vendredi 4 mai 2012
Angela Merkel boutée par les urnes ?
France, Grèce, Pays-Bas, Allemagne : les cinq scrutins qui vont avoir lieu en Europe sont très différents. Mais tous pourraient livrer un verdict sur la politique d’Angela Merkel face à la crise qui affaiblirait la chancelière.
Les cinq élections à venir vont transformer le pays en profondeur.
Tout d’abord, les deux élections régionales qui vont avoir lieu dans le
Nord et l’Ouest de la République fédérale [dans le Schleswig-Holstein
le 6, et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie le 13 mai] diront si celle qui
est aujourd’hui le dirigeant allemand le plus apprécié, et le dirigeant
européen le plus puissant, a encore une chance de conserver les rênes
du pouvoir.
Critique de la politique de rigueur
Mais la politique européenne d’Angela Merkel ne sera pas uniquement soumise à la loi des urnes en Grèce. Elle le sera également en France. Au fil de sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy s’est largement éloigné de ce qui avait été convenu avec la chancelière au temps béni de l’osmose franco-allemande, il y a quelques mois. A moins qu’il ne s’agisse de simples effets de manches. Il faut l’espérer.Du côté de François Hollande, son adversaire dans la présidentielle et favori du scrutin, l’effet de manches est moins probable, notamment parce qu’il est allé beaucoup plus loin dans sa critique de la politique de rigueur allemande. Quand bien même il ne réaliserait que la moitié de ce qu’il a consenti en promesses dispendieuses, cela suffirait à déclencher quelques vagues qui viendront malmener la fragile carcasse européenne. Or les vagues, certains acteurs de la Bourse n’attendent que cela.
Le cinquième scrutin qui aura une grande incidence sur la politique allemande et européenne se déroule également à "l'étranger" – aux Pays-Bas. La coalition chrétienne-libérale y avait été tolérée par le populiste Geert Wilders et vient d’échouer sous la pression des impératifs de réduction de la dette. Les prochaines élections, qui se tiendront au sortir de la trêve estivale, décideront également du sort politique du chef du gouvernement, Mark Rutte, l’homme qui s’est avéré l’un des partenaires les plus fiables et les plus efficaces de la chancelière allemande sur les sujets de politique européenne.
Sur place, l’enjeu est plus vaste encore. S’il avait jusque-là surtout orienté sa politique de haine contre les musulmans, Geert Wilders la redirige désormais peu à peu vers une ligne antieuropéenne. S’il devait payer, un tel revirement risquerait de favoriser l’essor des populistes europhobes sur l’ensemble du continent. D’autant que, pour faire le lien avec la France, Marine Le Pen semble avoir un objectif précis en cas de défaite de Nicolas Sarkozy : diviser l’UMP et annexer son aile droite. Ce qui risquerait d’étendre la dynamique antieuropéenne au centre de l’échiquier politique.
Répercussions au-delà des frontières
Difficile de savoir si les élections en France et aux Pays-Bas finiront également par déboucher sur la fondation d’un nouveau parti de droite en Allemagne. Jusqu’à présent, le pays est parvenu avec un certain succès à étouffer dans l’œuf toute velléité de cet ordre. Reste à savoir ce qui se passera en cas de victoires de la droite chez nos voisins occidentaux.Une chose est sûre à la veille de ces cinq élections : les scrutins qui ont lieu en Europe, et plus particulièrement chez nos voisins immédiats, sont aujourd’hui au moins aussi importants qu’une élection dans un Land allemand – même le plus vaste. Compte tenu de l’ampleur des répercussions de ces scrutins par-delà les frontières, on pourrait théoriquement se poser la question de savoir pourquoi les électeurs allemands ne seraient pas autorisés à participer – ne serait-ce qu’un peu, à hauteur d’une voix sur cinq, par exemple – aux scrutins néerlandais et français. Et vice-versa, bien entendu.
Une autre bizarrerie saute aux yeux : même si elle fait figure de femme forte de l’Europe, Angela Merkel ne serait sans doute pas élue présidente de l’UE par les Européens. Si elle était élue directement par le peuple allemand, elle recueillerait la majorité des suffrages. Du fait des impératifs particuliers qui prévalent en Allemagne du fait de la coalition en place, elle pourrait, en dépit de sa popularité et des aléas de la vie politique, se voir bientôt dépossédée de son pouvoir. En d’autres termes : Angela Merkel cornaque une Europe qui ne peut pas la blackbouler, et sera peut-être involontairement évincée du pouvoir par des Allemands qui n’ont au fond aucune envie de la voir partir.
Tout cela est du point de vue de la légitimité démocratique pour le moins tordu, pour ne pas dire complètement absurde. Mais cela n’en reste pas moins passionnant.
Bref, circulez, le monde peut attendre. C'est sur l'économie qu'on gagne une élection, pas sur la diplomatie. Et peu importe, diront les pragmatiques de la machine électorale, si c'est là l'un des deux grands domaines réservés de l'homme que tout un pays, justement, doit choisir ce dimanche.
Concernant plus strictement les questions européennes, le climat, mercredi soir, était toutefois différent, plus étrange. Bien sûr, on a beaucoup entendu parler de l'Allemagne, « le » bon élève, l'un vantant sa compétitivité, l'autre sa concertation sociale. On a entendu l'Espagne citée en exemple à ne pas suivre. Mais, au bout du compte, peu de choses sur les grandes questions du moment, sur la stratégie pour sortir de la crise de l'euro. Comme si l'Europe, sujet tabou pour tout candidat soucieux de ne pas froisser les extrêmes (ni ses propres troupes eurosceptiques), était à la fois omniprésente (et pour cause : notre économie en dépend) et curieusement absente en tant que telle.
Dès lundi matin, pourtant, ce sera le sujet de préoccupation numéro 1 du nouvel élu, quel qu'il soit. La crise n'est pas derrière nous et, depuis trois ans, on ne cesse de revenir au défi essentiel auquel est confrontée l'Europe : se relancer ou s'exposer à son éclatement. Les déclinaisons sociales, économiques et politiques de cette crise sont de plus en plus évidentes à travers le continent. La perte de crédibilité des partis traditionnels et la montée des extrémismes sont des signaux désormais récurrents. Le chômage des jeunes est une plaie qui s'étend.
En outre, si la fracture Est-Ouest a pu accompagner la construction européenne dès sa naissance après-guerre, la vraie frontière, très insidieuse, qui est en train de se dresser, est une frontière Nord-Sud, forgée par l'austérité et la récession. Plus on tarde à y répondre et plus l'écart de compétitivité, déjà important, se creuse entre la Méditerranée et la mer du Nord.
C'est la raison pour laquelle de nombreuses voix, même chez les spéculateurs les plus pragmatiques, évoquent la nécessité de faire faire à l'Union européenne un saut fédéral afin que l'euro cesse d'être une proie facile pour les marchés et devienne un instrument monétaire au service d'une vision politique. Cela implique un renouveau du couple franco-allemand, un débat sur le rôle de la BCE, sur la gouvernance économique, sur la façon de réintroduire le principe de solidarité, sur la validation démocratique de l'édifice européen. Ces débats peuvent paraître abstraits, ils ne le sont pas. En tous les cas, pas plus que l'avalanche de chiffres de l'autre soir. Car sans une action collective et concertée des Européens, il sera difficile à quiconque de trouver la recette miracle dont rêvent les deux candidats : allier la rigueur et la croissance.
La gauche : un peuple sans idéologie
Bayrou votera pour Hollande au second tour
Le président du MoDem justifie sa position par «la course à
l'extrême-droite» à laquelle s'est livrée Nicolas Sarkozy entre les deux
tours, mais il refuse toutefois de donner «une consigne de vote
générale».
Cyril Chadé, membre du conseil national et militant dans le Rhône, a salué «un instant historique». «C'est la logique de l'indépendance du centre. Jamais nous ne serons inféodés à la droite», a-t-il poursuivi. Florence Bistagne, élue MoDem de Marseille, a évoqué «une vraie rupture historique avec vingt ans de centrisme».
«On a gagné», a écrit sur son compte Twitter Sophie Goy, responsable du MoDem à Marseille, favorable, comme Jean-Luc Bennahmias ou Christophe Madrolle, au soutien à François Hollande.
Vote blanc en 2007
Lors d'une réunion du comité stratégique, jeudi matin à huis clos, les quelque vingt-cinq membres sur quarante avaient demandé à François Bayrou, à la «quasi-unanimité» selon l'un d'eux, de «prendre une position nette». En 2007, l'ancien troisième homme de la présidentielle avait refusé de rendre un avis tranché. Et avait juste indiqué qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy. Bien plus tard, il confiera avoir alors voté blanc.Mercredi soir, pourtant, François Bayrou semblait se diriger vers une «non-consigne de vote», accompagnée d'un «jugement personnel» sur «les forces et faiblesses» des deux finalistes de la présidentielle. Mais voilà! Après le discours de Toulouse de Nicolas Sarkozy sur les frontières, ou encore après l'appel du pied de son ministre de la Défense Gérard Longuet en direction du Front national, de très nombreux militants centristes ont fait remonter leur «trouble» auprès du siège.
Jeudi matin, dans une tribune au quotidien Le Monde, l'ex-ministre Philippe Douste-Blazy, cofondateur de l'UMP qui soutenait François Bayrou au premier tour, expliquait pourquoi il ne voterait pas pour le président sortant: «Ce que je reproche à Nicolas Sarkozy, c'est d'abîmer l'idée de frontière et de proposer aux générations futures comme idéal une porte blindée car, à l'opposé de lui, je pense que le propre d'un homme politique est d'aider son peuple à embrasser de nouvelles frontières.»
Tout au long de la journée, selon des témoins, François Bayrou a écouté les intervenants, «sans préciser son opinion». Une piste évoquée, racontait un élu, était qu'il «appelle finalement à voter pour François Hollande tout en se déclarant premier opposant du même». Un «titre» dont le président du MoDem s'était déjà honoré en 2009 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Jeudi, il a assuré n'avoir mené aucune négociation avec personne et affirmé que le MoDem ne siégerait pas dans le prochain gouvernement.
Débat : le New York Times souligne le « mépris » de Hollande
Dans un article consacré au débat présidentiel français, le journal américain New
York Times s’étonne des mauvaises manières de François Hollande, qui
n’a cessé de couper la parole à Nicolas Sarkozy et qui a fait preuve de
« mépris ». On est loin de l’analyse des journalistes socialistes de Libé, de Mediapart et du Nouvel Obs…
Contrairement aux journalistes français, aveuglés par leur
militantisme, les observateurs américains ont vu un enfant mal élevé
agresser un président de la république et lui manquer de respect.
De l’agressivité mal placée, un refus de débattre des vraies questions, des attaques à répétition pour éviter d’aborder son propre bilan catastrophique et le mépris socialiste de ceux qui se pensent meilleurs et qui ont déjà gagné. Voilà les ingrédients du débat retenus par les observateurs extérieurs.
Le New York Times revient ensuite sur le fond du débat et explique comment Sarkozy a mouché François Hollande sur la dette. L’article reprend la phrase du président « c’est une erreur de 100 millions que vous faites. Cela montre votre incompétence ». Pour les journalistes du New York Times, « le débat a continué, mais monsieur Sarkozy avait raison ». On ne peut être plus clair ! Pour rappelle, le New York Times est un journal plutôt démocrate (de gauche), dont le sérieux et la rigueur journalistique (contrairement à la presse française) sont salués sur l’ensemble de la planète !
On voit donc bien que François Hollande s’est couvert de ridicule à l’international et a prouvé qu’il n’avait pas les compétences requises pour un débat sous tension. On voit surtout l’écart incommensurable, que l’on constate depuis le début de la campagne, entre le traitement engagé, presque militant, des journalistes français en faveur de François Hollande, et la vérité décrite par les analystes extérieurs qui ont un peu de recul !
Français, soyez prêts à vivre 5 longues années de propagande officielle sur l’ensemble des médias de notre pays.
« J’ose » : les vidéos compromettantes pour Hollande
Deux
nouvelles vidéos viennent illustrer un peu mieux ce qu’est le
« J’ose », la boite sensuelle où François Hollande emmène sa petite
fille de 20 ans pour qu’elle lui attire les faveurs des éléphants
socialistes, dont DSK. Quand un homme est prêt à tout pour accéder à la
présidence…
Ces deux vidéos se passent de commentaire. On comprend bien
l’ambiance malsaine et perverse qu’apprécient tant la gauche caviar et
François Hollande. Répugnant !
Cet homme, qui veut redresser la France, est un papa qui emmène sa
petite fille dans ce genre d’endroit. Quel père irait dans des boites de
ce style avec sa fille de 20 ans ? Un socialiste, certainement. Un
président, espérons pas pour la France !
Ce sont ça les endroits où va le « président normal » ? Il se fait passer pour proche du peuple mais il compte passer ses soirées avec DSK et Dray dans des boites coquines de luxe. On est loin de la fausse paparazzade organisée dans une supérette par Flamby et Voici…
Une honte qui prouve que les socialistes et Hollande se croient tout permis.
Sur le plateau de C dans l’air, l’analyste politique prononce cette
phrase à laquelle il n’y a rien à ajouter : « Cette gauche qui vit
bourgeoisement, qui n’a pas de valeur moral, ça dégage une mauvaise
odeur ! »
Petite visite guidée de la boite où devait se rendre François
Hollande pour rejoindre sa fillette, son ex femme et son fils (oui, oui,
c’est très sain !) :
J’Ose - Restaurant Tendance et Bar Club à Paris... par Citiscreen
"Une bataille de chiffonniers"
jeudi 3 mai 2012
62% des Français craignent de connaître une situation "à la grecque" !
Ils n'étaient que 49% au mois de février... En mai,
62% des Français disent craindre de connaître la même situation
économique que la Grèce ou l'Espagne dans les mois à venir, selon un
sondage Ifop pour le site Atlantico.
Les électeurs du Front
national sont les plus inquiets, puisque 83% d'entre eux anticipent un
scénario "à la grecque" pour la France. Le pourcentage est de 67% chez
les électeurs de François Bayrou, ce qui s'explique notament par le fait
qu'il s'agit d'un thème central du candidat du MoDem, selon l'Ifop. Les
électeurs de Jean-Luc Mélenchon arrivent juste derrière (65%), alors
que le candidat du Front de gauche a dénoncé tout au long de sa campagne
"les ravages" provoqués par les marchés financiers.
Voici ce que n'a pas dit François Hollande hier. Tout est vrai. Vous pouvez lire les liens pour vérifier les informations données.
Les Français, ces «losers»
Pourquoi un nombre si impressionnant d'électeurs sont-ils séduits
par les thèses effrayantes d'une Marine Le Pen ou d'un Jean-Luc
Mélenchon? La réponse est peut-être dans la «haine de soi» que développe
le pays.
Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen aujourd'hui à la Cour des comptes, et l'un des rares Mario Monti français possibles, a une explication lumineuse de ce déni de la réalité. C'est vrai, dit-il, les Français ne veulent pas entendre les candidats dire la vérité. Quand Nicolas Sarkozy a commencé à évoquer la nécessité de s'inspirer du modèle allemand, il a baissé dans les sondages. Sa remontée coïncide avec son abandon des thèmes économiques.
Racontez-nous des histoires
A l'inverse, un nombre impressionnant de nos compatriotes sont attirés par les solutions économiques terrifiantes d'une Marine Le Pen, ou celles de pure nostalgie d'un Jean-Luc Mélenchon. L'une isolerait géographiquement la France, rétrécissement ultranationaliste; l'autre nous isolerait historiquement dans un passé mythique, rétrécissement intellectuel.Mais pourquoi ça marche? Pourquoi ces sottises trouvent-elles crédit?
A cause d'«une haine de soi», nous dit Bourlanges. «Les Français se sentent losers.» Une majorité redoute la mondialisation, selon un récent sondage de l'institut CSA [PDF] et craint «un déclassement du pays dans le concert des nations». Contre toute vraisemblance, ces sondés voient même le Mexique ou le Nigeria dépasser bientôt la France! Dès lors, cachez cette affreuse réalité du déclin! Parlez-nous d'autre chose. Racontez-nous des histoires, inventez des utopies, présentez-nous des solutions magiques. Et, surtout –la presse adore!– soyez bon tribun!
Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Car au fond d'eux-mêmes, nos compatriotes ne sont pas idiots. Ils savent très bien ce qu'il en est de la situation, ils n'ignorent pas que le pays doit donner un gigantesque coup de rein, que la dette impose des efforts et que l'Etat ne peut pas tout. Dès lors, «comme des enfants qui en veulent à leurs parents d'être trop laxistes, poursuit Jean-Louis Bourlanges, ils reprochent aux candidats de leur dire ce qu'ils veulent entendre».
Voilà pourquoi la campagne est si mauvaise: les Français veulent des fadaises, les candidats leur disent des fadaises et les Français leur en veulent de dire des fadaises.
Comment un peuple guérit-il d'une telle haine de soi? On ne sait. Dans ce cas, peut-être faudrait-il faire appel, non pas à un Super Mario Monti, mais au docteur Sigmund, pour écouter les Français et leur faire remonter à la conscience «que, si, ils peuvent y arriver, que la mondialisation n'est pas cette atrocité, au contraire c'est une chance, que l'avenir peut être meilleur, que la France a plein d'atouts, que leurs enfants vivront mieux qu'eux».
Un réveil possible?
Les candidats, eux, ont renoncé à la vérité. C'est grave car ils laissent prospérer le discours économique maladif d'une Le Pen, d'un Mélenchon ou d'un Cheminade, qui dit exactement comme le Front de gauche avec, en plus, la promesse du «Spoutnik pour tous». La presse, qui aime les histoires et les laisse dire, n'est pas non plus exempte de reproches.Il y a, hélas, deux conséquences possibles à l'issue du scrutin. La première est la profonde dépression du pays. Plongeon morbide. Les éléments de dynamisme qui sont encore là vont fuir à Londres, à Shanghai ou à Melbourne. Croissance zéro, chômage en hausse, la spirale de la déprime ira vite et, mois après mois, elle grossira les voix de la pensée magique. L'autre issue possible est la violence. Nicolas Sarkozy réélu risque de voir le combat contre lui se déplacer dans la rue. Haine de soi, haine de lui. François Hollande n'a pas l'avenir plus rose. Il n'aura pas à choisir entre la Bastille et la City. La dette a voté: ce sera la City. Il devra imposer à son puissant allié d'extrême gauche d'aller dans le sens churchillien, à l'opposé des fadaises. Ça se passera mal.
On exagère? Espérons-le. Peut-être que les Français aiment tout simplement rêver pendant les élections. Ensuite, ils se réveillent et se secouent. C'est possible. Après tout, ils ne sont pas tous si losers.
Grèce: la percée d'Aube dorée, reflet du crépuscule des partis

Depuis qu'il a commencé à percer dans les sondages, il y a quelques mois, il essaye de maquiller sa vraie identité au grand public car, en Grèce, la mémoire des événements de la Seconde Guerre mondiale est toujours vivante, et la forte résistance que les nazis ont dû essuyer pendant leur «séjour» dans le pays reste une fierté nationale. Et donc un obstacle électoral.
Mais le passé récent de l’Aube Dorée laisse des traces. Comme la une de leur magazine du mois de juin 2007, qui ne semblait pas trop hostile à Adolf Hitler…
Ou le salut nazi que le leader du parti a fait devant les caméras pendant une réunion du conseil municipal de la ville d’Athènes en 2009, habitude que ses militants ont appris aussi à pratiquer devant lui.
Sans oublier les attaques au couteau sur des immigrés dans la rue ou les altercations violentes avec des groupes d’extrême gauche. Le numéro deux du parti se trouve d’ailleurs emprisonné pour coups et blessures et tentative de meurtre contre un jeune étudiant, militant d’un parti de la gauche radicale.
Toujours considéré comme un groupuscule
Les sondeurs grecs sont unanimes: «Sauf coup de théâtre et surprise générale, ils feront partie du prochain Parlement. Ils sont crédités de 4% à 6% de votes», alors que la loi électorale prévoit un minimum de 3% du total national des voix pour permettre à un parti de gagner des sièges à l’Assemblée nationale. L’étonnement, même du côté des sondeurs, est grand, car Aube dorée a toujours été considéré comme un groupuscule d’une centaine de personnes et de quelques centaines de sympathisants. Et ses scores électoraux se mesuraient en milliers de voix dans tout le pays (0,29% en 2009).C’est la crise qui a tout en changé. En 2009, la Grèce n’a plus accès aux marchés pour emprunter. La violence de la récession et la cure d’austérité imposée sont telles —taux de chômage officiel des jeunes de 50%, baisse moyenne des salaires de 22%, un million de chômeurs enregistrés sur une population de onze millions— que la quasi-totalité des Grecs désigne les politiques comme fautifs de la crise qui ronge le pays.
Scandales et corruption ont gangrené l’actualité politique pendant les années précédentes. Les hommes politiques des deux partis ayant gouverné le pays les 30 dernières années (les socialistes du Pasok et le parti de centre-droit Néa Dimokratia) deviennent persona non grata, à tort ou à raison, qu’ils aient été mêlés à des scandales ou pas.
Le chef historique et fondateur de l’Aube Dorée, Nikos Michaloliakos, qui fait preuve d’un flair politique assez développé, est un des premiers à comprendre le climat qui s’installe au sein de la population grecque et décide de se présenter aux élections municipales de 2010 à Athènes. Il réalise un score record avec 5% des voix (et près de 20% dans les quartiers délabrés et défavorisés du centre de la ville) et siège depuis au conseil municipal.
Afflux incontrôlé d'immigrés
À part la crise économique, qui a fait émerger tous les problèmes structurels de l’économie et produit des centaines de milliers de précaires, le pays se trouve face à un autre problème depuis quelques années: l’afflux incontrôlé d’immigrés, notamment en provenance d'Asie, qui doivent passer par la Grèce pour aller en Europe.L’écrasante majorité de ces immigrés n’a pas comme destination la Grèce, mais les réglementations européennes et les traités obligent le pays d’entrée à bloquer le flux vers les autres pays européens… D'autre par, les gouvernements grecs de ces dernières années n’ont suivi aucune politique globale sur le sujet, ni sur la protection des frontières extérieures, ni sur la manière de gérer ce flux migratoire énorme par rapport à la population locale.
Des centaines de milliers de pauvres immigrés sont donc «coincés» à Athènes, sans travail, sans papiers et dans un contexte de crise qui aggrave de manière dramatique leur situation. L’insécurité et la précarité explosent, certains quartiers populaires du centre de la capitale deviennent des ghettos où la prostitution, le trafic de drogue et la délinquance règnent. Les habitants grecs de ces quartiers populaires abandonnés par l’État s’en vont, pour la plupart, mais certains restent, n’ayant pas les moyens de déménager ailleurs.
Actions commando dans les quartiers
C’est là que Michaloliakos saute sur l’occasion et touche le jackpot. L’Aube dorée commence à s’attaquer au problème de l’immigration en utilisant la rhétorique de tous les partis d’extrême droite européens: «La Grèce aux Grecs», «Dehors les étrangers».... Les militants sont quotidiennement sur le terrain, mènent des actions commando envers les passants «bronzés», comme ils les appellent, et organisent des manifestations dans les quartiers les plus défavorisés. Les électeurs de ces quartiers se sentent complètement abandonnés par «les politiciens», comme ils le disent souvent aux caméras des chaînes de télévision: grâce à eux, l’Aube dorée n’est plus un groupuscule, mais devient partie intégrante de l’échiquier politique grec.La confusion de l’électorat, qui pousse une partie de celui-ci à voter pour un parti d’extrême droite néonazi, ne peut être expliquée que par la crise économique et la peur cultivée par les partis d’extrême droite (à part l’Aube Dorée, le LAOS, qui siège déjà au Parlement, est crédité de 3 à 4% dans les sondages). Les médias grecs et les partis politiques, de droite comme de gauche, y ont joué un rôle.
Pour repousser leurs responsabilités sur le déclenchement de la crise, ils ont utilisé une rhétorique et des méthodes de communication souvent démagogiques, voire même populistes. Pendant que les leaders des deux grands partis jouaient la carte pro-européenne des réformes et des accords avec les partenaires de l'Union, certains des élus et cadres de leur partis jouaient la carte du double langage en glissant des phrases telles que «Les Allemands veulent nous voler nos terres», «C’est eux qui nous doivent de l’argent depuis la Seconde Guerre mondiale, pas nous», «N’oublions pas ce qui s’est passé en 1940-45»...
Papandréou a «dépassé Pinochet»
Les partis de l’opposition de gauche ont aussi utilisé une rhétorique extrêmement violente. Le leader du parti radical de Gauche (Syriza, crédité de 10% par les sondages), Alexis Tsipras, a déclaré en mai 2011 que le Premier ministre de l'époque Georges Papandréou avait «dépassé Pinochet ». Il a été aussi le seul leader des partis du Parlement à ne pas condamner clairement les séquestrations et attaques à l’égard d’élus ou de ministres. Un phénomène devenu sport national en Grèce depuis le début de la crise.Même quand des membres de son parti ont été repérés dans des actions, non-violentes il est vrai mais à la limite de la séquestration, envers des ministres et des parlementaires dans des restaurants ou ailleurs, Alexis Tsipras a toujours refusé de les dénoncer. Ces pratiques, comme les visites-surprise dans des meetings d’un élu d’un autre parti, ou les manifestations «improvisées» (avec une bâche et un mégaphone…) devant un restaurant où un ministre déjeune avec des œufs et des yaourts qui «accidentellement» s'écrasent sur la vitrine, n’étaient jamais cautionnées par les partis de gauche ou de droite en Grèce jusqu'à présent. Seulement par l’extrême droite, et cela quelques décennies auparavant, avant la dictature des colonels…
La plupart des médias ont très volontairement suivi et joué le jeu de la démagogie, du populisme et de l’antigermanisme. Eux et les partis politiques n’ont pas vu venir le revers de la médaille : au moment du vote, l’électeur, qu’il soit idéologiquement d’extrême droite, jeune chômeur désespéré ou vieille retraitée du centre d’Athènes qui s’est fait voler trois fois son sac à main dans la rue, va préférer voter pour l'original que pour la mauvaise copie du populiste-extrémiste.
Surtout quand ce discours, et ces méthodes d’action, ne sont plus tabous car il en entend des parcelles à la télévision dans la bouche de journalistes et commentateurs «respectables» et de certains députés de tous les partis du Parlement… Les médias ont beau boycotter l’Aube Dorée pendant la campagne, les partis s’alarmer et lancer des appels à ne pas voter pour lui, leurs responsabilités dans sa percée électorale sont immenses. Il n’y a pas 10% des Grecs qui sont d’extrême droite ou néonazis, ça se saurait…
Les liaisons dangereuses de Mediapart avec le parti socialiste
Mediapart
est-il l’archétype du média indépendant que tente de nous vendre Edwy
Plenel ? Alors que le site d’information a publié à trois jours du
second tour (par pure coïncidence) un document prétendant que la
campagne de Nicolas Sarkozy avait été financée par Mouammar Kadhafi, le
pedigree des fondateurs et financiers du site posent un certain nombre
de questions.
Mais si la proximité inquiétante d’Edwy Plenel avec la gauche et le parti socialiste est connue de longue date, on réalise que les liaisons dangereuses de Mediapart et du Parti socialiste ne s’arrêtent pas au fondateur du site. Loin s’en faut. La quasi-totalité des financiers du site, mais aussi des « amis de Mediapart » (l’association de soutien du site) ont eu à un moment ou l’autre maille à partir avec le PS.
Parmi les principaux actionnaires de Mediapart, on retrouve comme par hasard, Godefroy Beauvallet, un ancien membre du cabinet de Michel Sapin… le plus proche conseiller de François Hollande. Coïncidence ? Hasard ? Poursuivons…
Le président de la société des amis de Mediapart n’est autre que Michel Broué, un ancien trotskyste qui est un très proche de Lionel Jospin et qui a été par la suite et pendant de nombreuses années un militant socialiste. Il a pris une part active aux campagnes présidentielles de Lionel Jospin de 1995 et 2002.
Du côté des financiers de Mediapart, on retrouve quelques noms que les plus naïfs seront sans doute surpris de retrouver chez Mediapart. Notamment Xavier Niel, le milliardaire ultra-libéral et patron de Free, mais aussi Maurice Lévy (l’homme au bonus de 16 millions d’euros).
« J’ose » : ce Fouquet’s de gauche que taisent les médias
Les
médias ont beau nous rabattre les oreilles depuis cinq ans sur la
soirée du Fouquet’s et en faire le pêché originel du Sarkozysme, ils se
montrent beaucoup plus discrets quand il s’agit de couvrir le scandale
de la soirée du « J’ose », où la fine fleure du parti socialiste a
trinqué au champagne dans un ancien sex-shop en compagnie de Dominique
Strauss-Kahn.
![]() |
| Obsedum sexualis |
Seule Ségolène Royal a eu la dignité de s’éclipser en apprenant que « le satyre du Sofitel » était au nombre des convives. Les autres éléphants socialistes n’ont rien trouvé à redire à la présence d’une personnalité politique poursuivie pour viol et proxénétisme aggravé en France et aux Etats-Unis.
Les médias non plus d’ailleurs. Eux qui s’érigeaient encore récemment en témoin de morale pour dénoncer le bling-bling sarkozyen et en répétant ad nauseam les détails de la soirée du Fouquet’s, considèrent en revanche que la soirée des socialistes au « J’ose » est du ressort privé.
Pas grave si le directeur de campagne et le directeur de la communication de François Hollande ont passé une partie de la soirée à siroter du champagne en présence de Dominique Strauss-Kahn. Espérons seulement que l’ancien chouchou du parti socialiste n’a pas croisé au retour la route d’une prostituée… euh pardon… d’une libertine pour reprendre sa terminologie.




















