TOUT EST DIT

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lundi 9 janvier 2012

L'élection de tous les possibles

Et s'ils terminaient dans un mouchoir ? S'ils étaient quatre à pouvoir prétendre au second tour ?

La crise de la dette a révélé l'inconséquence des pouvoirs successifs. Son ampleur fait même douter des solutions de rechange. Elle complique l'écriture de projets qui ne seront dévoilés que tardivement. Elle nourrit le pessimisme des Français.

Comme si cela ne suffisait pas, la campagne déçoit. Au flou de François Hollande répondent les revirements de Nicolas Sarkozy sur la TVA sociale ou la taxation des flux financiers. Les invectives, les affaires du PS et les menaces judiciaires sur la majorité prennent le pas sur l'examen méthodique des vrais enjeux, au risque de renforcer la protestation et l'abstention.

Bref, loin d'éclairer et de mobiliser l'électorat, la campagne obscurcit l'horizon présidentiel, au point qu'il devient sage d'avoir à l'esprit des hypothèses inimaginables il y a seulement quelques semaines.

Scénario le plus probable aujourd'hui : l'opinion se fige, les écarts se réduisent un peu, mais François Hollande gagne. Scénario numéro deux : la cote du candidat socialiste s'érode. La crise atteint son paroxysme, et Nicolas Sarkozy, jour et nuit sur le pont, l'emporte à la force du poignet. Scénario numéro trois : le vainqueur n'est ni l'un ni l'autre.

Avant le second tour, il y a un premier tour. L'actualité nourrit les thèmes extrémistes. François Bayrou est poussé par un désir de plus en plus exprimé d'union nationale. François Hollande souffre d'une faible adhésion et Nicolas Sarkozy d'un fort rejet. Quand, en plus, les indécis représentent un électeur sur quatre, on se dit qu'un resserrement des scores est possible.

La responsabilitéde l'électeur

Dès lors, toutes les hypothèses acquièrent de la vraisemblance. À l'exception de Marine Le Pen, qui se heurterait à un front républicain, nous voici bien dans un possible jeu à trois entre François Hollande, Nicolas Sarkozy et François Bayrou.

Après le second tour, il y en a un troisième, les législatives. Un président n'est pas grand-chose sans une majorité parlementaire pour voter son projet. On peut privilégier le choix de la cohérence, les Français donnant une majorité de gauche ou de droite à un président de gauche ou de droite. On peut aussi imaginer une cohabitation. Voire, configuration inédite, un président ¯ François Bayrou en l'occurrence ¯ sans majorité propre.

Il ne s'agit pas, ici, de se livrer à un pronostic, mais de montrer combien le contexte élargit le champ des possibles. L'UMP seule, le PS seul et, a fortiori le MoDem seul n'auront pas l'assise suffisante pour gouverner dans la stabilité. L'avenir le plus probable dépendra de l'entente ou de la mésentente des forces qui vont de la gauche progressiste à la droite humaniste en passant par les centristes, les radicaux et certains écologistes.

On ne peut pas prédire qui occupera l'Élysée, au soir du 6 mai. On ne peut pas affirmer qu'il aura une majorité pour gouverner. Réjouissons-nous que l'avenir ne soit pas écrit d'avance. Mais inquiétons-nous, alors que la France connaît la situation la plus délicate depuis la guerre, de l'hypothèse où l'issue serait l'instabilité. Retenons alors la très grande responsabilité de l'électeur à qui il reste cent jours pour réfléchir.

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