TOUT EST DIT

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lundi 9 juin 2014

Jacques Sapir, l'économiste que s'arrachent les souverainistes

Economiste très politique, Jacques Sapir, qui fait de la sortie de l' la priorité des priorités, voit de nombreux responsables  s'inspirer de ses travaux, de la gauche de la gauche jusqu'au .
Dans une brasserie du XIIIe arrondissement, près de l'EHESS où il est directeur d'études, ce tout juste soixantenaire affable, bon pédagogue, développe son plan, élaboré depuis sa première sortie publique sur le sujet en 2006 : sortie de l'euro, dévaluation, contrôle rigide des capitaux, système monétaire commun négocié. 

"Les conditions pour que l'euro réussisse ne se réaliseront pas. On va en sortir dans les années qui viennent". Et la France tient un rôle clé : "Si elle y va, les Italiens y vont le lendemain. Les Espagnols aussi".
"Contrairement à d'autres se disant économistes, il n'a pas usurpé son label", souligne Eric Heyer, économiste à l'OFCE.
M. Sapir déplore que le pays de Voltaire soit "celui où le débat est le moins développé" sur l'euro. Il ne ménage pourtant pas sa peine. Avec une communication maîtrisée, il développe, chiffres et graphiques à l'appui, ses convictions, sur son très suivi blog RussEurope.
Mais l'économiste devient vite un outil politique que s'arrachent eurocritiques en mal de caution intellectuelle.
Militant dans différentes organisations d'extrême gauche dans les turbulentes années 1970, il n'a "pas pris sa carte ailleurs" depuis, ce qui ne l'a pas empêché, de soutenir Jean-Pierre Chevènement en 2002, le Front de gauche (FG) aux européennes de 2009 ou d'assister au congrès 2010 de Debout la République (DLR) de Nicolas Dupont-Aignan. Arnaud Montebourg, s'était aussi appuyé sur ses travaux sur la "démondialisation" pour la primaire PS.
"Je réponds à des invitations, mais il n'y a pas de collaboration régulière", précise celui qui est aussi spécialiste de la Russie.
Plusieurs formations rêvent pourtant de le voir se prononcer en leur faveur. Dernier recrutement du FN? Philippe Murer, "Economiste, auteur avec Jacques Sapir du livre +Les scenarii de dissolution de l'euro+...", citait son nom dans un communiqué du FN diffusé quelques jours avant les européennes.
"On s'inspire beaucoup de ses analyses sur l'euro. Je ne le vois pas comme un homme politique. S'il fait d'autres choix demain... Il fera d'autres choix demain", tempère Florian Philippot, vice-président du FN. On prête à Jacques Sapir une rencontre privée avec la patronne du FN ? "On rencontre pas mal d'économistes", sourit le bras droit de Mme Le Pen. Mais l'économiste a déjà blogué une forme de réponse : "Je rencontre qui je veux en privé".
- "Un flirt" avec le FN, selon Moscovici -

Le FN n'est pas le seul. "Ca me ferait un très bon ministre de l'Economie et des Finances !", s'enthousiasme Nicolas Dupont-Aignan.
A gauche, certains sont plus critiques, presque déçus. "Il se considère sans doute comme intellectuel, pas comme acteur politique. Mais plusieurs fois, Marine Le Pen l'a cité... Il aurait pu au moins prendre ses distances", déplore-t-on au Parti de gauche.
"Sa passion anti-euro le conduit à une transgression et à une rupture avec sa famille politique. Il est clair dans ses propos, son expression, son comportement que le leader politique dont il se sent le plus proche, c'est Marine Le Pen", attaque l'ancien ministre Pierre Moscovici. "Il y a manifestement un flirt, y'aura-t-il un jour plus ?"
Jean-Pierre Chevènement tranche: "Qu'on ne cherche pas à l'identifier par rapport au spectre politique. Ce n'est pas l'espace dans lequel il se meut."
Mais, M. Sapir, qui a aussi travaillé pour le ministère de la Défense, n'hésite pas à sortir de lui-même du champ académique. 
Illustration récente, lorsqu'il appelle, sur son blog, à voter pour les européennes. Ca ne sera pas le FG, qui l'a déçu. "Je voterai, le 25 mai, selon mes convictions". Il exclut PS, EELV, l'UMP, UDI, Nouvelle Donne et Force Vie.
Après une heure d'entretien, on lui demande s'il est "toujours publiquement de gauche ?" "Bien sûr". Il ne l'avait pas précisé avant. Et le terme d'économiste d'extrême droite, comme l'a qualifié M. Moscovici ? "Il sait ce que je pense, c'est une saloperie !".
Alors que pense Jacques Sapir des personnes qui se réclament de lui ? "Mes travaux sont utilisés par une palette extrêmement large. Tant qu'on ne les dénature pas..."

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