TOUT EST DIT

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jeudi 16 octobre 2014

Maladies françaises

Maladies françaises

Trop d'annonces tue les annonces ! Hier, il n'y avait que l'embarras du commentaire entre la présentation en Conseil des ministres du projet de loi santé de Marisol Touraine, le dévoilement des grandes lignes du futur projet de loi sur la croissance par Emmanuel Macron, et le détail des restructurations dans l'armée par Jean-Yves Le Drian. C'est à se demander si la France n'est pas atteinte soudainement de « réformite compulsive ». Cette pathologie a manifestement échappé à notre ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, qui a diagnostiqué trois maladies dont souffrirait le pays : la défiance, la complexité et le corporatisme.
En fait, cette subite montée de fièvre réformatrice n'est pas totalement fortuite. Elle survient au moment où la France a transmis à Bruxelles son projet de loi de finances pour 2015 aux fins d'examen clinique par la Commission. Sachant que notre pays présente tous les symptômes d'une fâcheuse boulimie dépensière, il s'agissait de montrer qu'une sévère cure d'amaigrissement est programmée… pour demain.
Espérons que ces signaux venus de Paris suffiront à convaincre les Diafoirus bruxellois. Parce que, pour l'instant, on en reste au stade des bonnes intentions. Emmanuel Macron a présenté l'esquisse d'un projet comportant de nouvelles pistes – comme la libéralisation du transport par car – sur lesquelles il reste encore beaucoup à débattre. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a énuméré des restrictions qu'aggrave une absence de recettes budgétaires prévues dans la loi de programmation militaire. Au point de mettre en péril notre outil militaire.
Enfin, Marisol Touraine a fait le pari de la responsabilisation des patients et de la prévention pour que la France respire la santé, même si les médecins libéraux crient à l'étatisation du système. Au final, on voit bien que la principale maladie de la France, trop longtemps bercée d'illusions anesthésiantes par ses dirigeants, est, comme pour tout corps anémié, l'incapacité à supporter les réformes. De crainte que tout remède soit pire que le mal.