Affichage des articles dont le libellé est Pascal Jalabert : le progrès. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pascal Jalabert : le progrès. Afficher tous les articles
mardi 27 mars 2012
DSK, saison 2 une série B
Voilà un an, quand dans son bureau de Washington Dominique
Strauss-Kahn se projetait sur le printemps 2012, il se préparait à
débattre des chiffres du chômage, du taux de change de l’euro et de
l’avenir du nucléaire avec Nicolas Sarkozy, François Bayrou et l’ex juge
Eva Joly.
Il se débat depuis hier avec un juge d’instruction en
fonction, développe son argumentaire sur le libre-échangisme, la non
circulation de devises et la dissimulation de capitaux de travailleuses
dans les arrière-salles glauques de restaurants de luxe face à de drôles
de contradicteurs : « Dodo La Saumure »,
« René la balance », «
Béa la généreuse ». Avec ces surnoms dignes de personnages de Michel
Audiard, on peut regretter que ces débats ne soient pas retransmis
(après 22h30 et avec la mention interdit aux moins de 18 ans). Mais bon,
les saisons 2 ont souvent peine à égaler la précédente. DSK est donc à
sa place en deuxième partie de soirée et en série B.
Les étudiants de Cambridge qui ont bousculé sa leçon d’économie et les eurodéputés qui l’ont boycottée l’ont remis à sa place.
lundi 26 mars 2012
Le passage à l’heure de vérité
Au lendemain de la tragédie de Toulouse et d’une trêve bien brève, les candidats à la présidentielle n’ont pu zapper une séquence sur la sécurité. Le Président redevenu candidat l’aura allongée au maximum pour tirer avantage de sa posture, agacer la gauche que ce sujet embarrasse et affaiblir un François Bayrou victime d’un assaut précipité sur « le contexte de division ».
Nicolas Sarkozy ne peut prolonger sa campagne sur ce thème au risque d’une part de relancer Marine Le Pen, d’autre part de décrocher avec l’opinion. Car la publication ce soir des chiffres du chômage va ramener la campagne sur la préoccupation majeure des Français. Les usines ferment, la consommation patine, les entreprises tâtonnent sur les perspectives et bétonnent les effectifs, les caisses sont vides. Les Français savent que la recette miracle face au chômage n’existe pas, que les politiques subissent les aléas du marché et les règles internationales. Mais ils attendent des choix forts, des précisions concrètes et chiffrées sur l’organisation, la durée, le partage, le coût du travail, des idées crédibles pour relancer l’embauche et protéger l’activité. Ils n’accepteront pas l’approximation ni le flou, encore moins l’utopie. Ce soir, la campagne avance d’une heure. Elle passe à l’heure de vérité.
Au lendemain de la tragédie de Toulouse et d’une trêve bien brève, les candidats à la présidentielle n’ont pu zapper une séquence sur la sécurité. Le Président redevenu candidat l’aura allongée au maximum pour tirer avantage de sa posture, agacer la gauche que ce sujet embarrasse et affaiblir un François Bayrou victime d’un assaut précipité sur « le contexte de division ».
Nicolas Sarkozy ne peut prolonger sa campagne sur ce thème au risque d’une part de relancer Marine Le Pen, d’autre part de décrocher avec l’opinion. Car la publication ce soir des chiffres du chômage va ramener la campagne sur la préoccupation majeure des Français. Les usines ferment, la consommation patine, les entreprises tâtonnent sur les perspectives et bétonnent les effectifs, les caisses sont vides. Les Français savent que la recette miracle face au chômage n’existe pas, que les politiques subissent les aléas du marché et les règles internationales. Mais ils attendent des choix forts, des précisions concrètes et chiffrées sur l’organisation, la durée, le partage, le coût du travail, des idées crédibles pour relancer l’embauche et protéger l’activité. Ils n’accepteront pas l’approximation ni le flou, encore moins l’utopie. Ce soir, la campagne avance d’une heure. Elle passe à l’heure de vérité.
lundi 12 mars 2012
Mêlée fermée
A deux minutes de la fin de France-Angleterre, Nicolas Sarkozy
préparait sans doute une réaction pour dresser un parallèle entre la
course-poursuite du XV de France distancé par les Anglais et la sienne
derrière François Hollande. C’est manqué pour quelques centimètres.
Comme les rugbymen bleus déployant toute la panoplie de leur jeu et
pilonnant l’Anglais, le Président a donné l’impression d’avoir jeté
beaucoup de forces depuis son entrée dans la mêlée. Valeurs de droite,
attaques frontales contre la gauche, sincérité personnalisée sur les
erreurs du passé et son avenir, posture du capitaine expérimenté dans la
tempête : Après 40 minutes d’un discours rappelant tout cela, il a
invité hier l’Europe sur une ligne à la fois fédérale et protectionniste
pour tenter la réconciliation des France du oui et du non.
Que
lui reste-t-il pour tenir six semaines ? La question vaut aussi pour
François Hollande. En dehors de son « coup » sur la taxe des très
riches, le candidat du PS s’applique moins à détailler, à compléter un
projet lâché en janvier qu’à cultiver un profil rassurant et à demander
un référendum aux Français sur le bilan du Président. Stratégie logique
et confortable mais fragile. Les autres ? Ils ne surprennent pas :
partis de loin, ils avancent avec des discours répétés depuis des mois.
La mêlée est fermée mais le jeu ouvert. Les six semaines avant le
22 avril risquent d’être longues pour les candidats et pour les Français
si les aléas de la crise et de l’actualité n’animent pas la campagne
Prisonniers de la mondialisation, de l’actualité, de leur propre image,
les candidats n’ont plus les moyens d’étaler des programmes ni d’exposer
des visions et s’en remettent aux aléas, aux postures, aux fautes de
l’adversaire.
Au moins, cela préserve l’incertitude
jeudi 8 mars 2012
La journée de la femme de...
Les femmes ont attendu 1945 avant de voter dans ce pays et 1998 pour obtenir la parité en politique. A suivre cette présidentielle 2012, le combat pour la place des dames en politique n’est semble-t-il pas terminé. Eva, Marine, Nathalie et Corine sont en droit de formuler une revendication en ce 8 mars: l’égalité entre la candidate et la femme du candidat. Les compagnes sont tellement en campagne, que ces messieurs se présentent à deux contre une. Prenez le livre sur François Bayrou.Un chapitre consacré à Babeth nous apprend qu’elle aurait aimé que son mari élève des moutons plutôt que des pur-sangs. Message subliminal: François déteste l’esprit grégaire.
Regardez les meetings de François Hollande. Valérie Trierweiler est placée au premier rang face aux caméras. Elle distille confidences aux confrères et tweets aux followers. Même les ex s’invitent dans la campagne et pas seulement les és-qualité comme Ségolène Royal. Le Président a passé 20 minutes sur ses déboires conjugaux de 2007 avec Cecilia mardi sur France 2. Et le buzz du jour est assuré par Carla Bruni-Sarkozy assurant: «Nous sommes des gens modestes». On avait en effet remarqué cette discrétion chez les femmes de...
vendredi 2 mars 2012
Ils sont différents et ça se voit
François Hollande avance avec un programme de gauche et Nicolas Sarkozy a lancé sa campagne sur des valeurs de droite. C’est au moins un critère de différence mais pas le principal. Hier soir à Lyon, François Hollande a assumé sa normalité et face à la crise, a construit son discours autour des verbes réconcilier, rassembler, réunir, rassurer maintes fois prononcés.
Il a cité avec application, syndicats, fonctionnaires, élus locaux, ces corps intermédiaires que Nicolas Sarkozy souhaite court-circuiter. Il peint ainsi un autoportrait en parfait contraste avec un Nicolas Sarkozy qui dans la tempête, revendique de bousculer les codes, de bouleverser les fonctionnements institutionnels, de boucler les réformes inachevées. Le candidat Sarkozy de 2012 face à la crise est dans la continuité de celui de 2007 qui avait imposé, non seulement à son camp mais aussi à l’adversaire, un discours et un style qui renversaient la table. Le PS désigna une candidate de rupture atypique voire surprenante, en tout cas pas conventionnelle.
Cette fois, les deux candidats n’ont ni fond, ni forme en commun et en plus se rendent coups pour coups. Cette vraie opposition d’idées et de personnalités rend moins audible les discours d’une Marine Le Pen sur les « siamois » et restreint l’espace de François Bayrou et de Jean-Luc Mélenchon. L’élection est bipolaire parce qu’il existe de vraies différences
François Hollande avance avec un programme de gauche et Nicolas Sarkozy a lancé sa campagne sur des valeurs de droite. C’est au moins un critère de différence mais pas le principal. Hier soir à Lyon, François Hollande a assumé sa normalité et face à la crise, a construit son discours autour des verbes réconcilier, rassembler, réunir, rassurer maintes fois prononcés.
Il a cité avec application, syndicats, fonctionnaires, élus locaux, ces corps intermédiaires que Nicolas Sarkozy souhaite court-circuiter. Il peint ainsi un autoportrait en parfait contraste avec un Nicolas Sarkozy qui dans la tempête, revendique de bousculer les codes, de bouleverser les fonctionnements institutionnels, de boucler les réformes inachevées. Le candidat Sarkozy de 2012 face à la crise est dans la continuité de celui de 2007 qui avait imposé, non seulement à son camp mais aussi à l’adversaire, un discours et un style qui renversaient la table. Le PS désigna une candidate de rupture atypique voire surprenante, en tout cas pas conventionnelle.
Cette fois, les deux candidats n’ont ni fond, ni forme en commun et en plus se rendent coups pour coups. Cette vraie opposition d’idées et de personnalités rend moins audible les discours d’une Marine Le Pen sur les « siamois » et restreint l’espace de François Bayrou et de Jean-Luc Mélenchon. L’élection est bipolaire parce qu’il existe de vraies différences
mardi 28 février 2012
Sortez
du caniveau !
La « baston verbale », est une marque de la politique « made in France » à laquelle il serait dommage de renoncer au nom d’une quelconque modernité. Les petites phrases inamicales et les tweets vengeurs de cette campagne ne sont d’ailleurs qu’aimables chicaillas de cours de récré en comparaison à la violence (et au talent) des invectives d’un Clemenceau, aussi bien à l’égard du nationaliste Déroulède, convoqué épée à la main sur le pré, que du socialiste Jaurès traité de « couard ». Ces charges oratoires lui valurent le glorieux surnom de Tigre. Dans les années 1970, le ministre du Plan Alain Peyrefitte accusait Georges Marchais de préparer l’arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées. Le leader communiste répliquait en brandissant une photo du dit Peyrefitte aux côtés de Liliane Bettencourt (déjà) « portant un collier de diamants équivalent à 150 Smic ».
La différence avec la génération 2012, c’est que la méchanceté du propos servait une cause, un programme, un contenu. Clemenceau voulait la république contre Déroulède et la revanche sur l’Allemagne contre Jaurès. Marchais promettait la nationalisation de l’industrie et Peyrefite réclamait la libéralisation du rail et de l’électricité.
Le spectacle des mots, les petites phrases assassines mettent du piment dans une campagne quand elles servent la comparaison sur un fond solide, quand elles valorisent un programme crédible ou au contraire démontent non pas la personnalité d’un adversaire mais les projets et les propositions qu’il porte. Pour le moment, cette campagne n’existe que par cette mousse médiatique, amplifiée par le fameux buzz. L’invective, l’insulte, la parabole deviennent des finalités et non des outils au service d’idées. Il devient urgent de relever le niveau pour sortir du caniveau.
du caniveau !
La « baston verbale », est une marque de la politique « made in France » à laquelle il serait dommage de renoncer au nom d’une quelconque modernité. Les petites phrases inamicales et les tweets vengeurs de cette campagne ne sont d’ailleurs qu’aimables chicaillas de cours de récré en comparaison à la violence (et au talent) des invectives d’un Clemenceau, aussi bien à l’égard du nationaliste Déroulède, convoqué épée à la main sur le pré, que du socialiste Jaurès traité de « couard ». Ces charges oratoires lui valurent le glorieux surnom de Tigre. Dans les années 1970, le ministre du Plan Alain Peyrefitte accusait Georges Marchais de préparer l’arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées. Le leader communiste répliquait en brandissant une photo du dit Peyrefitte aux côtés de Liliane Bettencourt (déjà) « portant un collier de diamants équivalent à 150 Smic ».
La différence avec la génération 2012, c’est que la méchanceté du propos servait une cause, un programme, un contenu. Clemenceau voulait la république contre Déroulède et la revanche sur l’Allemagne contre Jaurès. Marchais promettait la nationalisation de l’industrie et Peyrefite réclamait la libéralisation du rail et de l’électricité.
Le spectacle des mots, les petites phrases assassines mettent du piment dans une campagne quand elles servent la comparaison sur un fond solide, quand elles valorisent un programme crédible ou au contraire démontent non pas la personnalité d’un adversaire mais les projets et les propositions qu’il porte. Pour le moment, cette campagne n’existe que par cette mousse médiatique, amplifiée par le fameux buzz. L’invective, l’insulte, la parabole deviennent des finalités et non des outils au service d’idées. Il devient urgent de relever le niveau pour sortir du caniveau.
lundi 20 février 2012
Président en riposte
Nicolas Sarkozy ne peut arrimer sa campagne sur son bilan néanmoins assumé, ni sur un programme renversant qui l’expose à la réplique : « Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? ». Son positionnement osé de candidat du peuple contre le système, qu’il a tout de même dirigé pendant cinq ans, vise à le démarquer de François Hollande. Mais ce créneau de la France du non est déjà très occupé par Le Pen, Mélenchon, voire Bayrou.
Nicolas Sarkozy ne bénéficie pas, comme face à Ségolène Royal en 2007, d’un coup de pouce du PS, cette fois rangé et mobilisé derrière son champion. L’habile et précautionneux Hollande ne commet pas de maladresses nuisibles à sa crédibilité.
Le candidat Sarkozy se lance donc dans la seule stratégie possible : affaiblir l’image et la stature de présidentiable de son rival en l’habillant en candidat du flou, de l’imprécision, de l’attentisme face à la crise. Il attaque frontalement les propositions, les mots de François Hollande pour l’obliger à préciser, rectifier, démentir cette salve de coups brutaux. Il soumet François Hollande à un vrai test pour les nerfs et la maîtrise de la parole. Mitterrand fit ainsi craquer Chirac en 1988. Avec ce ton agressif, Sarkozy déstabilise au passage le message de dédiabolisation de Marine Le Pen, tentée par un discours plus dur comme l’a démontré, hier, le retour en campagne du père.
Le pari est cependant risqué. La France de l’hésitation et de l’oscillation, celle qui fait et défait les présidents, peut s’agacer d’une attitude aussi ouvertement hostile venant d’un chef d’État sortant.
Les « désamoureux » peuvent aussi interpréter cette position d’un Président en riposte comme une esquive du bilan et du programme. Nicolas Sarkozy connaît le risque. Mais à 63 jours du jour J, il n’a pas d’autre choix.
Nicolas Sarkozy ne peut arrimer sa campagne sur son bilan néanmoins assumé, ni sur un programme renversant qui l’expose à la réplique : « Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? ». Son positionnement osé de candidat du peuple contre le système, qu’il a tout de même dirigé pendant cinq ans, vise à le démarquer de François Hollande. Mais ce créneau de la France du non est déjà très occupé par Le Pen, Mélenchon, voire Bayrou.
Nicolas Sarkozy ne bénéficie pas, comme face à Ségolène Royal en 2007, d’un coup de pouce du PS, cette fois rangé et mobilisé derrière son champion. L’habile et précautionneux Hollande ne commet pas de maladresses nuisibles à sa crédibilité.
Le candidat Sarkozy se lance donc dans la seule stratégie possible : affaiblir l’image et la stature de présidentiable de son rival en l’habillant en candidat du flou, de l’imprécision, de l’attentisme face à la crise. Il attaque frontalement les propositions, les mots de François Hollande pour l’obliger à préciser, rectifier, démentir cette salve de coups brutaux. Il soumet François Hollande à un vrai test pour les nerfs et la maîtrise de la parole. Mitterrand fit ainsi craquer Chirac en 1988. Avec ce ton agressif, Sarkozy déstabilise au passage le message de dédiabolisation de Marine Le Pen, tentée par un discours plus dur comme l’a démontré, hier, le retour en campagne du père.
Le pari est cependant risqué. La France de l’hésitation et de l’oscillation, celle qui fait et défait les présidents, peut s’agacer d’une attitude aussi ouvertement hostile venant d’un chef d’État sortant.
Les « désamoureux » peuvent aussi interpréter cette position d’un Président en riposte comme une esquive du bilan et du programme. Nicolas Sarkozy connaît le risque. Mais à 63 jours du jour J, il n’a pas d’autre choix.
dimanche 19 février 2012
Quand ça l’affiche mal
Des communicants, des « créatifs », des conseilleurs et des colleurs ont sans doute passé des heures à imaginer, réaliser, placarder l’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy. En cinq minutes, avec une souris et un logiciel de base, des milliers d’internautes facétieux ou hostiles se sont lancés dans une course au tag et un concours de parodies. Et que j’ajoute, au milieu de la mer bleue qui sert de toile de fond, un Costa concordia sur le flanc, une saucisse de Francfort, une paire de Ray-ban pour maculer, maquiller, moquer le candidat. Par les tempêtes qui courent sur la Grèce, les créatifs et les concepteurs de l’image auraient pu, c’est vrai, éviter une photo de mer Égée. Et aussi un copier-coller du slogan la France forte du Giscard d’Estaing 1981, seul Président non réélu.
Mais l’affiche n’a pas tout loupé : tout le monde l’a vue et revue, en vrai ou en faux, en nature ou en caricature. Un vrai buzz comme on dit sur le net. Nicolas Sarkozy n’est d’ailleurs pas le seul à l’afficher mal cette semaine. L’affiche du film Infidèles, dérangeante celle-là, a été retirée. Tout le monde sait maintenant que le film avec Dujardin et Lellouche sort mercredi. Une affiche polémique, une affiche détournée, ce sont en fait de vieux trucs pour lancer un film, une tournée de chanteur, une ligne de maillots de bain. Souvenez-vous des fesses de Polnareff, de la dame qui demain enlevait le haut. À notre époque, ça lance aussi des campagnes électorales.
Des communicants, des « créatifs », des conseilleurs et des colleurs ont sans doute passé des heures à imaginer, réaliser, placarder l’affiche de campagne de Nicolas Sarkozy. En cinq minutes, avec une souris et un logiciel de base, des milliers d’internautes facétieux ou hostiles se sont lancés dans une course au tag et un concours de parodies. Et que j’ajoute, au milieu de la mer bleue qui sert de toile de fond, un Costa concordia sur le flanc, une saucisse de Francfort, une paire de Ray-ban pour maculer, maquiller, moquer le candidat. Par les tempêtes qui courent sur la Grèce, les créatifs et les concepteurs de l’image auraient pu, c’est vrai, éviter une photo de mer Égée. Et aussi un copier-coller du slogan la France forte du Giscard d’Estaing 1981, seul Président non réélu.
Mais l’affiche n’a pas tout loupé : tout le monde l’a vue et revue, en vrai ou en faux, en nature ou en caricature. Un vrai buzz comme on dit sur le net. Nicolas Sarkozy n’est d’ailleurs pas le seul à l’afficher mal cette semaine. L’affiche du film Infidèles, dérangeante celle-là, a été retirée. Tout le monde sait maintenant que le film avec Dujardin et Lellouche sort mercredi. Une affiche polémique, une affiche détournée, ce sont en fait de vieux trucs pour lancer un film, une tournée de chanteur, une ligne de maillots de bain. Souvenez-vous des fesses de Polnareff, de la dame qui demain enlevait le haut. À notre époque, ça lance aussi des campagnes électorales.
jeudi 16 février 2012
L’anti système, l’anti Hollande
Je suis le candidat du peuple contre François Hollande le candidat du système. Nicolas Sarkozy s’est habillé hier en champion des «Français lucides», des Français «dépossédés du pouvoir par ceux qui tournent en rond entre gens qui se connaissent». En les citant ou non, il désigne les médias, les sondages, les élus, les énarques, les syndicats, les marchés, les partis, son entourage même qui imposent leurs blocages, opposent leurs conservatismes et confisquent la parole populaire. Pour franchir ces obstacles et finir son travail, il brandit le référendum. Nicolas Sarkozy change de slogan sans renoncer au «ensemble tout devient possible»de 2007. A l’époque, il était propulsé et suivi par l’essentiel de ce système dont il se pose maintenant en victime et qu’il tente d’attacher comme un boulet à son concurrent principal érigé en adversaire unique. Histoire de priver d’espace tous les autres. Pour mieux renvoyer une image d’un Hollande issu de l’appareil, du consensus, sans expérience d’homme d’action, héritier d’un Jospin capitulant à Renault Vilvoorde, le Président candidat vante sans modestie sa force, son dynamisme, son énergie de «capitaine dans la tempête qui n’abandonne pas le navire». Pour ne pas s’exposer à la critique d’un bilan qu’il assume et ne pas laisser le monopole du changement à l’adversaire socialiste, il avance un mandat non conforme et proclame la première élection du XXIé siècle. Nicolas Sarkozy a beau placer le référendum au coeur de son programme, pour la présidentielle, il préfère un face à face à... un référendum sur sa personne et son bilan.
Je suis le candidat du peuple contre François Hollande le candidat du système. Nicolas Sarkozy s’est habillé hier en champion des «Français lucides», des Français «dépossédés du pouvoir par ceux qui tournent en rond entre gens qui se connaissent». En les citant ou non, il désigne les médias, les sondages, les élus, les énarques, les syndicats, les marchés, les partis, son entourage même qui imposent leurs blocages, opposent leurs conservatismes et confisquent la parole populaire. Pour franchir ces obstacles et finir son travail, il brandit le référendum. Nicolas Sarkozy change de slogan sans renoncer au «ensemble tout devient possible»de 2007. A l’époque, il était propulsé et suivi par l’essentiel de ce système dont il se pose maintenant en victime et qu’il tente d’attacher comme un boulet à son concurrent principal érigé en adversaire unique. Histoire de priver d’espace tous les autres. Pour mieux renvoyer une image d’un Hollande issu de l’appareil, du consensus, sans expérience d’homme d’action, héritier d’un Jospin capitulant à Renault Vilvoorde, le Président candidat vante sans modestie sa force, son dynamisme, son énergie de «capitaine dans la tempête qui n’abandonne pas le navire». Pour ne pas s’exposer à la critique d’un bilan qu’il assume et ne pas laisser le monopole du changement à l’adversaire socialiste, il avance un mandat non conforme et proclame la première élection du XXIé siècle. Nicolas Sarkozy a beau placer le référendum au coeur de son programme, pour la présidentielle, il préfère un face à face à... un référendum sur sa personne et son bilan.
mercredi 8 février 2012
Ce froid qui tombe à pic
Le pic de consommation électrique vient d’être allégrement dépassé et notre puissance atomique n’a pas suffi à escalader ce nouvel Everest de mégawatts. Nous voilà donc éclairés et chauffés grâce à l’Allemagne, encore elle qui décidément sait nous vendre de tout, même du vent dont elle fait tourner ses éoliennes. Même du gaz… russe géré par son ancien chancelier Gerhard Schroeder reconverti en livreur de butane pour l’Europe. La facture électrique va donc exploser les compteurs au moment où le prix du carburant atteint de nouveaux… pics ce qui précipite le commerce extérieur vers de nouveaux pics de déficit. Cette chape de froid sur la France révèle l’incapacité à renouveler nos sources énergétiques et nos comportements énergivores, rappelle la nécessité de réguler une fiscalité sur ces dépenses contraintes afin de diminuer leur poids à la fois dans le budget des ménages et sur nos importations. Finalement, cet air polaire tombe à pic pour rappeler les prétendants à l’Élysée comme nous-mêmes à quelques idées et à beaucoup d’efforts pour assurer notre indépendance énergétique et stabiliser les coûts.
Le pic de consommation électrique vient d’être allégrement dépassé et notre puissance atomique n’a pas suffi à escalader ce nouvel Everest de mégawatts. Nous voilà donc éclairés et chauffés grâce à l’Allemagne, encore elle qui décidément sait nous vendre de tout, même du vent dont elle fait tourner ses éoliennes. Même du gaz… russe géré par son ancien chancelier Gerhard Schroeder reconverti en livreur de butane pour l’Europe. La facture électrique va donc exploser les compteurs au moment où le prix du carburant atteint de nouveaux… pics ce qui précipite le commerce extérieur vers de nouveaux pics de déficit. Cette chape de froid sur la France révèle l’incapacité à renouveler nos sources énergétiques et nos comportements énergivores, rappelle la nécessité de réguler une fiscalité sur ces dépenses contraintes afin de diminuer leur poids à la fois dans le budget des ménages et sur nos importations. Finalement, cet air polaire tombe à pic pour rappeler les prétendants à l’Élysée comme nous-mêmes à quelques idées et à beaucoup d’efforts pour assurer notre indépendance énergétique et stabiliser les coûts.
Inscription à :
Articles (Atom)











