TOUT EST DIT

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vendredi 4 mai 2012

Sarkozy a maintenu le rang de la France

Maintenir notre modeste Hexagone dans la cour des grands de ce monde ne va pas de soi. C'est un combat permanent.
C'est l'heure des bilans. Quoi qu'il arrive, un mandat présidentiel s'achève. Au cours de la campagne, la politique étrangère a été réduite à la portion congrue. Les relations avec la Chine, l'Inde et leurs deux milliards et demi d'habitants ? Billevesées. Les rapports avec la Russie ? Anecdotiques. Les menaces de guerre en Iran ? Accessoires. L'avenir de l'Afrique (2 milliards d'individus en 2050) ? Détail sans importance. Sans parler du Proche-Orient, de la Turquie. Seules les questions européennes ont été, très superficiellement, abordées.
François Hollande ne souhaitait pas se risquer sur ce terrain qu'il connaît mal et, à ses yeux, pas assez "clivant". En vérité, il n'avait pas grand-chose à reprocher à Nicolas Sarkozy. Celui-ci s'est efforcé pendant cinq ans de maintenir la France dans la cour des grands. Cela ne va pas de soi. L'Hexagone représente 1 % de la population mondiale et est désormais relégué au sixième rang (au mieux) des puissances économiques de la planète. Il possède quelques atouts : un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, une dissuasion nucléaire, une armée en mesure de dépêcher une force d'intervention, des positions historiques en Afrique et, surtout, une capacité d'influence cruciale en Europe, à condition d'agir en coordination avec l'Allemagne.

Rapidité de réaction

Mais, à vrai dire, depuis de Gaulle, la France joue un cran au-dessus de sa catégorie. Et, pour s'imposer sur la scène internationale, il faut déployer une forte dose d'énergie, avoir le sens du compromis et une grande rapidité de réaction. À sa manière, parfois brouillonne, Nicolas Sarkozy a su le faire. Que ce soit pour mettre sur les rails le traité de Lisbonne après le fiasco du "non" ; pour juguler la crise financière ; pour éviter que la guerre de Géorgie ne dérape vers un affrontement incontrôlable ; pour faire triompher la légalité en Côte d'Ivoire ou mettre à bas la dictature de Kadhafi. Bien sûr, il y eut quelques ratés et retards à l'allumage à propos de l'Union pour la Méditerranée, dans les relations avec la Libye ou face au Printemps arabe. Mais, globalement, la France a, pendant cinq ans, maintenu son rang.

Angela Merkel boutée par les urnes ?

France, Grèce, Pays-Bas, Allemagne : les cinq scrutins qui vont avoir lieu en Europe sont très différents. Mais tous pourraient livrer un verdict sur la politique d’Angela Merkel face à la crise qui affaiblirait la chancelière.
Les cinq élections à venir vont transformer le pays en profondeur. Tout d’abord, les deux élections régionales qui vont avoir lieu dans le Nord et l’Ouest de la République fédérale [dans le Schleswig-Holstein le 6, et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie le 13 mai] diront si celle qui est aujourd’hui le dirigeant allemand le plus apprécié, et le dirigeant européen le plus puissant, a encore une chance de conserver les rênes du pouvoir.

L’élection grecque de dimanche est d’une importance au moins égale pour l’Allemagne. Une grande énergie politique et plus d’argent encore ont été investis pour que la Grèce prenne elle-même le taureau par les cornes. Si les Grecs élisent un parlement qui s’oppose à la cure d’austérité et à l’assainissement des finances du pays, l’accord conclu entre l’Europe et Athènes pourrait bien tomber à l’eau. Un tel échec serait peut-être surmontable sur un plan économique mais nuirait considérablement à la légitimité des futurs plans de sauvetage en faveur d’autres pays européens.

Critique de la politique de rigueur

Mais la politique européenne d’Angela Merkel ne sera pas uniquement soumise à la loi des urnes en Grèce. Elle le sera également en France. Au fil de sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy s’est largement éloigné de ce qui avait été convenu avec la chancelière au temps béni de l’osmose franco-allemande, il y a quelques mois. A moins qu’il ne s’agisse de simples effets de manches. Il faut l’espérer.
Du côté de François Hollande, son adversaire dans la présidentielle et favori du scrutin, l’effet de manches est moins probable, notamment parce qu’il est allé beaucoup plus loin dans sa critique de la politique de rigueur allemande. Quand bien même il ne réaliserait que la moitié de ce qu’il a consenti en promesses dispendieuses, cela suffirait à déclencher quelques vagues qui viendront malmener la fragile carcasse européenne. Or les vagues, certains acteurs de la Bourse n’attendent que cela.
Le cinquième scrutin qui aura une grande incidence sur la politique allemande et européenne se déroule également à "l'étranger" – aux Pays-Bas. La coalition chrétienne-libérale y avait été tolérée par le populiste Geert Wilders et vient d’échouer sous la pression des impératifs de réduction de la dette. Les prochaines élections, qui se tiendront au sortir de la trêve estivale, décideront également du sort politique du chef du gouvernement, Mark Rutte, l’homme qui s’est avéré l’un des partenaires les plus fiables et les plus efficaces de la chancelière allemande sur les sujets de politique européenne.
Sur place, l’enjeu est plus vaste encore. S’il avait jusque-là surtout orienté sa politique de haine contre les musulmans, Geert Wilders la redirige désormais peu à peu vers une ligne antieuropéenne. S’il devait payer, un tel revirement risquerait de favoriser l’essor des populistes europhobes sur l’ensemble du continent. D’autant que, pour faire le lien avec la France, Marine Le Pen semble avoir un objectif précis en cas de défaite de Nicolas Sarkozy : diviser l’UMP et annexer son aile droite. Ce qui risquerait d’étendre la dynamique antieuropéenne au centre de l’échiquier politique.

Répercussions au-delà des frontières

Difficile de savoir si les élections en France et aux Pays-Bas finiront également par déboucher sur la fondation d’un nouveau parti de droite en Allemagne. Jusqu’à présent, le pays est parvenu avec un certain succès à étouffer dans l’œuf toute velléité de cet ordre. Reste à savoir ce qui se passera en cas de victoires de la droite chez nos voisins occidentaux.
Une chose est sûre à la veille de ces cinq élections : les scrutins qui ont lieu en Europe, et plus particulièrement chez nos voisins immédiats, sont aujourd’hui au moins aussi importants qu’une élection dans un Land allemand – même le plus vaste. Compte tenu de l’ampleur des répercussions de ces scrutins par-delà les frontières, on pourrait théoriquement se poser la question de savoir pourquoi les électeurs allemands ne seraient pas autorisés à participer – ne serait-ce qu’un peu, à hauteur d’une voix sur cinq, par exemple – aux scrutins néerlandais et français. Et vice-versa, bien entendu.
Une autre bizarrerie saute aux yeux : même si elle fait figure de femme forte de l’Europe, Angela Merkel ne serait sans doute pas élue présidente de l’UE par les Européens. Si elle était élue directement par le peuple allemand, elle recueillerait la majorité des suffrages. Du fait des impératifs particuliers qui prévalent en Allemagne du fait de la coalition en place, elle pourrait, en dépit de sa popularité et des aléas de la vie politique, se voir bientôt dépossédée de son pouvoir. En d’autres termes : Angela Merkel cornaque une Europe qui ne peut pas la blackbouler, et sera peut-être involontairement évincée du pouvoir par des Allemands qui n’ont au fond aucune envie de la voir partir.
Tout cela est du point de vue de la légitimité démocratique pour le moins tordu, pour ne pas dire complètement absurde. Mais cela n’en reste pas moins passionnant.

Le noir est une couleur


Parce que l’électeur est une fleur fragile à entourer de mille soins, la plupart des postulants à un mandat politique s’évertuent à peindre l’avenir en bleu ou en rose. Pas François Bayrou. Sa spécialité, c’est le noir.
Bayrou est le Cassandre des élections ; à côté de lui, les écologistes sont d’aimables épouvantails. Leur peur du nucléaire fait pâle figure à côté des catastrophes pressenties par le candidat centriste. Il est convaincu que l’effondrement de la Grèce préfigure ce qui attend la France. C’est, dit-il, le dernier moment avant le précipice pour sauver notre modèle social et républicain.
Ce genre d’axiome austère ne fait pas recette : 3,27 millions de voix le 22 avril, 9 % des suffrages, une cinquième place, derrière Jean-Luc Mélenchon. Chez Bayrou, le trou aussi est noir. Le voilà menacé de marginalisation durable.
Pour rebondir, il franchit le Rubicon, à la manière centriste. Pas de consigne donnée à ses électeurs, dont il sait qu’ils se répartiront (mais dans quelles proportions ?) entre François Hollande, Nicolas Sarkozy et le vote blanc. Mais à titre personnel, par hostilité aux raidissements de l’UMP, il votera Hollande. C’est une rupture avec le centre droit, un pied-de-nez à Sarkozy et une tentative (désespérée) de redonner une force spécifique au centrisme, ce qui sera évidemment plus facile si l’UMP éclate pour cause de défaite.
Dans l’immédiat Bayrou peut se consoler en se disant qu’il a raison trop tôt. Son leitmotiv («un pays endetté est un pays malheureux ») fait son chemin. L’obligation de réduire la dette des Etats s’installe dans les esprits. La maîtrise des dépenses publiques n’est plus une aberration, c’est une sage précaution -et, dans le meilleur des cas, un projet de gouvernement.
Aux yeux de Bayrou, qui se targue d’anticiper mieux que les autres, l’option est idéale : jouer avec le noir jusqu’à en tirer de la lumière, en période de marasme profond, ça aide et pour tout dire ça soulage.

L'Europe, si absente, si présente 


Quelle sera la politique étrangère de la France au lendemain de l'élection ? Ceux qui auraient aimé en savoir davantage durant le débat télévisé seront restés sur leur faim. Pas un mot sur la Chine. Pas davantage sur la Russie, l'Afrique ou le Proche Orient. Rien sur le Printemps arabe qui concerne pourtant la France et des millions de Français. Juste quelques mots sur la menace terroriste au Sahel, qui a permis aux deux candidats d'exprimer pudiquement leur seul point d'accord. Et une minute sur l'Afghanistan, même si le débat est désormais essentiellement technique, sur le rythme du retrait, pas sur son principe.
Bref, circulez, le monde peut attendre. C'est sur l'économie qu'on gagne une élection, pas sur la diplomatie. Et peu importe, diront les pragmatiques de la machine électorale, si c'est là l'un des deux grands domaines réservés de l'homme que tout un pays, justement, doit choisir ce dimanche.
Concernant plus strictement les questions européennes, le climat, mercredi soir, était toutefois différent, plus étrange. Bien sûr, on a beaucoup entendu parler de l'Allemagne, « le » bon élève, l'un vantant sa compétitivité, l'autre sa concertation sociale. On a entendu l'Espagne citée en exemple à ne pas suivre. Mais, au bout du compte, peu de choses sur les grandes questions du moment, sur la stratégie pour sortir de la crise de l'euro. Comme si l'Europe, sujet tabou pour tout candidat soucieux de ne pas froisser les extrêmes (ni ses propres troupes eurosceptiques), était à la fois omniprésente (et pour cause : notre économie en dépend) et curieusement absente en tant que telle.
Dès lundi matin, pourtant, ce sera le sujet de préoccupation numéro 1 du nouvel élu, quel qu'il soit. La crise n'est pas derrière nous et, depuis trois ans, on ne cesse de revenir au défi essentiel auquel est confrontée l'Europe : se relancer ou s'exposer à son éclatement. Les déclinaisons sociales, économiques et politiques de cette crise sont de plus en plus évidentes à travers le continent. La perte de crédibilité des partis traditionnels et la montée des extrémismes sont des signaux désormais récurrents. Le chômage des jeunes est une plaie qui s'étend.
En outre, si la fracture Est-Ouest a pu accompagner la construction européenne dès sa naissance après-guerre, la vraie frontière, très insidieuse, qui est en train de se dresser, est une frontière Nord-Sud, forgée par l'austérité et la récession. Plus on tarde à y répondre et plus l'écart de compétitivité, déjà important, se creuse entre la Méditerranée et la mer du Nord.
C'est la raison pour laquelle de nombreuses voix, même chez les spéculateurs les plus pragmatiques, évoquent la nécessité de faire faire à l'Union européenne un saut fédéral afin que l'euro cesse d'être une proie facile pour les marchés et devienne un instrument monétaire au service d'une vision politique. Cela implique un renouveau du couple franco-allemand, un débat sur le rôle de la BCE, sur la gouvernance économique, sur la façon de réintroduire le principe de solidarité, sur la validation démocratique de l'édifice européen. Ces débats peuvent paraître abstraits, ils ne le sont pas. En tous les cas, pas plus que l'avalanche de chiffres de l'autre soir. Car sans une action collective et concertée des Européens, il sera difficile à quiconque de trouver la recette miracle dont rêvent les deux candidats : allier la rigueur et la croissance.

La gauche : un peuple sans idéologie

À Athènes au temps de Solon, à Rome au temps des Gracques, les pauvres s’opposaient aux riches pour le partage des terres et des richesses sans qu’on y parlât de gauche et de droite.
La gauche moderne est née avec la philosophie des Lumières et la Révolution française. A la défense du peuple contre les grands, elle a associé l’idée de progrès : un projet que l’on appellera utopique ou idéologique de transformation de la condition humaine. Le XXe siècle a montré à quelles extrémités pouvait conduire un tel projet dans ses formes les plus radicales. On peut dire en simplifiant qu’aujourd’hui, le mondialisme a tellement affaibli les classes populaires que la gauche, vidée de son antique contenu social, n’est plus qu’idéologique. Autrefois, le peuple sans l’idéologie, hier l’idéologie et le peuple, aujourd’hui, l’idéologie sans le peuple !
Et comme l’idéologie est intrinsèquement stérile, c’est pourquoi on cherche en vain dans l’action de la gauche depuis vingt ou trente ans, un impact positif sur la situation des Français.
A la rigueur pourrait-on sauver de ce bilan calamiteux une institution comme le RMI, malgré le désordre de sa mise en œuvre. Répartir dans toutes les communes des grandes métropoles les logements sociaux peut être aussi, à notre sens, tenu pour utile, même si le meilleur moyen d’empêcher les ghettos est d’abord d’assurer la sécurité.
Mais le bilan général est négatif. Disons-le clairement : on trouve, comme nous l’avons montré en introduction, dans la plupart des griefs qui sont aujourd’hui ceux des Français vis-à-vis de leurs gouvernants, une décision prise ou inspirée par la gauche (et souvent continuée passivement par la droite)
À l’origine de ce désastre politique, cette immense révolution que constitue la mondialisation : mettant en concurrence tous les systèmes sociaux du monde, elle conduit tout naturellement à privilégier le "moins disant" social ou fiscal et à rendre presque impossible, dans un pays donné, tout projet social un peu consistant. Si ce pays veut, malgré tout, maintenir, sans protection aux frontières, un certain nombre d’acquis sociaux, comme c’est aujourd’hui le cas de la France - et de la plus grande partie de l’Europe - il assistera au dépérissement inexorable de son tissu industriel ou agricole. S’il s’avise en plus de maintenir des minima sociaux (et quoi de plus légitime ?), il le paye d’un volant de chômage plus ou moins important : c’est le choix, que, de facto, la France a fait depuis vingt ans. Ceux qui dénoncent la "préférence française pour le chômage" ne disent pas autre chose : une dénonciation bien mal venue cependant quand elle émane d’une gauche européiste et mondialiste de type rocardien !
A la rigueur, un pays donné pourrait-il compenser des choix sociaux avancés en jouant sur la variable monétaire : plus social, moins compétitif mais avec une monnaie plus faible, il pourrait encore s’en sortir. Or, comme pour aggraver leur cas, le pays de la zone euro se sont privés de cette arme.
La mondialisation, c’est-à-dire la libre circulation des marchandises, mais aussi des capitaux et de la main d’œuvre agit comme un vaste système de vases communicants des inégalités sociales. Comment le travail, nécessairement plus statique, résisterait-il aux pressions d’un capital désormais entièrement mobile ? Le magnat américain Warren Buffet n’a pas tort de dire que, grâce à la mondialisation, la lutte des classes a trouvé son aboutissement et que c’est le capital qui a gagné la bataille : grâce à elle, la finance a écrasé la classe ouvrière, dont le pouvoir d’achat stagne depuis bientôt vingt ans, quand il ne régresse pas,  alors que la valeur des patrimoines explose.
Mais qui ne voit que cette évolution, éminemment défavorable aux salariés de tous pays - et à fortiori à ceux qui n’ont pas de travail - trouve son fondement dans une idéologie progressiste ? Le moteur fondamental de la mondialisation, dont les instruments (GATT, FMI, Marché commun, etc.) se sont mis en place après la guerre, fut la réaction à toutes les formes de protectionnisme de la période précédente que, de manière hâtive, on avait assimilé au nationalisme et au fascisme, aujourd’hui au "populisme". Au fondement du mondialisme, se trouve l’hostilité au fait national, dénoncé comme un danger de guerre, mais dont on craint surtout qu’il amène des droits de douane, le contrôle des changes ou des entraves à la libre circulation des capitaux. Cette hostilité  s’est radicalisée à partir des années quatre-vingt, au fur et à mesure que tombaient les dernières barrières héritées de l’ancien monde. Droit de douane égale autarcie égale camp de concentration : telle est l’équation inavouée de la nouvelle gauche  mondialiste. La volonté, pourtant légitime, de contrôler les flux migratoires est assimilée au racisme. L’antiracisme, devenu, dit Alain Finkielkraut, le marxisme de notre temps et généralement plus haineux que ce qu’il dénonce, est aussi au cœur de l’idéologie mondialiste. Il tend en réalité à préserver la liberté de circulation des travailleurs de tous pays et donc leur concurrence pour le plus grand bénéfice des employeurs. Un banquier américain dénonçait il y a quelque temps à la tribune de Davos le retour du "populisme" : qu’entendait-il par-là ? Rien d’autre que volonté de réglementer le système bancaire, une réglementation qui naturellement ne pouvait être que nationale. Dans ce nouveau contexte, se dire milliardaire et de gauche – de gauche, non point pour le partage de la richesse, cela va de soi, mais sur les questions de société, l’ouverture des frontières ou la défense de l’environnement - n’est plus un oxymore, c’est la meilleure posture que puisse prendre aujourd’hui un milliardaire un peu dégourdi, surtout s’il a compris que la tranche d’impôts à 75 % proposée par François Hollande n’était qu’un effet d’annonce. Le think tank Terra nova qui se veut la pointe avancée de la recherche stratégique du parti socialiste (et qui est financé par plusieurs multinationales américaines) préconise que ce parti largue une bonne fois pour toutes la classe ouvrière, vouée, dit-il, au lepénisme, pour se tourner résolument vers les nouvelles couches urbaines : jeunes diplômés, cadres émancipés, bref la France "bobo". 
Ainsi, le Parti socialiste n’est plus celui de la classe ouvrière, ni même celui des fonctionnaires, mais celui de la partie la plus irresponsable de la bourgeoisie.

Bayrou votera pour Hollande au second tour

Le président du MoDem justifie sa position par «la course à l'extrême-droite» à laquelle s'est livrée Nicolas Sarkozy entre les deux tours, mais il refuse toutefois de donner «une consigne de vote générale».

Le suspense a pris fin à 19 h 23, jeudi soir. À dire vrai, il s'était déjà étiolé dans la journée, les proches de François Bayrou laissant entendre que le président du MoDem pourrait ­surprendre. «Je ne donnerai pas de consignes de vote, a-t-il d'abord précisé. Chacun de mes électeurs votera en conscience.» Puis, il a fait part de son «jugement personnel», refusant le vote blanc («Ce serait de l'indécision», a-t-il dit) et fustigeant la campagne de second tour du président-candidat avant de déclarer: «Reste le vote François Hollande. C'est le choix que je fais.»
Cyril Chadé, membre du conseil national et militant dans le Rhône, a salué «un instant historique». «C'est la logique de l'indépendance du centre. Jamais nous ne serons inféodés à la droite», a-t-il poursuivi. Florence Bistagne, élue MoDem de Marseille, a évoqué «une vraie rupture historique avec vingt ans de centrisme».
«On a gagné», a écrit sur son compte Twitter Sophie Goy, responsable du MoDem à Marseille, favorable, comme Jean-Luc Bennahmias ou Christophe Madrolle, au soutien à François Hollande.

Vote blanc en 2007

Lors d'une réunion du comité stratégique, jeudi matin à huis clos, les quelque vingt-cinq membres sur quarante avaient demandé à François Bayrou, à la «quasi-unanimité» selon l'un d'eux, de «prendre une position nette». En 2007, l'ancien troisième homme de la présidentielle avait refusé de rendre un avis tranché. Et avait juste indiqué qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy. Bien plus tard, il confiera avoir alors voté blanc.
Mercredi soir, pourtant, François Bayrou semblait se diriger vers une «non-consigne de vote», accompagnée d'un «jugement personnel» sur «les forces et faiblesses» des deux finalistes de la présidentielle. Mais voilà! Après le discours de Toulouse de Nicolas Sarkozy sur les frontières, ou encore après l'appel du pied de son ministre de la Défense Gérard Longuet en direction du Front national, de très nombreux militants centristes ont fait remonter leur «trouble» auprès du siège.
Jeudi matin, dans une tribune au quotidien Le Monde, l'ex-ministre Philippe Douste-Blazy, cofondateur de l'UMP qui soutenait François Bayrou au premier tour, expliquait pourquoi il ne voterait pas pour le président sortant: «Ce que je reproche à Nicolas Sarkozy, c'est d'abîmer l'idée de frontière et de proposer aux générations futures comme idéal une porte blindée car, à l'opposé de lui, je pense que le propre d'un homme politique est d'aider son peuple à embrasser de nouvelles frontières.»
Tout au long de la journée, selon des témoins, François Bayrou a écouté les intervenants, «sans préciser son opinion». Une piste évoquée, racontait un élu, était qu'il «appelle finalement à voter pour François Hollande tout en se déclarant premier opposant du même». Un «titre» dont le président du MoDem s'était déjà honoré en 2009 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Jeudi, il a assuré n'avoir mené aucune négociation avec personne et affirmé que le MoDem ne siégerait pas dans le prochain gouvernement.
CET HOMME EST PATHÉTIQUE, IL L'A TOUJOURS ÉTÉ. 
LE CUL ENTRE DEUX CHAISES, BIEN AU CENTRE, MAIS LE CENTRE N'EXISTE PAS, LE CENTRE C'EST L'INACTION.

Débat : le New York Times souligne le « mépris » de Hollande

Dans un article consacré au débat présidentiel français, le journal américain New York Times s’étonne des mauvaises manières de François Hollande, qui n’a cessé de couper la parole à Nicolas Sarkozy et qui a fait preuve de « mépris ». On est loin de l’analyse des journalistes socialistes de Libé, de Mediapart et du Nouvel Obs…
Contrairement aux journalistes français, aveuglés par leur militantisme, les observateurs américains ont vu un enfant mal élevé agresser un président de la république et lui manquer de respect.

« Monsieur Hollande, essayant d’amoindrir sa réputation de douceur et de charme, a été un débatteur agressif , interrompant souvent monsieur Sarkozy sans la moindre déférence et même avec un mépris visible. » Voici comment le New York Times décrit ce débat que les journaleux français essayent de faire passer pour une victoire de Hollande.
De l’agressivité mal placée, un refus de débattre des vraies questions, des attaques à répétition pour éviter d’aborder son propre bilan catastrophique et le mépris socialiste de ceux qui se pensent meilleurs et qui ont déjà gagné. Voilà les ingrédients du débat retenus par les observateurs extérieurs.
Le New York Times revient ensuite sur le fond du débat et explique comment Sarkozy a mouché François Hollande sur la dette. L’article reprend la phrase du président « c’est une erreur de 100 millions que vous faites. Cela montre votre incompétence ». Pour les journalistes du New York Times, « le débat a continué, mais monsieur Sarkozy avait raison ». On ne peut être plus clair ! Pour rappelle, le New York Times est un journal plutôt démocrate (de gauche), dont le sérieux et la rigueur journalistique (contrairement à la presse française) sont salués sur l’ensemble de la planète !
On voit donc bien que François Hollande s’est couvert de ridicule à l’international et a prouvé qu’il n’avait pas les compétences requises pour un débat sous tension. On voit surtout l’écart incommensurable, que l’on constate depuis le début de la campagne, entre le traitement engagé, presque militant, des journalistes français en faveur de François Hollande, et la vérité décrite par les analystes extérieurs qui ont un peu de recul !
Français, soyez prêts à vivre 5 longues années de propagande officielle sur l’ensemble des médias de notre pays.
Ce débat fait pensé à l’altercation de Mélenchon avec Marine Le Pen avant le premier tour. Tous les journalistes, émerveillés, avaient expliqué que Mélenchon avait écrasé Marine. On a vu le résultat. Puissent les Français prouver à nouveau qu’ils ne sont pas des moutons…

« J’ose » : les vidéos compromettantes pour Hollande

Deux nouvelles vidéos viennent illustrer un peu mieux ce qu’est le « J’ose », la boite sensuelle où François Hollande emmène sa petite fille de 20 ans pour qu’elle lui attire les faveurs des éléphants socialistes, dont DSK. Quand un homme est prêt à tout pour accéder à la présidence…
Ces deux vidéos se passent de commentaire. On comprend bien l’ambiance malsaine et perverse qu’apprécient tant la gauche caviar et François Hollande. Répugnant !
Cet homme, qui veut redresser la France, est un papa qui emmène sa petite fille dans ce genre d’endroit. Quel père irait dans des boites de ce style avec sa fille de 20 ans ? Un socialiste, certainement. Un président, espérons pas pour la France !
Ce sont ça les endroits où va le « président normal » ? Il se fait passer pour proche du peuple mais il compte passer ses soirées avec DSK et Dray dans des boites coquines de luxe. On est loin de la fausse paparazzade organisée dans une supérette par Flamby et Voici
Une honte qui prouve que les socialistes et Hollande se croient tout permis.
Sur le plateau de C dans l’air, l’analyste politique prononce cette phrase à laquelle il n’y a rien à ajouter : « Cette gauche qui vit bourgeoisement, qui n’a pas de valeur moral, ça dégage une mauvaise odeur ! »
Petite visite guidée de la boite où devait se rendre François Hollande pour rejoindre sa fillette, son ex femme et son fils (oui, oui, c’est très sain !) :
  


J’Ose - Restaurant Tendance et Bar Club à Paris... par Citiscreen

Le débat qui n’a pas eu lieu


La lippe arrogante, le regard creux, les traits sévères et impassibles, chaque geste si manifestement étudié à l’avance qu’il lui a fallu à maintes reprises quelques microsecondes pour l’ajuster, François Hollande était, mercredi soir, tout sauf avenant. Tendu, haineux, plein de colère rentrée, il laissait exploser sa hargne à travers les incessantes interruptions dont il a mitraillé les propos de Nicolas Sarkozy, mollement reprises par David Pujadas. Au point de rendre le candidat-président (presque) sympathique.
Jean Madiran nous avait prévenus – je me souviens du temps de notre « petite classe » à la rédaction de Présent : face à un adversaire de gauche, celui qui tient un discours plus à droite, moins loin de nous, fût-il aussi notre adversaire, en paraîtrait persuasif.
Froid comme un accusateur public de 1793, François Hollande minimisa tour à tour certains éléments et conséquences de son programme, tout en niant certaines de ses déclarations passées les plus sectaires. Rien de très précis pour les Verts ni pour les Rouges de Mélenchon à se mettre sous la dent, du coup : auront-ils été convaincus ? La question est finalement inutile : chacun sait que le débat est un exercice de style. Mais le style du candidat socialiste, décidément, n’est pas possible. Comme l’a dit une amie venue passer une « soirée copains » pour regarder le débat : mettez une blouse blanche à François Hollande et il vous ferait irrésistiblement penser au vendeur du rayon crémerie du Monoprix du coin, tendance sous-payée et revêche.
L’essentiel n’est pas là, direz-vous. Et Nicolas Sarkozy, plus spontané, plus combatif mais moins agressif, plus direct, plus rompu aussi au dialogue et à la négociation, a contre lui son bilan (il n’a d’ailleurs pas assez mis en évidence les lourdeurs socialistes qui entravent tant de réformes nécessaires, notamment dans l’Education nationale). Ce qui était à l’avantage de Hollande.
Mais on a eu affaire à deux expressions d’un même système. Deux hommes politiques qui, avec leurs différences mais aussi leur accord profond sur l’européisation de la France, n’ont pas fait entendre les arguments ni proposé les solutions dont elle a si cruellement besoin.
Ils ont parlé de la crise, sur le plan technique, et de ses conséquences qui sont terribles pour l’ensemble de l’Europe, sans remettre en cause la construction européenne qui la renforce et en rend les conséquences, pour certains, beaucoup plus dramatiques.
Ils ont évoqué le chômage, les retraites, le poids de la protection sociale, sans mentionner la réalité du suicide européen par le refus d’enfanter, ni le drame que constitue la poursuite d’une immigration légale – à 90 000 par an comme la rêve Sarkozy ou à 180 000 comme l’accepte son adversaire, mais c’est le niveau où elle est arrivée sous sa présidence – qui fait venir une majorité de miséreux mal formés alors que les Bac+5 fuient le niveau des prélèvements obligatoires et les lourdeurs administratives de leur propre pays.
Ils ont parlé de l’école et de ses problèmes, Hollande voulant y engouffrer plus de moyens et Sarkozy osant prôner plus de rigueur et d’exigence… Mais aucun ne dénonce le désastre intellectuel et moral où ont mené des décennies de confiscation de l’éducation de la jeunesse aux parents, sous la houlette de pédagogistes aux commandes de la rue de Grenelle dont droite et gauche ont été les complices volontaires ou impuissants.
Ils sont passés à côté du nécessaire redressement intellectuel et moral, même si l’un – Sarkozy – met avec justesse l’accent sur la responsabilité de chacun, le droit des familles de transmettre un patrimoine et un héritage, la nécessité de libérer le travail. Mais quelle liberté, quelle responsabilité dans une France engloutie dans l’Europe ?
Ces problèmes, ils sont là, ils s’aggraveront vite avec Hollande, moins rapidement avec Sarkozy qui a tout de même à son actif, sous sa présidence, l’ouverture d’espaces de liberté pour ceux qui prennent en main leur travail, pour ceux qui veulent échapper au Mammouth scolaire sclérosé par la gauche.
Ce débat-là n’a pas eu lieu. Mais il est essentiel, celui des libertés menacées…

Tesson : "La haine poursuit Sarkozy depuis 2007"

Hollande a attaqué sauvagement le bilan du président sortant. 

Nicolas Sarkozy a entamé mercredi soir, en situation de faiblesse, le débat qui l'a opposé à François Hollande. À double titre : d'une part, le succès de son concurrent au premier tour de l'élection le mettait en position de challenger et, d'autre part, il avait à défendre un bilan de sortant, ce qui n'est jamais confortable, à plus forte raison lorsque ce bilan est sauvagement attaqué par l'adversaire. Il aurait pu néanmoins franchir brillamment l'épreuve et en retirer un avantage non pas décisif, mais appréciable. Ce ne fut pas le cas.
Aussi convaincu, éloquent et même flamboyant que sait l'être devant les foules le président-candidat, aussi réservé est-il apparu en face d'un concurrent mordant et sûr de lui-même. Était-ce un choix tactique ? Voulait-il amener son adversaire à offrir de lui-même une image d'agressivité et d'arrogance inattendue ? Auquel cas, il y a réussi. Le fait est que Hollande s'est livré sur tous les sujets à une attaque implacable du bilan de Sarkozy, forçant celui-ci à la défensive et lui interdisant d'élever le débat.

"Une bataille de chiffonniers"

L'exercice manqua d'intérêt. Il s'enlisa le plus souvent dans des querelles de chiffres qui échappent au commun des mortels. Il ignora les grands bouleversements qui secouent actuellement le monde. Il n'apporta rien que de conventionnel sur la vision de l'avenir des deux concurrents, sur leur projet politique respectif et sur leur philosophie. L'échange sur le thème du rassemblement fut une caricature d'un dialogue de sourds indigne du souci de vérité affiché par les deux candidats. On attendait de la gravité, on a eu en spectacle une bataille de chiffonniers.
Le coup est nul. Cette campagne n'aura décidément pas été à la hauteur de ce qu'exige la situation d'urgence dans laquelle est plongé le pays et de ce que mérite le peuple dont on répète si volontiers qu'il souffre. On l'appelle à se rassembler et l'on n'utilise que le langage de la revanche, sinon de la haine, cette haine qui poursuit depuis mai 2007 le président sortant.

jeudi 3 mai 2012

Le Parti Socialiste : un parti de magouille de triche et de cynisme ! Honteux 


62% des Français craignent de connaître une situation "à la grecque" !

Ils n'étaient que 49% au mois de février... En mai, 62% des Français disent craindre de connaître la même situation économique que la Grèce ou l'Espagne dans les mois à venir, selon un sondage Ifop pour le site Atlantico.
Les électeurs du Front national sont les plus inquiets, puisque 83% d'entre eux anticipent un scénario "à la grecque" pour la France. Le pourcentage est de 67% chez les électeurs de François Bayrou, ce qui s'explique notament par le fait qu'il s'agit d'un thème central du candidat du MoDem, selon l'Ifop. Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon arrivent juste derrière (65%), alors que le candidat du Front de gauche a dénoncé tout au long de sa campagne "les ravages" provoqués par les marchés financiers.

Quant aux électeurs des deux candidats en lice pour le second tour, ils se montrent moins inquiets que le reste de la population : 59% des électeurs de Nicolas Sarkozy ont répondu "oui" à la question de l'Ifop, et 41% de ceux de François Hollande.
Dans son commentaire, Jérôme Fourquet, le directeur adjoint du département opinion publique à l'Ifop, note qu'une partie de l'électorat, "notamment les électeurs de François Bayrou, pourrait se tourner vers le candidat UMP au second tour, pas forcément par gaieté de coeur, mais parce que sur ce sujet, c'est lui qui apparaît comme le candidat le plus crédible"...

Rituel ! 


Le face-à-face des candidats du second tour est utile, il est bon qu’il ait lieu, mais il ne faut pas en attendre plus qu’il ne peut donner. C’est plus une vérification qu’une découverte. On s’assure que le candidat qu’on préfère (ou qui vous agace le moins) tient la route, a de l’endurance, ne se démonte pas.
Même si on fait le blasé, il y a quand même un peu d’excitation. Ce débat si ritualisé va-t-il faire trébucher l’un des prétendants, de préférence celui qu’on repousse ? C’est la loi antique des duels, on attend un vainqueur et un vaincu.
Pour cela, il faudra attendre dimanche.
Hier, la technicité a pris le pas sur l’émotion. Ce fut une soirée convenue, un balayage consciencieux de fin de campagne, chiffre contre chiffre, avec des avalanches de taux et de situations comparées. On avait davantage l’impression d’entendre des chefs de gouvernement faisant assaut de démonstrations que des candidats à la présidence de la République. Alors que le système présidentiel français donne un poids considérable à l’homme, sa culture, ses convictions, ses tripes, chacun a repris doctement ses dossiers, quitte à répéter ce qu’il avait dit lors des meetings au cas où un citoyen distrait, ou tout juste revenu de la planète Mars, aurait manqué un épisode. Un jeu de fond de court là on aurait aimé des montées au filet. Il fallut attendre longtemps pour que François Hollande et Nicolas Sarkozy exposent avec flamme leur conception de la présidence. Mais cela ne dura que quelques minutes.
Qui a été supérieur à l’autre ? Vaine question. On ne départage pas en trois heures de ping-pong verbal deux hommes du même âge (57 ans), deux débatteurs rodés, agiles, habiles, qui savent toutes les ficelles de la vie politique.
La forme du débat y est pour beaucoup. Les deux candidats se répondaient l’un à l’autre sans arbitrage extérieur, les deux journalistes étant cantonnés au rôle de chronométreurs officiels de l’équipe de France. Même sur l’Europe et l’immigration, les projets de société ont eu du mal à aller au-delà de l’inventaire classique, droite contre gauche. Dommage !

Le jeu du chat et de la souris


Moment d'ultime dévoilement avant le verdict des urnes, le choc des titans a en tout cas tenu ses promesses sur un point : la rugosité des débats l'a emporté haut la main sur l'émotion, que les duellistes n'ont que rarement su faire passer. Tous deux des enfants de la télé, ils maîtrisent l'exercice et n'ont pas été obligés de forcer leur talent pour le démontrer. Ils se sont évertués d'emblée à habiter la fonction présidentielle, deux postures se découvrant assez vite et illustrant leurs stratégies. Pas de round d'observation pour Sarkozy l'outsider face à un Hollande plus attentiste en tant que favori des sondages. Le second, reprenant un slogan de Mitterrand, s'est référé à « toutes les forces de France » ; le premier lui a reproché d'être « l'homme d'un parti ». Les finalistes ont eu sur l'économie des échanges sérieux, d'un bon niveau. Le puncheur Sarkozy, lâchant des mots et des coups plus virils, a rappelé la responsabilité de la crise, tandis que son rival le renvoyait sans cesse à sa propre responsabilité. Aucun doute, deux « bêtes politiques » se regardaient en chiens de faïence. Le tenant du titre devait prendre des risques pour rechercher, à défaut du KO, des clarifications et pousser son rival dans les cordes. Au risque d'adopter un ton professoral. Hollande ne pouvait pas se contenter d'encaisser. Moins en rondeur qu'à l'accoutumée, il a témoigné des qualités de contre-attaquant pour éreinter le bilan de son adversaire et celui-ci l'habileté qu'on lui connaît pour pointer le projet du socialiste. Au final, un jeu subtil de piques et d'esquives qui aura délivré, davantage que la vérité des programmes, celle des caractères.

Moi, Président de la République, je ruinerai la France,

Voici ce que n'a pas dit François Hollande hier. Tout est vrai. Vous pouvez lire les liens pour vérifier les informations données.
Moi, président de la République, je ruinerai la France, comme je l’ai déjà fait avec la Corrèze, dont la dette a explosé au cours de mon mandat.
Moi, président de la République, comme je l’ai fait pendant 10 ans à la tête du PS, je protégerai tous mes amis mis en examen et condamnés par la justice.
Moi, président de la République, je donnerai le droit de vote aux étrangers pour compenser la perte de l’électorat populaire. (Signez la pétition contre le droit de vote des étrangers)
Moi, président de la République, je fermerai les yeux sur les turpitudes sexuelles de DSK, comme je l’ai déjà fait dans le passé (affaire Tristane Banon).
Moi, président de la République, je serai obligé de faires des cadeaux aux 700 imams et à Tariq Ramadan qui ont appelé à voter pour moi. Il faut savoir remercier ses amis.
Moi, président de la République, je régulariserai les clandestins, comme me le demande mes alliés Mélenchon et Joly. Cela fera toujours quelques électeurs socialistes en plus.
Moi, président de la République, je créerai  60 000 postes de fonctionnaires en plus dans l’éducation nationale, même si je n’ai jamais su calculer combien cela coûtait !
Moi, président de la République, je ferai du cynisme une vertu politique, comme mon maître François Mitterrand l’a fait avant moi en roulant tous les Français dans la farine, y compris les électeurs de gauche.
Moi, président de la République, j’irai dire aux dirigeants chinois tout ce que j’ai sur le cœur, mais comme ils ne me recevront pas, comme ils l’ont déjà fait avec mon émissaire Laurent Fabius, je rentrerai bredouille, mais cela m’aura permis de faire une belle balade aux frais des contribuables.
Moi, président de la République, je laisserai mes conseillers en sécurité confortablement installés dans leur gros fauteuil, critiquer les policiers du RAID qui risquent leur vie sur le terrain.
Moi, président de la République, je me présenterai comme le candidat du rassemblement, ce qui ne m’empêchera pas de dire que je n’aime pas les riches, et de laisser mon porte-parole traiter les électeurs du FN de xénophobes.
Moi, président de la République, je me lancerai dans une grande chasse aux sorcières pour mettre au placard tous les hauts-fonctionnaires qui ont travaillé avec la droite, je demanderai également la tête des journalistes de droite, comme Etienne Mougeotte, a qui j'ai refusé une interview.
Enfin, à nous de faire en sorte, que le 6 mai, François Hollande ne soit pas Président de la République.

Duel 

Un débat de crise, après un vote de crise. Toujours tendu, parfois violent. Surplombé par le chômage et le poids de nos dettes. Mais aussi dense, riche en explications, jusqu’au trop-plein de chiffres... Un débat de crise, entre deux candidats de haut niveau. François Hollande, favori des sondages, veut s’affirmer serein, posé, il en devient par moment hésitant. Nicolas Sarkozy, challenger par nature et par situation, est plus pugnace, sinon agressif. Il attaque: «M.Hollande» est un menteur, qui n’est pas à la hauteur. L’autre répond : «Nicolas Sarkozy» est l’homme d’un clan, qui n’assume pas son bilan. Nicolas Sarkozy marque des points en énervant son adversaire, François Hollande en le ramenant à son bilan. Qui a vaincu, qui a perdu ? Ils ont été tous les deux convaincants: leur débat, par la longueur et la dureté même de ses échanges, a démontré combien le vote de dimanche est capital.

Sans concessions 


Pour François Hollande, il s'agissait surtout de ne pas commettre d'erreur. Pour Nicolas Sarkozy, il fallait absolument montrer une très nette supériorité pour faire mentir les sondages, obstinément défavorables.
Y'a-t-il un vainqueur au débat d'hier soir ? Ce sera aux électeurs de le dire. En attendant, cette tardive confrontation a été instructive à plusieurs points de vue.
Sur le style. François Hollande, comme on s'y attendait, effectue une entame assez solennelle, un peu crispée, très droit dans les yeux. Nicolas Sarkozy, tendu sans être agressif, plus mobile, cherchant un peu ses mots, est plus prolixe dans la citation d'exemples, parfois lointains, pour contredire son interlocuteur. Avantage Hollande ?
Sur le bilan. Signe intéressant : alors qu'on attendait que le candidat socialiste soit sur une prudente défensive, c'est lui qui attaque sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais comme on s'y attendait, le Président sortant déclenche une pluie statistique et technique, par exemple pour démontrer l'inutilité du contrat de génération ou pour proposer une compétitivité fondée sur une baisse de coût du travail. Avantage Sarkozy ?
À ce moment du débat, on sent que Nicolas Sarkozy a décidé de passer la vitesse supérieure. On le sait incollable sur les chiffres et sur ses dossiers. Mais François Hollande fait preuve d'un répondant que son interlocuteur peine à dépasser. Nicolas Sarkozy est plus convaincant quand il reproche à François Hollande de n'avoir pas voté des dispositions de nature à relancer la compétitivité. Le problème, c'est que les Français attendent sans doute autre chose que des statistiques. Match nul ?
Sur les comptes publics. Pour les rééquilibrer, François Hollande explique avec maîtrise son plan à 90 milliards, dont 40 de prélèvements supplémentaires, supportés essentiellement par les plus aisés. Nicolas Sarkozy s'appuie astucieusement sur la Cour des comptes, présidée par un socialiste, et sur l'héritage de trente-huit ans de déficits cumulés et des effets de la crise.
Mais là où joue l'habileté de François Hollande, c'est quand il pointe le fisc qui fait des chèques aux plus riches, l'accroissement des inégalités ou les suppressions de postes à l'école. Face à des affirmations très parlantes ou à des exemples concrets, les uppercuts de Nicolas Sarkozy peinent à déstabiliser le judoka Hollande, par exemple sur les prélèvements obligatoires.
La confrontation - très rugueuse, notamment sur la gouvernance et les nominations - reste au total équilibrée, sans surprise quant aux promesses et aux arguments développés. Même si Nicolas Sarkozy excelle dans ses démonstrations rationnelles, sur l'Europe par exemple, sur le droit de vote des immigrés, sur le nucléaire, François Hollande se montre redoutable dans l'art de lui opposer des valeurs, une cohérence ou de lui resservir son bilan, ses pratiques ou des engagements passés.
Les « hollandais » auront trouvé François Hollande excellent et, dans son esprit, déjà installé à l'Élysée. Les « sarkozystes » jugeront que Nicolas Sarkozy est le meilleur et reste le plus apte à la fonction. Ce débat, ce bon match nul, avec des protagonistes infatigables après une campagne éreintante, aura pour effet d'ancrer les convaincus de chaque camp dans leurs certitudes. Les indécis arbitreront, en particulier les électeurs de François Bayrou qui doit prendre position aujourd'hui.

Les Français, ces «losers»

Pourquoi un nombre si impressionnant d'électeurs sont-ils séduits par les thèses effrayantes d'une Marine Le Pen ou d'un Jean-Luc Mélenchon? La réponse est peut-être dans la «haine de soi» que développe le pays.

On doit s'inquiéter des conséquences postélectorales d'une campagne si mauvaise. Pourquoi, comme nous le reproche avec raison The Economist, les candidats évitent-ils le sujet essentiel, la réalité de la crise, de l'austérité à venir et du manque de compétitivité du pays? Pourquoi n'exposent-ils pas leur vision des indispensables et profonds changements du modèle économique et social? Les réformes de l'Etat, les coupes dans les dépenses? Les Français préfèrent-ils vraiment qu'on leur parle de la viande halal et du permis de conduire? Sont-ils donc totalement incapables d'entendre un discours de vérité?
Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen aujourd'hui à la Cour des comptes, et l'un des rares Mario Monti français possibles, a une explication lumineuse de ce déni de la réalité. C'est vrai, dit-il, les Français ne veulent pas entendre les candidats dire la vérité. Quand Nicolas Sarkozy a commencé à évoquer la nécessité de s'inspirer du modèle allemand, il a baissé dans les sondages. Sa remontée coïncide avec son abandon des thèmes économiques.

Racontez-nous des histoires

A l'inverse, un nombre impressionnant de nos compatriotes sont attirés par les solutions économiques terrifiantes d'une Marine Le Pen, ou celles de pure nostalgie d'un Jean-Luc Mélenchon. L'une isolerait géographiquement la France, rétrécissement ultranationaliste; l'autre nous isolerait historiquement dans un passé mythique, rétrécissement intellectuel.
Mais pourquoi ça marche? Pourquoi ces sottises trouvent-elles crédit?
A cause d'«une haine de soi», nous dit Bourlanges. «Les Français se sentent losers.» Une majorité redoute la mondialisation, selon un récent sondage de l'institut CSA [PDF] et craint «un déclassement du pays dans le concert des nations». Contre toute vraisemblance, ces sondés voient même le Mexique ou le Nigeria dépasser bientôt la France! Dès lors, cachez cette affreuse réalité du déclin! Parlez-nous d'autre chose. Racontez-nous des histoires, inventez des utopies, présentez-nous des solutions magiques. Et, surtout –la presse adore!– soyez bon tribun!
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Car au fond d'eux-mêmes, nos compatriotes ne sont pas idiots. Ils savent très bien ce qu'il en est de la situation, ils n'ignorent pas que le pays doit donner un gigantesque coup de rein, que la dette impose des efforts et que l'Etat ne peut pas tout. Dès lors, «comme des enfants qui en veulent à leurs parents d'être trop laxistes, poursuit Jean-Louis Bourlanges, ils reprochent aux candidats de leur dire ce qu'ils veulent entendre».
Voilà pourquoi la campagne est si mauvaise: les Français veulent des fadaises, les candidats leur disent des fadaises et les Français leur en veulent de dire des fadaises.
Comment un peuple guérit-il d'une telle haine de soi? On ne sait. Dans ce cas, peut-être faudrait-il faire appel, non pas à un Super Mario Monti, mais au docteur Sigmund, pour écouter les Français et leur faire remonter à la conscience «que, si, ils peuvent y arriver, que la mondialisation n'est pas cette atrocité, au contraire c'est une chance, que l'avenir peut être meilleur, que la France a plein d'atouts, que leurs enfants vivront mieux qu'eux».

Un réveil possible?

Les candidats, eux, ont renoncé à la vérité. C'est grave car ils laissent prospérer le discours économique maladif d'une Le Pen, d'un Mélenchon ou d'un Cheminade, qui dit exactement comme le Front de gauche avec, en plus, la promesse du «Spoutnik pour tous». La presse, qui aime les histoires et les laisse dire, n'est pas non plus exempte de reproches.
Il y a, hélas, deux conséquences possibles à l'issue du scrutin. La première est la profonde dépression du pays. Plongeon morbide. Les éléments de dynamisme qui sont encore là vont fuir à Londres, à Shanghai ou à Melbourne. Croissance zéro, chômage en hausse, la spirale de la déprime ira vite et, mois après mois, elle grossira les voix de la pensée magique. L'autre issue possible est la violence. Nicolas Sarkozy réélu risque de voir le combat contre lui se déplacer dans la rue. Haine de soi, haine de lui. François Hollande n'a pas l'avenir plus rose. Il n'aura pas à choisir entre la Bastille et la City. La dette a voté: ce sera la City. Il devra imposer à son puissant allié d'extrême gauche d'aller dans le sens churchillien, à l'opposé des fadaises. Ça se passera mal.
On exagère? Espérons-le. Peut-être que les Français aiment tout simplement rêver pendant les élections. Ensuite, ils se réveillent et se secouent. C'est possible. Après tout, ils ne sont pas tous si losers.

Grèce: la percée d'Aube dorée, reflet du crépuscule des partis

La possible entrée au Parlement du parti d'extrême droite à l'occasion des législatives du 6 mai a été facilité par le populisme décomplexé du reste de l'échiquier politique grec.
La Grèce se prépare pour les élections législatives du dimanche 6 mai, les premières depuis le déclenchement de la crise économique la plus forte de l’histoire du pays, qui s'est traduite par 17,4% de baisse du PIB depuis 2009 et un taux de chômage de 20%. L’enjeu est immense: quel parti politique peut gérer l’application des nouvelles mesures consécutives à l’accord entre le pays et ses partenaires-créditeurs? Comment va-t-on sauver la place de la Grèce dans la zone euro? Et surtout, est-ce que le résultat de ces élections pourra aboutir à la formation d'un gouvernement viable?

Mais pourtant, c’est un autre débat qui risque de monopoliser toute la presse européenne au lendemain des élections. La une des journaux devrait ressembler à cela: «Comment est-ce possible?», «Comment en sommes-nous arrivés là?», «Que se passe-t-il vraiment en Europe?». A quel sujet? L’entrée triomphante au parlement grec de l’Aube dorée (Chryssi Avgi), parti d’extrême droite qui se revendique nationaliste et s’inscrit en réalité dans la mouvance néonazie. Et dont le journal se félicitait, le 25 avril, du bon score de Marine Le Pen en France sous le titre «Triomphe de Le Pen et du Front national aux élections, ils en ont peur en Grèce aussi».
Depuis qu'il a commencé à percer dans les sondages, il y a quelques mois, il essaye de maquiller sa vraie identité au grand public car, en Grèce, la mémoire des événements de la Seconde Guerre mondiale est toujours vivante, et la forte résistance que les nazis ont dû essuyer pendant leur «séjour» dans le pays reste une fierté nationale. Et donc un obstacle électoral.
Mais le passé récent de l’Aube Dorée laisse des traces. Comme la une de leur magazine du mois de juin 2007, qui ne semblait pas trop hostile à Adolf Hitler…
Ou le salut nazi que le leader du parti a fait devant les caméras pendant une réunion du conseil municipal de la ville d’Athènes en 2009, habitude que ses militants ont appris aussi à pratiquer devant lui.
Sans oublier les attaques au couteau sur des immigrés dans la rue ou les altercations violentes avec des groupes d’extrême gauche. Le numéro deux du parti se trouve d’ailleurs emprisonné pour coups et blessures et tentative de meurtre contre un jeune étudiant, militant d’un parti de la gauche radicale.

Toujours considéré comme un groupuscule

Les sondeurs grecs sont unanimes: «Sauf coup de théâtre et surprise générale, ils feront partie du prochain Parlement. Ils sont crédités de 4% à 6% de votes», alors que la loi électorale prévoit un minimum de 3% du total national des voix pour permettre à un parti de gagner des sièges à l’Assemblée nationale. L’étonnement, même du côté des sondeurs, est grand, car Aube dorée a toujours été considéré comme un groupuscule d’une centaine de personnes et de quelques centaines de sympathisants. Et ses scores électoraux se mesuraient en milliers de voix dans tout le pays (0,29% en 2009).
C’est la crise qui a tout en changé. En 2009, la Grèce n’a plus accès aux marchés pour emprunter. La violence de la récession et la cure d’austérité imposée sont telles —taux de chômage officiel des jeunes de 50%, baisse moyenne des salaires de 22%, un million de chômeurs enregistrés sur une population de onze millions— que la quasi-totalité des Grecs désigne les politiques comme fautifs de la crise qui ronge le pays.
Scandales et corruption ont gangrené l’actualité politique pendant les années précédentes. Les hommes politiques des deux partis ayant gouverné le pays les 30 dernières années (les socialistes du Pasok et le parti de centre-droit Néa Dimokratia) deviennent persona non grata, à tort ou à raison, qu’ils aient été mêlés à des scandales ou pas.
Le chef historique et fondateur de l’Aube Dorée, Nikos Michaloliakos, qui fait preuve d’un flair politique assez développé, est un des premiers à comprendre le climat qui s’installe au sein de la population grecque et décide de se présenter aux élections municipales de 2010 à Athènes. Il réalise un score record avec 5% des voix (et près de 20% dans les quartiers délabrés et défavorisés du centre de la ville) et siège depuis au conseil municipal.

Afflux incontrôlé d'immigrés

À part la crise économique, qui a fait émerger tous les problèmes structurels de l’économie et produit des centaines de milliers de précaires, le pays se trouve face à un autre problème depuis quelques années: l’afflux incontrôlé d’immigrés, notamment en provenance d'Asie, qui doivent passer par la Grèce pour aller en Europe.
L’écrasante majorité de ces immigrés n’a pas comme destination la Grèce, mais les réglementations européennes et les traités obligent le pays d’entrée à bloquer le flux vers les autres pays européens… D'autre par, les gouvernements grecs de ces dernières années n’ont suivi aucune politique globale sur le sujet, ni sur la protection des frontières extérieures, ni sur la manière de gérer ce flux migratoire énorme par rapport à la population locale.
Des centaines de milliers de pauvres immigrés sont donc «coincés» à Athènes, sans travail, sans papiers et dans un contexte de crise qui aggrave de manière dramatique leur situation. L’insécurité et la précarité explosent, certains quartiers populaires du centre de la capitale deviennent des ghettos où la prostitution, le trafic de drogue et la délinquance règnent. Les habitants grecs de ces quartiers populaires abandonnés par l’État s’en vont, pour la plupart, mais certains restent, n’ayant pas les moyens de déménager ailleurs.

Actions commando dans les quartiers

C’est là que Michaloliakos saute sur l’occasion et touche le jackpot. L’Aube dorée commence à s’attaquer au problème de l’immigration en utilisant la rhétorique de tous les partis d’extrême droite européens: «La Grèce aux Grecs», «Dehors les étrangers».... Les militants sont quotidiennement sur le terrain, mènent des actions commando envers les passants «bronzés», comme ils les appellent, et organisent des manifestations dans les quartiers les plus défavorisés. Les électeurs de ces quartiers se sentent complètement abandonnés par «les politiciens», comme ils le disent souvent aux caméras des chaînes de télévision: grâce à eux, l’Aube dorée n’est plus un groupuscule, mais devient partie intégrante de l’échiquier politique grec.
La confusion de l’électorat, qui pousse une partie de celui-ci à voter pour un parti d’extrême droite néonazi, ne peut être expliquée que par la crise économique et la peur cultivée par les partis d’extrême droite (à part l’Aube Dorée, le LAOS, qui siège déjà au Parlement, est crédité de 3 à 4% dans les sondages). Les médias grecs et les partis politiques, de droite comme de gauche, y ont joué un rôle.
Pour repousser leurs responsabilités sur le déclenchement de la crise, ils ont utilisé une rhétorique et des méthodes de communication souvent démagogiques, voire même populistes. Pendant que les leaders des deux grands partis jouaient la carte pro-européenne des réformes et des accords avec les partenaires de l'Union, certains des élus et cadres de leur partis jouaient la carte du double langage en glissant des phrases telles que «Les Allemands veulent nous voler nos terres», «C’est eux qui nous doivent de l’argent depuis la Seconde Guerre mondiale, pas nous», «N’oublions pas ce qui s’est passé en 1940-45»...

Papandréou a «dépassé Pinochet»

Les partis de l’opposition de gauche ont aussi utilisé une rhétorique extrêmement violente. Le leader du parti radical de Gauche (Syriza, crédité de 10% par les sondages), Alexis Tsipras, a déclaré en mai 2011 que le Premier ministre de l'époque Georges Papandréou avait «dépassé Pinochet ». Il a été aussi le seul leader des partis du Parlement à ne pas condamner clairement les séquestrations et attaques à l’égard d’élus ou de ministres. Un phénomène devenu sport national en Grèce depuis le début de la crise.
Même quand des membres de son parti ont été repérés dans des actions, non-violentes il est vrai mais à la limite de la séquestration, envers des ministres et des parlementaires dans des restaurants ou ailleurs, Alexis Tsipras a toujours refusé de les dénoncer. Ces pratiques, comme les visites-surprise dans des meetings d’un élu d’un autre parti, ou les manifestations «improvisées» (avec une bâche et un mégaphone…) devant un restaurant où un ministre déjeune avec des œufs et des yaourts qui «accidentellement» s'écrasent sur la vitrine, n’étaient jamais cautionnées par les partis de gauche ou de droite en Grèce jusqu'à présent. Seulement par l’extrême droite, et cela quelques décennies auparavant, avant la dictature des colonels…
La plupart des médias ont très volontairement suivi et joué le jeu de la démagogie, du populisme et de l’antigermanisme. Eux et les partis politiques n’ont pas vu venir le revers de la médaille : au moment du vote, l’électeur, qu’il soit idéologiquement d’extrême droite, jeune chômeur désespéré ou vieille retraitée du centre d’Athènes qui s’est fait voler trois fois son sac à main dans la rue, va préférer voter pour l'original que pour la mauvaise copie du populiste-extrémiste.
Surtout quand ce discours, et ces méthodes d’action, ne sont plus tabous car il en entend des parcelles à la télévision dans la bouche de journalistes et commentateurs «respectables» et de certains députés de tous les partis du Parlement… Les médias ont beau boycotter l’Aube Dorée pendant la campagne, les partis s’alarmer et lancer des appels à ne pas voter pour lui, leurs responsabilités dans sa percée électorale sont immenses. Il n’y a pas 10% des Grecs qui sont d’extrême droite ou néonazis, ça se saurait…

Les liaisons dangereuses de Mediapart avec le parti socialiste

Mediapart est-il l’archétype du média indépendant que tente de nous vendre Edwy Plenel ? Alors que le site d’information a publié à  trois jours du second tour (par pure coïncidence) un document prétendant que la campagne de Nicolas Sarkozy avait été financée par Mouammar Kadhafi, le pedigree des fondateurs et financiers du site posent un certain nombre de questions.

Comment Edwy Plenel, le fondateur et patron du site, peut-il professer son indépendance alors qu’il déclare sans ambages son anti-sarkozysme et son désir de le voir quitter le pouvoir ? Comment Edwy Plenel peut-il jouer la comédie de l’indépendance alors qu’il assistait aux meetings de Ségolène Royal en 2007 ? Comment Edwy Plenel a-t-il l’audace de se dire neutre quand on sait qu’il a co-écrit un livre avec François Hollande ?
Mais si la proximité inquiétante d’Edwy Plenel avec la gauche et le parti socialiste est connue de longue date, on réalise que les liaisons dangereuses de Mediapart et du Parti socialiste ne s’arrêtent pas au fondateur du site. Loin s’en faut. La quasi-totalité des financiers du site, mais aussi des « amis de Mediapart » (l’association de soutien du site) ont eu à un moment ou l’autre maille à partir avec le PS.
Parmi les principaux actionnaires de Mediapart, on retrouve comme par hasard, Godefroy Beauvallet, un ancien membre du cabinet de Michel Sapin… le plus proche conseiller de François Hollande. Coïncidence ? Hasard ? Poursuivons…
Le président de la société des amis de Mediapart n’est autre que Michel Broué, un ancien trotskyste qui est un très proche de Lionel Jospin et qui a été par la suite et pendant de nombreuses années un militant socialiste. Il a pris une part active aux campagnes présidentielles de Lionel Jospin de 1995 et 2002.
Du côté des financiers de Mediapart, on retrouve quelques noms que les plus naïfs seront sans doute surpris de retrouver chez Mediapart. Notamment Xavier Niel, le milliardaire ultra-libéral et patron de Free, mais aussi Maurice Lévy (l’homme au bonus de 16 millions d’euros).

« J’ose » : ce Fouquet’s de gauche que taisent les médias

Les médias ont beau nous rabattre les oreilles depuis cinq ans sur la soirée du Fouquet’s et en faire le pêché originel du Sarkozysme, ils se montrent beaucoup plus discrets quand il s’agit de couvrir le scandale de la soirée du « J’ose », où la fine fleure du parti socialiste a trinqué au champagne dans un ancien sex-shop en compagnie de Dominique Strauss-Kahn.

Obsedum sexualis
« Vous prendrez bien un Préliminaire avant votre Orgasme »… Jusqu’à récemment, c’est par ce genre de phrases racoleuses que les serveuses du « J’ose », restaurant branché de la rue Saint-Denis (haut-lieu de la prostitution parisienne) présentait leur menu très chaud. Et c’est dans ce lieu interlope que Manuel Valls et Pierre Moscovici ont taillé la bavette avec un DSK tout sourire.
Seule Ségolène Royal a eu la dignité de s’éclipser en apprenant que « le satyre du Sofitel » était au nombre des convives. Les autres éléphants socialistes n’ont rien trouvé à redire à la présence d’une personnalité politique poursuivie pour viol et proxénétisme aggravé en France et aux Etats-Unis.
Les médias non plus d’ailleurs. Eux qui s’érigeaient encore récemment en témoin de morale pour dénoncer le bling-bling sarkozyen et en répétant ad nauseam les détails de la soirée du Fouquet’s, considèrent en revanche que la soirée des socialistes au « J’ose » est du ressort privé.
Pas grave si le directeur de campagne et le directeur de la communication de François Hollande ont passé une partie de la soirée à siroter du champagne en présence de Dominique Strauss-Kahn. Espérons seulement que l’ancien chouchou du parti socialiste n’a pas croisé au retour la route d’une prostituée… euh pardon… d’une libertine pour reprendre sa terminologie.

Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy


Barrant la vue aux trois quarts des participants au défilé de Jeanne d’Arc du Front national, un immense praticable pris d’assaut par des dizaines de photographes de presse, flanqué de multiples camions de régie, donnait mardi matin au discours de Marine Le Pen sa tonalité avant tout médiatique. Oui, avec ses 17,9 % au premier tour, elle est l’arbitre de l’élection de dimanche.
« C’est à l’aune du mépris » de la droite comme de la gauche « que j’ai fait mon choix. Chacun d’entre vous, chacun d’entre nous fera le sien. (…) C’est de notre avenir commun dont nous parlons, vous êtes des citoyens libres et vous voterez selon votre conscience, librement ! » Marine Le Pen, sans surprise, a annoncé à titre personnel : « Je n’accorderai ni confiance ni mandat à ces deux candidats (…) Dimanche, je voterai blanc. » Et en juin, aux législatives, « bleu marine », a-t-elle ajouté, triomphale.
Il n’y a donc pas de consigne officielle de vote, mais une incitation indéniable à ne pas barrer la route à François Hollande. D’autant que le discours, axé sur « l’extraordinaire réussite » des près de18 % de suffrages portés sur Marine annonce, a-t-elle dit, l’explosion du « bipartisme siamois patiemment construit » : « Il n’y a plus de droite ni gauche. Ces deux faces du même système sont en train de se disqualifier, l’UMP aujourd’hui, le PS dans quelques mois (…) Nous sommes le rassemblement national, nous sommes le parti de la réconciliation de tous les Français ! »
L’essentiel de sa critique s’est d’ailleurs porté sur Nicolas Sarkozy, dont le discours actuel ne saurait faire oublier le bilan dont Marine a détaillé avec justesse et vigueur tous les aspects négatifs, à commencer par la trahison du résultat du référendum français sur l’Europe. Sarkozy ou Hollande, c’est pareil, dit-elle : « Le 6 mai, ce ne sera pas un président qui sera élu, c’est un simple employé de la BCE, un sous-gouverneur des finances de Bruxelles, chargé d’appliquer les décisions de la Commission, et sans discuter encore, avec, permettez-moi, compte rendu régulier à l’Allemagne de Mme Merkel. »
Les avis des électeurs de Marine Le Pen n’en sont pas moins partagés, à en juger d’après les avis de personnes présentes à l’Opéra mardi matin : les uns s’abstiendront ou voteront blanc dimanche, d’autres voteront Hollande avec l’idée de faire « exploser le système », d’autres encore, plus nombreux m’a-t-il semblé, ont exprimé leur soulagement devant le refus de Marine Le Pen de donner une consigne de vote claire et feront tout pour « barrer la route à Hollande ».
Ils ne s’apprêtent pas à voter « pour » Sarkozy, mais pour éliminer celui qui promet le vote des immigrés pour 2013, le « mariage » et l’adoption homosexuels, une forme de suicide assisté, l’avortement remboursé à 100 %, l’école obligatoire à trois ans, la retraite à 60 ans et le recrutement de nouveaux fonctionnaires… Ce sont les promesses les plus « sociétales » – et les moins onéreuses pour le budget de l’Etat – qui pourront être réalisées les premières. Et cela fait une vraie différence avec Sarkozy. Marine Le Pen a balayé cela en affirmant qu’avec Nicolas Sarkozy cela arrivera de toute façon tôt ou tard.
Il n’empêche : en démarrant son discours avec une citation de Jean-Jacques Rousseau – « Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe » – et en multipliant les références à ce « peuple » sacralisé, en expliquant que le FN a pour « grande mission » son « émancipation », elle s’est une nouvelle fois inscrite dans la tradition révolutionnaire. De même lorsqu’elle a appelé de ses vœux « la République laïque et sociale » que le FN veut construire, avec ce « peuple » qui n’accepte pas d’autre souveraineté que la sienne.
Paradoxalement – et sans être dupe de son discours et de ses promesses – Nicolas Sarkozy, qui a rassemblé au Trocadéro des dizaines de milliers de personnes, a tenu (par moments !) un langage qui semblait plus proche de celui de… Jean-Marie Le Pen. Avec des formules qui frappent pour dénoncer la lutte des classes, le syndicalisme partisan, « le socialisme ! » en un mot. « Je le dis aux syndicats : posez le drapeau rouge et servez la France ! » Avec les mots de Lamartine : « Le drapeau rouge n’a jamais fait que le tour du Champ-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 1791 et 1793, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. » Les applaudissements, les vagues bleu-blanc-rouge n’ont jamais été aussi forts que pour saluer ces mots : « Nous avons reçu de nos parents comme un trésor des territoires où se dressent partout des cathédrales et des églises. Personne ne nous interdira de revendiquer nos racines chrétiennes ! »
Scandaleux de la part de celui qui a bradé la France à Bruxelles ? Effort de « marketing » ? Opportuniste ? Oui, oui et encore oui. Mais que ce langage soit aujourd’hui celui que veulent entendre les Français, c’est inouï, inespéré… et, à condition de relever le défi, exploitable.

mercredi 2 mai 2012

Hollande / Sarkozy : le match des copinages médiatiques

La presse peut-elle faire une élection ? Alors que les relations de Nicolas Sarkozy avec les propriétaires de groupes de presse ont souvent été montrées du doigt, qu'en est-il des liens entre François Hollande et les médias ? 

Nicolas Sarkozy va perdre l’élection notamment parce qu’il a perdu la guerre de l’image. Dans l’esprit de bien des Français, il est aujourd’hui « le bad boy, le bling-bling, l’ami des riches et des puissants, en particulier des patrons des médias : Lagardère, Bouygues, Dassault…»  Bref, il est le Berlusconi français qui menace la liberté d’information. Raison supplémentaire, s’il en fallait une, de voter François Hollande, garant lui de la liberté des médias. On l’a dit aux Français, on leur a répété, et même matraqué ce message. Il est donc finalement ancré dans les esprits. C’était bien là l’objectif de tant de journalistes pour qui la priorité n’est plus d’informer sur la réalité, ou d’initier des débats contradictoires, mais de contribuer avant toute chose à battre Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy proche des médias, et pas François Hollande ? Simplement inexact si on regarde les faits. Oui, Nicolas Sarkozy est plus proche de Serge Dassault et du Figaro que François Hollande, rien de nouveau sous le soleil de ce côté-là.  Martin Bouygues ?  L’essentiel de la présence de son groupe dans les médias se résume à TF1, vendue en 1986 par François Mitterrand. Rien de nouveau là non plus. Arnaud Lagardère ? Il s’est récemment désengagé du groupe Le Monde, et n’est même plus le principal actionnaire de son propre groupe, désormais davantage entre les mains d’investisseurs du Qatar.
Mais la réalité est que le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura été marqué par 3 évolutions majeures en matière de presse, qui toutes témoignent d’une collusion croissante entre dirigeants des principaux médias et la garde rapprochée du candidat Hollande :
- Premièrement, le principal quotidien d’information, Le Monde, a été vendu à un trio présenté comme « indépendant », composé d’un milliardaire, du mécène privé de la précédente candidate socialiste aux élections présidentielles (Pierre Bergé) et de Matthieu Pigasse patron d’une des plus puissantes banques d’affaires, membre du PS, ancien conseiller technique du cabinet de DSK et ancien directeur adjoint du cabinet de Laurent Fabius au Ministère des Finances. Pour réussir son opération de prise de contrôle de ce journal, Matthieu Pigasse a été soutenu par Louis Schweitzer, qui en était alors président du conseil de Surveillance, lui aussi ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon, patron le plus payé de France en 2006 selon le classement de Capital.  Socialiste, patron et « cupide », selon le propre mot de Sophie Coignard dans « L’oligarchie des incapables » ? Mais, non, puisqu’on vous dit que c’est le monopole de Sarkozy, voyons… 
Un parti pris médiatique qui permet au candidat Hollande de déjeuner en toute quiétude,  en pleine campagne présidentielle, avec Pierre Bergé, autre co-propriétaire du Monde, chez Laurent, l’un des restaurants les plus chers de Paris, sans que la presse bien-pensante s’en émeuve, toute occupée à ressasser ad nauseam son indignation de l’épisode Fouquet’s de Sarkozy, président coupable depuis cinq ans, à ses yeux, de « croire être arrivé, alors qu’il n’est en fait que parvenu », pour reprendre un mot de Jacques Séguéla.
A noter que ce même Matthieu Pigasse, qui ne cache pas vouloir faire une carrière politique au plus haut niveau, est dans le même quinquennat devenu le patron propriétaire de l’hebdomadaire Les Inrockuptibles, dont la nouvelle formule fut lancée en 2010 en présence de Laurent Fabius. Ce journal « indépendant », organisateur du concert place de La Bastille, anniversaire des 30 ans d’élection de François Mitterrand, révèle comme par hasard dans ses colonnes cette semaine, juste avant le second tour, un "deal secret" Sarkozy-Kadhafi qui daterait de 2007. On comprend qu’avec de tels proches déjà en place, plus la bénédiction de rédactions politiquement homogènes où il est le plus souvent inavouable de préférer voter Sarkozy à Hollande, François Hollande puisse se dispenser de toute intervention personnelle.
- Deuxièmement, dans le même temps, un autre énarque, également ancien conseiller du Ministre socialiste des Finances, et ancienne plume de Laurent Fabius, Denis Olivennes, a pris la direction du Nouvel Observateur pendant près de 3 ans, avant de partir prendre l’actuelle direction du pôle Médias de Lagardère : Europe 1, Paris Match, le JDD, …, après l’échec de sa tentative de rachat du Monde.
Il fut alors remplacé à la tête du Nouvel Observateur par un autre membre comme lui du think tank socialiste « En temps réel » :  le bien connu Laurent Joffrin, directeur pour la troisième fois de cette rédaction qu’il dirigeait déjà en 1988, il y a 23 ans, ce qui relativise le caractère « nouveau » du dit observateur…
- Enfin, Nicolas Sarkozy a inondé la presse de subventions depuis son arrivée au pouvoir, en créant plus de 600 millions de subventions supplémentaires pour une profession déjà gavée de cette « soupe aux sous ».  Il a naïvement cru que sa main serait moins violemment mordue par ceux qu’elle avait grassement nourris. Grave erreur. La détestation dont il fait l’objet dans tant de rédactions de quotidiens et d’hebdomadaires est telle qu’elle exclut toute forme de gratitude. Et la presse est de surcroît confiante d’obtenir au moins autant de cadeaux de François Hollande, à l’image du récent projet de loi adopté par les sénateurs socialistes, qui, au moment où la TVA augmente pour tous les autres français, prévoit d’abaisser celle de la presse Internet de 19,6% à … 2,1%,  pour l’aligner sur celle des privilégiés de la presse papier !
Pour mémoire, François Hollande est l’élu d’une primaire organisée conjointement par son « représentant spécial » Arnaud Montebourg et par le think tank socialiste Terra Nova dont la responsable du groupe Média n’est autre qu’Audrey Pulvar, devenue conjointe de ce probable futur ministre. Terra Nova, principal groupe d’influence socialiste, qui qualifie de « partenaire » le site Médiapart qui lui donne libre accès pour publier ses opinions de lobbyiste, en sa qualité de « rédacteur en chef de l’édition participative », tout comme le quotidien Libération qui lui sous-traite intégralement deux pages « Rebond » chaque mois.
Dans ce contexte, continuer à faire croire que les médias sont proches de Nicolas Sarkozy, mais pas de François Hollande, c’est continuer à prendre les électeurs pour des imbéciles, c'est-à-dire alimenter le terreau des votes d’écœurement. Ce n’est pas un hasard si les deux candidats qui ont le plus sévèrement dénoncé ces rapports incestueux entre médias et pouvoir, gauche et droite confondues, ont fait les deux plus gros scores au premier tour (Front de Gauche et Front National) face aux deux partis dominants traditionnels (PS et UMP). Un message à entendre, au lieu de débattre stérilement de l’éventuel remplacement d’Etienne Mougeotte par Franz-Olivier Giesbert ou un autre, au lendemain de la victoire annoncée de François Hollande.