TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

dimanche 14 septembre 2014

Qui veut se charger des djihadistes ?

Alors que l’Amérique tout entière rendait jeudi un hommage solennel aux 3 000 victimes des attentats du 11 septembre 2001, le président Obama a confirmé son intention de lancer une vaste opération militaire contre l’Etat islamique en Irak et en Syrie, passant notamment par une extension des frappes aériennes au sol syrien et la formation d’une « coalition arabe ». Une intensification de la guerre contre l’islamo-terrorisme qui, même si la Maison Blanche s’y refuse toujours, ne pourra malheureusement pas se faire sans l’intervention de troupes au sol.

« Nous ne céderons jamais »

Lors d’une cérémonie devant le Pentagone, au cours de laquelle il a déclaré que les Etats-Unis « ne céderont jamais à la peur » que tentent d’inspirer les islamo-terroristes à l’Occident, Barrack Obama a en effet rappelé que Washington était prête à étendre ses frappes aériennes en Syrie pour « détruire » l’EI. Une annonce qui a, bien sûr, suscité la colère du régime syrien, mettant aussitôt en garde la Maison Blanche contre d’éventuelles frappes opérées sur son territoire sans son accord.
En même temps, on apprenait que le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, actuellement en tournée au Moyen-Orient et en Europe afin de constituer une coalition pour lutter contre les djihadistes, avait obtenu d’une dizaine de pays arabes leur engagement « à se tenir unis contre la menace que pose pour la région et le monde le terrorisme » et à « se joindre, le cas échéant, à une campagne militaire coordonnée ». Toutefois, soulignait Kerry, « aucun pays ne parle de placer des troupes au sol et nous ne pensons pas qu’il y en ait besoin ».

« Les attaques aériennes ne suffiront pas »

Or, cet engagement au sol est aujourd’hui inévitable. Si les frappes aériennes ont bien permis de freiner la progression de l’EI, les troupes kurdes comme l’armée fédérale irakienne ont montré leurs limites. Les drones comme les frappes, aussi nécessaires soient-ils, ne remplaceront jamais la présence de troupes compétentes sur le terrain. Ainsi que le rappelait jeudi John Boehner, président républicain de la Chambre des représentants, « un F-16, ce n’est pas en soi une stratégie. Et les attaques aériennes ne suffiront pas à mener à bien ce que nous tentons de faire. Le président a clairement dit qu’il ne voulait pas de troupes au sol. Mais il faudra bien que quelqu’un envoie des troupes au sol ». En martelant qu’il n’y aura pas d’intervention terrestre, Obama se leurre lui-même : 475 conseillers militaires supplémentaires devraient rejoindre l’Irak dans les prochains jours, portant à environ 1 600 le nombre (officiel) de militaires américains dans le pays. Et il est clair qu’il en faudra beaucoup d’autres pour éradiquer l’EI.