TOUT EST DIT

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jeudi 16 février 2012

Veut-on sauver la Grèce ou la mener à la guerre civile ou à un coup d'Etat militaire ?

Même si l'Europe en est venue à injecter 21 000 euros par Grecs pour tenter de sauver le pays, les mesures imposées à la population rendent la vie en Grèce tellement difficile qu'elles ne peuvent qu'attiser un vent de révolte.
«En Grèce, les sages parlent et les imbéciles décident ». Cette phrase d’Anacharsis date du VIème siècle avant Jesus Christ. Elle est pourtant bel et bien d’actualité aujourd’hui encore.
Les évènements de ces derniers jours à Athènes, où de véritables émeutes accompagnées d’incendies de bâtiments publics se produisent sans que les forces de l’ordre arrivent à ramener le calme, montrent que le pays est au fond du gouffre économiquement et au bord du chaos politiquement.
Il faut dire, c’est vrai, que les Grecs ont beaucoup de choses à se reprocher : de la fraude fiscale généralisée dont le peuple dans son ensemble se satisfaisait pleinement aux dépenses d’armement démesurées qui faisaient qu’un pays d’un peu plus de 10 millions d’habitants était parmi les plus gros importateurs mondiaux de matériel militaire, tout dans ce pays était « cul par-dessus tête » depuis des décennies.
Après un premier plan de sauvetage de 110 milliards d’euros, un second plan de 130 milliards est en train d’être mis en route pour éviter une faillite qui est, de toute façon, inéluctable. Faites le calcul, le total des aides dépasse aujourd’hui les 21 000 € par habitant ce qui est une aberration vu la situation économique désespérée du pays. De plan de rigueur en plan de rigueur, la Grèce a continué à s’enfoncer jour après jour. Depuis l’été dernier 60000 TPE-PME ont fait faillite et le PIB s’effondre sans discontinuer.
Les dernières mesures ont été la goutte d’eau qui fait déborder le vase avec une baisse du salaire minimum de 22% pour les plus de 25ans et de 32% pour les moins de 25 ans (qui devraient d’ailleurs porter l’affaire devant la HALDE grecque pour discrimination). Le salaire minimum grec, qui était de 877€ par mois en 2006, a pourtant déjà été réduit à 751 €. Faites le calcul : un jeune grec de moins de 25 ans touchera alors le salaire mirobolant de 510 € par mois tandis qu’un grec de plus de 25 ans émargera à 585 €. Inutile de dire que si vous avez contracté un crédit avec vos revenus de 2006, il ne vous reste plus qu’à vous mettre en faillite personnelle (si cela existe chez les Hellènes) ou à attendre la saisie de vos biens. Pour être déjà allé en Grèce, il est purement et simplement impossible de vivre avec des revenus aussi faibles, les prix de l’essence étant par exemple sensiblement équivalents à ceux pratiqués en France.
Cette colère est d’autant plus légitime que les injustices sont toujours de rigueur au plus haut niveau. Les armateurs sont toujours exonérés d’impôts comme cela est écrit dans la Constitution alors que la Grèce est la première puissance maritime européenne pour la marine marchande et l’Eglise orthodoxe continue elle aussi à ne pas payer d’impôts ou presque.
Inutile de dire que de telles injustices couplées à un avenir des plus sombres ne peut qu’inciter à la révolte qui pourra se terminer soit en guerre civile soit en coup d’état militaire comme ce fût le cas le 21 avril 1967 et ce ne sont pas les propos de l’ancien Premier Ministre Georges Papandreou lors du débat sur le plan d’austérité qui vont inciter les grecs à rentrer chez eux. Celui-ci a en effet déclaré : "Notre système politique est responsable collectivement de tous les fonctionnaires que nous avons embauchés par favoritisme, des privilèges que nous avons accordés par la loi, des demandes scandaleuses que nous avons satisfaites, des syndicalistes et des hommes d'affaires que nous avons favorisés et des voleurs que nous n'avons pas mis en prison".
On comprend mieux dès lors l’écoeurement de tout un peuple face à une classe politique qui a semé avec une énergie débordante les raisins de la colère. Vingt sept siècles plus tard, Anacharsis nous montre qu’il était vraiment un visionnaire.

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