TOUT EST DIT

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jeudi 20 juin 2013

A propos d'une déculottée électorale du PS

Le péril fasciste menace Villeneuve-sur-Lot. La déculottée que vient de prendre le PS dans l’ancien fief de Jérôme Cahuzac - le candidat socialiste y a été éliminé dimanche au premier tour des législatives partielles - annonce toutes les outrances de la part de la gauche. D’autant que le candidat FN, Etienne Bousquet-Cassagne,talonne celui de l’UMP, Jean-Louis Costes (26 ,04% contre 28,71%). Ce lundi matin,Harlem Désir a demandé, sur RTL, à "faire barrage au FN", en appelant au "cordon sanitaire". Marisol Touraine, sur Europe 1, a estimé que "le FN est un parti qui ne défend pas les valeurs de la république". Mais ces indignations, qui furent entendues après le 21 avril 2002 (élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle) ont du mal, cette fois, à franchir le cercle étroit des appareils politiques, à gauche comme à droite. Ce sont eux qui "surfent sur les peurs". Or, le profil de Bousquet-Cassagne, 23 ans, ressemble bien peu à celui de la bête faramine qui affole les belles âmes. Ce qui apparaît est une gauche larguée, qui s’enferme dans son sectarisme et ses appels à la haine. Ses électeurs sont d’ailleurs parmi les premiers à rejoindre le parti de Marine Le Pen. Il est probable que ce phénomène se vérifiera, en partie du moins, au second tour.
 Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, appelle ce lundi à "une alliance des forces de gauche et des écologistes". Mais ce que ce parti s’autorise depuis toujours - le rapprochement avec une extrême gauche de plus en plus violente et sulfureuse - est ce qu’il interdit de manière virulente à une opposition terrorisée par les oukases de la gauche "morale". Le PS  a évidemment tout intérêt à isoler durablement le FN, tout en le renforçant électoralement. François Hollande ne peut espérer être réélu que grâce à une droite irrémédiablement divisée et affaiblie. Mais cette manœuvre grossière, à laquelle se prête naïvement une droite qui ne sait plus qui elle est, n’est pas du goût des électeurs eux-mêmes. Ceux-là réclament, de la part des partis, plus de proximité et de compréhension. Dans cette nouvelle donne politique, l’opposition a encore beaucoup de progrès à faire si elle  veut se rapprocher d’un électorat qui lui échappe. Le PS, lui, semble avoir renoncé à cette écoute attentive, qui l’obligerait à trop de remises en question, au profit d’une posture imprécatoire et désespérée. Mais qui le PS impressionne-t-il encore, hormis quelques notables frileux de l’UMP ?

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