TOUT EST DIT

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dimanche 25 avril 2010

La vie, magnifique aventure


« Ma vie ne sera pas pire en prison ! » Ce cri de détresse d'un jeune homme de 19 ans est bouleversant (1). Il en dit long sur les trous noirs dans lesquels certaines personnes ont l'impression de sombrer : la douleur des abandons, le gouffre de l'ennui, l'absence d'une main tendue aux heures décisives.

Beaucoup s'inquiètent de constater qu'une partie de la jeunesse se livre à des comportements qui mettent en danger leur vie ou celle des autres. Certains s'interrogent sur cette évolution. Ils observent qu'elle reflète les maux de la société des adultes : la jeunesse souffre du manque d'espérance, de ce grand vide creusé par des adultes tellement absorbés par l'instant présent qu'ils semblent plus soucieux d'eux-mêmes que de la société dans laquelle vivront leurs enfants.

Le débat sur les retraites en est une bien triste illustration. Depuis des dizaines d'années, on sait qu'il n'est pas possible de financer durablement ce système. Un gouvernement ose enfin attaquer de front ce problème et, au lieu de voir une génération s'unir pour prendre ses responsabilités : voici qu'elle se divise et réclame, encore une fois, de prendre son temps ! Pourtant, tous les jours, l'État emprunte pour payer les salaires de la fonction publique, les pensions, l'assurance-maladie !

Comment, dans ces conditions, ne pas donner à la jeunesse l'impression d'être embarquée sur un bateau dont l'équipage insensé commence à brûler les planches pour se réchauffer ? Ce n'est pas très enthousiasmant quand on entre dans la vie adulte rempli de force et d'espérance. Si l'on ajoute à cela, le climat anxiogène créé par les peurs des adultes, le tableau n'est guère plus lumineux.

Ainsi, on leur parle davantage du sida que de l'amour et de la transmission de la vie. Autre exemple, pour dissuader les fumeurs, on va afficher des photos chocs sur les paquets de cigarettes. Inefficacité garantie : malgré les campagnes chocs, les jeunes sont toujours les principales victimes des accidents de la route.

Cette manière crue (racine du mot cruel) d'« éduquer », la négation de la sensibilité et de la pudeur, ne finissent-elles pas par produire le contraire de ce qui est recherché : imperméabilité aux messages, cynisme, comportements encore plus « crus » en retour ? Prévenir les risques de cette manière conduit à détruire ce qui est si précieux dans la vie : la faculté d'émerveillement.

La jeunesse ira bien quand les adultes se tourneront résolument vers l'avenir pour poser les bases du développement du pays. Il ne tient qu'à eux de s'unir pour chasser les peurs de l'horizon et transmettre de mille manières que la vie est une magnifique aventure, un don à transformer en force d'âme, en joie, en attention, en construction.