TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 21 mai 2014

L’Europe et le poulet

L’Europe et le poulet


Manquait plus que ça ! Alors que les défenseurs de l'Europe s'échinent à mobiliser les électeurs dans la dernière ligne droite, les europhobes font flèche de tout bois. Voici que le « poulet javellisé », symbole honni du traité de libre-échange avec les États-Unis, s'invite dans la campagne et stimule les caquètements apeurés des eurosceptiques. Il faut dire que l'ouverture, hier, dans les environs de Washington, du cinquième round de négociations de l'imprononçable Tafta (Trans-Atlantic Free Trade Agreement), ou si vous préférez TIPP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), tombe comme un cheveu sur la soupe.
Aux bonnes raisons de douter de l'Europe, voici que les populistes, mais aussi les Verts, la gauche radicale et certains socialistes n'hésitent pas à en ajouter de mauvaises, en cultivant les craintes. Ils voient dans ce traité, privilégiant l'établissement de normes mondiales moins protectrices, une soumission aux intérêts des grands industriels et la preuve d'une « américanisation » de l'Europe. Dans l'aventure, le « poulet javellisé » s'est substitué au plombier polonais de la célèbre directive Bolkenstein de 2005.
Sans doute la vigilance devra-t-elle s'imposer dans les négociations, mais les eurosceptiques oublient, dans leurs fantasmes, qu'elles sont encore loin d'aboutir et que tout accord devra être ratifié par les 28 gouvernements, le vote majoritaire du Parlement européen et celui de tous les Parlements nationaux. Rien que cela ! Une fois de plus, les craintes naissent de l'ignorance dans laquelle sont tenues les opinions.
Admettons que, devant ces projets, l'Union est comme une poule devant un couteau. Elle devrait expliquer et argumenter en amont, dire qu'elle n'est pas en position de faiblesse pour négocier, et que cinq millions d'emplois européens dépendent des exportations vers les États-Unis. Seule la désunion des 28 pourrait précipiter notre perte. Ce qui nous ramène au scrutin de dimanche. Ce n'est pas une Europe divisée, minée par les nationalismes, qui pourra jouer un rôle sur la scène mondiale. Au contraire, elle y laisserait beaucoup de plumes.

0 commentaires: