dimanche 12 juin 2011
Ferry répond à ses "ennemis"
Mis en cause pour des accusations de pédophilie sur un ancien ministre et accusé d’avoir été payé pour des cours qu’il n’a pas donnés, Luc Ferry affirme dimanche dans Le Parisien qu'on cherche à "le discréditer pour étouffer l'affaire". "Je sais que j’ai des ennemis", répond-il.
"On cherche à faire croire que je suis un guignol". C’est ce qu’affirme dimanche Luc Ferry dans Le Parisien. L'ex-ministre de l'Education nationale du gouvernement Raffarin établit un lien entre ses accusations de pédophilie contre un ancien ministre et la polémique sur son absentéisme rémunéré à l'université Paris-VII. Il est convaincu qu'avec ces révélations "on cherche à [le] discréditer pour étouffer l’affaire. Le Canard enchaîné a révélé mercredi que Luc Ferry avait touché environ 4.500 euros mensuels net de l'université Paris-Diderot, pendant l'année 2010-2011, sans y donner de cours. Pour lui, cette histoire d'absentéisme, "totalement grotesque", sort "tout simplement parce qu'(il) a eu l'audace de briser un tabou" en accusant un ancien ministre d'actes pédophiles. Matignon rembourse, "rien d'anormal"
"Dans mon cas, je préside depuis 2005 le CAS (Conseil d'analyse de la société, rattaché à Matignon, ndlr) (...) Quand on est déchargé de service, c'est soit l'administration d'origine qui paie votre traitement, soit celle qui vous reçoit", explique-t-il. Il fait valoir que depuis septembre 2010 et l'application de la loi sur l'autonomie des universités", celles-ci ne peuvent plus mettre à disposition et rémunérer des professeurs "avec lesquels elles n'ont pas de convention".Ce qui est son cas, puisque Matignon et l'université Paris-VII n'ont pas de convention.Donc pour lui, il est normal que Matignon rembourse l'université. "On a voulu me discréditer en parlant d'emploi fictif" au CAS, se défend Luc Ferry. Matignon a annoncé vendredi soir sa décision de rembourser à l'université les salaires perçus, dans la mesure où il préside le Conseil d'analyse de la société (CAS), organisme rattaché au Premier ministre, et n'y perçoit aucun salaire.
Grèce : place de la Constitution, la nouvelle agora des « Indignés »
Une jeunesse qui peut changer l’avenir ?
Cela rend les choses compliquées pour le gouvernement de Yorgos Papandréou qui semble de plus en plus coupé de la réalité de la société grecque et dont les députés sont sommés de voter de nouvelles mesures imposées pour l’obtention d’un nouveau prêt, s’ils ne veulent pas être radiés du parti. Le chef de l’opposition, Antonis Samaras, a de son côté rompu le consensus politique en refusant de voter ces mesures tandis que le chef du parti de droite radicale LAOS étudie la possibilité de se retirer du Parlement.
Les médias ont dans leur ensemble commenté le mouvement des « Indignés » avec force éloges. On admire leur patience à occuper depuis des jours la place de la Constitution d’Athènes, et d’autres places. À manifester sans violence, sans couleur politique, à ne brandir que le drapeau national grec, parce que leurs salaires ont été amputés, ou que leur école ou leur hôpital manquent de ressources, parce qu’ils ont perdu leur emploi, parce qu’ils ne trouvent pas de travail, parce que leur vie se dégrade. À se mobiliser par milliers pour revendiquer un avenir meilleur. Toutes ces places pleines de monde renvoient l’image d’une jeunesse énergique, d’un collectif, d’une solidarité. Est-ce que, comme le promettent avec enthousiasme certains des participants, ce mouvement peut changer les choses ?
Il est encore trop tôt pour le dire. On ne peut cependant pas nier que ces jeunes « Indignés », qui revendiquent si fort leur différence, dans le ton et la manière dont ils manifestent, vis-à-vis des partis et des syndicats, partagent entre eux un point commun de taille : ils exigent le départ du Mémorandum, de la troïka, du gouvernement, des politiques « voleurs », pensant que de cette façon on surmontera la catastrophe, on vivra mieux, comme avant. Apparemment donc, le refus de comprendre comment notre État en est arrivé à la faillite ne se limite pas aux partis et aux syndicats.
La crise, la responsabilité des Grecs
Ainsi, on peut trouver dans ces manifestations l’enseignant qui refuse d’être évalué, le chef d’entreprise qui évite d’éditer des factures, l’étudiant qui prend le métro sans ticket, sans prendre conscience qu’avec ces pratiques ils nuisent les uns aux autres et à l’ensemble de la société. […] Pendant toutes ces années où l’on a pu dire que le pays connaissait un fort développement, on bénéficiait de prêts à l’envi, personne n’a lutté contre les inégalités de salaires, parmi les plus fortes en Europe, ni contre la fraude fiscale, ni contre la corruption. Et surtout, nous n’avons pas soutenu notre base de production, nous ne l’avons pas élargie, pas rendue plus rentable, rien n’a été fait contre le chômage des jeunes pour créer de nouveaux emplois, meilleurs si possible.
Et ce, par la faute des politiques, sans aucun doute, mais aussi parce que les citoyens ont toléré ce système, et parfois y ont participé directement (tous ceux qui reçoivent ou demandent des dessous de table, par exemple, ou tous ceux qui ont empêché des investissements), poussés par des intérêts mesquins, par indifférence, par ignorance.
Ce n’est pas l’Union européenne qui nous sortira de la crise de la dette. Ce n’est pas la troïka qui nous en sortira non plus, ni aucun gouvernement grec, sans que n’interviennent des changements très importants dans les pratiques économiques et sociales du pays, et dans la redistribution de la richesse nationale. […] Sans aucune participation active, sans expression collective d’initiatives de citoyens, lois et décrets ne suffisent plus pour réussir les « réformes structurelles » et le coût pour la société est beaucoup plus lourd. Les citoyens ont brillé par leur absence pendant la première année du mémorandum, mais aujourd’hui, sur les places, on voit les premiers signes d’une autoorganisation, née sur le terreau d’une colère bien compréhensible. Ne la méprisons pas. La route sera longue.
Une dame d’un certain âge me crie dans les oreilles : « Journalistes, tous des voyous à la solde du gouvernement ! » (…) Puis s’ensuivent les slogans (« voleurs ! voleurs ! ») et des gestes d’insultes en direction du Parlement, puis des mots injurieux à l’égard du Premier ministre, du Parlement, du gouvernement. Tout le monde souligne le caractère pacifique des manifestations des Indignés. Il faut alors supposer que les potences qui se balancent devant la tombe du Soldat inconnu (face au Parlement) ne sont là que pour la décoration. Une blague circule à ce sujet sur Internet : « C’est pour que les politiques fassent de la balançoire »[...]
Deux types d’« Indignés » place de la Constitution
La vérité, c’est que la place de la Constitution a commencé à se partager en deux. Dans la partie haute de la place on trouve les Indignés de l’intérieur, drapeaux grecs sur les épaules, qui psalmodient l’hymne national, luttent avant tout pour la sauvegarde de la souveraineté nationale et demandent que ceux qui l’ont bradée soient punis. Et il y a les Indignés de l’extérieur, qui suivent l’exemple des Espagnols, qui ont planté leurs tentes sur la partie basse de la place et organisent des meetings et des votes.
Les nationalistes du haut ne voient pas d’un bon œil les idées de démocratie directe défendues par ceux d’en bas, qui ont par exemple, lundi, voté pour l’abolition des machines à valider les tickets de métro et organisent des consultations électorales de plus en plus larges et un rien utopiques : que gouvernements, banques et troïka s’en aillent. Mais pour faire venir qui ? Chuck Norris ? [...]
L’attraction populaire de cette insurrection est très inquiétante. Jamais un mouvement dressé contre l’ordre établi n’aura autant comblé les attentes de cet ordre établi. Le métropolite de Thessalonique Anthimos est aux côtés des Indignés et active la sonnette d’alarme de la mondialisation, Mikis Theodorakis s’adresse aux « patriotes » (sous-entendant que les membres du gouvernement ne le sont pas), le maire est avec eux, même le porte-parole du gouvernement leur fait de l’oeil. Parallèlement, la plupart des media montre les manifestations quotidiennes.
« La révolution ne passera pas à la télévision », chantait Gil Scott-Heron, père du rap, mort le 27 mai. Dans le cas des Indignés, c’est le contraire. Très vite, les Indignés vont se voir proposer des sponsors et leur « révolution » sera soutenue par une entreprise désireuse d’assoir sa popularité. Certains parlent de « reconquête de l’espace public », mais par un groupe de petits-bourgeois mécontents et de passants qui s’ennuient. Ils ont l’impression de revenir au temps de l’antique agora [...], mais la révolution a surtout été adoptée par les commerçants : la bouteille d’eau a augmenté de 20 centimes sur la place de la Constitution depuis le début de la révolution. La seule certitude est que la foule a chassé les skaters de la place. La wasted youth a été exilée de nouveau
FMI: un 3e candidat se déclare
Le gouverneur de la Banque d'Israël, Stanley Fischer, a annoncé hier qu'il était candidat au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). "Une opportunité unique, non planifiée et qui n'arrive qu'une fois dans la vie s'est présentée pour être candidat à la tête du Fonds monétaire international, et, après l'avoir examinée, j'ai décidé que je voulais la saisir", a déclaré M. Fischer dans un communiqué. "Je pense que je peux apporter ma contribution au FMI et à l'économie mondiale dans cette période après la crise", a ajouté cet ancien directeur général adjoint du FMI (1994-2001).
M. Fischer, qui a en outre occupé des postes importants au sein de la Banque mondiale et du géant financier Citigroup, est un économiste universellement respecté, l'une des personnalités les plus populaires d'Israël. Il est crédité des succès remportés ces dernières années par l'économie israélienne qui a encaissé sans dommage le plus gros choc de la crise.
Un candidat de compromis
Selon les commentateurs israéliens, Stanley Fischer est un candidat de compromis qui pourrait gagner la course s'il n'est pas possible de départager Mme Lagarde et M. Carstens. Dans son communiqué, M. Fischer a reconnu que sa candidature était confrontée à "un processus complexe et de nombreux obstacles". Selon les règles du FMI, le candidat à sa direction doit être âgé de moins de 65 ans. Le gouverneur central israélien aura 68 ans en octobre.
Par ailleurs, le fait qu'il soit Israélien ne le rendra pas forcément populaire auprès du monde arabe ou des pays en voie de développement, généralement pro-palestiniens.
Américain, il a pris la nationalité israélienne avant d'accepter de devenir le patron de la Banque d'Israël, où il a débuté son deuxième mandat de cinq ans en mars dernier.
"Le poste de directeur du FMI va à M. Fischer comme un gant, aussi bien en raison de son éducation et de l'énorme expérience qu'il a acquise au sein du FMI, la Banque mondiale, que des six ans au cours desquels il est devenu un atout pour l'économie israélienne en tant que gouverneur de la Banque centrale", a affirmé le ministre israélien des Finances Youval Steinitz dans un communiqué.
Quelques décideurs voient déjà en elle le «Brésil de l’Europe». Pas étonnant! Avec une croissance autour de 9% l’an dernier, une inflation modérée - bien qu’une «surchauffe» soit à craindre - et un taux de chômage équivalent à celui de la France, la Turquie se classe dans le peloton des vingt économies mondiales. Sans grand endettement et sans avoir souffert de la crise financière... En dix ans, le Produit intérieur brut par habitant a plus que triplé, passant de 3 000 dollars à près de 10 000. Une sécurité sociale digne de ce nom fonctionne, ports, aéroports et autoroutes sortent de terre. D’immenses usines, aussi. La Turquie est devenue la manufacture de l’industrie automobile européenne. Mais collectionne également les entreprises de haute technologie.
Un miracle économique, en quelque sorte, réalisé en neuf ans depuis que l’AKP de l’actuel Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est au pouvoir. Et ce n’est pas tout. L’armée a été mise au pas et d’importantes réformes sociétales ont été réalisées, notamment en vue d’une éventuelle adhésion à l’UE, adhésion qui ne passionne plus guère devant l’immobilisme des 27 et le mauvais exemple que donne le voisin grec. La Turquie joue une nouvelle carte, celle de puissance régionale, par ailleurs en meilleurs termes économiques avec la Russie, l’Irak, l’Asie et tous les «émergents», sans renier son appartenance au «bloc occidental» via l’OTAN. Face au «printemps arabe», Ankara sait aussi se présenter en modèle avec son parti islamo-conservateur construit sur des bases religieuses (le Refah interdit en 1998) pour évoluer en une idéologie voulant concilier tradition et laïcité. Avec des dérapages, il est vrai, dénoncés par les kémalistes toujours influents dans la vieille bourgeoisie pourtant aujourd’hui dépassée par une autre classe dirigeante, celle des «nouveaux riches», celle des «tigres de l’Anatolie» conservateurs à souhait...
Que face à un tel bilan économique enrichi d’un sentiment de fierté nationale, l’AKP ait toujours le vent en poupe ne surprend pas. Erdogan est assuré de rester au pouvoir. Toutefois, réalisera-t-il son ambition, celle d’atteindre une majorité des deux tiers à la «Grande Assemblée Nationale» qui lui permettrait de réformer la Constitution en instaurant un régime présidentiel à la française ou à l’américaine et succéder à Abdullah Gül (en «Poutine turc», disent ses détracteurs)? Sans doute pas. Autoritaire, ne supportant pas la critique, le Premier ministre a sa part d’ombre qui inquiète jusque dans son parti. Même si la situation n’est en rien comparable à celle qui prévalait il y a vingt ans, il faut toujours une bonne dose de courage pour être journaliste ou intellectuel critique en Turquie et une témérité à toute épreuve pour devenir élu kurde. Le harcèlement guette, quelquefois la prison, bien que les droits de l’homme soient respectés à la lettre... sur le papier.
Alliée à un discours de plus en plus nationaliste, l’intransigeance d’Erdogan dans la question kurde qu’il limite au terrorisme du PKK autorise aussi de nombreuses interrogations. Or, dans l’attente d’un projet constitutionnel assurant une place à la minorité kurde, projet qui devrait être présenté ce soir ou lundi, le PKK respecte la trêve des armes. Elle expire le 15 juin. Pour de nombreux Turcs, une date butoir bien plus décisive que celle du dimanche des législatives...
Jacques Chirac votera Hollande en 2012 "sauf si Juppé se présente"
Dans le deuxième tome de ses mémoires, Le temps présidentiel (éd. Nil-Robert Laffont), Jacques Chirac trouvait déjà des qualités « d'homme d'Etat » au président PS du conseil général de Corrèze. Revenant sur le vote de la loi sur le voile à l'école, en 2004, relève « l'attitude exemplaire (de M. Hollande) qui s'est comporté ce jour-là en véritable homme d'Etat ».Une appréciation à la fois flatteuse et embarrassante pour M. Hollande, de la part de celui qui était son adversaire politique de droite, mais qui est aujourd'hui très populaire parmi les Français.
Ne pas « instrumentaliser ou récupérer » ces propos
De nombreux journalistes s'étaient ainsi déplacés, moins pour la magnifique exposition que pour voir le comportement entre les Chirac et notamment l'ancien président, de plus en plus rare sur la scène publique, et l'ancien premier secrétaire du PS qui brigue l'investiture PS à la présidentielle.
Alors que François Hollande a constaté que s'il cherchait à « instrumentaliser ou récupérer » ces propos, « ce serait le pire service » qu'il pourrait rendre, et au livre de M. Chirac, et à sa propre candidature. Mais de retour à l'exposition après déjeuner, Jacques Chirac a lancé à la cantonade par deux fois avoir l'intention de « voter Hollande, sauf si Juppé se présente, parce qu'(il) aime bien Juppé », et donc pas pour Nicolas Sarkozy.
« Beaucoup de Français ne veulent pas d'une solution sarkozyste en 2012 » a commenté Jean-Marie Le Guen (PS). Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault y a vu "plus une boutade, peut-être une pique à Nicolas Sarkozy".
Le patron de la Bundesbank met en garde les Grecs contre une faillite
Le président de la Banque centrale allemande Bundesbank), Jens Weidmann, a averti la Grèce que si elle ne tenait pas ses promesses envers les institutions internationales, elle irait à la faillite.
"La capacité de paiement de la Grèce dépend avant tout de l'attitude du gouvernement et de la population", a-t-il déclaré au journal Welt am Sonntag (WamS) à paraître dimanche."De vastes aides sont accordées mais sous conditions strictes, comme des privatisations massives et rapides.
Il a néanmoins assuré avoir "beaucoup de compréhension pour les gens mécontents (en Grèce) en ces temps difficiles, et qui le montrent".
"Mais le processus d'adaptation actuel est inévitable pour que la Grèce devienne plus compétitive et remette ses finances en ordre", a argué M. Weidmann.
La dette abyssale de la Grèce se chiffre à près de 350 milliards d'euros.
Pour remonter la pente, Athènes a obtenu en mai 2010 des Européens et du Fonds monétaire international la promesse de 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans, sous conditions.
Or selon les experts de la Commission européenne, de la BCE et du FMI, qui reviennent d'une mission à Athènes et dont les conclusions dans un rapport ont filtré ces derniers jours, "la Grèce ne sera probablement pas capable de retourner sur les marchés en 2012".
La zone euro doit décider avant juillet d'un deuxième plan d'aide à Athènes.
samedi 11 juin 2011
Marine Le Pen ou la politique du prétoire
Contacté par LEXPRESS.fr, le vice-président du FN Louis Aliot, déclare que son parti va porter plainte contre les auteurs de deux livres consacrés au FN qui ont été publiés récemment. Une biographie de Marine Le Pen écrite par la journaliste Caroline Fourest et l'essai Le Front antinational signé par la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.
"Nous ne nous laisserons plus insulter sans rien faire, le livre de Caroline Fourest (une biographie consacrée à Marine Le Pen ndlr) est truffé d'inexactitudes. Nous ne pouvons pas accepter de lire que le père de Jean-Marie Le Pen pêchait du poisson pour les Allemands en 1942, nous souhaitons simplement rétablir la vérité", affirme Louis Aliot.
Dans la journée de samedi, Marine Le Pen enfonçait le clou en déclarant qu'elle envisageait également de porter plainte contre Jacques Chirac. Dans une interview au Figaro, l'ex-Président avait qualifié le FN de "parti de nature raciste et xénophobe."
Ces procédures n'ont rien de décisions isolées. En l'espace de six mois, une vingtaine de plaintes a été déposée par Marine Le Pen. Dès qu'elle s'estime calomniée, la nouvelle présidente du FN saisit les tribunaux. Parmi les personnes visées récemment, Rama Yade, Jean-Luc Mélenchon, Fadela Amara ou bien encore le rappeur Cortex....
Trésorier du parti et avocat de formation, Wallerand de Saint-Just est la pierre angulaire du dispositif. Joint par LEXPRESS.fr, il reconnaît qu'il y a "beaucoup de procédures judiciaires intentées" depuis que Marine Le Pen est présidente du Front. Un changement de ton qui le réjouit, "le FN ne se fera plus marcher sur les pieds désormais".
Depuis quelques temps, cette cellule juridique s'est même étoffée avec l'arrivée de Gilbert Collard. "Il va prendre de plus en plus d'affaires à son compte", confie Louis Aliot. L'avocat marseillais "va plaider les procès les plus médiatiques comme celui du rappeur Cortex", ajoute Wallerand de Saint-Just.
"Cette multiplication des plaintes s'inscrit dans la quête de crédibilité et de dédiabolisation de Marine Le Pen", analyse Jean-Yves Camus. "Elle avait même menacé de porter plainte contre les commentateurs politiques qui parlaient d'extrême droite, ça aurait fait beaucoup de monde", précise ce politologue et chercheur associé à l'IRIS.
Cette attitude procédurière tient également au parcours personnel de Marine Le Pen, selon le sociologue Sylvain Crépon. "A travers cette multiplication des plaintes, on perçoit une blessure narcissique, avance-t-il. Elle cherche à la fois à rénover l'image du FN mais également à sauver l'honneur de son père, à dédiaboliser son parti mais également à terroriser les journalistes qui pourraient l'attaquer."
L'arme judiciaire a souvent été utilisée dans l'histoire du Front. Pour le politologue Erwan Lecoeur, "le FN s'est toujours placé dans l'utilisation médiatique du juridique, c'est une culture familiale (Marine Le Pen et son père ont fait des études de droit, ndlr). Jean Marie Le Pen a perdu beaucoup de procès en diffamation mais ceux qu'il a réussi à gagner, il s'en vante encore".
Un avis que partage Lorrain de Saint-Affrique, ancien conseiller en communication de Jean-Marie Le Pen entre 1984 et 1994, ayant rompu avec l'extrême droite. "Je me rappelle qu'après plusieurs procès perdus, Jean-Marie Le Pen m'avait dit: 'Les magistrats sont en train de remarquer qu'on les instrumentalise'. Ils se sont rendus compte que le FN ne cherchait pas à réparer un préjudice mais à profiter de l'aspect publicitaire de certaines décisions de justice. D'ailleurs très souvent Jean-Marie Le Pen annonçait une plainte mais n'allait pas au bout de sa démarche. Marine Le Pen a systématisé cette stratégie et ne laisse plus rien passer."
L'Allemagne doit aider la Grèce (Merkel)
L'Allemagne n'a d'autre choix qu'aider les pays de la zone euro en proie à une crise de leurs finances publiques, sinon la reprise allemande pourrait être compromise, a averti la chancelière Angela Merkel samedi dans un message vidéo.
A la question "la crise de la dette dans la zone euro peut-elle menacer la reprise économique allemande ?", elle a répondu: "Si nous n'agissons pas comme il faut, cela peut arriver, mais c'est exactement ce que nous voulons éviter".
"Et c'est pourquoi nous disons que nous ne pouvons pas autoriser une banqueroute incontrôlée d'un pays, et qu'au contraire il faut d'une part regarder comment faire pour augmenter la compétitivité des pays qui sont en difficulté, comment leur donner la possibilité de réduire leur dette, et d'autre part se montrer solidaire", a ajouté Mme Merkel.
"Nous ne pouvons rien faire qui mette à nouveau en danger la reprise mondiale et donc celle de l'Allemagne", a-t-elle dit. "La faillite de la banque Lehman Brothers a eu pour conséquence chez nous (en Allemagne) une chute de près de 5% du PIB", une répétition d'un tel scénario doit "absolument être évitée", a encore fait valoir la chancelière.
Vendredi, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a obtenu le soutien de principe des députés pour une nouvelle aide à la Grèce, après un ardent plaidoyer au Bundestag pour la "responsabilité allemande envers l'Europe". "C'est nous qui avons le plus bénéficié de l'euro", a notamment souligné le ministre, en appelant à la solidarité.
Mme Merkel a abondé dans ce sens: l'euro "a fait beaucoup de bien" à l'Allemagne. Et "c'est pourquoi il est bon et juste que nous nous engagions pour l'euro en tant que monnaie forte", a-t-elle ajouté.
La Grèce prête à demander au secteur privé de payer une partie de sa dette
La nouvelle aide à la Grèce doit être une combinaison "du montant provenant des privatisations prévues par le pays, une participation volontaire du secteur privé et les éventuels prêts" des pays de la zone euro, a souligné Papaconstantinou au cours d'une conférence de presse. Cette aide devrait couvrir les besoins du pays pour les "deux ou trois années à venir", c'est-à-dire 2012, 2013 et éventuellement 2014, a souligné le ministre.
110 milliards d'euros d'aide en 2010
Selon Papaconstantinou, "les efforts" de tous les partenaires européens se conjuguent pour "trouver une solution pour la Grèce lors du sommet de l'Union européenne (UE) en juin". Le sommet européen est prévu pour les 23 et 24 juin et sera principalement centré sur la nouvelle aide à la Grèce.
La discussion sur la participation du secteur privé à la nouvelle aide au pays se trouve au centre des discussions dans l'UE et à l'origine des divergences des pays de la zone euro et de la Banque centrale européenne (BCE). Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a obtenu vendredi le soutien de principe des députés pour une nouvelle aide à la Grèce après celle accordée au pays en 2010, d'un montant de 110 milliards d'euros en mai 2010.
Une nouvelle aide de 90 milliards d'euros
L'Allemagne réclame avec insistance une participation des créanciers privés, banques, assureurs et fonds. Le montant de cette nouvelle aide est estimé au total à quelque 90 milliards d'euros. Les modalités proposées par Berlin pour cette participation du privé - un échange de toutes les obligations en circulation pour des titres de maturité beaucoup plus longues - vont trop loin pour ses partenaires, pour qui elles s'apparentent à la restructuration de la dette qu'ils veulent éviter à tout prix.
C'est le cas de la France, dont les banques sont les premières créancières de la Grèce, et surtout de la Banque centrale européenne (BCE). Mais Schäuble a affirmé qu'il ne ferait rien sans l'aval de la BCE.
Fonds souverains : la Norvège détrône Abou Dhabi
Le fonds de pension public norvégien est désormais le plus gros au monde, grâce notamment aux revenus pétroliers.
Le fonds de pension public norvégien a détrôné l'Autorité d'investissement d'Abou Dhabi (ADIA) pour devenir le plus gros fonds souverain au monde, selon un rapport publié cette semaine par un cabinet de conseil américain. Alimenté par les revenus pétroliers de l'État, le fonds norvégien pèse 560,5 milliards de dollars contre 342 milliards de dollars pour le fonds souverain de l'émirat, affirme le cabinet américain Monitor Group.
Les comparaisons sont toutefois compliquées car l'ADIA ne publie pas de rapports de performance contrairement au fonds norvégien, qui fait le point tous les trimestres. Le SWF Institute, organisation spécialisée dans le suivi des fonds souverains, opère ainsi avec des chiffres très différents et estimait à 627 milliards de dollars la valeur de l'ADIA dans son classement de juin, ce qui en fait le plus gros bas de laine public au monde.
Versements amputés à Abou Dhabi
Mais, selon Monitor Group, dont les analyses sont reprises par le journal d'affaires Dagens Naeringsliv (DN), le fonds d'Abou Dhabi a en réalité fondu pour cause de dépenses publiques croissantes - amputant les versements visant à l'abonder -, de pertes liées à la crise financière et d'investissements malheureux.
"Même si ce n'est pas une fin en soi d'être le plus gros, c'est toujours agréable de voir que le fonds grossit", a réagi le ministre norvégien des Finances, Sigbjoern Johnsen, par la voix d'un porte-parole. "D'une manière générale, nous sommes l'objet de beaucoup d'intérêt sur notre façon de gérer nos revenus pétroliers. Plusieurs sources indépendantes font notamment de nous les champions en matière de transparence", a-t-il ajouté, disant vouloir faire du fonds norvégien "le fonds le mieux géré au monde". Outre ses rapports d'étape trimestriels, le fonds norvégien publie ainsi tous les ans la liste de ses investissements en actions, en obligations et, depuis récemment, dans l'immobilier.
Un porte-parole de la banque centrale norvégienne, chargée de la gestion du fonds au jour le jour, a décliné tout commentaire. Mais, en coulisses, plusieurs responsables de la Norges Bank abondent dans le sens des conclusions de Monitor Group, selon DN.
Vers un duel franco-mexicain pour prendre la direction du FMI
Il avait accédé au poste de directeur général adjoint du FMI (soit son numéro trois) en 2003, époque où Christine Lagarde était encore avocate. Vendredi, à New Delhi, il a défendu ses "qualifications", espérant que la désignation se ferait au "mérite". "Si je devais être élu, je mobiliserais toutes les ressources pour aider l'Europe", a-t-il assuré dans un entretien au quotidien allemand Die Welt à paraître samedi. Un troisième candidat déclaré, le président de la banque centrale du Kazakhstan Grigori Martchenko, a finalement renoncé. "J'ai décidé de ne pas y aller", a-t-il déclaré vendredi à la chaîne américaine CNN, estimant "plus ou moins évident que Christine Lagarde va être élue". Il n'avait pas fait campagne.
Tradition
Des États membres parmi les plus importants, au premier rang desquels les États-Unis, le Japon et la Chine, se donnent encore du temps pour se prononcer. Le FMI s'est fixé pour objectif de désigner un nouveau dirigeant le 30 juin. Le Fonds prévoit de publier le nom des candidats en début de semaine prochaine, s'il y a trois candidats ou moins, ce qui paraît très probable. S'il y avait quatre candidats ou plus, le conseil d'administration se donnerait une semaine pour se mettre d'accord sur trois personnes, les mieux placées, qu'il veut entendre à Washington. Pour Colin Bradford, économiste spécialiste du FMI, "ce serait une surprise qu'un candidat apparaisse à la dernière minute" et se lance dans une campagne avec trois semaines de retard sur Carstens et Lagarde.
Les États-Unis et l'Europe se partagent, en vertu d'une convention non écrite, la direction du FMI et la présidence de la Banque mondiale depuis 1946. La tradition pourrait durer encore un peu. L'Union européenne a poussé très fort en faveur de sa candidate et, "dans ces circonstances, il est difficile de gagner contre Christine Lagarde", souligne Colin Bradford. Mais cette tradition est très critiquée. "Il est temps à présent pour un non-Européen, particulièrement un Africain, d'être à la tête du FMI", a affirmé l'Union africaine dans un communiqué daté de mercredi.
Or, vendredi, l'ancien ministre des Finances sud-africain Trevor Manuel, qui a été le seul Africain cité comme candidat possible, a déclaré sur la radio publique SAfm qu'il ne postulerait pas. Et le ministre des Finances de la République démocratique du Congo, Matata Mapon, a affirmé à Lisbonne que l'Afrique subsaharienne se rangerait derrière Christine Lagarde. L'Asie orientale et du Sud, malgré son émergence spectaculaire dans l'économie mondiale, n'aura vraisemblablement pas de candidat.
Fin mai, le Mexicain avait relevé, lors de son passage en Espagne qu'"après trois ans de crise et avec un directeur général européen, la crise européenne n'était pas résolue". Un non-Européen verrait "les problèmes européens avec plus d'objectivité (...) ce qui pourrait donner un plan d'action peut-être un peu plus sévère mais aussi plus réaliste", avait-il poursuivi.
Sa seule adversaire dans la course au poste de directeur général, la ministre française des finances, Christine Lagarde, a déjà obtenu le soutien des sept administrateurs de l'Union européenne au FMI. Elle semble bien partie, compte tenu de la tradition qui veut qu'un Européen dirige le FMI.
Mais ce soutien rapide et unanime pourrait être le signe d'une influence politique trop forte sur le FMI, insinue M. Carstens. "Quand le personnel est choisi en fonction d'intérêts nationaux, l'influence politique a tendance à croître plutôt qu'à diminuer", juge-t-il.
Ni à l’Est, ni à l’Ouest, mais vers le haut
Entre-temps, l'Union européenne stagne, et beaucoup se demandent si elle n'a pas cessé de progresser, si son avenir n'est pas marqué par le déclin, si les Européens ne sont pas résignés à un recul de leurs niveaux de vie.Les calvinistes islamiques
Alors même que l'Europe débattait sur l'adhésion de Turquie, s'offrant le luxe de négliger ce pays, voire de le mépriser ouvertement, les Turcs ont battu en brèche tous les stéréotypes et ont volé de succès en succès. Certains parlent même de "calvinistes islamiques" pour décrire la nouvelle classe d'entrepreneurs turcs, apparue dans les villes les plus dynamiques d'Anatolie. Cette Turquie pauvre et analphabète qu'on nous a si souvent dépeinte, qu'on disait peuplée de paysans anatoliens ignorants, avides de prendre d'assaut la forteresse du bien-être européen, appartient au passé.Dans les rues de Rabat, de Tunis ou du Caire, l'Europe a cessé d'être le modèle à suivre au profit de la Turquie, un pays qui démontre qu'il peut être à la fois musulman, démocratique et prospère, et même avoir une politique extérieure indépendante, non soumise aux diktats de l'Occident. Apparue dans un espace méditerranéen sous le joug de dictatures serviles, la Turquie [du Premier ministre] Recep Tayyip Erdogan laisse présager un avenir où de nombreux régimes indépendants et fiers n'hésiteront plus à montrer du doigt l'Europe quand elle appliquera deux poids, deux mesures face à Israël, à l'ouverture des marchés, aux droits de l'homme, à la prolifération nucléaire ou à l'immigration.
On le voit, les Turcs n'ont jamais connu un meilleur niveau de vie ni envisagé l'avenir avec autant d'optimisme. Dès lors, rien d'étonnant à ce que personne ne doute de la victoire du Parti pour la justice et le développement (AKP) aux élections législatives de dimanche prochain: le seul doute (et source d'inquiétude) est de savoir s'ils obtiendront les 367 sièges (sur un total de 560) qui permettront au parti d'Erdogan de modifier unilatéralement la Constitution sans devoir organiser de référendum, et d'accentuer à ce que beaucoup perçoivent comme une dangereuse dérive autoritaire qui se manifesterait depuis quelques années.
Erdogan pourrait s'inspirer du modèle russe
Jusqu'à présent, la perspective d'adhésion à l'UE a eu des répercussions très favorables sur la politique intérieure de la Turquie: pour les islamistes, l'Europe était la garantie que les militaires n'interviendraient pas dans la vie politique, comme ils l'avaient souvent fait par le passé; pour les militaires, les laïques et les libéraux, que la majorité islamiste ne leur impose pas leurs valeurs et ne restreigne pas les droits de l’homme et les libertés individuelles.Mais au fur et à mesure que le lien avec l’Europe s’affaiblit – les négociations d’adhésion sont complètement bloquées et le nombre de Turcs persuadés que la procédure d’adhésion va aboutir est chaque fois moins important – les islamistes de l’AKP augmentent leur marge de manœuvre.
C’est pourquoi, même si la Turquie d’aujourd’hui est infiniment plus démocratique, plus riche et plus stable que celle qui avait obtenu une promesse d’adhésion en 1999 et qui avait entamé les négociations en 2005, d’aucuns craignent qu’une majorité aussi forte ne permette aux islamistes de se détacher du poste démocratique auquel l’Europe les avait ancrés.
Si pour de nombreux Arabes, la Turquie est un modèle, la référence des islamistes du AKP n’est pas nécessairement notre idéal européen: certaines mauvaises langues vont même jusqu’à dire qu’Erdogan pourrait bien vouloir s’inspirer d’un autre archétype européen: la Russie de Poutine, un autoritarisme déguisé en démocratie, avec des médias et des entreprises complètement assujettis au pouvoir politique.
Si cette dérive autoritaire venait à s’imposer, l’Union Européenne (qui a fait preuve de maladresse et de myopie dans ses relations avec la Turquie) aura laissé passer une occasion stratégique unique de faire de la Turquie un pays phare de la démocratie qui aurait pu rayonner dans toute l’Asie Centrale et le Caucase, le Proche-Orient et le nord de l’Afrique.
Elections
Super Erdogan vers un troisième mandat
Mais pour qu'une démocratie puisse fonctionner correctement, il faut une opposition conséquente et attachée aux principes démocratiques. Les tentatives menées par Kemal Kiliçdaroglu, nouveau président du Parti républicain du peuple [CHP, kémaliste, opposition parlementaire], pour que son parti ne soit plus systématiquement associé à l'appareil d'Etat, de même que ses tendances désormais affichées à vouloir défendre les libertés, permettent d'envisager que le CHP puisse un jour véritablement incarner cette opposition démocratique. La possibilité par ailleurs que le Parti pour la paix et la démocratie [BDP, pro-kurde] puisse cette fois être représenté à l'Assemblée nationale par un groupe plus important [il dispose actuellement de 20 députés] représente un autre enjeu de taille de ce scrutin dans la mesure où cela permettrait aux Kurdes d'exprimer leurs revendications dans un contexte démocratique. Sahin Alpay, Zaman, Istanbul (extraits)
La Croatie à la porte de l'Union européenne
La Commission européenne a donné, ce vendredi, son feu vert à l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne en juillet 2013. Cette recommandation doit encore être confirmée par les 27 Etats du bloc.
"La Commission européenne vient juste de proposer au Conseil des ministres européens de boucler les quatre derniers chapitres" sur les 35 qui ont jalonné près de six ans de pourparlers, a indiqué le président de l'exécutif européen José Manuel Barroso dans un communiqué. "Ceci ouvre la voie à ce que la Croatie rejoigne l'UE en tant que 28ième Etat membre". Zagreb mise sur une adhésion effective d'ici la mi-2013. Date "indicative" que Barroso a également suggérée ce vendredi, "si cette date indicative proposée par la Commission devait être retenue par le Conseil".
Cette fin des négociations d'adhésion survient aussi à quelques jours du vingtième anniversaire de la proclamation d'indépendance de la Croatie et de la Slovénie, le 25 juin 1991, mettant en évidence combien le rapprochement de Zagreb de l'UE a été plus difficile et long que celui de Ljubjlana. Il a notamment été freiné par un différend frontalier entre ces deux pays.
L'événement constitue également une étape supplémentaire dans les perspectives européennes des pays des Balkans, qui avaient été solennellement affirmées par les Européens lors du sommet de Thessalonique en 2003.
Le président croate, Ivo Josipovic, avait résumé en décembre devant des journalistes ce que représentait une adhésion de son pays à l'UE, à savoir un basculement définitif du passé vers l'avenir. "On ne peut pas vivre dans le passé, ou bien on ne peut pas y vivre avec succès", avait-il dit. Tout progrès vers l'Union réalisé par un pays des Balkans, ajoutait-il, "élargit l'espace de sécurité et de stabilité de tous les autres" et contribue donc à la réconciliation régionale.
La Première ministre, Jadranka Kosor, a évoqué un "objectif historique", tout en affirmant que la Croatie s'est toujours sentie plus proche de l'Europe occidentale que des Balkans. Et pourtant, les Croates paraissent plus réservés, voire sceptiques. Selon les derniers sondages, 44,6% d'entre eux soutiennent l'adhésion de leur pays à l'UE, alors que 41,8% s'y opposent.
Beaucoup considèrent en Croatie que les négociations d'adhésion ont duré trop longtemps, près de six années. Certains ont mal perçu aussi que Bruxelles ait tant insisté sur une pleine coopération de Zagreb avec la justice internationale en matière de crimes de guerre.
L’homme qui a niqué tout un pays
Deux de ces raisons sont bien connues. La saga sensationnelle de ses parties fines, les soirées “bunga bunga”, est la première, offrant le spectacle consternant d’un premier ministre poursuivi en justice à Milan, accusé de relations sexuelles tarifées avec une mineure. L’affaire du Rubygate a éclaboussé non seulement Silvio Berlusconi, mais tout son pays.
Aussi scandaleuse que soit cette affaire, ses conséquences sur l’action politique du Premier ministre restent limitées. Nous avons souvent dénoncé son second échec : ses magouilles financières. Il a été jugé une dizaine de fois pour cela et il s’en est tiré d’affaire en raison du dépassement des délais de prescription ou parce que Berlusconi a changé la loi. Il est évident que ce ne sont ni ses pratiques sexuelles répréhensibles ni les épisodes louches de sa vie d’homme d’affaires qui peuvent pousser les Italiens à porter sur Berlusconi le constat d’un échec lamentable, voire délétère.
Le mépris total de la situation économique de l'Italie
Son troisième défaut est bien pire : c’est son mépris total de la situation économique de son pays. Peut-être distrait par ses démêlés avec la justice, à aucun moment depuis neuf ans qu’il est premier ministre, il n’a résolu ni même vraiment reconnu les graves lacunes économiques de l’Italie. Autant dire qu’il laissera derrière lui un pays dans une situation épouvantable.Une conclusion funeste qui surprendra sans doute les observateurs de la crise de l’euro. Le fait est que, grâce à la politique budgétaire restrictive de Giulio Tremonti, le ministre des Finances de Berlusconi, l’Italie est parvenue pour l’heure à échapper au courroux des marchés. C’est le "i" d’Irlande, pas celui d’Italie, qui compose l’acronyme PIGS ["cochons" en anglais, qui désigne les pays européens jugés "irresponsables"], aux côtés du Portugal, de la Grèce et de l’Espagne. L’Italie n’a pas connu de bulle immobilière, ses banques n’ont pas fait faillite. Le marché de l’emploi se maintient : le taux de chômage est à 8 %, contre plus de 20 % en Espagne. Le déficit budgétaire s’élèvera en 2011 à 4 % du produit intérieur brut (PIB), contre 6 % en France.
Mais ces chiffres rassurants sont trompeurs. L’Italie ne souffre pas d’un mal économique aigu : c’est une maladie chronique qui ronge lentement sa vitalité. Quand les économies européennes se contractent, l’économie italienne se tasse plus encore. Dans les années 2000-2010, seuls le Zimbabwe et Haïti ont enregistré une croissance plus lente que l’Italie. Pire, son PIB par habitant a même reculé. En raison de cette absence de croissance, et malgré l’action de Giulio Tremonti, la dette publique reste encore à 120 % du PIB, soit la troisième la plus élevée au sein des pays riches. Et c’est d’autant plus inquiétant que la population italienne connaît un vieillissement rapide.
Au moins un quart des jeunes sans emploi
La faiblesse du taux de chômage moyen cache de plus d’importantes inégalités. Un quart de la jeunesse – et bien plus dans le Sud défavorisé - est sans emploi. Le taux d’activité des femmes, à 46 %, est le plus bas de toute l’Europe de l’Ouest. Un cocktail néfaste de faible productivité et de salaires élevés érode la compétitivité. L’Italie émarge à la 80e place du classement “Doing Business” de la Banque mondiale, derrière la Biélorussie et la Mongolie, et à la 48e place du classement sur la compétitivité mondiale établi par le Forum économique mondial, après l’Indonésie et la Barbade.Mario Draghi, le gouverneur sortant de la Banque d’Italie (parti prendre la direction de la Banque centrale européenne), a dressé un tableau éloquent dans son percutant discours de départ. Soulignant que l’économie italienne a cruellement besoin de grandes réformes structurelles, il a montré du doigt une productivité stagnante et s’en est pris à des politiques gouvernementales qui "sont incapables de soutenir le développement [de l’Italie], quand elles ne l’entravent pas."
Autant de facteurs qui commencent à affecter la fameuse qualité de vie italienne, réputée à juste titre. Les infrastructures se dégradent. Les services publics sont saturés. L’environnement est mis à mal. Les revenus réels, au mieux, stagnent. Les jeunes Italiens ambitieux quittent leur pays en masse, abandonnant le pouvoir à des élites vieillissantes et déconnectées. Peu d’Européens méprisent autant leurs hommes politiques pourris gâtés que les Italiens.
L'idée fausse d'un impossible changement
Quand nous avons dénoncé Berlusconi pour la première fois dans nos pages, de nombreux représentants des milieux d’affaires nous ont répliqué qu’il n’y avait que son culot d’entrepreneur sans scrupule pour espérer moderniser l’économie italienne. Plus personne ne tient aujourd'hui ce genre de propos. Ils préfèrent désormais dire qu’il n’y est pour rien, la faute à ce pays irréformable.Cette idée d’un impossible changement est non seulement défaitiste, mais fausse. Au milieu des années 1990, les gouvernements italiens successifs, prêts à tout pour ne pas être écartés de l’euro, mirent en œuvre des réformes impressionnantes. Silvio Berlusconi lui-même est parvenu sporadiquement, entre deux passages par les tribunaux, à introduire des mesures de libéralisation. Il aurait pu faire bien plus s’il avait mis son pouvoir et sa popularité immenses au service d’autre chose que la défense de ses propres intérêts. Ce sont les entreprises italiennes qui vont payer ses plaisirs au prix fort.
Et si les successeurs de Silvio Berlusconi se révélaient aussi négligents que lui ? La crise de l’euro force aujourd’hui la Grèce, le Portugal et l’Espagne à adopter des réformes colossales, envers et contre l’opposition de leur opinion. A court terme, ces réformes seront douloureuses ; mais à long terme, elles pourraient donner à ces économies périphériques un nouvel élan. Certains pays pourraient aussi alléger le fardeau de leur dette en la restructurant. Une Italie non réformée, stagnante, affichant une dette publique bloquée au-dessus de la barre des 120 %, se retrouverait épinglée comme la grande retardataire de la zone euro. Et à cause de qui ? D’un Silvio Berlusconi qui, à n’en pas douter, n’en perdrait pas pour autant le sourire.
Le privilège de la famille est de pouvoir se haïr sans rime ni raison, pour le seul fait d’être intime. Depuis Adam et Eve se poursuit ainsi l’éternel feuilleton de la haine familiale, le plus souvent dans une ambiance à la Simenon, banale, pesante et silencieuse... Il arrive que la querelle perce les murs, bouscule les voisins et requière la justice. Mais que dire de l’affrontement entre Liliane Bettencourt et sa fille Françoise, qui ne cesse d’accumuler les victimes collatérales ? Leur lutte a déjà abattu le ministre Eric Woerth, brisé le bouclier fiscal, ébranlé L’Oréal, et failli éclabousser notre Président... Elle reprend aujourd’hui, plus haineuse que jamais, menaçant cette fois un célèbre avocat et un businessman non moins célèbre, également ami de notre Président. Une morale ? La vaisselle cassée des riches fait toujours plus de bruit et de blessures.
Elle peut afficher cette décontraction des premières de la classe à qui tout, jusque-là, a semblé réussir. C’est en position de force, en effet que Christine Lagarde va briguer la direction générale du Fonds monétaire international. Le soutien que lui ont accordé, hier, les pays de l’Afrique subsaharienne lui donne un avantage symbolique qui complète son avance arithmétique. Que pouvait-elle espérer de mieux que l’appui des états qui comptent parmi les plus pauvres de la planète pour faire taire les critiques ses détracteurs : ils ne pourront plus moquer si facilement l’ultra libéralisme d’une bourgeoise «candidate des banques». qui n’aurait d’autre programme que de faire rendre gorge aux économies les plus misérables.
Gentiment moquée à son arrivée à Bercy pour son amateurisme, il y quatre ans, la très distinguée ministre de l’économie et des finances de la France fait preuve, dans sa campagne planétaire d’une maturité politique certaine. Elle se donne les moyens de conforter sa réputation d’experte compétente jouant tout à la fois de son assurance naturelle, de son aisance dans la langue anglaise et de son sens aigu de la négociation acquise aux États-Unis.
Elle n’hésite pas, non plus, à utiliser son statut actuel pour faire campagne. Toujours ministre, elle dirige sa maison depuis son avion. La France est généreuse, qui lui laisse autant de liberté pour se vendre, dans une séquence économique aussi cruciale. La ministre est à ce point libérée qu’elle envisage d’aller rencontrer DSK à New York. Bien joué : elle donnera ainsi l’image d’une femme courageuse tout en récupérant les précieux conseils de celui qui fut peut-être le meilleur directeur du FMI depuis 1946. Il en connaît toutes les ficelles…
Mme Lagarde se placerait ainsi, sans le dire, dans sa continuité, ce qui – contrairement aux apparences – serait loin de constituer un handicap. Elle-même brave avec aplomb l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête par la Cour de justice de la République dans le règlement de l’affaire Tapie. Elle se dit sûre d’être épargnée par la justice, son principal obstacle désormais sur la route de Washington.
Si le probable duel avec le patron de la banque centrale du Mexique, Agustin Carstens, sera probablement moins serré qu’elle ne le redoutait, le mano a mano avec la CJR sera sans doute moins facilement gagné qu’elle ne l’imagine. Si rien, en effet, ne peut lui être reproché dans le recours à un tribunal arbitral – une solution fréquente et la plupart du temps juridiquement satisfaisante pour dénouer des affaires inextricables – elle apparaît plus fragile face aux accusations de légèreté voire de complaisance à l’égard de conflits d’intérêt manifestes dans la procédure qui a permis d’accorder plusieurs centaines de millions d’euros à l’homme d’affaires controversé. Et la logique du droit est souvent moins prévisible que celles des courbes tendancielles des taux de profit.
















