TOUT EST DIT

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mardi 5 juillet 2011

Plainte pour tentative de viol : ce qui attend DSK en France

Tristane Banon a annoncé son intention de porter plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol. Lefigaro.fr détaille les étapes qui pourraient attendre l'ex-patron du FMI confronté à la justice française.

Si le calvaire judiciaire de Dominique Strauss-Kahn pourrait prendre fin prochainement aux Etats-Unis, il risque dorénavant se poursuivre par une procédure en France. Tristane Banon, une journaliste de 32 ans, a annoncé lundi son intention de déposer plainte mardi contre l'ex-patron du FMI pour tentative de viol. Or, en France, viol et tentative de viol sont des crimes, jugés en cour d'assises et passibles de la même peine, 15 ans de réclusion.
Le dépôt de plainte de la jeune femme auprès de la police va donner lieu à une enquête préliminaire au cours de laquelle la victime et l'agresseur présumés vont être entendus. Le parquet décide ensuite sur la base de celle-ci de classer le dossier sans suite, de le renvoyer en correctionnel s'il juge que les faits relèvent de l'agression sexuelle ou de la tentative d'agression sexuelle et que les preuves sont suffisantes pour que le dossier soit jugé en l'état, ou de saisir le juge d'instruction si une investigation supplémentaire lui paraît requise et/ou qu'il s'agit d'un viol. En France, un viol se caractérise en France par la pénétration non consentie (vaginale, anale, à l'aide d'un objet ou de la main ou fellation forcée).

«Parole contre parole»

«Il est délicat de faire reconnaître une tentative de viol», admet le Dr Emmanuelle Piet, présidente de l'association Viol Femmes Information*. «Il faut pour cela que l'intentionnalité de l'agresseur soit manifeste, par exemple quand il tient des propos annonçant son projet de pénétrer la victime, ou parce qu'il est en possession d'objets qui le laissent paraître». «La tentative existe lorsque le fait a échoué pour des circonstances indépendantes de la volonté de l'auteur», rappelle de son côté Didier Rebut, professeur de droit à Paris II.
Ici, l'affaire va relever du «parole contre parole», «étant entendu qu'il n'y a aucun témoin et que (Dominique Strauss-Kahn) nie», précise le pénaliste. L'agression dont Tristane Banon se dit victime se serait déroulée en février 2003, selon son avocat, ce qui signifie que les faits ne sont pas encore prescrits, le délai pour signaler un crime en France étant de 10 ans. En revanche, si les faits sont requalifiés en agression sexuelle ou tentative d'agression sexuelle, qui est un délit, ils tomberont sous le coup de la prescription, qui est de 3 ans.
Dans le cas présent, l'une des difficultés pour les enquêteurs est que DSK se trouve aux Etats-Unis, avec interdiction de quitter le territoire en raison de l'autre plainte pour tentative de viol dont il fait l'objet. Il lui est donc pour l'instant impossible de se présenter devant la police française. Il est toutefois possible de gagner du temps d'ici un éventuel retour en France. Des enquêteurs pourraient être envoyés aux Etats-Unis pour l'interroger. Ensuite, si le juge d'instruction est saisi, rien ne l'oblige à convoquer immédiatement Dominique Strauss-Kahn pour faire avancer le dossier. La procédure peut donc suivre son cours encore quelques mois en l'absence de l'ex-patron du FMI, d'autant que les vacances judiciaires débutent le 15 juillet.
A l'issue de l'instruction, le juge peut encore rendre une ordonnance de non-lieu ou requalifier les faits en délit et renvoyer le dossier en correctionnel. Sinon, il ordonne une mise en accusation devant la cour d'assises.

Grèce: L'Allemagne financera presque la moitié des 12 milliards d'euros d'aide

La plus grande partie de la contribution financière des pays de la zone euro à la nouvelle tranche d'aide internationale accordée à la Grèce, sera pourvue par l'Allemagne, rapporte un journal allemand.

Berlin déboursera 5,05 milliards des 8,7 milliards d'euros que les Etats de la zone euro mettront à disposition de la Grèce dans le courant du mois de juillet, afin d'éviter à Athènes une situation de faillite, apprend-on dans l'édition de mardi du Bild.

Les ministres de la zone euro ont approuvé samedi le déblocage d'une cinquième tranche d'aide d'urgence à la Grèce de 12 milliards d'euros au total, et qui sera versée d'ici au 15 juillet après approbation du FMI.

Le journal s'appuie sur des sources gouvernementales.

La contribution de l'Allemagne dans le programme d'aide de 110 milliards d'euros mis en place l'année dernière par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) a été fixée à 28% de l'aide totale.

Mais certains versements n'ayant pas été effectués en totalité par l'Allemagne, celle-ci devra contribué un peu plus cette fois-ci, explique le journal.

Les marchés obligataires, prêts à oublier la Grèce et sa dette ?

Les marchés ont grimpé la semaine dernière de près de 6% suite à l’annonce de l’approbation par les parlementaires grecs de nouvelles mesures d’austérité. Les Français et les Allemands feront semblant de résoudre le problème. Les Grecs feront semblant de réduire les dépenses. Et les prêteurs peuvent faire semblant de récupérer leur argent. Mais qu’est-il arrivé à toute cette dette que la Grèce ne pouvait pas payer ?
Vous pensez que maintenant que la crise est derrière nous, les taux d’intérêt peuvent revenir à la normale. Et lorsque les taux d’intérêt sont à la normale, il n’y a pas de problème. Après tout, ce n’était qu’un problème temporaire causé par des prêteurs nerveux et avides, n’est pas ? Aussi longtemps que le poids et le crédit des autorités financières européennes — avec un peu d’aide de leurs collègues à l’est et à l’ouest — soutiennent la Grèce, tout devrait bien se passer. Les Grecs peuvent emprunter pour boucher les trous de leur budget et payer les intérêts des précédents prêts.

Les Polonais en pleine confiance

Capitale en mutation, routes en construction et campagnes subventionnées : le pays qui vient de prendre la présidence de l'Union se construit une nouvelle image de lui-même et devient moins pro-américain, plus europhile. 
Comme dans tous les métros du monde, les rames de l’unique ligne de Varsovie sont bondées. Mais, par rapport à Prague ou à Vienne, sans même parler de Paris ou de Londres, on y observe une particularité : tous les voyageurs sont polonais. Jusqu’à présent, ni les étrangers ni les touristes ne se sont vraiment pressés de se rendre à Varsovie. A première vue, cela n’a rien d’étonnant.
Le bâtiment dominant de la capitale est le Palais de la culture et de la science, construit dans un style stalinien. Les larges boulevards creusés dans les années 50, sur les ruines de la ville détruite pendant la guerre, n’invitent pas à la promenade. Mais Varsovie, comme toute la Pologne, est aujourd’hui vibrante d’énergie et se transforme à vue d’œil. Elle est partout hérissée de grues et non loin du centre, de l'autre côté de la Vistule, émerge un gigantesque stade ovale. La Pologne se prépare à accueillir le Championnat d’Europe de football en 2012. Mais avant cela, c’est une toute autre mission qui l’attend : depuis le 1er juillet, elle assure la présidence de l’Union européenne.
Ce rendez-vous arrive au moment où la Pologne a radicalement changé sa vision du monde et est devenue la 6e économie de l’UE. Elle est déjà pour l’Allemagne un partenaire commercial plus important que la Russie. Il ne fait aucun doute que l’influence de la Pologne en Europe ira en se renforçant.

Le maître-mot : la modernisation

Marcin Zaborowski, un homme à l’apparence plutôt jeune, est assis dans son bureau. Assorti d’une imposante bibliothèque, il se trouve dans un passage calme donnant sur la rue Nowy Świat. "Aujourd’hui, le maître-mot de ce pays est : modernisation", explique-t-il. "De nouvelles autoroutes, de nouvelles infrastructures, une nouvelle politique étrangère."
Zaborowski est le directeur de l’Institut polonais des Affaires internationales. Il croit profondément en ces changements. Il y a encore peu de temps, il vivait en Grande-Bretagne. Il faisait alors partie des 2 millions de Polonais, jeunes pour la plupart, qui ont choisi de s’exiler vers d’autres pays de l’UE. L’année dernière, il a gagné le concours ouvert pour le poste. Il est rentré chez lui avec son épouse britannique et a décidé de rester.
La politique étrangère de la Pologne est véritablement une question de vie ou de mort. Lorsqu’il y a quatre ans, après la défaite électorale des conservateurs, la Pologne, rabat-joie eurosceptique, est devenue un ardent partisan de l’intégration européenne, et a même commencé à entretenir des relations normales avec son éternel ennemi la Russie, une partie des Polonais a vu cela comme une trahison des intérêts nationaux du pays.
Les différents camps restent arc-boutés sur leurs positions : d’un côté, le gouvernement de tendance libérale de Donald Tusk, qui impose une nouvelle orientation en matière de politique étrangère ; de l’autre la droite conservatrice de Jarosław Kaczyński. Face à face s’affrontent politiciens, médias et électeurs. La tension et l’aversion mutuelle sont à couper au couteau.
La transformation étonnamment rapide de la Pologne en un pays pro-européen n’est pas seulement le fait de la nouvelle élite. Elle s’explique également par d’autres facteurs.

Le seul pays qui a résisté à la crise financière

C’est tout d’abord la déception liée aux évolutions des dernières années, qui ont vu les Américains s’intéresser à d’autres parties du monde.
C’est ensuite la confiance économique croissante de la Pologne, qui est le seul pays européen à avoir résisté à la crise mondiale sans connaître une récession. Elle peut se prévaloir aujourd’hui d’un taux de croissance de 4% et surtout, de vastes réserves de gaz de schiste ont été découvertes sur son territoire.
C’est enfin l’évolution de l’opinion publique. En 2004, seulement 50% des Polonais avaient une opinion favorable de l’Union européenne. Aujourd’hui, ils sont près de 80%. Radosław Tomasz Sikorski [l’actuel ministre polonais des Affaires étrangères], peut donc, en ce qui concerne sa politique, compter sur le soutien d’une écrasante majorité de la population.
La base traditionnelle de la société polonaise, les agriculteurs, a constitué la plus importante opposition à l’entrée dans l’UE. Comme l’explique Henryk Wujec, l'un des six conseillers du président Bronisław Komorowski, "ils avaient peur de ne pas être capables d’affronter le marché européen et craignaient que les Allemands s’accaparent leurs terres." Mais ils ont réalisé que personne n’était intéressé par leurs terres et qu’au contraire, grâce aux subventions de Bruxelles, eux-mêmes pouvaient prétendre conquérir des marchés, précisément en Allemagne.
Le voyage de Varsovie vers des fermes polonaises est semé d’embûches. L’autoroute à quatre voies menant à Katowice, construite dans les années 70 par le dirigeant communiste Edward Gierek, n’est ouverte qu’à moitié. Le gouvernement polonais s’est engagé à construire 1 000 kilomètres d’autoroute supplémentaires d’ici à 2012. Mais on voit mal comment il pourra achever les travaux à temps.
Le boom a aussi ses ratés
La situation est toutefois plus confortable que celle de l’autoroute à destination de Poznan. Il était prévu que les Chinois la construisent avec l’aide d’entreprises polonaises. Mais en raison de prix jugés trop bas, ces dernières ont boycotté le chantier. Finalement, le gouvernement a dû résilier le contrat avec la Chine. Les travaux sont arrêtés depuis des semaines. Par ailleurs, l’achèvement du stade de football de Varsovie est également incertain. A l’évidence, le boom de la construction en Pologne a ses ratés.
Après avoir bifurqué à l’Ouest en direction d’Opole, le paysage change. Il laisse place à une région agricole typique. Il y a encore quelques années, les villages et les petites bourgades polonaises étaient parsemées de panneaux publicitaires vantant les mérites des fenêtres en plastique et des toits en tôle. Aujourd’hui, les publicités pour des meubles les ont remplacés. Il semble qu’après avoir massivement changé leurs fenêtres, les Polonais se soient lancés dans une transformation tout aussi massive de leur intérieur.
Tout près de la route, Paweł Pietruska, 54 ans, manœuvre lentement son tracteur, qui crache derrière lui de grands paquets d’herbe compacts. Il possède 20 vaches et exploite 70 hectares de terre. "L’Union européenne ? Mais bien sûr que nous devons en être. A qui pourrions-nous vendre sinon ce que nous cultivons ?". Tout est bien compté chez Pietruska. Et qu’il s’agisse d’élevage ou de politique, il est intarissable. Chaque année, il reçoit de Bruxelles environ 200 euros par hectare. S’il en veut à quelqu’un, ce n’est donc certainement pas à l’UE, mais plutôt au gouvernement polonais.
Agé de 35 ans, Sebastián appartient à une autre génération. Lui aussi se dit satisfait. Avec ses 13 hectares, il mène une vie confortable. "J’ai dix vaches, cinq cochons, deux poneys, une femme et deux filles. Grâce aux subventions de Bruxelles, ça me suffit."
En revanche, il se dégage une profonde tristesse de l’homme qui, à quelques kilomètres de là, laboure son champ de pommes de terre. "Cette terre, ce n’est que du sable. Qui voudrait l’acheter ? Ca fait 40 ans que je me crève à la tâche, et c’est de pire en pire", affirme Tomek, 58 ans. Il n’a ni femme ni tracteur. Seul son cheval fait office de compagnon. Il n’a pas plu depuis un mois et Bruxelles, ce n’est pour lui que de la paperasse. Il n’a pas les nerfs pour ce genre de choses. "C’était mieux sous le communisme", estime Tomek. Mais il n’ira pas voter, car la politique, ça ne l’intéresse pas.
Les enquêtes laissent penser que Donald Tusk a une grande chance de rester au pouvoir après les élections législatives d’octobre. Il serait ainsi le premier Premier ministre à réussir à conserver son mandat depuis 1989. S’il parvient à bien gérer la présidence de l’UE, il pourra capitaliser sur l’affection que portent les Polonais à Bruxelles. Le journaliste de The Economist Edward Lucas en est également convaincu : "La Pologne est sur la bonne voie pour devenir le meilleur président de l’UE de tous les Etats post-communistes" [après la Slovénie, La République tchèque et la Hongrie].



Vu de Varsovie

Le triomphe des euroréalistes

"La Pologne prend la présidence de l'UE au moment où l'Europe craint pour son avenir", écrit Marek Magierowski dans Rzeczpospolita. Si la Grèce est toujours dans un état d'urgence informel, "que les Portugais, les Espagnols et les Irlandais se serrent la ceinture." Des lumières apparaissent cependant au bout du tunnel, poursuit l'éditorialiste, car la crise actuelle a permis d'ouvrir "un débat public" en Europe. "Les gens ont vu que le culte de l'européanisme ne pouvait pas être le remède à tout le malaise du Vieux continent" et que "les eurosceptiques avaient souvent raison tandis que les euroenthousiastes s'égaraient". Il est désormais possible de critiquer ouvertement "les faiblesses du traité de Lisbonne", "l'illusion d'une politique extérieure commune" et "l'inefficacité de Catherine Ashton". Il est également permis de "se demander qui sera le premier à quitter la zone euro" ou "combien de temps il reste avant que l'UE ne s'effondre" – et tout cela sans craindre d'être qualifié "d'illuminé". "Si le gouvernement polonais n'a pas grand chose à dire au cours des 6 prochains mois, les Européens auront eux de plus en plus de chose à dire. Et c'est très bien ainsi", conclut Magierowski.


DSK : LE RETOUR !!

Tristane Banon au sujet de DSK : "Je l'ai harcelé"...

En 2003, Tristane Banon publie le livre Erreurs avouées. Deux chapitres décrivant sa rencontre avec l’ex directeur du FMI sont retirés. Le Parisien publié quelques extraits du "Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn", où Michel Taubman dévoile ces phrases et on découvre qu'elle n'évoque aucune agression physique.

En février 2007, la jeune journaliste Tristane Banon avait raconté dans l'émission de Thierry Ardisson sur Paris Première avoir été victime, lors d’une interview, d’une agression sexuelle de la part de Dominique Strauss-Kahn, qualifié de « chimpanzé en rut ». Forcément son livre, Erreurs avouées, publié en 2003 avait alors été étudié de près car le lecteur d'alors espérait y trouver tous les détails de cette présumée agression. Que nenni. Le chapitre où devait se trouver cette fameuse histoire, retiré sous la pression des proches de Dominique Strauss-Kahn, ne fait pas mention d'agression sexuelle.

« Ce que je veux, c'est m'en aller »

Car ce chapitre, jusqu'alors secret, a été dévoilé par Le Parisien qui publie quelques extraits du livre du journaliste Michel Taubman, Le Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn aux éditions du Moment qu'il a réactualisé. Banon y évoque sa rencontre avec l'ancien directeur du FMI, mais ne parle à aucun moment d'une quelconque agression physique. Voici quelques unes des phrases-clés : « Je n’ai rien vu venir, je l’ai harcelé, même », écrit Tristane Banon, qui avait insisté pour rencontrer Dominique Strauss-Kahn. L'ancien directeur du FMI y est décrit comme dragueur : « Quand vous reverrai-je? » demande-t-il à Tristane Banon à la fin du premier entretien. Puis, elle raconte : « Il me propose un café, de se revoir. Moi tout ce que je veux, c’est m’en aller. Je finirai par y arriver… Une demie heure plus tard, moyennant une promesse de retour que je ne tiendrai pas. »
 Les avocats de Nafissatou Diallo vont sûrement se procurer ce livre aux premières heures de ce jeudi pour tenter de décrypter chaque phrase et surtout trouver le moindre indice.
Voici l'interview de Tristane Banon donnée à Agora Vox où elle explique sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn :

lundi 4 juillet 2011

Standard and Poor's menace de déclarer la Grèce en défaut de paiement

L'agence estime que les plans de participation du privé mettraient probablement Athènes en "défaut" avec le risque de déstabiliser d'autres pays.

  Le gouvernement grec s'est refusé lundi à commenter "les hypothèses d'agences spéculatrices", après la menace de Standard and Poor's de considérer comme un défaut de paiement les projets de soutien à long terme de la dette grecque. "Nous ne pouvons pas suivre les hypothèses et conclusions d'agences spéculatrices. Il y a en cours un programme européen de prêts au pays, et nous en restons là", a affirmé le porte-parole du gouvernement, Ilias Mossialos, invité lors de son point de presse quotidien à commenter l'annonce de S&P.
Sur le fond, soit le schéma proposé il y a une semaine par les créanciers privés français pour alléger le fardeau de la dette de la Grèce, Ilias Mossialos a réitéré que "les gouvernements n'ont pas à intervenir dans des discussions concernant la participation volontaire" d'institutions privées. "Notre position sur les agences de notation est connue, tout comme le sont les interventions de la Grèce auprès de la Commission européenne (...) pour la création d'une agence européenne de notation", a ajouté Ilias Mossialos. Athènes a souvent accusé les agences, qui ont multiplié ces derniers mois les dégradations de sa note souveraine au point d'en faire un des pays les plus risqués au monde pour les investisseurs, de se livrer à des manoeuvres spéculatrices.
Répétition
Les analystes de S&P ont fait savoir lundi que les scénarios envisagés par l'UE pour assurer la viabilité à long terme de la dette grecque seraient probablement assimilés par l'agence à un "défaut de paiement", que tentent justement d'éviter les Européens. L'agence a rouvert le feu juste au moment où les marchés se détendaient sur la Grèce, après le déblocage ce week-end d'une nouvelle tranche vitale du prêt UE-FMI consenti au pays en 2010, en contrepartie de l'adoption par le parlement grec d'un rigoureux plan d'austérité et de privatisations sur cinq ans.
Ce scénario se répète quasiment à chaque fois que l'Europe fait un pas en avant sur l'aide au pays en difficulté, l'une ou l'autre des agences de notation dégrade, en général de plusieurs crans d'un coup, entraînant dans son sillage le reste des marchés financiers.

Des vacances d'été moins longues pour les élèves?

Moins de vacances estivales et plus de congés à l'automne : telle est l'une des principales mesures préconisées par le comité de pilotage sur les rythmes scolaires qui remet ce lundi ses propositions au ministre de l'Education Luc Chatel.
Le gouvernement, qui se donne du temps pour trancher ce dossier délicat, entend réformer le rythme de travail des élèves, qui, selon plusieurs études, sont plus fatigués et donc moins performants que leurs voisins européens.
La Conférence nationale sur les rythmes scolaires, installée en juin 2010, soulignait en juin dans un pré-rapport "la semaine épuisante" des élèves du primaire, les "journées trop longues et fatigantes", ainsi que le déséquilibre de l'année scolaire avec des congés d'été jugés trop longs.
Le rapport définitif, fondé notamment sur les réflexions des organisations de parents et d'enseignants, recommande de jouer sur plusieurs leviers dont le principal est aussi le plus sensible politiquement : la durée des vacances d'été.
Les auteurs évoquent avec prudence la possibilité de raccourcir de deux semaines la pause estivale, ou l'hypothèse d'un découpage en zones géographiques, comme c'est le cas pour les vacances de février et Pâques.
SEMAINE DE QUATRE JOURS ET DEMI
Luc Chatel avait estimé le 23 juin que cette dernière mesure pourrait être "une réponse à l'inquiétude". Un message à l'adresse notamment des professionnels du tourisme qui craignent de perdre le bénéfice des mois de juillet et août.
Les spécialistes considèrent que des vacances trop longues compromettent les chances des enfants défavorisés, qui perdent leurs acquis pendant les deux mois d'été.
A contrario, et dans un souci de rééquilibrage, le rapport prône un allongement des vacances de la Toussaint, pour alléger le premier trimestre, de dix à quinze jours.
Pour alléger la cadence, le document propose également de repenser la semaine de travail, notamment dans le primaire. Un presque consensus se dessine pour revenir à la semaine de quatre jours et demi en primaire. Le mercredi matin serait travaillé, plutôt que le samedi. Les élèves verraient ainsi leur charge de travail étalée sur 180 à 200 journées par an, contre 144 actuellement.
La durée de la journée pourrait aussi être modulée, afin de respecter "les biorythmes de l'enfant". Le rapport juge par exemple que quatre heures de classe suffisent pour les élèves de CP et de CE1. Six heures pour les collégiens et sept heures pour les lycéens.
L'exécutif avance avec circonspection sur le sujet.
Le 21 juin dernier, Nicolas Sarkozy avait marqué sa volonté d'"ouvrir le débat sur les rythmes scolaires", sans aller plus loin. Luc Chatel, pour sa part, avait déclaré le 23 juin que si décision il y avait, les mesures choisies n'entreraient en vigueur "au mieux" que "pour la rentrée 2013 ou 2014", sur une base "progressive".

La corruption en Russie équivaudrait à la moitié de son PIB

En Russie, l'équivalent de la moitié du PIB va dans les poches de fonctionnaires corrompus, affirme un rapport indépendant publié lundi 16 août, réalisé entre le 2 juillet 2009 et le 30 juillet 2010 par l'Association des avocats pour les droits de l'homme.
En se fondant sur les statistiques officielles et des témoignages, récoltés parmi les 6 589 plaintes recueillies par l'association, cette enquête conclut que "le marché de la corruption représente 50 % du PIB" et que le montant moyen d'un bakchich a doublé depuis le début de l'année 2010 pour atteindre 44 000 roubles (1 500 euros).
DES CHIFFRES CONFORMES AUX ESTIMATIONS
Ce montant peut néanmoins rapidement monter pour certaines formes de corruption, de l'achat d'un poste dans la police routière (pour 40 000 euros) ou de procureur dans un parquet de district (pour 7 800 euros) jusqu'à l'emploi "d'intermédiaires" pour que soit rendue une décision de justice favorable (26 000 euros environ).
Le rapport note egalement que les revenus des inspecteurs de la police de la route atteignent environ 3 900 euros grâce à la corruption, alors que le salaire moyen mensuel est inférieur à 600 euros. "Les métiers les plus prestigieux sont ceux où la corruption est stable", souligne le texte.

"Ces chiffres correspondent à nos estimations", a déclaré un responsable de Transparency International, rappelant que la Russie occupait la cent quarante-sixième place des cent quatre-vingts pays figurant dans un classement allant du moins au plus corrompu.

La pauvreté gagne du terrain en Russie

Le nombre de Russes qui vivent sous le seuil de pauvreté a bondi au premier trimestre 2011 de 26,5 %, soit 4,8 millions de personnes, par rapport au quatrième trimestre 2010, et de 11,2 % par rapport au premier trimestre 2010, pour s'établir à 22,9 millions de personnes, selon des chiffres du service russe des statistiques (Rosstat).
Au total, sur les trois premiers mois de l'année, 16,1 % de la population russe vivait sous le seuil de pauvreté officiel. Le minimum vital, déterminant ce seuil, était fixé entre janvier et mars à 6 473 roubles (160 euros) par mois, en hausse de 9,7 % par rapport aux trois mois précédents.
ENVOLÉE DES PRIX ALIMENTAIRES
Cette augmentation est due à l'envolée des prix alimentaires et des services, soulignent les quotidiens Vedomosti et Novye Izvestia.
L'inflation s'est déjà établie depuis le début de l'année à 5 %, une hausse qui pèse sur le revenu réel disponible des ménages russes, qui lui, selon des estimations révisées de Rosstat, a baissé en mai de 5 % sur un an.
Pour Mikhaïl Deliaguine, directeur de l'Institut des problèmes de globalisation, interrogé par Novye Izvestia, cette tendance est inquiétante dans la mesure où elle intervient dans un contexte de reprise économique. "Le nombre de pauvres augmente aujourd'hui alors que les prix du pétrole sont élevés, il n'est donc pas possible de mettre cela sur le compte de la dégradation de la conjoncture", a-t-il déclaré.

Athènes sous “protectorat” de l'UE

To Ethnos, 4 juillet 2011
"Les émissaires de Bruxelles arrivent", titre le quotidien de centre gauche To Ethnos qui rapporte en Une les déclarations du président de l'Eurogoupe publiées le 3 juillet par le magazine allemand Focus. Jean-Claude Juncker a mis les choses au clair : le pays est sous tutelle économique et budgétaire. Maintenant que le plan de rigueur 2012-2015 a été adopté par le Parlement, et que l'UE a donné son feu vert pour l'octroi d'une nouvelle tranche de 12  milliards d'euros du prêt accordé à la Grèce l'année dernière, "les Européens veulent des résultats". "Une forme de protectorat se met donc en place avec des émissaires qui devront contrôler avant tout l'application du programme de privatisations. Ils attendent rapidement un geste fort", écrit le quotidien.

Le commentaire politique de Christophe Barbier




La Grèce bientôt en liberté surveillée ?

Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, veut que la Grèce, en contrepartie de l'aide de 12 milliards d'euros, accepte l'intervention étrangère.

Bien qu'obligés d'aider le mauvais élève, certains membres de l'Union Européenne comptent bien faire sentir à la Grèce qu'elle leur est redevable. Bien sûr, on avait déjà vu le FMI conditionner ses aides à la mise en place d'un plan d'austérité. Mais, ce dimanche, Jean-Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois est allé plus loin dans une interview accordée au magazine allemand "Focus".

"La souveraineté de la Grèce sera énormément restreinte", a-t-il confié "Par exemple, pour faire face à la prochaine vague de privatisations, il leur faudra adopter un système se fondant sur le modèle de la Treuhand allemande", un organisme créé en 1990 pour superviser la privatisation des entreprises est-allemandes après la chute du mur, a souligné M. Juncker , président de l'Eurogroupe.

Conscient de la sévérité de ses propos, il a ajouté : "Il ne faut pas offenser les Grecs. Mais on doit les aider. Ils se sont dits eux-mêmes prêt à accepter l'aide d'experts de la zone euro". Il a rappelé qu'entre "1999 et 2010 les salaires avait grimpé de 106,6%" alors même que l'économie ne s'était pas développée au même rythme et que la politique salariale avait été "totalement hors de contrôle" et n'avait pas du tout tenu compte de la productivité".

Parmi les mesures à prendre en priorité, Jean-Claude Juncker cite les privatisations qui doivent "commencer immédiatement".

Concernant les autres pays d'Europe, il estime qu'il n'existe pas de "danger" de voir l'Espagne, l'Italie et la Belgique sombrer dans une crise financière semblable à celle que connaît la Grèce. Il affirme également que l'Irlande et le Portugal se trouvent "sur la voie d'un retour vers les marchés de capitaux".

Défaut grec : deux enjeux, cinq arbitres

Pourquoi la prise de position de S&P ce matin, qui considère que le «plan français» pour la dette grecque pourrait être qualifié de défaut de paiement d'Athènes, est importante.

La Grèce ne doit sous aucun prétexte faire défaut sur sa dette. Cet objectif est tellement asséné par les autorités politiques et monétaires européennes qu'il est devenu un postulat, dont on a tendance à perdre de vue les vrais enjeux.
En fait, il y a, principalement, deux conséquences d'un éventuel défaut grec qui font peur à l'Europe. Première conséquence, directe et immédiate: une situation de défaut, même partiel, entraînerait la note de la dette souveraine grecque à de telles profondeurs de l'échelle de notation des agences de rating que le pays ne serait plus «éligible» aux guichets de la BCE. Autrement dit, la Banque centrale européenne, sauf à fouler aux pieds ses principes et sa réputation, ne pourrait plus accepter de titres grecs en garantie des financements qu'elle accorde aux banques. Premières touchées: les banques grecques. Outre qu'elles devraient constater, comme les autres mais des proportions infiniment supérieures, des pertes sur leur portefeuille d'obligations d'Etat, elles seraient à toute vitesse privées de ressources. C'est la faillite assurée, et dans un laps de temps très court.
Second enjeu: le stigmate. Les créanciers internationaux ont la mémoire plus longue qu'on en le croit. Des pays qui ont fait défaut dans les années 1980 le paient aujourd'hui encore par un surcoût sur leurs financements. Introduire la possibilité d'un défaut de paiement au sein de la zone euro risque de se traduire par un renchérissement des taux d'intérêt dans toute l'Union, en commençant bien sûr par sa périphérie.

Cinq arbitres pour trois types de défauts possibles

Mais au fait, qui jugera si la Grèce se trouve ou non en situation de défaut de paiement quand la dette de celle-ci sera réaménagée? Le «défaut de paiement» n'est pas, contrairement à ce qu'on pourrait croire, une notion clairement établie. On peut en fait distinguer trois types de défauts, et encore plus d'arbitres qui auront à prendre position:
Le défaut peut être une notion comptable. Il est alors caractérisé par le constat d'une dépréciation des obligations dans les bilans des banques, même quand celles-ci ne sont pas inscrites à leur valeur de marché. Qui en décide? Les commissaires aux comptes, guidés par les normes comptables édictés par l'International Accounting Standards Board, un organisme professionel et indépendant basé à Londres.
Le défaut est aussi caractérisé quand il constitue un «évenement de crédit» qui provoque le paiement des CDS (credit default swaps), ces produits dérivés qui font office de contrats d'assurance sur les obligations souveraines. Et ici, c'est l'ISDA (International swaps and derivatives association) qui juge s'il y a ou non défaut. De nouveau, on a affaire à une organisation professionnelle, toujours basée à Londres.
Le défaut est un critère de l'échelle de notation des agences, dont les «ratings» sont toujours - même si les régulateurs s'en émeuvent - des opinions intégrées dans les textes prudentiels qui s'appliquent aux banques et autres gestionnaires de fonds. Pour ce défaut-là, trois arbitres sont principalement à la manoeuvre: S&P, qui a donc douché ce matin les espoirs de trouver un plan de réaménagement de la dette d'Athènes neutre à ses yeux, Moody's et Fitch.

La théorie du complot

La réalité est inacceptable, alors nions-la : après les attentats du 11 septembre 2001, les hypothèses les plus farfelues ont prospéré sur internet – et certaines y prospèrent toujours. C’est la CIA qui aurait organisé les détournements ; la destruction des tours jumelles aurait été provoquée non par les avions, mais par des bombes savamment placées à l’avance. Plus récemment, la mort de Ben Laden a suscité d’autres élucubrations qui se caractérisent par la négation des faits. Quand une nouvelle choque, rien de tel que la théorie du complot pour se protéger ! Dès l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn, des fidèles ont parlé d’une conspiration qui aurait eu pour but d’éliminer le favori des sondages à la présidentielle 2012. Sa libération sur parole, après six semaines d’enquête, les conforte et certains parlent, aujourd’hui, « d’attentat politique ».

L’histoire fourmille, certes, de complots. D’ici à dénoncer une collusion entre la direction d’un hôtel, la police de New York et des barbouzes parisiens, il y a de la marge… et beaucoup d’audace dans les raccourcis. Tout d’abord, DSK n’a pas été innocenté, vendredi : les charges qui pèsent sur lui demeurent. En outre, on ne connaît officiellement aucune des deux versions de ce qui s’est passé dans la suite du Sofitel : ni la femme de ménage, ni DSK ne se sont exprimés directement devant les médias. On reste sur le terrain mouvant des « fuites » de l’enquête, des intox des avocats des deux parties et des informations livrées au compte-gouttes par le parquet. Avant de parler de conjuration, laissons donc la justice faire son travail, d’autant qu’elle est plus rapide aux États-Unis qu’en France. La prochaine audience est fixée au 18 juillet.

Pour les fidèles de DSK, la théorie du complot n’est pas seulement une façon de laver l’honneur de l’homme. L’enjeu est avant tout politique, car si cette thèse progressait, elle entrouvrirait la porte d’un retour dans la bataille présidentielle. Comme l’a résumé hier Martine Aubry, personne n’oserait opposer un quelconque calendrier à Dominique Strauss-Kahn s’il décidait de concourir à la primaire. Problème : l’appétit sexuel hors normes de DSK et son goût du luxe sont désormais de notoriété publique. Et ils ne cadrent pas du tout avec le profil d’un vainqueur de l’élection suprême. Le retour de DSK ne pourrait que compliquer encore une donne déjà très confuse au Parti socialiste.

Qu’elle était verte ma primaire

Voici le premier crash de l’élection présidentielle, heureusement qu’il ne s’est pas produit au-dessus de la forêt amazonienne. Là où la victime, jadis, batifolait en montgolfière pour les caméras d’Ushuaïa.

L’accident a eu lieu dans la verte primaire, autre sorte de jungle hostile à l’étranger. Nicolas Hulot y a subi un tel revers, au tour de chauffe, qu’on l’imagine mal l’emporter à l’arrivée le 12 juillet. Désire-t-il poursuivre l’aventure, d’ailleurs, laminé par un débat interne qui tourna au procès en sorcellerie ? Lui, si souple et populaire, n’a pas pesé lourd face à la sévère Eva Joly qui semble toujours prête à inculper la terre entière. Le parti EELV, avec son sigle à coucher dehors, préfère visiblement l’austérité à l’empathie.

L’ex-animateur a promis, hier, qu’il n’irait pas voir ailleurs après sa prévisible défaite. Du côté de Jean-Louis Borloo, pourtant, on l’accueillerait volontiers.

À défaut de vacances, M. Hulot a pris une leçon. En politique, au-delà des arguments, l’agressivité permet de s’imposer. Et les pires “coups bas” ne proviennent pas de l’adversaire.

Plutôt que d’en retirer trop d’amertume, le néophyte cultive l’autodérision. Ainsi, à l’hypothèse d’un futur “ticket” avec l’aimable Eva : “Je ne suis pas sûr qu’elle souhaite avoir à ses côtés un suppôt de la droite et des multinationales.” Douce ironie que certains, dans son propre camp, s’empresseront de prendre au pied de la lettre…

Le PS et le poison DSK

DSK était la chance du PS pour 2012. Sera-t-il son poison mortel?

L’ancien favori des sondages est-il, pour son camp, plus dangereux libre qu’en résidence surveillée? Au-delà de l’acquittement de leur champion qu’ils considèrent déjà comme acquis, les amis de l’ancien directeur général du FMI se reprennent à envisager son retour triomphal en France. A les entendre, les compteurs de la popularité, dopés par l’effet victimisation, pourraient être remis à leur niveau du 14 mai - avant le déclenchement de l’affaire - et le rêve de la conquête de l’Elysée pourrait reprendre là où «Dominique» avait été contraint de l’abandonner, dans la suite 2806 du Sofitel Manhattan.

Cette probabilité semblait pourtant du domaine de la chimère. Après tout, l’opinion avait tourné la page plus facilement et plus rapidement que prévu en faisant de François Hollande ou de Martine Aubry des candidats de substitution capables de rassembler sur leurs noms autant sinon plus d’intentions de vote que n’en captait l’homme providentiel déchu. C’est ce rétablissement presque miraculeux que le PS semble prêt à remettre en jeu aujourd’hui, conforté par les derniers sondages qui montrent, contre toute attente, qu’une majorité de Français - ou presque - souhaiterait le retour de l’ancien directeur du FMI dans le jeu politique français.

La seule spéculation sur ce qui n’est encore qu’une faible éventualité révèle le degré d’indécision et de division de la famille socialiste. La Première secrétaire Martine Aubry n’a même pas eu le temps de conforter sa candidature toute neuve que son aventure est déjà dévalorisée, ravalée au rang d’ersatz de celle de son ami «Dominique».

Cette hésitation générale est malsaine. Elle dénote une immaturité qui ne peut qu’altérer l’image du principal parti d’opposition. Mais surtout, elle ignore le repli d’un DSK qui avait tout de même perdu 24 points dans les indices de confiance. Au-delà du soupçon de viol, le train de vie pose problème: la Porsche, les avocats à des milliers de dollars la journée, l’appartement extravagant, les assiettes de pâtes aux truffes à plus de 100 euros pièce et surtout les révélations sur une vie sexuelle extra-conjugale apparemment frénétique et souvent tarifée. Comment un pays en crise comme l’est la France pourrait-il s’identifier à un homme si loin de ses réalités sociales et de son quotidien? Dans une campagne, son incontestable brio et son pouvoir de séduction exceptionnel ne pourraient suffire à tout justifier.

Le PS aurait dû avoir le courage, salutaire, d’écarter fermement - fût-ce poliment - toute possibité d’un retour de DSK dans la course. Au lieu de celà, les doutes et le flottement affichés sur l’éventualité d’un report de la date de clôture des candidatures à la candidature alimentent un peu plus encore la confusion. Dégâts importants à prévoir...

Rythmes


Le marronnier fleurit chaque printemps dans la nature, et toute l’année dans l’actualité. C’est un genre à part entière, facilement recyclable, qu’on peut resservir sans presque rien changer. Ainsi des rythmes scolaires, objet aujourd’hui d’un nouveau rapport. Et que nous dit-il ? Les bambins, pour leur santé, devraient avoir des journées de travail plus courtes, avec davantage d’activités d’éveil, et des vacances d’été moins longues… Des évidences déjà énoncées par mille rapports, et qui ne changeront rien aux rythmes scolaires. Car avant de penser à la santé des élèves, il faut s’occuper des enseignants, des professionels du tourisme et des parents. Parents au plus que pluriel, d’ailleurs, puisqu’on justifie maintenant les vacances longues par les contraintes des familles recomposées — recomposées par décision des adultes, pas des enfants. Mais l’égoïsme des adultes serait-il sans limite ?

La Grèce, la Pologne et nous.

Alors que la crise grecque semble s’éloigner, l’arrivée, à la présidence tournante de l’Union europeenne, de la Pologne, renvoie aux liens étroits et mystérieux entre la monnaie et la défense dans toute l’histoire humaine.
De tout temps, il a en effet été établi qu’aucun ensemble de pays, ne peut rester durablement rassemblé s’ils ne ressentent pas la nécessité d’une défense commune, seule motif indiscutable pour regrouper des moyens.
En particulier, l’Histoire des Etats-Unis le démontre : en 1783, après la fin de la guerre d’indépendance, les Etats Unis sont restés pendant 5 ans gouvernés par une sorte de Confédération floue, dans laquelle chaque Etat conduisait indépendamment sa politique commerciale et sa politique étrangère. Quand éclata en 1787, une révolte au Massachusetts, difficilement matée par les autorités de l’Etat, chacun compris que les forces locales ne suffiraient pas à écarter l’inévitable déferlement des garnisons britanniques encore en place autour des Grands lacs, ni à protéger les bateaux américains contre les pirates d’Europe. Il fallait pour cela un gouvernement fédéral et une armée, qu’organisa la constitution de 1788 ; mais, dans les premières années, faute de lever l’impôt, le pays n’eut aucun moyen de financer sa défense ni de rembourser les emprunts faits en Europe pour financer la guerre d’indépendance. Sa monnaie s’effondra. Quand, en 1790, la menace anglaise se fit plus pressante et que le risque de faillite plus immédiat, les fondateurs des Etats-Unis, se dotèrent d’une capitale fédérale et émirent des Bons du Trésor. En 1794, la révolte de quelques centaines de distillateurs de whisky qui refusaient de payer une taxe pour financer la dette publique fut aisément matée par une armée fédérale de 10.000 hommes. Plus tard, c’est toujours à l’occasion de menaces externes ou internes que le gouvernement fédéral américain a pu consolider l’Etat et unir la nation. Aujourd’hui, selon la même logique, l’abyssale crise financière américaine, largement provoquée par des dépenses militaires, ne sera résolue que par l’émergence d’une menace militaire nouvelle, (au Moyen Orient ou en Mer de Chine) qui justifiera les nouveaux impôts nécessaires.
L’Europe d’aujourd’hui est dans la même situation que l’Amérique de 1790 : à la croisée des chemins. Elle ne trouvera pas sa stabilité sans un budget commun, capable de financer ses dettes. Ce budget ne pourra etre justifié que par la perception de la nécessité d’une défense commune. Et donc d’une menace commune.
Or, la situation de la Pologne le montre bien : ce n’est pas acquis. La Pologne ne se sent pas intimement liée à un ensemble européen, qui considère la Russie comme un allié, alors qu’elle la considère comme une menace. Aussi n’est elle pas, en particulier, spécialement pressée de rejoindre l’euro.
La résolution des problèmes de dettes de l’Europe ne pourra donc avoir lieu sans une réflexion approfondie sur la nature des menaces qui pèsent sur le continent et sur la nécessité de regrouper des moyens pour s’en protéger. Aussi longtemps que les Européens ne comprennent pas que ce qui menace les uns menacent aussi les autres, que, dans le monde à venir, la menace est globale, planétaire, et qu’ils auraient tout à gagner à regrouper leurs moyens de défense, trop faible, trop fragile, ils ne mettront pas en commun les ressources nécessaires.
A moins qu’une menace, plus ou moins imaginaire, venue du Sud ou de l’Est, ne les contraignent à faire les pas qu’ils n’osent encore faire ensemble. Tres dangereuse conjoncture : L’Histoire devient tres périlleuse quand la tension militaire y devient une nécessité logique et financière.

Jacques Attali

Affaire DSK : «Il n’a pas donné une image très positive ces derniers temps»

Copé se tait, Jouanno juge, Bayrou toujours sidéré, Collomb pour un report de la primaire socialiste... Et Strauss-Kahn qui file au resto.

Les réactions continuent après les derniers rebondissements de l'affaire DSK. Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, a déclaré dimanche qu’un éventuel retour de DSK dans la vie politique française était «l’affaire de la gauche». «Je ne peux pas avoir des interprétations sur le comportement de tel ou tel de nos adversaires politiques», a déclaré Copé, invité du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd’hui en France.
Il n’a pas souhaité réagir à la déclaration, un peu plus tôt dimanche sur Europe 1, de la ministre des Sports Chantal Jouanno sur Strauss-Kahn: «Il n’a pas donné une image extrêmement positive ces derniers temps, entre ses goûts de luxe et d’autres sujets».
Le député PS de l’Eure François Loncle, proche de Dominique Strauss-Kahn, a été plus loin dans le commentaire. «Tout n’est pas clair dans le comportement des dirigeants du Sofitel (…) et il peut y avoir eu des connexions entre le groupe Accor [propriétaire français de l’hôtel Sofitel de New York] avant ou après l’affaire et peut-être certaines officines françaises», a-t-il déclaré sur France Info. «Moi je n’irai pas plus loin, ce n’est pas à moi de faire l’enquête» mais «je pense qu’il peut y avoir une version française comme il peut y avoir une version américaine de cette affaire», a ajouté le vice-président du groupe PS à l’Assemblée nationale.
Samedi, le président du Mouvement démocrate François Bayrou a dit aller «de sidération en sidération» après les derniers rebondissements de l’affaire Strauss-Kahn. «Seul un scénariste d’Hollywood aurait pu imaginer un tel scénario», a expliqué à la presse le leader centriste après la libération sur parole de l’ex-patron du FMI.
«Il faut relier cela à la société de l’information continue où tout flambe en permanence, un univers médiatique qui ne vit que par l’emballement et l’excès», a-t-il estimé. «Dans mon esprit, c’est la stupéfaction qui l’a emporté», a-t-il insisté. «Je n’étais pas parmi les complotistes mais là, je ne sais plus. Cela ne m’arrive pas souvent mais là, je l’avoue, je ne sais plus», a-t-il avoué.
Sur le plan politique, le sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb, proche de DSK et soutien de François Hollande dans la primaire socialiste, a estimé samedi sur Europe 1 que «la première étape» pour Dominique Strauss-Kahn, avant d’envisager un retour en politique, était de «se reconstruire lui-même». «Je pense qu’aujourd’hui, il est dans une situation qui est encore une situation d’attente. On voit bien que le procès n’est pas terminé même s’il vient de montrer que, vraisemblablement, l’accusation était totalement fausse dès le début», a-t-il déclaré. Collomb est favorable comme Hollande à un report à fin juillet ou fin août de la date-butoir pour le dépôt des candidatures à la primaire PS, actuellement programmée le 13 juillet. «A mon avis, il y a toutes les vacances pour faire en sorte que Dominique Strauss-Kahn réfléchisse à la situation, puisse reprendre pied dans la vie politique. Ensuite, il y sera ou il n’y sera pas. Mais on ne va pas évidemment reporter les primaires à janvier prochain, juste avant la présidentielle», a-t-il poursuivi.
La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot, a estimé en revanche, toujours sur Europe 1, que «le temps de la politique n’(était) pas venu (pour Dominique Strauss-Kahn), puisque le temps de la justice n’est pas terminé». Appelant à la «rigueur» et à la «sobriété», Duflot juge qu’il «faut se garder de tout commentaire, quel qu’il soit». «Il faut que les choses se terminent et se règlent le plus sereinement possible et que la justice finisse son travail aux Etats-Unis», a-t-elle dit en réclamant «la justice pour Dominique Strauss-Kahn et la justice pour cette jeune femme».

Des pâtes aux truffes

On ne sait pas encore ce qu'en pense l'intéressé lui-même, mais dès sa libération, Dominique Strauss-Kahn est aller fêter l'événement devant un plat de pâtes aux truffes. Vendredi soir, il était avec son épouse Anne Sinclair au Scalinatella, situé dans l’Upper East Side, un quartier de Manhattan, avec deux amis, un homme et une femme.
DSK et Anne Sinclair se sont montrés souriants à la sortie du restaurant alors qu’ils étaient mitraillés par les flashs des photographes. Ils n’ont pas répondu aux journalistes qui leur demandaient leur état d’esprit à l’issue de cette journée. Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair avaient quitté vers 19 heures (1 heure en France) leur domicile provisoire du quartier de TriBeCa, à Manhattan, pour une destination inconnue.
L’ancien ministre français peut donc aller et venir à sa guise, mais uniquement sur le territoire américain, la justice ayant conservé son passeport.

dimanche 3 juillet 2011

Colonel Chabert

Il était colonel de la Grande Armée, disparu à Eylau, réapparaissant dix ans plus tard à Paris, pour trouver son épouse remariée, ses biens accaparés et sa vérité effacée. Il s’appelait Chabert, héros balzacien, et il finit ses jours en reclus, ressuscité indésirable d’être mort trop longtemps.
Chabert avait perdu dix ans, Dominique Strauss-Kahn n’aura connu que six semaines d’enfer : mais six semaines, de nos jours, semblent valoir l’éternité. Rendu à la vie par la justice américaine, il perturbe déjà des camarades, inquiets qu’il puisse réclamer ce qui devait être sa place : la première. Ces "pas touche au calendrier de la primaire" sont mesquins et paradoxaux : alors que Martine Aubry a été une amie fidèle et attentive des Strauss-Kahn, ce sont ses partisans qui cadenassent la primaire : l’amie est aussi la remplaçante, et la politique ne rend pas gentil.

Cette histoire est stupide et logique à la fois. Stupide parce que précipitée : nul ne sait ce que voudra Dominique Strauss-Kahn totalement blanchi. Nul ne sait ce qu’il pensera, de lui-même et de nous et de nos bavardages, et des déballages crapoteux que sa tragédie a provoqués. Quelles seront chez lui les parts de la revanche et de la fatigue, de la force et du dégoût, de l’envie de tout reprendre et de la conscience de la vanité? En attendant, nous l’instrumentalisons à nos feuilletons et nos désirs. 
Ou à nos besoins?

C’est l’autre aspect du problème : le 28 juin dernier, deux jours avant son sauvetage, Dominique Strauss-Kahn avait vu le vieux monde poursuivre sa route sans lui ; le même jour, Christine Lagarde le remplaçait au FMI, Martine Aubry à la primaire, et la crise grecque atteignait le climax. Laissons ici Lagarde à sa chance. Mais restons sur Aubry, entrée en campagne dans un discours d’une gauche toute d’opposition et résolument gauloise, et ne trouvant pas un mot pour analyser l’austérité imposée au peuple grec par un gouvernement socialiste, lui-même contraint par l’Europe, elle-même tenue par la peur de l’effet domino de la faillite grecque.

C’est ici que Strauss-Kahn manquait, au-delà de la tragédie. En dépit de l’amitié et de tous les pactes, il était radicalement différent de Martine Aubry : à gauche, le seul homme d’État capable de rendre la France au monde ; ou au moins, le seul capable de structurer un projet politique sur les questions internationales et européennes. DSK disparu, la campagne socialiste était rentrée dans une bulle tricolore. DSK libre à nouveau, sa différence revient, et elle réveille l’envie d’ailleurs. Instantanément, en dépit de lui-même, et quoi qu’il en pense. Ce qu’il en fera lui appartient, et rien ne pourra contraindre un homme qui a failli se faire voler sa vie. Mais DSK le sait, et tous les socialistes : Chabert, ici, est un sujet politique.

Dérive médiatique

Tout accusé est présumé innocent. Ce fondement de la justice des hommes a été largement bafoué depuis le samedi 14 mai, jour où Dominique Strauss-Kahn a été jeté à la fois en prison et en pâture publique. Six semaines après, on ne sait pas si coupable il y a. Et comme aux États-Unis, le demi-mensonge n’est pas recevable, la "victime" est devenue plus que suspecte.

Pendant six semaines, la vie de DSK a été fouillée dans ses moindres recoins. Les médias du monde entier ont répondu avec précipitation à la curiosité de leur public, comme en témoignent les chiffres d’audience des journaux, radios, télévisions et sites Internet. Cette affaire est venue comme en point d’orgue de six mois vertigineux où l’histoire s’est écrite en direct : les révoltes arabes avec la chute de Ben Ali et de Moubarak, le tsunami japonais et l’accident nucléaire de Fukushima, la guerre en Libye, la mort de Ben Laden.
L’affaire DSK a permis d’éclairer et de poser des questions sur nos mœurs. Peut-être même de les faire évoluer. Celles des hommes publics et les abus que permettent leurs fonctions. Les rapports des hommes et des femmes dans nos sociétés, couverts par des décennies, voire des siècles de non-dits et de pratiques humiliantes.

En même temps, les médias s’emballent dans des prurits successifs. Un emballement accentué par une concurrence violente et une redistribution des rôles entre Internet, téléphone, télévision et presse écrite. À nous de rester fidèles aux faits et de respecter les personnes. À nous de ne pas tirer nos médias vers le bas même quand le public semble le demander. Et de garder le droit de dire simplement : nous ne savons pas.

Pourquoi DSK ne sera jamais jugé

Le très virulent procureur Cyrus Vance Jr se retrouve piégé par les mensonges de la femme de chambre du Sofitel. Un procès ne pourrait que virer au fiasco pour lui. Mieux vaut se résoudre au non-lieu. 
Même Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo, n’y croit plus. "Nous pensons que le procureur du district pose les fondements d’un non-lieu", a déclaré vendredi à la presse la star du barreau. Autrement dit, il n’y aura sans doute jamais de procès de Dominique Strauss-Kahn. Certes, la justice de New York maintien, à l’heure qu’il est, ses accusations contre l’ancien patron du FMI. Certes, Thompson tente toujours de soutenir sa cliente, répétant que celle-ci a bien été violée, donnant même des détails, très  crus, sur l’agression supposée : le ligament de l’épaule froissé, les seins empoignés, le vagin écorché, des bas arrachés…
Mais en dévoilant ces blessures, Thompson montre qu’il mise, lui aussi, sur une issue très rapide du procès pénal. "Son agressivité a pour but de faire peur à DSK, décrypte Ron Soffer, avocat inscrit au bureau de New York et de Paris. Il veut faire croire qu’il peut toujours engager des poursuites au civil. Il essaie aussi sans doute de préparer un arrangement financier secret avec la défense. Même si Strauss-Kahn est innocenté pénalement, il n’aura pas très envie de revenir dans six mois s’expliquer devant un tribunal sur l’épisode de la suite 2806".

L’abandon pur et simple des poursuites?

De l’avis général ou presque, DSK ne sera donc jamais jugé pour viol. Aux mesures décidées vendredi (caution rendue, bracelet électronique ôté mais passeport conservé),  devrait bientôt succéder une autre, bien plus symbolique: le non-lieu. "Beaucoup de chapitres de cette affaire extraordinaire restent à écrire, mais si les poursuites sont abandonnées, cela montrera que la justice fonctionne, estime l’ancien procureur Jacob Frenkel, chargé de délits de droit commun à La Nouvelle-Orléans. Il vaut mieux ne pas poursuivre un dossier insuffisamment solide que de condamner un innocent". Spécialiste des questions de justice sur la chaîne d’information continue CNN, l’ancien procureur adjoint Jeffrey Toobin ajoute : "Je crois qu’à ce stade, cette affaire va se terminer par un non-lieu. Il est difficile d’imaginer un procès où le témoin principal apparaît comme une fieffée menteuse. Je n’ai jamais vu une chose pareille, cette journée est l’une des plus extraordinaires de l’histoire de la justice criminelle des États-Unis".
Quand bien même Nafissatou Diallo aurait dit la vérité sur la seule agression sexuelle, comment imaginer, vu les derniers coups de théâtre, qu’un jury condamnerait Dominique Strauss-Kahn? "S’il y a procès, cette femme sera réduite en charpie lors des contre-interrogatoires", prédit Jacob Frenkel. L’accusation a désormais trois choix : continuer les poursuites avec une forte probabilité de perdre un procès où le jury ne sera jamais unanime ; poursuivre l’affaire en réduisant l’importance des chefs d’inculpation ; abandonner purement et simplement les poursuites. Aux yeux de tous, cette dernière hypothèse s’impose désormais. Pour l’accusation, la crédibilité du témoin est un effet la clé de voûte de la procédure. "Le travail de l’accusation est de présenter au tribunal un dossier dans lequel la culpabilité de l’inculpé est probable, sans doute raisonnable", raconte Ron Soffer. "Là, on est très loin du compte".
Le procureur a d’ailleurs déjà officiellement reconnu ses erreurs. Car, fait paradoxal, ce ne sont pas les dizaines de détectives privés recrutés par la défense qui ont apporté les éléments accablants pour l’accusatrice mais bel et bien le procureur lui-même. Après avoir défendu avec force pendant plus d’un mois le récit "crédible" de la victime  présumée, Cyrus Vance Jr. a ainsi dû communiquer à la défense des éléments d’enquête pouvant se révéler disculpatoires, comme l’y oblige la loi américaine.

"Il n’y a pas eu d’enquête suffisante"

Vendredi à l’issue de l’audience, le visage fermé et le teint blanc, il a reconnu devant les journalistes que si les preuves matérielles (ADN et vidéos) ne remettaient pas en cause le rapport sexuel entre l’ex-directeur du FMI et la femme de chambre du Sofitel, la parole de l’accusatrice n’était plus "crédible". Élu avec 91% des voix, le procureur est désormais dans l’oeil du cyclone. Plusieurs experts estiment que l’arrestation de DSK, le 14mai, est survenue trop rapidement après les faits. "Il n’y a donc pas eu d’enquête  suffisante, c’est inhabituel mais c’était dû au fait que Dominique Strauss-Kahn allait quitter le pays, il fallait agir vite", souligne l’un d’entre eux. Cela dit, le procureur Cyrus Vance aurait dû, de l’avis général, se dispenser de déclarer à la presse, comme il l’a fait, qu’il existait des preuves très sérieuses étayant les faits. "Il a tiré des conclusions trop rapides, il s’est laissé emporter par la frénésie médiatique", estime Jacob Frenkel.
"Tout ceci n’est pas bon pour le procureur Cyrus Vance, reconnaît le juriste Alex Reinert. Son bureau a déjà perdu récemment dans une affaire de viol présumé d’une femme par deux policiers qui ont été innocentés. Cette nouvelle affaire était très importante pour sa carrière et il ne peut pas se permettre de la perdre". Conclusion : mieux vaut abandonner les poursuites que de risquer une Berezina devant le tribunal. Certains spécialistes, comme l’avocat et ancien procureur de la Sex Crime Unit (l’unité chargée de
l’enquête dans l’affaire DSK) Matthew Galluzzo, imaginent désormais un non-lieu qui pourrait être prononcé avant même la prochaine audience, prévue le 18 juillet. Ensuite, une fois blanchi, Strauss-Kahn pourrait contre-attaquer, se retourner contre la ville de New York et lui intenter un procès en dommages et intérêts. L’ultime chapitre d’une affaire judiciaire folle et unique dans l’histoire.