Et une Marine Le Pen qui, au premier tour « et quel que soit son adversaire », arrive largement en tête. Recueillant 32 % des intentions de vote, elle devance François Fillon de quinze points et Alain Juppé de six : 32 -17 dans le premier cas de figure, 30 -24 dans le second. Le score se resserre un peu avec Nicolas Sarkozy : 28 -25 . Marine Le Pen se présente désormais en recours, au cas où le président de la République se résoudrait à dissoudre l’Assemblée, comme la présidente du Front national le demande. « Pour l’UMPet le PS, le temps de la facilité est terminé. Maintenant, il va falloir combattre idée contre idée, projet contre projet. » Sur l’immigration, sur l’insécurité, sur l’islamisation de certains quartiers, sur l’UE et l’euro, sur la préférence nationale… Des terrains où le Front national dispose d’un avantage certain sur ses adversaires. De Rome, où il festoyait dimanche avec la gauche italienne, Manuel Valls lance un cri d’alerte à la gauche : « L’extrême droite est aux portes du pouvoir. » Et l’UMPS au bord du gouffre ? Au nom du danger FN, le Premier ministre exhorte les élus de gauche à l’unité. Les « frondeurs » crient au « chantage ».
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mercredi 10 septembre 2014
Marine présidente…
Marine présidente ! Ce n’est plus seulement le souhait de ses électeurs mais une possibilité envisagée par un sondage IFOP paru dans Le Figaro de samedi et qui tétanise les partis de l’UPMS et les éditocrates de l’establishment (1). Pour la première fois, un sondage place Marine Le Pen en tête du second tour. Une confrontation avec François Hollande donnerait 43 % pour la présidente du Front national, 38 % seulement pour l’actuel chef de l’Etat.
Et une Marine Le Pen qui, au premier tour « et quel que soit son adversaire », arrive largement en tête. Recueillant 32 % des intentions de vote, elle devance François Fillon de quinze points et Alain Juppé de six : 32 -17 dans le premier cas de figure, 30 -24 dans le second. Le score se resserre un peu avec Nicolas Sarkozy : 28 -25 . Marine Le Pen se présente désormais en recours, au cas où le président de la République se résoudrait à dissoudre l’Assemblée, comme la présidente du Front national le demande. « Pour l’UMPet le PS, le temps de la facilité est terminé. Maintenant, il va falloir combattre idée contre idée, projet contre projet. » Sur l’immigration, sur l’insécurité, sur l’islamisation de certains quartiers, sur l’UE et l’euro, sur la préférence nationale… Des terrains où le Front national dispose d’un avantage certain sur ses adversaires. De Rome, où il festoyait dimanche avec la gauche italienne, Manuel Valls lance un cri d’alerte à la gauche : « L’extrême droite est aux portes du pouvoir. » Et l’UMPS au bord du gouffre ? Au nom du danger FN, le Premier ministre exhorte les élus de gauche à l’unité. Les « frondeurs » crient au « chantage ».
Ce sondage, peut-être historique par la tendance qu’il indique (mais qui ne fait, somme toute, que confirmer les élections de mars et mai 2014 en les amplifiant) bouscule bien des certitudes et plonge les dirigeants de l’UMPS dans un grand désarroi, que reflète bien l’affolement de Manuel Valls. Il achève de démoraliser une gauche déjà dans le trente-sixième dessous et va accroître un peu plus les tensions au sein de l’UMP. En effet, si Sarkozy fait mieux que ses concurrents pour décrocher la seconde place derrière Marine Le Pen lors du premier tour, en revanche, au second, il fait moins bien que Juppé. L’UMP, en plein dilemme, a donc un candidat pour le premier tour, et un autre pour le second. Avec Fillon dans les choux, mais qui s’accroche…
Vendredi un sondage, réalisé avant la parution du livre de Valérie Trierweiler, chiffrait l’impopularité record de François Hollande à 13 % de satisfaits. Dimanche, un autre sondage paru dans le JDD indiquait que 85 % des électeurs français ne souhaitaient pas voir l’actuel président se représenter en 2017. Les sondages, pour Hollande, se suivent et se ressemblent : tous semblables à des faire-part de décès…
Après le choc de compétitivité (raté), le choc Treierweiller (réussi pour cette dernière), le choc, donc, des sondages. On comprend que François Hollande, en train de boire la tasse dans la vague bleu Marine, soit choqué. C’est bien l’impression que ce président désormais en loques donnait vendredi après-midi au sommet de l’OTAN. Même Le Monde, quotidien pro-Hollande, parle d’une « légitimité personnelle en lambeau » et d’une « légitimité politique en ruine ». Son illégitimité devient donc de plus en plus apparente ? « Le président normal qui entendait établir une frontière étanche entre vie publique et vie privée pour mieux rétablir la dignité de sa fonction, se trouve – par sa faute – plongé dans des feuilletons indécents. »
Parmi tous les chocs que François Hollande encaisse actuellement, il faut sans doute y ajouter celui de son orgueilleuse et arrogante anaphore qui lui revient en pleine figure avec une violence inouïe, tant la réalité de son quinquennat est contraire à ses rodomontades de campagne.
Une descente aux enfers dans laquelle le président déguenillé entraîne aussi son Premier ministre : la cote de popularité de celui-ci s’amenuise également à vitesse accélérée. Pour Manuel, c’est la valse à l’envers… Hollande croyait, en le nommant à Matignon, pouvoir vampiriser un peu de sa popularité. C’est le contraire qui se produit.
Alors, la dissolution ? Marine Le Pen, lors de son discours de clôture de l’Université du Front national de la jeunesse qui se tenait ce week-end à Fréjus, l’a jugé « inévitable ». Elle n’est d’ailleurs plus la seule à le penser et à le dire. Y compris d’ailleurs un certain François Hollande lui-même, puisqu’en 2006 il écrivait : « Je ne crois plus à la possibilité de venir au pouvoir sur un programme pour cinq ans dont il n’y aurait rien à changer au cours de la mandature. Je pense qu’il y a forcément un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature. » Nous y sommes !
Mais, se démentant une fois de plus lui-même, François Hollande, bien qu’au fond du gouffre, affirmait vendredi en direct du sommet de l’OTAN, la mine décomposée : « J’ai été élu pour cinq ans par le peuple français, je suis à mi-mandat, il n’y a pas de sondage, aussi difficile soit-il (…), qui puisse interrompre le mandat que donne le peuple au président de la République. J’agis et j’agirai jusqu’au bout. » Jusqu’au bout de l’échec et du rejet qu’il inspire désormais aux Français ? Dimanche, Marine Le Pen a dénoncé un quinquennat « crépusculaire ». Que l’heure du redressement national vienne vite chasser ce crépuscule bruineux avant qu’il ne se fasse plus sombre…
(1) Cet anglicisme désigne, rappelons-le, « un groupe puissant de gens installés qui défendent leurs privilèges et leurs positions sociales ». Et Dieu sait si nos dirigeants sont bien installés, et depuis longtemps, dans leurs prébendes…
samedi 30 août 2014
Macron, dragon des 35 heures ?
Le gouvernement Valls 1 (137 jours) a terminé sa brève existence dans un formidable couac : celui de son ministre de l’Economie, dont la cuvée du redressement, après son cuvage à la Fête de la rose (un rose qui tâche) de Frangy-en-Bresse s’est transformée, en arrivant à Matignon puis à l’Elysée, en vin de la colère. Le sulfureux vigneron Montebourg entraînant dans sa disgrâce les ministres de l’Education et de la Culture. « On va faire péter les bouchons », s’était targué l’organisateur de la fête en s’enivrant de mots. Les bouchons ont effectivement sauté : Montebourg s’en est pris un en pleine figure, tout comme son invité Benoît Hamon et sa pourtant lointaine « supporteur » Aurélie Filippetti.
Le gouvernement Valls 2, après le couac fatal de Valls 1, commence, deux jours à peine après son avènement, par un autre couac. Son auteur en est le nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, qui s’en prend, dans un entretien qu’il a accordé au Point (la veille de sa nomination à Bercy) aux sacro-saints 35 heures : « Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. » Une suggestion marquée au coin du bon sens, partagée aujourd’hui par à peu près tous les économistes. Mais pas par la gauche de la gauche, dont le bon sens n’est pas le fort.
Dès l’intronisation d’Emmanuel Macron, la gauche marxisante a souligné avec aigreur le passage du nouveau ministre de l’Economie à la banque d’affaires Rothschild. En oubliant sans doute un peu vite que l’un de ses parangons, Henri Emmanuelli, venait lui aussi, tout comme Emmanuel Macron, de la même banque Rothschild. Le reproche n’est certes pas nouveau. En 1962, lorsque le général de Gaulle avait nommé Georges Pompidou, ex-fondé de pouvoir de la banque en question, à Matignon, Le Canard enchaîné avait publié une manchette assassine : « RF = Rothschild Frères ? » Le genre d’interrogation qui, formulée par Présent, nous vaudrait sans doute, 50 ans plus tard, d’être poursuivi pour antisémitisme…
D’autres retraités de la banque, d’un niveau certes plus modeste, ont milité ou continue de militer à l’extrême gauche. La plus célèbre étant bien sûr Arlette Laguiller, aujourd’hui également retraitée de la politique. Ou comme, actuellement, l’agitateur de la gauche radicale, Alain Pojolat, organisateur, entre autres faits d’armes, le 17 juillet dernier, de la manifestation pro-palestinienne interdite de Barbès. Les liens de la banque avec la politique, de droite et de gauche, voire d’extrême gauche, sont donc une vieille histoire. Macron comme bien d’autres…
Marche arrière
Ce dernier va-t-il être le dragon des 35 heures, crachant le feu sur elles jusqu’à les carboniser ? La fin des 35 heures, Manuel Valls l’envisageait aussi. Autrefois. En 2011, lors du débat de la primaire socialiste, il avait même fait de leur remise en question l’un des thèmes de sa campagne. Au grand dam de Martine Aubry et avec le résultat que l’on sait : 4,5 % des suffrages. C’est bien pourquoi aujourd’hui, pour ne pas mécontenter davantage un PS au bord de la crise de nerfs et toujours majoritairement opposé à l’augmentation du temps de travail, Manuel Valls s’est dépêché de désavouer son ministre de l’Economie : « Le gouvernement n’a pas l’intention de revenir sur la durée légale du travail à 35 heures. »
Surtout, pas de vagues avec les syndicats. Surtout ne pas défier davantage un PS dont le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a rappelé dans Le Monde daté de vendredi, de manière assez comminatoire : « Arnaud Montebourg ne fixait pas la ligne économique du gouvernement. Il n’y a pas de raison qu’Emmanuel Macron la fixe davantage. Laissons-le travailler, mais je fais une remarque générale : le social libéralisme ne fait pas partie ni de notre vocabulaire, ni de notre tradition. » A bon entendeur, salut…
Cambadélis ajoute par ailleurs : « Nous sommes dans une conjoncture de décomposition politique. (…) Fallait-il y ajouter une crise de l’exécutif ? Je ne le pense pas. Faut-il pour autant que la fermeté soit synonyme de fermeture ? Je ne le pense pas non plus. (…) Le PS doit être le lieu du débat. Je ne serai jamais pour la discipline des consciences, pour un PS caserne. » Avis à l’adjudant-chef Manu… La ligne claire réclamée par Hollande risque de connaître encore, du côté de la rue Solferino, quelques brouillages.
Le premier secrétaire du PS désapprouve donc la façon dont les deux chefs de l’exécutif ont traité le cas Montebourg, en lui cassant un peu trop rudement sur la tête les bouteilles de sa cuvée du redressement.
jeudi 28 août 2014
Valls 2 : sur un air de chaises musicales
Emmanuel Macron remplaçant Arnaud Montebourg au ministère de l’Economie ? C’est la surprise du chef Hollande ! Avant ce mini-remaniement, les services de l’Elysée ont fait courir la rumeur selon laquelle le président de la République ne souhaitait plus pour Bercy une direction bicéphale, et que Michel Sapin, outre les Finances et les Comptes publics, allait sans doute se voir attribuer l’Economie. Une petite manœuvre d’intoxication parfaitement réussie…
En tout cas, pour l’aile gauche du PS, Macron rime avec provocation. Conseiller économique de François Hollande (15 mai 2012-juin 2014), ancien inspecteur des Finances hyperdiplômé et ex-dirigeant de la banque d’affaires Rothschild où il a fait une rapide fortune, Emmanuel Macron incarne un social libéralisme décomplexé, tout à fait à l’opposé des options affichées par son prédécesseur. Avec Macron — qui, lui, adore la Finance — Hollande annonce la couleur. Celle de l’économie mondialisée. Fini les ministres alibis comme le « démondialisateur » bidon Montebourg… Les « frondeurs » n’ont qu’à bien se tenir. Ce choix montre aussi la versatilité de François Hollande, dont la doctrine varie allégrement de Montebourg en Macron, en matière économique.
Michel Sapin voit donc le super-ministère qui aurait fait de lui le seul patron de Bercy lui échapper. Il reste simplement ministre des Finances et des Comptes publics. Et c’est déjà beaucoup. Beaucoup trop, même, pour un ministre qui incarne depuis vingt-deux mois tous les mauvais choix économiques de l’ère Hollande. Sapin, ce sont les promesses cruellement démenties d’inverser la courbe du chômage et l’échec fracassant de tous les mauvais plans pour relancer la croissance. C’est la hausse des impôts tout autant que l’augmentation de nos déficits publics et de la dette extérieure. Et, à l’inverse, l’érosion continue du pouvoir d’achat des Français, ainsi que l’angoissante baisse des investissements. Sapin n’obtient certes pas la promotion qui lui semblait promise, mais son maintien à Bercy signifie tout de même que cette politique désastreuse, dont il fut souvent l’inspirateur, sera poursuivie.
Tout comme la reconduction de Christiane Taubira dans ses fonctions de garde des Sceaux indique la continuation du laxisme judiciaire et des réformes « sociétales » subversives.
Une pétroleuse à l’Education
Le gouvernement Valls-bis nous offre toutefois, en matière de subversion, encore mieux que Taubira, avec la nomination de Najat Vallaud-Belkacem, propagandiste passionnée de la théorie du genre, au ministère de l’Education, à la place de Benoît Hamon. Vallaud-Belkacem pourra ainsi propager et imposer officiellement dans les programmes officiels son ABCD de l’égalité.
Fleur Pellerin, de son côté, récupère le ministère de la Culture que détenait Aurélie Filippetti. Les deux femmes, contrairement à ce que leur passation essayait de faire accroire, ne s’apprécient pas du tout. Filippetti devait intérieurement enrager de céder la place à sa rivale.
Emmanuel Macron (36 ans), Vallaud-Belkacem (36 ans), Fleur Pellerin (40 ans) : une cure de jouvence (sorte d’élixir de l’abbé Soury) pour un gouvernement exténué ?
Ce remaniement constitue déjà un demi-échec. Valls n’a pas réussi, comme il l’espérait, à débaucher des écologistes, même ceux qui, comme Jean-Vincent Placé, Denis Baupin, François de Rugy ou Barbara Pompili, rêvaient tout haut d’un maroquin. « Les conditions ne sont pas réunies pour notre participation », ont-ils estimé. Valls n’a même pas réussi à racoler l’archaïque Robert Hue et sa minuscule association NEP (le Nouvel Espace Progressiste), groupuscule quasi-familial dont « le nain de jardin » est le fondateur président.
Quant aux « poids lourds » annoncés – le maire de Lyon Gérard Collomb, l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë, l’ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy, le dirigeant d’entreprise Louis Gallois ou l’actuel président de la Cour des comptes (et ancien président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée), Didier Migaud, aucun d’eux n’a daigné rejoindre ce gouvernement aux allures de Titanic.
Le chantage des radicaux
En revanche, les trois radicaux de gauche, Sylvia Pinel (ministre du Logement), Annick Girardin (secrétaire d’Etat chargée du Développement et de la Francophonie) et Thierry Braillard (secrétaire d’Etat aux Sports) conservent leurs portefeuilles. Après, toutefois, une âpre négociation de la part de Jean-Michel Baylet, président du PRG. Celui-ci, faute du ministère régalien qu’il convoitait, n’entrera pas au gouvernement. Mais il affirme avoir obtenu, en échange du maintien de ses trois ministres, la garantie que, dans la réforme territoriale chère à François Hollande et à Manuel Valls, les conseils généraux ruraux ne seront pas supprimés. Une condition sine qua non pour les radicaux. Exigence exorbitante, mais que les deux dirigeants d’un gouvernement à vau-l’eau ont néanmoins acceptée. Les radicaux de gauche disposent de dix-sept députés à l’Assemblée, dont la plupart élus d’ailleurs grâce au bon vouloir des socialistes. Le phénomène des « frondeurs » au sein du PS, que le nouveau gouvernement risque d’étendre, rend désormais, sur certains sujets, la majorité du gouvernement très aléatoire. D’où le besoin, coûte que coûte, de conserver l’appui des radicaux. Même au prix d’un sabotage de la réforme territoriale.
Malgré ces concessions énormes, la base du gouvernement s’appauvrit : la voici réduite au PS et au PRG. Et aux amis de François Hollande et (un peu) de son Premier ministre. Un gouvernement Valls à deux temps… Une fois encore Michel Sapin, copain de François Hollande depuis l’ENA (la fameuse promotion Voltaire), clone presque parfait du président de la République, symbolise cette proximité réductrice. Tout comme Manuel Macron…
Le dernier carré des Hollandais ?
Un remaniement par défaut, avec seulement six nouveaux entrants (1). Dont parmi eux le député PS des Landes Alain Vidalies, vieux cheval de retour qui avait quitté le gouvernement cinq mois auparavant et qui revient par la petite porte d’un secrétariat d’Etat aux Transports, à la place de Frédéric Cuvilllier. Ce dernier, pourtant proche de François Hollande, avait annoncé son départ dès lundi, estimant « ne pas disposer de la capacité d’action et de l’autonomie nécessaire à la réussite d’une politique cohérente porteuse d’espoir ». Découragé par « l’incohérence » de ce gouvernement, Cuvillier préfère prendre la porte. La porte de gauche, évidemment.
Un remaniement au rabais avec, à défaut de nouveaux entrants d’envergure, ceux qui ont bien voulu rester. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose… En tout cas, dimanche à La Rochelle, pour leur université d’été, les socialistes auront quelques sujets de conversation.
(1) Outre Macron et Vidalies, les quatre autres nouveaux entrants sont : Patrick Kanner, (ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports), un adjoint de Martine Aubry ; la franco-marocaine Myriam El Khomi (secrétaire d’Etat à la Ville), adjointe d’Anne Hidalgo ; Pascale Boisard, (chargée du Droit des femmes), une fabusienne. Et, surprise, un « bébé Montebourg » : Thomas Thévenoud (secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, au Tourisme et aux Français de l’Etranger). Un petit signe à l’égard de l’ex-ministre de l’Economie pour lui dire que les ponts ne sont pas totalement coupés avec lui ? Une demi-bouteille de la « cuvée du redressement », millésime historique, que Valls garde en réserve…
mercredi 27 août 2014
Valls, Hollande : l’électrochoc
Valls, Hollande : l’électrochoc
D’un choc l’autre : après le choc de compétitivité, qui n’a pas fait d’étincelles, voici, beaucoup plus radical, l’électrochoc avec lequel les deux morticoles à la tête du gouvernement ont décidé de soigner le cas Montebourg. Et de sortir par la même occasion du coma dépressif dans lequel s’enfonçait le gouvernement Valls, après seulement 135 jours d’existence tourmentée.

L’électrochoc ? Un traitement médicalement recommandé pour soigner certaines affections mentales qui se manifestent notamment par des états « confusionnels et dépressifs ». Ce à quoi tendaient certains membres du gouvernement disparu. Montebourg réclamait, lui, une politique alternative ? Il aura droit à un courant alternatif… « Placé entre deux électrodes » ! Il faut dire que le cas Montebourg était, comme celui du gouvernement, particulièrement « confusionnel ». Et saugrenu : un ministre de l’Economie trouvant mauvais la politique qu’il est chargé de mettre en œuvre et le criant haut et fort, c’était tout de même assez schizophrénique. D’autant plus que, dans le récent entretien qu’il avait accordé la semaine dernière au Monde, François Hollande insistait sur la « cohérence » de sa politique.
A la suite de ce traitement de choc, suggéré par le médecin chef Valls au diafoirus de l’Elysée, les trois principaux contestataires de la ligne Hollande, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti ont annoncé, après avoir pris quelques décharges, qu’ils ne participeraient pas au prochain gouvernement. Les deux premiers avaient pourtant soutenu Manuel Valls dans ses intrigues pour évincer Jean-Marc Ayrault, œuvrant avec lui dans sa conquête de Matignon. Ils avaient reçu en récompense, l’un le ministère de l’Economie, l’autre celui de l’Education… Mais peut-être se sont-ils un peu trop, de ce fait, crus intouchables ? Les détenteurs du pouvoir n’aiment pas trop qu’on leur rappelle trop ostensiblement : qui t’a fait roi ? Le pacte entre les trois hommes n’aura tenu que cinq mois. A peine plus que le pacte de solidarité…
L’imbuvable « cuvée du redressement »
Après le défi que Montebourg et Hamon avaient lancé à Manuel Valls, dimanche dernier, lors de l’épineuse fête de la rose de Frangy-en-Bresse, avec notamment l’aigrelette « cuvée du redressement » jugée imbuvable en haut lieu, le chef du gouvernement n’a pas hésité à dégainer contre ses anciens comparses son épée de matador. « Un ministre de l’Economie ne peut pas s’exprimer ainsi, que ce soit sur la ligne économique du gouvernement auquel il appartient ou à l’égard d’un partenaire européen de la France. » La dernière phrase rappelant les accusations portées à l’encontre de l’Allemagne, que Montebourg juge responsable des politiques d’austérité en Europe. Montebourg souhaitait que François Hollande fonde, tel « un oiseau de la tempête », sur l’Aigle germanique…
On peut aussi s’interroger si le ministre provocateur, dont l’entourage évoquait le départ depuis quelques mois déjà – en vue bien sûr de se positionner pour l’élection présidentielle de 2017 – n’a pas préparé sa sortie, la rendant, de façon délibérée, inévitable et la plus spectaculaire possible.
Lundi après-midi, dans son laïus de départ, Montebourg, démissionné mais toujours flamboyant, s’est dit « fier du devoir accompli ». Peaufinant au passage sa posture présidentielle, il a cité saint Augustin : « La crainte de perdre ce que l’on a, nous empêche d’atteindre ce que l’on peut être. »
Dans un contexte géopolitique angoissant, où de multiples tragédies, que ce soient celles du Proche et du Moyen-Orient, ou du côté russo-ukrainien, risquent d’embraser le monde, où de grandes transhumances humaines incontrôlables déstabilisent nos civilisations, où la France se trouve en pleine déchéance économique, ces palinodies politiciennes, dérisoires jusqu’à l’indécence, ne peuvent évidemment qu’exacerber davantage la défiance déjà très grande des électeurs à l’égard des partis de l’UMPS. Une UMPS au bord de l’implosion elle aussi.
Après la désintégration de lundi matin, le Premier ministre forme sa nouvelle équipe. Valls consultait hier mardi à tour de bras. Avec, pour les anciens ministres désireux de le rester, une simple prescription : se soumettre ou se démettre ! Quant aux nouveaux membres de son gouvernement, Valls espère en débaucher quelques-uns du côté des Verts… Sous condition d’une consigne impérative : que les nouveaux entrants laissent leurs frondes au vestiaire.
mercredi 20 août 2014
Rentrée sinistrée
Rentrée sinistrée
?Le professeur Hollande appréhende beaucoup cette rentrée politico-sociale, dont la date se rapproche inexorablement et où il craint d’être fortement chahuté. Y compris dans son propre camp. Voici venu le temps des échéances, et celles-ci sont lourdes. Et plus question d’entourloupes verbales pour faire passer la pilule. Même les électeurs de gauche ne croient plus au discours du président de la République et à son sempiternel : « Ça ira mieux demain ! » L’hypnotiseur a perdu son fluide : il n’endort plus personne. Les lendemains hollandais ne chantent plus : ils crissent, grincent et gémissent ! L’inverseur de la courbe du chômage a pris celle-ci, tel un ressort trop tendu, en pleine figure. Le « réenchanteur » proclamé du « rêve français » a transformé celui-ci en cauchemar.
Chômage, fiscalité, professions réglementées, réforme territoriale, rythmes scolaires, autant de dossiers hautement inflammables. Sans oublier celui de la GPA. La Manif pour tous, comme le savent nos lecteurs, appelle à la mobilisation le 5 octobre prochain. De son côté, l’extrême gauche va sans doute appeler à descendre dans la rue, avec l’espoir d’amalgamer les mécontentements. Mais, pour l’instant, la GPA divise le PS. Jacques Delors, Jospin et son épouse, Sylviane Agacinski, soutenus par une soixantaine de personnalités du PS, « enjoignent » à François Hollande « de s’opposer publiquement à l’admission par le droit des contrats de mères porteuses », afin de « ne pas voir se constituer un marché des bébés ». Quitte à s’opposer frontalement à la Cour européenne des droits de l’homme… Qu’ils rejoignent donc la Manif pour tous !
Duflot, Montebourg, Aubry…
Dans ce contexte tempétueux, Le Monde identifiait mardi trois personnalités du PS « susceptibles » de mener une guérilla interne et de surfer, à l’intérieur de la gauche, sur ces vagues de mécontentement s’apprêtant à déferler : Cécile Duflot, Arnaud Montebourg et Martine Aubry.
Duflot ? L’ex-ministre démissionnaire sortira lundi prochain, aux éditions Fayard, un livre sur son expérience gouvernementale : Voyage au pays de la désillusion. Mais n’est-elle pas elle-même une grosse désillusion pour les adhérents et électeurs d’EE-LV ? Son passage au ministère du Logement constitue un tel ratage – elle apparaît aujourd’hui comme une sorte d’Attila de l’immobilier – que son discrédit l’empêchera de jouer un rôle de leader dans une contestation anti-Hollande au sein de l’actuelle majorité. Très peu probable de voir, à côté des bonnets rouges, émerger un mouvement de bonnets verts avec Cécile Duflot comme égérie.
Montebourg ? Son sondage à 10% du début août semble lui avoir – momentanément ? – cassé la voix. Et douché quelque peu ses ambitions…
Aubry ? Les sarcasmes qu’elle a lancés ces dernières semaines contre la politique du gouvernement ressemblent à des galops d’essai. Et puis, pas question pour elle de laisser sans réagir sa région du Nord-Pas-de-Calais fusionner avec la Picardie. « C’est une aberration économique et sociale. On est en train de faire du Monopoly, de jouer à Sim City sans demander l’avis des élus concernés. » Et surtout, Martine Aubry voit dans la fusion de ces deux régions l’ombre menaçante du Front national. Celui-ci, lors des européennes de juin dernier, est arrivé à 35% dans le Nord-Pas-de-Calais, et il a rassemblé plus de 38% en Picardie. En cas de mariage des deux régions, le parti de Marine Le Pen serait en position, l’année prochaine, d’emporter cette méga-région. Martine Aubry en a des sueurs froides… Si, à la faveur d’une contestation à gauche de la réforme territoriale en chantier, elle prenait la tête des frondeurs, elle pourrait certainement, dans ce climat de grandes turbulences, entraîner derrière elle des déçus de Hollandisme et des anti-Valls. Cela fait pas mal de monde. Mais pour aller où ? Pêcher à la ligne au bord du Rubicon qu’elle n’aura sans doute jamais l’audace de franchir ?
Il y a un quatrième larron, que Le Monde ne cite pas et qui pourtant existe, et même un plus que les autres puisqu’il détient sur eux l’avantage de diriger le PS : Jean-Christophe Cambadélis.
A la conquête du pouvoir
L’ancien agitateur trotskiste (du courant lambertiste, le plus dur), spécialiste en intrigues politiques de tous genres, pourrait bien être tenté, en cas de tourmente, de jouer les premiers rôles. « Conquérir le pouvoir, c’est ce qu’il sait faire de mieux. » A 63 ans, si l’occasion se présente, Cambadélis ne manquera pas de la saisir, elle qui lui permettra de prendre sa revanche sur ses déboires passés : ses ennuis judiciaires (emplois fictifs de la MNEF) l’ont empêché, en 1997, d’être nommé à la tête du PS. Et si, en 2011, Strauss-Kahn n’avait pas trébuché sur la moquette du Sofitel new yorkais, l’actuel premier secrétaire du PS aurait eu de bonnes chances d’être son Premier ministre. Il peut de nouveau, en cas de grand chambardement, entrevoir Matignon… Cette fois dans le sillage d’un autre strauss-kahnien : Manuel Valls, si celui-ci parvenait à l’Elysée. Ce serait la revanche de DSK. L’objectif est, certes, loin d’être atteint, mais rien n’empêche les deux compères d’y travailler. C’est ce que redoute François Hollande.
Pour ce dernier, il s’agit en quelque sorte, lors de cette reprise de la vie politique, de réussir ce que les footballeurs appellent : une rentrée en touche. Sauf que François Hollande ne sait plus très bien dans quelle direction et vers qui envoyer le ballon…
samedi 9 août 2014
Dérapage, dévissage, lessivage…
Dérapage, dévissage, lessivage…
Et un ratage de plus pour le gouvernement ! Mercredi, le Conseil constitutionnel, saisi par l’UMP, a censuré une partie du pacte de responsabilité compris dans la loi de financement rectificatif de la sécurité sociale, adoptée définitivement le 25 juillet dernier. Ennuyeux pour le gouvernement, puisque cette partie censurée contenait les mesures dites de « compensation sociale du pacte » dont se glorifiait Manuel Valls : « Ce pacte de responsabilité est aussi un pacte de solidarité. » Eh bien, il ne l’est plus ! « Les baisses dégressives de cotisations pour les salariés touchant entre 1 et 1,3 fois le smic » ont été jugées « contraires à la Constitution, car à l’encontre du principe d’égalité devant la loi ». Encore un texte mal fichu et mort-né accroché au palmarès déjà bien rempli de ce gouvernement de branquignoles. Hollande recadré de nouveau. Avec en retour, pour lui et pour Valls, un effet politicien fâcheux : cette censure redonne du souffle aux « frondeurs » du PS, opposés à ce pacte et qui réclament maintenant « sa remise à plat ». On efface tout et on recommence ?
D’un ratage l’autre…
D’un ratage l’autre, Hollande n’en finit plus de se ratatiner. Par exemple avec le budget 2014. Celui-ci avait été élaboré sur une croissance prévisionnelle de 1%. Las ! Le ministre des Finances, Michel Sapin, estime à présent que si l’on atteint les 0,5%, « ce sera déjà bien ». Un embryon de croissance, en somme. Mais l’embryon n’est-il pas destiné à se développer ? Donc, avec 0,5%, la croissance aperçue à plusieurs reprises par François Hollande, à travers ses lunettes embuées, sera tout de même là. Suffit d’attendre qu’elle pousse. Qu’elle s’accroisse. En l’arrosant peut-être avec des taxes ? Et les larmes des chômeurs ?
Mais le monde, lui, ne nous attend pas. La situation est d’autant plus scabreuse pour l’actuel gouvernement que la reprise tant espérée se manifeste, à des degrés divers, un peu partout en Europe. La Grande-Bretagne, qui n’est pas dans l’euro, « caracole en tête de tous les pays développés », avec une croissance sur le point de dépasser cette année les 3%. L’Allemagne maintient un rythme annuel très régulier autour de 2%. Avec, dans certains Lander, comme par exemple la Bavière, quasiment le plein-emploi. (Plus de 10% de chômage en France). Les autres pays de la zone euro, où la croissance demeure certes anémiée, enregistrent néanmoins quelques frémissements. Sauf en France, où les seuls frémissements constatés sont des frémissements d’effroi devant les résultats désastreux du gouvernement socialiste. La France en décalage croissant avec les autres pays industrialisés…
Les géniteurs du budget 2014 prévoyaient également « une hausse des prix de 2% ». Elle ne sera finalement que de 0,5%. Aussi atrophiée que les chiffres de la croissance. Résultat : « un manque à gagner d’un certain nombre de milliards de rentrées fiscales ». Vite, de nouvelles taxes pour boucher les trous !
Et les autres nouvelles sur le front, enfoncé de toutes parts, de l’économie, ne sont pas plus réjouissantes. Selon les dernières prévisions budgétaires de Bercy, les déficits français atteindraient 4,4%, au lieu des 3,5% prévus. « Quant à la dette publique de la France, elle ne devrait pas tarder à franchir la barre symbolique des 2 000 milliards d’euros. » Déficit, dette, chômage… Nos seuls records olympiques.
Souvent prompt à mettre les drapeaux en berne, le chef de l’Etat devrait saisir cette nouvelle occasion. Du moins en ce qui concerne les drapeaux du palais de l’Elysée, de l’hôtel Matignon et du ministère de Bercy.
Décalage, rafistolage, pourrissage, dévissage, naufrage… Ce sont les maux dont souffre l’économie française en plein barbotage et les mots pour les exprimer. Avec, à l’atterrissage, le ratissage et le lessivage des contribuables français. Et la rage grandissante de ces derniers…
Quoi de neuf ? Le retour de Sarko
Et puis, dans ce marécage où nous nous enfonçons, un glougloutement politicien : le énième épisode du feuilleton Sarkozy, avec toujours cette question existentielle : être ou ne pas être candidat le 29 novembre prochain, à la présidence de l’UMP ? Sarko nous avait dit qu’il donnerait sa réponse début septembre. Mais il n’a apparemment pas pu garder le silence jusque-là. Dans un entretien à Valeurs Actuelles (sollicité par lui), l’ancien chef de l’Etat explique « qu’il n’a pas encore pris sa décision ». Bien la peine de convoquer des journalistes pour un tel scoop. Mais cette interview pour ne rien dire entre sans doute dans sa stratégie des « cartes postales » ? Celle-ci étant, semble-t-il, plus particulièrement destinée à ses concurrents Hervé Mariton et Bruno Le Maire. « Que l’on parle de mon retour en politique, c’est déjà miraculeux en soi. Cela veut dire que cette idée du retour est inscrite dans les têtes et les esprits. » Et sur son agenda politique. Conclusion : « A partir de ce moment-là, une très grande partie du chemin est faite. » Mariton, Le Maire, cassez-vous, pauvres con… currents ! Le chef est de retour…
Dans cette France qui s’ensauvage, où l’on assiste à Calais à des rixes féroces entre migrants soudanais et érythréens, où entrent Africains et Afghans – de quoi remplir un peu plus nos hôpitaux déjà surchargés d’immigrés – (voir Présent d’avant-hier), une phrase d’un témoin de cette immigration-submersion est à retenir. « Le cœur du problème, c’est qu’ils sont chaque mois plus nombreux. Avec la chute de l’Etat libyen, un nouveau couloir migratoire, en provenance de l’Afrique, s’est ouvert vers l’Europe. » La chute de l’Etat libyen ? Merci Sarko ! Le décrochage de François Hollande ne fait en somme que succéder au sabotage de son prédécesseur…
jeudi 7 août 2014
« Immigration invasion »
« Immigration invasion »
?« La grosse déferlante », écrivait hier dans Présent notre camarade Pierre Malpouge. Depuis le retour de la gauche au pouvoir, à mesure que baissent les expulsions, les vagues de l’immigration clandestine n’ont en effet cessé de grossir. Et de s’accélérer. Elles déferlent cet été sur l’Europe en général et la France en particulier « sans discontinuer », avec une intensité accrue. Fait nouveau : Présent n’est plus le seul quotidien à s’inquiéter du phénomène. Le Parisien, Le Figaro, Le Monde commencent, avec trente ans de retard, à se soucier de cette immigration invasion – comme l’avait qualifiée Valéry Giscard d’Estaing en septembre 1991 – en train d’exploser sur les côtes italiennes avant de répandre en France (et dans d’autres pays européens) ses flots bouillonnants.
Vive la préférence nationale !
Oui, Le Monde lui-même… Dans son édition datée de mardi, le quotidien de la mondialisation heureuse et du libéralisme écolo-gauchisant découvrait à son tour, bien après Présent, « l’afflux des réfugiés médicaux » et les filières de plus en plus nombreuses et actives de cette immigration médicale. « Le scénario est souvent le même. Les personnes arrivent à la gare, font un malaise, sont amenées aux urgences. Là on constate qu’elles ont en fait besoin d’être dialysées. Elles sont prises en charge et déposent en parallèle une demande d’asile. » Des traitements très onéreux. Le Monde, – quelle intuition ! – évoque un éventuel « détournement » du système. A Lyon, « avec 24 lits de dialyse, le service du professeur Morelon est saturé ». Saturé par des malades étrangers, au détriment des malades français.
Le détournement, là aussi, tourne à l’envahissement. Et à l’exclusion à rebours. Non seulement les Français ont de plus en plus de mal à accéder à ces services, mais ils doivent désormais en payer les coûts pour des intrus n’ayant jamais cotisé : 500 millions d’euros par an ! La France n’a plus les moyens de soigner convenablement ses propres nationaux mais elle continue de jeter l’argent par les fenêtres de ses hôpitaux pour accueillir une misère médicale étrangère et abusive. « Certaines personnes ne s’en cachent pas. Elles sont d’abord là pour leur santé. » Sous le statut fallacieux de « réfugiés ». Toujours à Lyon, un centre d’asile a accueilli en 2013 « 766 migrants dont 25% d’entre eux avaient quitté leur pays à cause de maladies identifiées. Parmi eux, une centaine ont eu besoin d’un accompagnement médical relativement lourd ». Contribuables français, à votre bonne santé ! Ou plutôt à celle des squatters hospitaliers qui détournent les lois françaises pour accaparer à leur profit notre système de soins, déjà le plus généreux du monde.
Dommage que les dirigeants du Front national mettent quelque peu en sourdine le thème de la préférence nationale, alors que de plus en plus de Français, notamment parmi les classes populaires, la revendiquent plus que jamais. Haut et fort. Dans le chaos de la mondialisation, la préférence nationale apparaît à ces compatriotes économiquement fragilisés, outre le rétablissement des frontières, comme un protectionnisme indispensable. L’ultime bouée de sauvetage pour survivre socialement à « l’immigration submersion ».
Une préférence nationale que les Anglais nomment, eux : « placer les Britanniques en premier ». En Grande-Bretagne, les immigrés ne pourront désormais s’inscrire sur une liste d’attente pour un logement social que deux ans après leur arrivée. Placer les Français en premier : c’est aussi ce que nous réclamons. Notamment en matière de logement, d’allocations, d’éducation et de santé. Les Anglais, eux dont le pays prônait jadis le multiculturalisme, en ont aujourd’hui ras la casquette. David Cameron a été récemment très explicite. « A partir de maintenant, nous aurons la politique suivante : expulser d’abord, faire appel ensuite. » Malheureusement, le mot expulser ne semble plus avoir cours sur le continent. Sinon pour déverser les immigrés, comme le fait l’Italie, chez son voisin.
Cette demande urgente de préférence nationale nous ramène à un article du Monde de mercredi intitulé : « L’adhérent FN, ce nouveau casse-tête syndical ». Les syndicats constatent en effet de plus en plus souvent que certains de leurs adhérents, voire militants, s’engagent sur le plan politique dans les rangs du Front national. La CGT et la CFDT, pour qui la préférence nationale constitue une abomination, excluent ces « hérétiques ». Mais de plus en plus difficilement. « Sur le terrain, si je tape sur ceux qui ont voté FN, je perds aux prochaines élections », confie le responsable syndical d’un département du sud. Et d’expliquer : « Beaucoup de gens considèrent que les politiques sont pourris, alors ils se tournent vers le FN. »
Parmi les nombreux griefs que ces Français désabusés nourrissent contre leurs dirigeants, responsables de la gabegie actuelle, le principal, le plus virulent, c’est celui d’avoir, depuis tant d’années, permis sur notre sol l’installation et le développement de cette « immigration invasion » dont nous voyons aujourd’hui le déferlement s’accélérer mortellement. Permis et le plus souvent encouragé, avec notamment des lois en forme « d’aspirateurs à immigrés ». Plus qu’une faute : une trahison à l’égard de la France, des Français et de notre civilisation !
vendredi 11 juillet 2014
Valls, chef sachant “cheffer”, mais “cheffant” dans le vide
Valls, chef sachant “cheffer”, mais “cheffant” dans le vide
En début de semaine Manuel Valls fêtait ses cent premiers jours à Matignon. Un anniversaire pour lequel il a eu droit, sur le plan politique, à deux gâteaux et leurs bougies… Mais en pleine figure !
Mardi (8/7), l’Assemblée nationale a adopté le budget de la Sécurité sociale rectificatif par 272 voix contre 234. Parmi les élus socialistes, 33 abstentions. Certes Valls peut se targuer d’avoir réduit la contestation parlementaire puisqu’en avril dernier 41 “frondeurs” avaient refusé de voter le programme de stabilité. Mais la pression exercée par Manuel Valls, et dont ce dernier s’est vanté, comprenant notamment le chantage à l’investiture, n’a eu aucun effet sur les 33 irréductibles. Dites 33, M. le Premier ministre !
Ces récalcitrants reprochent au gouvernement de réduire de 40 milliards d’euros les charges des entreprises« sans aucune contrepartie ». Critiques – Valls a eu mardi tout le loisir de s’en rendre compte –, partagées, à des degrés divers, par de nombreux députés de base. Ces représentants de la gauche “archaïque” ne veulent pas mettre leur gouvernement (et leur mandat) en danger, mais, à travers la petite minorité active et glapissante, qu’ils soutiennent en sous-main, ils tiennent à exprimer leur défiance à l’égard du Premier ministre.
Parmi ses menaces pour faire taire les mécontents, Valls a aussi évoqué la dissolution. « Je ne la souhaite pas, mais je ne serai pas le chef d’un gouvernement qui n’avance pas. » Oui mais, en cas de dissolution, il risque de se retrouver avec un gouvernement qui n’aurait plus de jambes. Difficile dans ce cas également d’avancer. A moins que Valls ne songe à d’autres béquilles de recours ?
Contradictions. Valls veut « débloquer » la France. Une France surtout bloquée par l’idéologie de gauche et les textes de loi que celle-ci a engendrés comme autant d’obstructions économiques. Valls veut « réanimer »la famille socialiste ectoplasmique. Mais seule l’animosité contre l’actuel Premier ministre redonne à cette dernière quelque vigueur. Valls « débloque » en effet… Mais sans doute pas dans le sens où il l’entend…
Les syndicats envoient Valls valser
La seconde tarte à la crème qu’il a essuyée lui a été expédiée de façon plus brutale encore par les quatre syndicats, CGT, FO, Solidaires et FSU, qui ont boycotté son discours de clôture « de la troisième grande conférence sociale du quinquennat de François Hollande ». La CGT réclame un « changement de cap ». FO dénonce un « bug du dialogue social ». Et la CFDT, « partenaire privilégiée du gouvernement », fait part de« son profond questionnement ». Bref, le dialogue social est un peu enroué. Comme le constatait Libérationde mercredi (9/7) : « Il est plus facile de faire rentrer dans le rang un député mécontent que de faire asseoir à la table de négociation un syndicaliste en colère ».
La conférence sociale « était jusqu’à présent la vitrine emblématique de la méthode Hollande… ». La devanture chatoyante – trompeuse comme un appartement-témoin – a eu cette semaine ses vitres brisées. Et le tribun Valls n’a plus eu qu’à monter sur les chaises laissées vides par les syndicalistes pour haranguer les frondeurs…
Au PS, mais aussi à l’Elysée, certains accusent d’ailleurs le Premier ministre d’être responsable du ratage (pourtant largement prévisible) du dialogue social, avec son entretien du 2 juillet, accordé aux Echos et dans lequel l’hôte de Matignon annonçait le report en 2016 de la réforme sur le compte de la pénibilité. C’est Valls qui aurait allumé – par inadvertance ou par calcul – les mèches des bombinettes lancées par les casseurs syndicaux contre la vitrine chère à Hollande…
L’anniversaire de ses cent jours de Premier ministre a conduit celui-ci, la semaine dernière, à citer Bonaparte :« Je ne tiens mon pouvoir que de l’imagination des Français ». Et ceux-ci ont parfois, comme la mémoire, l’imagination courte. Ou dévergondée. Par exemple, ce printemps 2012 où ils ont élu François Hollande président de la République… Mais sans lequel Valls ne serait pas à Matigon.
Capitulation en rase campagne
A ce propos Le Monde daté de lundi (7/7) rappelait le « coup d’éclat » de ce dernier, à Vauvert (Gard),« lorsqu’il avait prononcé un quasi-discours de politique générale, la veille de l’intervention présidentielle du 14 juillet 2013 ». Le week-end dernier, Valls le Camarguais, qui aime « à toréer ses adversaires au plus près »,était de retour à Vauvert (endroit tout indiqué pour envoyer l’actuel président au diable). Mais cette année Valls n’a pas tiré de feux d’artifice. Il joue, à l’égard du chef de l’Etat, la loyauté la plus irréprochable. Ce qui ne l’empêche pas de se construire subrepticement « en anti-Hollande ». Comment ? En s’affichant « en chef sachant cheffer ». Juste une posture, comme nous l’a montré cette semaine, après quelques coups de menton, sa capitulation en rase campagne devant les grévistes agressifs de la SNCM.
« La mission confiée fin mars à Manuel Valls par le chef de l’Etat était simple : faire oublier les deux premières années du quinquennat, marquées par les “couacs” à répétition du gouvernement Ayrault, et provoquer un rebond après la défaite historique du PS aux municipales ». Valls a été nommé pour nous donner l’image, rien qu’une image sur celluloïd, d’un entraineur et conducteur d’hommes. « Etre toujours en mouvement » et« agir vite ». Faire du Sarkozy de gauche en quelque sorte, même si ce mouvement ne débouche que sur un grand remuement d’air. Estomper l’évanescent Ayrault, c’est facile. Mais avec ce simulacre d’autorité, tout« d’habillage et de communication », Valls utilise maintenant ce contraste par rapport à la mollesse indécise de François Hollande. « Il se construit en anti-Hollande », par petites touches « subliminales »… Un césarisme de pacotille, préfabriqué, mais du moment que le bon peuple y croit…
Quand au “rebond”, c’est une autre paire de manche…
Avant-hier Présent évoquait « la guerre des trois » en train de s’enclencher à l’UMP. Avec Montebourg en embuscade, une autre « guerre des trois » se prépare aussi au PS. Sans parler de la guerre picrocholine des quatre, en gestation au Centre et qu’il faudra suivre à la loupe…
mardi 6 mai 2014
Le « retournement » c’est maintenant !
Le « retournement » c’est maintenant !
Ce 6 mai, jour de la Sainte-Prudence, marque le deuxième anniversaire de l’élection de François Hollande, porté à l’Elysée par une majorité de Français politiquement bien imprudents. Dans un entretien « informel » qu’il a accordé pour cette occasion au JDD, le plus impopulaire chef d’Etat de la cinquième République nous annonce une nouvelle renversante : « On est entré dans la deuxième phase du quinquennat, le redressement n’est pas terminé, mais le retournement économique arrive. » Après avoir été le seul, en juillet dernier, à apercevoir la pointe des oreilles d’une croissance fugitive (et toujours en fuite), après nous avoir assuré que la courbe du chômage allait s’inverser fin 2013 et après avoir été à chaque fois démenti, Hollande récidive : il nous annonce maintenant le « retournement « économique.
En matière de retournage, l’hôte de l’Elysée en connaît un bout : il excelle à tordre verbalement la réalité. Cela lui a réussi puisque ce détournement des faits l’a conduit au plus haut sommet de l’Etat.
Mais qui parle de mensonge ? Il s’agissait « d’ignorance ». C’est du moins l’explication que Jean-Christophe Cambadélis, nouveau patron du PS, avance, pour essayer de dédouaner le président de la République de ces deux années de désespérante inertie. « Nous, les socialistes, n’avions pas pris totalement la mesure, pendant la campagne présidentielle, de la tenaille dans laquelle était prise la France. »
Hollande ne savait pas. Lui qui côtoie au plus haut niveau des dirigeants du monde politique et économique depuis 35 ans. Lui qui, élu député de Corrèze pour la première fois en 1988, occupa d’emblée le poste de secrétaire de la Commission des Finances. Lui, ex-premier secrétaire du PS durant onze ans, (1997 à 2008) et qui « déjeunait deux fois par semaine en tête à tête avec Lionel Jospin » lorsque celui-ci était Premier ministre (1997-2002), « pour parler des affaires de l’Etat ». Il ne savait pas, lui dont les amis énarques peuplent la haute administration du pays et les organismes internationaux. Comme par exemple Pascal Lamy, ancien patron de l’OMC et grande figure de l’élite mondialisée. Ou Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes. Ou, proche parmi les proches, son copain Pierre Jouyet, ex-ministre de Nicolas Sarkozy.
Néanmoins, malgré cet entourage choisi de gens si bien informés, notamment sur la situation financière de la France – qu’un Pascal Lamy ou un Didier Migaud ont d’ailleurs souvent radioscopée –, Hollande ne savait rien de « ses déficits colossaux », de « sa politique industrielle à la traîne », et des « exigences des marchés financiers ». On lui cachait tout ?
Amère commémoration
En 2012 son déni des réalités économiques relevait bien sûr du mensonge délibéré, cyniquement et dangereusement démagogique. Ceux qui l’ont cru se sentent aujourd’hui floués. D’où la colère de tant de ses anciens électeurs, que certains députés du PS se sentent obligés de relayer. Ce qui donne, au moment de voter le plan de rigueur – cinquante milliards d’euros dont, entre parenthèses, personne ne sait encore dans quelles dépenses ils seront prélevés – une abstention de 41 députés PS. Et 12 écologistes, 3 chevénementistes et 12 Front de gauche qui ont voté contre. Fissure inhabituelle dans une majorité présidentielle. Et les fissures, ou on les colmate sur le champ ou elle risque vite de s’élargir. Ce qui pourrait bien se produire lors des prochains votes sur les autres volets de la politique de Manuel Valls.
Mais de tout ça, Hollande n’en a cure. Il continue d’user des mêmes subterfuges retors et amoraux. Visiblement, il n’en connaît pas d’autres… Après le reniement, le remaniement, voici donc le « retournement ». Un mot qui continue de rimer avec la troisième personne du verbe mentir à l’indicatif présent.
François Hollande, nous dit-on, « n’a jamais aimé regarder derrière lui ». Vu les décombres qu’à la tête du PS comme à celle de l’Etat il a accumulés, cela vaut sans doute mieux pour lui. En cette journée anniversaire, il ne s’appesantira donc pas sur le bilan des deux années écoulées. L’hypnotiseur élyséen préfère casser le rétroviseur et ressortir sa vieille lanterne magique pour évoquer les prochaines années de son quinquennat qui, promis, juré, craché, « seront celles de la reprise, de la croissance, de la transition énergétique, des réformes sociales et des réformes structurelles ». C’est sa façon charlatanesque de « réenchanter le rêve français » : faire miroiter des promesses qu’il sait, de sa part, intenables. Le grand bluff, toujours. Hollande ou le virtuose de l’illusion d’optique !
Ces deux années de gouvernement socialiste, les Français l’ont fêté à leur manière lors des dernières municipales. En jetant le gâteau d’anniversaire à la tête du chef de l’Etat ! Une autre célébration du même genre aura sans doute lieu le 25 mai prochain… Avec un nouvel entartrage électoral annoncé. La mandature de François Hollande ressemble de plus en plus à un film burlesque ne faisant rire personne.
jeudi 1 mai 2014
Plan de rigueur. Ils ont voté… Et après ?
Plan de rigueur. Ils ont voté… Et après ?
265 voix pour, 232 contre, 67 abstentions dont celles, tout de même, de 41 députés socialistes.
Comme nous l’avions prévu, les députés PS, après quinze jours de psychodrame, ont finalement approuvé, avec une majorité relative et certes plutôt parcimonieuse, le plan d’économie de 50 milliards d’euros soumis par le Premier ministre à l’Assemblée nationale, mardi 29 avril. Fin du suspens un peu factice qu’ils entretenaient habilement depuis quinze jours. « Ça va péter », annonçaient certains élus socialistes d’un air bravache. Mais la grenade annoncée s’est transformée, au moment du vote, en un pétard de 14 Juillet. Avec tout de même, dans les rangs du PS, 41 abstentions. Un caillou dans la chaussure de Manuel Valls qui risque de faire boiter le Premier ministre de sa jambe gauche.
Mardi après midi ce dernier, reprenant, poursuivant et amplifiant le ton mélodramatique qui régnait ces derniers jours entre l’exécutif et sa majorité, avait dramatisé à l’excès son discours. « Je vous parle avec mon cœur, avec mes tripes ! » Mais devant un hémicycle à demi vide, ce qui donnait encore plus de résonance à ses vigoureux propos, beaucoup de députés socialistes ayant choisi de rejoindre leurs pupitres avec un temps de retard visiblement calculé. Un discours commencé par une vibrante et solennelle déclaration :« Le vote d’aujourd’hui est un instant de vérité. Ce n’est pas un vote indicatif, c’est un vote décisif. » Et conclu, une demi-heure plus tard, sur une anaphore – mode oratoire décidément à la mode chez les socialistes – fougueuse mais plutôt grandiloquente : « J’assume, oui j’assume le choix qui est fait, j’assume, car c’est le choix de la cohérence, du courage, j’assume, car c’est le choix de la croissance et de l’emploi. (…) J’assume, car c’est le choix de la confiance. » Il assume mais, comme me le suggère Alain Sanders, il assomme également beaucoup. Notamment les classes moyennes qui devront « assumer » elles aussi l’essentiel des efforts demandés. « C’est la crédibilité de la France qui est en cause. (…) La France est en train de décrocher, nous sommes là pour la redresser. » Y a-t-il une barre à mine dans la boîte à outils de François Hollande ? Un discours à la tonalité, en fait, très sarkoziste, reprenant plusieurs thèmes chers à l’ancien président. Et Valls, défiant les élus de gauche, de les exhorter : « Ce n’est pas à la droite de faire la majorité. C’est à vous de faire cette majorité. » Ils l’ont faite, mais d’extrême justesse. Sur le fil du rasoir…
Avec 205 votes contre (192 UMP, 7 centristes de l’UDI, 6 non inscrits), 21 abstentions (17 UDI, 3 UMP et un non inscrit) et 4 votes pour (3 UDI et un UMP, en l’occurrence Frédéric Lefebvre, l’ancien snipper de Nicolas Sarkozy reconvertit façon peace and love dans le consensuel mièvre), la droite s’est certes divisée. Mais la gauche bien plus encore. Avec des conséquences beaucoup plus graves pour elle : 261 votes pour (242 PS, 13 radicaux de gauche, 3 écologistes, 2 apparentés communistes et un non inscrit), 46 abstentions(41 PS, 2 écologistes, 2 radicaux et un apparenté communiste) et 28 votes contre (13 communistes, 12 écologistes, 3 chevènementistes). Question : les écologistes sont-ils encore dans la majorité ? Avec des amis comme eux, c’est sûr, Manuel Valls n’a pas besoin d’ennemis. Ceux de son propre parti devraient lui suffire…
Contestataires, mais pas trop !
L’abstention socialiste, que certains au PS annonçaient « massive », s’est donc émoussée au fil des heures. Sans doute sous le double effet de quelques concessions bidons de Manuel Valls et les menaces encore plus convaincantes de Jean-Christophe Cambadélis. La semaine dernière, ils étaient une centaine de parlementaires PS à demander la limitation des efforts réclamés par le plan de 50 milliards d’euros d’économie proposé par Manuel Valls. Efforts provenant de l’Etat (18 milliards), des collectivités locales (11 milliards) et de la protection sociale (10 milliards). Onze milliards restant à trouver sous les sabots d’on ne sait quel cheval. Quel canasson fourbu ?
Combien de frondeurs maintiendraient-ils jusqu’au bout leur protestation ? Hollande, qui connaît bien ses troupes pour les avoir dirigées durant onze années, avait rassuré son Premier ministre. « Ils râlent mais ils éviteront la scission du groupe ou la dissolution. Ils ne lâcheront jamais leurs indemnités. » Une vision plutôt terre à terre des élus socialistes, dont l’intérêt personnel passerait, selon le président de la République, avant leurs convictions… Mais qui au final, s’est révélée assez juste.
Lundi encore, un ténor de la majorité roucoulait avec une fatuité lyrique : « Le marais socialiste a mal au cœur. (…) On nous demande le vote le plus difficile du quinquennat et tout ce qu’on entend venir de l’Elysée, c’est le cliquetis des brosses à cirage. » Pas reluisant, en effet. En tout cas le marais socialiste, qui ne pardonne pas à François Hollande la défaite des municipales, a quelque peu ravalé ses aigreurs et ses spasmes d’indignation. L’exécutif donne peut-être « mal au cœur » aux coassants amphibiens du marais socialiste mais pas au point que ceux-ci, comme le pronostiquait François Hollande, vomissent leurs mandats. Et leurs indemnités…
mardi 15 avril 2014
Hollande trahison !
Hollande trahison !
Samedi à Paris, la gauche de la gauche a donc défilé contre l’austérité. Mais aussi contre Manuel Valls. Et, bien sûr, contre le président de la République. « Hollande, trahison ! », scandaient ceux qui s’estiment cocufiés par le chef de l’Etat. Un Hollande qui, malgré le grand chamboulement de son remaniement, continue de battre des records d’impopularité, en dessous désormais de la barre des 20 %. Soit trois fois moins que son actuel Premier ministre. Si le président de la République pensait vampiriser un peu de la popularité de celui-ci, c’est raté. Valls est au plus haut, Hollande au plus bas.
La popularité sondagière de l’actuel Premier ministre confirme ce que nous savions déjà : en politique politicienne, mieux vaut souvent être un homme de parole que d’action. « Le pouvoir n’est plus dans le faire, mais dans le faire savoir. » Manuel Valls nous en fait la démonstration, lui dont le bilan Place Beauvau n’est, tout compte fait, guère plus brillant que celui d’Harlem Désir rue de Solferino. Mais le Premier ministre, dont l’épouse est violoniste, sait jouer de toutes les cordes de la communication, dont il est un virtuose.
Le cuit et le cru…
Les marcheurs de samedi pataugeaient d’ailleurs dans cette illusion. Ils manifestaient contre une politique supposée de droite, à partir de quelques déclarations auxquelles Manuel Valls n’a jamais donné la moindre concrétisation dans les faits. Qu’importe : l’ex-ministre de l’Intérieur occupe un espace sémiotique où les signes comptent bien davantage que leur contenu. « Maintenant, ça suffit » psalmodiaient les manifestants qui voulaient « envoyer vallser le pacte d’austérité ». Pour Mélenchon, « Valls cristallise un tel rejet à gauche qu’il incarne de façon très crue le reniement de François Hollande ». Avec Ayrault, c’était le reniement mijoté à la sauce nantaise. Valls veut le leur faire avaler saignant, façon tartare…
Samedi, ils étaient vingt-cinq mille participants (selon la police) à la petite marche du co-président Mélenchon. Ce dernier étant assisté par les communistes Pierre Laurent et Marie-George Buffet, les vedettes du NPA Olivier Besancenot et Philippe Poutou, et, pour l’international, du Mélenchon grec Alexis Tsiparas. Derrière ces leaders d’extrême gauche, une grande majorité des manifestants venaient de la fonction publique. Inquiétante préfiguration, pour le pouvoir en place, de ses difficultés à venir. Pour réaliser les réformes annoncées, le gouvernement de Manuel Valls devra obligatoirement affronter le mécontentement des fonctionnaires, c’est-à-dire les bataillons les plus actifs de son électorat. Si le PS les perd, après s’être déjà aliéné le vote des ouvriers, que lui restera-t-il ? Les bobos « multiculturels » des centres-villes et les Français issus de l’immigration et des communautés ethniques ? Certes, cela fait, aujourd’hui, beaucoup de monde. Pas encore suffisamment, toutefois, pour faire une majorité…
mercredi 19 mars 2014
+2 % : petit rebond bidon pour Hollande
+2 % : petit rebond bidon pour Hollande
Est-ce l’effet répulsif des affaires orchestrées contre l’ancienne majorité, et tout particulièrement la révélation et la divulgation de la mise sur écoutes de Nicolas Sarkozy, qui permet à François Hollande de remonter de deux petits points dans le baromètre IFOP-JDD, repassant ainsi, d’un tout petit chouia, au-dessus de la barre des 20 % de satisfaits ?
« La droite et les affaires » titrait Le Monde de vendredi dernier, après bien d’autres réquisitoires dressés par les mêmes procureurs partiaux. La directrice de ce tribunal journalistique parle aujourd’hui de « la myriade d’affaires graves » qui accablent la droite. Calomniez, calomniez, et aussi, pour être dans l’ère du temps, écoutez, écoutez, il en restera toujours quelque chose… Même si ce quelque chose doit se solder par une abstention massive dans les urnes.
Avant tout, pour ce gouvernement de tous les ratages, de tous les manquements, il s’agit, à la veille d’une échéance électorale, de limiter les dégâts. Même au prix d’une augmentation de la défiance, déjà sans précédent, des électeurs français à l’égard de la politique. Du moins telle que celle-ci est pratiquée en France par les politiciens de l’UMPS.
Deux points de bonus pour un président de la République qui continue néanmoins de focaliser contre lui 77 % de mécontents. Sans compter ceux à venir.
Nicolas Sarkozy, héritier d’un système de connivences que Présent a toujours dénoncé, a certes un grand tort : celui de s’être souvent, trop souvent, mis dans son tort. Mais la façon dont certains magistrats s’en prennent à lui ressemble de toute évidence, soulignée comme telle par la presse étrangère, à une implacable chasse à l’homme. Et tout ça pour ça : gagner deux points aléatoires dans un baromètre fluctuant ? Un faux-bond plutôt qu’un rebondissement ?
L’enfumage des affaires
Pas seulement. « Tout ça » fait aussi oublier les turpitudes socialistes comme l’affaire Cahuzac, en train de revenir dans l’actualité, son ex-épouse venant d’avouer l’existence d’un nouveau compte sur l’île de Man. Affaires de la bande de Jean-Pierre Kucheida, ex-député socialo franc-mac du Pas-de-Calais, dont l’un des comparses, Gérard Dalongeville, ancien maire d’Hénin-Beaumont, refait parler de lui : candidat aux municipales dans son ancienne ville, il débine à tout va ses anciens camarades. Affaires marseillaises du parrain Jean-Noël Guérini et de la marraine Sylvie Andrieux. Et un candidat, Patrick Mennucci, à qui il faut refaire en urgence, façon chirurgie esthétique, une réputation toute neuve. « En France, ces temps-ci, il est plus confortable de s’appeler Mennucci que Sarkozy » écrivait, avec raison, l’éditorialiste du Point.« Mennucci est (…) soupçonné de prises illégales d’intérêt pour avoir, en sa qualité de vice-président du conseil régional, fait verser de nombreuses subventions, pour des montants considérables, à toutes sortes d’associations en prévision des élections. »
Ce sont d’ailleurs pour des faits similaires que Mme Andrieux a écopé de « trois ans d’emprisonnement dont un an ferme », jugement dont elle fait appel, donc suspensif, ce qui permet à cette dernière de garder son siège de parlementaire socialiste. Mais pour Mennucci – « bébé Guérini entouré de bébés Guérini », crèche donc très prometteuse pour la suite des affaires socialo-marseillaises – le parquet a classé l’affaire avec un simple « rappel à la loi ».
Des « affaires » pour faire oublier d’autres « affaires ». Et puis, surtout, le vacarme des rumeurs couvre, à grands coups de tam-tam médiatique, les échecs de ce gouvernement dans à peu près tous les domaines : économie, emplois, immigration, sécurité, communication… Qu’importe, pourvu qu’il puisse noyer dans un discrédit général ses propres déficiences.
C’est d’ailleurs la même méthode de diversion et de brouillage employée il y a quinze jours par Jean-François Copé pour répondre aux accusations de favoritisme dont il est l’objet. Une contre-attaque qui a « fait pschitt », mais qui éclabousse un peu plus l’UMP, objet déjà de plusieurs salissures.
Cet enchevêtrement d’affaires, réelles ou fabriquées, révèle surtout la vraie nature des dirigeants de l’UMPS. Sens de l’Etat à peu près nul, esprit civique inexistant, ignorance crasse de l’histoire comme de toutes notions patriotiques, désormais incompatibles avec l’euro-mondialisme.
Une génération de dirigeants adeptes du prêt-à-penser, aux indignations préfabriquées, dépourvue de toute vraie dignité.mercredi 12 février 2014
« Réactionnaires », disent-ils… Prenons-les au mot !
« Réactionnaires », disent-ils… Prenons-les au mot !
Il y a treize jours, à propos de la Manif pour tous du 2 février dont les participants s’opposaient à la théorie du genre, Le Mondetitrait : Le réveil de la France réactionnaire. Nous avons eu droit, deux jours plus tard, dans un autre quotidien de gauche, à l’interview d’une « historienne spécialisée de la droite » Mme Danielle Tartakowsky, diagnostiquant le retour d’une « France maurrassienne, même sans le savoir ». Comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, la « France catholique conservatrice », cette France « moisie », ferait du Maurras en toute ignorance de cause. Une France « conservatrice tant que la droite était au pouvoir, devenue réactionnaire depuis le retour de la gauche… ». En réaction sans doute à l’idéologie gouvernementale et aux provocations ministérielles ? Pour deux autres rédacteurs de ce même journal, « François Hollande alimente l’hydre réactionnaire ». En lui jetant en pâture des morceaux saignants de « réformes sociétales » qu’il est ensuite parfois contraint de lui retirer de la bouche ?
Jeudi, toujours dans Libération, Alain Duhamel, l’un des oracles les plus écoutés du monde politique, dressait ce constat navré : « La France vire à droite ». Il résumait par ailleurs les causes de ce virage : « crainte du chômage, peur du déclassement, effroi de l’insécurité, obsession d’un déclin dont les Français tiennent désormais le gouvernement pour responsable. (…)Des fractions de plus en larges de la société civile paraissent avoir atteint un point d’exaspération tel que des protestations de masses deviennent possibles, voire redoutables. Fiscalité, famille, chômage, insécurité peuvent soudain coaguler ou exploser ». Plus loin, Duhamel citait les résultats d’une enquête du Centre d’études de la vie politique (Cevipol) : « institutions dévalorisées, personnel politique méprisé, sentiment d’échec absolu partagé, (…) déclinisme triomphant,demande pressante d’autorité, nostalgie du chef charismatique ». Une mauvaise météo politique pour une gauche déjà à moitié sinistrée.
L’erreur permanente
Il y a un an, Michel Rocard, dans un ouvrage écrit en collaboration avec l’utopiste Pierre Larrouturou, avertissait : La gauche n’a plus droit à l’erreur. Un droit dont cette dernière a pourtant abondamment usé et abusé au cours de ses 21 mois de pouvoir : errements, fautes, fourvoiements, bévues… Tous les quiproquos possibles et imaginables ! Une politique où la confusion le dispute aux aberrations en tous genres, y compris celui de la théorie du même nom. Avec cette gauche au pouvoir, ce n’est plus tout à fait la révolution, mais l’erreur qui est permanente.
Le Times de la semaine dernière s’interrogeait : François Hollande peut-il réparer la France ? Avec sa fameuse « boîte à outils », évoquée lors d’une conférence de presse ? Des outils avec lesquels le bricoleur élyséen n’a réussi qu’à provoquer des courts-circuits dans la société française, dont il est en train de faire sauter les plombs. Même dans son propre camp, où la gauche du PS, irresponsable par nature, conteste son « pacte de responsabilité ».
Pape Diouf sur le terrain
Avant qu’il ne soit rattrapé par son affaire d’arbitrage truqué, certains espéraient, tandis que d’autres le redoutaient, voir Bernard Tapie briguer de nouveau la mairie de Marseille. Cela nous aurait au moins rajeuni de quelques années. Mais la justice ayant mis une nouvelle fois l’ancien président de l’OM hors-jeu, c’est un autre ex-président de ce club de foot qui est entré mercredi dernier sur le terrain de l’élection municipale marseillaise : Pape Diouf !
Patrick Mennucci, le candidat socialiste, avait espéré attirer ce dernier sur ses listes. Mais finalement l’ancien journaliste sportif et ex-dirigeant de club, qui refuse de se laisser « phagocyter par les idéologies et les partis », a préféré faire bande à part et prendre la tête de listes assez composites, réunissant des militants de diverses associations, d’anciens socialistes, des dissidents écologistes, des élus du MoDem et des laissés pour compte de tous horizons… Une candidature qui contrarie le PS. Bien sûr, Pape Diouf argumente que ses listes « de la diversité » permettront à la gauche de « ratisser plus large » pour le second tour. Mais auparavant elles risquent, lors du premier tour, d’affaiblir dangereusement le PS. Pape Diouf est populaire à Marseille (les sondages lui donnent d’entrée de jeu 5 % des suffrages), surtout dans les quartiers nord. Ses électeurs potentiels seront, pour beaucoup d’entre eux, soustraits à l’électorat du PS. Et entre les deux tours, les fusions entre les listes de Pape Diouf et celles de Patrick Mennucci risquent de faire quelques étincelles.
Pape Diouf qui veut, comme Chirac en 1995, « réduire la fracture sociale », avance aussi comme objectif et alibi à sa candidature une volonté de récupérer des électeurs tentés par le Front national. En réalité, sa candidature pourrait bien avoir l’effet inverse : faire monter le FN en pourcentage en lui permettant peut-être de dépasser les 20 %. Ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. La première victime de cette candidature de l’ancien dirigeant sportif semble bien être le Front de gauche. Pape Diouf va-t-il marquer contre son camp ? C’est bien ce qu’espèrent Jean-Claude Gaudin et, pour le Front national, Stéphane Ravier. Et ce que, de l’autre côté, redoutent Patrick Mennucci et Samia Ghali…
Grenoble : gauche contre gauche
A la vue des derniers sondages, le PS s’inquiète pour trois villes qu’il pensait, jusqu’au début de ce mois, pouvoir conserver sans problème : Toulouse, Strasbourg et Reims. Ce n’est plus tout à fait aussi sûr aujourd’hui. « Depuis quinze jours, on sent nettement une plus grande implication du national dans le vote des gens » constate la socialiste Adeline Hazan, maire de Reims. Ce national aux effets délétères effraie tout particulièrement les élus de gauche. Sauf à Paris où le national, si handicapant soit-il, ne semble toujours pas contaminer la campagne d’Anne Hidalgo. Il est peu probable que la présence, lundi soir, de Nicolas Sarkozy (très applaudi par les militants UMP) au meeting de NKM suffise à inverser les courbes des deux femmes. Anne Hidalgo tient nettement la corde.
Petite spécificité grenobloise. Dans la capitale dauphinoise, la gauche est solidement implantée. Les socialistes, qui occupent la mairie depuis 1995 (année des ennuis judiciaires de l’ancien maire RPR Alain Carignon) pourraient néanmoins se voir bousculés, non pas par la droite, mais par une autre liste de gauche, en plein essor, « Grenoble pour tous », réunissant les écologistes, le Parti de Gauche et des associatifs. Si « Grenoble pour tous » devançait le PS, ce serait l’éclatant symbole du rejet à gauche de la politique économique conduite par François Hollande. De la France « réactionnaire » à l’aile progressiste du PS, Hollande réussit à faire l’union contre lui. Une union pour le moins hétéroclite…
L’UE sur les roses
La semaine dernière, un entretien téléphonique d’une secrétaire d’Etat adjointe américaine, Victoria Nuland, piraté et aussitôt posté sur YouTube, a provoqué quelques émois chez les diplomates et chefs d’Etats européens. Mme Nuland, à propos de l’Ukraine, invitait les représentants de l’UE à aller « se faire foutre ». Dimanche dernier, les Suisses ont, en quelque sorte, renouvelé à l’UE la même invitation. En attendant sans doute celle du 25 mai prochain, lors des élections européennes, où les électeurs français ne manqueront pas, à leur tour, d’inciter les eurocrates — autre variante mais même effet — à aller se faire voir chez les Grecs…
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