TOUT EST DIT

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mercredi 28 janvier 2015

La possible synthèse

Sans attendre, Alexis Tsipras, tout juste chargé de former le nouveau gouvernement grec, est invité par François Hollande à se rendre à Paris. Le président français, qui milite assez vainement depuis le début de son quinquennat pour une réorientation de la politique européenne, trouve dans le vote grec un levier imprévu mais opportun. La France est à la croisée de deux cultures dans l'Union : celle des fourmis du nord et celle des cigales du sud. Paris jouant à la fois des deux cordes, François Hollande sera-t-il l'homme de la synthèse européenne s'appuyant sur un axe Paris-Rome pour peser vers davantage de croissance et vers un assouplissement du Pacte de stabilité ?
Le nouveau Premier ministre grec va être observé doublement, par son peuple et par les Européens. Par son peuple qui attend du concret. Alexis Tsipras hérite d'un pays mis à genoux par les politiques d'austérité. Il doit d'urgence proposer les réponses d'un État caritatif pour simplement redonner de l'électricité à ceux qui en sont privés, du pain à ceux qui ont faim, quelques euros à ceux qui n'ont plus rien. Et peut-être, plus tard, pourra-t-il reconstruire un État social à défaut de promettre un retour à l'État providence…
Tsipras va être observé par l'Europe contrainte de réviser son orthodoxie au moins pour deux raisons. D'abord par nécessité d'endiguer la contagion du vote grec. Contagion qui viendrait des partis anti-austérité mais aussi des partis europhobes qui ont rendez-vous avec les électeurs en Espagne, en France, en Grande-Bretagne, etc., dans les prochains mois. Ensuite parce que la Grèce occupe une position géostratégique pour l'Europe, aux portes du monde musulman.
Renégocier une dette ne serait pas une première dans l'histoire. Ni une première pour l'Allemagne qui a bénéficié d'une telle attention en 1953. Car c'est bien le c'ur du dossier que pose le peuple grec. À charge pour l'Europe d'être assez solidaire et pour la Grèce d'être assez européenne pour que les règles communes s'accordent avec les espérances d'un peuple à bout.