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mardi 10 septembre 2013

Rentrée sociale : en ordre dispersé

Rentrée sociale : en ordre dispersé
À chaque semaine, sa rentrée. Après la rentrée politique fin août, la rentrée scolaire la semaine dernière, c’est donc, aujourd’hui, jour de rentrée sociale. Un retour sur le pavé en ordre dispersé et un très fort absentéisme à craindre dans les manifestations organisées sur le thème des « salaires, de l’emploi et des retraites ». Difficile, pourtant, de trouver un thème de manif plus fourre-tout, comme si cet appel à descendre dans la rue au sortir de l’été était devenu un rendez-vous festif traditionnel, sorte de pendant au 1er Mai où le folklore l’emporte déjà sur la problématique sociale.
En veillant à ne pas employer le terme d’échec qui pourrait froisser les syndicats (CGT, FO, FSU et Solidaires), le gouvernement n’a pas caché, depuis plusieurs jours, qu’il ne craint pas la mobilisation d’aujourd’hui. D’abord parce que la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ne s’y sont pas associées, ces organisations considérant que le projet de réforme des retraites présenté fin août par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, est peu ou prou équilibré et répond à un impératif. Plus grossièrement, l’exécutif a réussi, sur le dossier des retraites, à étouffer dans l’œuf tout risque d’une rentrée sociale explosive en épargnant les fonctionnaires et autres bénéficiaires des régimes spéciaux. Ceux-là, majoritairement électeurs de gauche, ne seront pas dans la rue.
Le gouvernement aurait cependant tort de se réjouir trop vite. D’abord parce que le débat parlementaire à venir s’annonce délicat. Et aussi parce qu’à l’heure où les Français reçoivent leurs avis d’imposition, le pays ne cesse de gronder à propos du pouvoir d’achat. Lequel suit une courbe inversement proportionnelle à celle des impôts. Si la courbe du chômage doit s’inverser d’ici la fin de l’année sous l’effet des emplois aidés, tout reste à faire pour l’équipe Hollande. Compétitivité des entreprises, réduction des déficits à l’heure du « ras-le-bol fiscal », situation dans les banlieues… Sans même parler d’une intervention militaire en Syrie dont ne veulent pas les Français, ce ne sont pas les dossiers explosifs qui manquent. Et rien ne dit que les Français attendront les rendez-vous électoraux du printemps prochain pour exprimer leur mécontentement. Un automne tempéré sur le plan social n’a jamais empêché que le pays ne s’enflamme lorsque l’hiver fut venu.

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