TOUT EST DIT

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mardi 27 mars 2012

L'écart se resserre encore entre Sarkozy et Hollande

La progression des intentions de vote en faveur du président-candidat, entamée avec son entrée officielle en campagne, se poursuit au premier comme au second tour.

Pour la première fois dans le baromètre de la présidentielle réalisé par OpinonWay-Fiducial pour Le Figaro et LCI, le président sortant arrive en tête au premier tour avec 28%. Nicolas Sarkozy devance d'un point François Hollande. Dans la dernière vague d'étude, réalisée le 15 mars, OpinionWay donnait les deux favoris de l'élection présidentielle à égalité à 27,5%.
L'écart au second tour entre les deux candidats se resserre également avec un recul d'un point pour Hollande à 54%. Avec 46 % d'intentions de vote, Sarkozy réalise son meilleur score depuis le lancement du baromètre en novembre.
Selon Bruno Jeanbart, directeur des études politiques à OpinionWay, Nicolas Sarkozy profite, d'abord, du «vide à droite» qui s'est confirmé après la validation du dépôt des parrainages auprès du Conseil constitutionnel. Dans les dernières études, Dominique de Villepin et Corinne Lepage étaient encore testés et cumulaient, le 15 mars, 1,5 point à eux deux. «Nicolas Sarkozy dispose également d'un bon niveau de récupération des électeurs qui avaient déjà voté pour lui au premier tour en 2007», ajoute Jeanbart: près de deux tiers (67 %) de ses électeurs de la dernière présidentielle se prononcent aujourd'hui pour lui alors qu'ils n'étaient que 61% lors de la vague du 24 janvier.

Mélenchon poursuit sa progression

Cette progression n'empêche pas Marine Le Pen de se maintenir à un niveau constant depuis plus de quatre mois: avec 17% des intentions de vote, en progression d'un point par rapport au 15 mars, la candidate du Front national confirme sa position de troisième dans la course à l'Élysée. Réalisé au terme des événements de Montauban et de Toulouse, le baromètre ne mesure pas d'impact sensible de ce drame sur les intentions de vote et, en particulier, sur les équilibres entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. «C'est à surveiller, explique Bruno Jeanbart. Si l'attitude de Nicolas Sarkozy pendant cette semaine a été généralement saluée lors de nos enquêtes, on constate également une forte montée de l'intérêt des Français sur les questions de sécurité. Et nous gardons à l'esprit que la progression de Jean-Marie Le Pen, en 2002, n'a été sensible qu'au mois d'avril, dans les trois dernières semaines avant le vote.»
À gauche, Jean-Luc Mélenchon poursuit sa progression en gagnant un point, à 11%. «Il incarne aujourd'hui le vote alternatif pour ceux qui ne sont convaincus par aucune des propositions des autres candidats, comme avait pu le faire François Bayrou en 2007», estime Jeanbart. Autre point commun entre les deux candidats: à cinq ans d'intervalle, leurs très bons résultats dans certaines catégories comme les diplômés et diplômés supérieurs, les CSP +, les enseignants… Mélenchon talonne le candidat du MoDem: avec 12% d'intentions de vote, en recul d'un point, Bayrou réalise son plus mauvais score depuis décembre. Et à mesure que la campagne avance, le report de ses voix au second tour profite de plus en plus à Sarkozy. Un tiers des électeurs qui se prononcent aujourd'hui pour Bayrou envisagent de voter Sarkozy au second tour; ils n'étaient que 26% il y a douze jours.


Nicolas Sarkozy domine sur les thèmes régaliens

Avantage au régalien et à l'autorité. Si le second tour de la présidentielle reste pour l'instant dominé par François Hollande, les images comparées du chef de l'État et de son principal concurrent donnent encore un net avantage à Nicolas Sarkozy. Les événements de Toulouse ont même renforcé les dimensions d'autorité du président candidat qui a fait de la lutte contre l'insécurité et le terrorisme l'un des axes forts de son positionnement politique depuis 2002. Sur la capacité de chacun des deux à lutter contre le terrorisme, Sarkozy recueille 44% des suffrages contre 17% à Hollande dans le baromètre Fiducial pour LCI et Le Figaro. Dans la lutte contre l'insécurité, il possède encore une large avance avec 41% contre 22% à Hollande. Dépositaire de l'Autorité publique, Sarkozy tire pleinement parti de la séquence toulousaine qui a vu le chef de l'État reprendre son rôle présidentiel. «Plus généralement, la droite est créditée depuis les années 1980 d'une capacité plus forte que la gauche à lutter contre l'insécurité», rappelle Bruno Jeanbart, directeur des études d'OpinionWay.
On retrouve cette différence dans les autres traits d'image où Sarkozy est, aux yeux des personnes interrogées, celui qui est a le plus d'autorité (54% contre 23%), le plus à même de prendre des décisions difficiles (49% contre 23%) à prendre les bonnes décisions face à la crise économique (41% contre 27%). En revanche, le candidat PS prend l'avantage en étant celui qui a un projet (35% contre 30%) et sur sa capacité être proche des Français (40 % contre 21%).
Après les événements de Toulouse, les Français sont très majoritairement satisfaits de la manière dont la police (84%), le Raid (79%) et les services de renseignement (56%) ont mené leur mission.

ECHOUÉS

Face aux résistances contre l'introduction d'une taxe sur les transactions financières ("Finanztransaktionssteuer" en allemand) tant au sein de la coalition au pouvoir à Berlin qu'au sein de l'UE – notamment de la part du Royaume-Uni et de la Suède – le gouvernement d'Angela Merkel et de Wolfgang Schäuble veut proposer une "taxe boursière élargie" moins contraignante. La Commission européenne doute cependant de son efficacité.

François Hollande séduit de moins en moins les jeunes électeurs

Il a fait de la jeunesse "sa" priorité. Mais la jeunesse semble de moins en moins convaincue. Plébiscité par les moins de 30 ans il y a quelques mois, François Hollande recule nettement au sein de cette classe d'âge. A l'inverse, deux de ses concurrents progressent sensiblement dans ce segment de l'électorat : Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Comme le montre une étude de l'institut CSA réalisée pour Le Monde, les candidats du Front de gauche et du Front national sont les deux seuls prétendants à l'Elysée qui, chez les moins de 30 ans, bénéficient d'intentions de vote supérieures à celles qu'ils obtiennent auprès de l'ensemble des Français.
Dans cette étude qui compare deux séries de trois sondages (les premiers effectués entre octobre et décembre 2011, les seconds réalisés en mars 2012), ce qui a l'avantage d'avoir des échantillons de tailles convenables, François Hollande sort à la fois gagnant et perdant. Gagnant, car il reste le candidat qui agrège sur son nom le plus de jeunes. Perdant, car son avance, écrasante fin 2011, ne l'est plus guère désormais. "François Hollande peine à fidéliser les jeunes électeurs autour de sa candidature", constate Yves-Marie Cann, directeur d'études chez CSA.

Au quatrième trimestre 2011, 39 % des moins de 30 ans déclaraient leur intention de voter pour le candidat socialiste. A l'époque, ils étaient 17 % à se prononcer pour Nicolas Sarkozy, 14 % pour Marine Le Pen, 11 % pour François Bayrou et 6 % pour Jean-Luc Mélenchon. Aujourd'hui, seuls 26 % des moins de 30 ans disent vouloir voter pour M. Hollande, soit une baisse de 13 points. A l'inverse, M. Bayrou a gagné deux points, M. Sarkozy et Mme Le Pen ont progressé de 6 points chacun, et M. Mélenchon a bondi de 8 points.
Ces chiffres sont à mettre en rapport avec les intentions de vote moyennes des différents candidats. Au dernier trimestre 2011, à l'époque où 39 % des moins de 30 ans déclaraient vouloir voter pour lui, François Hollande était crédité d'environ 33 % des voix dans l'ensemble de l'électorat. Désormais, alors que son score moyen de premier tour est de 29 % auprès de l'ensemble des Français, il n'est que de 26 % chez les jeunes. Surreprésentés il y a quelques mois parmi les électeurs du candidat socialiste, les moins de 30 ans sont aujourd'hui sous-représentés.
Pour d'autres candidats, c'est le phénomène inverse que l'on observe. Fin 2011, Jean-Luc Mélenchon obtenait des scores équivalents chez les jeunes et auprès de l'électorat dans son ensemble : environ 6 %. Aujourd'hui, le candidat du Front de gauche obtiendrait 11 % des voix au premier tour. Mais auprès des seuls électeurs âgés de moins de 30 ans, il réaliserait un score bien meilleur : 14 %.
"JEUNES" ET "JEUNES"
Le même constat vaut pour Marine Le Pen. Fin 2011, la candidate du FN accusait un léger retard chez les moins de 30 ans. Créditée de 16 % des voix au premier tour, elle obtenait seulement 14 % dans cette frange de l'électorat. Depuis, la part des jeunes s'est renforcée parmi ses partisans. Tandis que ses intentions de vote ont baissé de 2 points auprès de l'ensemble des Français, elles se sont renforcées de 6 points chez les jeunes.
Il y a bien sûr "jeunes" et "jeunes". De ce point de vue, au-delà des tendances générales, l'étude de CSA permet de mettre en valeur certaines singularités, liées au sexe, à l'âge, au milieu social et au niveau de diplôme des personnes interrogées.
Concernant le sexe, un phénomène est saillant : les candidats situés aux extrêmes séduisent plus les jeunes hommes que les jeunes femmes. Alors qu'ils progressent de 9 points chez les premiers, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ne gagnent respectivement que 5 et 2 points chez les secondes. C'est tout l'inverse qui se produit pour François Bayrou. Entre le dernier trimestre 2011 et mars 2012, le président du MoDem est resté stable (11%) chez les jeunes électeurs. Il est en revanche passé de 10 % à 16 % chez les jeunes électrices.
MELENCHON CHEZ LES CSP+
Selon l'âge, les évolutions ne sont pas les mêmes non plus. C'est chez les 18-24 ans que Jean-Luc Mélenchon progresse le plus et que François Hollande baisse le moins. C'est au contraire chez les 25-30 ans que François Bayrou et Nicolas Sarkozy font les plus grandes percées. L'extrême droite, quant à elle, fait un bond chez les 18-24 ans. Dans cette catégorie d'âge, Marine Le Pen talonne désormais François Hollande (25 % contre 28 %). Fin 2011, elle était loin derrière (13 % contre 39 %).
Autre variable intéressante : la profession du chef de famille. Pour les jeunes électeurs, note Yves-Marie Cann, il s'agit là d'un "bon indicateur du milieu social des personnes interrogées". C'est parmi les CSP+ que François Hollande décline le plus, au profit à la fois de Jean-Luc Mélenchon et de François Bayrou. Chez les CSP–, la percée la plus spectaculaire est celle de Marine Le Pen.
Sans surprise, enfin, c'est chez les moins diplômés que le candidate du Front national progresse le plus même si, dans le même temps, elle consolide ses positions à l'autre bout du spectre : quand François Hollande perd dix points chez les titulaires d'un diplôme supérieur à bac + 2, Marine Le Pen en gagne 8, soit autant que Jean-Luc Mélenchon. "Un diplôme élevé ne semble plus agir autant qu'avant comme une barrière au vote FN. C'est sans doute lié aux difficultés de plus en plus grandes que rencontrent les plus diplômés sur le marché du travail", constate Yves-Marie Cann.

L'exception française 


Un empereur de la Rome antique apostrophé sur les vices de sa dictature répliqua : "Le peuple, ces temps-ci, n'est pas meilleur que moi..." Cette réplique brûle, dirait-on, les lèvres de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Ils ne croient pas le peuple français meilleur qu'eux. Ils n'en feront pas l'aveu. Mais ce peuple, souverain des urnes, ils le voient inapte à connaître et affronter la cruelle vérité de son état. Lui annoncer et détailler la cure qui l'attend, c'est, croient-ils, courir droit à l'échec électoral. C'est perdre les voix séduites par les gourous des temps de crise occupés à saigner les boucs émissaires d'autrefois et d'aujourd'hui : le monde tel qu'il se mondialise, l'Europe, la finance apatride, les riches... Mieux vaut, pensent nos deux champions, consentir par quelques postures à cette chasse à courre. Quitte, la victoire en poche, à oublier le gros des simagrées avant de ramener les égarés sur le champ de bataille de la dette et de la croissance.
Ce calcul n'améliore pas la pédagogie espérée de la campagne électorale. Il laissera des traces après l'élection. Or la grande affaire de la France, c'est sans doute l'élection, mais plus encore les six premiers mois où le futur président affrontera une incontournable adversité. Les lendemains déchanteront.
L'air des temps de crise, c'est, depuis toujours, le repli dans le nationalisme protectionniste. Il a, dans cette campagne, deux figures de proue : Mélenchon et Marine Le Pen, aux extrémités gauche et droite de l'éventail. Ils bougent l'un et l'autre dans deux courants séculaires de la fronde française. Tout en s'exécrant, ils se rejoignent dans la radicalité de leurs projets et le néosouverainisme de leur ligne Maginot : ils veulent mettre la Ve République par terre et affronter le monde tel qu'il est avec le petit sabre de l'exception française.
Mélenchon, apôtre de la "révolution citoyenne", a le talent du verbe, la jactance du rebelle, le rataplan bien balancé du tribun. Son oeillet rouge fleurit d'instinct les grands lieux de mémoire de la gauche française : la Bastille, la Commune et le "grand soir". Son défilé, l'autre jour, fleurait les "aristos à la lanterne" et "Le temps des cerises".
Son bouche-à-bouche ranime un Parti communiste agonisant. Au Café de Flore - Fouquet's de la gauche caviar -, on murmure déjà qu'il vaut mieux "avoir tort avec Mélenchon que raison avec Rocard". En invectivant les riches et les fesse-mathieux de la finance cosmopolite, Mélenchon prendra des voix au Parti socialiste. Et si Hollande l'emporte, son ralliement fera miauler la cougar sociale-démocrate. Cette forte bouffée d'une "exception française" - qui aura durablement plombé la France - inquiète toute l'Europe.
Marine Le Pen, elle, n'a pas dit son dernier mot. Elle tient vaillamment la route dans le tohu-bohu médiatique. Apprêté par la crise, le néosouverainisme tombe tout rôti dans son tablier. Avenante et enjôleuse, elle a beau gommer les outrances xénophobes passéistes du papa, elle en garde l'estoc pour crever rien de moins que l'euro et l'Europe... Carnage virtuel qui excite l'électorat populiste à qui Sarkozy, "candidat du peuple", adresse, pour l'entre-deux-tours, quelques oeillades.
Car le pronostic, peut-être prématuré mais constant, de Sarkozy et de Hollande, c'est que la présidence ira à l'un ou à l'autre. Et qu'ils doivent d'ores et déjà ménager les électeurs des candidats dont ils prévoient, au premier tour, le naufrage : Marine Le Pen, François Bayrou et Mélenchon. Dans ce trio, le duo Le Pen-Mélenchon a pour traits communs son assiette populaire, sa fièvre antiélitaire et le pilori dressé contre l'euro et la finance cosmopolite. L'un et l'autre veulent "renationaliser" la politique française. Constatons que, bien au-delà de leur incantation, la nation reverdit dans le sauve-qui-peut d'une opinion désemparée.
Les contorsions électoralistes de Sarkozy et de Hollande sacrifient donc à ce syndrome nationaliste. Hollande lance, dans les jambes de Mélenchon, les 75 % d'impôt pour les super-riches. Il retrouve Sarkozy pour vouloir renégocier tantôt ceci, tantôt cela des traités européens. Une gesticulation qui, malgré son évidente comédie électoraliste, fait des remous : on y respire à Berlin, Rome, Madrid, La Haye et Bruxelles une conception britannique de l'Europe. Et cette idée rampante qu'au fond la France n'aime l'Europe que... française.
On y dénonce surtout l'exception d'une certaine immaturité politique et économique du peuple français. Celle qui fuit la vérité du constat et les devoirs de l'effort. Ces jours-ci, l'Allemagne, avec en poupe le vent de ses réformes bien engrangées, assène une insolente réussite. Et le peuple suisse, par référendum, refuse de compromettre sa propre santé en rajoutant deux semaines à ses quatre semaines de congés annuels. Peuples spartiates. Des Martiens ? Non, des voisins !

La plaie du chômage 


Le chômage augmente. Inexorablement. La courbe de l’emploi est déprimée, disent les spécialistes. Elle déprime tout autant les candidats à l’élection présidentielle. Ils savent que le chômage figure en tête des préoccupations des Français, donc de leurs électeurs ou de ceux qui bouderont les urnes, faute de croire dans les promesses des uns et des autres.
Une fois de plus, entre les irréductibles clans gaulois des « yakas » et des « fauquons », la France est plus riche de promesses que d’euros. Rien de bien nouveau si l’on compare avec les élections passées. Les politiques courent derrière l’économie. Ceux qui rêvent du grand soir comme ceux qui veulent, plus humblement, dresser un barrage contre le tsunami qui noie l’emploi, ne peuvent ignorer que la politique de la France ne se fait plus à la Bourse de Paris, mais sur un marché planétaire.
Véritable mal français, le chômage résiste aux mesures des uns et aux formules incantatoires des autres. La réalité est pourtant là : notre industrie subit une hémorragie que rien ne semble pouvoir arrêter. Les services suivent le même chemin que l’acier, le textile ou la chimie.
Mais il y a des maux bien de chez nous. Quand les demandeurs d’emploi frontaliers ne trouvent plus de débouchés chez leur voisin dont ils ignorent la langue. Quand, selon une enquête réalisée auprès de chefs d’entreprises, 9 % seulement des candidats à une embauche ont des compétences suffisantes en français pour occuper ce poste, on peut s’inquiéter. À quoi bon multiplier les stages ou les réformes de l’éducation pour aboutir au constat que faute de formation adéquate, des centaines de milliers de chômeurs sont condamnés à la conquête de Pôle Emploi ou aux petits boulots digne d’un Zola du troisième millénaire.
Tout comme on peut continuer à se demander pourquoi l’âge idéal pour travailler, selon les statistiques, se situerait entre 25 et 50 ans. La fameuse exception française se renforce d’année en année et il est inutile de toujours chercher un quelconque bouc émissaire quand on pourrait commencer par balayer devant notre porte en luttant contre des dérives connues, mais transformées en tabous sociaux ou culturels.

CONSIGNES


François Copelovici, qui veut se présenter en 2017, donne les consignes ; " Sarko ne doit pas passer en 2012, il faut l'alternance, c'est la seule méthode pour que je sois élu en 2017".
Les suffrages sont-ils déjà exprimés ? 
Jeu de dupes ? 
NAVRANT

DSK, saison 2 une série B 


Voilà un an, quand dans son bureau de Washington Dominique Strauss-Kahn se projetait sur le printemps 2012, il se préparait à débattre des chiffres du chômage, du taux de change de l’euro et de l’avenir du nucléaire avec Nicolas Sarkozy, François Bayrou et l’ex juge Eva Joly.
Il se débat depuis hier avec un juge d’instruction en fonction, développe son argumentaire sur le libre-échangisme, la non circulation de devises et la dissimulation de capitaux de travailleuses dans les arrière-salles glauques de restaurants de luxe face à de drôles de contradicteurs : « Dodo La Saumure »,
« René la balance », « Béa la généreuse ». Avec ces surnoms dignes de personnages de Michel Audiard, on peut regretter que ces débats ne soient pas retransmis (après 22h30 et avec la mention interdit aux moins de 18 ans). Mais bon, les saisons 2 ont souvent peine à égaler la précédente. DSK est donc à sa place en deuxième partie de soirée et en série B.
Les étudiants de Cambridge qui ont bousculé sa leçon d’économie et les eurodéputés qui l’ont boycottée l’ont remis à sa place.

Nicolas Sarkozy veut « protéger les Français »

Entretien avec Nicolas Sarkozy. Président sortant, candidat de l'UMPà l'élection présidentielle.

Après le drame de Toulouse, la République a-t-elle, comme le dit François Bayrou, des questions à se poser ?
Je ne vois pas au nom de quoi on culpabiliserait la République du fait des crimes monstrueux de Mohamed Merah. C'est un monstre qui s'est auto-radicalisé et qui est passé sans transition de la délinquance de droit commun au terrorisme.
Mais c'est un Français, il a grandi dans une banlieue toulousaine...
Mohamed Merah est capable de tirer à bout portant dans la tête d'une petite fille. Croyez-vous que des institutions de la République, comme l'école, le collège, le lycée ou celles destinées à favoriser l'intégration ou l'insertion socioprofessionnelle de nos jeunes, sont compétentes pour traiter ce genre de comportement ?
C'est bien la question !
La réponse est non. Mohamed Merah n'est pas le résultat d'une société ou d'un climat. Pour autant, nous devons nous interroger sur la prévention des nouvelles formes de radicalisation islamiste. Je souhaite par ailleurs rendre hommage aux forces de l'ordre et aux magistrats qui ont fait un travail remarquable, permettant de confondre et mettre le meurtrier hors d'état de nuire en dix jours.
La banlieue a été un grand thème de campagne en 2007. Pourquoi est-elle si absente ?
Les quartiers, aujourd'hui, sont plus sûrs, plus agréables à vivre, moins éruptifs qu'il y a 10 ans. Nous avons investi 43 milliards d'euros avec le plan ANRU et j'ai annoncé un deuxième plan de 18 milliards pour continuer ce travail. Il n'y a rien de plus faux que de dire qu'il ne s'est rien passé dans les banlieues.
Votre manière de présider a troublé. C'est votre sentiment ?
Mais enfin, elle m'a permis de ne reculer sur aucune des réformes ! De faire sans violence la réforme des retraites, l'autonomie des universités, d'imposer le service minimum dans les transports, ou encore de réformer le statut des dockers et des ports. J'ai beaucoup de progrès à faire sur la méthode, mais qu'est-ce que ce serait si elle avait été bonne !
Vous annoncez des mesures chaque jour. Mais quel est votre projet global ?
J'ai gardé les mêmes valeurs : le travail, l'effort, le mérite, la responsabilité, l'autorité, la solidarité. À la différence de M. Hollande, je considère qu'on ne peut pas isoler la France et lui promettre qu'on l'exonérera des efforts que les autres font et demandent. Mon projet, c'est de dire aux Français : vous avez besoin d'être protégés. Et pour être protégés, il faut que votre pays soit fort, en remboursant ses dettes. C'est pourquoi je respecterai l'objectif de 0 % de déficit en 2016. Le deuxième élément de mon projet, c'est la compétitivité en allégeant le coût du travail tout en augmentant les bas salaires.
Ces engagements représentent un effort de 110 milliards d'impôts en plus et de dépenses en moins...
Sur les 40 milliards de prélèvements supplémentaires, 32 sont déjà votés. Sur les huit autres, j'ai proposé 3,5 milliards de recettes sur les grands groupes et les exilés fiscaux. Il reste 4,5 milliards à trouver en cinq ans ! Sur les économies, je continuerai à réduire le nombre de fonctionnaires ; je n'accepterai pas qu'on touche à la réforme des retraites et nous soumettrons les grosses collectivités territoriales à un effort d'économies. Est-il normal que les effectifs des collectivités territoriales, en dix ans, aient augmenté de 175 %, sans transfert de compétence ?
Quels sont les leviers de la relance en Europe alors que l'austérité pointe un peu partout ?
Je pense que nous sommes sortis de la crise financière, que la confiance revient et que nous sommes en phase de reprise économique. Que n'a-t-on dit des sommets entre Mme Merkel et moi ! Grâce à ces sommets, l'Europe est dotée d'un gouvernement économique qui a surmonté la crise grecque.
L'Espagne est fragile cependant...
Raison de plus pour conforter ce que nous avons fait. J'ai donc proposé trois choses et fixé un délai d'un an. Si Schengen ne se dote pas d'une gouvernance politique et ne résout pas la protection des frontières de l'Europe, nous suspendrons notre participation à Schengen. En matière commerciale, j'ai proposé qu'on fonde la réciprocité, à travers un Buy European Act, qui permettra de réserver des marchés publics à des entreprises qui produisent en Europe, tant que les marchés en Asie ne sont pas ouverts. Enfin, j'ai proposé un Small Business Act, réservant 20 % de nos marchés publics aux PME.
C'est un ultimatum ?
Pas du tout, c'est du volontarisme. Vous avez sans doute vu que le ministre de l'Intérieur allemand a récemment déclaré que j'avais parfaitement raison et qu'il demandait la même chose. La vérité, c'est que si l'Europe retombe dans ses travers d'avant, elle explosera.

La démocratie en déclin

“Revers pour la démocratie en Europe de l’Est”, titre Die Presse qui qualifie de “dramatiques” voire d’“explosifs” les résultats du dernier “indice de transformation” de la fondation Bertelsmann, qui note régulièrement l’évolution de la démocratie et de l’économie du marché dans 128 pays. “La plupart des Etats d'Europe centrale, de l’Est et Sud-Est ont vecu ces dernières années des pertes qualitatives dans leur démocratie, leur économie de marché et dans la gestion de leur politique”, constate la fondation, très proche du milieu des affaires.
Elle attribue ce changement à la polarisation politique et à la soif de pouvoir de certains dirigeants. Parmi les Etats européens épinglés se trouvent la Hongrie (en tête), la Slovaquie, l’Albanie, le Kosovo, la Macédoine et le Montenegro tandis que la Pologne et, dans une moindre mesure, la Serbie font figure de bons éleves.

CETTE ANNÉE LA FRANCE RISQUE DE BASCULER DANS UNE OLIGARCHIE ROUGE.
LA " SOCIALOCRATIE"
HOLLANDE EST LE DANGER POUR LA FRANCE. 
LA "SALOPRICRATIE" EST EN MARCHE

Sarkozy: Je revient

Ne vous frottez pas les yeux, vous avez bien lu et ce n'est pas une faute d'accord. L'italique est importante : je veux vous parler de l'usage du pronom je chez Nicolas Sarkozy. Depuis la campagne 2007, on a beaucoup glosé sur son usage intensif de ce pronom. Le discours de la Porte de Versailles, le 14 janvier 2007 était de ce point de vue un cas d'école : un je toutes les 17 secondes, un quart des phrases commençant par ce mot... J'avais fait remarquer que si l'égotisme linguistique du candidat, devenu président, était incontestable, il n'avait rien à envier au maître en la matière, François Mitterrand, ou à son adversaire de l'époque, Ségolène Royal (voir dans Mots de Nicolas Sarkozy et ici, ici, et ici sur mon blog).
Vous avez peut-être joué avec l'Observatoire des discours que nous avons réalisé pour le Monde avec Linkfluence (et que nous venons de mettre à jour). Un outil (en haut à droite) vous permettra de vous faire une idée de l'usage des différents pronoms par les candidats en lice pour la présente élection, ainsi que lors de la présidentielle 2007 et dans l'ensemble des discours de Nicolas Sarkozy depuis 2004 (accession à la présidence de l'UMP).

L'évolution temporelle de l'usage du pronom je chez ce dernier est tout à fait spectaculaire. Je me suis intéressé aux discours de bien des personnalités, mais c'est la première fois que je suis en mesure d'analyser une masse aussi importante d'interventions (728 au moment présent) pour un même personnage politique et sur une durée aussi longue. Vous pouvez vous donner une idée de cette évolution en déplaçant la sélection temporelle sur la ligne de temps dans l'Observatoire des discours de Nicolas Sarkozy, mais il est peut-être plus commode dans ce cas précis d'avoir une vision synthétique. Je vous ai donc mâché le travail :
On constate une évolution tout à fait étonnante de l'usage du pronom je dans la bouche de Nicolas Sarkozy au fil du temps (la courbe en rouge pointillée donne la tendance lissée). Je ne m'attendais pas à constater autant d'amplitude dans les variations : l'usage du je varie d'un facteur de 1 à 4 ou plus selon les périodes, ce qui est considérable.
Mais le plus intéressant sans doute est qu'on peut suivre les différentes étapes de la conquête du pouvoir par Nicolas Sarkozy. Le premier pic de je en 2004 correspond à sa candidature et son accession à la présidence de l'UMP, après quoi le je décline pour remonter de plus belle à partir de l'automne 2005. Souvenez-vous : c'était la crise des banlieues, la rivalité avec Dominique de Villepin, qui était à l'époque donné premier dans les sondages... Il est vrai que Nicolas Sarkozy pensait à la présidence de la République depuis longtemps, et pas seulement en se rasant, mais il semble bien que la fin 2005 ait été le vrai point de départ de sa course à l'Elysée. L'usage du je va croître de façon intense jusqu'au soir du second tour.
Nicolas Sarkozy entre alors dans un rôle différent, celui de président. On aurait pu penser que le passage à ce nouveau rôle, qui s'accompagne d'un discours de nature différente, moins personnel par définition, produirait une cassure franche dans les courbes — j'allais dire une rupture. En fait, on voit que le je décline, mais de façon progressive. Comme si le président ne cessait que graduellement d'être candidat. Marie-France Garaud disait à propos de Jacques Chirac qu'il était un excellent cheval d'obstacle, mais qu'il aimait tellement la course qu'il continuait à sauter sur le plat... Il faut avouer que c'est un peu l'image que nous a donnée Nicolas Sarkozy dans sa période d' «hyperprésidence ».
Bon an mal an, la courbe du je décline au fil du quinquennat. Le président se présidentialise et parle moins de lui — avec des sautes d'ego de loin en loin, notamment début 2011. Le cheval commençait à piaffer dans les stalles... Et la barrière est tombée à la rentrée 2011, date du lancement de la course à l'Elysée.
Les mots nous disent décidément bien des choses. Ils parlent volontiers malgré nous. Surtout ceux qu'on ne surveille pas, comme les pronoms et autres « petits mots » du discours... Nos observatoires sont là [2007, Sarkozy, 2012] pour vous aider à jouer avec eux !
ENCORE UNE ANALYSE À LA CON, RÉALISÉE PAR UN CRÉTIN GAUCHISANT SOURD DE LA FEUILLE.
HOLLANDE, LUI, NE DIT JAMAIS "JE"; IL EST TROP LÂCHE, TROP MOU, GUIMAUVE AU GRÉ DES TENDANCES, IL DIT "OUI" POUR TOUT ET À TOUS !!

lundi 26 mars 2012

Que se passe-t-il en Hollande ?

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, n’a pas encore pris ses distances avec le site anti-immigrés du parti de Geert Wilders. Un silence qui révèle les divisions des politiques et leur absence de vision sur l’immigration, estime le philosophe Paul Scheffer.

Ceux qui, à l’étranger, suivent un tant soit peu les informations sur les Pays-Bas, savent qu’elles tournent désormais autour d’une seule question : "Qu’est-il arrivé à ce pays tolérant ?"
Cette question dénote une déception sincère, mais revient également à adopter un nouveau cliché. De même qu’autrefois, tous les correspondants écrivaient sur la liberté apparemment sans limites au pays des tulipes, on recherche maintenant assidûment des exemples qui doivent illustrer les spasmes qui secouent le pays.
Et ce n’est pas tellement difficile, les occasions sont nombreuses, avec comme point culminant récent le “site de signalement” des Polonais [le site lancé par le Parti de la liberté appelle à signaler les "nuisances et la pollution" dont se rendent victimes les migrants d'Europe de l'Est, qui sont, aux Pays-Bas, principalement des Polonais].
Est-ce que quelqu’un se donne la peine, dans les hautes sphères gouvernementales, de lire la série déprimante d’articles sur le "Beschwerdeportal", "Ost-Pranger", "l’appel à dénoncer les migrants", "anti-Polish hotline", "Dutch anti-immigration websit" ? Et je me limite ici à l’allemand, au français et à l’anglais.

La tache sur le tapis continue de grossir

L’indignation des autres pays est évidemment en partie liée à leurs propres intérêts. Les dix ambassadeurs des pays d’Europe centrale et orientale, qui, dans une lettre ouverte, se sont élevés contre ce site, auraient bien des choses à expliquer au sujet des droits des minorités dans leurs propres pays.
Et en ce qui concerne le Parlement européen [qui, après un débat houleux, à demandé le 15 mars dernier au gouvernement néerlandais de prendre ses distances avec le site du PVV], on peut dire : plus l’influence est modeste, plus les paroles sont fortes.
En outre, il existe des problèmes réels autour de la libre circulation des personnes dans l'Europe [de Schengen] – encore plus si la Roumanie et la Bulgarie y faisaient leur entrée.
Malgré ces réalités, la tache sur le tapis continue de grossir. C’est ce que le premier ministre Rutte ne réalise pas suffisamment. A Bruxelles et ailleurs, on a désormais l’impression que l’on ment pas mal à La Haye à propos de l’influence réelle de Wilders sur le gouvernement [qu’il soutient sans y participer].
Cette affaire n’est pas isolée. La crise des caricatures [danoises] l’avait déjà montré : les conflits entre gouvernements augmenteront en raison de ce qui se passe à l’intérieur des sociétés nationales. La publication de caricatures de Mahomet a entraîné un déchaînement de réactions au Moyen-Orient.
A l’inverse, les conflits à l’étranger auront de plus en plus de répercussions sur nos villes, comme il est apparu, une fois de plus la semaine dernière, lors d’un attentat contre une mosquée de Bruxelles, qui était lié à la guerre civile en Syrie.

Les "allochtones" ou la 3e génération de l'immigration

Ces frontières de plus en plus ténues entre notre pays et l’étranger, où l’immigration joue un rôle essentiel, exigent une diplomatie active. Le gouvernement précédent [la coalition entre chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates dirigée par Jan Peter Balkenende] était plus vigilant à cet égard.
Lorsque Wilders a sorti [en 2008] son film Fitna sur l’islam, les conséquences dommageables ont été endiguées d’une manière subtile. On est parvenu à atténuer la menace de réactions violentes au Moyen-Orient grâce à tout une série d’initiatives, où des personnalités de premier plan de la communauté musulmane sont également intervenues.
Une diplomatie de ce type n’est efficace que si elle repose sur un consensus raisonnable.Le silence gêné de Rutte montre un pays divisé vis-à-vis du monde extérieur. Il existe des divergences de vues  fondamentales sur l’immigration entre les partis qui soutiennent le gouvernement, et le désaccord au sein de la majorité n’a fait qu’augmenter ces dernières années.
Au début, il s’agissait encore de la nature de l’islam : est-ce une religion ou une idéologie politique ? Cette discorde pouvait encore être conjurée par un agreement to disagree (un modus vivendi). Désormais la divergence d’opinion touche le noyau de l’intégration européenne : la libre circulation des personnes.
Le “site de signalement” laisse entendre que l’on n’est pas tenu de traiter tous les citoyens de l’Union de manière égale, et ses initiateurs estiment que l’ouverture des frontières est une grande erreur.
Ceci cache une différence encore plus substantielle concernant l’approche de l’immigration. Lorsque des politiciens du Parti de la liberté (PVV) proposent qu’on continue de qualifier d’allochtone la troisième génération, c’est-à-dire les petits-enfants de ceux qui ont immigré, cela implique un choix évident.
Cela veut dire que les nouveaux arrivants et leurs descendants – en 2025 il s’agira approximativement d’un quart de la population – ne pourront jamais faire vraiment partie de la société.
Le site de signalement et le silence de Rutte témoignent d’une division croissante. La condamnation du Parlement européen est préoccupante, mais ce qui est plus pénible, c’est la timidité des partis du centre, y compris ceux de l’opposition.
Ces derniers ne réussissent toujours pas à tenir un discours porteur d’une vision d’avenir sur l’économie et la symbolique d’une société d’immigration. En dix ans, tout a été dit sur l’intégration, mais on ne parvient toujours pas à sortir de l’impasse politique.

Éric Ciotti : «Les socialistes n'aiment pas la police»

Député UMP des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti est secrétaire national de l'UMP chargé des questions de sécurité.

- Comment analysez-vous le retour du thème de la sécurité depuis les attentats de Toulouse et de Montauban?Éric CIOTTI. -Le PS et François Hollande font preuve d'hypocrisie et de lâcheté dans un moment tragique pour notre pays qui aurait nécessité une véritable union nationale. Il y a eu un discours de façade et des comportements indignes. J'en veux pour preuve les attaques contre le Raid au moment même où l'assaut venait d'être donné à Toulouse. J'en veux aussi pour preuve l'interview de François Rebsamen, ce dimanche dans le JDD. Pressenti comme ministre de l'Intérieur si François Hollande était élu président, il critique les décisions prises par la police tout en indiquant qu'il ne sait pas au fond ce qu'il aurait fallu faire. De la même manière, il souhaite voir les policiers du Raid auditionnés par le Sénat alors même qu'il ne souhaite pas voir le Parlement voter des dispositions législatives pour combattre le terrorisme. À chacun ses priorités. François Hollande doit choisir les siennes.
Êtes-vous aussi sévère envers François Hollande?
Il n'est pas très digne et encore moins courageux de faire monter des seconds couteaux pour émettre des critiques dans un tel moment. Nous sommes en présence d'un double langage réellement stupéfiant. Le candidat Hollande revendique son attachement à la sécurité alors même que le député Hollande s'est systématiquement opposé à tous les textes visant à renforcer notre sécurité depuis cinq ans. Bien plus, il a apporté son soutien à des propositions extrêmement dangereuses des sénateurs PS concernant l'abrogation des peines planchers, ou la suppression de toutes les condamnations à des peines d'emprisonnement de moins de trois mois. En vérité, le PS reste prisonnier de ses fantasmes en matière de sécurité. Il a toujours un problème relationnel et une défiance permanente vis-à-vis des forces de l'ordre. À lire les critiques, je crois véritablement que les socialistes n'aiment pas la police.
Les socialistes n'ont pas le droit de critiquer l'assaut du Raid?
Je suis stupéfait d'entendre certains socialistes s'étonner que la police n'ait pas arrêté plus tôt Mohamed Merah alors même qu'ils nous servent en permanence des discours sur la défense des libertés. Ils se sont opposés notamment à la mise en place de la carte d'identité électronique. Les Français ont le droit de connaître le projet dangereux de François Hollande en matière de sécurité. Ils doivent connaître les conséquences des mesures prônées par Daniel Vaillant, par exemple, qui propose de dépénaliser le cannabis ou encore de supprimer 15 000 places de prison comme le défend Mme Lebranchu. Je dénonce ce discours de façade aux réalités totalement différentes et dont l'application conduirait à un résultat catastrophique. Comme entre 1997 et 2002, où Lionel Jospin était à Matignon, qui a vu une augmentation de 600.000 du nombre des victimes.
Le PS critique le bilan de Sarkozy en matière de sécurité. Que lui répondez-vous?
Nous pouvons revendiquer notre bilan en matière de sécurité, qui est très positif, avec une diminution de 17 % de la délinquance depuis 2002 avec notamment une baisse de 50 % du nombre d'homicides. On peut aussi se féliciter de la plus grande efficacité de la police et de la gendarmerie qui ont vu, dans le même, temps leur taux d'élucidation grimper de près de 50 %.

Les horreurs de la démocratie 


Les élections régionales anticipées du Land de Sarre se sont soldées, hier, par la victoire de l’Union chrétienne-démocrate. Les chiffres n’étaient pas définitifs à l’heure où nos rotatives entamaient leur tourbillon, mais la CDU de la chancelière Angela Merkel affichait une avance irrattrapable, avec près de 35 % des voix. Elle conforte ses positions de 2009 et garde une avance d’environ quatre points et demi sur les sociaux-démocrates, principale force de l’opposition, en dépit des nets gains (autour de six points) de ceux-ci. Le SPD est face au célèbre verre à moitié vide, à moitié plein, tandis que la CDU fait mieux que résister et met fin à une série de revers en 2011. Vues du balcon de ce jeune printemps, les législatives fédérales à l’automne 2013, donc la lutte pour la chancellerie, s’annoncent indécises. D’autant qu’en Allemagne, l’issue des élections n’est pas seulement déterminée par la performance des deux principales formations, mais aussi par leur capacité à trouver des partenaires fringants pour une coalition gouvernementale viable.
Les sociaux-démocrates sont réservés, voire hostiles à une alliance avec la Linke (la Gauche), qui amalgame notamment des déçus de la SPD, dont Oskar Lafontaine, son champion en Sarre, et d’anciens communistes de la RDA recyclés. Voilà que son ascension, naguère prédite comme irrésistible, et qui inspire en France les amis de M. Mélenchon, est stoppée en Sarre, État pourtant plutôt ouvrier. En profite le nouveau parti des « Pirates », sorte d’ovni politique qui, pour l’heure, exclut de gouverner avec qui que ce soit et préfère jouer « l’opposition constructive ». Quant à une alliance avec les Verts, la modestie de leur score ne permet guère d’atteindre la majorité absolue. L’Union chrétienne-démocrate n’est pas mieux lotie. Le Parti libéral (FDP), son incommode partenaire au niveau fédéral, a subi hier une véritable débâcle, avec quelque 1,2 % des voix, trop peu pour obtenir le moindre élu. Comme on dit sur les réseaux sociaux, la CDU n’a pas « d’amis ». En conséquence, la Merkel locale, la présidente régionale Annegret Kramp-Karrenbauer, a déjà proposé une « grande coalition » dans laquelle les deux grands partis rivaux uniraient leurs efforts. En France, nous ne risquons pas de telles horreurs.

Rendez-nous les grands candidats !

Dans le dernier mois de la campagne présidentielle, le CSA impose aux médias audiovisuels l'égalité stricte des temps de parole entre les dix candidats. Comme la plupart des journalistes, vous n'êtes pas d'accord avec cette règle. Votre parti pris : rendez-nous les "grands" candidats !

Vous savez que cette règle est censée garantir l'équilibre dans le traitement des candidats. C'est-à-dire qu'il faut considérer qu'il n'y a pas de favoris, d'outsiders ni de candidats marginaux. C'est évidemment absurde. Ça revient à faire semblant de ne pas voir ce qui crève les yeux : il y a cinq candidats qui représentent peu ou prou les grands courants de la vie politique française, et cinq autres qui sont marginaux et dont le score n'aura qu'une influence marginale sur l'élection. Regarder les candidatures avec un critère quantitatif, et non qualitatif, c'est imposer une vision bureaucratique du débat politique. La France est le seul pays au monde où il n'y a aucune loi sur les conflits d'intérêts, mais où l'on chronomètre à la seconde près le temps de parole des candidats.
Il y a quand même un argument en sens inverse : pourquoi les médias pourraient-ils décider seuls de qui sont les "grands" et les "petits" candidats ?
En effet. Mais on peut aussi se demander pourquoi les télévisions diffusent les matches de Barcelone et du Real Madrid plutôt que ceux des équipes islandaises ou luxembourgeoises. On ne peut pas soutenir que c'est uniquement par subjectivité que les journalistes ont "décidé" que François Hollande et Nicolas Sarkozy sont favoris. Il y a aussi des critères objectifs - qui ne se limitent pas aux sondages. D'ailleurs, il suffit d'écouter ces candidats mineurs pour vérifier qu'aucun d'eux n'a la prétention de gouverner le pays. Au mieux, ils sont là pour diffuser quelques idées ; au pire, pour satisfaire leur ego - et collecter des fonds. Il n'empêche que la réglementation du CSA procède à la fois d'une infantilisation des citoyens et d'une étatisation de l'information - qui ne sont pas des indices de bonne santé démocratique...
Si cette règle n'existait pas, est-ce qu'on ne peut pas supposer que personne ne parlerait de ceux qu'on appelle les "petits" candidats ?
Personne, non. Les chaînes de télé et de radio consacreraient évidemment plus de temps aux cinq "grands", mais, si on croit aux vertus de la concurrence, on peut supposer qu'elles s'ouvriraient un peu quand même aux "petits", pour n'exclure aucun public. Du reste, le plus absurde, c'est que la règle du CSA ne s'impose pas aux sites internet, ni à Facebook ni à Twitter, et pas non plus à la presse écrite. Donc, on est à la fois chez Courteline et chez Kafka. À partir du 9 avril, on ne comptera plus seulement la parole des candidats, mais aussi celle des journalistes quand ils parleront des candidats - donc, si je dis du mal de François Bayrou ou de Philippe Poutou à ce micro, il faudra le comptabiliser sur leur temps d'antenne !
Quelle serait, selon vous, la meilleure solution ?
Je n'ai aucune honte à le dire : laisser les médias privés faire leur travail comme ils l'entendent. Imposer - éventuellement - aux chaînes de service public une équité dans le traitement des candidats. Et si on veut absolument mettre des contraintes - dans ce mélange d'égalitarisme et d'étatisme qui est tellement français -, des émissions spécifiques qui présenteraient les programmes des candidats. Et qui les expertiseraient. Pas sûr que tous les candidats seraient forcément pour. Ni les petits ni les grands.

Le passage à l’heure de vérité 


Au lendemain de la tragédie de Toulouse et d’une trêve bien brève, les candidats à la présidentielle n’ont pu zapper une séquence sur la sécurité. Le Président redevenu candidat l’aura allongée au maximum pour tirer avantage de sa posture, agacer la gauche que ce sujet embarrasse et affaiblir un François Bayrou victime d’un assaut précipité sur « le contexte de division ».
Nicolas Sarkozy ne peut prolonger sa campagne sur ce thème au risque d’une part de relancer Marine Le Pen, d’autre part de décrocher avec l’opinion. Car la publication ce soir des chiffres du chômage va ramener la campagne sur la préoccupation majeure des Français. Les usines ferment, la consommation patine, les entreprises tâtonnent sur les perspectives et bétonnent les effectifs, les caisses sont vides. Les Français savent que la recette miracle face au chômage n’existe pas, que les politiques subissent les aléas du marché et les règles internationales. Mais ils attendent des choix forts, des précisions concrètes et chiffrées sur l’organisation, la durée, le partage, le coût du travail, des idées crédibles pour relancer l’embauche et protéger l’activité. Ils n’accepteront pas l’approximation ni le flou, encore moins l’utopie. Ce soir, la campagne avance d’une heure. Elle passe à l’heure de vérité.

La chasse aux classes moyennes

On comprend que les candidats à l'élection présidentielle fassent la chasse aux classes moyennes. La France est, en effet, de tous les grands pays développés, celui où elles représentent la fraction de la population la plus grande.
Le Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) vient de publier sur le sujet une étude passionnante que devraient lire tous les acteurs de la vie publique (1). Si on définit l'appartenance aux classes moyennes à partir des revenus de chaque famille (pour un couple avec deux enfants, entre 2 440 et 5 240 € net par mois), cette catégorie sociale représente 58,7 % de la population chez nous, contre 53 % en Allemagne, 50,6 % en Italie, 48,2 % en Grande-Bretagne, 41,9 % aux États-Unis. Seuls quelques pays d'Europe du Nord (Pays-Bas, Norvège, Danemark) et quelques pays d'Europe de l'Est (héritage du communisme) comptent des classes moyennes plus peuplées que chez nous.
Comment expliquer cette singularité ? Principalement par des politiques sociales de redistribution des revenus plus ambitieuses qu'ailleurs. Les classes moyennes sont les enfants des systèmes de Sécurité sociale et de prélèvements fiscaux élevés. Elles sont aussi le reflet de systèmes politiques plus consensuels, avec de fréquentes coalitions au pouvoir. Sauf en France ! Nous faisons exception à cet égard, avec un système politique très majoritaire où gauche et droite ne s'allient guère, comme en Angleterre et aux États-Unis.
Depuis trente ans
Ces classes moyennes, si massives chez nous, ont-elles bien défendu leur niveau de vie au cours des années de turbulences économiques que nous connaissons depuis trente ans ? Quand on interroge les membres de cette catégorie sociale, ils répondent souvent « non » à cette question. Les chiffres donnent des résultats beaucoup plus nuancés. Depuis trente ans, le niveau de vie des classes moyennes françaises a progressé d'un peu plus de 1 % par an, ce qui est loin d'être négligeable. Mais il est vrai que c'est moins que la progression du niveau de vie aux extrêmes des classes sociales : la progression a été de 1,4 % par an chez les plus riches (plus de 5 240 € par mois pour une famille de deux enfants) et de 1,3 % chez les plus pauvres (moins de 2 440 € par mois).
Il est donc vrai que l'essor du libéralisme économique, parti des pays anglo-saxons, a davantage profité aux catégories sociales les plus aisées ; mais aussi aux plus pauvres, grâce précisément à la redistribution par l'intermédiaire de la Sécurité sociale et de la fiscalité.
Pour autant, en France, les classes moyennes n'ont pas reculé, en pourcentage de la population totale, au cours des trente dernières années, contrairement à ce que l'on observe dans d'autres pays développés. Le sentiment qu'elles peuvent ressentir d'être moins à l'aise aujourd'hui qu'hier tient pour beaucoup au changement profond intervenu dans leur mode de consommation. La partie « contrainte » des budgets familiaux, c'est-à-dire la partie sur laquelle les familles n'ont pas le sentiment de pouvoir agir, a littéralement « explosé ». C'est surtout vrai pour le logement, la voiture et les communications. Oserait-on le dire ?

Les secrets de la sexualité féminine dévoilés

Près de 3400 femmes ont répondu à un questionnaire détaillé sur Internet. Certains résultats sont étonnants.
Une femme sur trois éprouve de la pudeur (gêne) dans l'intimité sexuelle! C'est l'un des étonnants résultats -et il y en a bien d'autres- de l'enquête menée en mai-juin 2011 sur le site de l'Observatoire international du couple sous la houlette du Dr Philippe Brenot.
Plus de 3400 femmes ont accepté de répondre à un long questionnaire sur leur sexualité. Les résultats détaillés et surtout l'analyse du Dr Brenot, psychiatre, sexologue et anthropologue, sont réunis dans un livre qui sort le 29 mars (édition Les arènes). Certains chiffres attirent l'attention mais les commentaires ouverts n'en sont pas moins intéressants. Le Dr Brenot note d'ailleurs que «bien qu'elle soit très intime, la confession des fantasmes est aujourd'hui étonnamment facile pour beaucoup d'hommes et de femmes».
Signalons tout de suite une limite à laquelle les scientifiques sont familiers: en théorie, il faut se garder de toute extrapolation. Ces résultats concernent des femmes forcément hétérosexuelles et en couple (il s'agissait de deux conditions impératives pour participer à l'enquête) mais aussi volontaires pour passer près d'une heure à répondre bénévolement à des questions indiscrètes. Dès lors, on s'étonne moins de certains résultats a priori surprenants, comme le fait qu'une participante sur cinq (19 %) ait déjà ressenti un orgasme uniquement par stimulation de l'imagination ou qu'une sur trois (33 %) ait connu des orgasmes fontaine (avec émission de liquide), des aptitudes habituellement plutôt rares.

L'orgasme, mauvais indice de satisfaction

Considérons donc qu'il s'agit de femmes motivées et intéressées par la sexualité. Autre précaution: se garder de piocher les chiffres un par un car on risquerait d'en tirer des conclusions hâtives. Par exemple: imaginer qu'une femme sur trois n'est pas épanouie sexuellement puisqu'elles ne sont que trois sur quatre à avoir régulièrement des orgasmes lors du rapport sexuel (17 % toujours et 56 % souvent). En réalité, on s'aperçoit que si certaines femmes placent la barre très haut (une sur trois juge par exemple très important que le partenaire jouisse en même temps qu'elle), d'autres sont beaucoup moins centrées sur l'orgasme: une sur quatre estime peu important (23 %) ou pas important du tout (3 %) d'en avoir un lors du rapport. Il n'empêche que la moitié des femmes interrogées dit avoir déjà simulé l'orgasme.
Philippe Brenot ne s'y trompe pas qui dénonce une nouvelle fois cette injonction à jouir. «Malgré les injonctions et les mises en garde de toutes parts, le culte de la performance s'est insidieusement mis en place, au point qu'aujourd'hui, on a même plus besoin de prononcer le mot (performance) pour que chacun sache qu'elle est requise», estime-t-il. Et le sexologue de conclure: «Non, il n'y a pas de modèle idéal en matière de sexualité ; non, votre sexualité n'est pas anormale ; non, vous n'êtes pas astreinte à jouir quotidiennement ; non, l'orgasme n'est pas un but obligatoire de l'intimité entre deux personnes, les jouissances sont multiples et l'épanouissement mutuel passe par la reconnaissance du partenaire et de sa manière de vivre l'intimité quelle qu'elle soit, orgasmique ou non. C'est ainsi que la sexualité peut être épanouissante.»

Des résultats étonnants

En définitif, mais c'est aussi le but d'une enquête, bon nombre de résultats, qui vont un peu à l'encontre des idées reçues, ouvrent des pistes à creuser. Ainsi, la moitié des femmes pensent que sexe et sentiments ne sont pas forcément liés (l'année dernière on avait à l'inverse découvert dans l'enquête similaire menée chez les hommes que la moitié pensaient que le sexe et les sentiments étaient forcément liés!), en dépit d'un principe souvent enseigné dans l'éducation sexuelle, en particulier des petites filles, selon lequel c'est l'amour qui autorise la sexualité. Plus de la moitié des femmes ne trouvent pas leur sexe «beau et désirable», or des recherches ont montré le poids d'une mauvaise image du corps dans les troubles sexuels. Mais l'enquête ne permet pas d'en savoir plus sur les autres relations qu'entretiennent ces femmes avec leur corps. Font-elles par exemple partie des 44 % de femmes qui se disent stimulées par la pornographie (70 % le sont par l'érotisme), ou des 67 % qui se jugent néanmoins sensuelles?
Les femmes, le sexe et l'amour ouvrent des portes que personne n'avait osé pousser. A chacun de savoir s'il a envie de regarder derrière.

Ils se sont crus milliardaires, c'était un bug informatique 


 Quelque 300 Danois ont cru être devenus milliardaires grâce au loto après avoir reçu un e-mail de la société de loterie Danske Spil les félicitant de leur victoire.
"Trois cents de nos joueurs qui ont gagné au loto ont reçu un message disant qu'ils avaient gagné une somme en milliards. Et ils n'ont jamais gagné cela. Nous en sommes bien sûr très désolés. Nous leur avons maintenant écrit la somme qu'ils ont vraiment gagnée", explique l'entreprise. "Certains ont été déçus, d'autres furieux, nous pouvons bien le comprendre, mais la plupart l'ont bien pris". Dommage pour eux, il n'existe pas au Danemark une Cour de cassation qui puisse les dédommager à la hauteur du préjudice moral subi.

Grèce : le soleil n'est pas à vendre

Non au photovoltaïque allemand ! Après le Mémorandum, voilà que les Grecs se retrouveraient dépouillés des droits d'exploiter leur soleil... Panagiotis Grigoriou revient sur un projet environnemental de photovoltaïque avec l'Allemagne, qui reste dans les cartons du Parlement jusqu'à nouvel ordre pour cause de manifestation intempestive.

Gestuelles, gesticulations, et zeste de saison. D'abord le provisoire se rangeant pour une fois de notre côté, voilà une bonne nouvelle : l'amendement germano-ecclésiastique introduisant l'industrie photovoltaïque sur le Mont Pentélique, a été repoussé au « Parlement », par le ministre de l'Environnement Papakonstantinou lui-même. Il a fait marche arrière devant notre mobilisation. Colère, et surtout volonté exprimées à travers cette opposition, y compris par des actes, de nombreux acteurs à l'échelle locale et nationale, élus locaux des communes concernées, Union des ingénieurs agronomes des services de l'État (il n'a pas été encore démantelé !), WWF Grèce, Société ornithologique du pays, partis de la gauche et de l'écologie, les archéologues, pratiquement tout le monde y était.
 
« Le projet de la Société Anonyme Pronoia de l'Archevêché, n'est pas encore mûr en tant qu'investissement, et il n'y pas de rapport établi, sur les conséquences et sur la gestion écologique du projet, ce qui ne veut pas dire que nous nous opposons à la proposition de l'Église », a déclaré le ministre Papakonstantinou jeudi soir. Il avait déjà précisé récemment « qu'à ceux qui prétendent que nous vendons notre soleil aux Allemands, je réponds que tout en permettant les investissements étrangers en Grèce, nous gardons notre soleil car nous pourrons toujours nous rendre sur les plages. Et nous obtenons ceci en retour: des emplois, des impôts, de l'investissement étranger. Il s'agit d'une approche novatrice sur un nouveau territoire. Notre volonté politique consiste à vouloir entrer justement sur ce nouveau terrain », (entretient de Papakonstantinou au magazine WirtschaftsWoche – 18/03).
 
Le terrain n'est pas si nouveau, sauf qu'au PASOK, on a la mémoire courte. Sur le versant Est de notre vieux Pentélique, 9 973 soldats et officiers de l'Armée allemande y reposent en effet, depuis la dernière Occupation. Sous nos latitudes, et sous le soleil éternel exactement. Tous ces hommes, jeunes déjà sous la République de Weimar, ainsi arrivés ici en envahisseurs et disparus, leurs joies et leurs tristesses avec, leurs espoirs d'avenir éteints, reposant désormais à cet endroit antique, à deux pas des anciennes carrières des marbres du Parthénon... tristesse, méditation et recueillement.

De l'aménagement par le « béton armé »

Pour les photovoltaïques alors de monsieur Wolfgang Scheuble, l'emplacement choisi me semble aussi contre-indiqué, parce qu'il s'agit également d'un lieu de mémoire, impliquant à la fois le peuple grec, et le peuple allemand. Mais, de la mémoire au... mémorandum il n'y a qu'un pas finalement, l'anachronisme est à la clef, et la porte de l'histoire grand ouverte. Peu importe, Papakonstantinou reviendra à la charge, saisissant la première occasion, les élus locaux et le peuple du Pentélique le savent bien, restant ainsi sur le qui-vive.
 
Entre temps, hier, et pour s'opposer à un projet analogue d'aménagement par le béton armé, sur le site de l'ancien aéroport au sud d'Athènes à Elliniko, élus locaux et habitants, ont manifesté jeudi devant le « Parlement » sur la place de la Constitution. Ces mêmes élus, plus d'autres organisations du Front contre le Mémorandum, organisent demain samedi, à la veille de la fête nationale du 25 mars, une marche de protestation, entre le site de Marathon et le Kallimarmaron, ce stade antique d’Athènes, rénové pour les premiers Jeux olympiques de l’ère moderne, en 1896.
MANIFESTATION ET PRÉVENTION
Le pouvoir sur place s'organise aussi, et comme il peut. Déjà, toute présence du public devant la tribune des officiels lors du défilé à Athènes sera interdite, sauf, celle des journalistes accrédités. On mobilise 7 000 policiers et partout, c'est l'effervescence. Ici ou là, le signal historique citoyen souligne que la lutte pour la liberté est plus que jamais d'actualité, (célébrant le soulèvement des Grecs contre la domination de l'Empire Ottoman en 1821).

De son côté, le maire d'Athènes, Georges Kaminis (soutenu par le PASOK), a donné l'ordre à ses services de voirie, de ramasser toutes les bigarades du centre ville, pour ainsi priver préventivement les manifestants potentiels et spontanés du 25 mars, de toute « munition ». Étrange ce pouvoir, qui n'est pas à ses premières oranges amères, ayant mis tout un peuple sous la botte de la bancocratie, ayant distribué tantôt des menaces, tantôt des pécunes aux médias pour ainsi faire passer la meilleure propagande, jamais orchestrée en Grèce depuis les temps de la Guerre civile (1944-1949). Eh bien, ce pouvoir a peur des plantes à parfum maintenant. Elle sentirait un peu l'ail notre fête nationale... 

Le socialisme est-il à jeter aux oubliettes de l'histoire

A l'heure où nombre de commentateurs émérites et cultivés, prédisent la fin du capitalisme, je me retourne sur les grandes réalisations du socialisme, philosophie qui permit de transformer le monde et de lutter contre les "dérives" du capitalisme. Je considère que ce socialisme, intrépide et contagieux, aux fondements solides et durables a forcément laissé derrière lui nombre de poussières radieuses et de bonnes influences qui ont permis à ce monde de contrer les violences bien connues du capitalisme libéral.
Je mets de côté cet accident qu'est le totalitarisme soviétique qui comme chacun sait n'a rien à voir avec la disposition essentielle à l'émancipation de l'homme qu'est cet inéluctable frémissement de liberté qu'est le socialisme. Hélas, je ne vois rien, n'en déplaise à Goucho, qui puisse justifier un tel engouement. Je ne vois rien de très positif... Le socialisme n'est qu'une aspiration, mais dans les faits je ne vois qu''inspirations néfastea et vaines réalisations... soutenues indirectement par le capitalisme. Le bonheiur des peuples est inversement proportionnel à l'allégeance au socialisme.
  Après avoir enfermé la Russie et les pays de l'est dans les ténébres, le socialisme a eu une grande influence sur les mouvements indépendantistes qui, au lieu de se contenter de mettre en place pas à pas un capitalisme libéral, se sont inspiré d'un socialisme éculé pour sombrer aujourd'hui dans les plus grandes difficultés. Ils se sont pris à rêver à une révolution universelle. Aujourd'hui, l'histoire pourait se reproduire en partie. Des opposants lors du printemps arabe semblent parfois se laisser influencer par la vacuité des sirènes anti(néo)libérales, ce qui les rend inopérant face aux machineries de l'islamisme. Le socialisme a offert en héritage aux pays délivrés du colonialisme les promesses les plus vaines. Sans le socialisme, ces pays s'en seraient beaucoup mieux sortis. Sans la vague antilibérale et désormais pétrie d'indignation, qui excuse même parfois les courants les plus liberticides, les opposants aux dictatures arabes et à l'islamisme auraient aujourd'hui quelque chose de plus solide à se mettre sous la dent pour sortir leur pays du marasme.

ET TOUT ÇA, C'EST LA FAUTE À ROUSSEAU !! 

Hollande renoue avec l'anti-sarkozysme

Le socialiste a profité de son déplacement en Corse pour pilonner le bilan du gouvernement en matière de lutte contre la délinquance. 

Il rentre dans les salons de coiffure, serre toutes les mains aux terrasses des cafés, fait des détours pour embrasser les femmes et les enfants. François Hollande était en campagne, samedi, sur l’île de Beauté. Et en le voyant prendre tant de plaisir à aller voir les gens dans les rues d’Ajaccio, on se disait que le socialiste était impatient que la présidentielle reprenne son cours normal. Quand il est monté sur la petite scène, place Foch, dos à la mer, François Hollande a levé les bras au ciel pour saluer les 500 personnes qui l’acclamaient. Un geste qu’il fait lors de tous ses meetings, mais qu’il s’était refusé à effectuer, jeudi dernier à Aurillac pour sa première réunion après la tragédie de Toulouse et Montauban.
"Je suis venu vous parler de la Corse et de la France à un moment où notre pays tout entier a été frappé par une terrible tragédie", lance le socialiste dès le début de son discours. Mais ce qui frappait en l’écoutant pendant près de quarante-cinq minutes, c’est que François Hollande avait retrouvé sa voix naturelle, son allure moins guindée et solennelle et… ses critiques à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Avec une cible prioritaire tout au long du meeting comme du déplacement dans la journée, la sécurité.
"Sur la sécurité, le président sortant a manqué aux objectifs qu’il s’était fixés à lui-même." Et pour donner du poids à sa critique, le député de Corrèze utilise la situation corse: "Comment puis-je admettre ici même qu’il y ait eu, depuis cinq ans, 20 homicides par an, 100 depuis le début du quinquennat? Pour la seule année 2011, 22 homicides et 16 tentatives – record en France et si je regarde au-delà de la France, hélas record européen! Et ils viendraient nous faire des leçons sur la question de la sécurité, sur la question des luttes contre les violences, sur la question des lois républicaines?"

"Ce n’est pas le jeu de “c’est celui qui dit qui y est” "

Hollande a enfoncé le clou, après le meeting: "C’est un sujet sur lequel il est aussi en échec, ce n’était pas le cas en 2007, les Français ne créditent pas Nicolas Sarkozy d’un bon bilan sur la sécurité, ce qui ne veut pas forcément dire que la gauche serait plus crédible sur le sujet." Et face aux journalistes, François Hollande poursuit ses attaques: "Le candidat sortant fait toujours les mêmes erreurs, il annonce des lois, et pourquoi ça n’a pas été fait? Une fois encore, il faut attendre un drame pour faire une loi. Il commet une deuxième erreur en donnant le sentiment de vouloir l’utiliser."
Mais le candidat socialiste ne s’est pas contenté de s’en prendre au bilan sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Il a aussi critiqué la méthode du chef de l’État, lançant à l’adresse de son public : "Je vous demande de diffuser un message: la politique, ce n’est pas celle qui a été conduite, à mes yeux, depuis cinq ans. La politique c’est de faire des promesses et de les tenir. La politique, ce n’est pas une virevolte, ce n’est pas une improvisation. La politique, ce n’est pas une campagne électorale qui effacerait un mandat."
Et comme Nicolas Sarkozy l’avait traité de « nul » devant un journaliste du Monde, François Hollande lui a répondu. À la manière d’un enfant d’abord : "Ça se rapporte toujours à celui qui l’emploie." Et il est revenu à la demande des journalistes tout au long de la journée sur ce qualificatif employé par son adversaire. "Ça en dit long sur son auteur", une première fois. Puis, il récidive : "C’est un problème pour lui, pas pour moi, ce n’est pas le jeu de “c’est celui qui dit qui y est”, mais cela révèle sa personnalité, ça révèle qu’il est capable de parler comme ça." François Hollande croit toujours en ses chances, même si les sondages fléchissent un peu. Il sait que la campagne sera encore longue et dure.
"Rien ne nous sera épargné, ni les caricatures, ni les attaques personnelles, mais rien ne nous atteindra, rien ne nous empêchera", a-t-il prédit lors de son meeting. Parce qu’il ne veut pas que la peur l’emporte, le socialiste a adapté son slogan hier soir à Ajaccio, résumant son état d’esprit et sa stratégie : "l’espoir, c’est maintenant"
HOLLANDE OU LE NIVEAU DE LA COUR D'ÉCOLE !!!! 
ÇA ? UN FUTUR PRÉSIDENT ????
MAIS JE RÊVE !!!!!!

Merkel: une sortie de la Grèce de la zone euro serait "catastrophique"

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé qu'il serait "catastrophique" de permettre à la Grèce de quitter la zone euro, qui s'en trouverait "incroyablement affaiblie", dans une interview télévisée à la BBC diffusée lundi.

"Nous avons pris la décision de faire partie d'une union monétaire. C'est une décision non seulement monétaire, mais également politique", déclare Angela Merkel, dont les propos sont traduits en anglais.
"Ce serait catastrophique si nous disions à l'un des pays qui a décidé d'être avec nous: Nous ne voulons plus de vous", a-t-elle ajouté.
"D'ailleurs les traités (européens) ne le permettent pas. Les gens dans le monde entier se demanderaient: Qui sera le suivant? La zone euro s'en trouverait incroyablement affaiblie", a-t-elle poursuivi.
Elle a ajouté que la Grèce, qui a fait l'objet de deux plans de sauvetage européens, avait devant elle une "route longue et ardue" mais que ce serait une "énorme erreur politique de permettre à la Grèce" d'abandonner l'euro.
"La situation est très tendue. L'Europe, et en particulier la zone euro, est en crise. Cette crise est la conséquence de la crise financière mondiale et elle a entraîné des discussions très dures dans de nombreux pays", a ajouté Mme Merkel, interrogée sur l'émergence d'un sentiment anti-allemand en Grèce.
"Nous avons des débats houleux dans nos parlements et nous utilisons des mots durs", a-t-elle déclaré. Mais "heureusement nous avons appris à résoudre nos conflits pacifiquement".
Angela Merkel a aussi réaffirmé son soutien à la présence du Royaume-Uni dans l'Union européenne malgré le refus de David Cameron de rejoindre le nouveau pacte budgétaire européen.
"La Grande-Bretagne doit savoir qu'en Allemagne nous voulons une Grande-Bretagne forte dans l'UE, c'est ce que nous avons toujours souhaité et ce que nous souhaiterons toujours", a-t-elle dit.


POUR EN FINIR, LES MEDIAS EN ONT TROP FAIT 


« Le fou d'Allah » était-il fou ?

Ils ont évacué toute commisération, ils ont nié toute considération morale au nom d'une cause suprême qui justifiait les atrocités commises.
On voudrait croire que Mohamed Merah était fou. Les assassinats qu'il a revendiqués seraient l'oeuvre d'un pur désaxé. On pourrait les oublier plus facilement puisqu'ils relèveraient de cette part de folie qu'on ne prévoit pas plus qu'on ne l'explique.
Mais on n'y croit pas vraiment. L'horreur des assassinats de Toulouse a trop de précédents. Personne ne croit que les soldats allemands qui creusaient d'immenses fosses pour y faire descendre des milliers de juifs - hommes, femmes et enfants -, les faisaient s'allonger avant de les tuer d'une balle dans la nuque, étaient tous des malades mentaux. On ne pense pas que le génocide rwandais à la machette fut le fait d'une horde de malades échappés d'un hôpital psychiatrique. Les procureurs des procès staliniens étaient fanatiques, pas psychopathes.
Juste avant de tuer, de torturer, de violer, ils étaient les plus ordinaires des hommes. Les circonstances, leur soumission aux ordres, leur fanatisme, les ont transformés en monstres. Ils ont évacué toute commisération, ils ont nié toute considération morale au nom d'une cause suprême qui justifiait les atrocités commises.
Des historiens, des philosophes, des écrivains, des artistes, ont tenté de comprendre ce qui a fait d'hommes normaux à la vie banale des monstres. On connaît mieux aujour-d'hui les mécanismes qui ont rendu possibles les phénomènes totalitaires et les dérives terroristes.
La société, en se retournant ainsi vers les heures sombres d'un passé qui n'en manque pas, construit une conscience universelle, propose des valeurs communes, nourrit un code de bonne conduite collective, apaise les tensions en les identifiant, démine les conflits par le débat.
Le même travail d'analyse s'appliquant aux horreurs contemporaines est plus difficile à mener parce que les phénomènes, trop proches, sont encore flous.
Et quand certains prennent le temps de l'observation patiente et objective, on ne les entend pas. On leur prête l'intention de chercher à comprendre pour mieux justifier.
La dernière livraison de la revue Le Débat prend le temps de présenter le travail d'un grand connaisseur de l'Islam et du monde arabe contemporain. Dans Quatre-vingt-treize, Gilles Kepel a pris le temps de déchiffrer l'islam en France à partir de la Seine-Saint-Denis où vivent quatre cent mille personnes de confession musulmane.
Il démontre qu'il est possible de regarder cette réalité-là en face, sans peur et sans préjugés.
Il est même très nécessaire de le faire. Le titre Quatre-vingt-treize désigne le département mais fait aussi référence au livre de Victor Hugo, qui traite de la Révolution française version Terreur.