TOUT EST DIT

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dimanche 25 novembre 2012

La guerre des droites continue

La guerre des droites continue 


Les luttes fratricides sont les plus acharnées, comme les guerres civiles sont les plus cruelles. Dans les conflits classiques, les belligérants se battent au nom de ce qui les sépare. Dans les combats intestins, ils s'affrontent au nom de ce qui les unit. Ils se trucident pour le même drapeau, se déchirent pour la même cause. Cette guerre-là est sans pitié, car il s'agit pour ces chefs d'être reconnus par tout le groupe (la nation ou le parti) comme l'incarnation de la volonté commune. L'autre est pire qu'un adversaire : c'est un traître et un usurpateur.
François Fillon et Jean-François Copé sont passés pendant les quelques heures d'une nuit blanche du statut de concurrents à celui d'ennemis irréductibles. Les commentateurs se partagent entre ceux qui croient que ce duel débouchera sur la scission de l'UMP et ceux qui n'y croient pas.
Que l'UMP se scinde ou pas, la droite est déjà éclatée. Le Front national s'est enraciné à son extrême. S'il a séduit d'anciens électeurs de gauche, il a surtout convaincu des électeurs de droite déçus par les gouvernements successifs. À l'autre bout, Jean-Louis Borloo veut ressusciter la composante centriste de l'ancienne UDF.
L'UMP a d'ores et déjà échoué dans sa volonté de réunir toutes les droites. Il faut dire qu'elle luttait, dans sa tentative, contre l'histoire de France.
Il reste la question de la survie de l'UMP comme machine de guerre électorale. C'est dans ce but qu'elle avait été construite par Jacques Chirac et Alain Juppé, puis conquise par Nicolas Sarkozy. Elle a porté ce dernier au pouvoir en 2007, mais a échoué en 2012. C'est cet arsenal que François Fillon et Jean-François Copé ont voulu récupérer en se portant à sa tête. Tous deux visent 2017 et la succession de François Hollande.
Un même but et des scrupules variables séparent les deux hommes. Jean-François Copé veut conquérir le parti, puis l'opinion, par la droite, en faisant revenir au bercail des électeurs égarés chez Marine Le Pen. Il compte sur son énergie et son culot. François Fillon veut s'attacher le parti, puis l'opinion, par le centre, et par la raison, en faisant preuve de réalisme et de mesure. Il compte sur sa capacité à convaincre, mais aussi sur sa détermination dans la durée.
Sur la route royale de la présidentielle de 2017 se trouve l'étape des municipales de 2014. Les candidats UMP respecteront-ils le double interdit, « ni PS, ni FN », ou franchiront-ils le pas de l'alliance avec ceux du Front national ? Dans le second cas, le schisme de l'UMP serait bien plus probable qu'aujour-d'hui.

À droite, est-ce bientôt la fin du parti unique ?

« L'illusion du parti unique, qui tentait de rassembler la droite décomplexée, la droite modérée et le centre-droit ne tient plus. Il y a un problème de cohérence idéologique. » DansLe Monde cette semaine, Jean-Louis Borloo s'est montré cinglant. Espérant sûrement, au passage, bénéficier de quelques défections... Alain Juppé s'est montré tout aussi catégorique : « Ce qui est en cause aujourd'hui, ce n'est pas la présidence de l'UMP, c'est l'existence de l'UMP. » Vouloir construire, en 2002, un parti unique, qui réunirait sous un même toit des sensibilités différentes, était-ce utopique ? «On peut s'interroger sur l'existence d'un tel parti , affirme le conférencier Francis Duhem, agrégé d'histoire, ancien professeur en khâgne à Lille.

Avec l'UMP, ils ont voulu dépasser le RPR en partant d'un noyau dur gaulliste et en ajoutant un certain nombre de sensibilités pour en faire un grand parti de droite. » Qui semble atteindre ses limites aujourd'hui : «C'était prévisible quand on a deux personnes à ce point antithétiques : tout les oppose ! » Selon la célèbre classification de René Rémond des droites en France (lire ci-dessous ), Jean-François Copé pourrait illustrer la droite bonapartiste, autoritaire, quand François Fillon est davantage dans la lignée libérale, orléaniste. Des tendances qui ont toujours cohabité au sein des partis de droite, qui se revendiquaient du gaullisme. La phrase de Malraux prend là tout son sens : «Le gaullisme, c'est le métro à 18 h », la société dans toute sa diversité, jusqu'à la gauche.
L'UMP en étau
Mais le gaullisme semble avoir vécu (lire par ailleurs ) : «Il a eu ses grandes heures sous De Gaulle, puis certains, dont Chirac, ont tenté d'entretenir la tradition , souligne Francis Duhem.Mais quand les politiques ne connaissent plus le gaullisme que par ouï-dire, la référence ne peut plus être ce qu'elle a été jusque dans les années 80. » Les dernières figures tutellaires de la droite, Chirac et Sarkozy, sont parvenues, peu ou prou, à assurer un consensus autour de leur personne.
Mais depuis que la succession est ouverte à l'UMP, la bataille fait rage. D'autant que le principal parti d'opposition se retrouve aujourd'hui pris en étau entre le Front national et l'UDI de Borloo. Vers quel côté basculer ? Les deux courants à l'oeuvre aujourd'hui sont-ils de nouveau conciliables ? Avec une image simple mais révélatrice, Francis Duhem livre la tendance qui semble se dégager depuis ces derniers jours : «Quand on casse un vase, on a beau recoller les morceaux, on voit toujours qu'il a été cassé. »

Des courants contraires

 
Dimanche, les militants étaient aussi invités à voter pour les « courants » au sein du parti. C'est la première fois que l'UMP officialise l'existence de mouvements en son sein.
Est arrivé en tête (27,8 %), la Droite forte, emmenée par les sarko-copéistes Guillaume Peltier, Geoffroy Didier et Camille Bedin. Juste devant la Droite sociale du filloniste Laurent Wauquiez (21,7 %) qui avait fait campagne pour les classes moyennes et contre l'assistanat ; puis France moderne et humaniste, emmené par Raffarin, Chatel et Leonéti (18,1 %) ; les Gaullistes (12,3 %) ; la Droite populaire de Thierry Mariani (10,8 %), très à droite sur les questions d'immigration et de la sécurité, mais concurrencée par la Droite forte. Après coup, on ne s'étonne pas que La Boîte à idées des « anti-divisions », Juppé et Balladur, n'ait fait que 9,2 % des voix, en dessous des 10 %, le seuil pour être reconnu officiellement... 

Les précédents duels à droite


Chaban-Delmas - Chirac. Deux jours seulement après la mort de Pompidou, en 1974, Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux, annonce sa candidature. L'ancien Premier ministre gaulliste voit se dresser contre lui le ministre des Finances, Valéry Giscard d'Estaing. Dans cette primaire, Jacques Chirac fait un choix risqué en faveur de VGE. Il lance « l'appel des 43 », opération de défection de parlementaires gaullistes visant à imposer les pompidoliens comme partenaires privilégiés du futur président Giscard d'Estaing. Chirac est nommé Premier ministre.
Chirac - Giscard d'Estaing. La période 1974-76, entre VGE président et Chirac Premier ministre, se déroule plutôt mal. De nombreuses anecdotes circulent sur leurs rapports glacés. Chirac claque la porte, affirmant ne pas disposer des moyens nécessaires «pour assurer efficacement ses fonctions ». Plus tard, VGE en veut à Jacques Chirac de l'avoir «trahi» à la présidentielle de 1981 : VGE raconte comment il a appelé la permanence de Chirac, en posant un mouchoir sur le combiné. On lui a répondu qu'il ne fallait pas voter Giscard, mais Mitterrand.
Chirac - Balladur. 1993 : la droite gagne les législatives. Matignon est promis à Jacques Chirac, président du RPR. Mais il garde un mauvais souvenir de sa cohabitation avec Mitterrand (1986-88) et a en vue la présidentielle de 1995. Il laisse la place à Édouard Balladur, «un ami de 30 ans ». Mais, en 1995, Balladur, conforté par les sondages, se porte candidat : celui-ci rallie la quasi-majorité de l'UDF et de ses ministres RPR. Chirac s'assure le contrôle de la machine RPR. Sarkozy appelle Chirac à se retirer mais celui-ci renverse la situation en sa faveur.
De Villepin - Sarkozy. Ennemi juré de Nicolas Sarkozy, qu'il surnomme «le nain », Dominique de Villepin, Premier ministre, rêve de lui barrer la route de l'Elysée en 2007. Mais la crise du Contrat première embauche et l'affaire Clearstream l'ont affaibli. On prête à Sarkozy d'avoir «promis de pendre à un croc de boucher » son rival. La victoire de celui-ci en 2007 ne met pas un terme à leur affrontement. Après sa relaxe au procès Clearstream, De Villepin reprend son combat. En 2012, il n'est politiquement pas en mesure de se présenter mais se prononce contre Sarkozy.

L'UDI de Borloo et le Front national vainqueurs

 
Dimanche, l'UMP devait élire son président, un nouveau leader. Elle se retrouve avec deux perdants. Mais la guerre des chefs à l'UMP n'est pas perdue pour tout le monde.
Jeudi matin, sur France Info, Jean-Louis Borloo assure que sa toute jeune Union des démocrates et indépendants (UDI) a enregistré « plus de 1 200 adhésions  » dans la nuit de mercredi à jeudi, par Internet. Et de répéter à l'envi : « La véritable force d'alternance, la véritable opposition, sereine, tranquille, tolérante et ouverte, c'est l'UDI  ». En début de semaine, ce parti a d'ailleurs accueilli une figure de l'UMP, Pierre Méhaignerie, ancien ministre centriste de la Justice, celui-ci promettant que d'autres allaient suivre dans les semaines à venir. Info ou intox, Jean-François Copé ne se dit pas inquiet « d'une possible hémorragie  ». « Ce sont des opérations ponctuelles  », a commenté Jean-Pierre Raffarin. N'empêche, Copé a quand même cru bon de prévenir qu'il ne « laisserait pas refaire d'UDF  » avec l'UDI de Borloo : « Je n'accepterai pas que l'UMP soit explosée au motif que Jean-Louis Borloo vient débaucher individuellement tel ou tel.  » Au Front national, on se frotte également les mains de ces bisbilles. Le score de Copé, c'est d'abord la preuve d'un déplacement du curseur des militants de droite... vers la droite. Et, comme ce 50-50 n'assure pas, quelle que soit l'issue, les coudées franches à Jean-François Copé, comment imaginer que les électeurs ne choisissent pas finalement l'original : Marine Le Pen. D'ailleurs, c'est Copé qui avait la préférence de Marine Le Pen. Pour lever « l'imposture  » : « Comment peut-on aller sur les thèmes du Front national et en même temps indiquer que le FN, c'est le diable ?  » Seule inquiétude du FN, que cette guerre fratricide ne ramène Nicolas Sarkozy dans l'échiquier et que celui-ci, pour le coup, ne rallie les électeurs égarés à sa cause.

France : la fuite du capital et du travail continue

Ça y est : la fine stratégie de Hollande commence à montrer des signes clairs de réussite ! Il était temps : la France était à deux doigts de retrouver vigueur et croissance.

L'actuel locataire de l’Élysée avait annoncé la couleur il y a quelques années, dans cette décontraction qui caractérise les andouilles inconséquentes lorsqu'elles sortent une énorme bêtise : il n'aime pas les riches. Et lors de sa campagne présidentielle, il avait nettement insisté sur la nécessité de faire cracher ces (salauds de) riches aux milliers de bassinets de l’État (qui sont, maintenant, la principale production d'une administration en manque de plus en plus cruel de fonds). Dès son accession au pouvoir et la mise en place d'un gouvernement de ninja de l'économie comme Montebourg ou Moscovici, les dés étaient jetés : la France allait vivre une révolution fiscale, en commençant avec une tempête de taxes aussi ridicules que nombreuses (sodas, bière, Nutella et j'en passe, notamment une taxe archéologique et un projet trop futé de taxe sur les jeux de hasard).
En termes fiscaux, la loi de finance pour 2013 aura réussi à consterner bien au-delà des frontières du Royaume du Bisounoursland, et les comparaisons avec les autres pays du système fiscal français donnent une assez bonne idée de la folie monstrueuse qui s'est emparée de Bercy.
Comme de juste, la réaction de la population ne s'est pas faite attendre.

D'un côté, on aura goûté aux applaudissements irréfléchis de l'éternel marigot de gauchistes bien-pensants, d'aigris et de jaloux qui forment la frange la plus bruyante de la société française, tous très heureux de voir qu'enfin, les politiciens appuyaient sur le champignon de la pression fiscale, faisant de la France l'antichambre de l'enfer fiscal dont ils rêvent pour les autres (il va de soi que cet enfer, lorsqu'il commencera à rôtir ces bruyants imbéciles, sera enfin dénoncé, mais nous n'y sommes pas encore, et il sera alors trop tard).
De l'autre côté, à l'exception notable de quelques pigeons par-ci, par-là, la population s'est tenue tranquille. Il y a bien quelques sporadiques mouvements de protestation des amateurs de bière, ou de Nutella, mais alors que le projet de mariage homosexuel n'a eu aucun mal à fédérer contre lui plusieurs centaines de milliers de Français dans la rue, la véritable mise en coupe réglée du pays par un ogre fiscal devenu incontrôlable n'a déclenché que quelques réactions épidermiques.
Enfin, les marchés ont finalement salué la performance de la France en la dégradant une première fois en Janvier (merci S&P), puis en Novembre (merci Moody's). Moscovici a évidemment beau jeu de mettre, comme il est de coutume, ce magnifique résultat au débit de Sarkozy, mais l'assortiment de la note de Moody's avec une perspective négative permet d'écarter ce mauvais raisonnement en montrant de façon limpide que les décisions empilées jusqu'à présent par la brochette d'incompétents actuels ne valent pas mieux que celles de la précédente équipe de bras cassés en charge du Titanic franchouillard.
Pendant ce temps, tout doucement, sans faire trop de vagues, les riches, qu'on conspue et qu'on pourchasse, s'en vont. Et rapidement, les cerveaux, qui attendent d'être payés pour leurs capacités intellectuelles, les suivent. Ils sont bientôt suivis des populations pas encore riches qui ont vite compris qu'en restant, la tonte était assurée et la probabilité de devenir riche, justement, s'en trouvait fortement amoindrie. Au fur et à mesure que les riches s'en vont, que les cerveaux partent, que fuient ceux qui veulent travailler et n'ont pas peur de prendre le risque d'aller voir à l'étranger s'ils sont mieux reçus, les groupes virulents d'aigris et de jaloux se retrouvent dans la délicate position de devoir compter sur eux-mêmes. Et seulement sur eux-mêmes.
Pour le moment, il n'est pas encore question de moiteur des mains et de petites sueurs froides dans le dos, non. On sent juste pointer un petit agacement de ceux qui voudraient bien ponctionner ceux qui partent et ne reviendront pas. On camoufle les faits évidents par des diminutifs (comme marginal, à l'instar de cette pignouferie de presse parue dans Libération presque touchante dans son déni enfantin de réalité). On fait appel au patriotisme, dans des lettres ébouriffantes d'inventivité de la part de Consulats en mal de pépètes. On fomente, en toute discrétion, des exit-taxes bien douloureuses et des questionnaires plus ou moins intrusifs dans le but de dénicher ces salauds de déserteurs. L'idée est toujours la même : tous savent que ceux qui partent, ce ne sont pas les boulets que la République a fait croître et chéri pendant tant d'années qui eux, restent (zut et zut).
Et lorsqu'on regarde quelques statistiques, on comprend que si ce n'est pas encore la panique du côté des ponctionnaires, ça commence à y ressembler du côté des ponctionnés. Et à ce sujet, je vous encourage à prendre connaissance de l'intéressant article de Ghislain Moncomble qui s'est livré à un petit calcul tout simple, en prenant des hypothèses très raisonnables. Le résultat, en termes financiers, est particulièrement préoccupant puisqu'il aboutit à la conclusion que l'expatriation, en temps normal, revient à placer hors des griffes fiscales plusieurs dizaines de millions d'euros qui iront irriguer d'autres économies plus clémentes. Mais l'évolution récente montre bien une accélération de la fuite.
Ce constat est étayé par différents éléments concrets bien palpables. Ainsi, les Français qui décident de partir au Canada s'y bousculent. Le Programme Vacances Travail offre tous les ans des visas aux Français, dont le nombre est soumis à quota. Chaque année, le nombre de jours pour atteindre ce quota diminue. En 2012, les quotas pour l'année 2013 ont ainsi été éclusés en ... 2 jours.
Nombre de jours avant clôture du PVT canada pour les postulants français

Évidemment, on pourra mettre ça sur le compte d'un attrait de la Belle Province et tout le tralala. Mais le prix de l'immobilier (bien plus abordable qu'en France), les perspectives d'emplois (un chouilla meilleures, dirons-nous), la stabilité économique et fiscale du pays, la proximité américaine, etc... tous ces éléments doivent jouer un tantinet en faveur de l'expatriation lorsqu'on comprend que l'avenir en France, pour la plupart des jeunes, se résume dans bien des cas à une relation suivie avec l'ami Paul Employ, et pas seulement sur facebook.
Et si l'on regarde la tendance générale dans différents pays, on constate que les départs se font de plus en plus nombreux. On parle souvent de Londres comme de la 6ème ville de France par le nombre de Français qui y sont installés. Force est de constater que le rayonnement français s'étend bien au-delà de Londres :
expatriations françaises, base 100 en 2006

Comme par hasard, les pays où les Français s'installent sont, fort souvent, bien plus propices au travail et à l'enrichissement que leur propre pays, la Suisse tenant d'ailleurs le haut du pavé - Coïncidence ? Je ne pense pas, et ce n'est pas Pierre Chappaz qui me contredira.
À lire ces statistiques et si l'on veut bien tirer les conclusions où mènent ces exfiltrations françaises, on comprend que l'avenir de la France, pour sa population, se trouve ... hors de France. Les calculs sont assez simples et laissent peu de place au doute : sur l'ensemble du quinquennat de Hollande, la fuite des Français provoquée par les mesures idiotes des socialistes coûtera au pays, au rythme actuel, des centaines de millions d'euros, et des dizaines de milliers d'emplois qui ne seront pas créés ou seront détruits. Le capital et le travail (qui y est attaché) s'en vont d'un pays qui a tout fait pour. Et finalement, lorsqu'on lit, dans la bouche de nos ministres, que tout ne va pas si mal, et, pour certains, que "tout va bien", c'est sous-entendu "oui, tout va bien, bien droit, dans le mur".



Grèce: des opportunités pour les collectionneurs d'art

On le sait depuis longtemps: le malheur des uns peut faire le bonheur des autres. En Grèce l'art pâtit fortement de la crise; les amateurs voient les musées alléger leurs horaires d'ouvertures, les artistes ne trouvent pas de galeries, et les collectionneurs se font de plus en plus rares. Ces derniers n'ont pas disparu mais il est de bon ton de ne pas s'afficher trop dans un pays où l'on tire à vue sur les signes extérieurs de richesse...
La situation économique pousse de nombreux particuliers comme des entreprises à se séparer de leurs œuvres, voire de leurs collections entières. Le marché est d'ailleurs presque saturé par le nombre de pièces d'artistes de renom dont les propriétaires sont pressés de se défaire.
Nous voilà donc devant équation cynique très simple qui fait de la somme de l'urgence et de la concurrence une opportunité.
Difficile cependant pour le collectionneur français de se repérer parmi les nombreux artistes grecs. On connaît la fondation Zervos à Vézelay, la galerie Xippas, l'art cinétique de Takis, et un peu l'histoire des très nombreux artistes de L'Ecole Grecque de Paris ou du fameux galeriste Iolas.

A Londres, Bonhams, l'historique maison de ventes fondée ne 1793 propose sa "Greek Sale" annuelle (mardi 27 novembre) avec le niveau d'exigence qu'on lui connaît, un choix d'œuvres très haut de gamme et de valeurs confirmées que de bonnes affaires.
A Paris aura lieu ce lundi 26 novembre (Drouot - 14h) la première vente d'art grec du XXe siècle. C'est la maison de vente Piasa qui a pris cette belle initiative, flairant l'opportunité du marché grec mais aussi de ses collectionneurs en France, encore peu sollicités dans ce domaine. La ligne de Piasa pour cette vente a été l'accessibilité grâce à des prix des enchères souvent très bas. Cela offre indéniablement de belles opportunités, mais comporte un risque certain pour les cotes des artistes qui n'auront pas vendu malgré des prix cassés.
Le catalogue des 180 lots réalisé par Dimitri Joannides recèle de nombreux grands noms de l'art Grec (Spyropoulos, Ghikas, Tsarouchis, Byzantios, Fassianos,...). La sélection des œuvres est plus variable du fait que certaines ont déjà été présentées en vente récemment ou que certains artistes sont peu connus, même en fin de carrière, mais les prix abordables vont permettre aux collectionneurs d'acquérir des œuvres d'artistes connus dont les prix sont d'habitude dissuasifs.
Il y a de réelles affaires ce lundi parmi les ventes des artistes dont le prix de départ est largement sous leurs cotes récentes tels que Tetsis, Kottis, Prassinos Tsingos, Kessanlis et Akrithakis (qui est de plus avec Moralis un des artistes grecs dont la valeur monte). Un grand format de Yannis Gaïtis (Les grandes Espérances) paraît aussi très sous-évalué.
Ensuite, si les enchères ne grimpent pas, il y a de très belles pièces d'artistes qui sont des valeurs sures comme la Corbeille de Fruit de Pavlos, Chimie de Xenakis ou le Sans titre (1955) de Tsingos.
Pour les néophytes, le catalogue de la vente sur le site de Piasa présente les artistes un à un. C'est une belle immersion dans l'art grec sur un siècle qui poussera certainement certains à se laisser tenter de participer à la vente dirigée par Maître James Fattori, à Drouot ou même en ligne.

Le cœur de l’Europe

Le cœur de l’Europe 


L’Union européenne est la reine du psychodrame. Les acteurs changent, le suspense demeure avec son lot de mesquineries, de marchandages et de petites phrases. On pourrait en sourire, si l’heure n’était pas aussi grave.
Seuls les Grecs, qui n’ont pas souvent l’occasion d’être fiers, le seront en voyant qu’une fois de plus on parle de Marathon. Un nom synonyme de victoire à une époque lointaine, quand Athènes rayonnait. Le marathon budgétaire de Bruxelles est d’un autre ordre. Les Européens s’y déchirent régulièrement. Cette année, la lutte est encore plus acharnée. Elle oppose les « cigales » du Nord aux « fourmis » du Sud, avec, en prime, les Britanniques qui confondent négociation et chantage.
David Cameron s’est lancé dans une imitation de Margareth Thatcher, qui avait jadis « soufflé » ses partenaires en martelant : « Je veux qu’on me rende mes sous. » La cupide Albion n’en démord pas : elle donne trop à une Union qu’elle trompe allègrement à la moindre occasion. François Hollande, qui n’a pas le vocabulaire de Jacques Chirac, n’a pas demandé aux Anglais s’ils voulaient ses attributs sur un plateau, mais le président français n’a pas caché son agacement.
Les crispations du sommet de Bruxelles s’expliquent aisément. L’Europe n’est plus ce club de privilégiés qui roulaient sur l’or. La rigueur frappe partout et face à la crise, les égoïsmes nationaux ont pris le dessus. Le budget présenté aux chefs d’États ressemble, toutes proportions gardées, à celui de bien des ménages : on racle les tiroirs pour trouver le moindre euro. Tous les domaines d’intervention risquent d’être revus à la baisse, de l’agriculture à la politique sociale.
Les coupes attendues dans les aides aux plus démunis laissent augurer de bien des drames. Le nombre des pauvres en Europe a explosé. Toutes les associations tirent la sonnette d’alarme. La faim, que l’on croyait éradiquée en Europe, n’est plus un effroyable souvenir. Alors que les Restos du Cœur ouvrent leurs portes lundi, l’Union européenne aurait bien besoin, elle, de restaurer son cœur.

Tourner la page du sarkozysme

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La crise qui déchire l'UMP ne survient pas par hasard. Certes, elle est déclenchée par les scores équivalents qu'ont obtenus ses candidats à la présidence, François Fillon et Jean-François Copé. Certes, elle est le fruit d'ambitions individuelles féroces, mais la rupture s'explique par une division idéologique profonde au sein du parti conservateur. Elle trouve même ses racines dans la schizophrénie d'une grande partie des dirigeants de la droite, qui ne parviennent pas à conjuguer leur éthique et leurs ambitions personnelles. Ainsi, Jean-François Copé, qui inventa le drame des enfants se faisant voler leur pain au chocolat pour ne pas avoir observé le jeûne du ramadan, passe pour l'héritier radical de Nicolas Sarkozy. Il incarne moins une résurgence néogaulliste du RPR de Jacques Chirac qu'un retour des jeunes loups de l'ancien Parti républicain, libéraux et droitiers. Mais M. Copé a fait équipe avec celui qui osa en premier émettre des critiques publiques contre la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 : Jean-Pierre Raffarin. Les libéraux centristes, comme l'ancien premier ministre Raffarin ou l'ex-ministre de l'éducation Luc Châtel, ont rejoint M. Copé, pour reconquérir le pouvoir. Ils savaient que leur champion devrait ménager une large place à un pôle centriste pour rassembler toute la droite. Ce faisant, ils n'ont pas mené l'indispensable clarification idéologique.
L'équipe de François Fillon apparaît plus traditionnelle, plus provinciale, plus consensuelle. L'unique premier ministre de Nicolas Sarkozy se présente comme un orthodoxe en économie, un modéré sur les sujets de société. Mais celui qui se disait dès 2007 "à la tête d'un Etat en faillite" n'a jamais eu le courage de claquer la porte de Matignon en raison du laxisme budgétaire de Nicolas Sarkozy, ou pour protester contre la dérive sécuritaire, évidente depuis l'été 2010 avec le discours de Grenoble sur les Roms et la déchéance de la nationalité des assassins de policiers. François Fillon est bloqué au centre par l'UDI de Jean-Louis Borloo.
"Nous sommes en train de devenir l'écurie présidentielle du Front national ou de Jean-Louis Borloo. Au choix", a résumé l'ancien ministre de l'agriculture Bruno Le Maire, qui n'a pas choisi entre M. Fillon et M. Copé. Le péril sera encore plus grand pour la droite si François Hollande continue de s'affranchir de son aile gauche et instille une dose de proportionnelle aux législatives, rendant possible une alliance au centre.
Nicolas Sarkozy n'est pas le grand gagnant de cette guerre fratricide. Il en est la cause. C'est lui qui a franchi, lors de sa campagne présidentielle pour 2012, les bornes de la droite fréquentable. Nicolas Sarkozy, faux retraité de la politique, est présenté comme un recours.
C'est oublier l'équation qui fit son succès en 2007. Il était parvenu à réconcilier le centre et la droite populaire. Mais il a échoué, se montrant incapable de réaliser la rupture promise, tandis que son tempérament, qui a crispé toute la société française, l'a disqualifié. Nicolas Sarkozy n'a guère plus de chances de revenir, durablement et avec succès, dans la course que n'en avait son adversaire de 2007, Ségolène Royal.
Si elle veut se reconstruire, l'UMP doit commencer par un inventaire sérieux des années Sarkozy et une redéfinition de valeurs communes.

samedi 24 novembre 2012

Mal à l’Europe

Mal à l’Europe 


Incapables de s’entendre sur la programmation budgétaire 2014-2020, les chefs d’État et de gouvernement des 27 se retrouveront en janvier pour une autre séance-marathon, et sans doute pas la dernière. En soi, rien de dramatique à l’échelle européenne, car c’est une habitude « historique » et il reste du temps jusqu’en 2014.
Malheureusement, à l’échelle mondiale, l’Europe étale une fois de plus sa paralysie chronique devant la prise de décision : vingt-sept « Clochemerle » jurent, certes, dépenser moins – rien de plus normal à l’heure de l’austérité – tout en voulant profiter de leurs subventions pleines et entières. Par exemple, pour les pays du Sud, de l’Europe centrale et orientale, il est hors de question de toucher à leur quote-part de « croissance durable » (mise à niveau) – environ la moitié du budget de l’UE. Et pour la France, ses droits en politique agricole commune (PAC) restent un tabou. Quant au Royaume-Uni de Cameron, il continue à réclamer son chèque de ristourne dans une antienne rebattue depuis l’ère Thatcher…
Mais en-dehors de tous les égoïsmes nationaux, de vraies incertitudes demeurent sur ce budget européen 2014-2020. En 2005, l’ancien Premier ministre Tony Blair prétendait, et à juste titre comptable, qu’une vache était subventionnée à deux euros par jour en Europe, un emploi seulement à quelques centimes, en tenant compte des frais recherche-formation-études… Or, la programmation 2014-2020 ne prévoit guère davantage. Comme elle ne prévoit rien, ou presque rien, pour cette politique d’investissements que la France, en vertu des promesses électorales du président Hollande, voulait adjoindre au traité budgétaire « Merkozy » sous forme de « pacte de croissance ».
Cette Europe telle que nous la vivons ne correspond plus en rien aux idéaux de ses « pères fondateurs ». Sous une administration exubérante en fastes, elle ne semble que savoir servir les lobbies étatiques et privés. Les lobbies financiers aussi. On le verra de nouveau lundi, lorsque la dette grecque (au remboursement impossible) trouvera – une fois de plus – une solution de raccommodage. Évidemment, au détriment des contribuables d’une zone euro interdite de changer de politique monétaire sous le «nein» allemand. Sauf à devoir toujours payer. Même si ses États dont la France ont déjà, chaque mois, beaucoup de mal à joindre les deux bouts.

Échec et PAC !

Échec et PAC ! 


Les dirigeants des Vingt-Sept n'ont même pas cherché à jouer les prolongations. Dès hier après-midi, ils ont mis un terme au sommet consacré à l'établissement du budget européen pour 2014 à 2020, tant les désaccords entre eux étaient nombreux. Mais surtout, ne leur parlez pas pour autant d'échec. Ne leur dites surtout pas que l'Union a fourni une déplorable illustration des égoïsmes nationaux dans des discussions de « marchands de tapis ». Écoutez plutôt nos chefs d'État et de gouvernement clamer leur satisfaction. Angela Merkel, la chancelière allemande, s'est carrément félicitée d'un « état d'esprit très amical et constructif ». Et pour n'être point en reste, François Hollande, impuissant à imposer un compromis, a estimé que ce sommet « utile » constituait une étape.
Tous ont donc voulu donner du temps au temps (en espérant que ce soit de l'argent) en se donnant rendez-vous au début de l'année prochaine. En vérité, ils ont été nombreux à jouer la montre face à des échéances électorales à venir ou des difficultés intérieures. On pense en particulier à Angela Merkel et David Cameron qui ont constitué « l'axe Camerkel », se substituant au moteur franco-allemand, pour réclamer des coupes budgétaires drastiques.
Car ce que ce sommet a révélé, c'est la neutralisation des différentes positions en l'absence d'un leadership européen. Angela Merkel a plus recherché une alliance de circonstance avec Londres qu'avec Paris. La PAC (politique agricole commune) et les fonds de cohésion ont fait l'objet d'un tir groupé.
Dans ces conditions, l'échec était bel et bien programmé. Ce sommet, trop mal préparé par le président du Conseil européen Herman Van Rompu, ne pouvait que tourner au fiasco. D'ici à janvier 2013, les Vingt-Sept devront impérativement s'accorder sur une réévaluation et une redistribution des aides conciliant cohésion, solidarité et soutien à la croissance. Cela impliquera des révisions déchirantes. Et personne n'en fera… l'économie.

Le pathos de la gauche française

Jusqu’où le PS et la gauche française vont-ils aller dans cette voie qui ne mène nulle part et qui trompe les Français ? Quels sont les mobiles des ténors socialistes ?
Que se passe-t-il à gauche en France, et plus particulièrement au PS ? Si l’on se débarrasse du prêt à penser actuel qui nous dicte que la gauche, c’est la lumière et l’altruisme, et que la droite, c’est l’autoritarisme et le racisme, et si l’on considère simplement les faits, on découvre une réalité assez surprenante.
Cela commence par F. Hollande et S. Royal qui, à l’approche des élections présidentielles de 2007, se sont progressivement révélés sous un angle assez peu reluisant en usant et en abusant de ce qui est devenu depuis leur marque de fabrique : l’anathème, les critiques ad hominem, l’ostracisation de leurs adversaires politiques, jusqu’à l’exclusion même de leurs rivaux au sein de leur propre camp. On connaît la façon dont S. Royal a géré sa région, en véritable potentat. On sait combien F. Hollande distribue ses petites piques acérées et méchantes… Tous deux sont progressivement devenus des politiciens borderline, avec cette façon de toujours surfer à la limite de la diffamation derrière une apparence d’homme et de femme « de gauche », forcément purs et épris de morale.

C’est à peu près à cette époque que plusieurs intellectuels courageux et libres ont annoncé quitter la gauche, parmi lesquels un historien réputé qui reprochait à cette dernière d’être devenu « lepéniste ». C’est à cette époque également que quelques philosophes tout aussi courageux et libres commencèrent à dire ce qu’ils pensaient de cette gauche française, à leurs risques et périls bien sûr.
Ce caractère quasi diffamatoire, clairement haineux et revanchard du discours des ténors de la gauche se cristallisa en une sorte de bouquet final avec un débat S. Royal-N. Sarkozy particulièrement navrant de la part de la candidate de gauche : celle-ci aura tenté par les moyens les plus sournois de venir à bout de son adversaire : mensonges, attaques personnelles de l’homme de droite sur des territoires symboliques (les pauvres, les handicapés, le social) que la candidate du PS s’était sans vergogne et depuis longtemps appropriés, surfant sur cette image providentielle de la gauche si savamment construite, si savamment entretenue… Plus révélateur encore, le soir même de sa défaite, la candidate malheureuse appellera, certes entre les lignes, au soulèvement dans la rue, un peu comme si le verdict des urnes n’était pas légitime dès lors que le vainqueur n’était pas de gauche.
Jeter de l’huile sur le feu d’une façon aussi inconsidérée n’était finalement qu’un prélude à ce qui se produisit ensuite pendant toute la durée du quinquennat de N. Sarkozy : la grande majorité des média s’investit comme un seul homme contre le Président honni avec pour unique objectif de le dégommer, quitte à l’empêcher de gouverner. Rien ne fut épargné à cet individu sans doute excité et maladroit mais tout de même courageux pour avoir osé et parfois même réussi à combattre certains blocages de notre pays. Avec un acharnement quotidien, et des moyens des plus douteux (l’affaire des SMS, ou la fausse déclaration d’un journaliste du NouvelObs pour ne citer que ces deux cas), les média se sont déchaînés contre lui et contre sa politique au point de ruiner ses chances d’une réélection.
Parallèlement à ce troisième tour d’une violence inouïe, on assista par chance à un acting out du PS qui en dit long sur son délabrement moral : l’élection en 2008 de son premier secrétaire dans des conditions sulfureuses, dignes d’une république bananière, avec les deux finalistes, M. Aubry et S. Royal, qui se sont mutuellement accusées d’avoir triché dans le dépouillement des voix, chacune accusant l’autre d’avoir manipulé à son avantage les scrutins dans son fief. Cette accusation était même reprise sur le site internet de S. Royal, « désir d’avenir » cette dernière ayant d’ailleurs un instant menacé de faire appel à la justice. En réponse, le clan de M. Aubry la menaça d’une plainte pour diffamation. Un spectacle affligeant mais ô combien salubre : le PS déballait enfin sur la table sa véritable essence, ses véritables valeurs. Mais autant la comparable saillie purulente qui oppose actuellement F. Fillon à J.-F Copé terrassera très certainement le parti de droite, autant l’affaire ne fit pas grand bruit dans les médias, pour les raisons que l’on sait : moins de quatre ans plus tard, un sondage révélait que 74% des journalistes français avaient voté pour F. Hollande à la présidentielle.
Cette élection présidentielle de 2012 fut justement l’occasion pour les ténors de la gauche de passer à la dimension supérieure, avec en particulier un numéro d’équilibriste remarquable de la part de F. Hollande, le candidat qui restera dans l’histoire pour avoir réussi la gageure de nier les problèmes du pays et de se faire élire en flattant le ressentiment et la jalousie anti-riches des français tout en capitalisant sans modération sur l’image exécrable de N. Sarkozy. La rhétorique de F. Hollande a atteint des sommets, sans cesse en train de salir ses opposants, sans cesse à promettre des promesses intenables compte tenu de l’état du pays, sans cesse à flatter l’ignorance économique et une certaine haine de classe bien françaises.
Six mois après ce tour de force dialectique d’une étonnante finesse, mais aussi d’un profond cynisme, on découvre un Président de la République française incapable d’imprimer un programme, et bien pire, incapable de quitter la posture de l’opposant : contre toute attente, F. Hollande, tout comme les ténors du PS, continuent de tirer à boulets rouges sur le précédent gouvernement, comme si les habits du pouvoir leurs étaient trop grand et horriblement inconfortables tellement leur impréparation voire leur inadaptation aux responsabilités les plus hautes sont dramatiques. À ce sujet, le congrès de Toulouse aura montré à qui veut bien le voir des tribuns affamés de vengeance, rancuniers et vindicatifs, remplis de morgue comme s’ils avaient oublié tout d’un coup qu’ils cumulaient tous les pouvoirs : gouvernement, parlement, sénat et médias. Sur l’estrade, le tout nouveau secrétaire du PS, H. Desir, dont l’élection fut encore une démonstration de démocratie comme le PS en a le secret, n’était pas en reste, et a montré combien il avait parfaitement le profil attendu.
Jusqu’où le PS va-t-il aller dans cette voie qui ne mène nulle part et qui trompe les électeurs ? Quels sont les mobiles de ces ténors socialistes ? D’où provient ce système de valeurs malsain dans lequel baigne une gauche française qui se gargarise de morale et d’équité mais qui montre du doigt les riches et les entrepreneurs, qui salit ses opposants et qui refuse d’admettre certaines réalités dérangeantes ? Et combien de temps encore des « intellectuels de gauche » vont-ils nous refaire l’article sur les risques de dérapages droitistes inhérents à la droite française (à l’instar de H. Weber récemment) comme si la France sortait de cinquante ans de dictature ? Ou encore présenter le libéralisme comme une catastrophe mondiale ?
Il y a clairement des personnalités sincères à gauche mais force est de constater que ce ne sont pas celles qui font le plus de bruit. Or, si l’on ne considère que les leaders du PS les plus présents et les plus audibles depuis disons une dizaine d’années, d’un point de vue psychanalytique ou symbolique, tout laisse à penser que la gauche française constitue une  sorte de refuge pour des personnalités en butte avec le réel et qui veulent en découdre avec le Pouvoir et l’Argent, plus exactement avec l’Autorité en général, avec l’Establishment en particulier. Ainsi, à un moment donné, ces personnalités semblent avoir fait le choix d’une voie détournée pour prendre la place de ceux qui sont au pouvoir de façon naturelle. Elles se sont mises à emprunter les techniques qui collent au paradigme socialiste français : primauté du discours sur les faits, mépris de l’économie et des riches, rejet des événements encombrants, fuite dans le langage symbolique, anathémisation des contradicteurs, préférence pour la facilité des promesses doucereuses, appropriation des thèmes moraux et tiers-mondistes, fuite en avant dans le « progressisme »…
Pour avoir fait le choix de la face obscure de la politique, ces personnalités françaises (on ne trouve pas l’équivalent chez nos voisins) souffriraient-elles d’un complexe d’Œdipe mal résolu vis-à-vis de la société toute entière, de son pouvoir et de ses valeurs démocratiques ?

Reconstruire autrement

Reconstruire autrement 

  Alors qu'un deuxième ancien président de la République a, lui aussi, à faire avec la justice, ce qui du reste ne présume en rien d'une culpabilité, voici que se fracasse un grand parti de gouvernement. Il n'est pas le premier certes. On se souvient des déboires du Parti socialiste et de la rivalité des deux candidates à prendre sa tête. Des accusations de fraudes électorales internes avaient couru comme aujourd'hui, au grand scandale des démocrates qui s'attendaient à plus d'honnêteté et de respect des règles internes du parti.

La droite s'était moquée, mais la voici à son tour plongée dans la même lamentable tourmente. Tout cela contribue à faire penser que l'ensemble des responsables politiques, quelles que soient leur appartenance et leur fonction, ont des comportements douteux, voire répréhensibles.
Ce n'est pas à nous de juger les protagonistes de l'incroyable fiasco qui atteint l'UMP. L'impression est donnée que le souci du Bien Commun n'a pas prévalu sur les ambitions des deux candidats. Pourtant, nul doute que ceux-ci aient le sens du service public. Ils l'ont montré auparavant. Mais pourquoi faut-il qu'ils se laissent embarquer par leur rivalité sur des chemins et dans des attitudes qui découragent la plupart des militants de leur parti ? Chacun s'est cru indispensable. Chacun est persuadé d'être le meilleur, ce qui n'apparaît pas si évident quand on constate la répartition des voix entre les deux rivaux.
Espérance et dynamisme
Aujourd'hui, on ne voit transparaître qu'une sorte de haine qui couvait sans doute depuis longtemps. Mais c'est aussi probablement une réalité plus ou moins cachée qui fait surface maintenant. L'UMP n'est pas unie. Elle est divisée en plusieurs tendances plus fortement opposées qu'il n'y paraissait : une droite qui est attirée de plus en plus par l'extrême, une autre davantage orientée au centre. Comment, dans ces conditions, reconstruire une entité crédible et respectée ?
Le gâchis est considérable, pas seulement pour ce parti, pas seulement pour ses adhérents mais pour notre démocratie. En effet, on ne pouvait faire pire pour discréditer les responsables politiques et confirmer le mépris que certains, hélas, leur portent. Les soupçons vont être multipliés. Les procès d'intention vont fleurir, confortant la passivité des citoyens, les détournant de la chose publique, favorisant donc, in fine, l'abstentionnisme aux élections ou les votes protestataires...
La clarification est donc devenue urgente et nécessaire car l'amalgame ancien ne tient plus. De nouveaux regroupements vont apparaître à droite. Pourront-ils s'entendre et coopérer, tant la fracture dénoncée par François Fillon est profonde ?
Cependant, dans la crise que la France et l'Europe traversent, non seulement la droite, mais le pays tout entier a besoin, au contraire, de personnalités politiques de gauche et de droite qui gardent leur sang-froid, s'interdisent les petites polémiques, aient des vues larges et généreuses et soient capables de faire preuve de lucidité. Au lieu de cela, on a plongé le débat politique dans la mesquinerie et l'on donne aux Français et au monde une pitoyable image de notre pays.
Puisse cette crise faire émerger dans les divers partis de véritables hommes et femmes d'État qui pourront dépasser les oppositions paralysantes et donner au pays l'espérance et le dynamisme dont il a tant besoin.

Sommet sur la crise : un nouvel échec de l’Europe

Sommet sur la crise : un nouvel échec de l’Europe


Ouvert avec retard jeudi soir, le sommet européen sur le budget 2014-2020 a été presque immédiatement suspendu, faute pour les participants de pouvoir s’entendre. En espérant que le report, jusqu’à vendredi midi, de leurs réflexions permettrait à une nouvelle proposition de compromis du président du Conseil européen Herman Van Rompuy de faire – la fatigue aidant ? – son chemin dans les esprits.
« Je pense que nous avancerons un peu, mais je doute que nous parvenions à un accord », a déclaré Angela Merkel, sur ce point – et c’est bien le seul, la question de la PAC, notamment, les opposant irréductiblement – d’accord avec François Hollande : « Il est probable qu’il n’y aura pas d’accord à ce sommet. » Pas de position commune entre Paris et Berlin, mais cependant une « approche commune ». Qui est-ce censé rassurer ? Et Hollande ajoute : « On n’est pas dans le sommet de la dernière chance. » Ouf ?
On se demande bien à quoi ont pu servir tous ces apartés des chefs d’Etat et de gouvernement avec Herman Van Rompuy…
David Cameron ne se pose plus la question ; il fulmine ! « Les chiffres qui nous sont soumis sont similaires à ceux que nous avions ce matin avant toutes ces réunions bilatérales », commente-t-on, furieux, dans son entourage.
Mais la Grande-Bretagne entend bien ne pas perdre ce bras de fer. Elle l’instaure, au contraire, sur tous les fronts. Ce même jeudi, le ministre britannique de la Justice, Chris Grayling, a ainsi déclaré aux députés que l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme contre la loi d’interdiction faite aux prisonniers de voter était sans valeur. « En dernier ressort ce Parlement est souverain, ce Parlement peut décider si, oui ou non, il accepte un jugement de la Cour européenne, quel qu’il soit », a-t-il lancé.
Trancher… chez le voisin
En pratique donc, tout le monde est d’accord pour trancher dans les aides européennes, afin d’aider Bruxelles à s’en sortir. Mais à condition que les coups de ciseaux tranchent chez le voisin.
Pour Angela Merkel, c’est clair : « L’Allemagne va regarder ses propres intérêts. » Malheureusement pour nous, pour François Hollande, ça l’est beaucoup moins : « L’Europe, c’est un compromis. (…) C’est non pas la France que je viens défendre, c’est aussi une conception de la politique européenne et de la solidarité. »
Non seulement ce n’est pas clair, mais c’est même inquiétant. Combien d’ électeurs de François Hollande se satisferont de ce propos ?
Quoi qu’il en soit, contrairement à ce qu’il donne parfois l’impression de penser, le président n’est pas seul. Et le scepticisme était de mise avant la reprise, vendredi, des discussions. « J’ai l’impression qu’il sera très difficile de parvenir à un compromis équitable », a souligné le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, qui menace, lui aussi, d’un veto parlementaire si le budget était présenté en l’état.
« C’est infaisable », résume, sous le couvert de l’anonymat, un haut responsable européen.
D’accord sur le désaccord
Puisque tout le monde semble être d’accord sur le point de n’être pas d’accord, le report, à moins d’une improbable entente de dernière minute, paraît vraisemblable. Et certains en semblent plutôt, voire ouvertement, satisfaits. « S’il n’y a pas d’accord, ce ne sera pas dramatique », a ainsi déclaré le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.
On peut le comprendre. Un accord, dans la situation actuelle, provoquerait plus de difficultés encore dans les pays les plus affaiblis. Ce n’est pas parce que certains, au sein de salles de réunion feutrées, paraissent incapables d’en prendre conscience, que les responsables politiques nationaux peuvent se permettre de l’ignorer – n’est-ce pas, François ?
Ainsi, ce même jeudi, les étudiants portugais manifestaient-ils à Lisbonne contre l’austérité. Une austérité qui frappe aussi cruellement l’enseignement supérieur, au point de provoquer peut-être – certains y songent – une nouvelle fuite des cerveaux.
L’Europe ou la patrie
En définitive, et alors même qu’on ne cesse de nous annoncer une sortie de la crise dans laquelle nous nous enfermons depuis quatre ans, cet échec annoncé du sommet européen est le signe manifeste d’une crise plus fondamentale encore, d’une crise institutionnelle – alors même que l’Europe politique n’existe pas encore en tant que telle !
Les compromis que chacun est appelé à trouver désormais paraissent inacceptables au plus grand nombre. Cela se comprend non seulement parce que les Etats-membres de l’Union européenne sont aujourd’hui exsangues. Mais surtout parce que les compromis actuels consistent à remettre en cause ceux d’hier, péniblement mis en place depuis trente ans, et qui fondent – c’est là le point essentiel – la participation de chacun de ces Etats à l’Union européenne.
Or cette Europe ne peut plus survivre que, à l’inverse de Saturne, en dévorant ses géniteurs. C’est absolument clair : dès qu’un homme politique défend son pré carré, le tollé est général, qui dénonce les égoïsmes nationaux s’opposant à l’intérêt général. Mais chacun de ces pays arrive à l’heure ou son pré carré ne peut plus entrer dans le cadre européen…
Le problème est double : institutionnellement, chaque Etat peut opposer son veto, dernier vestige de sa souveraineté, à une décision européenne ; mais pratiquement l’Europe ne peut survivre à ce système de veto.
L’heure est donc critique – si même nos dirigeants en dissimulent la réalité derrière leur politique de compromis. Il faut manger, ou être mangé ; et on est loin, là, du prix Nobel remis à l’Union européenne.
En clair, il faut choisir entre céder aux exigences européennes en remisant son veto sur l’étagère des accessoires historiques, et alors nos pays, nos Etats, nos nations ne seront plus que des appellations sans consistance ; ou admettre que l’Europe, du moins celle qui s’est construite ces dernières décennies, n’est qu’un rêve impossible. 
Un beau rêve, pour ceux que cela consolera…
Mais il faut choisir ! 
Les cabris sont fatigués de sauter !

vendredi 23 novembre 2012

UMP CANIVEAUX

UMP CANIVEAUX



Chine: la maison au milieu d'une autoroute

Un couple de sexagénaire résiste depuis quatre ans à la démolition de leur maison, menacée par une autoroute... Celle-ci est donc restée sur place, contournée par le goudron. 
La situation est incongrue, mais ils tiennent tête. Un couple de sexagénaires refuse de quitter son appartement, situé dans la province orientale du Zhejiang, en Chine. Il devait être rasé au profit d'une autoroute, mais l'immeuble, partiellement détruit, se dresse désormais, totalement isolé, au milieu d'une route 2 fois 2 voies.
Les pelleteuses ont rongé le bâtiment de 5 étages, sauf au niveau des fondations au-dessus desquelles se trouve l'appartement de Luo Baogen, 67 ans, et de sa femme de 65 ans. Le couple lutte depuis quatre ans, pour obtenir une compensation d'expropriation supérieure au montant de 260 000 yuans (32 400 euros) offert par les autorités locales de Daxi, a rapporté le journal China Daily.

Expropriations à la chinoise

Bel exemple d'opposition
Les saisies foncières sont la principale raison des révoltes contre les autorités en Chine, pays où les zones urbanisées s'étendent rapidement, et ceux qui s'y opposent bénéficient généralement de la compréhension de la population.
"Quelle vision. J'espère qu'ils vont tenir bon", confiait un internaute nommé Guangshen Zhuxiaozi sur Sina Weibo, l'équivalent chinois de Twitter.
D'autres ont apprécié la retenue des autorités, qui n'ont pas envoyé d'hommes de main pour expulser de force le couple, ainsi que cela se fait fréquemment en Chine. "Je note un progrès chez les responsables locaux", a écrit un autre internaute.

La "maison-clou" de Chongqing

Cette "maison clou" fait le tour du web depuis quelques jours. Mais l'image n'est pas nouvelle. Il y a quelques années, la volonté de "faire peau neuve" en Chine, a provoqué de nombreuses expropriations urbaines.
En 2007, la "maison-clou" de Chongqing a connu une large couverture médiatique, et fait l'objet de détournements de la part des internautes. Les résidents refusant de quitter leur logement qu'occupait leur famille depuis trois générations. Les promoteurs ont alors creusé tout autour de la maison un trou d'une dizaine de mètres de profondeur, coupant l'eau et l'accès à la maison. Le conflit a duré deux ans avant que l'affaire ne se règle à l'amiable.

Les nano-politiciens

Les nano-politiciens


«Je ne vais pas faire le jésuite, j’ai passé une excellente soirée devant ma télévision dimanche, plaisante le député de Paris Christophe Caresche. Non par esprit partisan. Par pur esthétisme!» Même sourire en coin chez le patron des députés PS, Bruno Le Roux: «Je ne vais pas vous dire qu’on va pleurer…! Le mistigri, on a fait en sorte qu’il parte loin. Ce sont eux qui l’ont récupéré. Eh bien, qu’ils le gardent longtemps!» (le Figaro).  Les socialistes jubilent des malheurs de l’UMP. La presse aussi (voir la une de Libération !) La guerre des chefs qui fait rage permet pour un temps de faire passer au second plan de l’actualité  le naufrage présidentiel. Comment peuvent-ils être bornés, aveugles ou sectaires au point de ne pas voir que c’est le système politique français dans son ensemble qui est en train de faire faillite ! Nous ne sommes plus dans une logique droite-gauche mais dans un Titanic en train de sombrer… Tout est lié à cette tragique inversion des valeurs qui caractérise la vie publique : la politique vécue comme un moyen de réalisation personnelle, de revanche sociale, et non plus comme le seul service du bien commun. Jusqu’où faudra-t-il aller dans la gesticulation et le ridicule pour qu’enfin s’ouvrent les yeux. La France a besoin d’un guide, d’un chef, d’une autorité qui l’aide à sortir de sa torpeur malsaine. Il ne peut venir que de l’extérieur de cette génération de nano-politiciens nombrilistes, je ne sais pas, un genre Raymond Barre, un Philippe Séguin s’ils étaient vivants, un Chevènement qui aurait renoncé à ses dogmes archaïques, un Nicolas Sarkozy renouvelé, avec l’autorité et la  clairvoyance que permet seule l’expérience du pouvoir.

Pourquoi l'exode fiscal n'est pas un mythe

Emmanuel Cotsoyannis, co-fondateur de la start-up Les dîners d'Eloïse, participait le 12 novembre à la table ronde de clôture de la Conférence annuelle des entrepreneurs. Une belle journée organisée dans le grand amphithéâtre de Bercy, avec des discours de Pierre Moscovici et de Fleur Pellerin. Un rendez-vous important pour ces ministres en charge de l'Economie et des PME, soucieux de remettre en confiance les chefs d'entreprise après l'épisode des "pigeons". C'est d'ailleurs bien parti. Le rapport Gallois sur la compétitivité a été loué par la présidente du Medef, Laurence Parisot. Et, miracle, la séquence gouvernementale qui a suivi n'a donné lieu à aucun couac majeur. Ouf.
Rendez-vous deux jours plus tard dans les bureaux du même Emmanuel Cotsoyannis, rue Saint-Fiacre à Paris. On y donne le pot d'adieu d'Hugues Franc, directeur de l'équipe parisienne de Réseau Entreprendre, une association fondée par André Mulliez qui a fait éclore et épaulé des milliers d'entreprises en France depuis 1986. Ancien cadre de Cap Gemini, Hugues Franc est depuis des années un parrain accessible et efficace pour les créateurs d'entreprises de la capitale.
C'est outre-Atlantique qu'il développera Beeleev, un réseau social d'entrepreneurs internationaux. La France? Il a jeté l'éponge: "Les grands corps d'Etat ne comprennent pas la réalité entrepreneuriale." Rideau. Trop d'énarques, trop d'impôts, trop d'instabilité juridique, trop de mépris, trop de réglementations, trop c'est trop. Comme beaucoup d'autres, il quitte le pays.
>> A LIRE Lindsay Owen-Jones, Paul Loup Sulitzer, François de la Villardière... Le témoignage en image de ceux qui ont choisi de quitter la France
Cette fois, il n'y a pas seulement les retraités milliardaires qui partent. Il y a des start-uppers vedettes, des chefs d'entreprise dans la force de l'âge, des cadres supérieurs en activité. "C'est comme un sparadrap qu'on arrache: ça commence petit à petit puis, d'un coup sec, tout vient", constate drôlement Frédéric Quennoz, qui dirige Emile Garcin à Genève: 30% des transactions de cette agence immobilière haut de gamme étaient, en octobre, le fait de Français. Simultanément, les beaux appartements de l'Ouest parisien se vident.
Le déni du gouvernement
Charles-Marie Jottras, président de Féau, n'en revient pas: "Cela fait plus de trente ans que je suis dans le métier et que j'accompagne des gens qui vendent pour quitter la France, jamais je n'ai vu ça." Sachant que la vente de la résidence principale est le point de non-retour, l'heure est grave.
Combien d'exfiltrations de gros contribuables sont-elles en cours? Beaucoup, selon Marc Vaslin, avocat spécialisé aux barreaux de Paris, Genève et Bruxelles, qui officie au cabinet Scotto et traite "un dossier par jour en moyenne". Peu selon Bercy: "Il n'y a pas de mouvement significatif", assure le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, dans Challenges ; "nous n'avons aucun indice d'exil fiscal massif", renchérit le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici dans Le Parisien ; "il n'y a pas de signe d'un quelconque exode", insiste la ministre déléguée aux PME dans Les Echos. Ce déni fait s'étrangler Bernard Monassier, notaire à Paris: "Ils feraient mieux de se taire, je suis tétanisé par de tels propos sans fondements."

Aucune statistique sur le sujet 
Alors, info ou intox? Le gouvernement ne ment pas mais, en fait, il ne sait pas. Car depuis le 1er janvier 2005, les candidats au départ n'ont plus l'obligation d'obtenir un quitus fiscal avant de déménager. Du coup, l'administration a perdu le décompte. La Direction générale des finances publiques effectue bien un suivi des délocalisations des redevables de l'ISF, mais ces chiffres sont parcellaires et remontent à ... 2009. Les sorties nettes d'ISF étaient alors limitées à 466 assujettis. Réputé pour sa sagacité, le fisc français est en fait dans le brouillard. Quand Bernard Arnault, première fortune française, a demandé la nationalité belge, Bercy l'apprend, comme tout le monde, dans la presse!
"Faute de chiffres, le débat reste idéologique", déplore Gilles Carrez, président (UMP) de la commission des Finances de l'Assemblée. C'est pourquoi il essaie d'élaborer un questionnaire pour Bercy, afin de collecter des données plus récentes, comme le nombre d'enfants inscrits ou en attente dans les lycées français de l'étranger, les listes d'immatriculations dans les consulats... "Le mouvement des départs semble s'accélérer, croit savoir Carrez, mais pour le confirmer il faut des données plus récentes. Nous espérons les obtenir avant la fin de l'année."
Bercy veut construire une ligne Maginot fiscale
Abrité derrière sa ligne de communication, le gouvernement s'inquiète. Chez Gide Loyrette Nouel, le plus grand cabinet d'avocats d'affaires français, on confirme que la grande majorité des groupes du CAC 40 a commandé des études pour délocaliser certains hauts revenus, voire tout le comité exécutif, voire le siège social (lire notre article sur le sujet en cliquant ici). On est loin du folklore des "pigeons" qui rêvent de la Silicon Valley et des stars du showbiz coincées à Gstaad.
Mi-octobre, le conseiller en fiscalité de Matignon, Philippe-Emmanuel de Beer, a réuni des avocats spécialisés pour aborder le sujet. Les hauts fonctionnaires de Bercy se mettent à l'oeuvre pour bâtir une ligne Maginot fiscale afin de taper au portefeuille les entreprises et les riches qui passent les frontières. Dès l'élection de François Hollande, le ministère du Budget s'est activé pour appliquer l'Exit Tax votée sous Nicolas Sarkozy mais non entrée en vigueur. Et, à l'occasion du rectificatif budgétaire de fin d'année, il toilettera la législation sur les transferts de filiales ou de sièges, déjà existante mais trop fragile juridiquement.
Dans les quartiers chics de Londres, Genève et Bruxelles, les prix montent
Exit Tax pour particulier ou pour entreprise, le dispositif est prêt pour attraper les émigrés de l'ère Hollande et leur faire rendre gorge de leurs plus-values avant qu'ils ne s'exilent. Pour y arriver, les experts du ministère devront jouer une partie serrée. "La Cour de justice de l'Union européenne n'aime pas trop les dispositifs d'Exit Tax, comme tout ce qui restreint la liberté de circulation, mais en tolère certains, décrypte Laurent Modave, avocat chez Gide Loyrette Nouel. L'administration fiscale française a manifestement regardé de près les régimes étrangers qui avaient survécu aux contentieux et travaille pour rendre ses taxes de sortie difficilement attaquables."
Face à la demande française, le prix du mètre carré grimpe à South Kensington, Cologny ou Uccle, les terres d'asile londonienne, genevoise et bruxelloise. Quelques-uns prennent la route à découvert, beaucoup en catimini, certains se font démasquer. Il s'en trouve heureusement pour... rester. Même s'ils sont malheureux, comme Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister, pour qui "le gouvernement est agressif avec les entrepreneurs et fait fuir ceux qui gagnent de l'argent". Et de finir par un appel aux "pigeons patriotes" : "On n'aime pas son pays pour son gouvernement, on ne quitte pas son pays quand il va mal. Restez! La France a besoin de vous et ça ira mieux plus tard!"

Le juge et le président

Le juge et le président 


Pour la deuxième fois en France, un ancien chef de l’Etat est convoqué chez un juge pour y décortiquer ses finances. Scène inimaginable il y a peu: naguère, on attendait d’abord des hommes politiques qu’ils fassent preuve d’efficacité. Etaient-ils un peu trop malins, on haussait les sourcils, mais cela n’allait guère plus loin. L’élu était un être à part, comme si la cocarde tricolore faisait office de bouclier imperméable aux éclaboussures. Le pouvoir était gage de majesté et souvent d’intouchabilité.
Aujourd’hui, du haut en bas de l’échelle républicaine, l’élu est amené à rendre des comptes, au propre comme au figuré. Avant de gouverner les autres, il est prié de se gouverner lui-même. Les fonds secrets qui se promenaient en liberté dans les ministères, les enveloppes pleines de billets qui payaient en liquide des dépenses singulières n’ont (en principe) plus droit de cité. La République donne la main à la judiciarisation galopante. Sa devise s’est élargie: «Liberté, Egalité, Fraternité, Traçabilité».
L’éventuelle mise en examen d’un élu fait partie des risques politiques; c’est une probabilité statistique dans une carrière électorale.
Même le placement d’un ancien président comme «témoin assisté» n’est plus un coup de tonnerre. On grince ou on lève les yeux au ciel, mais on ne s’en émeut plus: on l’ajoute aux autres pierres qui jonchent le jardin de la démocratie représentative.
Mais si la puissance judiciaire peut faire jeu égal avec le pouvoir politique, elle ne pourra pas éluder éternellement la question du tempo de ses actes, si lents, si décalés par rapport aux autres calendriers – on l’a vu le 6 novembre avec la mise en examen de Martine Aubry dans un dossier lié à l’amiante industrielle, près de trente ans après les faits! Si sanction il doit y avoir, elle ne doit pas survenir à contretemps, comme une incongruité.

Une semaine meurtrière

Une semaine meurtrière 


Depuis ce week-end, le débat à l'UMP a viré au fait divers. Excepté des rebondissements dignes de Règlements de comptes à OK Corral, son suivi, heure par heure, ne présente plus aucun intérêt. Et il ne fait plus rire, si on veut bien prendre un peu de recul.
Pourquoi en est-on là ? Jean-François Copé et François Fillon nourrissent les mêmes ambitions acharnées pour 2017. Leur passé et leur personnalité alimentent des détestations réciproques, désormais irréversibles. Ils ont des approches différentes, sur les priorités et les alliances, pour reconstruire une opposition capable de devenir majorité. Enfin, l'UMP, dans sa loi interne et dans les esprits, est organisée pour n'avoir qu'un chef.
Ainsi, une élection réduite à deux candidats et un résultat étriqué et contestable ne pouvaient qu'envenimer les choses. Même les conflits Chirac-Balladur ou Villepin-Sarkozy ne s'étaient pas exprimés, en public, avec une telle violence. En d'autres temps, ce mauvais Cyrano se serait conclu à l'épée sur l'herbe du Pré-aux-Clercs, près de l'actuelle Assemblée nationale !
Dans le rôle du casque bleu, Alain Juppé n'est même pas certain, dans quelques jours, de sortir un vainqueur incontesté de ce grand déballage. Occupé par l'affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy, au moins provisoirement, ne peut pas être d'un grand secours.
Faut-il s'en amuser ? Non, pour deux raisons.
D'abord, parce que ce fiasco monopolise l'espace médiatique et minimise les sujets lourds. Un exemple : les égoïsmes nationaux qui s'expriment autour du budget européen menacent l'avenir de la politique agricole. Son dépeçage serait une catastrophe pour la France, qui se bat bec et ongles à Bruxelles. Pour les éleveurs de l'Ouest et pour les salariés de l'agroalimentaire qui en dépendent, ce sujet compte un peu plus que le feuilleton de l'UMP.
Ensuite, parce qu'il participe d'un émiettement du paysage politique, dans les deux camps, qui ne sert personne.
Il n'est pas bon, à gauche, que ce qui divise soit plus important que ce qui réunit, au point de rejeter des textes budgétaires ou de contester un projet, voté, d'aéroport. Fragiliser une majorité l'expose aux groupes de pression et menace la cohérence de sa politique. C'est ainsi qu'à vouloir calmer le jeu sur le mariage pour tous, le Président déchaîne les passions dans son camp.
Il n'est pas bon, à droite, de passer son temps à se déchirer et, de temps à autre, à s'en prendre à François Hollande. S'opposer exige une méthode, une organisation, un projet. Faute de quoi, le débat se réduit à une addition de contestations systématiques, de revendications sectorielles, et prépare de nouveaux échecs électoraux.
Il n'y a pas de politique sans donner de sens aux choses, sans mise en perspective. L'émiettement auquel on assiste empêche toute réflexion globale et encourage la protestation catégorielle. L'engagement européen et la crise ne sont pas étrangers à ces radicalisations qui fracturent les deux camps, au détriment des partis de gouvernement.
De ce point de vue, la chienlit à l'UMP nuit à l'image de la politique, à la crédibilité des élus et à l'intelligence du débat. Le premier épisode de l'après-Sarkozy n'amuse que ceux qui n'ont pas idée de ses conséquences. En politique, le ridicule peut tuer.

Pensez aux comptes à terme pour placer vos liquidités

Vous avez déjà fait le plein de vos livrets réglementés (Livret A ou Bleu) et LDD (Livret de Développement Durable) et vous avez des liquidités à rémunérer pour plus de trois ans ? Plutôt que de les investir sur un super livret, en traquant les promotions tous les trois mois, souscrivez un compte à terme (CAT) : ce placement sûr offre encore des taux de rémunération attrayants. A condition de bien choisir votre produit.

Des produits simples à utiliser :
Le fonctionnement d’un compte à terme est simple : votre banque vous garantie une rémunération fixée à l’avance. En échange, vous acceptez de bloquer votre épargne pendant une certaine durée, qui va de un mois à huit ans selon le compte à terme.
Outre l’espérance d’une meilleure rémunération, l’autre atout des CAT est qu’ils sont rémunérés au jour le jour. Ce placement est donc intéressant si vous souhaitez placer des sommes importantes du milieu d’une quinzaine à une autre.
Il existe deux types de compte à termes :
Les classiques offrent une rémunération donnée pour une période fixe. Plus la durée de blocage est longue et plus la somme placée au départ importante, plus le taux proposé sera intéressant. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à changer d’établissement ou négociez avec votre banque une légère majoration de taux : dès lors que vous avez plus de 50.000 euros à investir, il y a toutes les chances qu’elle soit plus généreuse. Seul écueil avec ce type de compte à terme : si vous sortez avant l’échéance prévue dans le contrat, vous récupérerez l’intégralité de votre capital, mais pas tous les intérêts, car vous subirez une pénalité (minoration d’intérêts en général), précisée dans le contrat.
Vous pouvez aussi opter pour un compte à termes à taux progressif. Dans ce cas, la banque vous fournit une grille de rémunération avec un taux qui augmente au fil du temps (tous les trimestres, semestres, ans,…). Au fur et à mesure que vous passez une échéance de taux, vous rémunération globale s’accroît. Avantage de ce type de produit : vous pouvez retirer tout ou partie de votre épargne à chaque changement de taux sans subir de pénalités. Inconvénient en revanche : en général, la rémunération ne devient réellement intéressante qu’au bout de 18 à 24 mois. Si vous comptez placer vos liquidités sur une plus durée plus courte, les CAT classiques sont souvent plus concurrentiels.

Trouver les meilleurs comptes :
Actuellement, pour un compte à terme classique, l’offre la plus compétitive est proposée par ING Direct avec 2% pour 3 mois (uniquement pour les clients détenant un Livret Orange). Certaines caisses du Crédit Mutuel proposent aussi un compte à terme sur 4 ans qui offre 2,65% pendant toute la période.
Si vous êtes plutôt intéressé par un compte à terme progressif, intéressez-vous à celui du Crédit Municipal de Paris (compte à terme solidarité), qui permet de bloquer votre épargne sur 6, 9, 12, 18 ou 24 mois et offre une rémunération allant jusqu’à 3,75% (un taux équivalent à celui du fonds en euros des contrats d’assurance vie). Pour une plus longue durée, au-delà de 36 mois, le compte à terme de VTB, qui permet de bloquer votre épargne sur 5 ans, offre jusqu’à 4,15%. Quasiment aussi bien, celui du CIC propose une rémunération de 1,9 % la première année ; 2,10% la deuxième ; 2,75% la troisième ; 3,10% la quatrième et 3,90% la cinquième.
Astuces avant de souscrire :
A savoir : les meilleurs comptes à terme calculent les intérêts sur l’ensemble de la durée placée, sans facturer de pénalité au moment où vous retirez votre épargne. Et ce quel que soit le moment où vous décidez de clôturez.
Pour plus de souplesse, vous pouvez aussi scinder votre épargne et l’investir par partie sur plusieurs comptes à terme de maturité différente. Vous récupèrerez ainsi des liquidités à des dates fixées à l’avance sans avoir besoin de casser un seul compte à terme.
Attention à l’impact fiscal :
Les taux des comptes à terme affichés par les établissements bancaires s’entendent bruts de fiscalité. Vous devrez donc, chaque année, payer des impôts et des prélèvements sociaux sur les intérêts engrangés, tout comme avec un super livret. Jusqu’à la fin 2102, vous pouvez opter soit pour le prélèvement forfaitaire de 24%, soit intégrer les intérêts à vos autres revenus et être imposés dessus. Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 15,5% sont dus.
A partir du 1er janvier 2013, vous n’aurez plus le choix : les intérêts seront intégrés à vos revenus, et imposés à votre taux marginal, et vous devrez toujours payer 15,5% de prélèvements sociaux. Seuls les ménages qui perçoivent moins de 2.000 euros d’intérêts dans l’année (incluant ceux des comptes à terme, mais aussi des autres placements d’épargne) pourront conserver l’option de prélèvements forfaitaire de 24%
 NIQUER HOLLANDE AUTANT QUE POSSIBLE !