TOUT EST DIT

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mardi 19 août 2014

L’avenir à pile ou Valls !

L’avenir à pile ou Valls !

Il est désormais acquis que François Hollande va jouer son avenir politique à pile ou Valls ! Entendez par là que le chef de l'État n'a plus guère d'autre issue, pour sauver son quinquennat, que de s'en remettre à l'action résolue de son Premier ministre. Quitte à brutaliser sa propre majorité de plus en plus rétive aux admonestations de Matignon. Le pari n'est pas dépourvu de risques. Mais on voit mal, aujourd'hui, François Hollande retirer sa mise et sacrifier Manuel Valls sur l'autel d'une synthèse devenue impossible. Il est désormais trop tard pour « changer de cap », comme l'y invitent les députés frondeurs.
Il n'est pas sûr que la réorientation sociale-libérale enfin assumée par François Hollande et impulsée par Manuel Valls garantisse la sortie de crise. Mais un nouveau revirement, lui, serait synonyme d'un échec certain. Une bonne politique est évidemment affaire de choix, mais c'est surtout une politique inscrite avec cohérence dans la durée. Et sur ce plan, François Hollande a échoué en multipliant dans la première partie de son mandat les louvoiements et les concessions pour préserver l'unité de sa majorité aux dépens de la nature des réformes.
Ce temps gaspillé va beaucoup manquer désormais à François Hollande. À supposer que le pacte de responsabilité fonctionne avec l'adhésion des patrons, il ne produira pas d'effets tangibles avant deux ans. De quoi nourrir les récriminations des « irresponsables » frondeurs. Pour n'avoir pas parlé clair dès le départ, François Hollande envoie désormais Manuel Valls au casse-pipe.
Les contestataires qui n'ont eu, jusqu'à présent, que le courage de signer des motions sans franchir le Rubicon, ont trouvé du grain à moudre dans les derniers chiffres économiques. Les universités d'été du PS et de ses partenaires promettent d'être « chaudes » pendant que Manuel Valls effectuera une rentrée politique hautement symbolique devant le Medef. Ce sera un chiffon rouge de plus agité sous le nez des « frondeurs ». Jusqu'où ira cette guérilla interne ? Ne pourrait-elle conduire François Hollande, plutôt qu'à changer de cap, à changer de majorité ?