TOUT EST DIT

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mercredi 17 octobre 2012

Coups

Coups 


M. Balladur, qu’on n’entend plus guère, et qu’on sait peu adepte de l’éloge, a dit hier de M. Ayrault qu’il est un homme parfaitement estimable. Compliment rare, quand le Premier ministre plie le dos sous les coups. Mais M. Balladur connaît l’enfer que vit M. Ayrault. Oui, l’enfer : l’Hôtel de Matignon, malgré ses dorures, son parc et sa domesticité, est une maison bien inconfortable. « On prend des coups », se souvient Pierre Mauroy, « il faut d’abord apprendre ça ». Mais ça, les petits jeunes ne le savent pas, et redoublent de coups. Dans l’opposition, c’est normal, mais aussi dans la majorité : les godelureaux Valls, Montebourg et Peillon se font les dents sur ce pauvre M. Ayrault, la godelurette Audrey Pulvar ironise sur son charisme – ah ! ça vaut pas le bel Arnaud, son compagnon de ministre… M. Ayrault s’est défendu hier, sans brio, comme d’habitude : à Matignon, l’important n’est pas de briller, mais de durer.

Islam et immigration face au déclin démographique européen : derrière les fantasmes, la vérité des chiffres

Une vidéo choc sur l’expansion de l’islam a été présentée par un cardinal africain lors du synode sur l’évangélisation. Elle donne une vision alarmiste sur le développement de l'islam en France, pays qui deviendra selon les auteurs "une république islamique" dans moins de 40 ans. Les chiffres et le scénario présentés dans cette vidéo sont-ils crédibles ?   
Michèle Tribalat : Comme toujours dans ce genre de document, il y a du vrai et pas mal de faux. L’effondrement démographique européen est une réalité qui marque certains pays plus que d’autres. L’Allemagne et l’Espagne, par exemple, s’en tirent moins bien que la France ou le Royaume-Uni. Dans son scénario Convergence, Eurostat a projeté une croissance démographique de 16 millions en 50 ans (de 2010 à 2060) dans l'Union européenne des 27. En l’absence d’immigration, l’Europe perdrait 70 millions d’habitants, soit un apport démographique de l’immigration de 86 millions en quarante ans, correspondant à près de 17 % de la population de 2060.

La population d’origine étrangère en Europe serait évidemment bien supérieure si l’on y ajoutait l’effet de l’immigration passée, celui des unions mixtes et des différentiels de fécondité qui ne sont pas pris en compte. Sans immigration, l’Espagne perdrait 8 millions d’habitants, l’Allemagne en perdrait 23. Un exercice de projection réalisé précédemment par Eurostat visait à estimer la part de la population d’origine étrangère en 2060 (exercice pas complètement satisfaisant d’un point de vue scientifique pour des raisons qu’il serait difficile d’expliquer ici). Il anticipait que la moitié des moins de 40 ans seraient d’origine étrangère en Espagne et en Allemagne en 2060, un peu plus de 40 % au Royaume-Uni et 20 % en France.
Pour la France, c’est peu crédible car on y est déjà. Même si ces chiffres étaient corrects, toutes les personnes d’origine étrangère ne sont pas musulmanes. À partir de l’enquête Trajectoires et origines réalisée par l’Ined et l’Insee en 2008, j’ai estimé à 4 millions le nombre de musulmans déclarés (soit 6,8 % de la population de France métropolitaine) et à 4,8 millions le nombre de personnes dont au moins un parent est musulman, soit respectivement 34 % et 41 % de l’ensemble de la population d’origine étrangère sur deux générations.

Le document compare le nombre moyen d’enfants par femme en France , "1,8 enfant par femmes" à celui des "musulmans" qui serait de "8,1 enfants par femme". Pour la France, la vidéo affirme également que "30% des enfants de moins de 20 ans sont musulmans" et qu’en 2027 "un français sur cinq sera musulman". Comment peut-on enquêter sur le sujet sachant qu’il n’y a pas de statistiques ethniques et religieuses en France. Dispose-t-on, malgré tout, d’estimations fiables sur le sujet ?

Les propagandistes ont du mal à résister à l’attraction des chiffres symboliques qui frappent l’imagination : 8,1 c’est 1,8 à l’envers. Tout cela est archi-faux. Aucun pays au monde n’a une fécondité d’un tel niveau aujourd’hui. Quelques pays ont encore un peu plus de 6 enfants par femme. C’est le cas du Mali, du Burundi, de la Somalie et de l’Afghanistan.
J’ai estimé la fécondité des femmes musulmanes en France, toujours d’après l’enquête Trajectoires et origines réalisée en 2008. À 40 ans, les femmes musulmanes nées dans les années 1958-1968 avaient 2,8 enfants en moyenne, contre, 1,9 chez les catholiques et 1,7 chez les femmes sans religion. Quant aux naissances, toujours d’après l’enquête Trajectoires et origines, pour les enfants nés en 2006-2008, un peu moins de 20 % d’entre eux auraient au moins un parent musulman.
Si la France n’avait jamais collecté les statistiques dont vous parlez, nous ne saurions absolument rien. Les chiffres que je vous ai donnés ne tombent pas du ciel. Ils sont sourcés. Nous n’avons pas d’enregistrement systématique, mais nous avons des enquêtes de temps en temps qui enregistrent des informations sur les ascendants (plus ou moins adéquates) et sur la religion. Ces statistiques ne sont pas interdites. Leur collecte est réglementée, mais relativement facile pour la statistique publique depuis 2004. L’Insee a freiné des quatre fers pendant longtemps avant de s’y résoudre.

D’après la vidéo, le nombre moyen d’enfants par femme en Europe est de 1,38 enfant. Toujours selon cette vidéo, l’Europe "cesserait donc d’exister" ou plutôt va exister autrement par "l’immigration". Quel est aujourd’hui le pourcentage de musulmans en Europe ? Comment ce pourcentage va -t-il évoluer dans les années à venir ?

Le nombre moyen d’enfants par femme dans l’Union européenne des 27 était de 1,59 en 2009, dernier chiffre publié par Eurostat à l’échelle de l’Union. C’est peu et annonce un déclin démographique que l’immigration contrecarre encore. De grosses différences subsistent entre les pays avec le Portugal à 1,32, l’Allemagne à 1,36 d’un côté, et la France à 2,0 et le Royaume-Uni à 1,94 de l’autre. Les premiers ont du souci à se faire, même si l’Allemagne peut espérer drainer une partie de la jeunesse européenne vers son économie.
Je vous ai cité plus haut quelques chiffres des projections d’Eurostat. Le scénario élaboré n’imagine pas une remontée très importante et rapide de la fécondité mais table plutôt sur l’immigration. Cela correspond tout à fait à la "philosophie" européenne qui n’imagine pas d’autre solution que l’immigration. Ce qui l’oblige à préparer les peuples européens à faire bon accueil aux nouveaux venus, puisque aucun autre choix ne semble possible, refrain bien connu. La politique familiale n’est pas une compétence européenne, l’immigration oui. Aucun effort n’est réellement entrepris à l’échelle européenne pour penser une politique qui permettrait à la démographie de l’UE d’être un peu moins dépendante et de compter plus sur ses propres forces en mettant au monde un peu plus d’enfants. L’Europe attend son salut démographique de l’extérieur en attendant le meilleur de "l’autre", toujours à l’honneur, même si les peuples craignent le pire.
Le Pew Forum, aidé de l’IIASA (International Institute for Applied System Analysis) a réalisé des projections de populations musulmanes dans le monde (2010-2030). En 2030, la population musulmane attendue en France métropolitaine serait légèrement inférieure à 7 millions, soit 10,3 % de la population totale. En 2030 comme en 2010, c’est en France que la population musulmane serait la plus importante, en nombre et en proportion, dans l’Union européenne des 15.

La France est le pays d’Europe qui compte le plus de musulmans. L’islam peut-elle devenir la première religion de France ?

Tout dépend comment l’on compte. Sur la simple affiliation, non bien sûr. Sur le nombre de fidèles vraiment engagés dans leur foi, c’est déjà pratiquement le cas puisque, parmi ceux qui déclarent accorder beaucoup d’importance à la religion, les musulmans sont plus nombreux que les catholiques entre 18 et 50 ans (enquête Trajectoires et origines 2008). Mais ce ne sont pas les musulmans qui portent la responsabilité de l’effondrement du catholicisme : 9 % des catholiques accordent beaucoup d’importance à la religion, contre 49 % chez les musulmans. L’islam est très dynamique, avec un taux de transmission qui s’est considérablement accru dans les générations les plus jeunes, alors que le catholicisme a déjà touché le fond. Les conversions ne sont pas pour l’instant, contrairement à une idée très répandue, un vecteur d’expansion de l’islam très important.

Presque partout en Europe, les formations d’extrême droite prospèrent sur le thème "de l’islamisation de l’Europe". Cela relève-t-il du fantasme ou recouvre-t-il une part de réalité ?

On peut entendre l’islamisation de deux manières. Une manière très littérale revient à dire que les musulmans seront bientôt majoritaires en nombre dans la population française, ce qui n’est pas réaliste du tout. S’il y a fantasme, il est là. Une autre manière consiste à penser que l’apparition d’une minorité musulmane importante, de plus en plus sûre d’elle et exprimant des exigences va changer notre cadre de vie, nos modes de vie et limiter nos libertés. Mais c’est déjà le cas. Pas la peine d’insister sur ce que l’islam a grignoté, d’ores et déjà, sur notre liberté d’expression. Christopher Caldwell a consacré un livre précisément à ce sujet, sans grand écho en France, malheureusement. Quand une culture tolérante accueille une culture intransigeante, c’est généralement la première qui cède. D’une certaine manière, la présence d’une population musulmane de plus en plus importante va nous obliger à décider ce sur quoi nous ne cèderons pas. Et, comme l’écrit Salman Rushdie, nous ne garderons que les libertés pour lesquelles nous serons prêts à nous battre. J’emploie le terme "battre" au sens figuré et non au sens d’un conflit armé. Je me sens obligée de le préciser, ce que je n’aurais sans doute pas fait 30 ans plus tôt.

Les hausses d'impôts, plus court chemin vers la récession

N’en déplaise aux tenants des politiques keynésiennes qui ont fait la preuve de leur insanité et de leur échec, le projet de budget centré sur les hausses d'impôts nous amène à une certitude : 2013 sera pire que 2012.
"Le désendettement sera compétitif et keynésien". C’est le dessinateur du journal Le Monde, Plantu, qui reprend ainsi la phrase d’une interview donnée à son journal par le ministre de l’économie, Pierre Moscovici. « Phrase légendaire », dit Plantu, dont le dessin représente un public de chômeurs devant des usines fermées.
Plantu serait-il devenu anti-keynésien ? Toujours est-il qu’il a le mérite de souligner l’essentiel du débat actuel sur le chômage. Car si tout le monde a commenté le « choc fiscal », auquel personne n’échappera, bien supérieur aux modestes baisses de dépenses publiques, peu nombreux (en dehors de notre équipe de libéraux) sont ceux qui ont prêté attention à la doctrine keynésienne qui sous-tend le projet de budget soumis au Parlement.
« La dette est l’ennemie de l’économie ». Mais qui a créé la dette ?
Bien évidemment le point de départ de notre ministre est réaliste : il faut réduire les déficits publics avec « une dette qui dépasse les 90% du PIB, seuil qui pénalise durablement la croissance ». Pour un socialiste keynésien, reconnaître que la dette, donc les déficits qui l’ont constituée, pénalise la croissance est une effort méritoire, voire une abjuration. Pourquoi les ancêtres de M. Moscovici, une fois parvenus au pouvoir en 1981, ont-ils alourdi les déficits et laissé dériver la dette ? Il est plus facile pour le ministre de l’économie de mettre tout au passif du quinquennat Sarkozy, qui s’est traduit il est vrai par un accroissement de 600 milliards de la dette française.
Lorsque le ministre indique que le gouvernement doit redresser les finances publiques, le journaliste du Monde, qui connaît son catéchisme keynésien sur le bout des doigts, lui demande « au risque d’une récession ? ». Réponse de P. Moscovici : « La dette est l’ennemie de l’économie, des services publics (sic !), de notre souveraineté nationale. Pierre Bérégovoy parlait jadis de la désinflation compétitive, je veux parler du désendettement compétitif ». Belle conversion soudaine à l’orthodoxie budgétaire. « Un euro de plus pour le service de la dette, c’est un euro de moins pour l’éducation, pour l’hôpital ou pour la sécurité ». Là, les choses se gâtent : si le gouvernement veut diminuer dette et intérêts, c’est pour pouvoir augmenter les dépenses publiques. Comme si ce n’était pas la dérive des dépenses qui avait fait exploser la dette.
Les pays qui ont fait du « laisser-aller budgétaire » se sont « pieds et poings liés retrouvés entre les mains des marchés ». Il faut donc éviter de tomber dans les mains des méchants marchés, qui font payer plus cher les pays les moins solvables en augmentant le taux d’intérêt (prime de risque). Mais qui est coupable ? Le marché, qui vient financer les pays imprudemment en déficit excessif et leur évite la banqueroute, ou les gouvernements qui ont mis le pays dans cette situation ?
Les coupes budgétaires sont « récessives »
Donc, voici le nouvel objectif : retour aux 3% du traité de Maastricht, sorte de mini règle d’or que les États se sont empressés de ne pas respecter. Comment revenir en 2013 aux 3% de déficit ? Par une hausse, que le ministre reconnait être considérable, de 20 milliards des impôts. Ne chipotons pas sur les chiffres, car le ministre oublie les hausses déjà votées lors du collectif budgétaire ; en tous cas le choc fiscal est sans précédent. Pourquoi augmenter les impôts au lieu de diminuer les dépenses ? Réponse du ministre « Les coupes budgétaires ayant un impact plus récessif que les hausses d’impôts, nous avons fait cette année tout ce qui était possible et nécessaire ».
S’agit-il d’une nouvelle loi économique ? Si notre ministre affirme que diminuer les dépenses est « plus récessif » que les hausses d’impôts, c’est qu’il croit que toute dépense publique a un effet de relance : il revient ainsi au keynésianisme le plus pur. La dépense publique serait-elle aujourd’hui un moteur de la croissance ? On observe que jamais les dépenses publiques n’ont été aussi élevées, et que jamais on a connu une stagnation aussi durable. Ce ne sont pas les « mesures d’austérité » qui prolongent la crise, contrairement à ce que soutiennent Messieurs Mélenchon et Thibaut. Et Monsieur Moscovici se trompe en voyant dans la réduction des dépenses publiques une politique « récessive ».
« Revenons à Keynes » 
Par contraste, aux yeux du Ministre, l’augmentation des impôts serait moins récessive. Or, il est démontré et prouvé que les hausses d’impôts ont un effet négatif sur l’offre : elles poussent à travailler ou entreprendre moins, elles font fuir les plus productifs à l’étranger. En effet les gens n’aiment pas travailler pour qu’on leur reprenne l’essentiel de ce qu’ils ont légitimement gagné. Réaction bien humaine.
Les hausses d’impôts freinant ainsi la croissance, elles entraînent la stagnation des revenus et des transactions, donc les rentrées fiscales diminuent : les taux d’imposition ont augmenté, mais la base fiscale à laquelle ils s’appliquent s’est réduite. Donc les déficits se creusent encore davantage, et la dette avec.
Monsieur Ayrault et son gouvernement s’en sortent avec un gros mensonge, qui consiste à affirmer que neuf contribuables sur dix seront gagnants ou épargnés parce que la réforme accroît la progressivité : à elle seule, la non indexation du barème pénalise pratiquement tous ceux qui paient l’impôt sur le revenu.
« Nous faisons contribuer davantage les grandes entreprises dont le taux d’imposition effectif est de dix points inférieur à celui des PME. Revenons à Keynes : ce qui fait qu’une entreprise investit, ce ne sont pas uniquement ses marges ou ses avantages fiscaux, c’est d’abord ses marchés, ses clients ». Monsieur Moscovici pense-t’il qu’en réduisant les marges des entreprises françaises, on pourra investir et satisfaire les clients français ? À l’heure du « patriotisme économique », il serait bon de rappeler que les grands gagnants de l’affaire seront les fournisseurs étrangers, moins chargés en impôts et cotisations que les entrepreneurs français.
La hausse des impôts est le plus court chemin vers la récession
Attention : « Nous ne versons pas dans un keynésianisme archaïque, mais notre politique marche sur ses deux pieds. Elle veut conforter l’offre et la demande. Keynes disait à juste titre que la demande précède l’offre ». Ainsi, au commencement était la demande ; en revanche, rien sur l’entrepreneur qui anticipe les besoins des clients et créé ce qui n’existait pas encore. Donc la politique du gouvernement s’appuie sur l’offre et la demande : elle marche sur deux jambes, mais l’une est nettement plus longue que l’autre ! À voir les taux d’imposition exploser, à voir se multiplier les réglementations, contraintes, interventions sur les prix ou dans les entreprises, on a du mal à percevoir une politique de l’offre. C’est donc une fausse fenêtre : c’est la demande, artificielle, qui ouvre le bal. L’offre n’a qu’à suivre.
Laissons nos confrères détailler les bons et les mauvais impôts, les vraies et les fausses réductions de dépenses ; l’essentiel est ailleurs. Le gouvernement, contraint de réduire les déficits, ne touche pas aux dépenses publiques (« moteurs de la croissance ») ; d’où les hausses d’impôts. N’en déplaise aux tenants des politiques keynésiennes qui ont fait la preuve de leur insanité et de leur échec, le projet de budget nous amène à une certitude : 2013 sera pire que 2012.

Hollande: "nous sommes tout près" d'une sortie de crise de la zone euro

a estimé que les pays de l'Union européenne étaient "tout près" d'une sortie de de la zone , dans un entretien à plusieurs journaux européens, dont Le Monde, donné à la veille d'un nouveau sommet à Bruxelles.
"Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près. Parce que nous avons pris les bonnes décisions au sommet des 28 et 29 juin et que nous avons le devoir de les appliquer, rapidement", déclare le président.

LE GROS MENTEUR PRÉDIT LA SORTIE D'UNE CRISE DONT IL NIAIT L'EXISTANCE SOUS SARKOSY

"D'abord, en réglant définitivement la situation de la Grèce, qui a fait tant d'efforts et qui doit être assurée de rester dans la zone euro. Ensuite, en répondant aux demandes des pays qui ont fait les réformes attendues et qui doivent pouvoir se financer à des taux raisonnables. Enfin, en mettant en place l'union bancaire", détaille-t-il.
"Je veux que toutes ces questions soient réglées d'ici à la fin de l'année. Nous pourrons alors engager le changement de nos modes de décision, et l'approfondissement de notre union. Ce sera le grand chantier au début de l'année 2013", déclare encore le chef de l'Etat.
"Le pire - c'est-à-dire la crainte d'un éclatement de la zone euro -, oui, est passé. Mais le meilleur n'est pas encore là. A nous de le construire", ajoute-t-il.

OH ! 
LE GROS MENTEUR !

Des couacs révélateurs

Des couacs révélateurs 


Réfléchir à la manière de combattre les réseaux et les dangers du cannabis, substance expérimentée par plus de 78 millions d'Européens, révèle l'Agence des drogues, n'a rien d'indigne. Tous les États l'ont fait à un moment ou à un autre, avant de convenir de degrés de tolérance variables selon les pays.
Mais il est très maladroit de procéder selon la manière, improvisée, de Vincent Peillon qui semble parfois oublier qu'il appartient à un gouvernement et qu'il en est le ministre de... l'Éducation !
Les couacs, c'est fini, promettait Jean-Marc Ayrault, il y a moins de trois semaines, à la télévision. En rouvrant le débat sur la dépénalisation du cannabis, alors que personne ne le lui demande, le numéro deux du gouvernement relance la cacophonie que le Premier ministre peine à étouffer. Pire, le vacarme qu'il a déclenché couvre le message sur la compétitivité que le chef du gouvernement adressait, hier, depuis son fief nantais.
Le propos de M. Peillon est inopportun : parce qu'il gêne un Président et un gouvernement en déficit croissant de crédibilité ; parce qu'il offre à la droite et aux compétiteurs pour la présidence de l'UMP une opportunité inespérée d'instruire le procès en irresponsabilité de la gauche ; parce qu'il se discrédite lui-même, lui qui a pour mission de protéger la jeunesse française de tous les trafics.
Ensuite, sa déclaration illustre à nouveau les difficultés de ce gouvernement à afficher des positions communes et constantes. Le cannabis fait partie des sujets qui divisent le PS et la gauche, sa dépénalisation étant souvent évoquée par les élus socialistes parisiens, par les écologistes et par les radicaux. Avec le nucléaire, les grands équipements et l'Europe, il fait partie des désaccords, en principe assumés, entre partenaires de majorité.
Enfin, ce couac n'est qu'une demi-surprise de la part de celui qui n'en est pas à son coup d'essai et qui privilégie facilement son besoin médiatique d'exister à la solidarité gouvernementale. On peut même se demander si le nouvel avertissement de Jean-Marc Ayrault, expliquant publiquement à son ministre qu'il n'a pas à être un commentateur, servira de leçon.
Quelle mouche à donc piqué Vincent Peillon ? Forcer la main de François Hollande ? Ce serait mal connaître le président de la République et méconnaître son récent arbitrage sur la question. Affaiblir Jean-Marc Ayrault ? S'il s'agit de ravir sa place à Matignon, la méthode n'est franchement pas la plus intelligente. Dire ce qu'il pense ? C'est la thèse, probablement exacte, de l'intéressé qui oublie souvent d'arrondir les angles de ses convictions.
Plus largement, les couacs gouvernementaux mettent en lumière une différence formelle entre la gauche et la droite : alors qu'à l'UMP on n'a vu, pendant cinq ans, qu'une seule tête, l'opposition devenue majorité continue d'exprimer des opinions indisciplinées qui brouillent la lisibilité du projet.
Ils confirment un déficit d'autorité au sommet de l'État, qui tient à la fois au Président, au Premier ministre, au premier secrétaire encore provisoire du Parti socialiste.
Enfin, après cinq mois de vol dans ce quinquennat, qui en compte soixante, ils révèlent des fissures peu rassurantes dans les turbulences de la crise.

Agir contre la misère

Agir contre la misère 

La misère est un continent immense. Il est peuplé de 865 millions d’êtres humains (1) de tous âges, de toutes langues, de toutes cultures. Partout, ils sont rejetés, parfois même jusqu’à devenir invisibles tant ils dérangent et inquiètent, tant ils interrogent.

Là-bas, le petit enfant de 2 ans casse des briques tandis que sa soeur d’un an plus âgée file sous les étals du marché ramasser quelque précieuse nourriture et glaner les copeaux de bois pour faire bouillir la marmite… Plus loin, un garçon de 8 ans coud des perles sur les vêtements vendus à bas prix dans les pays riches. Agile, il réalise ce que de grandes mains adultes ne peuvent faire : et tant pis s’il s’esquinte la vue irrémédiablement, à force de travail dans le taudis mal éclairé ! Dans la campagne, une jeune adolescente, esclave domestique, s’épuise, abandonnée et maltraitée. Dans les villes du tiers monde, gigantesques et fiévreuses, des hommes, des femmes, des enfants travaillent comme des esclaves. Ils trient, à mains nues, des déchets qu’ils ignorent toxiques. Ils sont enfermés dans des usines aux lourdes portes cadenassées, gardées par des hommes armés. Combien trouvent la mort dans ces lieux vétustes quand éclate l’incendie ! L’enfant soldat, les réfugiés, les malades… La litanie est longue de ceux que la misère isole et emprisonne.

Avec ceux qui en souffrent

Mais, elle n’est pas l’apanage des pays pauvres. Elle est là, ici, en France. Avec la crise, elle étend son emprise. Mais on ne la perçoit qu’avec retard. En 2010, on compte 440 000 nouvelles personnes pauvres, au total : 8,6 millions ! Sont touchés de plus en plus d’enfants élevés par une mère seule, des jeunes en rupture familiale, des travailleurs pauvres… Alors que les besoins augmentent, la revue Esprit (2) révèle que les budgets d’aide sociale ne sont pas toujours dépensés. Ainsi, plus de 5 milliards d’euros du Revenu de solidarité active n’auraient pas trouvés preneurs ! Sur ces entrefaites, on ajoute encore un outil : les contrats d’avenir.

Cela manifeste la volonté de ne pas laisser tomber ceux qui traversent une grave difficulté et c’est heureux. Mais cela interroge sur l’efficacité des politiques publiques. Les dispositifs s’empilent au point qu’il devient difficile, même pour les professionnels du secteur, d’en avoir une vue d’ensemble claire: « Le problème de la pauvreté consiste moins en un manque de dispositifs que dans le fait que ces dispositifs n’arrivent pas à toucher les personnes concernées » (3). À cela s’ajoute la complexité bureaucratique qui détourne, et trop souvent humilie, ceux qui auraient pourtant tant besoin d’aide : «Ce qui manque, c’est la confiance dans l’économie et le travail social. Il faut beaucoup de temps pour se reconstruire de la misère. Oser relever la tête », explique Bruno Tardieu, délégué national d’ATD Quart-Monde (1). En s’inspirant des exemples réussis de nos voisins européens, les auteurs (3) plaident pour une approche de la pauvreté plus efficace, plus participative et moins coûteuse : cesser d’empiler les dispositifs ; simplifier l’accès aux aides ; mieux coordonner le travail entre l’État et les collectivités locales; accompagner, surtout, ceux qui ont besoin d’aide. Cela signifie les écouter et construire avec eux les politiques nécessaires.

(1) 865 millions de personnes vivent avec 0,75€ par jour. Voir dimanche Ouest-France, 14 octobre 2012

(2) «La pauvreté perdue de vue», Esprit, octobre 2012

(3) M.-O. Padis et L.-M. Schaer, Esprit, octobre 2012

Hollande et l'impôt : de la "révolution fiscale" aux usines à gaz

"Notre système de prélèvements est devenu illisible ; nul ne sait qui paye l'impôt ; les taux apparents ne sont plus les taux réels ; qui peut comprendre quoi que soit à la fiscalité locale, au dispositif des exonérations de cotisations sociales ou encore au mécanisme de la fiscalité écologique ?
A force d'être mitée et minée, notre fiscalité est devenue opaque. Et le Parlement ajoute des 'usines à gaz aux usines à gaz', de la taxe carbone jusqu'à la taxe professionnelle, (...) le système est non seulement illisible, il est instable. Les exonérations de cotisations sociales supposées encourager l'emploi ont changé douze fois en quinze ans de mode de calcul. Comment les entreprises peuvent-elles elles-mêmes faire leurs arbitrages ?"
Ces phases, qui dénoncent l'opacité de la fiscalité française, sont de François Hollande, lors de son discours de Périgueux, le 17 octobre 2010. Celui qui n'était alors que candidat à l'investiture de son parti mettait au cœur de sa campagne un concept, celui de "révolution fiscale". 
Le candidat n'avait alors de cesse de prôner une réforme ambitieuse, inspirée de l'ouvrage des économistes Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais et visant à remettre à plat toute la fiscalité française. "La réforme fiscale est un préalable. Elle donne la transparence, la clarté, la progressivité indispensable pour convaincre nos concitoyens de consentir à une contribution. La réforme fiscale a une double vocation : redistribuer justement et financer efficacement", disait M. Hollande dans le même discours.

Deux ans plus tard pourtant, le président Hollande et son gouvernement semblent avoir définitivement tourné le dos à ces promesses. La fusion de l'impôt sur le revenu et de la contribution sociale généralisée (CSG), cœur de la "révolution fiscale", a été renvoyée à la fin du mandat, si elle se fait. Et le premier projet de loi de finances de l'ère Hollande est surtout truffé de ces fameuses "usines à gaz" que dénonçait le candidat.

1/ Taxe à 75 % : d'une idée de campagne à la recréation d'un bouclier fiscal
Exemple le plus récent : le devenir de la fameuse taxe à 75 % sur les revenus au-delà d'un million d'euros. L'idée, lancée par un candidat Hollande dont la campagne peinait à trouver un second souffle, avait structuré les débats et joué un rôle symbolique majeur. Mais son application est aussi complexe que son énoncé était simple.
Crétin Ier à l'Elysées avec Moyrand
Créer une simple tranche posait une série de problèmes, dont le plus gros était le risque d'inconstitutionnalité. En cumulant cette tranche avec les autres impôts frappant les plus aisés (ISF, surtaxe exceptionnelle...), on risquait d'arriver à des taux confiscatoires, ce qu'interdit le Conseil constitutionnel.
Pour éviter ce risque, et régler les nombreux cas potentiellement problématiques (sportifs de haut niveau, artistes...), la taxe est devenue "exceptionnelle" et limitée dans le temps : elle ne s'appliquera qu'en 2012 et 2013. Pour qu'elle ne se mélange pas à l'impôt sur le revenu, elle sera perçue non sur le foyer mais sur chaque individu. Ainsi, un couple où chacun gagne 999 000 euros ne sera pas taxé, quand un célibataire gagnant 1,2 million d'euros, lui, payera 150 000 euros.
Surtout, pour parer à tout risque de censure des "sages", le gouvernement a dû remettre en place un "plafonnement global" de l'impôt. Nul ne pourra être taxé à plus de 75 % en cumulant ISF, impôt sur le revenu et taxation exceptionnelle. Ce qui revient à une forme de bouclier fiscal, certes remanié. Qui sera lui-même limité grâce à un "plafonnement du plafonnement"... Le tout concernera 1 881 contribuables pour la taxe à 75 %, et autour de 6 000 foyers pour le plafonnement global. Ce dernier représentera un manque à gagner de l'ordre de 667 millions, quand la taxe exceptionnelle de 75 %, elle, rapportera 320 millions d'euros.
2/ "Pigeons"  : une usine pour des chefs d'entreprise
La lisibilité est encore pire s'agissant de la taxation des plus-values de cessions mobilières, en clair de la revente de parts d'entreprises. Le projet de loi de finances prévoyait de la taxer plus fortement, en la soumettant, comme c'est l'objectif général, au "barème". L'idée est de taxer ce type de revenus dits "du capital" comme l'impôt sur le revenu, avec un barème progressif et un système de tranches.
Mais les entrepreneurs high-tech, pour qui la revente de parts de société constitue un mode de financement, ne l'ont pas entendu de cette oreille. Réunis dans un collectif des "pigeons", ils ont obtenu rapidement gain de cause. Le projet de loi de finances prévoit donc un nouveau système, encore en négociation, mais dont les grandes lignes sont... tout sauf simples. Les entrepreneurs seront taxés au barème progressif, sauf s'ils ont plus de 10 % des parts de l'entreprise depuis plus de cinq ans (ils ne seront alors taxés qu'à 19 %).
Pour les autres, il sera possible d'attendre pour obtenir des abattements progressifs, qui iront jusqu'à 40 % au bout de six ans de détention. Mais si l'argent de la plus-value est réinvesti, ou si la cession intervient en cas de retraite de l'entrepreneur, elle sera défiscalisée. Dans un premier temps, ces mesures ne devaient être en place que pour les cessions intervenues après le 1er janvier 2012, mais cet état de fait pourrait être corrigé en créant un régime spécifique pour les cessions de cette année, sous la forme d'un prélèvement forfaitaire majoré ou d'un abattement spécifique...
Cumulés, ces aménagements représentent un manque à gagner de 750 millions d'euros. Qui sera compensé en maintenant une année de plus une taxe exceptionnelle de 5 % sur les grandes entreprises.
3/ Tarification progressive de l'énergie : un projet... complexe
En matière d'usine à gaz, il est assez ironique que la palme revienne à un projet de loi portant sur l'énergie. La tarification progressive, qui sera examinée par le Sénat fin octobre, veut permettre aux ménages modestes de payer moins cher leur chauffage et leur électricité. Pour y parvenir, les députés ont imaginé un système de bonus-malus.
Pour faire simple, on calcule un "volume de base" correspondant aux "besoins essentiels" d'un ménage en énergie. Il est modulé en fonction du nombre de membres du foyer, du mode de chauffage et de la zone climatique où se situe le logement. Huit zones ont été distinguées en France métropolitaine, avec chacune un "coefficient de rigueur" qui définira les tarifs énergétiques. Collectées par les services fiscaux, ces informations iront ensuite aux fournisseurs d'énergie, qui calculeront le tarif final appliqué pour chaque foyer, qui sera avantagé ou désavantagé en fonction de sa consommation finale.
Mais pour ne pas pénaliser les ménages dont le logement, mal isolé, consomme trop, une partie du "malus" pourra être défalquée de son loyer, s'il est locataire. Par ailleurs, un "dispositif d'accompagnement" viendra aider les foyers pauvres à améliorer leur isolation, notamment à travers un tarif spécial destiné à 4 millions de foyers pauvres. Il faut encore évoquer les cas particuliers de chauffages collectifs ou des étudiants, traités à part...
4/ Œuvres d'art, résidences secondaires, DOM... Les exceptions sont légion
Si le candidat Hollande dénonçait volontiers une fiscalité "mitée et minée" par les exceptions et les niches, le président Hollande ne s'est pas montré très sévère à cet égard. Malgré un "coup de rabot" global de 10 % et un plafonnement  à 10 000 euros, le projet de loi de finances 2013 prévoit 70,7 milliards d'euros de niches, contre 70,8 dans celui de 2012.
Et certaines ne seront pas sujettes à ce coup de rabot ni au plafond global. C'est le cas des niches outre-mer, qui sont pourtant, pour certaines, régulièrement dénoncées comme des moyens de défiscalisation pour les plus aisés.
Le gouvernement et l'Assemblée se sont aussi livrés à des valses-hésitations, comme sur la question d'incorporer les œuvres d'art dans le patrimoine soumis à l'impôt sur la fortune. Ce ne sera finalement pas le cas, le gouvernement ayant renoncé, devant le tollé déclenché par l'idée dans les milieux culturels, à les taxer. Pourtant, certains ministres, comme Aurélie Filippetti (culture) ou Jérôme Cahuzac (budget), avaient pris position en faveur d'une telle taxation. 
On peut encore citer le cas des résidences secondaires, que le gouvernement envisageait de soumettre à la redevance audiovisuelle, qui finance télévision et radio publiques. Mais il y a également renoncé, ouvrant la voie à une hausse de ladite redevance, de l'ordre de 4 à 6 euros.

mardi 16 octobre 2012

Cannabis: ce n'est pas au ministre de l'Education de relancer le débat

Les grands musées s'élèvent contre l'ISF sur les oeuvres d'art

Les présidents de sept grands musées français ont adressé une lettre à Aurélie Filippetti vendredi 12 octobre pour faire part de leurs craintes quant à l'intégration des oeuvres d'art dans le patrimoine assujetti à l'ISF. La lettre est daté du vendredi 12 octobre mais l'information n'a été révélée qu'hier soir par LeFigaro.fr: sept présidents de grands musées français ont pris leur plume pour s'élever ensemble contre la taxation des oeuvres d'art au titre de l'ISF. Cette missive, adressée à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti prend la forme d'un soutien au gouvernement, lui-même hostile à cette démarche parlementaire.
Elle entend montrer qu'une éventuelle taxation ne pénaliserait pas seulement le marché de l'art, mais aussi les établissements publics, explique le site du quotidien. La lettre est signée par Bruno Racine (BNF), Henri Loyrette (le Louvre), Catherine Pégard (Versailles), Alain Seban (Pompidou), Guy Cogeval (Orsay), Stéphane Martin (Quai Branly) et Jean-Paul Cluzel (Grand Palais-RMN). Selon eux, le projet d'assujetissement des oeuvres d'une valeur de plus de 50.000 euros à l'ISF représente un "obstacle majeur à la diffusion du patrimoine" et "un frein sérieux à la politique d'enrichissement des collections publiques".
» Lire l'original de la lettre
Hollande et Ayrault contre cet impôt
Les présidents de ces sept grands musées nationaux craignent que certains propriétaires ne deviennent réticents voire opposés au prêt de certaines oeuvres "de peur de les voir exposées, et donc identifiées". "La reconnaissance internationale du travail de nos établissements serait fragilisée", écrivent-ils.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont contre la soumission des oeuvres d'art à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), a déclaré Aurélie Filippetti le 11 octobre. L'exonération actuelle des oeuvres d'art, en vigueur depuis 1982, divise la gauche comme la droite.

Ces hauts responsables qui craignent une guerre si l'euro sombrait

Pointant le risque d'un conflit armé, le ministre anglais du Commerce Vincent Cable, a évoqué ce week-end des conséquences "absolument incalculables" pour le Vieux continent en cas de faillite de la monnaie unique. Des propos qui se situent dans le sillage de ceux de Christine Lagarde, qui a jugé la semaine dernière que la dette des pays riches avoisinait les niveaux atteints "en temps de guerre".
Il tire la sonnette d'alarme. Alors que la semaine dernière, tous les dirigeants européens se sont félicités de l'attribution du Nobel de la paix à l'UE, Vincent Cable, lui, nage à contre-courant. Dans un discours au Cheltenham Literature Festival ce dimanche, le ministre britannique du commerce a jugé que les conséquences d'une faillite de l'euro seraient "absolument incalculables" pour le Vieux continent. A l'en croire, il n'y aurait aucune "garantie automatique" qu'un tel événement ne dégénère pas en conflit armé.
Le ministre n'y est pas allé de main morte. Il a renchéri : "nous avons tendance à l'oublier, mais le projet européen a été bâti pour sauver l'Europe du nationalisme extrémiste et des conflits" a-t-il rappelé, arguant que c'était un des principaux enseignements à tirer de l'attribution du Nobel de la paix à l'UE.
"L'UE n'est pas la même chose que la zone euro"
Ce n'est certes pas la première fois qu'un haut responsable tient des propos alarmistes concernant l'éventualité d'une chute de l'euro. Mais alors que les négociations pataugent toujours concernant la résolution de la crise grecque, ce type d'intervention apparaît de plus en plus fréquente. Lundi, Joseph Stiglitz, a tenu des propos en ce sens. Dans les colonnes du quotidien allemand Handelsblatt, le Nobel d'économie 2001 a estimé que "l'euro et la politique de sauvetage de l'euro" n'étaient "pas bon pour la paix". Sur ce point, l'économiste affirme que "la division entre Etats mais aussi à l'intérieur des Etats" fait notamment le miel "des courants extrémistes et nationalistes". Et s'il salue le fait que l'Union européenne a décroché le Nobel, il rappelle que "l'UE n'est pas la même chose que la zone euro".
Enfin, mercredi dernier, c'est Christine Lagarde, au nom du FMI qu'elle dirige, qui a fait part des mêmes préoccupations. Mais de manière indirecte : "le plus grand obstacle [à la croissance] sera sans doute l'immense héritage légué par la dette publique qui atteint maintenant en moyenne 110% du PIB dans les pays développés, quasiment un niveau de temps de guerre", a-t-elle déclaré à Tokyo lors de l'Assemblée FMI-Banque mondiale.
"Une guerre! Mesdames, messieurs"
Le climat actuel et ces interventions rappellent ce pavé dans la mare, jeté il y a presque un an par le ministre polonais des Finances Jacek Rostowski, dont le pays assurait alors la présidente tournante de l'UE. Devant le Parlement européen de Strasbourg, il avait alors jugé que l'Europe était "en danger". "Si la zone euro se fissure, l'Union européenne ne sera pas capable de survivre, avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer", a-t-il déclaré. Devant les députés, il a alors raconté s'être entretenu avec un ami banquier, qui lui a fait part de sa peur d'une "guerre au cours des dix prochaines années". Puis de s'exclamer : "Une guerre! Mesdames, messieurs, ce sont les termes qu'il a employés."

Un nouveau couac 

En se prononçant pour l’ouverture d’un débat sur la dépénalisation du cannabis, Vincent Peillon a semé le trouble dans l’équipe gouvernementale. Mis en application dans plusieurs pays européens, le raisonnement qui amène à préconiser l’impunité pour le consommateur n’est pas dénué de force : rendons licites l’achat de certaines drogues dites « douces » ; ainsi l’argent en provenance de ce marché n’alimentera plus un trafic qui enrichit des bandes mafieuses. Une façon d’admettre que la politique répressive est insuffisante, voire synonyme d’échec.
C’est faire peu de cas, cependant, de beaucoup d’autres aspects du problème, à la fois moraux ou liés à la santé… Et si un ministre n’a pas à se faire le chantre d’une approche aussi tolérante, c’est bien celui de l’Éducation nationale : il se doit avant tout de protéger la jeunesse. Sous aucune forme, il ne peut donc avaliser l’usage d’une substance toxique. Vincent Peillon invoque la prise de position « personnelle », mais cette manière de se défendre est tout de même assez fumeuse, si l’on peut dire.
Accompagné des excuses du mauvais élève, le rappel à l’ordre a été immédiat de la part du professeur Ayrault, qui a sèchement voulu refermer la parenthèse. Même bref, c’est pourtant un nouveau couac qui vient d’avoir lieu dans la majorité.
Europe Écologie avait semé le trouble en disant son opposition au traité européen. Volontiers défenseurs de l’herbe, les Verts partagent le point de vue de Vincent Peillon sur la dépénalisation, mais cette fois, pour l’instant du moins, ils n’ont pas ajouté à la polémique. C’est plutôt au sein même de la famille socialiste que le Premier ministre doit aujourd’hui éviter les prises de position embarrassantes, notamment sur les sujets aussi délicats que le vote des immigrés ou l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel.
Alors que le chef de l’État plaide pour une France apaisée, ces thèmes « sociétaux » divisent fortement l’opinion et sont donc redoutables pour un Premier ministre qui peine à imposer la discipline à son propre camp. La querelle autour du shit s’est vite consumée, mais pour lui, d’autres boulettes sont à craindre…

Encadrer le cannabis ou recadrer un ministre


La crise, de la roupie de sansonnet pour les Français ? On dirait. Il suffit d'un fait divers - la mise en examen d'une élue écologiste pour blanchiment d'argent lié à un réseau de drogue - pour se distraire, mettre la classe politique en transe et la gauche dans tous ses états. Celle-ci vient de réussir une belle prouesse : en relançant le débat, vieux comme le shit, sur la dépénalisation du cannabis, non seulement elle ébranle la cohésion gouvernementale mais elle déroule le tapis à une droite trop contente de brocarder la gauche « pétard ». Vincent Peillon a choisi son moment. La question d'assouplir la législation des drogues douces, de longue date embarrasse son camp. Il n'est pas le premier socialiste à s'interroger sur les limites du tout répressif. Les lois passent, s'empilent, force est de constater que le phénomène d'addiction aux drogues chez les jeunes est problématique au regard des autres pays européens. Il n'est donc pas interdit de regarder les expériences hors les murs, ni de réfléchir au-delà des schémas manichéens qui opposeraient les tenants d'une prohibition inefficace aux partisans d'un encadrement irresponsable. À peine nommée, Cécile Duflot avait déclenché un cafouillage. Vincent Peillon a quant à lui commis une… boulette. Avant d'être militant du PS, il est ministre de l'Éducation nationale, astreint à un discours d'exemplarité dénué d'ambiguïté. Sa copie improvisée montre que le brillant intellectuel doit s'affranchir d'un certain amateurisme. Surtout quand il émet une doctrine en contradiction avec le Président et oblige le Premier ministre, déjà en déficit d'autorité, à le recadrer.

Le sujet des devoirs à la maison pose la question du rôle de l'école

Un sondage IFOP vient de donner une précieuse information : plus de deux tiers des Français sont opposés à la suppression des devoirs scolaires à la maison. Ce sondage doit donc donner l’occasion au Ministre de l’Éducation nationale d’oser poser publiquement la finalité de l’école : a-t-elle pour but premier d’instruire ou bien de réduire les inégalités sociales au moyen de l’enseignement ?
Alors que Vincent Peillon s’est exprimé la semaine passée sur la modification des rythmes scolaires et sur l’organisation du temps scolaire hebdomadaire, un sondage Ifop pour Radio Alouette publié le 9 octobre indique que 68% des Français sont opposés à la suppression des devoirs scolaires à la maison pour les élèves du primaire. Ils sont 78% parmi les professions libérales et cadres supérieurs et 63% chez les employés et ouvriers.
Pourtant, faire faire leurs devoirs aux enfants n’est une sinécure pour personne, surtout quand les deux parents exercent une profession, comme c’est le cas la plupart du temps aujourd’hui. Si les Français sont si massivement favorables aux devoirs à la maison, c’est qu’ils sont vivement attachés à une certaine conception de l’école qui justifie pleinement le travail personnel à domicile : la conception qui veut que l’école ait pour finalité première de transmettre les connaissances, c’est-à-dire d’instruire, ce qui suppose de répéter chez soi ce que l’on a vu en classe, de faire un effort de mémorisation et d’effectuer des exercices d’entrainement pour parfaire la maîtrise de ces nouvelles connaissances et les ancrer durablement dans la mémoire.
Pourtant la FCPE, principale association de parents d’élèves, a demandé officiellement au ministre la suppression des devoirs à la maison au primaire. On peut lire sur son site « La FCPE et l’ICEM-Pédagogie Freinet dénoncent la persistance des devoirs à la maison. Personne n'en a jamais prouvé l'utilité ». Constat qui ne manque pas de sel au regard des résultats du sondage IFOP. Pourquoi cette position de la FCPE à rebours de celle des parents ? Parce que la FCPE est historiquement acquise à l’idée que le but premier de l’école est un but social et politique : transformer la société par l’école, en faisant de cette dernière un moyen d’annihiler les différences sociales. En clair, l’école nouvelle manière doit être telle que le fils de notaire ne soit pas avantagé à l’école par rapport au fils d’ouvrier. LA FCPE le reconnaît sans s’en cacher sur son site internet : « [Les devoirs à la maison] ne font qu’accentuer les inégalités entre les enfants selon qu’ils peuvent ou non bénéficier d’aide à la maison. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont proscrits en primaire par une circulaire de 1956. »
Ce sondage doit donc donner l’occasion au Ministre d’oser poser publiquement la finalité de l’école : a-t-elle pour but premier d’instruire (transmettre les connaissances) ou bien de réduire les inégalités sociales au moyen de l’enseignement ? C’est une question qui mériterait d’être posée au peuple dans le cadre d’un référendum. Rester dans le flou sur cette question, c’est prendre la responsabilité de refonder l’école sur les sables mouvants d’un malentendu majeur. C’est travailler sur les moyens pédagogiques sans avoir précisé préalablement au service de quelles finalités on en devait juger l’efficacité. Il est clair que cette ambiguïté n’est pas étrangère à la baisse de niveau de l’école française, depuis que cette dernière a fait passer les objectifs politiques (changer la société par l’école) au détriment d’objectifs scientifiques (transmettre les savoirs).

"Quasi panique des patrons" : la compétitivité de nos entreprises passe-t-elle uniquement par la baisse des charges ?

Dans une interview accordée au Figaro, Laurence Parisot, la présidente du Medef, estime que le gouvernement doit adopter d'urgence des mesures en faveur de la compétitivité. Elle précise que « certains patrons sont en état de quasi-panique » et appelle en faveur d'un choc de compétitivité. Pour cela, elle propose d'abaisser les charges patronales et salariales par une hausse de la CSG et de la TVA. Les charges qui pèsent sur le coût du travail sont-elles le principal frein à la compétitivité française ?

Marc Ivaldi : Le déficit de compétitivité vis-à-vis de l'Allemagne à plusieurs sources. Lorsqu'un consommateur se décide à acheter une voiture par exemple, il choisit le meilleur rapport prix-qualité. La qualité renvoie à tout ce qui fait la spécificité d'un produit. Ainsi, pour deux voitures de même qualité, il choisira celle qui présente le prix le moins élevés. La compétitivité prix renvoie alors à cette question : le prix le plus faible pour une qualité donnée. Inversement, pour deux voitures de même prix, le consommateur sélectionnera celle qui lui apporte la meilleure qualité. La compétitivité hors-prix se fixe alors sur ce second arbitrage : fournir la qualité la plus élevée pour un prix donné.
Pour vendre de meilleurs produits, une entreprise a besoin de meilleurs ingénieurs, mieux formés. Le coût du développement et de la qualité d'un produit est donc une longue chaîne de décision et il s'agit de processus sur lesquels il est possible d'agir principalement sur le long terme. Les coûts de production sont en revanche plus faciles à modifier sur le court terme alors que les coûts liés au développement requièrent davantage de temps.
Laurence Parisot estime très probablement qu'il y a un différentiel de productivité entre la France et d'autres pays et que, pour le rattraper, la baisse des coûts salariaux est le levier d'action le plus rapide et efficace à court terme car les taxes auxquelles sont sujettes les entreprises se répercutent directement sur les prix payés par les consommateurs.
La compétitivité hors-coût est également importante : innovation, formation... Mais si l'on mise tout sur cette dernière, cela risque de prendre du temps avant de produire ses effets. Il faut un choc de compétitivité car la Banque publique d'investissement voulue par le gouvernement, qui sera créée dans un an et qui ne commencera pas à financer avant cette dare, sera insuffisante.

Dans le même temps, Jean-Marc Ayrault a précisé qu'une politique de compétitivité ne se résume pas uniquement à un allègement des charges. Quels sont les autres facteurs, hors coût, qui pénalisent la compétitivité des entreprises françaises, et qui sont souvent oubliés du débat ?

La compétitivité hors-coût peut passer par une meilleure formation des ingénieurs ou encore des processus de production plus efficients. Pour cela, il faut améliorer l'apprentissage, mieux former et créer les conditions de l'innovation ce qui se traduit par des centres de recherches plus efficaces et plus en concurrence ou des universités mieux gérées. Cet éco-système favorisera l'innovation de produits et de production. Mais ces mesures prennent du temps.
Mais cela nécessite des réformes profondes et structurelles qui, contrairement à une baisse des charges sociales, prennent du temps avant de produire leurs effets.

La France est souvent pointée du doigt pour son coût du travail. Mais comment se positionne t-elle par rapport aux autres Etats européens en termes de compétitivité structurelle ?

La France accuse du retard. En termes d'innovations, beaucoup de mesures ont déjà été adoptées comme les investissements d'avenir ou le crédit impôt recherche. Mais beaucoup de choses restent à faire.
La France et l'Europe sont toutes deux en retard par rapport aux Etats-Unis et au Japon.

L'Allemagne est une fois de plus au cœur du débat. Le compétitivité allemande s'explique t-elle que par une compétitivité coût ou d'autres facteurs la construisent-elle aussi ?

Les Allemands sont très axés sur la qualité des produits. Leur compétitivité provient également d'une très bonne organisation ou d'un bon suivi des produits... Mais l'exemple allemand montre bien que cette qualité hors-coût nécessite du temps pour être atteinte.
Dans ce contexte, Louis Gallois doit rendre son rapport sur la compétitivité  Il est très probable qu'avec la crise actuelle, il appelle à prendre des mesures favorisant une baisse du coût du travail pour les entreprises en plus des mesures de compétitivité hors-coût.

Le budget 2013 d’ores et déjà invalidé par la réalité

La France va devoir abaisser son déficit à 3% de son PIB, c'est du moins la promesse du gouvernement Hollande. Et pour y arriver, quoi de mieux qu'une batterie de mesures fiscales et économiques, toutes contenues dans un budget 2013 qui ne correspond en rien aux aléas de la vie réelle et qui ne ressemble dès lors qu'à une chimère
Alors que la législation sur l’euthanasie sera peut-être modifiée lors du présent quinquennat, il rentre désormais hélas dans le champ des obligations intellectuelles de dire que le budget 2013, le premier de la mandature, est mort-né.
Le Gouvernement n’est en rien fautif quant à l’effondrement programmé de la croissance qui fait que l’hypothèse de +0,8% en 2013 est une chimère et une insulte à l’intelligence. La France peut tabler sur 0,2% de croissance de son PIB l’an prochain dans le meilleur des cas et il est probable que ce soit l’année du rendez-vous redouté avec la récession. (voir analyses en creux de la Banque de France).
Cette répudiation de la prévision de croissance aura un impact majeur sur le futur solde d’exécution de la Loi de finances. Moins de croissance, c’est d’évidence moins de rentrées fiscales tous azimuts : TVA, IRPP et IS notamment. Avec cette unique mauvaise nouvelle, le Gouvernement sait fort bien à ce jour qu’il ne parviendra pas à « rentrer dans les clous », autrement dit à limiter notre déficit à 3% du PIB. Au demeurant, certains membres éminents de la majorité le disent ouvertement comme le Président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone (Grand jury RTL / LCI de dimanche dernier).
Ce sont des dizaines de milliards qui risquent de manquer à l’appel : entre 15 et 30 selon les différentes prévisions.
Là où le Gouvernement a été plus hardi, c’est sur le poids de la ponction fiscale : plus de 20 milliards sur les entreprises et les ménages vont induire un effet pro-cyclique. Autrement dit, alourdir la morosité du climat des affaires (atteintes aux volumes de l’investissement) et amoindrir la demande (atteintes au pouvoir d’achat).
Le multiplicateur keynésien nous enseigne qu’un euro bien investi permet d’obtenir plus qu’un euro en revenus d’activité. En 2013, ce budget proclamé de « redressement juste » par le Premier ministre risque fort d’enclencher des phénomènes anti-multiplicateur et ainsi de voir son architecture fortement bousculée par la courbe de Laffer qui démontre que « trop d’impôt tue l’impôt ». Ainsi, il est raisonnable et non polémique d’affirmer qu’un tel choc fiscal n’aura pas le rendement escompté.
L’histoire budgétaire de notre pays retiendra très vraisemblablement qu’il a été trop demandé à la société civile et pas assez à l’Etat qui ne s’est engagé à effectuer que 10 milliards d’économies.
Sur un plan stratégique, on peut s’interroger sur certains choix de créations de postes là où une note de Monsieur Jean Choussat, ancien éminent Directeur du Budget (1982-1986) disparu trop tôt, émise en octobre 1997 indiquait : « Dans ce contexte, la décision du gouvernement de créer 350.000 nouveaux emplois publics laisse perplexe, moins dans son principe même que par la formidable ignorance dont elle témoigne sur l’état actuel de sous productivité de « l’entreprise administrative ». (Libération, 22 octobre 1997).
Il faut se souvenir des options discrètes de Monsieur Choussat nommé en 1982 par Monsieur Delors après accord du Président Mitterrand qui pressentait donc l'imminence du tournant de la rigueur (1983). Dans son rapport émis au nom de l’Inspection des Finances, Jean Choussat avait ajouté que le sureffectif de 500.000 agents détectés dans la Fonction publique coûtait "au minimum 150 milliards de francs par an à l’Etat" soit près de 23 milliards d'Euros hors intégration de l’inflation (1997-2012) qui nous conduirait à un peu moins de 30 milliards actualisés.
A la même période, l’ancienne collaboratrice du Premier ministre devenue Secrétaire d’Etat au budget, Madame Florence Parly, avait aussi émis des propos relatifs aux économies que l’Etat devait se demander à lui-même. Où est cette volonté chez le tonique Monsieur Cahuzac ? Où se traduit-elle alors qu’il sait déjà que l’Etat ne parviendra pas à réaliser ses 10 milliards d’économies ?  Là encore, le budget est mort-né par-delà la bonne volonté et la bonne foi des hommes chargés de l’élaborer.
Autre facteur préoccupant, des remontées d’information (chambres syndicales immobilières, notaires) semblent attester d’un mouvement assez prononcé de ventes pour des raisons de sortie de territoires.
A manier le gourdin, on fait heureusement filer quelques gredins qui n’honorent pas notre Nation. A user d’une matraque fiscale en temps de crise, on rend une partie de la France patraque et on perd de sa substance vive au profit de nos concurrents. L’économie ouverte impose de nouvelles règles et la gauche n’aura pas devant elle les 200 familles du temps de Léon Blum mais des dizaines de chaises vides dont les anciens occupants feront les délices des gestionnaires de patrimoine de nos pays limitrophes. Le coût de ce qui constitue un manque de patriotisme et une exacerbation des intérêts micro-économiques est difficile à évaluer mais c’est bien en milliards qu’il va se compter. Là aussi, ceci vient altérer les hypothèses budgétaires (rendement ISF, etc).
Manque à gagner du fait de la surestimation de la croissance escomptée, bridage de la croissance par pression fiscale, économie souterraine, évasion fiscale sont les paramètres qui font que le budget présenté par les Ministres est mort-né.
Que font faire les Parlementaires ? Au terme de l’article 40 de la Constitution ils ont la haute responsabilité de ne pas priver de ressources l’Etat et de ne pas aggraver ses charges. Sous l’ancien Régime, il existait un droit de remontrance par lequel les parlementaires manifestaient leur courroux au Roi.
En matière budgétaire, il serait pertinent de disposer d’un outil de procédure apparenté à la notion de vote de défiance constructive qui existe en Allemagne. Mais comme nous sommes en France et en début de mandat, l’homme du 6 mai 2012 pourra toujours formuler une lettre de jussion pour éviter toute contrariété.  A titre temporaire.

France en "faillite aggravée" : le gouvernement veut étouffer la phrase de Vallaud-Belkacem

Le gouvernement français tenterait-il d'intervenir sur le travail de journalistes, Suisses de surcroît ? On est en droit de se poser la question lorsqu'on découvre, au détour d'une dépêche, que ses services ont tout tenté pour la faire retirer.

La pose de  l'imposture
L'affaire commence comme bien souvent par l'une de ces petites phrases qui semble faire mouche : jeudi 11 octobre dernier, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a sèchement répliqué à François Fillon qui avait précédemment accusé le président Hollande "d'amateurisme", en le renvoyant au bilan de son action gouvernementale. Pour rappel, dans une interview du même jour aux Échos, l'ex-premier ministre avait en effet estimé que le projet de budget pour 2013 était "un monument d'amateurisme, d'irresponsabilité et de mauvaise foi". Pensant probablement moucher l'impétrant, la porte-parole a alors déclaré à l'AFP :
"M. Fillon est-il vraiment le mieux placé pour donner des leçons, lui qui a commencé son mandat de Premier ministre à la tête d'un État en faillite et l'a laissé en état de faillite aggravée ?"
Le mot était lâché et la nouvelle reprise : selon la porte-parole du gouvernement, la France se trouvait donc en situation de faillite aggravée. Cette nouvelle n'est pas passée inaperçue en Suisse où le site Romandie.com a fait rapidement paraître une dépêche titrée "Bien que notée AAA, la France serait en 'état de faillite aggravée'" Très manifestement, cette nouvelle n'était pas du tout du goût ni du gouvernement, ni de l’Élysée qui s'est ensuite empressé de rappeler la rédaction pour faire retirer l'article. Les coups de téléphone entre la rédaction suisse et le palais présidentiel français ont été dévoilés notamment par P. Chappaz sur son blog.
L'affaire ne s'arrête pas là puisque malgré les pressions, Romandie.com a conservé son article et maintenu sa version :
Romandie.com maintient la teneur de son article, à savoir qu'il n'est à priori pas cohérent de déclarer la France dans un "état de faillite aggravée" tout en défendant une note AAA auprès des agences de notation.
Mieux, le site d'information a confirmé avoir été contacté directement par le gouvernement français ; la rédaction a même posté une capture d'écran du mail reçu à ce sujet :

"Pigeons": les entreprises vont payer le recul du gouvernement

Selon les Echos du 16 octobre, le gouvernement va prolonger la surtaxe de 5% sur les grandes sociétés pour financer les aménagements sur la fiscalité des plus-values des créateurs d'entreprises. Mise à jour le 16 octobre à 8heures

"Les nouvelles recettes doivent être trouvées du côté des entreprises". Pour Christian Eckert, le rapporteur général PS du budget à l'Assemblée nationale, les choses sont claires: l'éventuel recul du gouvernement sur la fiscalité des plus-values de cession réalisées par les créateurs d'entreprise devra être compensé par l'alourdissement de certaines taxations touchant les sociétés, avait-il lancé, mardi 9.

Le gouvernement l'a, semble-t-il, entendu. Selon Les Echos du 16 octobre, il envisage de prolonger d'un an la contribution exceptionnelle de 5% sur l'impôt sur les sociétés (IS) mise en place par le gouvernement Fillon fin 2011 dans son plan de rigueur.

Cette contribution ne s'applique qu'aux entreprises réalisant plus de 250 millions d' euros de chiffres d'affaires. Soit environ 20 000 groupes. Ces derniers pourraient donc être amené à acquitter en 2013 une surtaxe de 5% de la valeur de leur IS sur leur exercice 2011.

Les pigeons des pigeons

Lundi 8 octobre, Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget avait reconnu que le gouvernement n'excluait pas une concession aux entrepreneurs.

Tous les actionnaires détenteurs d'une "part significative" du capital d'une entreprise (autour de 15%) pourraient ainsi conserver le bénéfice du prélèvement forfaitaire libératoire (19% + prélèvements sociaux) dès lors qu'ils vendent leurs titres après plusieurs années de détention (au moins deux ans). Le projet de loi de finances pour 2013 prévoyait dans sa version initiale l'alignement de cette fiscalité dérogatoire sur celle des revenus du travail (tous les gains soumis au barème de l'IR).

Mais dès le vendredi suivant, le ministre du Budget affirmait que ce geste, pour ne pas parler de recul, allait coûter "plusieurs centaines de millions au budget" qu'il faudrait "compenser", et "ils le seront car les finances publiques doivent être redressées". Pour Christian Eckert, "le manque à gagner peut aller de quelques centaines de millions à un milliard d'euros, selon ce qu'on décidera d'amender".

Selon les estimations du projet de budget, "l'imposition au barème progressif de l'IR des gains de cession de valeurs mobilières et de droits sociaux des particuliers" devait, en effet, rapporter un milliard d'euros par an à partir de 2013. Quelques 73 400 contribuables auraint vu leur impôt majoré selon Bercy quand 57 200 auraient bénéficié à l'inverse d'un allégement.

Selon les tous derniers calculs de Bercy, le manque à gagner de la mesure "pigeons" devrait atteindre 750 millions d'euros. Or, la surtaxe de 5% doit rapporter environ 800 millions. Ce qu'il fallait trouver. Comme le souhaitait François Hollande, les PME seront épargnées alors que les grandes entreprises paieront...

Le Prix Nobel de la paix à l’UE ?



Une farce provocatrice même pas drôle 
 
« Le comité Nobel norvégien a décidé d’attribuer le Prix Nobel de la paix 2012 à l’Union européenne. » Certes, cette célèbre distinction récompense depuis 1901 une personnalité ou une communauté « ayant contribué au rapprochement des peuples ». C’était la volonté d’Alfred Nobel (1833-1896) qui après avoir inventé la dynamite (et d’autres bombes à la nitroglycérine bien plus destructrices encore) édifia une colossale fortune en commercialisant de manière industrielle ses armes de guerre. Mais en quoi, comme M. Nobel en son temps, l’UE a-t-elle contribué à la paix ces dernières années ? Elle qui n’a même pas été fichue d’empêcher les Balkans de s’embraser au moment où, suite à l’effondrement du communisme, la Yougoslavie éclatait dans une gerbe de sang ? Cette UE qui non seulement n’a rien empêché mais a dû, pour mettre fin aux conflits nés du démantèlement d’une nation multi-ethnique, appeler les Etats-Unis à la rescousse. Ces derniers ont éteint l’incendie à leur manière, peu pacifique, sous un tapis de bombes.
Mais peut-être que la distinction norvégienne s’adresse, soixante ans plus tard, aux pères fondateurs de l’UE, dont l’objectif proclamé était de mettre un terme aux guerres européennes qui depuis deux siècles déchiraient le continent et parfois (14-18 et 39-45) de façon suicidaire ? En l’occurrence ce Nobel 2012 récompense au mieux un malentendu, au pire une erreur, voire une escroquerie. L’Union européenne n’a pu exister et continuer à développer son invraisemblable machinerie technocratique que parce que l’Allemagne et la France, exténuées et exsangues, étaient enfin en paix. Et non l’inverse…La preuve par les Balkans !
Quelques remarques
Pourquoi ce Prix Nobel de la paix paraît-il si parfaitement incongru ? D’abord il intervient la semaine où l’Allemagne, pour des raisons de préséance nationale, a mis son veto au mariage pourtant souhaitable d’EADS et de BAE Systems. Une fusion susceptible de faire de ce groupe européen le numéro 1 mondial de l’aéronautique (et de la défense). L’entente cordiale entre Européens a encore quelques ratés !
Le rôle pacificateur de l’EU ? Il s’est exercé le plus efficacement au profit des spéculateurs de la finance internationale qui, effectivement, depuis trente ans, spéculent en paix sur notre continent. Une financiarisation de toutes les activités humaines qui, comme le soulignait justement Marine Le Pen, conduit les maîtres de la finance mondialisée à mener une véritable guerre sociale contre les peuples européens. Avec l’assistance juridique et le soutien logistique sans faille de l’UE. Regardez les images qui nous viennent de Grèce et d’Espagne, deux pays économiquement ravagés, où la colère des manifestants, encore sporadique, commence néanmoins à ressembler aux prémices d’une insurrection.
Et comment ne pas constater que ce Prix Nobel de la paix est attribué à une UE en plein déclin, entre paralysie et dépressions ? Une grande malade, avec plein de médecins à son chevet, dont certains se demandent si leur patiente n’est pas déjà en train de clamser ? Pour un peu il s’agirait d’une distinction à titre posthume. Avec peut-être le secret espoir que la malade soit momentanément requinquée par cette médaille faussement miraculeuse.
Autre aspect farcesque de cette nobélisation à contre-temps : elle est distribuée par un pays, la Norvège, dont le peuple, par deux fois, et contre la majorité de ses élites, a refusé d’enter dans l’Union. Là se trouve d’ailleurs en grande partie l’explication de ce Nobel de la paix un rien burlesque. « Les eurosceptiques dénoncent une décision politique de la part d’un comité dirigé par le très europhile Thorbjorn Jagland. » En quelque sorte une intrigue clanique entre politiciens norvégiens… Pour ce qui est de leurs compatriotes, un sur quatre seulement approuve ce choix contesté. Mais après tout, ce Prix Nobel 2012 n’est pas plus ridicule ni plus scandaleux que celui de 2009, décerné à Barack Obama. Toujours par le même Jagland, sorte de torche funèbre, au pays des icebergs, du conformisme idéologique et de la pensée unique pro-européenne…
Mort aux États-Nations !
Ceux qui trouvent excessif le mot « guerre », même sous une forme métaphorique, devraient lire le manifeste signé par Daniel Cohn-Bendit et l’ancien Premier ministre Belge Guy Verhofstadt, Debout l’Europe. Il s’agit bien, au nom des idéaux européens, d’une déclaration de guerre totale aux Etats-nations. Les auteurs d’ailleurs le reconnaissent : « L’offensive est la meilleure défense. » Voici quelques aperçus de cette « attaque frontale » déclenchée par les deux compères euromondialistes contre le fait national, et dont le postulat est le suivant : « Soit nous œuvrons à une Europe véritablement fédérale. Soit nous en restons aux Etats-nations, et l’émergence d’une Europe-puissance dans le monde globalisé du XXIe siècle est irrémédiablement compromise. » Une assertion que les deux auteurs vont nous canonner tout au long de leur manifeste. « Demain, seule une Europe intégrée pourra encore jouer un rôle significatif (…) Dans la mesure où la globalisation est irréversible, l’intérêt des citoyens d’Europe ne peut être garanti que par une Union européenne forte. » Celle-ci prenant racines dans les cendres encore chaudes des Etats nationaux enfin pulvérisés, dont l’existence têtue indignent nos deux lascars. « Le fait, dans ce monde, que la décision politique appartienne encore aux Etats nationaux est un paradoxe insupportable (…). Ce paradoxe ne pourra être éliminé qu’en internationalisant la décision politique. » Et pour jeter les bases de ce gouvernement mondial : « Nous pourrions commencer par convertir les différents sièges occupés par les Etats membres en un siège unique de l’Union européenne au Conseil de sécurité des nations unies, à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international et dans toutes les autres organisations internationales. » Dépouiller les nations de toutes leurs prérogatives, l’Etat-nation étant désormais « un concept stérile ».
Cette transfusion leur paraît également nécessaire pour sauver un euro qui ne pourra survivre « que si l’on établit une Union fédérale dotée d’un gouvernement européen élaborant la politique économique, budgétaire et fiscale, tout en étant capable de la faire respecter par les Etats membres… ». Un fédéralisme sous rouleau compresseur. Les contempteurs de l’UE, ces « fascistes », ne font que « recycler de vieilles rengaines nationalistes, conservatrices et populistes. Ils voudraient compartimenter les peuples derrières des frontières nationales étanches ». Un « délire nationaliste » qui est « le symptôme de leur inadaptation fondamentale au monde multiculturel contemporain ».
Déclaration de guerre civile
Foin des nations et des frontières : « Seuls existent des êtres humains qui ont les mêmes droit fondamentaux… » L’homme unidimensionnel, sans caractéristiques autres que celles de l’espace économique où il travaille. En conséquence de quoi, et au nom de l’UE, Cohn-Bendit et Verhofstadt sonnent la marche en avant : « Battons-nous contre les nationalistes, les conservateurs et les populistes. » Anéantissons-les ! Et « réjouissons-nous du multiculturalisme des sociétés (…). Le multiculturalisme de la société moderne est désormais un fait avéré ». Cohn-Bendit, du haut de son minaret mondialiste, en est le prophète tonitruant. Comme il l’est tout aussi bruyamment de l’immigration et du brassage des peuples. « C’est grâce à l’immigration que l’Europe pourra maintenir sa prospérité. » Donc, « tournons le dos aux vieilles lunes nationalistes et sécuritaires. » Vive l’immigration, son multiculturalisme apatride et l’insécurité galopante qui en découle…
Et surtout, que l’UE ne soit pas « une confédération de nations indépendantes ». Ce serait, horreur, du souverainisme camouflé. « Plutôt que des nations unies européennes, nous avons besoins des Etats-Unis d’Europe, c’est-à-dire une Union fédérale avec un pouvoir fédéral et des règles fédérales. » Foulons aux pieds toute tentation « d’identité nationale », celle-ci n’étant que « le nouveau visage du nationalisme. Le dernier habillage de la vieille idéologie nationaliste ». Jetons dans les poubelles de l’histoire « la rhétorique pathétique du patriotisme (…). L’avenir de l’Europe sera post-national ou ne sera pas ». L’Europe fédérale ou le néant…
Voilà quel genre de « paix européenne » ce jury composé de politiciens norvégiens au rancart vient de nobéliser… Une UE qui veut, pour asseoir sa toute-puissance, désintégrer « pacifiquement » les Etats-Nations.