TOUT EST DIT

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mercredi 11 février 2015

Le vrai espoir de 2017

Plus le temps passe, et plus s’ancre en moi la conviction que les dés politiques sont pipés. L’américanisation ou la présidentialisation de la vie politique française est une erreur fondamentale qui est l’une des sources de l’impasse politique actuelle. Avec le quinquennat, aligné sur le mandat des députés et la mise en place « des primaires », le système politique a été largement neutralisé. L’électeur choisit avant tout un visage,
une image, une marque, un peu comme un produit de consommation. La manipulation médiatique sur la mise en valeur – ou le lynchage – d’un personnage devient un principe de fonctionnement du régime. Le débats d’idées, la confrontation des projets, le choix d’un destin collectif en sont les victimes directes. L’élection présidentielle de 2017 se présente sous les pires auspices. Elle conduit presque inévitablement au conformisme et à la continuité. Hollande ou Valls? Ils appliqueraient, par définition, la même non-politique qu’aujourd’hui, mélange de frime et d’inertie. Juppé? Il viserait naturellement au consensus et donc, au statu quo. Sarkozy? Elu de nouveau président, placé sous le feu des haines et des rancoeurs, j’ai du mal à l’imaginer s’engageant dans la voie d’une cassure profonde. Dans tous ces cas de figure, une élection au deuxième tour contre le Pen (à l’image de 2002) ne pourra que renforcer la quête de l’unité nationale, de l’apaisement, du consensus et donc, de l’immobilisme tranquille. Alors? Alors, il n’est pas impossible que nous assistions en 2017 à un basculement profond du régime. Sous la pression populaire et compte tenu de la neutralisation prévisible de l’Elysée, il ne faut pas exclure une sorte de résurrection démocratique à travers l’élection législative, un retour aux sources de la souveraineté. Il faut alors imaginer une explosion des frontières partisanes et l’émergence d’une majorité d’idées, sur la nécessaire réforme de l’économie autour de la confiance en l’entreprise, le retour à l’ordre et à l’autorité, y compris en matière d’éducation, de sécurité, d’immigration, de lutte contre le communautarisme et le fondamentalisme, l’émergence d’un puissant et courageux Premier ministre, appuyé sur cette majorité d’idées, volontaire pour prendre en main le destin du pays, sans calcul personnel, sans arrière-pensées ni tabous et assumant ainsi ses responsabilités. Je rêve? Peut-être mais il faut bien garder une chance d’espérer, aussi infime soit-elle…