TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 13 novembre 2012

« Je vous comprends »

« Je vous comprends »  


Comme si vous y étiez ! Entendez le président de la République dire aux Français, lors de la si attendue conférence de presse de l'Élysée : « Je vous comprends. » Et enchaînant aussitôt : « Vous accordez plus d'importance que je ne le pensais au contact avec le président que vous avez élu. J'en suis heureux. C'est une des raisons qui m'ont amené à m'exprimer aujourd'hui devant vous pour compenser quelques manques de la chronique, pas toujours porteuse, du travail en profondeur du gouvernement depuis mon élection. Pour vous redire aussi le désastre face auquel nous nous sommes trouvés confrontés à notre arrivée. Un désastre qui a créé bien des troubles et nous a tellement compliqué la tâche. »
« L'impatience populaire est légitime », dira encore François Hollande. « Les Français ressentent dans leur vie de tous les jours les difficultés laissées par la précédente majorité. Je suis solidaire de l'impatience de nos concitoyens, mais on ne peut pas tout entreprendre à la fois. Oui, je suis l'un d'entre vous, mais je suis aussi le président de la République et je ne peux pas aborder les difficultés dans n'importe quel ordre. La priorité était d'entamer la remise à flots des finances de notre pays et d'assumer le prix de cette remise en ordre. Nous devons aujourd'hui payer la facture de nos prédécesseurs, il en va de la dignité de la France. »
« À la suite du rapport Gallois, nous allons nous engager », ajoutera le chef de l'État à l'intention des entrepreneurs, « dans les grandes réformes qui permettront de renouer avec la compétitivité trop longtemps et gravement détruite par des décisions hâtives et inadaptées. Mais les Français doivent aussi ressentir le changement et je veux pour cela ouvrir le grand chantier de l'école, celui du mariage pour tous et, ensuite, celui du vote des étrangers. »
« J'entends bien le reproche qui m'est adressé de ne pas aller assez vite », admettra encore le président. « Je ne veux pas être un hussard qui décide sans prendre le temps de la concertation. Aucune urgence ne justifie la précipitation. Les amplificateurs aboient, la pensée dominante passe. Je n'ai pas de lapin à sortir du chapeau, j'ai seulement besoin de temps pour donner de la cohérence au changement promis. »


Promesses

Promesses


François Hollande avait promis une conférence de presse tous les six mois. Cette promesse-là sera tenue puisque le chef de l’État se pliera à l’exercice ce mardi en la salle des fêtes de l’Élysée.
Il devra y parler, sauf à tourner autour du pot, des autres promesses.
Il y a celles qu’il a tenues, comme la baisse de 30 % des traitements des ministres, le retour à la retraite à 60 ans pour les carrières longues, la création des emplois d’avenir, par exemple. Il y a celles qui ont été rognées, comme le doublement du plafond du livret A, le blocage des prix des carburants, la renégociation du pacte budgétaire européen, à peine amendé par son codicille sur la croissance.
Il y a les promesses qui ont été oubliées, comme la caution solidaire pour le logement des jeunes ou l’assurance de ne pas augmenter la TVA. Il y a celles auxquelles plus grand monde ne croit, comme l’inversion de la courbe du chômage en 2013 ou le droit de vote des étrangers.
Il y a enfin celles qui sont en chantier : la rénovation de la vie publique après le rapport Jospin, l’acte III de la décentralisation, la transition écologique qui ne se limite pas à la fermeture programmée de la centrale de Fessenheim, par exemple.
Comme chaque président élu quand s’évanouit l’état de grâce, François Hollande se voudra explicatif. Il plaidera sans doute que la réalité, parfois, freine ou casse les élans les plus convaincus. Qu’il a été élu non pour dérouler un catalogue de mesures, mais pour gouverner le pays, avec pragmatisme. Que les bonnes idées – le dira-t-il vraiment ? – n’étaient pas toutes dans son camp…
Les uns le croiront et feront preuve d’indulgence, les autres s’en irriteront, crieront qui à la tromperie, qui à l’incompétence. Les sondeurs ausculteront l’opinion – annonceront des pourcentages. Cela ne changera rien au calendrier : les urnes ne reparleront – sauf accident – qu’en 2014.

Malaises internes à l'hôpital

Malaises internes à l'hôpital 


Blocs opératoires fermés, opérations repoussées, médecins réquisitionnés en urgence... Un vent de fronde s'est levé, hier, dans les cliniques et hôpitaux de France et de Navarre. Il est assez mal aisé d'évaluer sa portée, sa durée, et ses effets réels, tant ce mouvement est à la fois hétéroclite dans sa composition et divers dans ses revendications. Mais il est suffisamment spectaculaire et original pour frapper les esprits : que se passe-t-il dans nos hôpitaux ?
Il y a d'abord un contexte politique. Entre la gauche au pouvoir et les médecins, c'est souvent le règne des malentendus, et des sous-entendus. Le gouvernement viserait au portefeuille les spécialistes du dépassement d'honoraire. La gauche rêverait de matraquer la médecine libérale et de « soviétiser » le système hospitalier. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, serait la vilaine diablesse s'en prenant aux braves médecins.
Rien de tout cela n'est exact, mais sur les réseaux sociaux, comme c'est désormais la règle, les esprits se sont vite échauffés. Une cohorte de praticiens de diverses obédiences syndicales, souvent minoritaires, s'est lancée dans une grève annoncée comme illimitée. Le détonateur en est la négociation sur les honoraires. Les contestataires n'avalent pas la barrière du tarif excessif. Le gouvernement pourtant n'a fait que tenter d'endiguer ces dépassements qui conduisent certains patients à renoncer à des soins. Ce qui ruine petit à petit, la logique de la Sécurité sociale, enjeu primordial.
Le système doit évoluer
Sur cette grogne-là, s'en est greffée une seconde, celle des internes, ces bataillons de jeunes médecins, en fin d'études, qui font effectivement tourner les hôpitaux tout en se formant. Ils sont nos médecins de demain. Ils se plaignent du présent et craignent l'avenir. Ils ploient sous les astreintes, les temps de présence démentiels, les gardes de nuit, les heures de repos grignotées, avec la crainte permanente aux tripes de ne pas réaliser le bon diagnostic ou le bon geste... Ils se plaignent d'être exploités, mal payés, et jamais entendus.
L'avenir ? Ils ont peur de perdre la liberté d'installation, au nom de la lutte contre les déserts médicaux. Peur d'être encadrés par les Mutuelles. Peur de voir leurs futurs revenus rognés. Dans ce fourre-tout de revendications et de craintes fantasmées, malheureusement, on perd de vue la seule chose essentielle, la survie de l'assurance-maladie. Quoi de plus normal que le gouvernement veuille, par exemple, mettre son nez dans les dépassements d'honoraires de certains mandarins des hôpitaux publics, y exerçant une part d'activité privée, sans réel contrôle ?
La France jusqu'à présent, grâce à une lutte permanente contre le menaçant « trou de la Sécu », a sauvé l'essentiel. Son système médical demeure l'un des plus performants au monde. Mais il doit évoluer, ne serait-ce que sous la poussée de la démographie et le vieillissement de la population.
Le paradoxe serait que, malgré toutes les négociations passées et à venir, tous les acteurs du système en ressortent mécontents. Les patients moins bien remboursés. Les médecins moins bien tarifés. L'assurance-maladie moins bien dotée. Et, au final, pas de réelle réforme. Mais un risque : celui d'un système frappé d'arthrose qui se bloque et se désagrège au fil des ans.

Ce krach obligataire que Hollande ne verra pas venir

Certains observateurs attentifs auront noté que, depuis quelques temps, les pays émergents achètent à tour de bras tout ce qui s'offre plus ou moins facilement à leur convoitise. Comme on va le voir, les exemples se multiplient d'investissements étrangers en terres européennes ou américaines et, d'achats millionnaires en prises de participation conséquentes, un autre monde est en train d'apparaître. Et, pendant que Flamby rote des petites phrases creuses à la télé, se prépare très vraisemblablement un joli krach obligataire à côté duquel la moiteur des dessous de bras au plus fort de la crise de 2009 pourrait bien paraître printanière.

Oui, je vais un peu vite en besogne mais cependant, tout est logique.
En effet, il n'y guère besoin d'efforts énormes pour découvrir que les pays dits émergents investissent maintenant de plus en plus dans les pays dits développés (pour ne pas dire émergés avant de couler). Récemment, les achats du Qatar en France ont fait, plusieurs fois, les gros titres des journaux tant on pouvait sentir la fibre nationale de nos minustres s'agiter à l'idée de perdre des sources faciles de dessous de table. Et en plus, on ne parle pas ici de quelques prises de participations dans d'obscures sociétés de second rang, mais bien de dix milliards d'euros... pour le moment.
Pour le moment parce que lorsqu'on sait que les Qataris se rapprochent des banques d'affaires pour mieux contrôler leurs avoirs et étendre leurs participations, on comprend que ces investissements français font partie d'une stratégie globale.
Stratégie globale qu'on retrouve pour d'autres émirats (Dubaï par exemple), pour la Chine, la Russie ou encore le Brésil et qui peut se résumer à une frénésie discrète mais bien réelle d'achats en tous genres, et un intérêt accru des banques d'affaires sur place pour motiver de nouveaux riches clients à diversifier leurs portefeuilles.
Tout ceci n'est évidemment pas fortuit.
Historiquement, lorsqu'un pays se développe, ses citoyens qui parviennent à une nouvelle richesse investissent d'abord dans les avoirs les moins risqués dont l'art, l'or et ... les devises et bons d'états de pays étrangers solides. Et, au fur et à mesure que le pays se stabilise dans sa nouvelle situation, les investissements se modifient en laissant progressivement les bons d'état pour accéder aux domaines plus risqués (actions d'entreprises étrangères, par exemple).
Si l'on transpose à la situation courante, on observe le même phénomène avec un élément supplémentaire : la taille des pays qui émergent de la pauvreté est absolument gigantesque d'une part, et d'autre part, l'accroissement des investissements dans les pays étrangers est, véritablement, exponentielle. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un oeil rapide aux graphiques ci-dessous (issus de la Banque Mondiale). Le premier montre l'ampleur des investissements étrangers vers les pays de l'OCDE.


Le second, ci-dessous, permet d'apprécier la répartition nord/sud des investissements effectués, ce qui permet de voir que non seulement, les pays émergents investissent de plus en plus vers les autres pays, mais aussi de plus en plus vers eux-mêmes, ce qui donne une bonne idée de la quantité de richesse qu'ils ont su dégager.

Tout ceci est bel et bien bon, mais comment en vient-on à claquer la boîte à sucette de ce pauvre Hollande qui ne l'avait pas vue venir (mais la mérite largement quand même) ? De façon fort simple, à mesure que les fortunes de ces pays grossissent, petit à petit, les bons d'états deviennent moins intéressants.
Hollande regarde sa montre à l'enversD'une part, l'accumulation des réserves de change par les banques centrales, ça va bien cinq minutes, mais avec les petits mouvements sur les monnaies actuellement, on comprend que certains aient des sueurs froides et décident de ré-allouer leurs avoirs (les Chinois n'étant pas les plus mal placés en l'occurrence). D'autre part, les manipulations grossières des taux par les principales économies du monde (Américains, Anglais et zone euro) ont permis de conserver des taux longs historiquement bas, ce qui était bien pour eux, mais moins pour les investisseurs étrangers qui commencent à trouver peu rentable ces investissements d'autant que leur sûreté s'effrite au fur et à mesure que les banquiers font buzzer les Epsons.
À tel point que, par exemple, la nervosité se lit dans les déclarations du patron de la Banque d'Angleterre, qui comprend bien qu'il faudrait arrêter de croire qu'on pourra imprimer la dette jusqu'à son évaporation mais qu'on oblige plus ou moins ouvertement à continuer...
Concrètement, pour les pays émergents, les obligations d’État n'offrent plus un rapport sûreté / rendement suffisant.
Et double effet kiss-cool, l'arrivée de ces fonds de plus en plus importants dans des banques européennes permettent à ces établissements parfois mal en point de mieux respecter leurs différents ratios imposés par Bâle III, qui ont d'ailleurs d'autant plus de facilité à le faire actuellement qu'elles ont été légalement tenues de se gaver d'obligations d'état précédemment.
En résumé, nous sommes à un tournant : dans les prochains mois tout au plus, les bons d’États auront de plus en plus de mal à trouver preneur. Les Russes, les Chinois, les Indiens et les Brésiliens sont peut-être en voie de développement mais certainement pas stupides et ont compris que les papiers décorés qu'on leur envoie ne sont que ça, des papiers décorés. D'un autre côté, les établissements bancaires (les moins stupides d'entre eux, en tout cas) ont eux aussi compris l'intérêt qu'il y avait à ne pas surcharger leur barque de ces obligations et à se concentrer, une fois les ratios légaux atteints, dans d'autres investissements plus lucratifs.
Autrement dit, pour attirer le chaland, les États vont devoir augmenter leurs taux ou diminuer leurs émissions de dette.
hollande humideParallèlement, tant le budget de 2013 présenté par l'équipe de branleurs de Bercy que les promesses électorales du boulet fromager concourent l'un comme les autres à démontrer l'impéritie totale des dirigeants français. Lorsque l'étau financier va se refermer et les taux remonter franchement, attendez vous à supporter tout l'arsenal des rodomontades et pleurnichements pathétiques des frétillants crétins qui nous gouvernent, avec des discours à base de méchante finance qui met le pays à genoux (avec un petit "c'est parce qu'on est de gauche que la finance nous fait ça, à nous, le sel de la terre"), montrant leur parfaite méconnaissance des mécanismes en jeu.
Bien sûr, à ce moment là, il serait de bonne guerre de dire "C'est bien fait !" car ils l'auront bien mérité. Mais malheureusement, dans cette histoire, ce seront toujours les mêmes qui vont trinquer et les responsables, les socialauds, s'en tireront avec une pirouette.

Hollande, les "néoracistes" et nous 


 
Où est l'Histoire ? Elle est partout, ces temps-ci. À l'heure où nous écrivons ces lignes, nous ne connaissons pas les résultats des élections américaines, mais peu importe, parce qu'elle est aussi en train de se faire, ces jours-ci, dans notre cher et vieux pays.
Dans "La tyrannie du statu quo", un livre écrit avec son épouse, Rose, le Prix Nobel d'économie Milton Friedman expliquait naguère qu'après leur arrivée au pouvoir les grands dirigeants n'ont que cent jours pour réformer. Il donnait en exemple Roosevelt, Reagan, Mitterrand et Thatcher, qui ont transformé leur pays à la hussarde. Passé le délai de trois mois, notait-il, les conservatismes et les politicailleries reprennent toujours le dessus, les gouvernants s'engluent.
François Hollande est au pouvoir depuis six mois. Il a perdu beaucoup de temps, mais il n'a pas encore perdu la partie. Il lui reste quelques semaines pour devenir l'homme d'État qui aura redressé la France. À une condition : qu'il prenne le chemin difficile déjà emprunté par d'autres sociaux-démocrates comme le chancelier Gerhard Schröder en Allemagne ou le Premier ministre Göran Persson en Suède, qui, grâce à une politique de débourbage, ont remis debout leurs pays respectifs.
Alors qu'ils infligeaient des remèdes de cheval à leurs concitoyens, dans les années 2000, ces deux hommes ont essuyé bien plus de lazzis que Jean-Marc Ayrault. Aujourd'hui, ils sont vénérés parce qu'ils ont eu le courage d'en finir avec les corporatismes et les lâchetés qui mettaient leur modèle en péril. Un jour, il faudra bien qu'un homme d'État français, au lieu de se contenter d'assommer le pays de taxes et d'impôts, taille, coupe et tranche dans la graisse, la gélatine et les corsets qui étouffent notre économie. François Hollande peut être celui-là et entrer dans l'Histoire. À condition qu'il force sa nature, oublie ses calculs politiques, se fiche de plaire à son parti et rompe dès maintenant avec trente ans de bêtises et de cynisme. Il n'a pas d'autre choix s'il veut que la France reste un pilier de l'Europe au lieu d'en devenir l'un de ses boulets.
Sinon, après avoir fait quelques ronds dans l'eau qu'il aura à peine effleurée de petits coups d'aile, il n'aura été qu'un oiseau de passage, comme certains de ses prédécesseurs.
Où sont les "néoracistes" ? Si l'on en juge par les réactions qu'a provoquées notre une de la semaine dernière, consacrée à "Cet islam sans gêne", il n'y a plus de doute : notre pays est affligé d'une nouvelle engeance aveugle et sourde, mais, hélas, pas muette.
Elle prolifère sur la Toile, dans les médias et l'intelligentsia, du moins dans celle qui a cessé de penser depuis la chute du mur de Berlin. Elle fonctionne au réflexe conditionné et ne sort de sa naphtaline que pour des indignations sélectives qui nous ramènent au temps de Panurge, son idéologue officiel. Elle n'avance qu'en meute et ne s'exprime qu'en choeur.
Son cogito : "Je m'insurge, donc je suis. " Ou bien, plus consternant encore : "Je twitte, donc je suis." Il a suffi que nous mettions le focus sur une fraction de l'islam, comme l'indique sans ambiguïté, sur notre couverture, l'adjectif démonstratif "cet", pour que nous fussions aussitôt accusés de racisme anti-arabe ou anti-noir. Les bouffons ! Ils font preuve d'un insondable mépris envers ces collectivités humaines pour les réduire aux dérives marginales d'une religion dont on n'a pas omis de dire, dans ce journal, le respect qu'on lui devait.
Il est permis de secouer comme un cocotier le haut clergé catholique, pape compris, de fouiller dans ses poubelles pédophiles ou de se gausser, non sans raison, des excès des born again américains, mais, devant cet islam sans gêne qui nous occupe, il faut rester le doigt sur la couture du pantalon. Passez votre chemin, de préférence en fermant les yeux ; sinon, vous stigmatisez, et c'est interdit.
Or la vocation du journalisme, s'il en a une, n'est-elle pas de déterrer, d'exposer, de démasquer, donc de stigmatiser ? Nos flics idéologiques n'ont pas compris cela. Ils n'ont pas compris non plus qu'ils confondent les peuples et les religions. Nul ne dira jamais que tous les Américains sont mormons, tous les Allemands, luthériens ou tous les Britanniques, anglicans. Ou inversement. En revanche, il faudrait que tous les Arabes et tous les Noirs soient musulmans, appartenant de surcroît au courant revendicatif et minoritaire que nous décrivions dans notre numéro.
Nos marchands d'anathèmes montrent ainsi leur vrai visage. Ce sont des "néoracistes", il n'y a pas d'autres mots pour les qualifier. Ils ne le font pas exprès, bien sûr, mais par peur, suivisme ou paresse, ils enferment, comme les colonialistes d'antan, des populations entières dans une identité religieuse qu'on peut être en droit de considérer comme simplificatrice ou caricaturale. Tels sont les effets de l'ignorance et de la condescendance.
Honte à ces "néoracistes" !

la conférence de presse de Hollande, c'est du toc 


 
Ce n'est pas parce que monsieur Hollande a viré de cap et qu'il vient d'infléchir sa politique économique dans une direction plus raisonnable que celle qu'il avait empruntée il y a six mois que nous le tiendrons quitte de ses erreurs passées et que nous lui accorderons la confiance qu'il va solliciter cet après-midi de la part du peuple français. Il a, en effet, montré trop de haine envers son prédécesseur, trop de mépris envers la bourgeoisie d'où il vient, trop de sottise dans sa condamnation de l'argent, trop de suffisance dans l'exposition de soi-même, trop d'arrogance dans les défis qu'il a lancés pour qu'on accorde crédit à l'homme. Il a trop promis et s'est trop repris, il s'est trop engagé puis trop rétracté pour qu'on accorde foi au politique.
Libre à ceux qui ont voté pour lui de se satisfaire de ses approximations, de ses palinodies et de ses postures fanfaronnes, c'est leur affaire. Libre à ses alliés politiques de continuer de jouer avec lui un jeu pervers de dupes et d'accepter de perdre ce qu'il leur reste d'âme contre une misérable prébande de pouvoir, c'est leur problème. Pour nous, Hollande restera l'imposteur, en dépit des retournements qu'il pourra lui arriver d'opérer, fût-ce en faveur de nos intérêts idéologiques... et même fiscaux ! L'imposteur : celui qui, sous le masque de la vertu, trompe même les siens, sans vergogne.

"C'est se foutre du monde"

Il a échoué sur toute la ligne sans même avoir su donner le change par une gestion honorable de son image. Il s'est renié en tous domaines. Il devait gouverner modeste, il est partout, enflé comme Ubu. Il a occupé le paysage pendant six mois dans l'attente d'un rapport destiné à lui indiquer quelle politique il doit mener. Quel aveu d'impréparation, d'incompétence et d'incapacité à gouverner ! Ce rapport lui parvient enfin. Il remet en cause la parole sur laquelle le candidat a été élu président. Qu'importe, il sera la nouvelle Bible.
C'est cet homme-là qui va s'expliquer devant nous durant deux heures cet après-midi pour nous dire qu'il a choisi, après six mois de tergiversations, de faire à peu près la même chose que ce que faisait cette ordure de Sarkozy. C'est se foutre du monde. Entre-temps, la France aura perdu beaucoup d'argent, beaucoup d'emplois, beaucoup de crédit et l'amitié de l'Allemagne. Cela s'appelle le socialisme en marche vers le réenchantement du rêve. 
Du toc, oui...

Dérapage de la masse salariale de l'État

Les dépenses de personnel de l'État et certaines prestations sociales coûteront plus cher que prévu. Mais ces surcharges seront compensées.
 

Les gouvernements se suivent mais le problème demeure: les ministères ont encore des difficultés à prévoir leurs dépenses de personnel. En 2012, la masse salariale de l'État sera supérieure de 582 millions d'euros à la prévision initiale établie fin 2011, selon une information des Échos confirmée au Figaro.
Principaux responsables de ce dérapage: la Défense (pour 280 millions) et l'Éducation nationale (pour 161 millions). Les primes accordées aux militaires en opération extérieure (en mission à l'étranger) ont été sous-évaluées dans le budget initial. «À l'Éducation, l'erreur de prévision est faible comparée aux 40 milliards des dépenses de personnel. Les écarts sont inévitables car il est impossible de prévoir les jours de grève ou d'absence», se défend-on dans l'entourage de Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget. Où l'on ajoute: «Pour l'ensemble de l'État, corriger de 582 millions une masse salariale de plus de 80 milliards n'a rien d'extraordinaire. L'erreur est d'à peine 0,7%.»
Une chose est certaine: le gouvernement Fillon avait fait pire. En 2010, la masse salariale avait été supérieure de 760 millions à la programmation initiale! À l'époque, l'exécutif avait notamment mal évalué le nombre de départs à la retraite.

Réserve de précaution

Le projet de loi de finances rectificative pour 2012, qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres, prendra acte de cette charge supplémentaire de personnel. Il accordera également des rallonges pour financer certains budgets sociaux: 313 millions pour l'allocation adulte handicapé, 259 millions pour les aides au logement, 146 millions pour les bourses étudiantes. Autant de postes systématiquement sous-budgétés année après année. S'y ajouteront 300 millions pour les contrats aidés, le gouvernement Ayrault ayant décidé d'en accroître le nombre.
Toutefois, tout ceci n'accroîtra pas le déficit de l'État en 2012. En début d'année, chaque gouvernement met de côté certaines sommes. Les nouvelles dépenses de 2012 seront financées sur cette réserve de précaution. C'est la recapitalisation de Dexia qui augmentera le déficit budgétaire de 2012, le faisant passer de 83,6 milliards à 86,2 milliards.
Cette année, les dépenses de l'État, hors charge de la dette et pensions, devraient même être inférieures de 1,7 milliard à celles de 2011. Une rupture dans la longue tradition française de hausse des dépenses! En prenant en compte la charge de la dette et le coût des pensions de retraite (en nette hausse), la hausse des dépenses ne sera que de 700 millions entre 2011 et 2012.

Grèce : les Européens s'apprêtent à repousser le problème

L'Eurogroupe se penche une nouvelle fois, lundi, sur la situation grecque. Sans proposer de solution de long terme.
Le volontarisme de Mario Draghi a porté ses fruits. Depuis l'annonce d'une possible intervention "illimitée" de la BCE pour racheter des obligations en circulation émises pour moins de trois ans, les investisseurs sont rassurés. Signe de la confiance retrouvée, les fonds monétaires américains, qui avaient fui la monnaie unique, sont de retour en Europe. Avant même d'avoir été injectée, la piqûre de calmant proposée par l'institution de Francfort a donc soulagé le malade. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il est guéri. Loin de là.
Alors que la zone euro s'enfonce dans la récession, elle doit toujours traiter un de ses principaux foyers d'infection, la Grèce. Deux plans d'aide, le premier de 110 milliards d'euros, accordé en mai 2010, le second en octobre 2011, n'ont pas suffi à remettre le pays dans le droit chemin. Pas plus que la perte infligée aux investisseurs privés - banques, fonds et autres assureurs... - pour réduire de plus de 50 % la dette grecque qu'il détenait (107 milliards sur 200).

Sortie de route

Toutes les prévisions économiques du FMI, de la BCE et de la Commission - la fameuse troïka, chargée de définir et contrôler la bonne application du traitement - ont été démenties. Dans les plans initiaux du FMI, l'endettement devait grimper de 115 % du PIB en 2009 à 149 % cette année, avant d'amorcer une décrue à partir de 2014. Malgré la restructuration de la dette, il n'en sera rien. En février dernier, le Fonds révisait sa prédiction à 168 % du PIB pour l'année prochaine. Et, depuis, la situation s'est encore aggravée. Impossible, dans ces conditions, de tenir l'objectif de revenir à 120 % en 2020, le niveau maximum considéré comme soutenable pour se financer sur les marchés... C'est que, malgré les efforts considérables pour réduire le déficit, celui-ci n'a fait que s'aggraver, entraîné par la récession. Censé revenir à 7,6 % du PIB en 2011 et à 6,5 % en 2012 dans les plans initiaux du FMI, il a finalement atteint plus de 9 % à la fin de l'année dernière. L'argent semble avoir été déversé dans le tonneau des Danaïdes.

La troïka positive

Face à une telle fuite en avant, les Européens doivent maintenant prendre plusieurs décisions. Lundi, les ministres des Finances de la zone euro se réunissaient pour étudier le sixième rapport de la troïka sur l'état de l'économie et sur l'application des réformes. C'est sur la foi de ce rapport qu'ils décideront ou non de débourser une nouvelle tranche du plan d'aide, de 31,5 milliards d'euros, dont Athènes a besoin pour faire face à ses engagements à très brève échéance.
Bonne nouvelle, la troïka aurait décerné un satisfecit au gouvernement d'Antonis Samaras, pour l'application des réformes demandées, à en croire Jean-Claude Juncker. Selon le chef de file de l'Eurogroupe, son nouveau rapport "est fondamentalement positif, car les Grecs ont tenu leurs promesses". La fragile coalition rassemblant la droite modérée, le parti socialiste (Pasok) et la Gauche démocratique a notamment adopté, dimanche soir, les nouvelles mesures demandées pour continuer à financer le pays.

Une dette insoutenable ?

Mais le versement d'une nouvelle partie du plan d'aide ne suffira pas. Pour s'en sortir, Athènes demande maintenant deux ans supplémentaires afin de ramener son déficit à 3 % du PIB. Mais qui dit plus de temps dit encore plus d'argent. S'il était accordé, le sursis devrait coûter 32,6 milliards d'euros supplémentaires, selon le rapport -encore provisoire- de la Troïka. Pour les financer, les Européens planchent sur un rééchelonnement de la dette qu'ils détiennent, une réduction des taux d'intérêt demandés ou des rachats d'obligations qui arrivent à échéance.
Reste à savoir si tout cela permettra à Athènes de rendre sa dette soutenable. Selon Der Spiegel, la troïka elle-même n'y croit pas. Elle aurait appelé fin octobre les Européens à prendre leur perte, pour alléger définitivement le fardeau. Ce serait la première fois que les contribuables européens perdraient de l'argent dans le sauvetage grec. Depuis le début de la crise, ils n'ont fait que lui prêter moyennant remboursement et intérêts. Selon un rapport du Sénat de juillet 2012, ils ont déjà accordé près de 56 milliards d'euros sous la forme de prêts bilatéraux, dont 11,4 milliards rien que pour la France. Le fonds de secours provisoire de la zone euro, le FESF, qui a pris le relais, est, lui, engagé à hauteur de 120 milliards d'euros (soit 31,6 milliards pour la France).
De tels chiffres expliquent pourquoi nombre d'États ne veulent pas entendre parler d'un effacement de la dette. Un défaut grec sur la totalité de sa dette coûterait en effet 66 milliards d'euros à la France, selon Éric Dor, directeur de la recherche à l'IESEG School of Management. Encore plus pour l'Allemagne. Ils pourraient donc bien repousser le problème à plus tard. Notamment après les élections législatives en Allemagne, prévues en 2013.

Les dévots de La pensée mythique

Quel est le point commun à ces éminences du clergé médiatique que sont Christophe Barbier, Nicolas Beytout, Dominique Seux, François Lenglet, Jean- Marc Vittori, Franz-Olivier Giesbert, Erik Izraelewicz, Eric Le Boucher, Yves de Kerdrel et consorts ? Nonobstant leurs différences, ils ont fait du « coût du travail » leur cible unique. 

Nos Excellences ne prennent du rapport Gallois que ce qui les intéresse pour fonder le raisonnement suivant : si la France va mal (et c’est le cas), si son industrie s’est rabougrie (et c’est la réalité), si elle exporte moins (et cela ne se discute pas), c’est parce que le travail coûte trop cher. En vertu de quoi, une économie massive sur les « charges » (qui sont la partie du salaire consacrée aux cotisations sociales ) devrait remettre la machine en marche et la faire repartir comme par miracle. Amen.
 
On entend cette petite musique du matin au soir, sans que personne parmi les membres du chœur susdit s’interroge le moins du monde sur les carences d’un tel raisonnement. S’il suffisait de baisser les charges pour relancer les investissements industriels, cela se saurait puisque c’est déjà le système en vogue pour les bas salaires. Si la compétitivité était indexée sur le faible niveau des salaires, la Grèce, l’Espagne et le Portugal devraient figurer dans le top du top. Si les cadeaux aux entreprises sans contre partie permettaient de stimuler le made in France, Arnaud Montebourg serait le premier à brûler un cierge pour fêter l’événement.
Un autre donneur de leçon

Les hauts dignitaires de l’Eglise médiatique ne rentrent pas dans ce genre de considérations. Le coût du travail est leur nouveau mantra, et nul ne les fera dévier de leur mission évangélisatrice. Habitués à se tromper, ils persistent et signent. Tout comme ils étaient pour le traité  de Maastricht en 1992, pour le traité européen en 2005, pour le nouveau traité européen signé par François Hollande, ils sont pour la version « coût du travail » du choc de compétitivité, notion imposée dans le débat public par les tenants de l’orthodoxie néolibérale grâce aux tergiversations d’un PS qui ne sait plus sur quel pied idéologique danser.
 
Les maîtres à (bien) penser ne parlent jamais du coût du capital, du coût des dividendes, du coût de la rente, du coût des délocalisations, du coût des fuites de capitaux, du coût des placements financiers, ou même du coût de la niche fiscale dont ils bénéficient en tant que journalistes. En revanche, le coût du travail salarié, cela les révulse au plus haut point, et ils n’hésitent pas à monter en prêche pour appeler les malheureux à se sacrifier en place publique. Au passage, ils en oublient les voix iconoclastes faisant remarquer qu’il ne faut pas mettre dans le même panier grandes et petites entreprises, et que la compétitivité dépend aussi de l’effort de recherche, de l’innovation, du financement des banques ou du patriotisme industriel, sans lequel nul ne peut résister aux conséquences de la mondialisation sauvage. Pour la nouvelle cléricature, ces considérations impies sont vouées au grand bûcher de l’Inquisition.
 
Quelqu’un a dit : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes. » Il s’appelait Keynes. Encore un hérétique.

Rapport Gallois : « les feuilles mortes se ramassent à la pelle ».

Les 22 propositions du rapport de Louis Gallois [lire http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/Rapport-LG.pdf] doivent inspirer le Gouvernement dans ses mesures pour soutenir la compétitivité. Auparavant [pour ceux qui n'ont pas la mémoire courte], le rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, dit rapport Attali, préconisait déjà une série de mesures : 314 propositions pour la plupart restées « lettres mortes ». A cet égard, l'intérêt économique de la réduction des délais de paiement, notamment pour les petites et moyennes entreprises dont la gestion de trésorerie est plus délicate, avait notamment été souligné par le rapport Attali de 2010 (voir le Rapport de la Commission pour la libération de la croissance, « Sortir de la crise : une ambition pour dix ans », 2010, p. 113).

Alors que le rapport Attali préconisait des délais de paiement à 30 jours, la loi de modernisation de l'économie (LME), adoptée par les parlementaires en juillet 2008, plafonnait le délai de paiement

convenu entre les entreprises à quarante-cinq jours fin de mois, ou soixante jours à compter de la date d’émission de la facture (Rappel : à compter du 1er janvier 2013, une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € est introduite par le décret n° 2012-115 du 2 octobre 2012. Elle s'ajoute aux pénalités existantes, pour tout professionnel en situation de retard de paiement).

Même exigence du côté du rapport Gallois qui précise [page 40] : « Les exigences de la LME de 2008 sont trop souvent contournées… Les fournisseurs hésitent à aller devant les tribunaux contre leurs clients. Il devrait être confirmé aux Commissaires aux comptes qu’ils doivent obligatoirement joindre à leurs avis sur les comptes de l’entreprise, le Rapport prévu et trop souvent absent sur le crédit interentreprises…. Des sanctions administratives (DGCCRF) devraient être prévues en cas de manquement ».

Ainsi, la dix-septième proposition est de confirmer aux commissaires aux comptes « qu'ils doivent obligatoirement joindre à leur avis sur les comptes de l'entreprise, un rapport sur le crédit interentreprises ». Dans une précédente chronique [mai 2010], nous doutions déjà du « zèle » des commissaires aux comptes ( lire http://www.finyear.com/Reforme-des-delais-de-paiement-la-coupe-est-pleine-_a14543.html ).

Enfin selon le rapport Gallois, il faudra aussi prévoir des sanctions administratives (via la DGCCRF) en cas de manquement aux règles sur les délais de paiement.

Là encore dès 2008, nous nous interrogions en effet sur la capacité pour un fournisseur de faire réduire les délais de paiement abusifs : « Seul un tribunal peut prononcer de telles sanctions. Mais en pratique, imagine-t-on un fournisseur, un sous-traitant ou un prestataire de service qui prendrait le risque d’assigner devant les tribunaux son donneur d’ordre ? Quelle chance aurait-il dans ces conditions de garder son client ? Les PME auraient sans doute souhaité que le législateur donne davantage de moyens à la DGCCRF, afin de lutter contre les mauvaises pratiques » ( lire http://www.finyear.com/LME-ce-chien-de-Jean-de-Nivelle-qui-s-en-va-quand-on-l-appelle_a7287.html ).

Dès l’origine, la réforme des délais de paiement était « condamnée », comme je l’indiquais dans l’ouvrage « Réforme des délais de paiement et modernisation de l’économie. De l’intention aux actes ? », publié en septembre 2009 aux éditions « Lignes de Repères » ( voir http://www.lignes-de-reperes.com/catalogue/modernisation-economie.htm ).

Si les feuilles mortes se ramassent à la pelle, comme le chantait Yves Montant, les souvenirs et les regrets aussi.

L’ombre embarrassante

L’ombre embarrassante 


Ici l’ombre ! Celle de Nicolas Sarkozy continue de se projeter sur sa famille politique. Selon un sondage publié hier (IFOP/ Journal du Dimanche), 64 % des sympathisants de l’UMP souhaitent que l’ancien président se porte à nouveau candidat en 2017.
2017 ? Autant dire des années-lumière : une enquête d’opinion sur le futur de l’ex n’a donc aucune valeur prédictive. Elle éclaire en revanche la compétition actuelle, qui oppose Jean-François Copé et François Fillon, pour prendre, dimanche prochain, la tête de leur mouvement.
Si la Sarko-nostalgie reste aussi forte, c’est avant tout parce que l’UMP se souvient avec émotion du temps où elle occupait une position dominante. Aujourd’hui, malgré les difficultés que rencontre la gauche – à cause de la crise et en raison de ses propres erreurs – le mouvement est en proie au doute. La situation est habituelle au lendemain d’un échec électoral, mais elle est ici d’une acuité particulière. Aux classiques inimitiés personnelles s’ajoute une interrogation stratégique. Dans le sillage de l’ancien chef de l’État, Jean-François Copé se veut le porte-parole d’une « droite décomplexée », un peu comme les républicains ont tenté de le faire aux États-Unis, sous la houlette de Mitt Romney. Au bout du compte : la défaite, même si elle fut, à chaque fois, de justesse.
Rester malgré tout sur cette ligne ou se recentrer : c’est une question clef que devra trancher le futur patron de l’UMP. Il n’aura pas la tâche facile. Mais s’il préserve l’unité interne et externe – en parvenant à garder un lien constructif avec l’UDI naissante, de Jean-Louis Borloo – son avantage sera déterminant pour aborder la bataille suprême de 2017.
Voici pourquoi leur confrontation actuelle est aussi rugueuse, voici pourquoi, également, les duellistes proclament, chacun à sa manière, leur fidélité à Nicolas Sarkozy. La confrontation à ce stade serait inutile, puisque prématurée. Mais, secrètement, tous deux espèrent être en position assez forte pour que la résurrection de l’ex-président soit impossible demain, faute d’espace.
Leur antagonisme est manifeste. Mais plus secrètement, Jean-François Copé et François Fillon se rejoignent, sans doute, sur un objectif : 
effacer une ombre embarrassante.

lundi 12 novembre 2012

Cahuzac sur le pacte Ayrault : "une politique intelligente que la droite n'a jamais faite"

Dans un entretien à Libération, le ministre délégué au Budget apporte de nouveau son soutien et sa confiance dans le pacte de compétitivité présenté la semaine dernière par le gouvernement Ayrault, dans le sillage du rapport Gallois. En outre, il a annoncé des mesures pour lutter contre la fraude fiscale.
"Lutter contre le chômage, c’est une politique de gauche." Jérôme Cahuzac n’en démord pas. Et enfonce le clou. Dans un long entretien à Libération ce lundi, le ministre délégué au Budget est monté au créneau contre les critiques de son propre camps, accusant le gouvernement d’avoir mener une politique de droite avec le pacte Ayrault et son crédit d’impôt de 20 milliards d’euros aux entreprises, couplé à une hausse de la TVA. Lorsque le quotidien ironise, lui demandant s'il "mène une politique de droite au service d’un objectif de gauche", l’intéressé assène : "je ne vois pas en quoi permettre aux entreprises d’investir davantage serait une politique de droite. Ce pacte est en tout cas une politique intelligente que la droite n’a jamais faite".
Pour le ministre du Budget, il s’agit-là du seul moyen efficace d'endiguer contre le chômage. "Lutter contre cette menace oblige à restaurer les marges des entreprises afin que celle-ci puissent investir et gagner en compétitivité. Et donc embaucher", argumente-t-il.
Lutte contre "la fraude ou les manœuvres abusives"
Concernant la hausse de la TVA en 2014, Jérôme Cahuzac assure que "la solution retenue n’est pas du tout de même nature que la TVA sociale de Nicolas Sarkozy". "Il ne s’agit pas d’une augmentation générale de TVA, car le taux sur les produits de première nécessité baisse avec un coût pour les finances publiques de l’ordre de 1 milliard d’euros", se défend-t-il notamment.
En outre, alors qu’un grand nombre de Français va devoir essuyer des hausses d’impôts, Jérôme Cahuzac a annoncé des mesures pour lutter contre "la fraude ou [les] manœuvres abusives" dans le cadre de la dernière loi de finances pour 2013. D’après Libération, ces mesures concernent les ménages et les entreprises, et doivent permettre au fisc de dégager au moins 1 milliard d’euros supplémentaires.
QUE VA-T-IL ENCORE NOUS PONDRE ?

Recordmen d'impopularité : les déçus de François Hollande sont-ils les mêmes que ceux de Nicolas Sarkozy ?

Selon un sondage Ifop pour Paris Match, le chef de l'Etat est crédité de 42% d'opinions favorables en novembre. A la même période en 2007, 59% des sondés faisaient confiance à Nicolas Sarkozy.

Six mois après son élection, François Hollande est déjà passé sous la barre des 50% d'opinions positives. Comme Nicolas Sarkozy, il est donc confronté à une forte impopularité. Celle-ci est-elle de même nature ?

Jérôme Fourquet : Il faut d'abord préciser qu'à la même époque de son quinquennat, Nicolas Sarkozy était encore à 59 % d'approbation. Le décrochage de Nicolas Sarkozy est intervenu plus tard, près d'un an avant son élection, entre décembre et janvier 2008. Durant la campagne de 2007, Nicolas Sarkozy avait su créer de vraies espoirs et un engouement. Cela n'a pas été le cas pour François Hollande qui a gagné grâce à son projet, mais aussi grâce au rejet de Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, François Hollande est élu sur un programme relativement modeste et dénué de promesses. Cela explique l'absence d'état de grâce après son élection. Les préalables au moment de la campagne ne sont pas les mêmes. Enfin, le contexte économique et social impose à François Hollande des choix très douloureux qui expliquent son dévissage très précoce.
Aujourd'hui, lorsque François Hollande récolte 42% d'approbation, il est approuvé par 82% de ses électeurs du premier tour. Il récolte également 64 % d'approbation chez les électeurs de Jean Luc Mélenchon. En revanche, il ne récolte que 40% d'approbation dans l'électorat de François Bayrou, 6% d'approbation dans l'électorat de Nicolas Sarkozy et 15% dans celui du FN. François Hollande garde le soutien de son électorat naturel, mais souffre d'une opposition virulente et massive des électeurs de droite et d'extrême droite. On est dans la prolongation du combat de la présidentielle. François Hollande n'a aucune clémence à attendre du camp d'en face contrairement à Nicolas Sarkozy qui bénéficiait d'une certaine bienveillance dans une partie de l'électorat de gauche.

Qui sont les déçus de François Hollande ? A  quelles catégories socio-économiques appartiennent-ils ?

Jérôme Fourquet :  La chute de François Hollande a été assez générale. Il chute de 21 point sur l'ensemble des Français : 22 % chez les cadres supérieurs, 20 % chez les professions intermédiaires, 29% chez les employés et 15% chez les ouvriers. Sa cote de popularité s'élève à 40% chez les ouvriers, 47% chez les professions intermédiaires, 54 % chez les cadres supérieurs. Les chiffres ne sont élevés nulle part, même si François Hollande est plus haut dans les catégories aisés qui résistent à la crise que dans les catégories populaires. Mais, il n'y a pas de mouvement spectaculaire qui s'est dessiné. La baisse est étal dans pratiquement tous les milieux professionnels.

Durant la campagne présidentielle, François Hollande avait réussi a récupérer une partie des classes populaires qui ces dernières années échappaient à la gauche. Est-il en train de perdre de nouveau ces catégories qui au premier tour s'étaient parfois tournées vers les extrêmes ?

Plus con on ne sait pas faire....
Jérôme Fourquet : François Hollande conserve une cote de popularité de 40% chez les ouvrier ce qui correspond quasiment à la moyenne. Par ailleurs, il ne chute que de 15 points ce qui est moins que la moyenne. Chez les employés sa cote de popularité n'est que de 35% et sa baisse a été beaucoup plus forte. Mais l'essentiel de la baisse n'est pas le résultat de l'abandon de classes populaires qui avaient rejoint François Hollande. Encore une fois, il s'agit d'une baisse générale. Les classes populaires avaient décroché plus rapidement au début du mandat de Nicolas Sarkozy car elles avaient beaucoup cru au discours du "travailler plus, pour gagner plus..." 

La chute de popularité de François Hollande est-elle homogène dans toutes les catégories d'âge ?  

Jérôme Fourquet : Non, il se passe clairement quelque chose en terme de génération. François Hollande baisse de 13 points chez les 18-24 ans, 19 points sur les 25-34 ans, 26 point sur les 36-49 ans, 27 point sur les 50-64 ans et 18 points sur les 65 ans et plus. C'est sur les tranches d'âge du milieu, cet à dire la France active, que la baisse est particulièrement forte. C'est aussi la population qui est en âge d'avoir des enfants et sur laquelle les charges financières sont les plus importantes : scolarité des enfants, emprunts immobiliers, difficultés à payer les impôts... C'est cette tranche d'âge là qui est la plus fragilisée par la crise. La baisse est générale, mais encore plus accentuée sur les maillons de la population les plus exposés à la crise.

L'érosion de Nicolas Sarkozy a-t-elle été, elle aussi, homogène dans toute les catégories de la population ou a-t-elle été plus marquée dans certaines catégories ?

Jérôme Fourquet : L'érosion de Nicolas Sarkozy a été assez similaire, même si les personnes âgées l'ont soutenu plus longtemps. Le socle électoral de Nicolas Sarkozy était majoritairement composé de 65 ans et plus tandis que François Hollande était le candidat le populaire chez les jeunes. Mais dans les deux cas, le maillon faible est les 35-49 ans.

Si l'on compare l'effondrement des cotes de popularité de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, on s'aperçoit que les déçus de l'ancien président de la République comme ceux du nouveau locataire de l’Élysée appartiennent à toutes les catégories socio-économiques. Cela signifie-t-il qu'il n' y a plus de "vote de classe" en France ? Comment analysez-vous cette évolution ?

André Bercoff : Cela signifie surtout que la méfiance envers les représentations politiques, qu’elles soient de droite ou de gauche, ne fait qu’augmenter à chaque élection, et ce n’est pas fini. A tort ou à raison, les citoyens pensent de moins en moins que la politique peut faire quelque chose pour eux. La mondialisation - ses bonheurs et ses béances, la formidable poussée des pays émergents correspondant à une Europe méridionale en peau de chagrin - constitue désormais, n’en déplaise à Le Pen et Mélenchon, l’horizon apparemment indépassable de notre temps. Jusqu’à preuve (pas évidente) du contraire… Par ailleurs, le fait que François Hollande, de façon relativement courageuse, détricote en six mois une bonne moitié de ses promesses électorales, achève un tableau dans lequel l’économie et la finance jouent de plus en plus les marionnettistes vedettes. Qui peut en vouloir aux précaires comme aux protégés, dans ces conditions, de carburer au pessimisme plus ou moins résigné ?
Thomas Guénolé : Pas exactement. Il existe en temps normal, non pas un vote de classe mais un vote de catégories socio-professionnelles. Cependant,  en situation de crise, les déceptions s'accumulent, et la défiance par rapport aux hommes politiques s'accélère. La fidélité de l'électorat-socle s'érode.
Circonstance aggravante, les remèdes utilisés pour l'instant par la droite puis par la gauche sont fondamentalement les mêmes: politique d'austérité et augmentation des prélèvements obligatoires. Des options par définition impopulaire pour les personnes qui sont touchées. Or si la droite touchait quasiment toutes les catégories sociales dans son augmentation des prélèvement obligatoires,  la gauche a d'abord mis en place une première vague de prélèvements obligatoires qui touchait plutôt les tranches supérieures mais est en train de mettre en place une seconde vague qui touchera également les catégories  "inférieures" en terme de revenus.
Autre élément qui génère de l'anxiété et de la frustration : la société française dans son ensemble est beaucoup mieux informée et éduquée qu'autrefois sur les ressorts et les rouages de la crise qui nous frappe, ainsi que sur les raisons de notre déclin économique et géopolitique. Les Français comprennent de plus en plus clairement que les hommes politiques ont de moins de pouvoir et de marges de manœuvre, principalement du fait de l'internationalisation des finances, des flux économiques en général et des flux de main d'œuvre. Il y a une frustration des électeurs face à l'impuissance croissante du pouvoir politique. Dans ce contexte, il y a une crise de confiance vis-à-vis des hommes politiques et des partis politiques en général, qu'on observe à travers le baromètre fin 2011-début 2012 de la confiance du CEVIPOF.
Comme Nicolas Sarkozy, François Hollande est touché de plein fouet par la crise économique qui se transforme en crise du politique. Avec une circonstance aggravante : un sentiment de flottement et d'amateurisme dans le pilotage du gouvernement. C'est humain car la plupart des membres du gouvernement sont des débutants en tant que ministre, y compris le premier d'entre eux ainsi que le président lui-même. Mais dans des circonstances de crise qui s'aggrave, cette impression de flou aliment encore plus la machine à impopularité.
Dans ce contexte, deux éléments sont très dangereux. On observe des porosités croissante entre la droite et l'extrême droite d'une part et entre la gauche et l'extrême gauche d'autre part. Dans la dernière semaine avant le premier tour, OpinionWay avait souligné que 10 points de l'électorat avait hésité entre Jean-Luc Mélenchon et François Hollande. A la dernière minutes, ils ont voté François Hollande par vote utile et non par adhésion. Si ces électeurs étaient restés sur leur choix initial, Jean-Luc Mélenchon faisait 21% au premier tour. On a assisté au même phénomène de monter des extrêmes dans les années 30. Il y a donc un vrai danger de tectonique des plaques électorales. D'autant plus qu'il y a une conjonction de crises qui frappent la France en même temps. Nous traversons une crise économique et financière, mais aussi une crise démographique. On s'est endetté et sur-endetté pour maintenir le niveau de vie collectif au fur et à mesure que nos gains de productivité des trente glorieuses étaient déclinants, puis absent. Dans le même temps, on n' a pas investi dans la modernisation de notre appareil productif, dans la modernisation de nos ressources humaines par la formation, et on n'a de moins en moins investi dans l'innovation. La facture c'est maintenant !

A la fin de son mandat, Nicolas Sarkozy était impopulaire dans toutes les catégories socio-économiques, mais résistait chez les personnes âgées (65 ans et plus). A l'inverse, François Hollande était le candidat le plus populaire chez les jeunes et s'effondre désormais plus rapidement chez les 50-64 ans. Le véritable clivage politique en France aujourd'hui est-il générationnel ?

André Bercoff : Non, il est fiscal. A partir du moment où il a été démontré au peuple l’immensité de la dette, le brouillard sur les retraites et la sécurité sociale, comme la panne de l’ascenseur social, ne restait plus, aux gouvernants de droite et de gauche qui pratiquèrent pendant plus de trente ans le « courage, fuyons », qu’à tendre l’addition. En continuant la fable des riches qui vont payer - alors qu’ils s’exilent -  et de tous les autres qui seraient épargnés – alors qu’ils reçoivent leur première feuille de paye déjà amputée, le malaise ne peut que s’aggraver.  Si nos gouvernants – à l’échelle nationale et locale – ne  donnent pas immédiatement l’exemple en taillant hardiment dans les dépenses publiques, qu’ils ne s’étonnent pas des prochains retours de bâton.
Thomas Guénolé : C'est un non-dit total du débat politique, mais il existe une guerre de génération dans ce pays. La génération des baby-boomers et la génération qui est quinquagénaire et sexagénaire aujourd'hui, ont sacrifié purement et simplement les quadragénaire, les trentenaires et bien sûr " les vingtenaires". Olivier Ferrand avait développé une analyse très constante sur ce thème qui montrait que notre système économique, politique et social est construit entièrement au bénéfice de l'âge croissant. Un exemple : nous sommes l'un des rares pays où pour toucher les minimas sociaux, il y a une condition d'âge. On est un pays où la promotion se fait à l'ancienneté et où les différentes réformes qui sont faites frappent beaucoup plus les durement les jeunes et beaucoup moins durement "les vieux". Il n'est pas exclu que le clivage générationnel devienne de plus en plus explicite et c'est un vrai danger pour la cohésion de notre société.
En situation de crise, le réflexe rationnel serait de poser le diagnostic et de régler le problème calmement par la concertation. Mais la réaction humaine est de chercher un coupable qui ne soit pas "moi" et d'exiger qu'il paie : l'immigré, le riche, le vieux ou le jeune selon le camp où vous vous trouvez. En situation de crise, le gâteau qu'on a à se partager rétrécit. Il s'agit maintenant de réajuster les parts. La question fondamentale du débat politique contemporain est de savoir : "qui va avoir moins et à quel point ?". Il n' y a malheureusement aucune chance que la facture soit répartie équitablement.




Les blogs libéraux deviennent plus influents

Selon le classement Ebuzzing, les blogs libéraux gagnent en influence. L'éditorialiste de Contrepoints talonne désormais Mélenchon !
Le classement Ebuzzing [1] des blogs politiques les plus influents de novembre est sorti. Le blog le plus influent est celui de Mélenchon, le leader du Front de gauche ne ménage pas sa peine avec un rythme de publication soutenu et de longs billets. Il a beaucoup d'amis qui répercutent ses propos.

L'élément nouveau, c'est l'arrivée de Hashtable, le blog de l'éditorialiste de Contrepoints, certainement le meilleur éditorialiste libéral, en deuxième position du classement ! H16, qui publie tous les jours des billets à l'humour caustique, est très apprécié par ses lecteurs et largement relayé sur Twitter et Facebook.
Mon blog politique Libertarien est 7e, je publie beaucoup en ce moment, et certains de mes articles ont eu un fort écho dans les réseaux sociaux (image ci-dessous).
Dans le classement Ebuzzing vous pouvez voir pour chaque blog quels sont les articles qui ont été le plus partagés sur Facebook, Twitter, et les autres blogs (billets remarquables).
Les blogueurs libéraux, même peu nombreux, se font mieux entendre depuis l'élection de Hollande, qui a privé les blogueurs socialistes de leur sujet favori : l'anti-sarkozysme. Les idées libérales redeviennent audibles, car le nouveau gouvernement, encore plus étatiste que le précédent, fait tous les jours la démonstration que le collectivisme, cela ne marche pas.
L'Hérétique, blogueur centriste très prolifique, est 15e. Objectif Liberté, le blog de Vincent Bénard, 41e, progresse fortement. Le très dynamique Parisien Libéral est malheureusement pénalisé parce que la plateforme blogspot qu'il utilise change d'url à tout bout de champ, entre le .com, le .fr , le .ch, etc. ce qui rend la mesure d'influence (basée sur le nombre de liens entrants, de tweets et de likes) problématique. Il faudrait que les développeurs d'Ebuzzing arrivent à fixer ce problème.
L'excellent économiste Jean-Louis Caccomo (3986e) mériterait d'être beaucoup mieux connu, mais Jean-Louis publie ses articles sur toutes sortes de médias et ne reprend malheureusement pas tout sur son blog Chroniques en liberté. Thierry Falissard publie peu mais bien, son récent plaidoyer pour la fin du monopole de la sécurité sociale s'attaque courageusement à un tabou français (tabou qui n'existe ni en Suisse, ni en Allemagne). Je vous conseille aussi Analyse Libérale de Vladimir Vodarevski, lisez donc son billet dans lequel il propose de faire du 9 Novembre une journée européenne de la chute du mur de Berlin : une sacrée bonne idée !

Le vrai Obama, c’est maintenant

Le vrai Obama, c’est maintenant


Barack Obama n’a pas été porté, mardi, par le souffle d’audace, l’élan d’enthousiasme, l’envie d’aventure. En 2008, ces traits du caractère américain ont fait entrer un Noir à la maison Blanche et dans l’histoire en même temps que l’espoir et le rêve américain renaissaient partout dans le monde. La crise a éteint la lueur de Washington. Le répit économique, le dépit à l’encontre d’un parti républicain trop cynique envers les laborieux, ont permis à Barack Obama d’échapper au sort réservé depuis 2009 à tous dirigeants des grandes démocraties, emportés par la dépression de l’industrie et la déprime des peuples.
Le monde approuve depuis hier le choix des Américains – sans applaudir à tout rompre comme il y a quatre ans. Et pourtant, Obama est davantage en mesure aujourd’hui de ramener le monde vers la croissance, de ressouder les pays occidentaux face à l’impérialisme chinois, d’œuvrer pour la paix au Proche-Orient. Débarrassé du challenge de la réélection, du coût des guerres de Bush, de Ben Laden, de la dérive bancaire des années 2000 et avec un peu de chance de la rage des Républicains, le président peut s’attacher à laisser une autre trace dans l’histoire du monde que celle du premier Noir de la Maison Blanche. En a-t-il l’énergie ? Ce n’est pas gagné aussi aisément que sa réélection.

Match Fillon-Copé, vainqueur Sarkozy

Match Fillon-Copé, vainqueur Sarkozy 


Plus qu’une semaine et l’UMP aura un nouveau patron, Fillon ou Copé. Depuis ce week-end, les esprits s’échauffent, les petites phrases tournent en boucle. Oubliés le débat télévisé très urbain d’il y a quinze jours, les amabilités de façade et les sourires de connivence. Les dagues sortent des fourreaux, la dernière ligne droite s’annonce sans merci.
Pour les fillonistes, Copé est clivant, il tient un double discours et ne cherche qu’à faire le buzz. En fin de compte, ses histoires de viennoiseries pendant le ramadan seraient des plus indigestes…
Pour les copéistes, Fillon n’est qu’un Hollande de droite, l’injure suprême à l’UMP. Sur internet, l’ancien Premier ministre aux ennuis de santé à répétition est qualifié de petite nature, alors que la droite a besoin de chefs solides et vigoureux. Bref, les vacheries volent en escadrille.
Avant même le vote, Copé doute déjà de la sincérité des résultats dans les fédérations tenues par les amis de Fillon. Celle des Alpes-Maritimes est sur la liste noire et les huissiers niçois sont priés d’ouvrir l’œil. Comme si la Côte d’Azur était à l’UMP ce que les Bouches-du-Rhône sont au PS…
Sous le manteau, les sondages mettent les deux prétendants dans un mouchoir de poche. Le seul à tirer son épingle du jeu est Nicolas Sarkozy : 64 % des sympathisants UMP souhaitent son retour. De quoi rafraîchir les ardeurs de Fillon et Copé. Ou les faire douter…

Davantage d'Europe... c'est urgent !

Davantage d'Europe... c'est urgent ! 


La construction européenne a garanti à notre continent plus de soixante ans de paix et de prospérité. L'attribution du prix Nobel de la Paix à l'Union européenne le récompense. Pour la majorité d'entre nous, nés après la fin du second conflit mondial, la guerre en Europe n'est plus possible. Et pourtant, l'histoire de 2000 ans d'Europe est une succession de conflits, de guerres et d'horreurs. Pourquoi en serait-il autrement à l'avenir ?
Pour les pères fondateurs de l'Europe (MM. Schuman, Adenauer, de Gaspéri, Churchill, Monet, Spaak...), rendre la paix pérenne reposait sur la création de « solidarités fonctionnelles » entre les États européens. À cette fin, leurs économies devaient être de plus en plus interdépendantes. L'Europe devait se bâtir, étape par étape, à partir d'un accord franco-allemand, condition nécessaire mais non suffisante. L'économie est le fil d'Ariane de l'Europe. Depuis plus de soixante ans, elle a été édifiée pierre par pierre : le charbon, l'acier, l'atome, le marché commun, le marché unique, la monnaie unique.
Ce formidable acquis a permis aux États européens de ne pas exploser en 2008-2009, à cause de la crise la plus violente que l'Europe ait connue depuis sa naissance et qui n'est pas finie : nos États sont vieillissants et en perte de compétitivité dans un monde où les rapports de force changent et les relations se globalisent. L'Europe -avec l'euro au premier chef - a joué un rôle de bouclier.
Un ministre des Finances pour la zone euro
Depuis quatre ans, l'Europe n'est pas aux abonnés absents : action déterminée de la Banque centrale européenne, mise en place d'un mécanisme de solidarité aboutissant à une certaine mutualisation des dettes publiques, nouveau traité de stabilisation budgétaire, lancement des travaux pour la création d'une union bancaire. Tout ceci va dans le bon sens, mais la charge de travail pour aboutir à des mécanismes opérationnels est considérable et complexe.
Pourtant, l'Europe ne peut plus attendre. Elle doit agir vite. À vingt-sept États membres, ce sera impossible. Les États qui partagent la même monnaie partagent les mêmes problèmes. L'Europe doit en tirer les conséquences. La visibilité mondiale de l'euro (seconde monnaie de réserve derrière le dollar) est telle, que la zone euro doit prendre ses responsabilités pour stabiliser la situation économique et financière mondiale.
L'heure est arrivée de franchir une nouvelle étape. De prendre une initiative forte et de doter la zone euro d'une véritable gouvernance économique avec des institutions qui décident et un contrôle démocratique. Celle-ci devra s'attacher à assurer la saine gestion de nos finances publiques, grâce à une politique budgétaire plus intégrée, à mettre en place un véritable mécanisme de solidarité, à instaurer une union bancaire et à assurer un contrôle des différences de compétitivité entre États de la zone euro. La monnaie unique doit aussi avoir un visage : un ministre des Finances de la zone euro est, aujourd'hui, nécessaire.
Cette avancée rendra confiance et nous aidera à retrouver le chemin de la croissance et de l'emploi. Telle était la méthode des pères fondateurs. Certes nos gouvernants doivent faire preuve de courage politique. Notre destin collectif en dépend.

Retour de Chine

Retour de Chine


Je rentre tout juste d’une semaine à Pékin et dans ses environs. La Chine, de ce que j’en ai vu et de multiples témoignages entendus, ne figure plus parmi les « pays émergents » mais se présente comme une grande puissance planétaire. La capitale offre un contraste saisissant entre la modernité poussée à son paroxysme avec un réseau autoroutier intense, un parc automobile quasi neuf, la prolifération de gratte-ciels, une cité ruisselante de lumières, et le respect de la tradition qui s’exprime dans la richesse du patrimoine historique – le Palais d’été, oasis de paix est une pure merveille – la sérénité, la tranquillité, la simplicité populaires. Le soir en centre ville, les Pékinois de tous les âges et toutes conditions descendent sur la voie publique, se groupent  spontanément par milliers et se livrent à des ballets improvisés au son d’une radio.  Des poches de pauvreté subsistent dans les quartiers déshérités de banlieue mais ni la misère ni le désœuvrement n’apparaissent.  Un haut fonctionnaire du régime m’ayant invité à dîner avec ses amis chinois m’explique : « Les droits de l’homme? Songez qu’il y a un demi-siècle, la famine causait dix millions de morts chaque année au point qu’on mangeait de la chair humaine… » Aujourd’hui, il est vrai, le taux d’alphabétisation de ce pays d’un milliard et demi d’habitants est de presque 100%. L’électricité et l’eau courante parviennent quasiment partout, jusque dans les campagnes les plus reculées. Une majorité de jeunes suit des études supérieures. Les Chinois adorent discuter, échanger sur tous les sujets. Les blogs et sites d’échange prolifèrent sur Internet, où  s’expriment les difficultés de la vie quotidienne, le chômage, la corruption, le crime organisé, les archaïsmes persistants comme ce passeport intérieur qui condamne une partie de la population déracinée à l’exclusion. L’autorité du parti unique – à l’heure de son 18e Congrès qui bat son plein - et le culte du « grand Timonier », son créateur, conservent cependant un caractère absolument tabou, intouchable. Un silence assourdissant pèse sur les crimes de Mao, les soixante millions de morts du grand bond en avant, les atrocités de la révolution culturelle et plus récemment, Tian An Men.  Les dirigeants chinois vivent en effet dans la hantise d’une déstabilisation et d’un éclatement du pays sur le modèle de l’URSS. Cependant, toute forme d’idéologie est morte dans ce peuple de commerçants, obnubilé par l’attrait de la richesse, immensément fier, à juste titre, de son identité quatre fois millénaire et de son formidable essor économique. Le parti est un outil, un instrument de pouvoir n’ayant de « communiste » que le nom, destiné à préserver la cohésion sociale. Et cela, nul ne s’en cache. Naïf, j’interroge à la fin du dîner mon interlocuteur : « Mais comment pouvez-vous vous considérer comme « communistes » avec une société aussi inégalitaire que la vôtre ? » Le haut responsable écoute attentivement la jeune femme qui traduit, reformulant lentement ma question. Je vois peu à peu son visage s’illuminer, un sourire se former sur ses lèvres, qui se transforme en hilarité. Il échange quelques mots avec ses voisins, un rire profond secoue la table et mon nouvel ami me répond :  
« Nous en Chine, nous pensons que plus il y a de  riches, moins il y a de pauvres… C’est vous les Français qui êtes communistes, pas nous! » 

dimanche 11 novembre 2012

Amnésie nationale

Amnésie nationale 

Cravate de travers comme tout le reste......
11 novembre. On fait des courses ? On mange l’oie de la Saint-Martin, ou on finit d’enlever les feuilles mortes ? L’anniversaire de l’armistice de 1918 s’est à ce point banalisé que les drapeaux qui s’inclinent devant le monument aux morts ne signifient rien pour la plupart des Français.
Il y a bien longtemps que les notes du clairon qui sonna l’arrêt des combats se sont perdues dans le vent de l’histoire. Verdun 1916 ou Marignan 1515 se confondent dans les pages jaunies de notre mémoire collective. Une mémoire bien mal en point, à en juger par les sondages qui témoignent d’une méconnaissance grandissante de l’histoire commune, ciment d’une nation.
Pourtant, à en croire les discours officiels, le souvenir est une grande cause nationale. Tourisme mémoriel, lieux ou devoirs de mémoire : toute cette recherche de nos souvenirs perdus est prétexte à colloque. On croirait la France atteinte d’une forme désespérée amnésie nationale, à deux ans de la célébration du centenaire de la Première Guerre mondiale. Les savants multiplient, en vain, les ordonnances : les méninges de Marianne sont en charpie.
Cent ans, c’est si loin, à l’heure de la quête désespérée de la jeunesse éternelle. Les combattants du Vieil-Armand ou du Chemin des Dames ont perdu la leur pour gagner l’éternité des monuments de granit. Ils avaient 18 ou 20 ans quand ils sont tombés au champ d’honneur. Ils auraient aimé vivre. La folie qui a saisi l’Europe en a décidé autrement.
Peut-être aurait-il fallu, à côté des noms de ceux qui furent fauchés par centaines de milliers, ajouter leur âge. Frantz 20 ans, Jules 18 ans : ils avaient l’âge de ceux que leur sacrifice indiffère. Avant d’être alignés comme à la parade dans les cimetières militaires ou mêlés anonymement aux racines des forêts d’Argonne, ils ont aimé, cru qu’ils reviendraient dans leur village pour vieillir tranquillement. Le sort des armes en a décidé autrement.
Le 11 Novembre n’est pas un banal jour férié. C’est l’anniversaire d’une génération à qui on a volé sa jeunesse et qui mérite, au moins, une pensée.

Le temps perdu se rattrape-t-il ?

Le temps perdu se rattrape-t-il ? 


La FRANCE est une des premières puissances économiques mondiales. On veut tous croire qu'une nation comme la nôtre, avec sa vieille culture, ses nombreux savoir-faire, ses très grandes entreprises inscrites au CAC 40, ses non moins grandes écoles, son excellent système de santé, son haut niveau de prestations sociales, ses infrastructures de qualité, la jeunesse de sa population, ne peut que garder son rang.
Mais la mondialisation de l'économie et la crise née en 2008 rebattent les cartes. Éric Le Boucher, dans Les Échos de cette semaine, cite des études propres à remettre en cause nos belles convictions. Elles montrent que les pays du sud, qu'on accuse souvent de laxisme, avaient, avant l'euro, réduit leur déficit budgétaire mieux que les pays du nord.
Leur malheur actuel vient d'un déséquilibre commercial qui s'est creusé dans les premières années de la décennie 2000. Ils ne produisaient et n'exportaient pas assez. Ils étaient donc condamnés à réduire leurs dépenses, par manque de recettes. Depuis le début de la crise, l'Espagne, l'Italie et le Portugal ont commencé de remonter la pente. Ils ont abaissé leurs coûts de production et redressé leurs exportations.
La France, elle, continue de creuser son déficit de la balance commerciale. Nous perdons régulièrement des parts de marché dans le commerce mondial. Pour compenser ce manque à gagner et pour éviter que les revenus ne baissent, les prestations sociales ont pris le relais. Elles ont augmenté, réduisant encore notre capacité de résistance à la concurrence.
Le candidat qui avait promis le changement a placé le président dans une situation très inconfortable. Il est contraint de ramener le déficit budgétaire à 3  % du PIB pour éviter de devoir recourir à l'emprunt à des taux prohibitifs.
Ce président de gauche est condamné à tailler dans les dépenses publiques, à mécontenter les fonctionnaires, à se fâcher avec son camp. Il est amené à augmenter les impôts, en ciblant en priorité les plus riches, certes, mais sans pouvoir épargner totalement les classes moyennes.
Mais le pire est encore à venir. Ces efforts risquent d'être insuffisants. Le budget 2013 a été bâti sur une prévision de croissance de 0,8 % en 2013. Si elle est en deçà, a fortiori si la croissance se transforme en récession, les recettes fiscales seront insuffisantes, et les coupes dans le budget aussi.
Nous paierions ainsi le retard pris par notre pays depuis le début des années 2000 dans la bataille, vitale, de la compétitivité de notre économie. Seule, la qualité de notre production, notre capacité à vendre à l'étranger nous permettront de maintenir notre train de vie et de réduire ce scandale français d'un chômage haut, ancien et constant.

Xi et Barack, le choc des titans

C’est sous une pluie de confettis que le nouveau « patron » des États-Unis a été salué. C’est en manches de chemise et en écrasant une larme qu’il a remercié son équipe de campagne. C’est dans un bunker aux allures staliniennes et protégé par la troupe que celui de la Chine a été intronisé. Les deux principaux « monstres froids » de la planète ont trouvé un chef la même semaine.

En mars prochain, quand il aura pris ses fonctions, Xi Jinping sera le nouvel interlocuteur de Barack Obama. Ils se trouvent l’un et l’autre à la tête des deux puissances qui dominent le monde et le domineront tout au long du siècle. Les États-Unis sont encore la première puissance mondiale. Malgré leur dette monstrueuse, malgré la crise des subprimes, malgré leur désindustrialisation, malgré une montée du chômage et de la pauvreté, ils conservent le leadership économique mondial.
Depuis vingt ans, l’administration américaine, les entreprises, les universités travaillent sur une solution à leur dépendance énergétique. Et ils l’ont trouvée. L’exploitation du gaz de schiste est en plein développement. Les experts prévoient que les États-Unis n’importeront plus de pétrole du Moyen-Orient en 2020. Cette région du monde ne sera plus leur problème, mais celui des Européens. Les États-Unis regarderont, avec plus d’insistance encore, vers le Pacifique, là où se battent des records de croissance.
Leur partenaire principal, leur principal concurrent aussi, sera plus que jamais la Chine. Malgré le ralentissement actuel de sa croissance, malgré les difficultés sociales, environnementales, et énergétiques que posent les besoins colossaux de son immense population, la Chine ne sera rattrapée par personne. La deuxième puissance économique mondiale pourrait même devenir la première dans les toutes prochaines années.
Elle cherche et cherchera à imposer sa loi autour d’elle, pour sécuriser ses approvisionnements, maîtriser les voies maritimes, accéder aux matières premières, restaurer la propriété sur ce qu’elle dit être ses terres, et ses eaux. Et dans cette grande région du monde qu’elle considère comme la sienne, elle rencontrera forcément l’autre géant, la superpuissance américaine.
C’est une confrontation au sommet qui attend le monde, voire un choc de titans. Il n’est pas obligatoire d’ajouter de l’inquiétude au pessimisme ambiant, mais il est bon de prévoir les périls afin d’éviter leur montée. Deux journalistes spécialistes de relations internationales, Alain Frachon et Daniel Vernet, viennent de publier un livre éclairant sur un sujet qui fait peur.


« La Chine contre l’Amérique, le duel du siècle », d’Alain Frachon et Daniel Vernet, éditions Bernard Grasset

Une nouvelle guerre mémorielle

Une nouvelle guerre mémorielle


Le sujet sera-t-il abordé aujourd'hui à Rethondes par Jean-Marc Ayrault ? La création d'une mission interministérielle unique coiffant les commémorations des deux conflits mondiaux et la décision d'associer, en 2014, le centenaire du début de la guerre de 14-18 et le soixante-dixième anniversaire du débarquement de Normandie de 1944, a créé la polémique cet automne. La fronde est partie des rangs du PS, et notamment d'Yves Daudigny, président PS du conseil général de l'Aisne. Avec la crainte de voir la singularité de la Première Guerre mondiale amoindrie par ce que certains historiens n'hésitent pas à qualifier de « régression mémorielle ». Que les deux guerres mondiales aient un lien dans le « court XXe siècle » qu'évoquait le grand historien britannique Eric John Ernest Hobsbawm dans son Âge des extrêmes, c'est une évidence. Mais le centenaire du premier conflit mondial mérite, en soi, un traitement spécifique. Surtout si l'on entend mobiliser sur tout le territoire autour de cet événement. Et le sujet est particulièrement sensible en Picardie et dans les autres régions qui furent en première ligne. L'an passé, la volonté de Nicolas Sarkozy, le regard toujours tourné vers l'Amérique, de créer un jour unique du souvenir, le 11 novembre, avait déjà créé un certain remous et provoqué des critiques à gauche. À défaut d'être revenu depuis sur ce « Memorial Day » bancal à la française, le nouveau gouvernement pouvait, au moins, éviter de donner l'impression, de participer à accentuer encore la confusion. Et cela même si, dans la mémoire collective, on devrait continuer à distinguer le 8 Mai du 11 Novembre.