TOUT EST DIT

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jeudi 18 septembre 2014

La réforme en tranches

La réforme en tranches

Drôle de moment pour la quatrième grande conférence de presse de François Hollande. Le chef de l'État doit-il dire effectivement merci pour ce « drôle de moment » à Manuel Valls, qui a prononcé deux jours plus tôt son discours de politique générale, et à Nicolas Sarkozy qui va officialiser, vendredi ou ce week-end, son retour en politique ? Une chose est sûre, ainsi prise en sandwich, l'intervention élyséenne va forcément perdre en impact. Pour lui donner du relief, il faudrait que François Hollande se réserve un retentissant effet d'annonce. Difficile à imaginer, maintenant que Manuel Valls a décidé de faire des risettes aux « sans-dents » à travers une réformette fiscale totalement improvisée et une aumône « exceptionnelle » aux petits retraités.
Alors, que pourrait faire François Hollande ? Se poser en meneur international de la lutte antiterroriste ? Il ne manquera pas de le faire mais ne doit pas en attendre un relèvement de sa cote ! Devra-t-il s'employer, en réponse aux inévitables questions, à évoquer ses ennuis domestiques ? Qu'il ne s'attende pas non plus, même en disant sa « blessure », à une commisération populaire.
Non ! Ce qui intéressera les Français, c'est une clarification définitive sur une politique demeurant brouillonne dans sa mise en 'uvre. Sur ce plan, les dernières heures ont été révélatrices. Que d'annonces confuses et que de bavardages intempestifs. On pense bien sûr aux propos incontrôlés du « petit génie » de l'économie, Emmanuel Macron, blessant les « illettrées » de Gad et évoquant sans tabou une « France malade » qui doit se réformer en urgence.
On aimerait savoir si François Hollande, qui va encore une fois évoquer la grandeur de notre pays, partage cette analyse décliniste. On aimerait savoir si, après le plaidoyer étatiste de Manuel Valls devant l'Assemblée, le social-libéralisme est dans l'impasse ? On voudrait savoir enfin si François Hollande, qui estime « avoir du temps pour changer les choses », après le vote de confiance, va de nouveau temporiser et s'accommoder, comme sur les impôts, de la réforme en tranches.