TOUT EST DIT

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jeudi 19 janvier 2012

General Motors de nouveau champion de l'automobile mondiale

Et le premier constructeur mondial est… General Motors (GM). Après avoir été relégué au deuxième rang mondial par Toyota depuis 2008, le constructeur américain revient au premier plan. En 2011, GM a écoulé 9,025 millions de véhicules à travers le monde (+ 7,6 %), dont 2,9 millions aux Etats-Unis. Sur son premier marché, GM a vu ses ventes s'envoler de 11,4 %, en ligne avec la reprise du marché nord-américain. Par ailleurs, l'une de ses deux marques mondiales, Chevrolet, a établi un record de ventes de 4,76 millions de voitures dans le monde, selon GM.

Dans le même temps, Toyota, numéro 1 depuis 2008, estimait avoir vendu 6,97 millions de voitures de marques Toyota et Lexus dans le monde. Le premier constructeur japonais a été plombé par le séisme de mars au Japon et les inondations de l'automne en Thaïlande, deux événements qui ont altéré ses capacités de production et sa logistique. En 2012, il prévoit de vendre 8,48 millions de véhicules (+ 20 %).
UNE CONCURRENCE DE PLUS EN PLUS RUDE
Cette chute profite à Volkswagen qui, avec 8,16 millions de véhicules écoulés l'an dernier, est numéro 2 mondial. Au salon de l'automobile de Detroit, début janvier, Christian Klingler, le directeur des ventes mondiales de VW, s'attendait à prendre cette place. Reste qu'il expliquait que cela n'avait que peu d'intérêt dans un tel contexte : "Ce n'est pas important au regard du séisme qui a ravagé au printemps le Japon (…). Nous sommes à cette place et cela nous va bien. Ce qui nous intéresse, c'est d'être premier en 2018." En visant la vente de 10 millions de véhicules à cette échéance, Volkswagen, avec ses 500 000 collaborateurs, ne cherche "pas la taille, mais la puissance".
Si Toyota est bien troisième, la concurrence est de plus en plus rude. Le groupe coréen Hyundai, comprenant sa filiale à 39 % Kia, est pour sa part cinquième mondial, avec 6,6 millions de voitures vendues en 2011. Enfin, l'alliance Renault-Nissan-Avtovaz tape à la porte. Selon son patron Carlos Ghosn, cette alliance a vendu 8,03 millions de véhicules en 2011. Mais cet ensemble n'est pas réellement un groupe à l'instar de GM, VW ou Toyota.

mardi 17 janvier 2012

S&P abaisse la note du Fonds européen de stabilité financière à AA+

L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé lundi 16 janvier qu'elle abaissait la note à long terme du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la dégradant de AAA à AA+. S&P confirme la note à court terme A-1+ et précise que la perspective est en développement.

Cette décision est la conséquence de l'abaissement de la note de la France et de l'Autriche, qui faisaient partie des Etats notés "AAA" et permettaient au Fonds, par leurs garanties, de bénéficier de la note optimale de S&P. Les deux pays, désormais notés AA+, font partie des neuf pays européens sanctionnés par l'agence vendredi. Depuis, S&P considère donc que les obligations du FESF ne sont plus totalement soutenues, autant par les pays membres du Fonds que par des valeurs mobilières notées AAA.
Standard & Poor's n'exclut toutefois pas de relever la note à "AAA" si des garanties financières supplémentaires devaient lui être accordées. "Si nous constatons que les obligations à long terme du FESF sont pleinement soutenues par les garanties des Etats membres bénéficiant d'un triple A, nous pourrions relever sa note à 'AAA'", indique S&P. L'agence estime qu'il y a une probabilité qu'elle relève la note du FESF ou au contraire l'abaisse dans les deux ans.
LA CAPACITÉ DE PRÊT "PAS REMISE EN CAUSE"
Le patron du FESF, Klaus Regling, a toutefois estimé que la capacité de prêts du Fonds ne sera pas remis en cause par cette décision. "L'abaissement d'un cran de la note du FESF ne va pas réduire sa capacité de prêts de 440 milliards d'euros. Le FESF a les moyens de remplir ses engagements actuels et éventuellement d'autres, d'ici la mise en œuvre du Mécanisme européen de stabilité (MES) en juillet", a affirmé M. Regling.
Quant au président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, il a estimé lundi que l'Europe se trouve dans une situation économique "très grave". "Durant les tout derniers mois de 2011, l'incertitude sur la durabilité de certains souverains et sur la résistance du système financier, combinée à des perspectives de croissance sombres, ont débouché sur de sérieuses perturbations du fonctionnement normal des marchés financiers et de l'économie réelle." Invité par le Parlement européen en qualité de président du comité européen du risque systémique (ESRB), il a toutefois appelé à "apprendre à se passer" des agences de notation, ou à ne les considérer que comme "un paramètre parmi beaucoup d'autres".
Le ministre des finances français, François Baroin, a lui estimé lundi soir qu'il n'y avait "pas besoin d'agir" sur le Fonds européen de stabilité financière. "Le FESF conserve intacte sa capacité de prêt, avec des moyens suffisants et garantis pour remplir l'ensemble de ses engagements présents et à venir", affirme-t-il dans un communiqué.
DÉBATS SUR UN RENFLOUEMENT DU FESF
Mario Draghi a par ailleurs estimé que le Fonds de secours européen, privé de sa note "AAA", devrait être renfloué pour garder sa force de frappe en l'état. Selon lui, "il faut des contributions supplémentaires des pays encore notés AAA" pour que le FESF conserve "la même capacité" ou puisse prêter "au même taux".
Le scénario d'une hausse des garanties est toutefois mal engagé, l'Allemagne – premier contributeur du Fonds – ayant catégoriquement refusé lundi de remettre au pot pour le FESF. Les dégradations par Standard and Poor's de plusieurs pays européens avaient déjà relancé vendredi le débat sur la nécessité d'un renflouement du Fonds de secours de la zone euro (FESF), avec de sérieux clivages entre les capitales européennes.
La chancellière allemande, Angela Merkel, avait notamment indiqué préférer, avant même cette décision de S&P, une dégradation du FESF plutôt que de le renflouer. Les dégradations "ne vont pas torpiller le travail du FESF et je ne vois pas de besoin d'y changer quelque chose", avait-elle assuré. Lundi, le ministère allemand des finances a été dans le même sens, assurant qu'il n'était "pas besoin d'agir sur le FESF actuellement".
La capacité de prêts de l'actuel FESF est de 250 milliards d'euros environ, sur une enveloppe initiale de 440 milliards, un montant insuffisant s'il fallait venir en aide à un pays comme l'Italie. Un fonds permanent de secours, le MES, devrait commencer à fonctionner dès le mois de juillet, remplaçant au bout d'un an cet instrument temporaire qu'est le FESF. Le MES doit avoir une capacité de prêt de 500 milliards d'euros et un capital propre de 80 milliards, apporté par les Etats membres.

De Madrid, Nicolas Sarkozy contre-attaque sur le Triple A et accuse l’opposition d’agitation

Nicolas Sarkozy ne veut pas se laisser déstabiliser par la perte du triple A de la France décidée par Standard and Poor's. Il a ainsi contre-attaqué, lundi 16 février, à Madrid, lors de sa conférence de presse aux côtés du président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Le chef de l’Etat sait qu’il sera interrogé sur le sujet et le décrochage de la France par rapport à l’Allemagne. Il a préparé son coup et refuse de répondre au journaliste. « Vous n'avez peut-être pas eu les dernières informations ? Donc pouvez-vous me poser une autre question avec les dernières informations ? », demande M. Sarkozy au cours d’un échange aigre doux.
Traduction, le chef de l’Etat veut qu’on donne autant de poids à la décision de Moody’s, qui ne prendra pas de décision sur la France avant avril. Dans la journée, à Paris, ce fut un tir groupé de l’UMP. Derrière la presse, c’est l’opposition qui est visée. « Ceux qui commentent peuvent se laisser aller à des outrances, dire des choses qu’on a oubliées le lendemain. Quand on est au gouvernement, on n’a pas le droit, on ne peut pas se permettre ce genre d’agitation », accuse M. Sarkozy pendant la conférence de presse. Et d’instrumentaliser son voyage en Espagne pour faire la leçon à l’opposition.
L’occasion était rêvée, alors que le roi d’Espagne Juan Carlos avait remis à Nicolas Sarkozy dans la matinée les insignes de chevalier dans l’ordre de la toison d’or. Une première depuis le président Gaston Doumergue en 1926. Cette distinction exceptionnelle a été remise notamment pour le soutien indéfectible de Nicolas Sarkozy dans la lutte contre le terrorisme de l’ETA dès sa nomination au ministère de l’intérieur en 2002. « Il n’y a plus de Pyrénées dans la lutte contre le terrorisme », expliqua le récipiendaire, avant de conclure, ému. « Croyez bien que c’est un jour que je n’oublierai pas. » Et c’est toute l’Espagne qui était effectivement reconnaissante : outre M. Rajoy, tous les premiers ministres espagnols s’étaient déplacés: le socialiste sortant Jose Luis Zapatero, le conservateur Jose Maria Aznar, ami de George Bush, et le socialiste Felipe Gonzalez, qui fit entrer l’Espagne dans l’Union européenne.
Et tous ont posé, tout sourire, aux côtés du roi et de son épouse. « J’admire cette démocratie espagnole qui peut rassembler tous les présidents du gouvernement sans que personne ne se sente atteint dans son identité politique », a salué M. Sarkozy, avant d’attaquer sur la règle d’or, adoptée par consensus avant les élections générales espagnoles, qui ont vu le retour de la droite. « C’est la même maturité qui permis à Mariano Rajoy, président du Partido Popular, de voter aux côtés du gouvernement socialiste de Luis Rodriguez Zapatero une règle d’or », a déclaré le chef de l’Etat.
« Quand on est dans l’opposition et que l’on sait, dans l’intérêt de son pays, faire un geste vers le gouvernement, on se grandit », a déroulé M. Sarkozy, avant de conclure : « Il y a sans doute à s’inspirer de la démocratie espagnole ». Une démocratie où droite et gauche s’affrontent souvent très violemment.
 "Il faut agir tout de suite"
Il n’empêche, après avoir accusé l’opposition de n’avoir soutenu aucune de ses réformes, en particulier celle des retraites, le chef de l’Etat a défendu sa stratégie consistant à multiplier les annonces de réformes à moins de cent jours de la présidentielle. « Pour celui qui est au chômage, pensez vous qu’il ait le temps qu’on attende la campagne électorale ? Il faut agir tout de suite », assuré M. Sarkozy. « Il n’y a jamais de risque à dire la vérité au pays dont on a la responsabilité, les gens sont lucides, très intelligents, ils comprennent tout. »
M. Rajoy a apporté son soutien à l’idée d’une taxe Tobin, défendue par M. Sarkozy et indiqué son souhait de voir son pays jouer tout son rôle en Europe. M. Sarkozy l’a soutenu alors que le sommet tripartite de Rome, qui devait rassembler M. Sarkozy, le président du conseil italien Mario Monti et la chancelière allemande Angela Merkel a été reportée à la fin février.
La campagne électorale s’est poursuivie à l’ambassade de France à Madrid, devant les Français de l’étranger, où M. Sarkozy a vanté son bilan, de nouveau justifié la gratuité du lycée français à l’étranger pour les enfants d’expatriés. Jamais il n’a noté que les expatriés n’étaient pas contribuables français. En revanche, le chef de l’Etat a défendu la double nationalité, combattue par une partie de la Droite populaire. « Les Français qui ont une autre nationalité restent Français et appartiennent pleinement à la communauté nationale ». D’ailleurs, les Français de l’étranger auront le droit de vote aux législatives, M. Sarkozy ayant créé onze circonscriptions à travers la planète.

samedi 7 janvier 2012

"Le modèle chinois ébranle les certitudes américaines"

New York, correspondant - Installé depuis 2005 à New York, Ian Buruma est devenu l'un des intellectuels les plus en vue aux Etats-Unis. Il collabore à la New York Review of Books, au New York Times et au New Yorker. Polyglotte (néerlandais, anglais, allemand, chinois, japonais et français, quoi qu'il en dise), il a été l'éditeur des pages culturelles de la Far Eastern Economic Review, à Hongkong, et de The Spectator, à Londres. Aujourd'hui professeur de démocratie, droits de l'homme et journalisme à l'université Bard - "façon de dire que j'enseigne ce que je veux, c'est le charme du système universitaire américain", dit-il en riant -, il est un auteur polyvalent et prolifique. Nous avons interrogé cet intellectuel à focale large, prix Erasmus 2008, sur sa spécialité initiale : la Chine et l'Extrême-Orient.

Votre itinéraire vous place au carrefour de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique. En quoi cela influence-t-il votre regard sur le monde ? Mon père est néerlandais, ma mère anglaise d'origine juive allemande. L'Asie puis l'Amérique se sont ajoutées un peu par hasard. Très jeune, étudiant en langue et littérature chinoises, j'étais un cinéphile. Un jour, j'ai vu à Paris Domicile conjugal (1970), de François Truffaut. Le personnage d'Antoine Doinel y tombe amoureux de la Japonaise... et moi aussi ! A l'époque, aller en Chine était impossible. Je me suis donc tourné vers le Japon, où j'ai étudié le cinéma et participé à la troupe de danse Dairakudakan. L'Amérique est venue à moi tardivement, quand on m'a proposé d'y enseigner. Je me sens toujours plus européen qu'américain. Un Européen marié à une Japonaise et parfaitement chez lui à New York, la ville de la mixité.
Vous êtes progressiste et un produit typique du multiculturalisme. Pourquoi dénoncez-vous la "courte vue" des progressistes sur l'islam ? Je ne suis pas "progressiste". C'est ce pays tellement conservateur que sont les Etats-Unis qui m'a beaucoup poussé à gauche ! Je l'étais moins en Europe et en Asie. Je n'ai jamais admis les complaisances de gens de gauche pour toutes sortes de potentats sous le prétexte d'accepter les différences. Et je suis opposé à l'idéologie du multiculturalisme. Lorsque le terme décrit une réalité, il me convient. Sur le plan factuel, je suis multiculturel. Mais l'idée que les gens doivent impérativement préserver toutes leurs racines est absurde. Dans le cas célèbre d'un crime d'honneur commis en Allemagne, où le juge avait estimé que le criminel avait des circonstances atténuantes en raison de sa culture d'origine, je considère qu'il a tort.
Il y a des choses plus importantes que la culture. Je n'admets pas l'argument culturel pour justifier l'excision. En même temps, je suis plus tolérant que la loi française pour l'affichage des symboles religieux. Qu'une policière ou une enseignante soit interdite de porter le niqab dans ses fonctions, oui. Une personne dans la rue, non. Ce type d'interdiction n'est qu'une façon de dissuader des gens impopulaires d'adhérer à une religion impopulaire.
La peur des Japonais était très forte il y a vingt-cinq ans aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous qu'un même phénomène soit aujourd'hui dirigé contre la Chine ? Les deux phénomènes ne sont pas similaires. Ce qui faisait peur aux Américains il y a une génération, c'était la visibilité des Japonais : Mitsubishi rachetait le Rockefeller Center, Toyota déboulait, etc. Leurs marques étaient très visibles. De plus, dans l'histoire américaine, les Japonais sont suspects. Aujourd'hui, les Américains se disent que, si les Chinois parviennent à la puissance qu'avaient les Japonais, ils seront bien plus dangereux. Mais, sur le fond, la menace nipponne avait été grandement exagérée et la menace chinoise l'est tout autant. D'abord, l'absence de liberté intellectuelle en Chine reste un obstacle très important pour son développement. Ensuite, l'intérêt des deux parties à préserver des liens l'emportera sur les forces poussant au conflit.
Quelle est la part de réalité et de fantasme dans cette tension montante ? Par fantasmes, vous entendez peur. Elle est fondée : la montée en puissance de la Chine ne pourra que réduire le pouvoir et l'influence américaine dans le monde. Après 1945, les Etats-Unis sont devenus le gendarme de l'Asie. Ce n'est plus le cas. Des peurs populistes sont également fondées sur des motifs socio-économiques. Mais je ne pense pas qu'elles atteignent le niveau des peurs antinippones de la fin des années 1980. Et les craintes de l'influence économique chinoise sont surtout concentrées dans les Etats de la vieille économie, où l'industrie lourde est en déclin.
Un sondage de l'Institut Pew a montré que les Américains croient que la Chine est devenue la première puissance économique mondiale. Or elle reste loin des Etats-Unis. C'est un fantasme typique... C'est une combinaison d'ignorance et de peurs, exploitées par des chroniqueurs de radios dans le but de blâmer Barack Obama. Mais je le répète : le déclin des Etats-Unis est un fait, comme la montée en puissance économique de l'Asie. Ce déclin génère un choc, dont il ne faut pas s'alarmer inconsidérément. Au début du XXe siècle, l'invention du personnage de Fu Manchu (sorte de génie du Mal incarnant le "péril jaune") avait provoqué un arrêt de l'immigration sino-nipponne en Amérique qui avait même eu un impact en Europe. A suivi la menace communiste, qui était, pour les Etats-Unis, loin d'être aussi réelle qu'on l'a présentée. Mais même la CIA y a sincèrement cru.
Les Etats-Unis sont un pays qui vit sous la peur constante de puissances extérieures qui menaceraient de faire disparaître son espace sécurisé. Ce pays a bâti et a été bâti par une société d'immigrés mais, dans le même temps, il pourchasse ces immigrés pour se protéger. Comme la France, du reste. Et, comme les Français, les Américains s'estiment porteurs d'une mission civilisatrice universelle. Or le "modèle chinois" ébranle leurs certitudes.
Est-ce parce que les Américains fondent leur économie sur l'idée que la liberté est le meilleur garant du succès, alors que les Chinois ont une croissance très supérieure avec un régime dictatorial ?
C'est exactement ça. Ce mélange chinois réussi de capitalisme et d'Etat fort est plus qu'une remise en cause, il est perçu comme une menace. Je ne vois pourtant pas monter une atmosphère très hostile à la Chine dans l'opinion. Depuis un siècle, les Américains ont toujours été plus prochinois que pronippons. Les missions chrétiennes ont toujours eu plus de succès en Chine qu'au Japon. Pour la droite fondamentaliste, ça compte. Et, dans les années 1980, des députés ont détruit des Toyota devant le Capitole ! On en reste loin.
Et le regard des Chinois sur les Etats-Unis, comment évolue-t-il ? Tout dépend de quels Chinois on parle, mais, pour résumer, c'est attirance-répulsion. Surtout parmi les classes éduquées qui rêvent d'envoyer leurs enfants dans les universités américaines et en même temps peuvent être emplies de ressentiment à l'égard d'une Amérique qu'elles perçoivent comme hostile, pour beaucoup à cause de la propagande de leur gouvernement. Du communisme comme justificatif du pouvoir il ne reste rien. Le nouveau dogme est un nationalisme fondé sur l'exacerbation d'un sentiment victimaire vis-à-vis du Japon et des Etats-Unis. En Chine, à Singapour, en Corée du Sud, on constate une forte ambivalence typique de certaines élites, par ailleurs fortement occidentalisées, pour qui le XXIe siècle sera asiatique. Dans les années 1960, au Japon, a émergé une nouvelle droite ultranationaliste, dont les représentants les plus virulents étaient professeurs de littérature allemande ou française. Ils voulaient se sentir acceptés, légitimes en termes occidentaux, et se sentaient rejetés. C'est ce que ressentent aujourd'hui les nationalistes chinois.
En 2010, vous avez écrit que la Chine est restée identique sur un aspect essentiel : elle est menée par une conception religieuse de la politique. Serait-elle politiquement soumise à l'influence du confucianisme, comme l'espace musulman le serait par le Coran ? Dans le cas chinois, il ne s'agit pas que de confucianisme ; le maoïsme était identique. Il n'y a aucune raison pour que les musulmans ne puissent accéder à la démocratie tout en préservant leur religion. La Turquie, l'Indonésie l'ont fait. La Chine le pourrait tout autant. Des sociétés de culture sinisante comme Taïwan ou la Corée du Sud ont montré qu'un changement est possible. L'obstacle à surmonter, en Chine, est que le confucianisme rejette la légitimité du conflit. L'harmonie est caractérisée par un ordre social ou règne l'unanimité. Donc la plus petite remise en cause apparaît instantanément menaçante.
Qu'est-ce qui pourrait déclencher un processus démocratique en Chine ? Le plus grand obstacle est l'alliance entre les élites urbaines et le Parti communiste. Les deux ont peur de l'énorme masse paysanne ignorante. Ces élites ont une telle histoire récente de violence et une telle peur d'un retour du chaos qu'elles préfèrent un ordre qui leur assure la croissance, au risque d'avancer vers la démocratie. Pour le pouvoir, la grande faiblesse de ce système est que, le jour où l'économie cesse de croître et que l'enrichissement des élites urbaines s'arrête, l'édifice s'écroule. Dans ce cas, tout pourrait advenir, d'une alliance entre démocrates, ressortissants des nouvelles élites, et une fraction du parti, jusqu'à un coup d'Etat militaire.

vendredi 9 décembre 2011

Grèce et Portugal s'embourbent dans la récession

Le produit intérieur brut (PIB) grec s'est contracté de 5 % au troisième trimestre 2011, sur un an, selon des données révisées de l'autorité des statistiques grecques. En revanche, cette réévaluation ne modifie pas la contraction aux trimestres précédents, de 7,4 % pour le deuxième et de 8,3 % pour le premier.

Les dépenses totales de consommation, privée et publique, ont reculé de 5,1 %, à 42,2 milliards d'euros par rapport au troisième trimestre 2010, ce qui a contribué à réduire de 71,4 % le déficit du commerce extérieur, a précisé l'ESA. Sur la même comparaison, les exportations, à 13,8 milliards d'euros, ont progressé de 3,2 %, tandis que les importations ont reculé de 4,3%, à 14,2 milliards.
Selon le budget 2012, le PIB doit se contracter de 5,5 % pour 2011, et la récession en Grèce, surendettée et soumise depuis 2010 à une cure d'austérité dictée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, doit se poursuivre en 2012 pour la cinquième année consécutive, avec un recul de 2,8 % du PIB.
FORTE BAISSE DE LA DEMANDE INTÉRIEURE
Le PIB du Portugal s'est quant à lui replié de 0,6 % au troisième trimestre et de 1,7 % en glissement annuel, selon des données définitives publiées par l'Institut national des statistiques (INE).
En glissement annuel, le recul du PIB "est dû à la forte baisse de la demande intérieure", qui a chuté de 4,6 % de juillet à septembre (de 5,1% au 2e trimestre), a expliqué l'INE dans un communiqué.
L'investissement est tombé de 13,7 %, tandis que la consommation des ménages a reculé de 3,3% en raison notamment d'une baisse de 16,5 % en ce qui concerne les biens durables. Le gouvernement portugais table sur une récession de 1,6 % du PIB cette année, qui devrait s'approfondir à - 3 % en 2012 dans un contexte de forte austérité budgétaire.
En échange d'une aide de 78 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, le Portugal s'est engagé à réduire ses déficits et à mettre en œuvre d'importantes réformes structurelles.
ards d'euros.

samedi 3 décembre 2011

Certains socialistes, derrière leur ligne Maginot

Etre membre du Parti socialiste ne constitue pas un sauf-conduit pour tenir des propos germanophobes, même si le but ultime est d'attaquer Nicolas Sarkozy. C'est pourtant ce qu'ont fait plusieurs socialistes. "La question du nationalisme allemand est en train de resurgir au travers de la politique à la Bismarck de Mme Merkel", a déclaré Arnaud Montebourg, le "Monsieur 17 %" du premier tour de la primaire.
Quant au député parisien Jean-Marie Le Guen, il a estimé que la rencontre Sarkozy-Merkel sur l'euro, c'était "Daladier à Munich" - comparant implicitement la chancelière à Adolf Hitler. De tels propos sont inexcusables. Ils n'ont pas été désavoués par Martine Aubry, première secrétaire du PS, qui a, elle aussi, employé un vocabulaire guerrier, accusant M. Sarkozy d'avoir "capitulé partout".

François Hollande a bien tenté de calmer le jeu, mais ces dérapages offrent au ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, l'occasion d'enfoncer le clou : "Par pure tactique politicienne, avec pour seul objectif l'affaiblissement du président français, les socialistes prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", estime-t-il. Non sans, lui-même, être dépourvu d'arrière-pensées électoralistes.
De fait, la crise de l'euro est suffisamment grave pour imposer intelligence et sang-froid. En 2000, Jean-Pierre Chevènement avait accusé l'Allemagne de vouloir ressusciter le Saint-Empire germanique. L'accusation, qui avait suscité un tollé, avait pourtant un certain fondement : le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder voulait installer l'Allemagne au coeur de l'Europe élargie aux pays de l'Est et affirmer sa puissance politique. Il avait ainsi participé à l'intervention au Kosovo en 1999.
Ces craintes n'étaient pas fondées. Au contraire : l'Allemagne d'Angela Merkel n'est pas intervenue en Libye et on lui reproche davantage d'être une grande Suisse ou une petite Chine que de promouvoir une Europe allemande. Par ses efforts, l'Allemagne a imposé une prééminence économique écrasante. Quand Gerhard Schröder et Jacques Chirac ont, l'un et l'autre, fait voler en éclats le pacte de stabilité européen en 2003, le premier en a profité pour réformer son pays, tandis que le président français y a trouvé un permis de ne pas moderniser la France. Qualifier d'hégémonique l'Allemagne alors qu'elle est la première à contribuer au sauvetage de la zone euro est un non-sens.
En outre, même si elles viennent de chevau-légers, ces critiques socialistes tombent dans le piège tendu par Nicolas Sarkozy, qui a choisi d'instrumentaliser le modèle allemand pour justifier ses réformes.
François Hollande est l'invité d'honneur du SPD, lundi 5 décembre. Il sait que les socialistes français, s'ils accèdent au pouvoir, devront travailler sérieusement avec les Allemands. Le candidat socialiste a d'ailleurs demandé à rencontrer Mme Merkel début 2012. D'ici là, il serait avisé de demander fermement à ses troupes d'abandonner un vocabulaire et des accusations d'un autre siècle.

mercredi 30 novembre 2011

Le jeu de François Hollande vis à vis de François Bayrou

"On ne règle pas une question d'alliance entre deux tours d'une présidentielle." En tendant la main, sous condition, à François Bayrou, lundi 28 novembre, François Hollande a appliqué son principe, édicté en avril 2009 dans un entretien à L'Express. L'ancien premier secrétaire du PS, qui démarrait sa campagne pour 2012, pressait déjà le président du MoDem de faire le point sur leurs "convergences".

M. Hollande suivait alors une position isolée et risquée au sein du PS, où la perspective d'une alliance avec le centre avait été massivement condamnée lors du congrès de Reims, en novembre 2008. Le député de Corrèze était alors convaincu que la main tendue de Ségolène Royal en direction du centriste, entre les deux tours de la présidentielle de 2007, n'avait pas abouti car elle était survenue trop tard, et avait le tort de "renvoyer aux combinaisons, aux débauchages de dernière minute".
En septembre 2010, François Hollande était toujours persuadé que le futur candidat PS à la présidentielle devra veiller à "maintenir possible" le "basculement" de M. Bayrou "vers la gauche".
HOLLANDE SUIT "UNE POSITION COHÉRENTE"
Un an plus tard, une fois désigné pour représenter le PS à la présidentielle, le député de Corrèze a suivi cette ligne de conduite. Pour élargir le rassemblement autour de lui, après avoir noué récemment un accord électoral avec les écologistes, le candidat s'est dit prêt à enrôler le président du MoDem dans sa majorité s'il remporte l'élection présidentielle, dans l'hypothèse où le centriste "sort de l'ambiguïté" en appelant à voter pour lui au second tour.
"Si François Bayrou fait un choix – nous verrons lequel – au second tour, eh bien il sera dans la majorité présidentielle qui se sera constituée autour du vainqueur du second tour, s'il a appelé [à voter] pour le bon candidat, sous-entendu celui que je pourrais représenter", a déclaré M. Hollande sur RMC Info et BFM TV.

Le 20 novembre, son directeur de campagne, Pierre Moscovici, avait déjà parlé de M. Bayrou comme quelqu'un d'"estimable". En posant dès maintenant les conditions d'une éventuelle alliance avec les centristes, le candidat du PS "suit une position cohérente", estime Frédéric Dabi, directeur du département opinion publique de l'IFOP, interrogé par Le Monde.fr. "François Hollande poursuit sa logique de rassemblement", commencée quand il était à la tête du PS, appliquée lors de la primaire et avec les écologistes.
"Rassembler la gauche et le centre peut lui permettre d'incarner l'alternance en 2012", analyse M. Dabi, qui juge tout de même "relativement prématuré" de la part de M. Hollande "de se projeter dans le second tour, alors que le premier est encore loin et que les Français ne se préoccupent pas encore de la présidentielle".
BAYROU SENT LE PIÈGE
Le président du MoDem, qui doit officialiser sa troisième candidature présidentielle le 7 décembre, appelle de ses voeux une "majorité centrale" pour gouverner la France, qui s'ouvrirait aussi bien à la droite qu'à la gauche, mais marque pour l'heure son "indépendance". Comme en 2007. Mais un facteur a toutefois changé  depuis : M. Bayrou, qui n'avait pas donné de consigne officielle de vote entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007, a assuré qu'il proposerait "un choix clair" en 2012.
Soulignant que "pour l'instant", le centriste "est dans une ambiguïté dont il n'est pas sorti", M. Hollande tente de forcer M. Bayrou à prendre position entre lui et Nicolas Sarkozy, dès maintenant. D'autant que dans le camp du socialiste, on est convaincu qu'"au second tour, il choisira le vainqueur", comme l'a confié Pierre Moscovici au JDD.
Flairant le piège de se présenter comme un candidat ayant intériorisé son élimination au premier tour de la présidentielle, le centriste n'a pas souhaité répondre directement à cette proposition d'ouverture. Courtisé également par l'UMP, M. Bayrou a laissé ses lieutenants renvoyer la balle dans le camp du PS. M. Hollande n'est pas "automatiquement le représentant du changement au second tour", a fait valoir la première vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, dans Le Figaro. "Si François Hollande appelle à voter pour François Bayrou au second tour, il sera le bienvenu dans une majorité présidentielle avec nous…", a renchéri l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias.
"SÉCURISER" L'ÉLECTORAT CENTRISTE
Après avoir récolté plus de 18 % des voix au premier tour de 2007, M. Bayrou est aujourd'hui crédité d'environ 7 % des intentions de vote dans les derniers sondages. Une bonne partie étant passée chez le candidat du PS, qui pourrait avoir envoyé un message à ces électeurs centristes en lançant son appel en direction de M. Bayrou. "François Hollande attire beaucoup d'électeurs de François Bayrou en 2007. Près d'un quart voteraient aujourd'hui pour lui au premier tour. Par ailleurs, d'après la structure sociodémographique des électeurs de M. Hollande, on se rend compte qu'un bon nombre peuvent être tentés de voter pour le centre. Sa sortie peut donc être un moyen de 'sécuriser' ces électeurs dans un vote en sa faveur dès le premier tour", estime le directeur du département opinion publique de l'IFOP.
En essayant de régler la question des alliances plus de cinq mois avant le premier tour de la présidentielle, François Hollande prend aussi le risque de froisser ses alliés et l'aile gauche du PS. Le Front de gauche a dénoncé, lundi, une "dérive centriste" du candidat socialiste, qui "tire une balle dans le pied de la gauche" et "doit dire clairement s'il veut discuter avec le Modem ou le Front de gauche".
Plus radical, le candidat du Front de gauche à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a notamment estimé sur France Inter, mardi 29 novembre, que "le trait d'union que veut faire François Hollande avec François Bayrou aboutit à un divorce avec la gauche", assurant de nouveau que lui et ses alliés communistes "n'iron[t] pas dans quelque gouvernement que ce soit avec les centristes car le programme de François Bayrou n'a rien à voir avec la gauche".

mardi 1 novembre 2011

Le vieillissement des cellules est réversible

Pourra-t-on bientôt ralentir les effets du temps ? Des chercheurs français ont réussi à redonner leur jeunesse à des cellules de donneurs âgés de plus de 100 ans, en les reprogrammant au stade de cellules souches. Loin d'être anodine, leur découverte démontre que le processus du vieillissement est réversible.

Ces travaux sur la possibilité d'effacer les marques de vieillissement des cellules, publiés dans la revue spécialisée Genes & Development du 1er novembre, marquent une nouvelle étape vers la médecine régénérative pour corriger une pathologie, note Jean-Marc Lemaitre de l'Institut de génomique fonctionnelle de l'université de Montpellier et responsable de ces recherches. Autre débouché important : mieux comprendre le vieillissement et corriger ses aspects pathologiques, selon le chercheur de l'Inserm.


Les cellules âgées ont été reprogrammées in vitro en cellules souches pluripotentes [ayant plusieurs potentialités] et ont ainsi retrouvé leur jeunesse et les caractéristiques des cellules souches embryonnaires. Elles peuvent se différencier à nouveau en cellules de tous types (neurones, cellules cardiaques, de peau, de foie...) après la cure de "jouvence" concoctée par les chercheurs.

Depuis 2007, des chercheurs ont montré que l'on pouvait reprogrammer des cellules adultes humaines en cellules souches pluripotentes dont les propriétés sont similaires à celles des cellules souches embryonnaires. Cette reprogrammation à partir de cellules adultes évite les critiques sur l'utilisation de cellules souches d'embryons. Mais jusqu'alors, la reprogrammation de cellules adultes se heurtait à une limite, la sénescence, point ultime du vieillissement cellulaire. L'équipe de Jean-Marc Lemaitre vient de franchir cette limite.

LA RÉPARATION DES ORGANES EN LIGNE DE MIRE

Dasn la pratique, les chercheurs ont d'abord multiplié des cellules de la peau (fibroblastes) d'un donneur de 74 ans pour atteindre la sénescence caractérisée par l'arrêt de la prolifération des cellules. Ils ont ensuite procédé à la reprogrammation in vitro de ces cellules. Comme cela n'était pas possible avec la préparation classique à base de quatre facteurs génétiques (OCT4, SOX2, C MYC et KLF4), ils en ont ajouté deux autres (NANOG et LIN28). Grâce à ce nouveau "cocktail" de six ingrédients, les cellules sénescentes reprogrammées ont réacquis les caractéristiques de cellules souches pluripotentes de type embryonnaire, ne conservant aucune trace de leur vieillissement antérieur. "Les marqueurs de l'âge des cellules ont été effacés, et les cellules souches iPSC que nous avons obtenues peuvent produire des cellules fonctionnelles, de tous types avec une capacité de prolifération et une longévité accrues", explique Jean-Marc Lemaitre.

Les chercheurs ont ensuite testé leur cocktail sur des cellules plus âgées de 92, 94, 96 jusqu'à 101 ans, avec succès y compris sur les centenaires. "L'âge des cellules n'est définitivement pas une barrière à la reprogrammation", conclut-il. Ces travaux ouvrent la voie à terme à l'utilisation des cellules reprogrammées comme source idéale de cellules adultes tolérées par le système immunitaire, pour réparer des organes ou des tissus chez des patients âgés, ajoute le chercheur.

mercredi 19 octobre 2011

Grève générale mercredi en Grèce contre le plan d'austérité

La Grèce se prépare à vivre quarante-huit heures de paralysie générale. Les syndicats du public comme du privé ont appelé à la grève mercredi et jeudi pour protester contre le nouveau projet de loi d'austérité devant être voté jeudi 20 octobre au Parlement.

Lire aussi : Grèce, le récit d'une crise
Les journalistes ont protesté dès ce mardi à Athènes ou près de 2 000 d'entre eux ont manifesté contre la hausse du chômage qui touche le secteur des médias et le gel des conventions collectives, prévu dans ce projet de loi contesté.
Outre les journalistes, les agents du fisc, le personnel municipal, les magistrats et nombre de médecins continuaient leurs propres mouvements lancés lundi tandis que les marins vont prolonger leur grève mercredi et jeudi, jours de grève générale à l'appel de la Confédération générale des travailleurs pour le privé et de la fédération du public, l'Adedy.
>> Lire notre reportage : Le "No pasaran" des fonctionnaires grecs
>> Lire notre décryptage : Rester pauvre ou partir, le dilemme des jeunes Grecs
UN PAYS PARALYSÉ
Mercredi, l'ensemble des vols des compagnies grecques Aegean Airlines et Olympic Air seront annulés tandis que des retards importants sont prévus chez les compagnies internationales, la grève touchant les aiguilleurs du ciel.
Les transports en commun vont observer des arrêts de travail à Athènes tandis qu'aucun taxi ne va circuler. Les boulangeries, les stations-service et les magasins seront également fermés.
Le pays vit depuis des semaines au gré des débrayages sectoriels et des manifestations, les rues d'Athènes comme celles de Salonique restant envahies par des tonnes d'ordures en raison d'une grève des éboueurs. Par ailleurs, les statistiques officielles du chômage, publiées mardi, montrent une aggravation du taux général, à 16,5 % en juillet.

PAPANDRÉOU MOBILISE POUR LE VOTE DE JEUDI

Le gouvernement de Georges Papandréou n'a cessé de répéter que si la législation entérinant de nouveaux efforts n'était pas adoptée cette semaine, avant le sommet de l'Union européenne dimanche à Bruxelles, les partenaires européens de la Grèce lui refuseraient les prêts dont elle a un besoin pressant pour éviter le défaut de paiement.
Mardi soir, il a appelé les députés socialistes (154 sur les 300 du Parlement) "à l'unité" et faire preuve de responsabilité" lors du vote crucial de jeudi sur le projet de loi impopulaire. "Nous avons devant nous une négociation dure […], il faut assumer nos responsabilités et je vous demande votre soutien afin de renforcer notre capacité de négociation dimanche", a dit M. Papandréou.
Voir infographie : Du déficit au défaut de paiement, comment la Grèce peut faire sombrer la zone euro
Il a appelé aussi l'Europe, qui "n'a pas été capable jusqu'ici de donner une solution" définitive à la crise de la dette, prendre des décisions pour mettre fin à l'incertitude qui règne sur la zone euro, sinon ce serait difficile pour la Grèce et pour les pays européens de sortir de la crise".
M. Papandréou devait rencontrer dans la soirée le chef de l'opposition de droite, Antonis Samaras, avec lequel il souhaiterait offrir un front uni à Bruxelles, mais l'opposition de ce dernier.