TOUT EST DIT

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samedi 10 avril 2010

Avec souplesse !


Que la réforme des retraites s'impose est l'évidence. Mais pas, selon une fâcheuse habitude prise depuis 2007, une de ces réformes à la hache qui ne tiendrait pas compte des mille et un cas particuliers ! Pas non plus une « réformette » à la sauce syndicale concentrée sur le dogme des 60 ans ! Un seuil politique déjà largement franchi par la réalité puisqu'en 2009, l'âge moyen de départ se situait à 61 ans et demi.
Ce dossier - d'autant plus brûlant qu'en raison de la crise une retraite sur dix n'est déjà plus financée par la répartition - devrait être abordé avec une infinie souplesse. Il ne peut être liquidé en quelques semaines, comme l'annonce le gouvernement, même si depuis trente ans au moins, les rapports et études sur le sujet s'amoncellent par tonnes avec autant de conclusions proposées.
La solution, après les inévitables bras de fer, sera certainement, et tristement, comptable. Avec peut-être de nouvelles sources de financement. Avec plus de trimestres de cotisations et/ou en reculant l'âge dit du « taux plein », par exemple jusqu'à 65 ans, voire au-delà dans un futur proche. Une belle hypocrisie qui cache une réduction des pensions, dans la mesure où les retraités touchant vraiment l'intégralité de leur dû deviendront rarissimes.
Plus qu'un simple ajustement arithmétique entre l'espérance de vie et la durée du travail, une réforme des retraites devrait d'abord être celle de la société. En envisageant d'autres modèles que le départ brutal pour les seniors, comme l'emploi à mi-temps ou à tiers-temps à partir d'un certain âge. En compensant les lacunes de carrière de celles qui ont élevé des enfants. En prenant mieux en compte les réalités physiques et psychologiques du travail : un employé de bureau n'a pas les mêmes contraintes qu'un ouvrier du bâtiment, une infirmière subit un stress autre que dans bien des métiers... Et ces exemples se répètent à l'infini.
La retraite ne devrait jamais devenir uniforme et décrétée. En démocratie, le libre choix demeure le vrai tabou, le seul impossible à transgresser. Aux partenaires sociaux de l'accepter. A l'État de l'admettre et de ne pas légiférer dans une indigeste et bureaucratique potée universelle.
Reste un autre tabou. La retraite par répartition - les actifs payant pour les inactifs, en attendant leur tour - est la seule vraiment honnête. La crise financière a montré l'escroquerie de la capitalisation à long terme. Même pour ces « compléments » favorisés par le fisc et vantés par le marketing bancaire : de l'argent jeté par la fenêtre ou, dans le meilleur des cas, « confié » à la roulette de la spéculation internationale...


Jean-Claude Kiefer

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