TOUT EST DIT

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mardi 18 mars 2014

Sarkozy ne peut compter que sur lui-même

Sarkozy ne peut compter que sur lui-même


Détesté et menacé à gauche, Nicolas Sarkozy n'est pas aidé par une UMP inaudible et menée par des gens qui ne lui veulent pas de bien. Comment en sortir ?

Que l'affaire des écoutes favorise les intérêts et les ambitions deNicolas Sarkozy ou qu'au contraire elle fasse le jeu de François Hollande, cette question est oiseuse et le restera tant que les actions et les enquêtes judiciaires relatives aux délits et aux crimes dont le pouvoir soupçonne l'ancien président de la République ne seront pas parvenues à leur terme. Alors, tout pourra arriver : la disculpation de Sarkozy et son retour en grâce ou la réalisation des espérances de Hollande. Pour l'heure, les récents sondagesmontrent un léger fléchissement du crédit dont bénéficiait le premier et un léger progrès de celui du second. Ni l'une ni l'autre de ces conclusions n'ont aujourd'hui de valeur. Elles sont provisoires et peu significatives, à cette réserve près que l'opinion ne semble pas avoir été aussi sensible qu'on l'espérait au caractère vicieux du procédé des écoutes, aux mensonges embarrassés du gouvernement et au harcèlement que subit Sarkozy. Celui-ci devrait pourtant bénéficier jusqu'à plus ample informé de la présomption d'innocence.
Son image ne sort cependant qu'égratignée de la curée dont il est l'objet. Sa famille en tout cas lui garde sa confiance et continue de voir en lui son meilleur candidat. De la part des électeurs de l'UMP, cela n'étonne pas. De même, cela n'étonne pas, soit dit en passant, que parallèlement Hollande connaisse un regain de faveur chez les partisans du MoDem, fidèles à leur mouvement perpétuel de balancement de conscience. Il est plus intéressant de noter qu'en revanche, et malgré ses déboires, Sarkozy réalise l'un de ses meilleurs scores dans les milieux populaires alors que, selon le même parallélisme, l'hostilité de ces mêmes milieux à Hollande ne désarme pas (17 % seulement de satisfaction chez les ouvriers, 13 % chez les commerçants et artisans, 19 % chez les employés). C'est une sanction sévère et celle-ci est politique. On n'est plus ici dans la morale ou ce qui en tient lieu, on n'est plus dans l'image, on est dans la réalité. L'atout de Sarkozy est dans le discrédit dont continue de souffrir Hollande en matière d'action politique, économique et sociale.

Sa crédibilité repose actuellement sur la nostalgie

Encore faudrait-il que l'opposition exploite plus intelligemment la faiblesse de l'actuel président. Les sujets ne manquent pas qui justifieraient une critique en profondeur des faits et gestes du gouvernement Ayrault, assortie de propositions alternatives concrètes. Il ne suffit pas que les dirigeants de la droite limitent leur discours à l'anathème, tout ce qu'ils ont su faire jusqu'à présent, offrant de surcroît le spectacle irresponsable de leurs divisions. Sarkozy, dans ce contexte, ne peut compter que sur lui-même. Il a choisi jusqu'à présent la retenue. À défaut de s'appuyer sur un parti qu'il méprise, mené par des gens qui ne lui veulent pas de bien, il se verra tôt ou tard - et le plus tôt sera le mieux - forcé de sortir de son silence pour proposer aux Français un projet capable de les séduire et de les rassembler. Sa crédibilité ne repose actuellement que sur la nostalgie. Il lui faudrait la renforcer par une communication plus présente sur les problèmes de fond, de telle sorte qu'il apporte une réponse positive à la question : Sarkozy ferait-il mieux que Hollande ? Mais, et là est son handicap, il ne pourra le faire que lorsqu'il sera lavé du soupçon qu'entretient contre lui son adversaire, dans un acharnement dont on comprend trop bien l'objectif : le tuer.

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