TOUT EST DIT

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jeudi 29 août 2013

UMP, l’inventaire des prétendants


Dans le commerce, septembre n’est pas la date idéale pour dresser l’inventaire. Dans les boutiques politiques, c’est autre chose.
L’inventaire de l’ère Sarkozy lancé par Jean-François Copé empoisonne la rentrée de l’UMP. Entre les partisans de l’examen critique du précédent quinquennat et les adversaires farouches d’un exercice qui pourrait tourner à l’auto flagellation, le gouffre est aussi abyssal que la dette de la France.
Du coup, plutôt que de ressasser le passé, les caciques de la droite se projettent dans l’avenir et 2017. C’est moins risqué.
Pour se donner de la hauteur, Laurent Wauquiez gravit le mont Mézenc, version libérale de la Roche de Solutré. Preuve que la génération Mitterrand a laissé des traces…
Jean-François Copé s’est, lui, engagé à libérer la France du “joug socialiste” ; l’appel sur Radio Londres ne saurait tarder… L’ancien Premier ministre François Fillon préfère le droit d’inventer au devoir d’inventaire. Ce qui est une façon élégante de pointer le manque d’imagination d’hier. Même Michèle Alliot-Marie ne s’interdit rien pour 2017, c’est dire si l’avenir peut réserver des surprises.
Cette rafale de bonnes intentions ressemble comme deux gouttes d’eau à un tir de barrage. Pour empêcher une bonne fois pour toutes Nicolas Sarkozy de troubler le bal des prétendants. Comme si l’absent continuait de battre la mesure…

mercredi 28 août 2013

La Syrie, à son tour…

La Syrie, à son tour…


L’intervention militaire des États-Unis en Syrie ne fait plus guère de doute. Après l’utilisation d’armes chimiques par le tyran de Damas, Barack Obama ne se sent pas de rester les bras croisés. Le voilà qui enfile sa tenue de combat. Et c’est reparti pour un tour…
La main sur la Bible, l’Amérique ne peut pas laisser Bachar al-Assad violer les conventions internationales.
Ironie du calendrier, les archives du conflit Irak-Iran publiées hier révèlent que l’oncle Sam a fermé les yeux sur les pratiques de Saddam Hussein à l’époque, les mêmes que celles de Bachar aujourd’hui.
Autres temps, autres mœurs…
Avant le premier coup de canon, les communicants sont à la manœuvre. L’opération se limitera à des “frappes rapides et brutales” jurent les experts. Vite fait bien fait. Sans bobo pour les troupes engagées. Ni pour les civils grâce aux frappes chirurgicales. Air connu…
Et pour que l’Amérique ne passe pas encore pour le gendarme du monde, l’Angleterre et la France entrent dans la danse. Bref, le scénario paraît bien rôdé comme en Afghanistan ou en Libye. Ce qui n’a rien de rassurant…

lundi 12 novembre 2012

Match Fillon-Copé, vainqueur Sarkozy

Match Fillon-Copé, vainqueur Sarkozy 


Plus qu’une semaine et l’UMP aura un nouveau patron, Fillon ou Copé. Depuis ce week-end, les esprits s’échauffent, les petites phrases tournent en boucle. Oubliés le débat télévisé très urbain d’il y a quinze jours, les amabilités de façade et les sourires de connivence. Les dagues sortent des fourreaux, la dernière ligne droite s’annonce sans merci.
Pour les fillonistes, Copé est clivant, il tient un double discours et ne cherche qu’à faire le buzz. En fin de compte, ses histoires de viennoiseries pendant le ramadan seraient des plus indigestes…
Pour les copéistes, Fillon n’est qu’un Hollande de droite, l’injure suprême à l’UMP. Sur internet, l’ancien Premier ministre aux ennuis de santé à répétition est qualifié de petite nature, alors que la droite a besoin de chefs solides et vigoureux. Bref, les vacheries volent en escadrille.
Avant même le vote, Copé doute déjà de la sincérité des résultats dans les fédérations tenues par les amis de Fillon. Celle des Alpes-Maritimes est sur la liste noire et les huissiers niçois sont priés d’ouvrir l’œil. Comme si la Côte d’Azur était à l’UMP ce que les Bouches-du-Rhône sont au PS…
Sous le manteau, les sondages mettent les deux prétendants dans un mouchoir de poche. Le seul à tirer son épingle du jeu est Nicolas Sarkozy : 64 % des sympathisants UMP souhaitent son retour. De quoi rafraîchir les ardeurs de Fillon et Copé. Ou les faire douter…

vendredi 26 octobre 2012

UMP : un absent très présent

UMP : un absent très présent 


Après s’être gaussée des primaires socialistes, l’UMP y vient. Après tout, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.
François Fillon et Jean-François Copé sont donc en campagne pour la présidence du premier parti d’opposition avec un passage obligé, le débat télévisé. Un vrai-faux débat en réalité, un côte à côte plus qu’un affrontement en règle qui scellerait le sort de la formation politique autant que le destin de chacun des concurrents. Au secours Nicolas reviens crieraient pour le coup les militants…
L’ombre de Nicolas Sarkozy plane depuis la première minute sur cette joute électorale inédite à droite. Que François Fillon esquisse un inventaire des années Sarko et c’est une volée de bois vert qui s’abat sur l’ancien Premier ministre. Que Jean-François Copé se réclame à tout bout de champ de l’ex-président de la République et de bonnes âmes rappellent illico la conversion tardive du “bébé Chirac”. Bref le grand absent Nicolas Sarkozy n’a jamais été aussi présent…
Même si Carla Bruni affirme dans une interview que le retour en politique de son mari est “improbable”, il se trouve bien peu de militants UMP pour mettre leur main au feu. Les deux débatteurs n’ont aucun intérêt non plus à se brûler les ailes. En vieux renards de la politique, ils savent mieux que quiconque que la meilleure façon de ne pas insulter l’avenir consiste à ne pas cracher sur le passé…

dimanche 30 septembre 2012

Giscard, du passé faisons table rase 


Tout doit disparaître ! Le camelot Valéry Giscard d’Estaing ne fait pas dans la demi-mesure, il liquide. Tous les meubles de son château de Chanonat sont mis aux enchères ce week-end. Du passé faisons table rase, l’ancien président de la République brade les bijoux de famille. Le lointain descendant de Louis XV fait sa révolution…
Le produit de la vente, qui s’élève à 652 000 euros, doit l’aider à créer une fondation au château d’Estaing, sa seconde demeure. D’un château l’autre, Giscard, 86 ans aux prunes, tire ainsi un trait sur la mémoire familiale d’un coup de marteau de commissaire-priseur.
Cette première serait-elle un signe de plus que la crise frappe à l’aveugle ? Si même les châtelains de la République mettent à l’encan leurs souvenirs dynastiques, on ne s’étonnera plus de voir la roture faire la queue devant chez “ma tante”.
À part des photos très personnelles, peut-être quelques scènes de chasse au grand fauve déplacées en ces temps de disette, Giscard livre en pâture les objets les plus intimes. Et à vil prix : 30 euros la table de chevet présidentielle, autant dire une misère. Les jouets d’enfant n’échappent pas au sacrifice, preuve que le moment est grave. Ou que VGE n’est pas un affectif…
Les acquéreurs, venus dans l’espoir de mettre la main sur les diamants de Bokassa, sont repartis Gros-Jean comme devant. Sans doute parce que ces bijoux-là avaient coûté très cher à l’ancien président…

jeudi 27 septembre 2012

La montée au front de Jean-Marc Ayrault 


Le soldat Ayrault monte au front ce soir sur France 2. Sa première longue prestation télévisée tient plus du champ de mines que du chemin pavé de roses. Bien lui en a pris de ne pas “buller” pendant les vacances comme il dit, la reprise est moins douloureuse…
Alors que le chômage s’envole, que les plans sociaux se bousculent au portillon de Pôle emploi, que les chefs d’entreprises se désespèrent et que le moral des Français chute, le Premier ministre va dévoiler les grandes lignes du budget 2 013. C’est-à-dire annoncer des coupes dans les dépenses et des hausses dans les impôts. La soirée promet d’être joyeuse….
Les ennuis volant en escadrille, Jean-Marc Ayrault devra également étouffer les couacs dans sa majorité. Des Verts qui participent au gouvernement un pied dedans un pied dehors aux ministres tentés de jouer leur petite partition, le chef d’orchestre Ayrault n’a pas le temps de lâcher la baguette. Elle lui sera utile pour jouer les funambules…
Même le président de la République s’y est mis en s’engageant à inverser la courbe du chômage d’ici un an ! Si ce n’est pas une épée de Damoclès sur la tête de son bras droit, ça y ressemble. François Hollande, il est vrai, n’est pas un chaud partisan des Premiers ministres qui s’incrustent. À propos de François Fillon ou Lionel Jospin, recordmen de longévité à Matignon, n’a-t-il pas observé un rien sournois : “Ils ont duré mais est-ce que ça s’est bien terminé ?”.

lundi 26 septembre 2011

Sénat, la leçon d’arithmétique

Le Sénat ancré à droite, c’était écrit dans le marbre. Depuis le début de la V e République, la Haute Assemblée s’est parfois montrée frondeuse et les sénateurs grognons. Mais jamais au point de renverser la table.

D’ailleurs dans les rangs de la gauche, on ne manquait pas de dénoncer une institution désuète, dépassée, le professeur Jospin allant jusqu’à la qualifier “d’anomalie”. De là à la rayer de la carte politique de la France… Même le général de Gaulle avait songé à fermer le palais du Luxembourg ou au moins à le réduire à une coquille vide. Folle ambition, c’est lui qui dût rendre son tablier.

Les critiques se doublaient de soupçons plus ou moins avoués. À l’évidence le mode d’élection des sénateurs était taillé sur mesure pour la droite. La gauche pouvait bien s’agiter, le Sénat resterait un bastion imprenable.

Et voilà depuis hier la Haute Assemblée repeinte en rose et vert. La chambre haute connue pour ses tractations de coulisses et ses alliances feutrées avait bâti sa réputation sur la glorieuse incertitude du vote. Mais cette fois-ci, l’arithmétique a parlé. Froide et implacable.

Les grands électeurs qui ont voté hier et qui sont majoritairement issus de la gauche depuis les régionales, les cantonales et surtout les municipales pouvaient-ils reconduire une assemblée conservatrice ? Pour le coup, le Sénat serait vraiment passé pour une anomalie…

vendredi 12 août 2011

Crise boursière : au secours Angela...

Les étés ordinaires, les sondages portent sur des questions cruciales. Êtes-vous plutôt tongs ou sandales, glace au chocolat ou au citron ?

Cette année, les sondeurs ont du boulot, ils doivent réviser leurs classiques de fond en comble. Côté météo déjà, ressortir le questionnaire jauni des années précédentes sur les crémes solaires ou les boissons fraîches passerait pour une provocation. Cette fois-ci, l’estivant doit trancher un dilemne cornélien : êtes-vous ciré ou parapluie, polaire ou doudoune ?

Avec la crise ensuite, un institut de sondage a posé une autre question hors de saison. La question de confiance, celle qui fâche : sur qui comptez-vous pour éviter la crise financière et économique fatale ?

Et là les Français n’y vont pas par quatre chemins: ils font d’abord confiance à eux-mêmes. C’est sauve-qui-peut, les femmes et les enfants d’abord.

Parmi les sauveurs possibles, les Français voient tout de même Angela Merkel. C’est gentil pour Nicolas Sarkozy et Barack Obama à peine mieux traités que les traders et les agences de notation en fond de classement. Pareil voisinage leur ira droit au cœur. La Chancelière allemande malmenée dans son pays n’a plus qu’à traverser le Rhin pour s’aligner à la Présidentielle de 2012...

Une autre consultation lancée par un magazine met tout le monde d’accord. Les sondés remettent majoritairement leur sort entre les mains du Bon Dieu. Les ventes de cierges vont exploser...

samedi 6 août 2011

La politique poursuit la France sur le sable

Si les vacances vident plus sûrement le porte-monnaie que la tête, elles demeurent une bulle bienvenue loin du fracas du monde et des palabres ordinaires.

C’est curieusement ce moment privilégié que les partis politiques choisissent pour mettre en branle leurs caravanes d’été sur les plages.

La France est sur le sable pensent-ils, elle n’aura pas la force d’aboyer…

Il y a quelques années, les jeunes militants de l’UMP avaient distribué larga manu des collections de tongs made in China. Avec une trouvaille que seuls les crânes d’œuf du marketing politique pouvaient oser : elles laissaient l’empreinte des trois lettres du mouvement sur le sable, de quoi se fâcher avec 47 % de ses voisins de serviette.

Cet été, la présence politique sur les lieux de villégiature se fait plus discrète. Le temps n’est pas venu de casser les pieds à l’électeur avec 2012…

Seul Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, chausse les espadrilles. En plein doute sur la monnaie européenne, il écume le littoral avec un slogan qui tombe pile-poil, “l’euro te protège”.

Dans un raccourci saisissant, il joint le geste à la parole et distribue des préservatifs. Des billets de banque auraient été plus convaincants, mais n’est-ce pas l’intention qui compte.

Au Grau-du Roi, il compte captiver un camping avec une table ronde sur l’euro.

Lui qui avait présenté ses vœux aux Français dans sa cuisine, casserole à la main, on lui conseille d’arriver à l’heure de la vaisselle…

jeudi 4 août 2011

Syrie, silence on massacre…

En Syrie, les chars de Bachar al-Assad vomissent la mort. La ville d’Hama, symbole de la contestation, est le théâtre d’une véritable boucherie. Il y a 20 ans les forces d’Hafez al-Assad, le père de Bachar, avaient déjà fait 10 000 victimes dans cette ville. Le fiston a encore de la marge pour égaler feu papa. Faisons-lui confiance, la répression est une seconde nature dans la famille…

Le régime baasiste agit à l’abri des regards et dans un silence assourdissant, le pays est verrouillé. Seules de rares vidéos transmises par les insurgés secouent de temps à autre les bonnes consciences. Trop peu, la compassion se nourrit d’images…

Depuis que la révolte a éclaté, la communauté internationale montre ses muscles et noircit des communiqués. Les condamnations sont vigoureuses, les coups de menton volontaires, le régime voué aux gémonies et les avoirs à l’étranger du clan au pouvoir menacés de gel. Mais dans le huis clos de l’Onu, l’ambiance se fait bizarrement plus feutrée. On avait connu le Conseil de sécurité plus va-t-en guerre…

Il est vrai que la Syrie n’est pas la Libye et Bachar moins seul que Mouammar. La Russie, la Chine et l’Iran chouchoutent le tyran. Entre gens de bonne compagnie… Même Israël préfère ce voisin infréquentable à un plongeon dans l’inconnu. D’autant que l’aventure occidentale sur Tripoli n’incite guère à de nouveaux exploits casse-cou.

Bachar al-Assad peut massacrer son peuple, le reste du monde n’a pas encore trouvé son chemin de Damas.

samedi 23 juillet 2011

Fumée blanche au pays de Spirou

400 jours sans gouvernement. Les Belges viennent de battre un record mondial. La patrie de la bière n’a pas volé son inscription au Guinness.

Pendant qu’un exécutif fantôme expédiait les affaires courantes, les initiatives les plus farfelues ont germé à travers le royaume pour mettre un terme à la jachère gouvernementale. Estimant les caprices des partis politiques sans doute rasoir, des artistes sont allés jusqu’à cesser de se tailler la barbe tant que la lame de la désunion menaçait l’unité du royaume. Même le groom Spirou est sorti de ses gonds pour réclamer une issue à la crise.

Le salut est finalement venu du roi et la fumée blanche s’est échappée du Belvédère, le palais royal. Albert II, 77 ans aux prunes, a trouvé le bon accent pour rabibocher Flamands néerlandophones et Wallons francophones. Le médiateur entre les huit partis ennemis, joliment nommé là-bas formateur pour un gouvernement, n’a plus qu’à se mettre à l’ouvrage. Ce socialiste bon teint tient entre les mains l’avenir du berceau de l’Europe dont l’éclatement aurait donné un méchant signal à tous les sécessionnistes du Vieux continent. Et il n’en manque pas…

Prudent, le roi a cependant annoncé la reprise des négociations seulement à la fin août. En attendant a-t-il conseillé aux dirigeants des partis, reposez-vous. Sous entendu, laissez-nous souffler. Puisse-t-il être entendu au-delà des Flandres…

lundi 4 avril 2011

Les couacs du calendrier politique

Les Verts sont enfin d’accord sur leur calendrier politique : les primaires des écologistes auront lieu en juin. Eva Joly est soulagée : il lui tarde d’en découdre avant que sa cote de popularité ne crève le plancher. En revanche Nicolas Hulot fait la grimace : avant de se pencher sur les affaires de la planète, l’animateur doit liquider les siennes. Septembre lui aurait permis de se retourner avant la séquence élection. D’ici à ce que ses concurrents lui reprochent de soigner ses sponsors avant de sauver l’humanité…

Au PS, le calendrier fait également des grincheux. Et vu le nombre de candidats, cela fait du monde. Le plus marri est DSK. S’il se lance enfin, Dominique Strauss-Kahn ci-devant patron du FMI sera présent au G8 de Deauville en juin mais le G20 de novembre à Cannes se passera de lui. Les Grecs qu’il vient d’accuser “de truander un maximum” et “d’être dans la m…” tiennent leur revanche… Il est vrai que de Sarcelles, la voix porte moins que depuis Washington.

Même Carla Bruni-Sarkozy paye son écot au calendrier politique. La Première dame commence à connaître la musique politicienne. Pour éviter le télescopage avec la campagne électorale, elle repousse la sortie de son prochain album à l’année prochaine. Et que l’on n’aille pas s’imaginer que l’enthousiasme soulevé par son précédent opus dicte cet excès de précaution. Elle s’épargne simplement tout risque de couac. L’année présidentielle sera suffisamment riche en fausses notes…

jeudi 31 mars 2011

Fillon de moins en moins “collectif”

Jean-François Copé avait accusé François Fillon de ne pas “jouer collectif” dans le débat sur la laïcité et l’islam. Le rappel à l’ordre a eu l’effet d’une chiquenaude : le Premier ministre séchera la grand-messe de mardi. La “posture” dénoncée par Copé révèle une fracture profonde. Et il faudra plus qu’une métaphore sportive pour réconcilier les deux rivaux de l’équipe majoritaire.

En tout cas, ce défaut de “collectif”, le secrétaire général de l’UMP ne peut pas le reprocher aux représentants des six grandes religions. Soudés à la façon d’un pack de rugby, ces dignitaires religieux désapprouvent l’organisation de ce débat. Ils le jugent inopportun en ce moment. “N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons”, recommandent les hommes d’Église. À un an d’une échéance électorale propre à exacerber les passions, au moment où les pays arabes connaissent des bouleversements au lendemain incertain, ce débat est à leurs yeux une mèche allumée sous un baril de poudre… Mais qu’importe le prêche œucuménique : Copé est animé de la foi du charbonnier. Il n’est pas homme à faire une croix sur ses ambitions au premier sermon venu. N’a-t-il pas déjà tenté le diable en s’en prenant au Premier ministre. Et Fillon, confiant en étoile, ne court-il pas à l’excommunication élyséenne ? L’un comme l’autre semblent cette fois-ci décidés à boire le calice jusqu’à la lie. La contrition n’est pas inscrite dans leur bréviaire…

vendredi 25 mars 2011

“L’Aube de l’odyssée” et les soucis de l’Unesco




Espérons les militaires plus inspirés dans l’art de la guerre que pour trouver des noms de code à leurs opérations. La “croisade” en Libye comme dit M.Guéant est baptisée “L’Aube de l’odyssée”. Même le plus tarabiscoté des jeux vidéo ne mérite pas d’être affublé d’un tel titre…


Outil de propagande, le nom attribué aux interventions armées doit frapper les imaginations autant que les cibles ennemies. Avec “Tempête du désert” lors de la guerre du Golfe, il n’était pas nécessaire d’avoir fait Saint-Cyr pour comprendre. Adeptes de la méthode Coué, les Américains avaient qualifié l’invasion de Panama de “Cause juste”. En Afghanistan “Liberté immuable” est plus alambiquée. À l’image de la situation sur le terrain… Un rien macabres, les Israéliens s’étaient inspirés d’un poème pour enfants lors de l’attaque “Plomb durci” sur Gaza !


La Libye hérite donc de “L’Aube de l’odyssée”. Avec l’objectif de déboucher sur le crépuscule du tyran ? Pas si sûr tant les lézardes se creusent au sein de la coalition. Seul le Guide affiche pour l’instant une détermination sans fissures…


Quelle que soit l’issue, l’Unesco vient de rappeler à l’ordre les belligérants. Pas question de guerroyer au-dessus du riche patrimoine de la Libye. La guerre oui, mais loin des sites archéologiques. Que l’Unesco se rassure : Kadhafi n’a pas encore songé à s’abriter derrière les richesses millénaires de son pays. Il se contente d’utiliser la population civile comme bouclier…

mardi 8 mars 2011

Un sondage chasse l’autre…

Qu’un sondage place Marine Le Pen en tête du 1 er tour de la présidentielle et voilà le microcosme tout émoustillé. Depuis samedi, tout ce que la France compte d’experts, de politologues et de commentateurs zélés ramène sa science. À croire que ces gens-là ne savent pas comment meubler leur dimanche. Tous y vont de leur “on vous l’avait bien dit”. Comme en 2002 peut-être… Car les spécialistes en sciences politiques partagent une qualité précieuse avec les économistes, la prévision des événements passés.

Il s’est pourtant trouvé quelques sages pour soupçonner ce sondage de malfaçons. DSK, champion toutes catégories des enquêtes d’opinion, n’y figure pas. Et les sondeurs auraient eu la main lourde sur les méthodes de redressement, une astuce pour corriger les résultats bruts. Au point que l’institut Harris va le refaire. Le pays trépigne d’impatience…

Depuis les cahiers de doléances de la Révolution ou les votes de paille américains, l’opinion publique est surveillée comme le lait sur le feu. À grands frais. Et avec des marges d’erreur qui vaudraient un zéro pointé à n’importe quel potache…

Deux parlementaires, un de droite et l’autre de gauche, voudraient y mettre bon ordre. Mais leur proposition de loi n’a aucune chance de passer la rampe à l’Assemblée nationale. Les instituts de sondage sont vent debout, ce qui n’étonnera personne. Mais le gouvernement aussi. À croire que l’art de gouverner ne peut désormais s’exercer sans cette béquille bancale, le sondage…

mercredi 9 février 2011

Les chemins de traverse du PS

En 2007, le discours de Nicolas Sarkozy et son “homme africain pas assez entré dans l’Histoire” avait fait entrer Dakar dans le grand livre des occasions manquées de se taire. Tout de go, Ségolène Royal, autoproclamée madone de la repentance, s’était fendue d’excuses publiques depuis sa ville natale.

Cette semaine, c’est Martine Aubry, la patronne du PS, qui s’éclate au Sénégal. À la tête d’un bataillon de socialistes, elle délocalise la rue de Solférino pour participer au 11 e forum social mondial de Dakar. Ce rendez-vous des altermondialistes et anti-capitalistes était jadis la chasse gardée de l’extrême-gauche de la planète. Aujourd’hui, cet anti Davos est le passage obligé des socio-démocrates.

On y phosphore, on y devise et surtout on s’y fait voir. Rien de tel qu’un bon bain de forum social pour retrouver le rose aux joues, des fois que le chemin de l’Élysée emprunterait les sables mouvants de la contestation radicale…

Pendant ce temps-là aux États-Unis, DSK gère la crise mondiale depuis le FMI, la bête noire des altermondialistes. Dans l’espoir de retirer un jour les dividendes de ses efforts de Sysiphe pour rendre le libéralisme un peu plus présentable. Quant à François Hollande, il bichonne son jardin de Corrèze avant le rendez-vous électoral incertain du mois prochain…

Dakar ? Washington ? Tulle ? Les primaires de l’automne révéleront quel était le bon chemin de traverse…

mardi 8 février 2011

Vivement jeudi!

Février sera-t-il le mois “horribilis” de Nicolas Sarkozy ? Le locataire de l’Élysée démarre la nouvelle année du pied gauche.

Le chômage s’envole, les chiffres de la délinquance n’ont rien de folichon, l’image du pays à l’étranger est écornée et pour couronner le tout, Angela Merkel impose ses vues européennes au flamboyant président du G 20. Avec MAM et ses vacances tunisiennes la coupe est pleine.

Elle déborde même selon les magistrats en grève cette semaine. Les “petits pois” selon l’élégante formule présidentielle en ont assez d’être classés derrière l’Arménie au palmarès des budgets de la justice.

Même le Sénat d’ordinaire si docile se permet de charger la barque élyséenne. Dans un vote feutré jeudi dernier, la Haute Assemblée a refusé d’étendre la déchéance de la nationalité aux personnes ayant acquis la nationalité française depuis moins de dix ans et qui se sont rendues coupables de crimes contre les dépositaires de l’autorité publique. Nicolas Sarkozy l’avait pourtant voulu haut et fort dans son discours de Grenoble l’été dernier. Mais pas les sénateurs, pas question qu’ils distinguent “les Français de souche des Français de papiers”.

Vivement jeudi doit songer le Président. À la télévision, il écoutera la “parole des Français”, celle des “vrais gens” paraît-il sans intermédiaires compliqués. Manquerait plus qu’ils aient le culot de lui parler emploi, impôts, insécurité ou des mauvaises habitudes de ses ministres…

lundi 7 février 2011

Polémique à tire-d’aile...


Pour une fois que le débat politique prend de la hauteur, ne boudons pas notre plaisir. Les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie et le dernier déplacement présidentiel en sont l’illustration aérienne.


Acte 1. La ministre des Affaires étrangères reconnaît avoir emprunté fortuitement mais gracieusement l’avion privé d’un ami lui-même très ami avec Ben Ali pour se rendre sur son lieu de villégiature à Noël. En pleine révolution anti Ben Ali, la balade choque...


Acte 2. Durant son séjour tunisien, MAM convient avoir goûté une seconde fois au confort de l’aéronef pour une excursion à Tozeur. Mais se justifie-t-elle avec aplomb, “en vacances, je ne suis pas ministre mais Michèle Alliot-Marie”. Du coup MAM invente le concept d’intermittent du gouvernement, de quoi laisser songeurs les étudiants de Sciences po...


Acte 3. La presse belge révèle que Nicolas Sarkozy a mobilisé deux avions pour se rendre la semaine dernière au sommet européen de Bruxelles. Mieux qu’à la belle époque des avions du GLAM.


Sous Giscard ou Mitterrand, en des temps immémoriaux donc, le Concorde figurait dans le trousseau du locataire de l’Élysée sans que nul ne lui conteste le prestige d’un avion glouton et m’as-tu-vu. Et sans que chaque voyage ne soit prétexte à une polémique à tire-d’aile...


C’était, il est vrai, bien avant qu’un Premier ministre ne se déclare à la tête d’un “État en faillite” et qu’un président ne promette une “République irréprochable”.

jeudi 20 janvier 2011

Carnet rose et carton rouge

Cocorico, la France compte plus de 65 millions d’habitants. Un cap symbolique franchi grâce à un taux de fécondité jamais atteint depuis le baby-boom. Les statistiques qui adorent couper les cheveux en quatre créditent chaque femme française de 2,01 enfants. Plaçant ce cher et vieux pays comme disait de Gaulle en tête du classement européen, juste derrière les Petit Poucet irlandais et islandais. Même les Allemands toujours champions en tout ne nous arrivent pas au chausson… 828 000 fois l’an dernier, la France de demain a poussé son premier cri. Les Cassandre qui rangent facilement notre pays parmi les déprimés chroniques et les cafardeux de service sont étourdis par cette natalité insolente. Leurs exégèses hésitent entre une marque de confiance en l’avenir et un repli sur le cocon familial. Curieux tourments. La France fait tout bêtement des bébés, sans chercher midi à 14 heures…


Pourtant le carnet rose s’accompagne d’un carton rouge. Les pédiatres se font rares. À son tour la Faculté lance un cri, mais un cri d’alarme. Des départements entiers seraient menacés de désertification. Et là, la statistique ne s’encombre pas de décimales. L’Hexagone compte un pédiatre pour 5 300 enfants, trois fois moins que la moyenne européenne. Un peu plus de 200 pédiatres vissent leur plaque chaque année alors qu’il en faudrait 600… De Gaulle, toujours lui, avait lancé son fameux “l’intendance suivra”. Sera-t-il entendu ?

lundi 27 décembre 2010

Les mauvais comptes du bonus écologique


L’automobiliste est blanchi sous le harnais. À chaque fois qu’il met le contact, il réveille à la fois les chevaux-vapeur et la vache-à-lait des finances publiques.
L’inoubliable Paul Ramadier avait ouvert la voie dans les années 50 avec sa fameuse vignette. Taxe provisoire destinée à venir en aide aux personnes âgées, l’increvable vignette resta fringante jusque dans les années 2000. Sans que les anciens n’en voient jamais la couleur.
Avec le Grenelle de l’Environnement, changement de logique pensait-on. Pour une fois, l’Etat et l’automobiliste jouaient gagnant-gagnant. En ouvrant en grand la chasse au CO2, Jean-Louis Borloo comptait faire coup double : “rouler propre” et relancer la filière auto. Craché juré, la prime à la casse, le bonus écologique et son pendant le malus allaient faire de l’automobiliste un parangon de vertus. Au diable le gaz carbonique, vive le pot d’échappement vert.
Mais à peine Borloo a-t-il tourné les talons que l’Etat fait ses comptes. Le bonus a coûté 500 millions en 2010. Halte au feu s’époumonent les grands argentiers du gouvernement. Du coup, le bonus écolo a du plomb dans l’aile. Dès janvier, les voitures éligibles au bonus se feront plus rares. 55 % des ventes ont profité du dispositif cette année estiment les spécialistes. L’an prochain, ce sera tout juste 6 % calculent-ils... Dans l’affaire, les constructeurs font grise mine. Et l’automobiliste a le sentiment d’être une nouvelle fois taxé. Question d’habitude...