TOUT EST DIT

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lundi 30 juillet 2012

En avons-nous vraiment fini avec les tubes de l’été ?

Qui ne se souvient pas de la "Lambada", de "Chihuahua", de "La Tribu de Dana", ou de "Asereje" ? Ces musiques nous ont tous, au moins une fois, fait danser l'été de leur sortie. Le tube de l'été est un véritable mythe. Mais est-ce une tradition en perdition ?

On constate depuis plusieurs années qu’il y a de moins en moins de chansons marquantes durant la saison d’été. Est-ce la fin de l’ère du tube de l’été ?

Yves Bigot : Pas forcément. Le tube de l’été n’est pas mort. Nous ne sommes jamais à l’abri de voir émerger un morceau qui va parler à tout le monde.
Toutefois, s’il n’y a plus de « Macarena » ou de slow de l’été, pour remonter aux années 60, c’est la multiplication des supports médiatiques qui en est responsable. Cela contribue automatiquement à faire baisser la puissance de chacun d’entre eux. Quand il y avait deux chaînes de télévision et quatre stations radio, il était beaucoup plus facile qu’un morceau prenne le dessus sur tout le reste. Aujourd’hui, TF1 n’a, par exemple, plus la même puissance qu’à l’époque où elle lançait des tubes comme « La Lambada ». Il faut dire qu’en ce temps-là, elle réunissait près de 40 % de part de marché, contre un peu plus de 20 % actuellement. On voit bien que ce genre de chaîne n’a plus la même puissance pour imposer un titre pendant l’été. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’en est plus capable pour autant. Mais c’est moins évident. Ce n’est plus à coup sûr.

C’est donc les tubes de l’été lancés par les chaînes hyper puissantes qui disparaissent ?

Le tube de l’été ne s’invente pas et aujourd’hui il a de plus en plus de mal à se décréter, comme l’a fait TF1 de 1989 jusqu’au début des années 2000. A cette époque, des musiques comme la « Lambada » ou « Tic Tic Tac » de Carrapicho étaient lancées grâce à la toute puissance et aux réseaux d’influence de ces médias. Pendant des années, ce genre de diffusion constituait un risque zéro, c’était le succès garanti.
Toutefois, il existe des tubes de l’été qui surgissent de nulle part. Par exemple, la chanson Pop Corn des Hot Butter, n’était pas prédestinée au succès. Elle est arrivée sur un petit label du New-Jersey durant l’été 1972 et en l’espace de quinze jours elle est devenue incontournable dans le monde entier.

Internet a-t-il, lui aussi, jouer un rôle dans le déclin de la tradition du tube de l’été ?

Bien sûr. Internet contribue, lui aussi, au morcellement de la diffusion. Mais d’un autre côté, rien ne dit que ce n’est pas lui qui va lancer le prochain tube de l’été. Il suffirait d’un clip incroyable ou d’une énorme diffusion de manière virale pour lancer un véritable phénomène.

Ne va-t-on pas alors vers DES tubes de l’été plutôt qu’UN tube de l’été ?

Tout à fait. J’ai tendance à penser que le monde est ainsi. Nous sommes dans une ère de proportionnelle et de démocratie participative. La vertu du lien social via le tube de l’été n’est pas si nécessaire dans ce monde où  l’individualisation règne. On est passé du broadcasting, qui est la diffusion massive, à l’égocasting, c’est-à-dire que chacun se choisit sa propre chanson qui lui parle de son été, de sa vie.
Mais nous ne sommes pas à l’abri de voir émerger un morceau qui va attraper l’air du temps ou tout simplement une chanson « feel good » qui par sa joie de vivre communicatrice va unifier tout le monde. C’est ce qui est arrivé il y a deux ans avec la chanson de Zaz « Je veux ».
Pour cet été, il n’y a rien qui se dégage avec une nette évidence. Mais les tubes sont très souvent lancés sur les ondes à l’occasion de la fête de la musique. On verra donc dans les prochains jours s’il y a quelque chose qui prend. Mais pourquoi pas une chanson de l'été qui révélera l'air du temps, la gauche au pouvoir et ce que cela engendre comme sentiments de l'époque.

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