en est-elle arrivée là ? Quand les patrons de presse demandent à la police d’intervenir, elle n’intervient pas ; et ils n’osent pas porter plainte non plus. La réalité est qu’il y a, à la CGT, la radicalisation d’un certain nombre de syndicats professionnels ou locaux. On le voit chez PSA, à Aulnay ; on le voit chez Goodyear, à Amiens. Dans un certain nombre de cas, la confédération CGT, à Montreuil, est débordée. On l’a vu avec les dockers, à la SNCF. On le voit au Livre.
Pour en revenir aux journaux, la question de beaucoup doivent se poser est la suivante : ces non-parutions n’accélèrent-elles tout simplement le passage d’une économie à une autre : la presse papier vers la presse en ligne ? Et donc, elles ne feraient que les accélérer.
Poser cette question, c’est sous-entendre que les quotidiens papiers se battent derrière une ligne Maginot, pour protéger le cheval contre l’arrivée de la voiture ... Je ne crois pas. Peut-être, sans doute, qu’un jour, la presse se lira seulement sur Internet. Mais si on prend une autre image, il ne s’agit pas de défendre la machine à écrire contre l’ordinateur ; mais le clavier qui est là dans les deux cas, qui produit de l’information. Pour l’instant, c’est la diffusion papier (abonnements, publicité et kiosques) qui presque partout fait vivre les plus grandes rédactions. Celles qui offrent chacune chaque jour plus de cent articles originaux écrits par des professionnels, au-delà des dépêches d’agence ou des contributions extérieures. Le modèle économique de l’information Web est incertain, en dehors de Médiapart. Cela changera peut-être. Mais les grèves torpillent les efforts énormes que fait douloureusement une profession.
LE PRESSE EST COMPLICE DANS UNE CERTAINE MESURE, ELLE A DÉJÀ TROP ACCORDÉ DE POUVOIR À PRESSTALIS, FERA-T-ELLE DE MÊME AVEC LE GROUPE GÉODIS ?
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