L’usine d’Yssingeaux a sans doute été sauvée grâce au contexte électoral et au sursaut patriotique à la mode du made in France. Les ex Lejaby de l’Ain, les Ontex de Villefranche, les Seafrance de Calais et tant d’autres n’ont pas eu les mêmes remparts politiques et économiques pour repousser l’implacable mécanique de la délocalisation. Les mobilisations ont payé et c’est l’essentiel si la bonne affaire pour Yssingeaux est dans le sac de cuir. Ce n’est pas la seule leçon de ce sauvetage à confirmer. La reprise de l’usine par un groupe de luxe démontre que la survie de l’industrie française passe par les sommets de la gamme, l’excellence, l’innovation. Et hélas plus rien d’autre. La France ne diminuera jamais assez le coût du travail pour concurrencer le made in China sur les « premiers prix ». L’Allemagne l’a compris avant nous. Il s’agit donc moins d’alléger les charges que de hausser le niveau de la recherche, du savoir-faire, du marketing. De l’école à l’entreprise, cela demande de former beaucoup de monde et de beaucoup réformer.
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jeudi 2 février 2012
Les leçons d’Yssingeaux
L’usine d’Yssingeaux a sans doute été sauvée grâce au contexte électoral et au sursaut patriotique à la mode du made in France. Les ex Lejaby de l’Ain, les Ontex de Villefranche, les Seafrance de Calais et tant d’autres n’ont pas eu les mêmes remparts politiques et économiques pour repousser l’implacable mécanique de la délocalisation. Les mobilisations ont payé et c’est l’essentiel si la bonne affaire pour Yssingeaux est dans le sac de cuir. Ce n’est pas la seule leçon de ce sauvetage à confirmer. La reprise de l’usine par un groupe de luxe démontre que la survie de l’industrie française passe par les sommets de la gamme, l’excellence, l’innovation. Et hélas plus rien d’autre. La France ne diminuera jamais assez le coût du travail pour concurrencer le made in China sur les « premiers prix ». L’Allemagne l’a compris avant nous. Il s’agit donc moins d’alléger les charges que de hausser le niveau de la recherche, du savoir-faire, du marketing. De l’école à l’entreprise, cela demande de former beaucoup de monde et de beaucoup réformer.
L’usine d’Yssingeaux a sans doute été sauvée grâce au contexte électoral et au sursaut patriotique à la mode du made in France. Les ex Lejaby de l’Ain, les Ontex de Villefranche, les Seafrance de Calais et tant d’autres n’ont pas eu les mêmes remparts politiques et économiques pour repousser l’implacable mécanique de la délocalisation. Les mobilisations ont payé et c’est l’essentiel si la bonne affaire pour Yssingeaux est dans le sac de cuir. Ce n’est pas la seule leçon de ce sauvetage à confirmer. La reprise de l’usine par un groupe de luxe démontre que la survie de l’industrie française passe par les sommets de la gamme, l’excellence, l’innovation. Et hélas plus rien d’autre. La France ne diminuera jamais assez le coût du travail pour concurrencer le made in China sur les « premiers prix ». L’Allemagne l’a compris avant nous. Il s’agit donc moins d’alléger les charges que de hausser le niveau de la recherche, du savoir-faire, du marketing. De l’école à l’entreprise, cela demande de former beaucoup de monde et de beaucoup réformer.
mercredi 25 janvier 2012
Doutes
Notre Président doute. Il doute de nous, les électeurs, qui pourrons choisir bientôt de le garder ou de le congédier. Il nous sent indécis, pas convaincus par le si beau bilan qu’il a vanté janvier durant, de vœux en vœux. « Mes chers compatriotes », dit-il – et nous, on s’interroge : stop ou encore ? Notre Président doute également de lui-même, de son désir de continuer à faire le job cinq années de plus. À 57 ans, jeune papa, il reste assez ambitieux pour réussir ailleurs, et devenir riche chez son ami Bouygues, où le moindre directeur est mieux payé que lui. Franchement, on le comprend : c’est un métier de chien que de nous gouverner. Voyez François Hollande, condamné à sans cesse jurer son désir de devenir notre Président, tant il paraît hésiter devant la lourdeur de la tâche. Oui, on comprend tout ça. Mais enfin, à un moment, il faudra bien répondre à la chanson : tu veux ou tu veux pas ?
Notre Président doute. Il doute de nous, les électeurs, qui pourrons choisir bientôt de le garder ou de le congédier. Il nous sent indécis, pas convaincus par le si beau bilan qu’il a vanté janvier durant, de vœux en vœux. « Mes chers compatriotes », dit-il – et nous, on s’interroge : stop ou encore ? Notre Président doute également de lui-même, de son désir de continuer à faire le job cinq années de plus. À 57 ans, jeune papa, il reste assez ambitieux pour réussir ailleurs, et devenir riche chez son ami Bouygues, où le moindre directeur est mieux payé que lui. Franchement, on le comprend : c’est un métier de chien que de nous gouverner. Voyez François Hollande, condamné à sans cesse jurer son désir de devenir notre Président, tant il paraît hésiter devant la lourdeur de la tâche. Oui, on comprend tout ça. Mais enfin, à un moment, il faudra bien répondre à la chanson : tu veux ou tu veux pas ?
lundi 23 janvier 2012
Républicain et réaliste
Devant toutes les générations socialistes réunies et une salle comble, attentive et enthousiaste qui aura rassuré sur la santé militante du PS, François Hollande a lancé sa campagne avec les pointes de lyrisme d’usage, les piques à l’adversaire de circonstance, quelques touches de programme et des tranches de vie personnelle inhérentes à ce scrutin égocentré.
Autour de l’égalité, de la laïcité et du combat contre le monde de la finance, le candidat du PS s’est appliqué à rassembler son camp, la gauche, sans effrayer la France du milieu. Celle qu’une Marseillaise finale rassure plus qu’une Internationale, celle qui a confiance dans la science et le progrès plus que dans la décroissance écologiste, celle qui au final fait gagner une présidentielle. Avec son petit secret bien préparé, « J’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent », il ramène sans le citer Nicolas Sarkozy aux images bling-bling et au bouclier fiscal de son début de mandat.
Ce lancement classique, sans faute, ne bâtit pas un programme, ne donne pas une vision pour le pays. Et alors ? Qui aujourd’hui à part les populistes et ceux qui veulent briller dans les débats avec de belles formules peuvent promettre des projets miracle et se projeter sur une décennie ? Dans le monde tel qu’il se construit en 2012, sans frontières et à la vitesse du clic de souris, le dirigeant politique est confiné à une adaptation permanente aux événements et condamné à trouver des majorités au-delà de son pays pour corriger les dérives des sociétés mondialisées et limiter leur impact sur les peuples. Parler de vision, c’est jouer à Madame Irma.
Comme Nicolas Sarkozy lors de son sommet social,
François Hollande s’est résolument placé hier dans le camp des républicains réalistes. Il leur reste à marquer et à montrer leurs différences aux Français pour écarter les tentations populistes de ceux qui n’hésiteront pas à tout promettre sans regarder la réalité du monde qui les entoure.
Devant toutes les générations socialistes réunies et une salle comble, attentive et enthousiaste qui aura rassuré sur la santé militante du PS, François Hollande a lancé sa campagne avec les pointes de lyrisme d’usage, les piques à l’adversaire de circonstance, quelques touches de programme et des tranches de vie personnelle inhérentes à ce scrutin égocentré.
Autour de l’égalité, de la laïcité et du combat contre le monde de la finance, le candidat du PS s’est appliqué à rassembler son camp, la gauche, sans effrayer la France du milieu. Celle qu’une Marseillaise finale rassure plus qu’une Internationale, celle qui a confiance dans la science et le progrès plus que dans la décroissance écologiste, celle qui au final fait gagner une présidentielle. Avec son petit secret bien préparé, « J’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent », il ramène sans le citer Nicolas Sarkozy aux images bling-bling et au bouclier fiscal de son début de mandat.
Ce lancement classique, sans faute, ne bâtit pas un programme, ne donne pas une vision pour le pays. Et alors ? Qui aujourd’hui à part les populistes et ceux qui veulent briller dans les débats avec de belles formules peuvent promettre des projets miracle et se projeter sur une décennie ? Dans le monde tel qu’il se construit en 2012, sans frontières et à la vitesse du clic de souris, le dirigeant politique est confiné à une adaptation permanente aux événements et condamné à trouver des majorités au-delà de son pays pour corriger les dérives des sociétés mondialisées et limiter leur impact sur les peuples. Parler de vision, c’est jouer à Madame Irma.
Comme Nicolas Sarkozy lors de son sommet social,
François Hollande s’est résolument placé hier dans le camp des républicains réalistes. Il leur reste à marquer et à montrer leurs différences aux Français pour écarter les tentations populistes de ceux qui n’hésiteront pas à tout promettre sans regarder la réalité du monde qui les entoure.
lundi 16 janvier 2012
Le naufrage d’une époque
L’insubmersible Costa Concordia se serait donc lamentablement échoué parce que son capitaine aurait voulu faire miroiter de trop près les lumières scintillantes et écouter les sirènes tentatrices de son joujou au petit peuple de Giglio. Ces palaces flottants ne sont pas seulement les paradigmes de nos sociétés de parades, d’apparat et d’apparence. Ils surfent sur les dérives d’une mondialisation qui ne contrôle plus sa vitesse de croisière et ignore ses voies d’eau. Le naufrage de cette tour de Babel flottante rappelle celui de la banque Lehman Brothers. Elle aussi se croyait insubmersible.
Pour rentabiliser au mieux ces palais des mille et une nuits à prix abordables, les croisièristes se sont lancés dans une course au gigantisme. Costa et les autres recrutent les équipages dans des pays de misère et les passagers chez les pensionnés moyens et modestes de nos pays occidentaux. Machinistes philippins et soutiers péruviens trouvent dans cet exil maritime le Smic qui nourrit leurs familles. Pour les clients, le marketing invente, vante et vend à tarifs dégriffés un modèle de retraite heureuse et réussie qui les entraîne dans une course effrénée vers le soleil, les spas, les dîners de gala en toute saison. Comme s’il fallait compenser des années de labeur par une orgie de loisirs, goûter à une illusion de luxe servie dans des couverts en argent et poursuivre des rêves inaccessibles au temps de la jeunesse. Faut-il enfin s’étonner et s’offusquer de cette panique « Titaniesque », de ce capitaine qui abandonne le navire six heures avant le dernier passager ? Quand ça va bien, notre société fonctionne au chacun pour soi. Alors quand ça tangue…
Tel le Titanic et ses chaloupes réservées aux premières classes en 1912, ce bateau sur le flanc en 2012 ressemble furieusement à son époque. Ce n’est pas pour autant que ce naufrage nous fera remettre les pieds sur terre.
mercredi 4 janvier 2012
La crise, ce jackpot
Le patron de la Française des Jeux le dit, bien assis sur son jackpot 2011 record : « Le principe de la loterie, c’est de donner un petit moment de bonheur dans un univers de contrariétés ». En trois mots, vive la crise ! On se gratte moins la tête avec les numéros de la FDJ qu’en recalculant la dette du pays et en renégociant la sienne avec son banquier. Le cinéma aussi, qui a battu ses records de fréquentation peut remercier la crise. La 3D construit des mondes meilleurs que le triple A de Moody’s, surtout quand des films ravivent de vraies valeurs humanistes et solidaires comme Intouchables. Réfugiés dans les salles obscures et des bureaux de tabac, les Français jouent et se divertissent mais surtout cherchent du rêve et du rire pour entretenir le moral, les illusions et les utopies. Tout ce que les politiques n’ont plus les moyens ni l’audace de proposer. Solutions ou échappatoires, le peuple se fait du bien en jouant et en se divertissant. Et tant pis si demain, avec la TVA sociale, pour avoir son ticket à la FDJ et au cinéma, il faudra passer un peu plus à la caisse.
Le patron de la Française des Jeux le dit, bien assis sur son jackpot 2011 record : « Le principe de la loterie, c’est de donner un petit moment de bonheur dans un univers de contrariétés ». En trois mots, vive la crise ! On se gratte moins la tête avec les numéros de la FDJ qu’en recalculant la dette du pays et en renégociant la sienne avec son banquier. Le cinéma aussi, qui a battu ses records de fréquentation peut remercier la crise. La 3D construit des mondes meilleurs que le triple A de Moody’s, surtout quand des films ravivent de vraies valeurs humanistes et solidaires comme Intouchables. Réfugiés dans les salles obscures et des bureaux de tabac, les Français jouent et se divertissent mais surtout cherchent du rêve et du rire pour entretenir le moral, les illusions et les utopies. Tout ce que les politiques n’ont plus les moyens ni l’audace de proposer. Solutions ou échappatoires, le peuple se fait du bien en jouant et en se divertissant. Et tant pis si demain, avec la TVA sociale, pour avoir son ticket à la FDJ et au cinéma, il faudra passer un peu plus à la caisse.
lundi 2 janvier 2012
Suspense garanti…
Chez nos voisins, où le citoyen choisit ses dirigeants par le biais d’élections législatives, le nom du chef de gouvernement et la majorité sont annoncés quatre à six mois à l’avance sauf événement dramatique de dernière minute. Chez nous, avec cette exception française en Europe nommée présidentielle, la campagne sert à démentir les augures, déjouer les parieurs, défaire un favori, démolir un outsider, débusquer un inconnu. La fameuse rencontre entre le peuple et le candidat… À chaque édition, le scénario s’est révélé différent et en dehors de la première en 1965, au 2 janvier, l’affaire était loin d’être emballée pour le futur vainqueur.
Où en sont-ils cette année ? La personnalité du Président Sarkozy, sans doute davantage que son bilan, suscite du rejet chez beaucoup de Français. Mais celle de son principal adversaire, François Hollande ne soulève ni enthousiasme ni adhésion forte y compris dans son camp. François Bayrou reste étiqueté à droite pour la majorité des électeurs de gauche, ce qui, à ce jour, limite son potentiel. Marine Le Pen n’est pas perçue crédible sur les questions économiques. Or, la seule indication fiable à ce jour, c’est que la crise sera le mot, le thème, l’enjeu de la campagne. Tous les candidats doivent encore faire leurs preuves… à l’épreuve de cette situation et de la campagne. On a vraiment la chance de voter en France : le suspense est garanti.
mercredi 28 décembre 2011
Beau temps, mauvaise nouvelle
Les glaciers fondent, les déserts avancent, la neige ne tombe plus à Noël. À part Claude Allègre, tout le monde s’en est rendu compte en levant les yeux au ciel : ça chauffe chaque année un peu plus pour la terre. Pour le moment, on se contente de monter la clim’ au lieu de baisser l’émission massive à l’origine de l’effet de serre. Le degré d’intolérance de la planète à cette montée de température sera atteint plus vite que prévu.
Depuis 1994, l’ONU et le G20 n’ont pas su imposer des mesures fermes et efficaces pour bloquer le thermomètre, en fermant le robinet des gaz à effet de serre, ouvert plein pot par un milliard de Chinois. On ne peut décemment pas demander à ces nouveaux champions du CO 2, de reprendre leurs vélos grinçants de l’époque Mao et de renoncer à la voiture qui nous est bien utile depuis un siècle. La solution ne peut être que mondiale et partagée. Entre la crise, la Syrie, l’inflation... les dossiers brûlants ne manquent pas lors des réunions de l’ONU et les sommets du G20. Mais si le dossier climat reste au réfrigérateur, les dirigeants vont passer leur temps à traiter dans l’urgence les catastrophes, les conflits, les désastres économiques provoqués par cette chaleur. Le beau temps ne sera bientôt plus une bonne nouvelle.
lundi 12 décembre 2011
Les suiveurs de fdebeauce
Dominique de Villepin voulait peut-être cultiver son côté vieille France. Une annonce de candidature au 20 heures de TF1, par les temps numériques qui courent, c’est comme un minitel sur la commode du salon ou Giscard en pull-over devant la cheminée déclamant son « Madame, Mademoiselle Monsieur ».
Voyez François Fillon ou plutôt fdebeauce. Sous ce pseudonyme d’acteur de série B, le Premier ministre balance depuis deux mois des messages de 148 signes sur le réseau social Twitter et infiltre et discute avec des milliers de gens. Un Hercule Poirot de cet univers de moins en moins parallèle l’a démasqué ; un prof d’informatique. Ça fait bien mais le détective surnommé « smarchau » n’a pas dû bien forcer. « Twitter », comme sa version longue Facebook, c’est le comice agricole de ce siècle, le café du commerce, la distribution de tracts à l’angle du marché. L’endroit où, débarrassé des harassantes tournées d’apéros de foires et de poignées de mains, le politique prend la température du pays, s’adresse au peuple, rencontre les citoyens. Sur Twitter, ils s’appellent « followers ». Ce mot signifie « suiveurs » en Anglais (Villepin en a peu pour le moment !) et il fait rêver les politiques de tous bords depuis qu’existent les élections. Fdebeauce devrait quand même se méfier. Suiveur n’est pas encore synonyme d’électeur.
samedi 10 décembre 2011
Hollande la campagne qui rase
Le Président Sarkozy a tout loisir de s’occuper de la discipline européenne, des gilets pare-balles des policiers, de la couleur des sièges du RER A et même des fréquentations (douteuses selon lui) des joueurs de l’Olympique de Marseille. Il n’a pas besoin de gagner la présidentielle de 2012. Les socialistes s’occupent déjà de la perdre. Deux mois ont suffi à briser net l’élan de leurs primaires, à lézarder en profondeur cette façade unitaire délabrée depuis longtemps faute de fondations stables. Les mêmes qui se claquaient la bise en octobre se menacent aujourd’hui de paire de claques. Les rancœurs ravalées ressurgissent, les rivalités rangées ressuscitent.
Les Français attendent une campagne présidentielle, le PS tient une convention sur les investitures aux législatives et Hollande parle de François Bayrou. Les usines ferment, les hôpitaux sont exsangues, les fins de mois difficiles… L’opposition s’agite sur le nucléaire, le vote des étrangers et le mariage homo. Entouré de son armée mexicaine, le candidat François Hollande semble vagabonder de chefs lieux de province en capitales européennes, d’usines en universités, les poches vides d’idées et de programmes. Cela ne s’appelle pas une campagne électorale encore moins une confrontation d’idées. Au fait quelles idées ?
Le Président Sarkozy a tout loisir de s’occuper de la discipline européenne, des gilets pare-balles des policiers, de la couleur des sièges du RER A et même des fréquentations (douteuses selon lui) des joueurs de l’Olympique de Marseille. Il n’a pas besoin de gagner la présidentielle de 2012. Les socialistes s’occupent déjà de la perdre. Deux mois ont suffi à briser net l’élan de leurs primaires, à lézarder en profondeur cette façade unitaire délabrée depuis longtemps faute de fondations stables. Les mêmes qui se claquaient la bise en octobre se menacent aujourd’hui de paire de claques. Les rancœurs ravalées ressurgissent, les rivalités rangées ressuscitent.
Les Français attendent une campagne présidentielle, le PS tient une convention sur les investitures aux législatives et Hollande parle de François Bayrou. Les usines ferment, les hôpitaux sont exsangues, les fins de mois difficiles… L’opposition s’agite sur le nucléaire, le vote des étrangers et le mariage homo. Entouré de son armée mexicaine, le candidat François Hollande semble vagabonder de chefs lieux de province en capitales européennes, d’usines en universités, les poches vides d’idées et de programmes. Cela ne s’appelle pas une campagne électorale encore moins une confrontation d’idées. Au fait quelles idées ?
mardi 6 décembre 2011
Nucléaire : le zéro défaillance
L’opération commando des pacifistes de Greenpeace ne va pas refroidir le débat entre opposants et partisans du nucléaire civil qui anime ce début de campagne électorale. Les activistes de Greenpeace n’ont certes pas atteint le cœur des réacteurs. Mais ces parties de cache-cache dans deux centrales du pays éclairent l’opinion sur des failles insoupçonnées dans la surveillance des installations : dans ce monde encore dangereux et souvent déraisonnable, cette « défaillance » technologique et humaine peut se révéler aussi peu rassurante et aussi dangereuse que les fuites façon Fukushima actuellement colmatées avec des sacs de sable. La preuve du zéro défaut n’est pas apportée. Cela ne constitue pas une raison suffisante pour jeter le bébé atomique avec l’eau du circuit de refroidissement. Greenpeace rappelle une vérité : la sécurité dans le nucléaire ne se brade pas, ne se calcule pas en terme de rentabilité. La seule réponse valable à ces intrusions, c’est davantage de moyens et de personnels pour protéger les centrales. Cela tombe bien : les partisans du nucléaire se gaussent de créer des emplois. Voilà le moment de le montrer.
L’opération commando des pacifistes de Greenpeace ne va pas refroidir le débat entre opposants et partisans du nucléaire civil qui anime ce début de campagne électorale. Les activistes de Greenpeace n’ont certes pas atteint le cœur des réacteurs. Mais ces parties de cache-cache dans deux centrales du pays éclairent l’opinion sur des failles insoupçonnées dans la surveillance des installations : dans ce monde encore dangereux et souvent déraisonnable, cette « défaillance » technologique et humaine peut se révéler aussi peu rassurante et aussi dangereuse que les fuites façon Fukushima actuellement colmatées avec des sacs de sable. La preuve du zéro défaut n’est pas apportée. Cela ne constitue pas une raison suffisante pour jeter le bébé atomique avec l’eau du circuit de refroidissement. Greenpeace rappelle une vérité : la sécurité dans le nucléaire ne se brade pas, ne se calcule pas en terme de rentabilité. La seule réponse valable à ces intrusions, c’est davantage de moyens et de personnels pour protéger les centrales. Cela tombe bien : les partisans du nucléaire se gaussent de créer des emplois. Voilà le moment de le montrer.
mercredi 30 novembre 2011
Le cycle infernal de la crise
Annonçant de gros nuages pour 2012, l’OCDE, le monsieur météo de l’économie mondiale exhorte les gouvernements européens à durcir les plans de rigueur. Cette austérité décourage la consommation et l’investissement, pousse les entreprises à comprimer les effectifs, grossit les files d’attente à Pôle emploi et aux Restos du cœur. Les politiques de non-remplacement de fonctionnaires et de départs en retraites retardés, les travaux reportés au nom de la rigueur signifient autant de postes perdus pour les jeunes. Cette rigueur pèse d’abord sur les classes moyennes, déterminantes pour entretenir une dynamique économique et un équilibre social. Elles sont menacées aujourd’hui de déprime et de déclassement.
La rigueur aggrave la crise. Mais la crise s’aggraverait également si les États et les collectivités continuaient à dépenser ou à emprunter à prix d’or l’argent qu’ils ne possèdent pas. Les pays européens sont engagés dans un cycle infernal qui rappelle furieusement la crise de l’avant-guerre. La réponse miracle à cette situation n’existe pas plus à Berlin qu’à Bruxelles ou à Lourdes. Surtout si nos dirigeants continuent de privilégier leurs intérêts intérieurs au lieu de gouverner l’Europe, de polluer leurs programmes électoraux avec des sujets annexes ou anecdotiques, de ne rien décider pour redonner vie à l’euro. La « prospérité » des Restos du cœur n’est pas seulement une fatalité économique. Dans cette crise, la responsabilité des politiques est lourdement engagée.
lundi 28 novembre 2011
Le défi d’un islam compatible
En Tunisie, au Maroc, sans doute en Égypte aujourd’hui et bientôt en Libye : Les succès électoraux des partis islamistes en Afrique du Nord s’inscrivent dans une logique électorale inéluctable. Ils se sont opposés sur place avec constance aux régimes dictatoriaux ou clientélistes en place pendant que les dirigeants des partis classiques pactisaient ou s’exilaient. Ils arpentent les quartiers populaires et les campus des universités, récoltent dans les mosquées ou auprès des monarchies du Golfe les fonds pour financer leurs campagnes, utilisent les nouvelles technologies pour étoffer leurs réseaux.
Bref ils savent faire de la politique. Sauront-ils gouverner ? Les démocraties de la rive nord de la Méditerranée n’ont d’autre choix que d’accepter le verdict des urnes d’autant que les printemps arabes sanctionnent aussi leur attitude complaisante à l’égard des despotes déchus. En revanche, les Européens n’accepteront pas un retour sur la laïcité, une arabisation totale de pays de culture mixte, des brimades de chrétiens, un climat d’insécurité pour les touristes. L’économie de ces pays minés par le chômage est trop liée à l’autre rive de la Méditerranée pour que les dirigeants s’exonèrent de relations apaisées et d’un islam compatible avec les standards européens.
samedi 26 novembre 2011
Le panache de Bayrou
François Bayrou candidat à la présidentielle, c’est devenu un pléonasme au XXI e siècle. Au nom du centre, cet endroit de la politique où, selon Mitterrand, se gagne l’élection présidentielle sauf quand on s’affiche… centriste. Bayrou veut croire que les logiques politiques ont changé après trente ans de dette et cinq ans de sarkozysme. Après tout, la crise de l’euro, il l’avait écrite et décrite avant tout le monde dans son livre, sans doute parce que la construction de l’Europe est dans l’ADN de ce centriste génétique et entêté. Il se lance au plus fort de la tourmente européenne, au moment où les écologistes s’enlisent, où Hollande patine, avant que son rival du centre, Hervé Morin, ne trépigne tout seul au pied du pont de Normandie. Le Béarnais chevauche en général sans troupes avec son panache orange, digne héritier d’Henri IV. Le moment est bien choisi, le créneau n’est pas occupé, la mode est à « une majorité d’union nationale » qu’il veut incarner. Mais cela ne fait pas un programme audacieux et lisible pour les Français qui aiment y voir clair et distinguer droite et gauche. Bayrou doit encore prouver qu’il reste de la place entre les deux.
François Bayrou candidat à la présidentielle, c’est devenu un pléonasme au XXI e siècle. Au nom du centre, cet endroit de la politique où, selon Mitterrand, se gagne l’élection présidentielle sauf quand on s’affiche… centriste. Bayrou veut croire que les logiques politiques ont changé après trente ans de dette et cinq ans de sarkozysme. Après tout, la crise de l’euro, il l’avait écrite et décrite avant tout le monde dans son livre, sans doute parce que la construction de l’Europe est dans l’ADN de ce centriste génétique et entêté. Il se lance au plus fort de la tourmente européenne, au moment où les écologistes s’enlisent, où Hollande patine, avant que son rival du centre, Hervé Morin, ne trépigne tout seul au pied du pont de Normandie. Le Béarnais chevauche en général sans troupes avec son panache orange, digne héritier d’Henri IV. Le moment est bien choisi, le créneau n’est pas occupé, la mode est à « une majorité d’union nationale » qu’il veut incarner. Mais cela ne fait pas un programme audacieux et lisible pour les Français qui aiment y voir clair et distinguer droite et gauche. Bayrou doit encore prouver qu’il reste de la place entre les deux.
samedi 19 novembre 2011
Les autres peurs nucléaires
Le Président va s’occuper lui-même des plans sociaux. Ceux qui ne portent pas ce nom mais qui se préparent bel et bien dans les directions de PSA, de la BNP, de la Société générale aujourd’hui, peut-être d’Air France, Areva, Seafrance demain. Mais le Président s’occupe aussi des plans sociaux… que prépare la gauche dans la filière nucléaire. « Le démantèlement causerait des dommages considérables à l’industrie française », avertit le chef de l’État. Au moment où les usines se vident, où la crise financière européenne prend chez nous les visages humains d’ouvriers, de marins et de guichetiers promis à Pôle Emploi, en plein psychodrame entre le PS et les Verts, Nicolas Sarkozy brandit de nouvelles peurs nucléaires : pertes d’emplois, perte d’indépendance, hausse des tarifs. Opportuniste, il monte en première ligne sur le thème déterminant de l’emploi avec une posture protectrice, un discours clair, approuvé par son camp et audible par l’électorat populaire résumé ainsi : une centrale nucléaire, c’est une usine qui ferme. Les plans sociaux du nucléaire sont pour le moment électoralistes, même si un job est déjà menacé : celui de candidate écologiste d’Eva Joly.
Le Président va s’occuper lui-même des plans sociaux. Ceux qui ne portent pas ce nom mais qui se préparent bel et bien dans les directions de PSA, de la BNP, de la Société générale aujourd’hui, peut-être d’Air France, Areva, Seafrance demain. Mais le Président s’occupe aussi des plans sociaux… que prépare la gauche dans la filière nucléaire. « Le démantèlement causerait des dommages considérables à l’industrie française », avertit le chef de l’État. Au moment où les usines se vident, où la crise financière européenne prend chez nous les visages humains d’ouvriers, de marins et de guichetiers promis à Pôle Emploi, en plein psychodrame entre le PS et les Verts, Nicolas Sarkozy brandit de nouvelles peurs nucléaires : pertes d’emplois, perte d’indépendance, hausse des tarifs. Opportuniste, il monte en première ligne sur le thème déterminant de l’emploi avec une posture protectrice, un discours clair, approuvé par son camp et audible par l’électorat populaire résumé ainsi : une centrale nucléaire, c’est une usine qui ferme. Les plans sociaux du nucléaire sont pour le moment électoralistes, même si un job est déjà menacé : celui de candidate écologiste d’Eva Joly.
lundi 7 novembre 2011
Lève toi Socrate...
Jusqu’à cette semaine, la Grèce évoquait pour nous des souvenirs de cours de philo, de livres d’histoire et des images avec des villages blancs sur fond de mers et de ciels tout bleus comme on en voit sur les devantures d’agences de voyage.
Admiratifs devant cette civilisation qui inventa la philosophie, le théâtre, la démocratie et la colonne dorique, enchantés par la beauté de Delphes, le petit ouzo de midi, l’escapade aux Cyclades et les soirées sirtaki immanquablement achevées par les balancements sur les « enfants du Pirée », on ne se méfiait pas.
Ils n’étaient pourtant pas au-dessus de tout soupçon : ce restaurateur de Corinthe prétextant une panne de la machine à carte bleue pour être payé en liquide ; cet armateur du Pirée immatriculé aux Bahamas ; ce pope débonnaire défiscalisant en toute légalité sa taxe foncière ; cet épicier ouvert à 22 heures également fonctionnaire le matin ; ces Papandréou de gauche qui depuis la restauration de la démocratie au milieu des années 1970 succèdent aux Caramanlis de droite à la tête de l’État.
On les prendrait presque pour des chevaux de Troie des Chinois, ces descendants indignes des grands mathématiciens Pythagore et Euclide qui avec leurs chiffres biseautés, leur fraude fiscale et leur dette abyssale ont précipité l’euro vers la décadence. ils ont aggravé leur cas cette semaine en confondant les instances européennes avec une Agora où l’on demande l’avis de tous les citoyens.
»Lève-toi Socrate», ils sont devenus fous imploraient les Européens devant le risque de sinistre politique qu’entraînait l’idée d’un référendum. Ils auraient mieux fait d’appliquer la formule qui clôturait les leçons du philosophe : connais-toi toi-même. Visiblement, l’Europe s’est ignorée elle-même trop longtemps.
Jusqu’à cette semaine, la Grèce évoquait pour nous des souvenirs de cours de philo, de livres d’histoire et des images avec des villages blancs sur fond de mers et de ciels tout bleus comme on en voit sur les devantures d’agences de voyage.
Admiratifs devant cette civilisation qui inventa la philosophie, le théâtre, la démocratie et la colonne dorique, enchantés par la beauté de Delphes, le petit ouzo de midi, l’escapade aux Cyclades et les soirées sirtaki immanquablement achevées par les balancements sur les « enfants du Pirée », on ne se méfiait pas.
Ils n’étaient pourtant pas au-dessus de tout soupçon : ce restaurateur de Corinthe prétextant une panne de la machine à carte bleue pour être payé en liquide ; cet armateur du Pirée immatriculé aux Bahamas ; ce pope débonnaire défiscalisant en toute légalité sa taxe foncière ; cet épicier ouvert à 22 heures également fonctionnaire le matin ; ces Papandréou de gauche qui depuis la restauration de la démocratie au milieu des années 1970 succèdent aux Caramanlis de droite à la tête de l’État.
On les prendrait presque pour des chevaux de Troie des Chinois, ces descendants indignes des grands mathématiciens Pythagore et Euclide qui avec leurs chiffres biseautés, leur fraude fiscale et leur dette abyssale ont précipité l’euro vers la décadence. ils ont aggravé leur cas cette semaine en confondant les instances européennes avec une Agora où l’on demande l’avis de tous les citoyens.
»Lève-toi Socrate», ils sont devenus fous imploraient les Européens devant le risque de sinistre politique qu’entraînait l’idée d’un référendum. Ils auraient mieux fait d’appliquer la formule qui clôturait les leçons du philosophe : connais-toi toi-même. Visiblement, l’Europe s’est ignorée elle-même trop longtemps.
lundi 31 octobre 2011
Combien ça coûte…
Quand ils préparaient leurs programmes électoraux, les partis politiques imaginaient des sociétés nouvelles et débattaient d’idées. Cette année, ils sortent leurs calculettes et se les jettent à la figure. Gauche et droite ont converti tout et tout le monde en coûts, en chiffrages, en ratios, en taux indéchiffrables et invérifiables pour le commun des citoyens. Salariés du bâtiment et de la restauration, vous croyez monter des murs ou des blancs en neige ? Eh bien non, Vous représentez 1,5 point d’ajustement de TVA et 7 milliards de taxes fiscales. Enseignants, vous coûtez 2,5 milliards selon la gauche, 7,5 milliards selon la droite. À ce rythme, comme le héros de la série « Le prisonnier », on va finir par répéter tous les jours « je ne suis pas un numéro » pour éviter la déprime du chiffre.
C’est certain, la France, comme la plupart des pays occidentaux, a trop longtemps vécu à crédit, trop souvent privilégié l’immédiat électoral et social à l’avenir des générations futures pour s’exonérer d’une gestion comptable et compatible avec une croissance atone et des caisses vides. On peut aussi chiffrer autrement qu’en économies pour l’État un maçon non embauché pour cause de TVA trop élevée et un poste de profs supprimé : cela fait deux consommateurs, deux cotisants en moins et deux chômeurs supplémentaires à indemniser avec de l’argent public. Certaines dépenses sont aussi des investissements pour l’avenir. Une élection présidentielle mérite mieux qu’un débat limité à une question : combien ça coûte ?
Quand ils préparaient leurs programmes électoraux, les partis politiques imaginaient des sociétés nouvelles et débattaient d’idées. Cette année, ils sortent leurs calculettes et se les jettent à la figure. Gauche et droite ont converti tout et tout le monde en coûts, en chiffrages, en ratios, en taux indéchiffrables et invérifiables pour le commun des citoyens. Salariés du bâtiment et de la restauration, vous croyez monter des murs ou des blancs en neige ? Eh bien non, Vous représentez 1,5 point d’ajustement de TVA et 7 milliards de taxes fiscales. Enseignants, vous coûtez 2,5 milliards selon la gauche, 7,5 milliards selon la droite. À ce rythme, comme le héros de la série « Le prisonnier », on va finir par répéter tous les jours « je ne suis pas un numéro » pour éviter la déprime du chiffre.
C’est certain, la France, comme la plupart des pays occidentaux, a trop longtemps vécu à crédit, trop souvent privilégié l’immédiat électoral et social à l’avenir des générations futures pour s’exonérer d’une gestion comptable et compatible avec une croissance atone et des caisses vides. On peut aussi chiffrer autrement qu’en économies pour l’État un maçon non embauché pour cause de TVA trop élevée et un poste de profs supprimé : cela fait deux consommateurs, deux cotisants en moins et deux chômeurs supplémentaires à indemniser avec de l’argent public. Certaines dépenses sont aussi des investissements pour l’avenir. Une élection présidentielle mérite mieux qu’un débat limité à une question : combien ça coûte ?
lundi 24 octobre 2011
Tout n’est pas noir
Pour rester un sport de voyous joué par des gentlemans, le rugby se complaît dans la complexité de ses règles et se repaît de coups du sort avec son ballon en olive aux rebonds fantasques. Ainsi hier, le XV de France a perdu la finale qu’il méritait de gagner d’une Coupe du monde qu’il ne lui revenait pas de soulever, au vu de l’ensemble de son œuvre.
Chez eux, sur leur archipel où les Britanniques, défaits au XVIII e siècle par les guerriers maoris devenus de redoutables défonceurs-plaqueurs sur les terrains, ont laissé le rugby pour garantir une mixité sociale durable, ces Néo-Zélandais féroces et véloces devaient nous blackbouler.
Ils voulaient effacer 24 ans d’humiliations dans leur pré-carré, subies le plus souvent à cause de ces imprévisibles Français, sans compter celle du naufrage du « Rainbow Warrior ».
Mais il ne suffit pas de crier haka et de se prendre pour des faucons fondant sur leurs proies pour plumer 22 coqs indignés ayant démonté leurs egos pour remonter sur leurs ergots au fil de l’épreuve. En autogestion salutaire, après avoir abandonné son entraîneur lunaire à ses déboires avec la presse, cette équipe de France a su vaincre ses individualismes, ses contradictions et ses à peu près pour entrer en rébellion et en construction.
En cela, ils ont été exemplaires. Trouillomètre à zéro, regards dans les chaussettes, les Néo-Zélandais marchaient la tête à l’envers quand les nôtres la relevaient en même temps que la mêlée noire et leur défi collectif. Nos héros ont perdu. Ils reviennent glorieux. Tout n’est pas noir dans cette drôle d’histoire du bout du monde.
lundi 17 octobre 2011
Indignés par procuration
À New York, Wall Street, les indignés américains défilent grimés et déterminés, devant les colonnes du temple de la finance. À Rome, les ulcérés Italiens, se rassemblent par dizaines de milliers, écœurés par le vote de confiance accordé vendredi par le Parlement à Berlusconi. Les « indignados » espagnols, occupent, marchent, chantent. La Belgique, la Grèce et même le Royaume-Uni dans les facs et les banlieues, ont leurs indignés. Ils se rassemblaient hier à Bruxelles.
Et les Français champions du monde de la manif ? Les « travailleurs », usés par des journées de revendications catégorielles à répétition et désabusés par le résultat des manifs sur la réforme des retraites n’avaient pas une journée de salaire à perdre mardi pour dénoncer l’austérité et la toute puissance des marchés, à l’appel de syndicats divisés et méfiants à l’égard de ces « indignés » de l’étranger que Facebook mobilise mieux que les mots d’ordre de grève.
Chez nous, l’indignation fonctionne par procuration. On se rue sur le livre de Stéphane Hessel (lire page 9), on stresse ou on lève le pied au travail, on vote à la primaire du PS. La vraie manif des indignés français aura lieu lors de la présidentielle. À ce jour, rien ne dit que l’indignation sera majoritaire.
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