TOUT EST DIT

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vendredi 27 janvier 2012

Jardinier de gauche avec un grand râteau

Hollande, on le savait, est l'homme d'un réformisme tranquille. Il s'est posé hier en candidat du changement raisonnable. Tel qu'en lui-même, sérieux mais recentré par rapport au Hollande allégorique du Bourget. Il l'avait démontré au PS, il a le sens de la synthèse. Le projet dévoilé à la Maison des métallos - temple du syndicalisme, tout un symbole même si celui-ci ne saurait suffire à réenchanter la classe ouvrière - est marqué par un souci d'équilibre, pour ne pas écrire qu'il constitue un habile numéro d'équilibriste. N'épiloguons pas sur l'effet catalogue auquel il n'échappe pas, et évitons les mauvais procès : les Français ne vont pas élire des présidents de syndicats intercommunaux, ils ont besoin d'être éclairés ! Hollande entend incarner une alternative de gauche classique, plus proche de Mitterrand, l'idéologie de mai 1981 en moins, que de l'empathie échevelée de Royal. Il ne lâche certes pas une bombe politique. Il s'inscrit dans la veine sociale-démocrate : redistributif, il demande un effort de solidarité aux plus aisés au profit des classes moyennes. Les hausses d'impôts sont assumées pour financer la « justice sociale », encore faudra-t-il relever le pari qu'il tente en tablant sur une croissance optimiste. La droite en fera ses choux gras. La gauche modérée puisera dans son programme plus de satisfaction que l'aile gauche du PS qui déplorera le manque d'ambition au regard du projet du parti, vaguement détricoté, tandis que le centre appréciera son orthodoxie budgétaire. Bref, du grain à moudre pour tout le monde si bien qu'on est embarrassé pour le caractériser. Disons qu'il ratisse large….