TOUT EST DIT

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mercredi 8 octobre 2014

Le garnement européen

Le garnement européen

La France serait-elle le « garnement » de l'Union européenne ? Sera-t-elle le premier pays à encourir une sanction pour n'avoir pas respecté le règlement intérieur de la communauté en matière budgétaire ? Avouons que cela ferait mauvais effet pour une nation inspiratrice de l'idéal européen. Il y aurait même quelque chose d'humiliant à cela. Seulement voilà, depuis des années, en matière budgétaire, la France a beaucoup promis et peu tenu. À plusieurs reprises, elle a affiché ses bonnes résolutions en demandant des délais de grâce sans tenir ses objectifs. D'où l'exaspération grandissante de la Commission européenne, désormais dotée d'un droit de regard sur nos finances.
Ainsi, d'insistantes rumeurs laisseraient-elles entendre que Bruxelles pourrait « censurer » le projet de loi de finances 2015 ou, à tout le moins, exiger sa correction avec 8 milliards d'économies ou de recettes supplémentaires. Une réaction forcément instinctive consiste évidemment à dénoncer une intolérable atteinte à notre souveraineté.
Les attaques n'ont pas tardé à fuser contre cette technocratie bruxelloise, alimentant du même coup une coupable europhobie qui s'exprime à chaque élection. C'est oublier un peu vite que nous avons souscrit aux « règles du jeu », allant jusqu'à les imposer aux autres. La fixation à 3 % de déficit du PIB n'est pas une lubie comptable, mais le seuil à partir duquel un pays ne s'endette plus. L'excuse des « circonstances exceptionnelles » brandie par nos dirigeants ressemble à une demande de dispense des efforts que d'autres pays ont fournis avant nous.
La panne de croissance, dont nous attendons que l'Allemagne la stimule, aurait été moins durement ressentie en France si nous avions entrepris plus tôt les réformes structurelles. À l'inverse, nous avons laissé le poids des dépenses publiques dériver. Alors, ne rêvons pas. Plutôt que d'imaginer un stupide bras de fer avec Bruxelles en disant, comme Michel Sapin, qu'on ne touchera à rien (ni impôts ni économies supplémentaires), mieux vaut conseiller le compromis au ministre. Il nous en coûtera, hélas, plus qu'à lui !