TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 18 janvier 2012

Greece Nears Deal With Private Creditors: CEO

Greece is nearing a deal with private creditors that would give them cash and securities with a market value of about 32 cents per euro of government debt, according to Bruce Richards, a hedge-fund manager on the creditors’ committee.
“I’m highly confident the deal will get done,” said Richards, chief executive officer of New York-based Marathon Asset Management LP, in a telephone interview today with Bloomberg Businessweek.
Marathon, which has $10 billion under management, is on the committee of 32 private creditors that formed in November to negotiate with Greece, the International Monetary Fund and the European Union. It’s not a member of the smaller steering committee directly involved in negotiations. The talks, under the auspices of the Institute for International Finance, broke off Jan. 13 and are scheduled to resume tomorrow in Athens with Greek Prime Minister Lucas Papademos and Finance Minister Evangelos Venizelos.
Richards, 51, said he expects Greece won’t make a 14.5 billion euro ($18.5 billion) bond repayment scheduled for March 20. He expects a deal with creditors to be in place before then. Investors who agree will probably be paid the new package of cash and bonds shortly after that date, he said.
Pantelis Kapsis, Greek government spokesman, declined to comment.

Talks ‘Continuing’

There are still obstacles to concluding what negotiators term a “consensual restructuring.” Official lenders may object if they conclude that the deal would be too expensive for Greece, which would force the country to go back for more official support in the future.
“I can only tell you the negotiations are continuing,” said Frank Vogl, an IIF spokesman. “I can’t tell you whether they’ll be successful.” The IIF, a global association of financial institutions, is led by Deutsche Bank AG (DBK) CEO Josef Ackermann.
An agreement reached Oct. 26 called for private holders of just more than 200 billion euros worth of Greek government bonds to accept new bonds with a face value of half that amount, or about 100 billion euros. As part of the deal, euro-zone members agreed to kick in 30 billion euros in unspecified support. That could take the form of buying bonds from the private holders at 100 cents on the euro in cash, leaving them with new bonds with a face value of 70 billion euros.

Talks on Interest

Negotiations since then have centered on the interest rate new bonds will pay, with Germany among those insisting on a low rate and the private creditors demanding a higher one.
The new bonds will probably pay annual interest of 4 percent to 5 percent and have a maturity of 20 years to 30 years, Richards said. They may trade for about half of their face value, he predicted. Altogether, the net present value of the deal for the bondholders will be about 32 cents on the euro, he estimated.
It’s not yet clear whether the deal will cover all outstanding Greek bonds or just those maturing by the end of 2020, Richards said. He also said that the deal probably won’t contain a sweetener to reward creditors in case of a strong improvement in the health of the Greek economy in coming years.
The tentative deal may win support from investors holding 70 percent to 80 percent of the privately held Greek bonds, he estimated. He favors the deal, suggesting investors who refuse may get back less.
“There’s a very, very high probability that this goes through,” he said. “It’s the best deal creditors can get.”
Marathon, which was founded in 1998 by Richards and Louis Hanover, began in August to raise a new fund to take advantage of the European debt crisis.
“We’re very focused on this opportunity,” Richards said, declining to discuss the fund or to say how much Marathon has invested in Greek bonds.
To contact the reporter on this story: Peter Coy in New York at pcoy3@bloomberg.net
To contact the editor responsible for this story: David Scheer at dscheer@bloomberg.net.

mardi 17 janvier 2012

Le Royaume-Uni redoute d'être le prochain pays à perdre son AAA

La dégradation, par Standard & Poor's (S&P) de neuf membres de la zone euro, dont la France, inquiète le Royaume-Uni. Sur le thème : l'île d'Albion sera-t-elle la prochaine sur la liste des pays qui perdent leur triple A ?

De fait, l'une des faiblesses invoquée par l'agence américaine de notation à l'appui de sa décision d'abaisser la note de la France d'un cran est l'anémie de la croissance. Ce même critère pourrait mettre en péril le maintien du AAA britannique, sésame garant de sa solvabilité qui lui permet de s'endetter à bas coût.
Londres s'inquiète de voir ses partenaires européens mettre en cause la légitimité de son AAA. Après les attaques récentes de Paris sur son économie, l'Allemagne a, à son tour, attaqué. Ainsi, pour Michael Fuchs, numéro deux du groupe parlementaire de la CDU, la formation politique de la chancelière Angela Merkel, "si l'on veut être cohérent, il faudrait aussi dégrader le Royaume-Uni" dont la dette et le déficit budgétaire structurel sont plus élevés qu'en France.
A lire le rapport alarmiste publié ce week-end par le cabinet comptable Ernst & Young, la reprise économique outre-Manche est "paralysée" par la crise de la zone euro qui absorbe deux cinquièmes des exportations du royaume. Le document prévoit une récession au dernier trimestre 2011 et au premier trimestre 2012.
Tout en applaudissant la cure d'austérité draconienne poursuivie sans relâche par Londres, les agences de notation s'inquiètent des perspectives peu réjouissantes de croissance. Les exportations et l'investissement du secteur privé n'ont pas pris le relais de la consommation et des dépenses publiques, affectées par la crise. La productivité est pénalisée par la baisse des crédits bancaires aux petites et moyennes entreprises, moteurs traditionnels de l'innovation et de la création d'emplois ainsi que par la réduction du budget de la formation professionnelle.
La politique de la Banque d'Angleterre - qui fait marcher la planche à billets et achète sans retenue de la dette souveraine britannique - milite pour sa part pour le maintien du AAA. Mais, l'injection de liquidités par l'institut d'émission présente des risques d'aggravation d'une inflation déjà élevée, à 4,8 % pour l'heure.
Comme le fait remarquer Liam Halligan, économiste auprès du gestionnaire de patrimoine Prosperity Capital Management, à cette dette officielle s'ajoutent les engagements, selon ses propres termes, "cachés" de l'Etat britannique : le poids des retraites dans le secteur public et la facture des projets défaillants du partenariat privé-public.
Il cite également le coût colossal de la nationalisation de plusieurs banques et organismes de prêts hypothécaires, dont Royal Bank of Scotland et Lloyds, à la suite de la crise financière de 2008-2009. Et à voir la vente au rabais de Northern Rock à Virgin Money, les revenus tirés de la cession future des établissements publics pourraient être bien inférieurs aux prévisions optimistes du Trésor.
Enfin, l'agence Moody's a publié fin décembre 2011 une mise en garde sur le triple A du Royaume-Uni, en raison, notamment, de la montée du déficit budgétaire et de la croissance quasi nulle (Le Monde du 23 décembre 2011).
Reste que malgré ces nuages, Richard McGuire, analyste obligataire auprès de la Rabobank, est persuadé que l'économie britannique garde deux atouts de poids pour conserver le AAA : "Sa propre devise et une politique fiscale crédible."

Télescopage

S’il fallait se résigner à opposer les règles de l’économie contemporaine à la démocratie, la journée d’hier serait un modèle. Le discours volontiers caricatural d’un Jean-Luc Mélenchon aura eu de quoi faire son miel du galimatias que les agences de notation nous ont imposé. L’une dégrade, l’autre pas. La gauche embraye sur les prévisions de la première, et le surlendemain la droite se surexcite, à la limite, sur la seconde. « Le peuple » n’y comprend rien. La presse fait semblant de trouver un ordre immanent à l’anarchie des analystes financiers mais la plume hésite à se noyer dans les marécages de calculs dérisoires qui lui échappent.

Une seule certitude : ça va mal, comme l’a confessé, à Strasbourg, et le plus gravement du monde, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, et toutes les petites manœuvres pour exploiter les oscillations positives ou négatives du désastre n’y pourront rien changer. Que Moody’s et Fitch conservent le triple A deux jours après que Standard & Poor’s l’eut ramené à un simple double (plus) suffit à démontrer l’inanité des spéculations sur ce nouveau symbole qui ridiculise de grandes et vieilles nations au gré de ses humeurs. À quoi bon perdre du temps en vaines conjectures sur ces thermomètres approximatifs quand, de toute façon, il apparaît indiscutable — hélas — que la situation de la France est mauvaise, sinon critique ? Le petit jeu de ping-pong entre le clan Sarkozy et l’équipe Hollande est d’un pathétique navrant. Un président de la République qui refuse de répondre à une question simple sur la première lettre de l’alphabet. Une opposition qui fait semblant de croire, contre toute raison, que le programme du candidat PS est insensible à la crise. Et les amis de l’un qui accusent les amis de l’autre de se réjouir du malheur national… Tant d’intelligence réduite à tant de mesquinerie infantile c’est un spectacle affligeant. Assez ! Quel mépris pour eux-mêmes. Quel mépris pour nous ! Quel mépris à l’égard des électeurs ! Quel cadeau fait aux extrêmes !

Faut-il que les candidats à la présidentielle soient à ce point aveuglés par les lumières du pouvoir pour se ruer comme des affamés vers la sombre pénitence de l’Élysée ? Récupérer une note dégradée pourra prendre dix-quinze ans. De quoi user deux ou trois mandats… et couper l’appétit. Mais non. Il faut croire que les ministères protègent du réel pour rester autant convoités. Hier soir, à l’heure de la rédaction de cet éditorial, mon fils de 17 ans révisait un cours d’économie sur Tocqueville. Je ne sais pas pourquoi, l’ironie du télescopage m’a fait sourire…

On espère toucher le fond

La campagne présidentielle va-t-elle enfin s'attaquer aux questions qui intéressent les électeurs ? Les candidats – déclarés ou non – peuvent-ils redescendre dans la «France d'en bas » ? Tous ces capitaines ne montrent pas de cap, ne semblent pas avoir de boussole. Ou alors celle des agences de notation. D'accord, les conséquences d'une dégradation peuvent se ressentir dans la vie courante. Quels sont ses effets ? Les connaissent-ils ? Et comment les combattre ? Rigueur, austérité, relance... ça veut dire quoi, bon sang !
À Maubeuge, des médias ont décidé d'ouvrir des carnets de campagne. Les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses, mais ont de moins en moins les moyens de vivre. Quelle fantastique sujet pour un homme politique postulant au premier rang de l’État ! Nos vieux sont-ils une charge ou un atout pour la société ? Comment changer notre relation aux personnes fragilisées d'une manière générale ?
Ce sera sans doute plus facile de « rebondir » sur l'affaire Élodie Kulik. L'auteur du viol a été confondu dix ans après les faits et alors qu'il est mort entretemps. Grâce à quoi ? À une technique ultramoderne reposant sur un fichier d'empreintes génétiques. La Justice - et donc la sécurité – serait à ce prix, en contradiction avec la notion de liberté individuelle. Qu'en pensent les candidats ? Au petit jeu de qui tirera le premier sur le contenu, on risque d'attendre longtemps les favoris. Les challengers ont le champ libre : qu'ils s'en emparent !

Et si la faillite de la Grèce était LA solution ?


Vendredi, alors que Standard & Poor's se préparait à annoncer la dégradation de la France, les négociations sur la dette grecque tournaient au vinaigre. La Grèce, qu'on aurait presque oubliée, risque de nouveau de faire défaut.

Ce qu'il y a de bien avec la crise européenne, c'est que c'est sans fin.

Que s'est-il passé ?

Vous vous souvenez qu'en novembre dernier, les banques qui avaient prêté de l'argent à la Grèce acceptaient gracieusement une décote de 50%. Ce qui signifiait que si elles avaient prêté 100 euros à l'Etat grec, elles acceptaient – avec le sourire – de n'en retrouver que 50 à la fin du prêt.

En pratique, elles doivent échanger les obligations grecques qu'elles détiennent contre de nouvelles obligations à 30 ans et d'un taux d'intérêt (le coupon) inférieur.

Cette opération dite de haircut doit permettre à la Grèce d'effacer près de 100 milliards d'euros de dettes.

D'où l'importance d'accepter de perdre avec le sourire
L'acceptation des banques est fort importante : elle doit éviter une faillite désorganisée – du moins sur le papier. Les dirigeants européens ont essayé de faire croire aux marchés que :
1. la Grèce ne faisait pas faillite ;
2. ce n'était pas un accident de crédit mais un abandon volontaire de créance.

L'important était de ne pas déclencher les assurances contre le risque de défaut de la Grèce, les CDS (credit defaut swap) qui ne s'enclenchent qu'en cas d'accident de crédit. Or une décote volontaire n'est pas considérée comme un défaut.

Ces CDS sont détenus par des banques européennes mais vendus par les banques américaines. Or ces dernières n'ont ni l'envie ni la santé financière de sortir sans sourciller ces milliards.

Voilà donc ce qui était prévu sur le papier.

Quelques semaines plus tard, cette mascarade vole en éclat.

Crispation autour d'un coupon
Vendredi dernier, les banques et autres créanciers particuliers de la Grèce (fonds de pension, fonds d'investissement, etc.), répondant aussi au doux nom de PSI (private sector involvement), ont quitté la table des négociations.

Le coeur du problème : cette fameuse décote évidemment. Ou plutôt le taux d'intérêt des nouvelles obligations. Le secteur privé penche pour 5%, le FMI pour 2% et les gouvernements européens pour 4%. Or ce n'est pas un point de détail : selon le taux d'intérêt fixé, la réduction de dettes pourrait atteindre 80%. On comprend donc pourquoi le secteur privé s'accroche à ses points de pourcentage – et qu'il ait quitté la table des négociations la semaine dernière.

Le problème est qu'un accord doit être trouvé rapidement. La Grèce est censée rembourser 14,5 milliards d'euros de dettes en mars prochain. Milliards qu'elle n'a évidemment pas. Le FMI doit donc fournir à la Grèce de quoi faire face à ses créanciers. Mais avant de payer, le Fonds préférerait que les conditions de la restructuration de la dette grecque soient acceptées par toutes les parties concernées.

Que va-t-il se passer ? Il y a de grandes chances qu'un accord soit finalement trouvé. Mais c'est un signe de plus que la restructuration de la dette grecque ne va pas si bien se passer que cela. Jusqu'à quand les banques vont-elles accepter d'oublier l'argent que la Grèce leur doit ?

Faut-il laisser la Grèce faire faillite ?
Et surtout, ces tergiversations risquent de rendre plus séduisante la perspective d'un vrai défaut de la Grèce.

Pourquoi ?

Pour l'opinion publique allemande, la perspective d'un défaut – et même d'une sortie de la zone euro de la Grèce – présente certains avantages. N'oubliez pas que l'Allemagne se sent maintenant bien isolée au sein de l'euro : elle est un des seuls pays à avoir conservé son AAA.

La dégradation récente de la note française pèse, comme nous l'avions prévu, sur la note du Fonds européen de stabilité financière. Hier, Standard & Poor's a dégradé le FESF, de AAA à AA+. Ce qui va limiter sa capacité d'emprunt et donc d'action. Comme le rappelle Le Figaro, l'agence de notation avait prévenu qu'à moins que l'Allemagne augmente sa participation financière au FESF, celui-ci serait dégradé dans la foulée de la France.

Là encore, cette décision augmente les crispations allemandes. Nos voisins d'outre-Rhin n'ont aucune envie de sauver à eux seuls la zone euro.

Pour certains investisseurs privés (comme les fonds d'investissement), une telle solution impliquerait le déclenchement des CDS – ils pourraient donc retrouver une plus grande partie de leur argent.

Ne reste donc plus que les banques. Evidemment, elles préféreraient ne pas avoir à payer ces CDS. Mais au pire, que feraient-elles ? Les banques européennes iraient chercher des liquidités supplémentaires auprès de la BCE. C'est ce qu'elles font depuis le début de la crise : elles échangent des dettes pourries ou douteuses contre de la liquidité auprès de l'Institution de Francfort.

Tout cela pour quoi ?
Si vous n'êtes pas encore convaincu de la nécessité de préparer votre portefeuille à ce que nous réserve les semaines et les mois qui viennent, voici une dernière information d'importance.

Même si les investisseurs privés acceptent la décote de 50%, la dette publique grecque atteindra toujours 120% du PIB en... 2020 !

Voix

Beau sujet, au menu aujourd’hui d’une réunion du parti présidentiel : la France silencieuse. La France des Français qui ont des choses à dire mais n’ont pas la parole. La classe moyenne, dirait Monsieur Wauquiez, soit tous les Français à l’exception des très pauvres et des très riches, ce qui permet d’embrasser une large majorité, silencieuse ou pas. L’UMP entend évidemment opposer sa France silencieuse à la France de l’opposition qui parle pour ne rien dire. Mais l’opposition prétend justement porter la voix des Français qui, n’ayant pas le pouvoir, n’ont pas la parole. Nonobstant, François Bayrou dit s’exprimer pour ceux qui veulent renverser la table, et Marine Le Pen au nom des oubliés de la démocratie… Franchement, pour nous tous qui ne causons pas dans le poste, c’est flatteur d’entendre tous ces politiques jurer de nous donner la parole. Serait-ce pour nous prendre notre voix ?

L'histoire en crise

Un jour, on vote une loi sur le génocide arménien de 1915 ; un autre, on célèbre Jeanne d'Arc sur tous les tons... L'histoire devient une ressource symbolique instrumentalisée par certains acteurs politiques ¯ pas tous, heureusement ! ¯ s'arrogeant le droit de décider de la vérité historique.

Il fut un temps où l'histoire était presque sacrée. Elle permettait aux écoliers d'accéder à un récit ponctué de grandes dates : 732, 1515, 1789... Elle offrait aux instituteurs un facteur puissant d'intégration. L'histoire des chercheurs rayonnait bien au-delà de nos frontières ; la France, nation universelle, adressait au monde entier un message chargé de valeurs et de connaissances que ses historiens contribuaient à produire et à diffuser.

Au milieu du XXe siècle, l'École des Annales a constitué une forte inflexion et l'apogée de cette période où l'histoire était prééminente en France. Les historiens français occupaient une place internationale de premier plan. Marc Bloch, Lucien Febvre, puis Fernand Braudel et Ernest Labrousse, ont incarné une historiographie renouvelée, reliée aux autres disciplines des sciences de l'homme, qui apparaissaient un peu comme les demoiselles d'honneur de la reine de beauté qu'elle était.

Les historiens français, dans l'ensemble, produisent aujourd'hui des connaissances d'excellente facture. Ils constituent un milieu nombreux, dense et actif. Mais leur prépondérance mondiale n'est plus ce qu'elle était et leur importance dans la vie intellectuelle et scientifique de notre pays pas davantage. Les professeurs d'histoire éprouvent souvent, comme d'autres, le sentiment d'une chute sociale exacerbée par l'attitude des pouvoirs publics, qui réduisent la place de leur discipline dans certains programmes, ou le comportement d'élèves qui contestent le contenu des cours au nom de leur mémoire familiale.

La fin d'une place privilégiée

À l'étranger, en dehors de milieux professionnels spécialisés, nos meilleurs historiens sont moins connus et célébrés qu'à l'époque, pourtant relativement proche, où l'on s'enthousiasmait dans de larges cercles pour les travaux de Jacques Le Goff, Georges Duby, Emmanuel Le Roy Ladurie, François Furet, Jean-Pierre Vernant, et tant d'autres. Et, en France, l'histoire a perdu son aura. Des mémoires la contestent, portées par des groupes réclamant la reconnaissance de leurs souffrances passées. Des lois « mémorielles » sont votées qui donnent l'impression que les politiques prennent la place des historiens. À l'école publique, une partie de l'enseignement sur des dossiers sensibles, la Shoah par exemple, est confiée à d'autres que des historiens de métier. Et dans la vie scientifique, l'histoire n'occupe assurément plus la place privilégiée qui était la sienne parmi les autres disciplines des sciences de l'homme et de la société.

Plus la société devient multiculturelle et moins il est possible de promouvoir un récit national oublieux des différences, qu'elles soient anciennement présentes sur le territoire national ou apportées par l'immigration. De plus, la globalisation pèse sur la vie sociale et économique de notre pays, le monde devient multipolaire : dès lors, l'idée d'une historiographie rayonnant comme un soleil depuis Paris apparaît comme singulièrement dépassée. Le changement affaiblit nos vieilles conceptions de l'histoire et nos façons de l'enseigner. Certains acteurs politiques s'engouffrent dans l'espace ouvert par ces carences.

(*) Sociologue.

Nadine et Marine : Y’a pas photo !

La ministre de l’Apprentissage, Nadine Morano, a illustré une nouvelle fois dimanche combien les dirigeants de l’UMP obéissent toujours servilement au principe dialectique du « pas d’ennemi à gauche », faisant bien mériter à cette formation son surnom d’« UMPS » comme machine à perdre de « la droite piégée », au service idéologiquement et stratégiquement de la gauche.

Lors de l’émission Le Grand Jury-RTL/Le Monde/LCI, si la ministre a réitéré sa charge contre François Hollande qu’elle avait qualifié récemment d’« homme dangereux pour la France », elle a accusé Marine Le Pen d‘être dangereuse « à un degré beaucoup plus élevé que François Hollande ». Selon elle, la vague bleu Marine « c’est cataclysmique pour la France et d’autant plus pour les personnes les plus fragiles et les plus modestes ».

Marine Le Pen « parle de patriotisme, alors que ce n’est pas une patriote, c’est une nationaliste », a tenté d’expliquer sommairement Nadine Morano. Et d’enchaîner pathétiquement : « Ce qui me fait de la peine, c’est le discours qu’elle tient aux ouvriers, elle les berne. Elle leur fait croire que leur niveau de vie va augmenter si elle arrivait au pouvoir, elle leur fait croire qu’en fermant les frontières nous serions plus protégés, elle leur fait croire que avec tout irait mieux si nous sortions de l’euro. Alors que si nous sortions de l’euro, ce seraient eux qui en pâtiraient le plus, ce seraient les ouvriers, les personnes qui ont les revenus les plus modestes. »

A court d’arguments, elle a repris le couplet éculé déjà entonné par le très établi Laurent Joffrin, à gauche de la gauche caviarde : « Marine Le Pen vit dans un château sur les hauteurs de Saint-Cloud » et « elle utilise les ouvriers, leurs peurs, leurs angoisses, je ne le laisserai pas faire », a lancé la brave ministre.

Entre Marine et Nadine, y’a pas photo, comme on dit, pour discerner laquelle est l’intruse dans le camp de l’anti-gauche. Pas besoin d’un dessin de Chard non plus pour comprendre que, lorsqu’on tient ce langage pavlovien, lorsque « le plus dangereux » est toujours sur sa droite et jamais sur sa gauche, on obéit plus ou moins (in)consciemment à une praxis subliminale qui est celle de la gauche, à une logique de la continuité révolutionnaire qui contredit assurément la candidature de rupture que prétendait incarner Sarkozy. Rappelons, par exemple (au moment où le « débat » ressort curieusement à « droite »), que c’est Nadine Morano (avec Roselyne Bachelot) et non pas Christine Boutin qui est restée au gouvernement, devenant secrétaire d’Etat à la famille (sic), alors qu’elle n’a jamais caché ses positions en faveur de la reconnaissance des familles homoparentales !

Face à de tels ministres UMP, mentalement de gauche, Marine Le Pen n’a pas de mal à dénoncer, elle, « le mensonge devenu industriel sous Nicolas Sarkozy », en se présentant comme la seule candidate possible et crédible pour la rupture, à travers la sortie de l’euro, le protectionnisme national et le nationalisme à la française. Sur l’euro, la dette, l’immigration, le mariage homosexuel, l’industrie, les racines chrétiennes de la France…, « le boomerang des mensonges est en train de revenir à toute vitesse » sur sa tête, a-t-elle déclaré dimanche en meeting près de Rouen.

« Le mondialisme n’est pas seulement un système économique sauvage et dépassé » mais aussi une « idéologie » visant à « encourager le nomadisme », à rendre les hommes « interchangeables », « anonymes », et à affaiblir les cultures, a-t-elle affirmé, en invoquant « ce violent amour de la France » grâce auquel l’oublié, l’anonyme retrouverait une voix, un visage… « Se souviennent-ils seulement, a-t-elle lancé à l’adresse de ses concurrents, ou sûrement en ont-ils honte, que la France plonge aussi ses racines dans le christianisme ? C’est pourtant notre histoire, notre identité, que ça leur plaise ou pas ! »

Si Marine Le Pen reprend significativement le slogan de Jean le Bon (« Père gardez-vous à droite, père gardez-vous à gauche ! »), c’est que la (fausse) droite en France est foncièrement à gauche et qu’à sa manière, la fille de Jean-Marie Le Pen propose en effet une alternative nationale ou bien un « pas d’ennemi à droite » bien compris qui est le contraire du « pas d’ennemi à gauche ». Cela mérite considération.

S&P abaisse la note du Fonds européen de stabilité financière à AA+

L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé lundi 16 janvier qu'elle abaissait la note à long terme du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la dégradant de AAA à AA+. S&P confirme la note à court terme A-1+ et précise que la perspective est en développement.

Cette décision est la conséquence de l'abaissement de la note de la France et de l'Autriche, qui faisaient partie des Etats notés "AAA" et permettaient au Fonds, par leurs garanties, de bénéficier de la note optimale de S&P. Les deux pays, désormais notés AA+, font partie des neuf pays européens sanctionnés par l'agence vendredi. Depuis, S&P considère donc que les obligations du FESF ne sont plus totalement soutenues, autant par les pays membres du Fonds que par des valeurs mobilières notées AAA.
Standard & Poor's n'exclut toutefois pas de relever la note à "AAA" si des garanties financières supplémentaires devaient lui être accordées. "Si nous constatons que les obligations à long terme du FESF sont pleinement soutenues par les garanties des Etats membres bénéficiant d'un triple A, nous pourrions relever sa note à 'AAA'", indique S&P. L'agence estime qu'il y a une probabilité qu'elle relève la note du FESF ou au contraire l'abaisse dans les deux ans.
LA CAPACITÉ DE PRÊT "PAS REMISE EN CAUSE"
Le patron du FESF, Klaus Regling, a toutefois estimé que la capacité de prêts du Fonds ne sera pas remis en cause par cette décision. "L'abaissement d'un cran de la note du FESF ne va pas réduire sa capacité de prêts de 440 milliards d'euros. Le FESF a les moyens de remplir ses engagements actuels et éventuellement d'autres, d'ici la mise en œuvre du Mécanisme européen de stabilité (MES) en juillet", a affirmé M. Regling.
Quant au président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, il a estimé lundi que l'Europe se trouve dans une situation économique "très grave". "Durant les tout derniers mois de 2011, l'incertitude sur la durabilité de certains souverains et sur la résistance du système financier, combinée à des perspectives de croissance sombres, ont débouché sur de sérieuses perturbations du fonctionnement normal des marchés financiers et de l'économie réelle." Invité par le Parlement européen en qualité de président du comité européen du risque systémique (ESRB), il a toutefois appelé à "apprendre à se passer" des agences de notation, ou à ne les considérer que comme "un paramètre parmi beaucoup d'autres".
Le ministre des finances français, François Baroin, a lui estimé lundi soir qu'il n'y avait "pas besoin d'agir" sur le Fonds européen de stabilité financière. "Le FESF conserve intacte sa capacité de prêt, avec des moyens suffisants et garantis pour remplir l'ensemble de ses engagements présents et à venir", affirme-t-il dans un communiqué.
DÉBATS SUR UN RENFLOUEMENT DU FESF
Mario Draghi a par ailleurs estimé que le Fonds de secours européen, privé de sa note "AAA", devrait être renfloué pour garder sa force de frappe en l'état. Selon lui, "il faut des contributions supplémentaires des pays encore notés AAA" pour que le FESF conserve "la même capacité" ou puisse prêter "au même taux".
Le scénario d'une hausse des garanties est toutefois mal engagé, l'Allemagne – premier contributeur du Fonds – ayant catégoriquement refusé lundi de remettre au pot pour le FESF. Les dégradations par Standard and Poor's de plusieurs pays européens avaient déjà relancé vendredi le débat sur la nécessité d'un renflouement du Fonds de secours de la zone euro (FESF), avec de sérieux clivages entre les capitales européennes.
La chancellière allemande, Angela Merkel, avait notamment indiqué préférer, avant même cette décision de S&P, une dégradation du FESF plutôt que de le renflouer. Les dégradations "ne vont pas torpiller le travail du FESF et je ne vois pas de besoin d'y changer quelque chose", avait-elle assuré. Lundi, le ministère allemand des finances a été dans le même sens, assurant qu'il n'était "pas besoin d'agir sur le FESF actuellement".
La capacité de prêts de l'actuel FESF est de 250 milliards d'euros environ, sur une enveloppe initiale de 440 milliards, un montant insuffisant s'il fallait venir en aide à un pays comme l'Italie. Un fonds permanent de secours, le MES, devrait commencer à fonctionner dès le mois de juillet, remplaçant au bout d'un an cet instrument temporaire qu'est le FESF. Le MES doit avoir une capacité de prêt de 500 milliards d'euros et un capital propre de 80 milliards, apporté par les Etats membres.

De Madrid, Nicolas Sarkozy contre-attaque sur le Triple A et accuse l’opposition d’agitation

Nicolas Sarkozy ne veut pas se laisser déstabiliser par la perte du triple A de la France décidée par Standard and Poor's. Il a ainsi contre-attaqué, lundi 16 février, à Madrid, lors de sa conférence de presse aux côtés du président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Le chef de l’Etat sait qu’il sera interrogé sur le sujet et le décrochage de la France par rapport à l’Allemagne. Il a préparé son coup et refuse de répondre au journaliste. « Vous n'avez peut-être pas eu les dernières informations ? Donc pouvez-vous me poser une autre question avec les dernières informations ? », demande M. Sarkozy au cours d’un échange aigre doux.
Traduction, le chef de l’Etat veut qu’on donne autant de poids à la décision de Moody’s, qui ne prendra pas de décision sur la France avant avril. Dans la journée, à Paris, ce fut un tir groupé de l’UMP. Derrière la presse, c’est l’opposition qui est visée. « Ceux qui commentent peuvent se laisser aller à des outrances, dire des choses qu’on a oubliées le lendemain. Quand on est au gouvernement, on n’a pas le droit, on ne peut pas se permettre ce genre d’agitation », accuse M. Sarkozy pendant la conférence de presse. Et d’instrumentaliser son voyage en Espagne pour faire la leçon à l’opposition.
L’occasion était rêvée, alors que le roi d’Espagne Juan Carlos avait remis à Nicolas Sarkozy dans la matinée les insignes de chevalier dans l’ordre de la toison d’or. Une première depuis le président Gaston Doumergue en 1926. Cette distinction exceptionnelle a été remise notamment pour le soutien indéfectible de Nicolas Sarkozy dans la lutte contre le terrorisme de l’ETA dès sa nomination au ministère de l’intérieur en 2002. « Il n’y a plus de Pyrénées dans la lutte contre le terrorisme », expliqua le récipiendaire, avant de conclure, ému. « Croyez bien que c’est un jour que je n’oublierai pas. » Et c’est toute l’Espagne qui était effectivement reconnaissante : outre M. Rajoy, tous les premiers ministres espagnols s’étaient déplacés: le socialiste sortant Jose Luis Zapatero, le conservateur Jose Maria Aznar, ami de George Bush, et le socialiste Felipe Gonzalez, qui fit entrer l’Espagne dans l’Union européenne.
Et tous ont posé, tout sourire, aux côtés du roi et de son épouse. « J’admire cette démocratie espagnole qui peut rassembler tous les présidents du gouvernement sans que personne ne se sente atteint dans son identité politique », a salué M. Sarkozy, avant d’attaquer sur la règle d’or, adoptée par consensus avant les élections générales espagnoles, qui ont vu le retour de la droite. « C’est la même maturité qui permis à Mariano Rajoy, président du Partido Popular, de voter aux côtés du gouvernement socialiste de Luis Rodriguez Zapatero une règle d’or », a déclaré le chef de l’Etat.
« Quand on est dans l’opposition et que l’on sait, dans l’intérêt de son pays, faire un geste vers le gouvernement, on se grandit », a déroulé M. Sarkozy, avant de conclure : « Il y a sans doute à s’inspirer de la démocratie espagnole ». Une démocratie où droite et gauche s’affrontent souvent très violemment.
 "Il faut agir tout de suite"
Il n’empêche, après avoir accusé l’opposition de n’avoir soutenu aucune de ses réformes, en particulier celle des retraites, le chef de l’Etat a défendu sa stratégie consistant à multiplier les annonces de réformes à moins de cent jours de la présidentielle. « Pour celui qui est au chômage, pensez vous qu’il ait le temps qu’on attende la campagne électorale ? Il faut agir tout de suite », assuré M. Sarkozy. « Il n’y a jamais de risque à dire la vérité au pays dont on a la responsabilité, les gens sont lucides, très intelligents, ils comprennent tout. »
M. Rajoy a apporté son soutien à l’idée d’une taxe Tobin, défendue par M. Sarkozy et indiqué son souhait de voir son pays jouer tout son rôle en Europe. M. Sarkozy l’a soutenu alors que le sommet tripartite de Rome, qui devait rassembler M. Sarkozy, le président du conseil italien Mario Monti et la chancelière allemande Angela Merkel a été reportée à la fin février.
La campagne électorale s’est poursuivie à l’ambassade de France à Madrid, devant les Français de l’étranger, où M. Sarkozy a vanté son bilan, de nouveau justifié la gratuité du lycée français à l’étranger pour les enfants d’expatriés. Jamais il n’a noté que les expatriés n’étaient pas contribuables français. En revanche, le chef de l’Etat a défendu la double nationalité, combattue par une partie de la Droite populaire. « Les Français qui ont une autre nationalité restent Français et appartiennent pleinement à la communauté nationale ». D’ailleurs, les Français de l’étranger auront le droit de vote aux législatives, M. Sarkozy ayant créé onze circonscriptions à travers la planète.

lundi 16 janvier 2012

Moody's confirme le triple A de la France

L'agence de notation dit prolonger son examen de la perspective "stable" de la France.
L'agence de notation Moody's a maintenu le triple A de la France, la meilleure note possible, et prolonge son examen de la perspective, actuellement "stable", a-t-elle indiqué, lundi, dans un rapport publié sur son site consacré au pays. La décision de Moody's, qui s'était donné, mi-octobre, trois mois pour évaluer la perspective de la note de la France, tranche avec celle de Standard & Poor's.
S&P a privé, vendredi soir, la France du triple A, la reléguant à AA+, avec perspective négative, ce qui veut dire une possible nouvelle baisse dans "un délai de six à vingt-quatre mois". Une éventuelle mise sous perspective négative de la note signifierait pour Moody's qu'elle envisage de l'abaisser "à moyen terme". Dans son rapport, Moody's annonce qu'elle n'a pas encore pris de décision sur la perspective et indique qu'elle tiendra informé le marché à ce sujet dans le courant du premier trimestre 2012, dans le cadre de son évaluation des notes souveraines en zone euro, annoncée en novembre.

L'agence donne crédit au gouvernement

Moody's donne crédit au gouvernement français de sa volonté de réduire le déficit public du pays à 3 % en 2013 et juge positivement les mesures prises pour y parvenir, ce qui est "important" pour garder la perspective "stable". En revanche, l'agence estime importants les risques liés à la dette et à la croissance en zone euro, des facteurs que ne contrôle pas le gouvernement, mais qui pèsent sur les finances du pays. Selon elle, plus les marchés de la dette souveraine et du financement bancaires sont volatils, plus la pression s'accroît sur la note de plusieurs pays de la zone euro, dont ceux qu'elle note triple A, comme la France.
Pour l'heure, la France emprunte encore sur les marchés à des taux historiquement faibles, mais les attentes des investisseurs "dépendront du respect des objectifs de consolidation budgétaire", ajoute Moody's. La troisième grande agence de notation, Fitch Ratings, a récemment indiqué de son côté qu'elle n'envisageait pas d'abaisser la note triple A de la France cette année. Cette agence a toutefois placé la note souveraine de la France sous perspective "négative", ce qui signifie qu'elle pourrait l'abaisser l'an prochain.

Les présidentiables au pied du mur

Après la Grèce, l'Italie et l'Espagne, une agence de notation va-t-elle, chez nous aussi, savonner la planche du pouvoir ? C'est un comble, à cent jours du scrutin, que la question brutale de la réélection de Nicolas Sarkozy se pose parce que les gardiens du droit de spéculer en rond ont asséné un coup à la droite, leur alliée habituelle, et validé les reproches de la gauche, leur ennemie supposée.

Même s'il n'est pas glorieux d'annoncer une maladie quand le patient est déjà sous traitement, le mal politique est fait. Pour le président candidat, mal en point dans les sondages, l'histoire dira si ce vendredi 13 restera celui de la malchance. Et si la vérité et le courage, lors de sa prochaine adresse aux Français, réussiront à convaincre. Nicolas Sarkozy n'est jamais meilleur que dans la difficulté ? Le voilà servi !

Étonnamment tardive, la sanction de Standard & Poor's appuie là où ça fait mal. On a beau jouer les petits De Gaulle en rappelant que la politique ne se fait pas à la Bourse, un tel tohu-bohu signifie bel et bien qu'elle traduit la réalité et contredit Nicolas Sarkozy !

En sanctionnant la France, mais pas l'Allemagne, l'agence de notation fait pâlir l'étoile présidentielle. Elle affaiblit son autorité et sa capacité d'entraînement sur la scène internationale. Elle suggère que la mise en scène des multiples sommets européens « de la dernière chance » masquait bien la lenteur des réactions, la faiblesse des décisions et la profondeur des désaccords.

Lui qui a fait de la réactivité dans la crise sa principale arme fait douter de sa capacité à retourner la situation en sa faveur, en trois mois et demi. Les mesures attendues, outre qu'elles ressemblent à un tardif sauve-qui-peut, seront peut-être bonnes, à terme, pour la compétitivité. Dans l'immédiat, le seul transfert vers la TVA de 35 milliards de charges patronales  la fameuse TVA sociale  sera surtout douloureux pour le contribuable consommateur.

En creux, cette sanction valide le diagnostic de la gauche qui tire à boulets rouges, depuis quatre ans et demi, sur un « paquet fiscal » voté à contretemps. Qui déplore, depuis des mois, l'inadaptation de la Banque européenne. Et qui réclame un volet « relance » pour sortir de la crise, en retrouvant le chemin de la croissance et des recettes fiscales.

En creux seulement. Et François Fillon, le malicieux, a raison de se demander ce que les agences de notation penseraient du programme de François Hollande.

Le candidat socialiste ne peut pas se permettre le moindre message de laxisme sans s'exposer à une nouvelle dégradation dont la facture budgétaire et politique serait dramatique. Il ne peut pas aller trop loin dans la rigueur sans décupler les foudres d'un Jean-Luc Mélenchon à l'affût d'une cassure du PS, au profit d'un pôle élargi de la gauche radicale dont il serait le chef. Il ne peut pas ne rien dire sans risquer d'élargir l'espace de François Bayrou et de Marine Le Pen.

Son premier grand meeting, dimanche au Bourget, sera un indicateur de la capacité du candidat socialiste à offrir une alternative politiquement solide et économiquement crédible. Plus largement, il est à craindre que l'enjeu pousse les candidats à critiquer le plus possible et à proposer le moins possible. À s'entre-déchirer quand il faudrait rassembler.

Le naufrage d’une époque

L’insubmersible Costa Concordia se serait donc lamentablement échoué parce que son capitaine aurait voulu faire miroiter de trop près les lumières scintillantes et écouter les sirènes tentatrices de son joujou au petit peuple de Giglio. Ces palaces flottants ne sont pas seulement les paradigmes de nos sociétés de parades, d’apparat et d’apparence. Ils surfent sur les dérives d’une mondialisation qui ne contrôle plus sa vitesse de croisière et ignore ses voies d’eau. Le naufrage de cette tour de Babel flottante rappelle celui de la banque Lehman Brothers. Elle aussi se croyait insubmersible.

Pour rentabiliser au mieux ces palais des mille et une nuits à prix abordables, les croisièristes se sont lancés dans une course au gigantisme. Costa et les autres recrutent les équipages dans des pays de misère et les passagers chez les pensionnés moyens et modestes de nos pays occidentaux. Machinistes philippins et soutiers péruviens trouvent dans cet exil maritime le Smic qui nourrit leurs familles. Pour les clients, le marketing invente, vante et vend à tarifs dégriffés un modèle de retraite heureuse et réussie qui les entraîne dans une course effrénée vers le soleil, les spas, les dîners de gala en toute saison. Comme s’il fallait compenser des années de labeur par une orgie de loisirs, goûter à une illusion de luxe servie dans des couverts en argent et poursuivre des rêves inaccessibles au temps de la jeunesse. Faut-il enfin s’étonner et s’offusquer de cette panique « Titaniesque », de ce capitaine qui abandonne le navire six heures avant le dernier passager ? Quand ça va bien, notre société fonctionne au chacun pour soi. Alors quand ça tangue…

Tel le Titanic et ses chaloupes réservées aux premières classes en 1912, ce bateau sur le flanc en 2012 ressemble furieusement à son époque. Ce n’est pas pour autant que ce naufrage nous fera remettre les pieds sur terre.

Voyelles impies

Cette semaine où la France va apprendre à vivre sans le triple A commence mal. Les politiques butent décidément sur cette première lettre de l’alphabet qui fait bégayer leurs discours. Le président de la République n’a même pas osé prononcer la voyelle impie et encore moins la répéter trois fois par crainte qu’elle n’évoque son propre reniement à l’égard de canons économiques et politiques qu’il avait lui-même formulés. Le chef de l’État a préféré décliner les rassurantes consonnes du c de « courage » et du v de « volonté » pour conjurer le mauvais sort lancé par Standard and Poor’s. Face à une dégradation qui n’est en rien une surprise, il a préféré une incantation supplémentaire. Il faut agir vite, préconise-t-il, pour annoncer aussitôt qu’il… parlera au pays à la fin du mois. Parler pour annoncer qu’on parlera, donc. On était en droit d’attendre plus de réactivité après le non-événement si prévisible de vendredi soir.

Est-ce la torpeur du premier dimanche froid de l’hiver ? De son côté, le Premier ministre a semblé, lui aussi, avoir du retard à l’allumage. Curieuse stéréo des moteurs du pouvoir. Au moment même où on pouvait feuilleter le JDD dans lequel le chef du gouvernement excluait tout nouveau cran supplémentaire au plan de rigueur, Nicolas Sarkozy suggérait à Amboise des efforts supplémentaires dictés par la crise. Entre les deux voix de l’exécutif, il faudra choisir celle qui délivrera la bonne version.

Que distinguer dans cette musique confuse ? Rien de précis pour le moment. Faute de mieux, François Fillon a renvoyé la grenade dégoupillée dans le camp adverse : « Que François Hollande soumette son projet à la notation ! ». Une défausse plutôt inspirée, bien que facile, tant le candidat du PS serait effectivement très embarrassé s’il devait mettre ses propositions, très floues, à l’épreuve des analystes financiers. Il préfère expliquer que « c’est une politique que l’on a dégradée », si pratique pour éviter les remises en question.

L’absence de programme des principaux présidentiables — rien avant la fin janvier, braves gens ! — est représentative d’une France championne d’Europe de l’attente. Cette discipline s’ajoute à la lenteur avec laquelle le pays a tardé à s’attaquer au déficit public. Aujourd’hui encore, ses élites continuent de conjuguer à merveille le « il faut laisser du temps au temps » mitterrandien qui permet au gouvernement d’aborder le sommet social de mercredi sur un mode impressionniste comme si une surprise salvatrice pouvait en émerger. Ni chiffres, ni lettres. Simplement un quitte ou double au casino de la crise.

La présidentielle en rase campagne

Il y a un mois, on le pressentait. C'est désormais sûr. La présidentielle sera placée sous le signe (et sous la chape ?) de la dégradation de la note de la dette française. Une donnée financière qui s'ajoute aux premiers effets concrets de la crise économique et des mesures de rigueur. Et le sommet social attendu cette semaine devrait encore renforcer cette thématique passablement anxiogène. Difficile alors de faire rêver en promettant d e « changer la vie », de « gagner plus » - quitte à travailler plus - ou tout autre engagement d'envergure. Une préservation de la situation actuelle serait déjà un bel exemple de volontarisme politique... D'autant qu'à ces pressions générales s'ajoutent des approches tactiques qui figent la campagne. À droite, cela sera le cas tant que Nicolas Sarkozy ne se sera pas déclaré officiellement candidat. Mais à gauche aussi, où François Hollande (de moins en moins candidat du PS, du moins de son programme) retarde le moment de dévoiler son projet afin de ne pas se faire piller ou pilonner par les snipers de l'UMP. Il en résulte assez logiquement une baisse des intentions de vote pour tous deux et une progression de François Bayrou, Marine Le Pen ou, à un degré moindre, Jean-Luc Mélenchon. Plus libres et plus clairs dans leur expression. Ce resserrement fait même apparaître un quatuor de candidats potentiellement envisageables au second tour - un cas inédit sous la Ve République ! Pas de quoi changer, encore, les tendances de fond. Mais si ce flou, correspondant aux incertitudes de l'électorat, se maintient, il se peut qu'il n'y ait pas qu'en Italie que les gros paquebots se mettent à chavirer.

Présidentielle 2012 : Sarkozy peut-il encore gagner ?

Coup de tonnerre politique, la perte du "triple A" sonne-t-elle le glas des chances de réélection de Sarkozy? Acculé, le président sortant est désormais prêt à tout oser.

À 100 jours de la présidentielle, le coup est rude pour Nicolas Sarkozy. Impopulaire, toujours devancé dans les sondages par son rival François Hollande, contraint d'assumer une augmentation des impôts et une explosion du chômage, sa réélection paraissait déjà bien compromise. Le voilà désormais brutalement placé face à son échec: après s'être battu pendant des mois pour conserver le « triple A » de la France, il a vu celui-ci s'envoler un vendredi 13 et avec lui, « le mythe du président protecteur », comme l'a cruellement souligné Marine Le Pen. « C'est une politique qui a été dégradée, pas la France », a renchéri le candidat PS François Hollande.
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Ce vendredi noir a-t-il été celui du coup de grâce pour sa réélection? Dans un sondage LH2/Yahoo dévoilé dimanche soir, Sarkozy semble en tout cas marquer le pas. Dans cette étude réalisée au moment de l'annonce de la dégradation de la note française, il perd 2,5 points d'intentions de vote au premier tour à 23,5%, loin derrière François Hollande (30%, -1,5 point). Seule Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon semblent tirer profit de la nouvelle: la présidente du FN progresse de 3,5 points en un mois pour atteindre 17% d'intentions de vote quand le patron du Front de gauche atteint 8,5% (+2 points). François Bayrou, lui, reste stable à 14% (+1 point).

La stratégie du kamikaze

Après avoir comblé petit à petit son retard sur Hollande ces dernières semaines, le chef de l'Etat va-t-il à nouveau plonger dans les sondages, et voir resurgir le spectre d'une élimination dès le premier tour par Marine Le Pen? En tout cas, jamais président sortant n'aura été en position aussi  défavorable à trois mois du premier tour. Pour l'emporter le 6 mai prochain, il faudrait qu'il mette fin à la malédiction du chômage, toujours fatal aux gouvernements sortants quand l’emploi s’effondre, et qu'il devienne le premier président réélu hors cohabitation. Il faudrait aussi qu'il parvienne à garder son poste dans une Europe où les sortants sont balayés à chaque élection. Le défi paraît impossible à relever et.... « ça l'excite », sourit un visiteur du soir. « Il se dit "personne ne l'a jamais fait. Alors si je le fais..." ».
Pour y parvenir, Sarkozy a opté pour la stratégie du kamikaze : tout oser, même les mesures les plus impopulaires. Pour faire oublier son bilan, et avec l'espoir, ténu, que les Français préféreront finalement un président réformateur à un Hollande « dilué, rondouillard, radical-socialiste et peu adapté à la période », selon l'expression d'un ministre. « Sarkozy est condamné à prendre tous les risques dans cette élection », confirme un membre du gouvernement. « Il estime qu'il n'a rien à perdre, et c'est une vraie force », assure un autre. « Sur beaucoup de sujets, il va décoiffer », prévient un visiteur régulier.
La contre-attaque devrait débuter mercredi avec le « sommet de crise » convoqué à l'Elysée avec les représentants des syndicats et du patronat. « Je dirai la vérité aux partenaires sociaux », a averti dimanche le chef de l'Etat. TVA sociale et enterrement définitif des 35 heures : les dossiers sur la table sont des sujets qui fâchent. Sarkozy ira ensuite les « vendre » lui-même aux Français « à la fin du mois ».

« Pousser Hollande dans les cordes... »

À entendre François Fillon, la hausse annoncée de la TVA sur les produits importés ne devrait pas s'accompagner d'un coup de pouce sur les fiches de paie des Français, au risque d'amputer encore davantage leur pouvoir d'achat. « Notre responsabilité, c'est de baisser le coût du travail pour mettre un coup d'arrêt aux délocalisations, a plaidé le Premier ministre dans le Journal du Dimanche. C'est la bonne santé de l'économie et donc de nos entreprises qui permettra d'augmenter les salaires ». « S'il n'y a pas un geste qui est fait sur les cotisations des salariés, je ne sais pas expliquer cette mesure », s'inquiète pourtant un ministre, à l'image de beaucoup de parlementaires UMP.
Pour pousser ces réformes et installer l'image d'un président aux manettes jusqu'au bout, Sarkozy devrait aussi bousculer les usages en prolongeant la session parlementaire au-delà de la fin février, campagne présidentielle ou pas. Lui-même devrait entrer dans la bataille le plus tard possible, la seule véritable date butoir étant le 16 mars, date limite pour le dépôt des 500 parrainages au Conseil constitutionnel. « Six semaines de campagne, ça suffit largement », assure un ministre.
D'ici là, les troupes UMP sont chargées de pousser le candidat PS François Hollande dans ses retranchements. Il s'agit de l'empêcher de mener « une campagne à la Rajoy (le nouveau chef du gouvernement espagnol, tombeur du socialiste Zapatero en novembre, NDLR) : "je ne dis rien et je passe en surfant sur le rejet du pouvoir et la crise" », décrypte un ministre. « Le travail de la cellule riposte, c'est d'obliger Hollande à sortir du bois, de le pousser dans les cordes pour qu'il mette les choses sur la table ». En attendant la faute.
Paradoxalement, « la crise est à la fois une faiblesse et un atout pour Sarkozy », souligne un de ses conseillers. Certes, elle pourrait bien le faire tomber. Mais « s'il n'y avait pas la crise, il serait déjà battu ».

Quand les "hedge funds" jouent contre le sauvetage de la Grèce

L'accord sur la Grèce au sommet du 27 octobre ne pouvait aboutir que si les créanciers privés jouaient le jeu. Or, voilà que des petits "hedge funds" opportunistes, et quelques gros investisseurs américains, se sont engouffrés dans le désordre ambiant pour mettre en œuvre une habile stratégie.

« Quand les titres s'échangeaient à 40 % de leur valeur, ils ont acheté des titres à échéances très courtes, remboursables en 2012, explique Olivier Kintgen, associé du fonds de fonds Eraam. Dans le même temps, ils se sont couverts en achetant des assurances contre le risque de défaut, des CDS sur les titres souverains grecs. » S'ils sont ainsi devenus des créanciers privés de la Grèce, cela ne signifie pas pour autant qu'ils entendent apporter leurs titres à l'échange comme le prévoit l'accord. Car ils font le pari suivant : soit la Grèce obtient des liquidités lors de l'échange avec les créanciers privés, sur la base de l'accord qui permettra d'éviter le défaut, et elle sera en mesure de rembourser au pair toutes ses obligations à échéance 2012. Auquel cas, sans apporter leurs titres à l'échange, les hedge doubleraient leur mise, en un temps très court. C'est pour eux la meilleure option. Si l'accord ne se conclut pas avec les banques, ou se fait avec une décote telle - de plus de 50 % - que le défaut sera constaté par l'Isda, alors les fonds spéculatifs exerceront les CDS, et en principe toucheront l'assurance. Dans ce cas aussi, ils seront gagnants, même s'ils perdent sur les titres. Scandaleux ? Il n'y a rien là que de très légal à tout cela. Immoral ? Peut-être, car ils ne sont devenus créanciers de la Grèce que pour profiter d'une situation de détresse. La situation grecque se distingue d'ailleurs de celle de l'Irlande, où, faute d'avoir pu se couvrir, certains hedge funds avaient fait de très grosses pertes. Pour autant, ce n'est pas une opération totalement sans risque. Primo, l'exercice des CDS sur des souverains en Europe constitue une première. Comment cela se passera-t-il ? Secundo, cela ne « marchera » que s'il n'y a pas de décalage de trésorerie. Pour les hedge, il faut soit que les banques apportent très vite leurs titres à l'échange, soit que le défaut soit effectivement constaté. Si l'entre-deux durait trop, l'issue pourrait être moins riante.

Changer ses seins pour une meilleure image de soi

Annick, 44 ans, a subi une intervention mammaire à 22 ans. "Je n'avais absolument pas de poitrine, et j'étais très complexée depuis l'âge de 14 ans. Ce n'était pas facile à vivre, surtout quand vos copines portent toutes des soutiens-gorge", explique-t-elle. Elle camouflait son absence de seins comme elle pouvait, portait des vêtements amples. Elle s'était même laissé pousser les cheveux très longs. "Je n'ai pas fait cette opération pour ressembler à une bimbo, au contraire, je l'ai faite pour passer inaperçue. A toutes les personnes qui pensent que cette opération est superflue, je leur dis que c'est une énorme erreur."

Quelles sont les motivations des femmes qui recourent à la chirurgie mammaire à visée esthétique ? Les réactions hostiles aux poses d'implants (en dehors de la chirurgie reconstructrice) après l'affaire PIP ont véhiculé l'image caricaturale de bimbos siliconées, souvent trompeuse. Jean-Claude Dardour, chirurgien plasticien, qualifie à "99 %" les demandes "saines". Elles se répartissent principalement entre trois groupes : les femmes qui ont une très forte poitrine et recourent à une réduction mammaire, celles qui se font poser des implants mammaires, soit qu'elles n'aient pas ou peu de seins, soit que leur poitrine soit abîmée, et "vidée" par des grossesses ou par l'âge. Les patientes les décrivent alors comme " des gants de toilette" anti-érotiques.
Les normes esthétiques ont changé, et la mode est aux poitrines généreuses. L'image fantasmée de gros seins s'est formée auprès de GI américains pendant la seconde guerre mondiale, avec pour égérie Jane Russell. Plus tard, des séries télévisées comme "Alerte à Malibu", diffusée à partir de 1989 aux Etats-Unis, avec l'actrice Pamela Anderson, puis les magazines people, ont mis à la mode le 90D. Du moins outre-Atlantique.
"Au début de la chirurgie esthétique, les clientes étaient des femmes autour de la trentaine, qui venaient avec leur mari car leur poitrine avait perdu du volume et s'était affaissée après un ou deux enfants, explique le docteur Julien Glicenstein, ancien président de la Société française de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (Sofcpre), puis, sous l'influence des séries télévisées, des magazines, des femmes de plus en plus jeunes avec des petites poitrines ont fait des demandes."
Parfois, ce n'est pas une réussite, dans ce cas, c'est plutôt deux flancs à la vanille dans un réfrigérateur en panne.
La taille des prothèses a également augmenté en trente ans, même si elles n'atteignent pas les mensurations demandées aux Etats-Unis ou en Amérique latine. Le plus souvent, ce sont des demandes "raisonnables" (bonnets B ou C), assurent les chirurgiens plasticiens. Comme Hannane, qui était gênée par ses petits seins. "On m'appelait souvent Olive, la femme de Popeye. Après plusieurs années de réflexion, j'ai franchi le pas. Je voulais rééquilibrer mon corps, mais je ne voulais pas de trop gros seins, juste me sentir plus féminine." Opérée en 2008, cette jeune femme de 34 ans se dit très satisfaite.
Toutefois, certaines femmes ont des demandes que les chirurgiens jugent exagérées. A l'instar de Stéphanie, opérée à 22 ans. Pas vraiment complexée par "ses petits seins", elle considère que "les belles femmes ont des formes". Elle a bataillé avec son chirurgien pour obtenir des implants plus gros que ceux qu'il lui conseillait, compte tenu de sa morphologie. Elle est passée d'un soutien-gorge de bonnet A à un bonnet D. Mais, même après son intervention, elle trouvait encore ses seins "pas assez gros". Au final, onze ans après l'intervention, Stéphanie est satisfaite. "Je me sens plus féminine et j'ai une meilleure estime de moi. La seule chose négative est que j'ai perdu toute sensibilité au niveau des seins", ajoute-t-elle.
Un inconvénient qui survient fréquemment. Mais, pour "la majorité des femmes, le plaisir d'être vue est plus important que la caresse", considère le professeur Maurice Mimoun, chef de service de chirurgie plastique reconstructrice à l'hôpital Saint-Louis, à Paris.
"Le sein est le symbole de la féminité. Il a une valeur érotique, de séduction. Et, dans l'imaginaire masculin, le fantasme est dans les formes. Pas mal de demandes de chirurgie esthétique viennent du conjoint", explique Françoise Millet-Bartoli, psychiatre, psychothérapeute, auteure de La Beauté sur mesure (éd. Odile Jacob, 2008). Toutefois, quand la demande ne vient pas de la femme mais de son conjoint, elle risque de mal vivre son opération.
Le recours à la chirurgie esthétique masque parfois une fragilité narcissique. "Si les parents, et notamment la mère, ont été suffisamment rassurants dans l'enfance, les particularités ou défauts physiques seront mieux acceptés. La représentation que l'on se fait de son corps est extrêmement liée à l'estime de soi", estime la psychiatre.
Pour Hélène Parat, psychanalyste, auteure de Sein de femme, sein de mère (PUF, 2011), bien des femmes ne sont pas contentes de leur poitrine. "Les demandes de chirurgie esthétique sont la partie émergée de l'iceberg. Le sein symbolise un idéal. Il est un support de projection qui cristallise toutes les déceptions." Selon la psychanalyste, les motivations inconscientes d'une femme qui recourt à ce type de chirurgie sont éminemment liées à son histoire infantile, à son rapport à la mère, qui a forgé sa féminité.
L'image du corps est en effet souvent très subjective, le corps anatomique étant en décalage avec le corps imaginaire. Il peut y avoir un risque d'insatisfaction permanente, de déception, tant est surinvestie l'attente de réparation psychique. Parfois, les demandes de chirurgie mammaire interviennent après une rupture affective ou un événement déstabilisant. "Le problème se focalise sur un défaut, mais ce que cherche la personne, c'est une réassurance permanente", ajoute Mme Millet-Bartoli.
Le psychiatre Michel Godefroy a passé trente-cinq ans dans le service de chirurgie plastique de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris. Désormais installé en libéral, il reçoit des patientes adressées par des chirurgiens plasticiens. Comme cette grande et belle femme au corps harmonieux qui voulait être opérée pour avoir les seins de l'actrice Brigitte Nielsen. "Parfois, les femmes viennent avec des photos de stars, elles veulent se mettent en conformité avec l'image de la femme idéale", explique-t-il. Certaines tombent dans l'engrenage de la réparation esthétique. Et trouvent toujours des chirurgiens peu regardants pour accéder à leurs fantasmes.

Il est étonnant qu'on s'étonne


On s'y attendait, mais on joue les étonnés. On feint la surprise et on est surpris à la fois. On savait la sanction inéluctable, mais on se scandalise quand même.


Les plus belliqueux appellent à la résistance les plus indignés s'étranglent de colère le gouvernement ne veut pas crier trop fort pour ne pas montrer qu'il a mal l'opposition récupère l'événement pour dénoncer l'impéritie dans le camp d'en face.


Chacun réagit sur son registre habituel et en fonction de ses intérêts à la dégradation de la France par Standard and Poor's. Chacun était prêt.


C'est un drôle d'événement qui vient de se produire, comme on parle de la « drôle de guerre ». C'est un événement et un non-événement à la fois.


On s'attendait à cette décision d'une ou de plusieurs agences de notation de rétrograder, avec d'autres, notre pays dans la hiérarchie économique et financière des États. Les marchés, qui aiment anticiper, ne traitaient déjà pas de la même façon la France et l'Allemagne quand il s'agissait de leur prêter.


Pourtant... Ouvertures de journaux télévisés, flashs radio, unes des journaux, alertes sur les téléphones mobiles... On a sonné le tocsin partout avant même l'annonce officielle de la décision. Conséquences économiques, retombées sur le pouvoir d'achat, effets sur le chômage, influence sur la cote des candidats, tout y passe. On s'y attendait, mais on joue les étonnés. On feint la surprise et on est surpris à la fois. On savait la sanction inéluctable, mais on se scandalise quand même.


C'est la manifestation d'un vaste et massif déni de réalité. On se souvient du Premier ministre actuel laissant échapper, un été en Corse, qu'il était aux commandes d'un État en faillite ou du président de la République lâchant, lors d'une de ses rares conférences de presse, que les caisses de l'État sont vides pour justifier qu'il ne puisse faire grand-chose en faveur du pouvoir d'achat.


On entend des candidats actuels promettre des dépenses et encore des dépenses, sans être sûrs de pouvoir faire repartir la production et l'investissement en France.


Les mêmes, qui savent que nous sommes en déficit avec une magnifique régularité depuis 1974, qui sont parfaitement conscients que notre croissance est en panne depuis longtemps et pour sans doute quelques années encore, qui constatent le trou s'approfondissant entre l'Allemagne et nous dans les performances industrielles et commerciales, et l'écart croissant des taux d'intérêts consentis aux deux pays, ces mêmes responsables politiques de haut niveau s'étonnent qu'une agence de notation en tire les conséquences.


C'est
étonnant.

La Grèce peut se reconstruire (Merkel)

La Grèce a la capacité de reconstruire son économie par des réformes structurelles en dépit des mesures d'austérité qu'elle a eu à subir, a estimé dimanche la chancelière allemande Angela Merkel dans une interview radio.

Mme Merkel a déclaré sur Deutschlandfunk que la seule réduction des dépenses n'était pas suffisante et qu'il fallait des réformes structurelles, même si elles mettaient du temps à porter leurs fruits et devaient être mises en oeuvre dans la douleur.

Il y a de nombreux exemples dans le monde "où lorsque le FMI a lancé des programmes similaires, des phases de très forte croissance sont apparues, après une période de récession", selon Mme Merkel. "Des progrès ont été faits en Grèce", a-t-elle ajouté.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, était attendu dimanche en Grèce pour porter "un message d'encouragement et d'espoir" à l'aube d'une semaine cruciale pour le pays couvert de dettes, selon un porte-parole du ministère.

Les responsables de la "troika" (zone euro, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) doivent retourner à Athènes mardi afin de faire le point sur les efforts conduits par la Grèce en termes de réduction des déficits et d'engagement des réformes structurelles.

Mme Merkel a affirmé que l'objectif était de réduire la dette de la Grèce à 120% de son PIB à l'horizon 2020, au lieu de plus de 160% du PIB actuellement. "Rien qu'en prenant conscience de cet horizon, on réalise combien le problème est grave", a souligné la chancelière.

Les banques ont annoncé vendredi qu'elles suspendaient leurs négociations avec Athènes sur les modalités de la restructuration de la dette publique de la Grèce, accroissant le risque de faillite.

Un rapport positif de la "troika" ainsi qu'un accord sur la restructuration de la dette conditionnent la mise en place d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros par les créanciers internationaux de la Grèce, UE et FMI.

Standard & Poor's : la rigueur serait une erreur de diagnostic

Une erreur de diagnostic! C'est, selon Standard & Poor's, ce qui serait en train de précipiter l'euro dans le gouffre. «Le diagnostic établi par les dirigeants de la zone euro ne reconnaît que très partiellement les véritables causes de l'origine de la crise», explique Moritz Kraemer, directeur du département notation souveraine européenne de S&P. Et cette erreur de diagnostic conduit les dirigeants européens à répondre, sommet après sommet, de façon incomplète aux problèmes qui touchent la zone euro.

Les Européens sont en effet convaincus que «cette crise provient essentiellement des déficits budgétaires excessifs accumulés par les États périphériques». Ce qui les amène à privilégier les mesures de rigueur. Erreur, estime S&P, à rebours du discours classique des agences de notation: «Un processus de réformes basé sur le seul pilier de l'austérité budgétaire risque d'aller à l'encontre du but recherche.» Les plans d'austérité créent de l'inquiétude chez les citoyens: ces derniers consomment moins, entraînant le ralentissement de l'économie et réduisant, in fine, les recettes fiscales de l'État. Ce cercle vicieux est celui dans lequel sont plongés l'Espagne, la Grèce et le Portugal, menacés d'une rechute en récession pour cause d'austérité ­excessive.

Des divergences croissantes en matière de compétitivité

Poursuivant son raisonnement, Standard & Poor's en vient même à estimer qu'une règle d'or européenne, limitant constitutionnellement les déficits, n'est pas la panacée. «Même s'il y avait eu une règle d'or budgétaire auparavant dans les pays de la zone euro, rien ne dit que la crise aurait été évitée», explique Moritz Kraemer. «Pour preuve, avant 2007, les Allemands affichaient un déficit budgétaire record, alors que les Espagnols étaient à l'équilibre.» Or, au final, c'est Madrid qui est aujourd'hui sanctionné par les marchés et non Berlin.
Pour S&P, les vraies raisons de la crise viennent «de divergences croissantes en matière de compétitivité entre les pays du noyau dur de la zone et les pays dits périphériques». Autrement dit, si les pays périphériques n'arrivent pas à s'en sortir, ce n'est pas tant à cause du niveau trop élevé de leur dette que de leur incapacité à générer une croissance solide.

Un jugement très sévère

C'est l'un des vieux dadas de cette agence qui accorde autant d'importance aux classiques déficits publics qu'à ceux de la balance des paiements. Cette balance traduit la différence entre l'ensemble des flux sortants et entrants d'un pays (investissements, biens et services). Elle constitue un excellent indicateur de la compétitivité d'un pays. De fait, les pays les plus sévèrement dégradés par S&P depuis trois ans sont ceux ayant la balance des paiements la plus déficitaire. C'est précisément aussi l'une des raisons de l'abaissement de la note de la République française. Largement excédentaire jusqu'en 2004, cette balance des paiements est désormais lourdement en perte, traduisant la perte de compétitivité de notre économie.
Factuellement exact, le jugement ­global de S&P n'en est pas moins très sévère. «La réforme 6 pack, adoptée par Bruxelles l'année dernière, contient un volet obligeant les pays à proposer, chaque année, des réformes structurelles pour améliorer leur compétitivité», ­rappelle Laurence Boone, chef économiste Europe de Bofa Merrill Lynch. Simplement, ces réformes mettront plusieurs années à produire leurs effets. Probablement trop long aux yeux des agences.