TOUT EST DIT

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dimanche 5 octobre 2014

Juppé, non renouvelable

Juppé, non renouvelable

Il était « droit dans ses bottes », en 1995, face aux manifestants qui le défiaient. En 2014, il sort sa… botte secrète, le quinquennat non renouvelable, qu'il s'appliquerait à lui-même s'il était élu à l'Élysée en 2017, à 71 ans. Alain Juppé ou l'art de transformer un possible handicap (l'âge) en atout ?
C'est l'un de ses lieutenants, l'ancien ministre Benoist Apparu, qui est monté au créneau pour expliquer que le président Juppé, en s'interdisant de postuler à un second mandat, pourrait « faire ce qui est nécessaire pour la France et non ce qui est nécessaire pour assurer sa réélection ».
L'argument ne manque pas de poids. Mais pourquoi serait-il valable seulement lorsqu'un septuagénaire est en cause ? Et seulement lorsqu'il s'agit de la magistrature suprême ? Tout élu – du moins ceux qui se sont « professionnalisés » – travaille naturellement à sa réélection, qu'il ait 30 ou 70 ans…
Qu'il le veuille ou non, Alain Juppé remet donc sur le tapis le débat sur le cumul des mandats. Non pas le cumul dans l'espace (plusieurs mandats à la fois), affaire qui semble réglée sauf pour quelques sénateurs modèle « Jurassic Park », mais le cumul dans le temps (plusieurs mandats successifs dans la même fonction), qui n'est pas un sujet tabou. Jadis, les Athéniens se posaient déjà la question.
En toute logique, si ce qui est bon pour lui l'est aussi pour les autres, Alain Juppé devrait prôner le septennat – qui laisse plus de temps pour agir – présidentiel non renouvelable.