TOUT EST DIT

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jeudi 3 juillet 2014

La contre-attaque de Nicolas Sarkozy

Une contre-attaque à la mesure de la blessure. Signe de la gravité de la situation quelques heures après sa mise en examen pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel ». Pour la première fois, depuis sa défaite en mai 2012, Nicolas Sarkozy est sorti, ce mercredi soir, de son silence via une interview radiotélévisée à TF1 et Europe 1 enregistrée durant l’après-midi dans son bureau de la rue de Miromesnil à Paris. « Jamais je n’ai commis un acte contraire à l’Etat de droit », s’est-il défendu. Avant de contre-attaquer sur le thème du complot politique et de la victimisation. « La situation était suffisamment grave pour que je dise aux Français ce qu’il en était de l’ instrumentalisation politique d’une partie de la justice » a-t-il dénoncé. Pointant dans la « garde à vue pendant quinze heures » et « les deux dames qui m’ont donné rendez-vous à deux heures du matin » [les deux juges chargées de l’instruction du dossier, NDLR], « une volonté » de l’« humilier. »

Une victime des juges et du pouvoir

Dans le viseur de Nicolas Sarkozy, la validité des écoutes versées au dossier, mais aussi l’une des juges d’instruction, Claire Thépaut, et ceci, parce qu’elle est membre du Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche. La garde à vue aussi, qu’il veut voir comme une mise en cause de l’institution présidentielle. Surtout, comme dans l’idée d’un match retour, Nicolas Sarkozy a pris pour cible l’exécutif. L’ex-chef de l’Etat a fustigé les propos tenus, ce mercredi matin, par Manuel Valls évoquant des « faits graves » et s’est interrogé sur ce que le Premier ministre sait de l’affaire. « Il y a des choses qui sont en train d’être organisées, les Français doivent savoir. Je suis profondément choqué. Est-il normal que mes conversations soient écoutées puis diffusées par des journalistes ? » s’est-il interrogé, suggérant des fuites politiques. « Cahuzac, lui, n’a pas fait une seconde de garde à vue. Est-il normal qu’on ait choisi une magistrate membre du SM dont l’obsession politique est de me détruire ? » a-t-il attaqué. Suggérant comme à chaque rebondissement judiciaire un traitement exceptionnel pour des raisons politiques, lui qui a laissé entendre, après l’éclatement de l’affaire Bygmalion et les soupçons qui pèsent sur un dépassement massif de ses comptes de campagne, qu’il se préparait désormais à prendre la présidence de l’UMP. Il a répété ce mercredi qu'il n'était pas« homme à se décourager devant les vilenies et les manipulations politiques ». Et a ajouté qu’il annoncerait sa décision « fin août début septembre », que c’est « l’intérêt de la France » qui déterminera sa décision.
Si, plus que jamais, le temps judiciaire compromet et contraint son calendrier, cette intervention sonnait comme une descente dans l’arène politique. « Cela démontre sa combativité, sa capacité à décider, tout ce que n’a pas François Hollande à gauche ni aucun des prétendants à 2017 à droite », voulait croire ce mercredi le député sarkozyste, Yves Foulon.

Soutiens prudents voire plus que réservés


EXCLUSIF - Interview de Nicolas Sarkozy sur... par Europe1fr
Reste qu’à l’UMP, en dehors des sarkozystes, les soutiens étaient prudents voire plus que réservés. Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l’UMP, qui vise aussi la primaire, a adressé sur RTL son « amitié » tout en ajoutant « qu’il y a une décision de justice qui s’impose à tous, il n’y a pas une justice des puissants et une justice des faibles ». Et, coup de pied de l’âne avec Bygmalion en arrière-plan, il a aussi lancé« on est tous responsable de la campagne qu’on mène. » Alain Juppé a twitté « en amitié » : « Il est bien sûr présumé innocent. Sa défense démontrera son innocence, je le souhaite. » Et François Fillon s’est fendu d’un court blog, rappelant la présomption d’innocence et estimant « urgent que la lumière soit faite pour l’homme […] comme pour le pays qui s’enfonce dans la crise de confiance. Ancien président de la République, il a droit au respect ». Un billet qui met l’accent sur la fonction.
Certains estiment à l’UMP qu’il ne peut pas faire autrement que se présenter à la présidence de l’UMP, « sinon cela serait un recul face aux juges ». D’autres ne l’imaginent pas en raison des affaires. « La Stasi et l’instrumentalisation politique, c’est comme les allumettes, c’est un argument qui marche une fois », grince un dirigeant. Tous s’accordent à dire que cette mise en examen est une nouvelle épée de Damoclès pour Nicolas Sarkozy. Et pour l’UMP.

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