TOUT EST DIT

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dimanche 15 avril 2012

A la Concorde, Sarkozy appelle ses partisans à "un choix historique"

Les cars sont rangés sagement sur l'Esplanade des Invalides. Il n'est pas 14 heures, et les militants UMP pénètrent sagement, drapeau tricolore à la main, sur la place de la concorde. Jean-François Copé monte une première fois à la tribune, se vante de qu'il y a plus de 100 000 participants. Quel est le chiffre exact ? Au moins moitié moins, à l'évidence. La place est clairsemée, avec de grandes allées coupant la foule. Aucun débord sur les Champs-Elysées, la rue Royale ou le Pont de la Concorde. La presse ne peut approcher de la tribune et est renvoyée vertement par un service d'ordre qui a privatisé la place. Des militants de Nantes brandissent leur calicot : "Nicolas, la majorité silencieuse est là."
Pendant que des clips sont diffusés sur des écrans géants, Pal Sarkozy, le père du président, imperméable et pantalon de cuir marron, papote avec Olivier Stirn, éphèmère ministre de François Mitterrand. Les élus arrivent, Françoise Grossetête, députée européenne, s'exclame : "Les gens ont peur, les classes moyennes ont peur pour leurs impôts. C'est pour cela qu'ils se mobilisent." Pierre Lellouche, député du 9e arrondissement de Paris, a arpenté dans la matinée sa circonscription redécoupée. Il estime que "la victoire est possible. Le premier tour se jouera dans un mouchoir de poche", tandis que le commissaire européen Michel Barnier excuse le positionnement droitier du candidat. "Il doit rassembler son camp au premier tour. Mais il est profondément européen", assure l'ancien ministre de l'agriculture.
Quelques people se mêlent à la foule : le chanteur Enrico Macias, le producteur Alain Terzian et le cinéaste Claude Lellouch, qui lâchera plus tard à la tribune : "Dans le scénario qui s'annonce, la France aura besoin d'un grand metteur en scène." Par écran interposé, Véronique Genest et Nadine Trintignant défendent Nicolas Sarkozy. "Je ne suis pas une girouette", dit la première, tandis que la seconde se réjouit de la loi Hadopi.

AVANCER LE DISCOURS POUR DEVANCER HOLLANDE À LA TÉLÉ
A la tribune, le tempo s'accélère. Guillaume Peltier, l'étoile montante de l'UMP et l'ancien ministre socialiste Claude Allègre apprennent qu'ils sont privés de discours. Nicolas Sarkozy a décidé dans la matinée de commencer son intervention à 15h30 au lieu de 16 heures. Officiellement, c'est parce que la pluie s'annonce. En réalité, il ne veut pas se laisser griller par François Hollande qui parle à cette heure-là. Pis, les chaînes d'information continue avaient décidé de diffuser en direct le discours du candidat socialiste, puis, en différé, celui du président sortant. En grillant la politesse à François Hollande, le candidat UMP a été diffusé en premier par BFM TV.
Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, a droit à dire quelques mots, mais la foule peine à entendre sa voix. Claude Guéant arrive essouflé, à ce meeting qui débute si tôt. C'est ensuite le tour de Xavier Bertrand, qui lance à la foule : "Bousculez les sondages !" Pendant que le couple Tiberi, erre clopin-clopant dans les allées, Alain Juppé exhorte les troupes : "Attention au retour en arrière, au rétropédalage dans l'ancien monde. Attention au conservatisme socialiste. Le vrai changement, c'est nous."
Il est 14h55, Frédéric Mitterrand et Luc Châtel arrivent sur la place. Jean-François Copé, l'organisateur de ce rassemblement, monte à la tribune pour la seconde fois : "Nous sommes la France qui marche. Ne lâchez rien. Hollande est le champion du ni oui ni non." Jean d'Ormesson, qui avait organisé avec Nicolas Sarkozy le meeting de soutien à Jacques Chirac sur la même place entre les deux tours de la présidentielle perdue de 1988, se faufile dans la foule. Nicolas Sarkozy est déjà dans sa loge, avec son épouse Carla Bruni en manteau violet, et son fils Pierre, le rappeur.
Pendant ce temps, François Fillon a traversé la Seine. "Durant cinq années, j'ai la fierté d'avoir servi notre pays et l'honneur d'avoir été le premier ministre de Nicolas Sarkozy. Je ne regrette rien. Je ne renie rien. Je ne rougis de rien", assure M. Fillon. "Mais j'espère tout car il nous reste tant de chose à faire ensemble", poursuit le premier ministre. "La gauche est formatée pour répondre oui à tout le monde et dire non à tout ce qui est difficile. (...) La France a besoin d'un chef de l'Etat, pas d'un compteur de bonne aventure, pas d'un homme qui n'est constant sur rien, sauf sur sa sarkophobie."
"N'AYEZ PAS PEUR, ILS NE GAGNERONT PAS SI VOUS LE DÉCIDEZ"
15h25, Nicolas Sarkozy fend la foule. Il a cinq minutes d'avance et s'impose en direct sur les chaînes d'information en continu. Le candidat UMP, donné battu par tous les sondages depuis le début de la campagne, dramatise la situation. "C'est un choix historique que vous allez prendre dans trois semaines (...) Deux voies sont possibles : l'une imposera les solutions du passé, au mieux elle ne résoudra rien. Elle restera prisonnière de tous les conservatismes, de tous les corporatismes. Elle continuera à laisser les frontières s'effacer et la nation s'affaiblir. Au pire, elle découragera la réussite, elle ruinera les classes moyennes, sans enrichir les plus pauvres...L'autre voie, c'est celle qui sera tournée vers l'avenir." Et de conclure : "N'ayez pas peur, ils ne gagneront pas si vous le décidez."
Pas d'annonce pour le grand public, mais un tabou majeur est brisé dans ce discours : celui de la politique de la Banque centrale européenne. "Si la Banque centrale européenne ne soutient pas la croissance, nous n'aurons pas assez de croissance... L'Europe doit apurer ses dettes, elle n'a pas le choix. Mais entre la déflation et la croissance, elle n'a pas davantage le choix. Si elle choisit la déflation, elle disparaîtra. Il faut se souvenir des années 30", assure M. Sarkozy, qui ajoute : "Il ne doit pas y avoir de sujets tabous, il ne doit pas y avoir de débats interdits."
Ainsi, M. Sarkozy rompt, à huit jours du premier tour, le pacte de silence conclu avec Angela Merkel et Mario Draghi, patron de la BCE : ne rien dire sur la Banque et la laisser prendre toutes les initiatives les plus hétérodoxes. Ce pacte, scellé en décembre 2011, avait permis à la BCE d'inonder les banques de liquidités et de mettre fin, au moins provisoirement, aux attaques de marchés sur les pays du sud de l'Europe.
GUAINO FIER DE CE DISCOURS QUI A RATISSÉ L'HISTOIRE DE FRANCE
A la sortie du meeting, Henri Guaino, la plume du candidat exulte. L'eurosceptique a enfin pu aborder le sujet de la BCE. Et le pacte avec Mme Merkel. "Ici, on est place de la Concorde, en France." Ce pacte n'a-t-il pas permis de sauver la Grèce et l'Italie ? "Ce n'est pas suffisant", poursuit M. Guaino, qui continue de prévoir une vague populiste en Europe. Il est fier de ce discours sur la Nation qui a ratissé l'histoire de France, avec Valmy, Césaire, Zola, Victor Hugo. "Je ne sors pas des manuels d'histoire. Il faut que cela parle aux gens."
La foule s'égaie. Ernest Antoine Seillière, l'ancien patron du Medef, repart à pied du meeting, en famille.

Les prisonniers de la campagne


La vie quotidienne des Français est décidément bien oubliée dans cette campagne électorale. Après la viande halal et autres thèmes essentiels, Florence Cassez vient ainsi d'être invitée à l'élection présidentielle. Le voyage d'un ex-ministre au Mexique et une petite phrase du directeur de campagne de François Hollande ont suffi à déclencher une vague d'indignation chez les amis de Nicolas Sarkozy. Même l'avocat et la famille se sont sentis tenus de s'exprimer. Et l'équipe du candidat PS a dû se fendre d'un démenti apaisant. Une tempête dans un verre d'eau, qui montre la nervosité croissante des états-majors des deux favoris au coude à coude dans les sondages à une semaine du scrutin. Hier encore, ce fut aussi au tour de la reconnaissance de « la responsabilité historique » de la France dans l'abandon des harkis. Cinquante ans après, il est temps, mais chacun l'avait déjà compris depuis belle lurette… Chaque parcelle d'électorat, chaque sujet susceptible de déclencher une émotion dans le public devient matière à controverse ou à petite phrase pour gagner quelques milliers de bulletins. Ils sont pourtant bien plus à songer à l'abstention, faute d'entendre parler de leur avenir et de projets concrets susceptibles de répondre à leurs inquiétudes ou à leur rejet de la politique. Les derniers grands meetings de ce week-end sont une des dernières occasions de les convaincre de rejoindre tous ceux qui font encore le choix de voter, tout en éprouvant souvent bien des doutes. Avec des questions bien plus aiguës qu'une éventuelle action en faveur d'une malheureuse prisonnière, prise en otage d'une campagne dont elle reste aussi bien loin.

Étalage de biceps 


À une semaine du premier tour de la présidentielle, François Hollande et Nicolas Sarkozy mesurent aujourd’hui le volume de leurs biceps en organisant leur grand meeting parisien de fin de campagne. Le président sortant mise beaucoup sur le rassemblement auquel il appelle place de la Concorde, où il avait fait une apparition au soir de son élection en 2007, avant de fêter sa victoire au Fouquet’s. Il vient de vivre une semaine difficile, avec un temps de parole audiovisuel aligné sur celui de tous les autres candidats et des sondages à nouveau en berne. Pour lui, c’est peut-être la dernière occasion de reprendre l’initiative.
François Hollande ne peut pas être en reste, sur l’esplanade du château de Vincennes. Lui aussi est désormais noyé à la télé dans la masse des autres candidats. S’il a repris la tête de la course dans la plupart des sondages, ce n’est pas tant parce qu’il a progressé, mais surtout parce que son adversaire a reculé. Le candidat socialiste n’a jamais vraiment réussi à susciter l’adhésion, et s’il mène la course depuis le début, c’est d’abord par antisarkozysme.
Le PS aura fort à faire pour égaler la ferveur des meetings de Jean-Luc Mélenchon, qui a encore rassemblé des dizaines de milliers de personnes, hier à Marseille. Surtout, il faudra rattraper et faire oublier le faux-pas diplomatique mexicain. Voilà des semaines que la droite attaque Hollande sur ses faiblesses à l’international. Cela l’a-t-il poussé à la faute ? Toujours est-il que l’envoi d’une délégation pour « restaurer » la confiance entre le Mexique et la France, se traduit par un bide. La famille de Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison, n’a visiblement pas été consultée sur l’opportunité d’un tel voyage. Elle a été terrifiée par les conséquences de l’initiative. Le rétropédalage de l’équipe Hollande ne redorera pas l’aura mondiale du candidat. Voilà un épisode qui rappelle (douloureusement) aux socialistes celui de la visite, début 2007, de Ségolène Royal sur la Grande muraille de Chine. Avec, cette fois, une dimension humaine plus dramatique que la « bravitude » de l’ex-candidate.
À gauche comme à droite, l’étalage de biceps de cet après-midi aura d’abord pour objectif de se mettre en confiance… ou de retrouver l’espérance. Car la campagne des deux principaux candidats n’a rien eu de flamboyant jusqu’à présent.

LA CONCORDE 



Discours de Nicolas Sarkozy à la Concorde par NicolasSarkozy

FRANCE INDUSTRIELLE EN BERNE

CLAUDE ALLÈGRE DANS "LE POINT"

L’égalitarisme, une passion française

"Salauds de pauvres !" lançait souvent Coluche pour fustiger ceux qui méprisent le prolétariat. En rupture totale avec la pensée dominante, "Salauds de riches !" de Frédéric Georges-Tudo ne cherche pas à défendre les riches mais à combattre les arguments de ceux qui font d'eux les parfaits boucs-émissaires de tous les maux du monde.
Le désir d’État Papa si rassurant s’accompagne d’une vraie passion pour l’égalité, voire l’égalitarisme. Forcément, cela ne joue pas en faveur de ceux qui cherchent à s’élever dans la société. Qui sont donc ces empêcheurs de vivoter en rond qui se piquent de vouloir habiter dans des grandes maisons et rouler dans de grosses voitures ? Ceci alors que notre gouvernement nous garantit qu’il y aura des maisons et des voitures pour tout le monde…
La promesse étant de plus en plus intenable, on aurait espéré que les Français acceptent enfin de croire dans les vertus de la responsabilité indivi­duelle. Ou tout au moins qu’ils commencent à s’intéresser d’un peu plus près aux alternatives permettant de s’en sortir par soi-même. Par exemple, l’entrepreneuriat. Arrêtons là le misérabilisme et notons que certains courageux s’engagent dans cette direction. Plus dynamiques que leurs aînés, ils croient davantage au dicton « aide-toi et le ciel t’aidera ».
Las, une autre frange de la population emprunte le chemin inverse. Moins tolérante que jamais envers les inégalités inhé­rentes à toute société basée sur la méritocratie, elle refuse de prendre son destin en main. Encouragée par Mélenchon et consorts, elle se réfugie dans la revendication du « toujours plus ». Toujours plus de services publics. Toujours plus d’égalité à travers la redistribution verticale. Toujours plus d’intervention publique pour régler les problèmes écono­miques. Toujours plus de droits. Droits au travail, au logement, à la retraite à 60 ans, au bonheur même…
Pour le sociologue François Dubet, ce refus exacerbé des disparités est lié avant tout à une déception. « La France était un État providence qui avait construit toutes sortes de protections sociales contre les aléas de l’existence, explique-t-il dans Le Nouvel Observateur du 12 mais 2011. Pour les cheminots, les paysans, les professeurs… Un modèle efficace en période de croissance et de plein emploi. Or, depuis vingt ans, avec la crise, ce sentiment de sécurité s’est fissuré. Les Français ont l’impression que l’école ne garantit plus les droits, que les grandes entreprises ne défendent plus les emplois. Le désen­gagement de l’État est vécu comme un abandon. » Et comme il faut bien passer cette déception sur quelqu’un, les riches font figure de coupables idéaux.
C’est l’un des principaux reproches adressés à Nicolas Sarkozy : on l’accuse de se préoccuper davantage des intérêts des riches que de ceux de la masse. Oubliées les mesures prises afin de limiter les effets de la crise sur les ménages modestes (crédit d’impôt égal aux deux tiers pour la première tranche, prime de solidarité active de 200 euros versée au début de l’année 2009 aux foyers allocataires du RMI, prime exception­nelle de 150 euros versée aux familles éligibles à l’allocation de rentrée scolaire pour la rentrée 2008, etc.). Évacuées les vingt-deux hausses d’impôt ayant frappé les hauts revenus depuis son arrivée (sur les stock-options, les revenus du capital, les retraites chapeaux, les indemnités de départ, les plus-values immobilières, etc.). Seul le bouclier fiscal reste dans les esprits. Véritable sparadrap du capitaine Haddock pour le « président des riches », le dispositif n’aura pourtant coûté que 550 millions d’euros par an au cours du quinquen­nat. À rapprocher des 822 milliards d’euros de prélèvements obligatoires en 2010…

Extraits de Salauds de riches ! BOURIN EDITEUR (20 avril 2012)

"Il faut arrêter d’avoir, au nom de l’exception française, de fausses bonnes idées qu’aucun autre pays n’a eues"

A une semaine du 1er tour, un collectif de citoyens appelle au rassemblement des compétences. Loin des cercles d'Enarques qui se partagent le pouvoir, ils estiment que l'avenir de la France se trouve dans ceux qui la construisent chaque jour de leurs mains.
Vous avez lancé le 9 avril votre « Appel de Loches », ainsi qu’une "Agence de notation-citoyenne". A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, quel est le sens de votre démarche ?
Michel Godet : Nous voulons montrer que la France d’en bas va bien et que celle d’en haut va mal. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite, mais de gens compétents ou incompétents. Notre appel consiste à dire aux cercles du pouvoir : « Arrêtez de vous battre pour vous accaparer un pouvoir dans le simple but de vous servir au lieu de le servir. Faites place à la compétence. »
Cette année marque le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne D’Arc, venue en 1429 à Loches chercher le roi Charles VII pour l’emmener se faire sacrer à Reims. Aujourd’hui, l’ennemi n’est plus l’Anglais, mais l’incompétence. Les obstacles au changement ne paraissent grands que parce que nous sommes à genoux. Mais si chacun d’entre nous fait un effort, c’est l’ensemble de la société qui bougera. On a une responsabilité d’initiative, et tant qu’on a pas tout essayé on a rien essayé. Dans les territoires, il y a une France qui entreprend et innove, et de celle-là on ne parle pas dans les médias.
Notre objectif est de faire remonter des bonnes pratiques.  Il n’y a pas besoin d’être dans une grande ville pour se battre. Il y a des entreprises de pointe au fond de la Creuse. On y trouve des projets, des hommes de qualité pour les porter et une bonne qualité de vie. Notre message est donc optimiste.

Concrètement, quels sont les différents points de votre programme ?

Le premier est que la compétence l’emporte sur l’appartenance. Si je ne suis ni franc-maçon, ni Corrézien, ni énarque, est-ce que je peux quand même servir mon pays ? Il y a des justes partout, qui construisent des ponts, qui font avancer des initiatives et servent l’intérêt général avant de se servir.
Pour cela, il faut que l’on cesse de mettre les gens dans des cases. Beaucoup de gens ne sont ni de droite ni de gauche, ils sont du côté du bon sens. Je suis pour plus d’impôts, plus de dépenses publiques, à condition qu’ils soient utilisés efficacement. Quand de l’argent public est utilisé pour sauver une usine en difficulté, il faut se demander s’il n’aurait pas pu être utilisé pour créer encore plus d’emploi ailleurs.
Notre troisième objectif est que la France d’en haut, qui se reproduit sur elle-même et agit de façon jacobine, écoute la France d’en bas qui entreprend et innove. Rien ne remplace un vrai parcours d’expérience pour accéder, ensuite, aux fonctions de responsabilité. C’est ainsi que l’on peut au mieux, plus que par des concours, distinguer les compétences managériales et l’esprit de risque et d’innovation qui sont nécessaires pour entreprendre et pousser le pays en avant.
Enfin, il faut arrêter d’avoir, au nom de l’exception française, de fausses bonnes idées qu’aucun pays n’a eues. Les 35 heures par exemple.  Au contraire, il faut essayer de mutualiser les bonnes pratiques, et il y en a beaucoup dans nos territoires !

De quelle façon votre appel se concrétisera-t-il ?

Nous avons créé une Agence de Notation-Citoyenne, qui est une association à but non lucratif. Elle entend promouvoir les idées qui n’arrivent pas à sortir de leur territoire. Nous souhaitons également créer une certification de compétences en innovation, efficacité et efficience pour ceux qui souhaitent ajouter un label de qualité à leur engagement de terrain politique.
Il y a déjà des exemples de politiques qui fonctionnent. Citons Pierre Choux à Dijon, avec son groupe ID’EES qui remet en emploi-marchand des personnes déclarées « inemployables » par Pôle emploi. Ou l’exemple de Jean-Pierre Gorges, député Maire de Chartres, qui développe son agglomération à la vitesse grand V tout en baissant les impôts, chaque année, depuis 10 ans. Quand on est compétent, c’est possible.

JUL
AVEC HOLLANDE LE PEUPLE PAIERA TRÈS CHER LES POTS CASSÉS

ÉDITO INVITÉ 

Liste des paradis fiscaux

La France vient de publier sa liste officielle des vilains petits canards aux yeux du fisc. Une liste qui, au-delà de son aspect touristique, n’est pas complètement anodine.

La France vient de publier sa liste officielle de paradis fiscaux :
  • Le Sultanat de Brunei,
  • Les Iles Marshall,
  • Montserrat,
  • L’île de Nauru,
  • L’île de Niue,
  • Les Philippines,
  • Le Botswana
Tels sont les pays qui demeurent les vilains petits canards aux yeux du fisc français. Cette liste, au-delà de son aspect touristique, n’est pas complètement anodine. Elle a de vraies conséquences pour les entreprises françaises qui y sont implantées ou simplement présentes :  les taux de retenue à la source sur les revenus passifs (dividendes, intérêts, redevances) sont de 50% (au lieu de 15%) dès lors que les flux transitent par ces pays.
Rappelons que les critères (cumulatifs) qui valent à ces pays de figurer sur cette liste propre à Bercy (l’OCDE publie pour sa part une autre liste établie sur d’autres critères) sont :
  • Ne pas appartenir à l’UE (cela évite à coup sûr à l’Irlande, le Luxembourg, Monaco, Andorre ou la Lituanie… d’y figurer).
  • Avoir signé moins de 12 accords internationaux d’assistance administrative — rappelons pour mémoire que tous les États ont le même poids, ce qui relativise les accords passés entre pays qui l’un comme l’autre pratiquent la totale opacité tant capitalistique (anonymat complet des sociétés) que financière (comptes anonymes à N°).
  • Ne pas avoir d’accord avec la France.
  • Figurer sur la liste grise de l’OCDE.
Ce sont ces règles qui permettent à certains pays notoirement connus pour leurs pratiques accueillantes et leur peu d’empressement à répondre aux sollicitations du fisc français, voire à refuser toute communication puisque ne disposant pas d’accords, de ne pas figurer.
Parmi les pays qui, cette année, sont sortis de la liste, citons :
  • Anguilla,
  • Le Belize (sic),
  • Costa Rica,
  • La Dominique,
  • L’île de Grenade,
  • Les Iles Cook,
  • Les Iles Turques-et-Caïques,
  • Le Liberia,
  • Le sultanat d’Oman,
  • Panama,
  • Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
Après la diffusion de la liste des paradis fiscaux, nous attendons avec intérêt celle des « enfers ». Enfin un classement où notre pays figurera en tête !

Les Grecs rejettent le plan UE-FMI, veulent un gouvernement de coalition :

Une majorité de Grecs rejettent le plan de redressement économique imposé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour accorder un prêt au pays et souhaitent que les prochaines élections portent au pouvoir un gouvernement de coalition, indiquent des sondages publiés samedi.
Selon un sondage de MRB 26,2% des personnes interrogées ont l'intention de voter le 6 mai pour un parti opposé à l'impopulaire plan proposé par l'UE et le FMI.
En réponse à une autre question, 66% estiment que la Grèce devrait rester dans la zone euro mais adopter un plan alternatif de redressement économique tandis que 13,2% estiment que le pays devrait quitter la zone euro.
En 2010 la Grèce a demandé à l'UE et au FMI des prêts pour éviter la faillite et a été forcée de remettre de l'ordre dans ses finances.
Afin de faire face à ses déficits budgétaires, elle a adopté des mesures sévères d'austérité entraînant des licenciements, des réductions de salaires et une hausse des taxes.
Selon les statistiques officielles le pays compte un million de chômeurs -- soit plus du cinquième de sa force de travail -- et s'enfonce de plus en plus dans la récession.
Les personnes sondées par MRB pour le compte de l'hebdomadaire "Les vraies informations" ont également porté un jugement négatif sur l'administration sortante du Premier ministre Lucas Papademos, qui a dirigé une coalition de socialistes et de conservateurs qui a contracté un nouveau prêt de la zone euro et procédé à une restructuration de la dette en mars.
Mais plus de 65% des sondés estiment qu'un nouveau gouvernement de coalition serait plus à même de relever les défis auxquels le pays est confronté.
Un autre sondage mené par la société Pulse pour le compte du quotidien Eleftheros Typos donne un résultat semblable avec 64% des sondés favorables à un nouveau gouvernement de coalition.
Le chef du principal parti conservateur Antonis Samaras, a rejeté l'idée d'une nouvelle coalition avec les socialistes.
En juin, la Grèce tentera par de nouvelles mesures de réduire à nouveau ses dépenses de 11,5 milliards d'euros (15 milliards de dollars) à l'horizon 2014 afin de se conformer aux conditions des prêts précédents de l'UE et du FMI.
Tant les conservateurs que les socialistes, qui se sont succédés au pouvoir au cours des trentes dernières années, ont perdu le soutien des partis de gauche, fermement opposés à la politique d'austérité. D'autre part, de nouveaux partis dissidents ont fait surface, ce qui fera de la prochaine campagne, la plus incertaine depuis trois décennies.

samedi 14 avril 2012

Le troisième homme et le deuxième Front


C'est offenser Jean-Luc Mélenchon que lui appliquer cette pseudo-théorie de la boucle qui met tous les extrêmes dans le même sac. Mais qu'il le veuille ou non, le phénomène Mélenchon est constitué des mêmes ingrédients que ceux qui font le succès de ses principales cibles : Nicolas Sarkozy et la famille Le Pen. Bien sûr, les gentils « petits » et les méchants « gros » des uns et des autres ne sont pas les mêmes, mais le populisme politique est le socle assumé des deux « Fronts ». Leurs ennemis - les élites - ne sont pas les mêmes, mais les cercles des supporters du Front de gauche et du Front national ne sont pas étanches. L'électeur ouvrier et protestataire hésite et fait le grand écart, enjambe tous les candidats d'un système qui l'a trop déçu. Troisième homme de cette campagne 2012, Jean-Luc Mélenchon fait les yeux doux aux mêmes électeurs, avec les mêmes méthodes. Celles qu'il a reprochées à Nicolas Sarkozy d'employer quand il aspirait l'électorat du FN avec succès : Le Pen père tombait sous les 11 % le 22 avril 2007. Beau parleur, volontiers agressif, injurieux, menaçant à l'occasion. Mélenchon aussi fait peur. « S'il fait peur, c'est aux nantis » , rétorquent ses soutiens. L'argument est le même à l'extrême opposé ! Au risque de passer pour une « perruche médiatique » qu'il déteste publiquement, on peut constater que son image est devenue aussi marketing que celle de Sarkozy, dont il a récupéré pour slogan le fameux « Cass'toi pov'con ». Ceux à qui le système convient se rassurent : c'est un épiphénomène, il ne sera pas au second tour. Tiens, on disait la même chose de Le Pen… jusqu'en 2002.

“Mes six ans avec Sarkozy”

Comment se comporte le président sortant, loin des micros et des caméras ? Témoignage d'un de ses collaborateurs directs, qui s'est occupé jusqu'en septembre dernier de deux des dossiers les plus sensibles de ces dernières années : l’immigration et la sécurité. 

J’ai mon idée personnelle sur ses qualités et ses défauts. J’ai toujours été effaré par la propagande haineuse qui s’est déchaînée contre lui : les couvertures de magazines indignes : « est-il fou ? cet homme est dangereux, le voyou de la République. » Je me souviens de cette histoire d’un enseignant ayant accolé sa photo dans une salle de classe à l’initiative d’un élève auquel était demandé de représenter « le méchant ». Pour ceux qui le connaissent – même un peu, comme c’est mon cas – le décalage entre la réalité et l’image qui est donnée de lui est sidérant.
Nicolas Sarkozy est un personnage profondément humain, je n’ai jamais vu personne d’aussi accablé en face de la douleur et de la misère des autres. Tout le temps passé à recevoir les parents de victimes, cela n’a rien de protocolaire ou de volonté d’affichage. Il le fait, comme aucun Président avant lui, parce que c’est ainsi qu’il conçoit son devoir, auprès de ses compatriotes malheureux. Laisser entendre qu’il n’aime pas les gens est un mensonge d’une grossièreté infinie. C’est tout le contraire, je l’ai vu à plusieurs reprises, sans la presse, sans les caméras, passer des nuits auprès de chauffeurs d’autobus agressés par des voyous, auprès de jeunes des cités, de commerçants, de policiers, non pour l’affichage, mais pour les écouter et leur parler.
Nicolas Sarkozy ne cesse de travailler, de créer, d’innover, insatiable de réformes, trop seul dans un océan d’inertie : les internats d’excellence, les peines planchers, la détention de sûreté, les jurys populaires en correctionnelle, la suppression de la taxe professionnelle, ce sont des exemples de ses idées personnelles qu’il a imposées contre le conservatisme, y compris d’une partie de son entourage. En matière d’immigration, des réformes considérables ont été accomplies sous son autorité, sur les reconduites à la frontière ou de regroupement familial, qui ont été caricaturées ou ignorées.
Nicolas Sarkozy est un vrai « national », extrêmement remonté contre les aspects bureaucratiques et paralysants de la construction européenne ou les excès de la décentralisation, même si, par pragmatisme, il préfère lutter en coulisse contre ces phénomènes plutôt que de provoquer des crises supplémentaires. Il est le seul, dans la classe dirigeante, à pouvoir se mettre en colère – violente – parce que le drapeau tricolore a été profané ou la Marseillaise sifflée, dans un océan d’apathie et d’indifférence. Quand il dit qu’il veut protéger les Français de la crise, c’est une véritable obsession chez lui. Tout cela, je l’ai vu et vécu. Je connais aussi ses défauts, son incapacité à se taire quand il le faudrait, une confiance parfois excessive envers une partie de son entourage. Mais si par malheur il est battu, je ne donne pas six mois aux Français pour le regretter amèrement dans le chaos qui s’annonce.
Je sais par avance les moqueries et l’indignation, de droite et de gauche, que mon bref témoignage va déclencher, mais je ne demande à mes lecteurs que de croire en ma sincérité et en ma loyauté à leur égard : je ne fais plus partie de “l’entourage” dont on m’a écarté, et je n’ai pas la moindre espèce d’ambition personnelle, surtout pas politique. J’ai seulement envie d’apporter ma part de vérité, même modeste, à la veille d’une échéance importante.

Arrêter le baratin !


« Arrêter le baratin ! », proclamait ces jours derniers l'un des candidats à l'élection présidentielle. Le baratin, c'est-à-dire le langage irréaliste, inconséquent, décalé par rapport aux réalités ; c'est-à-dire aussi les promesses qui, en fin de campagne, ont tendance à fleurir.
Arrêter le baratin est un très bon conseil, mais de quoi va-t-on parler ? De quoi va-t-on débattre ? Jusqu'à ce jour et depuis plusieurs mois, c'est à une sorte de repli sur soi que l'on assiste en France. On ne s'occupe que de nos problèmes franco-français. Ils existent certes, ils sont sérieux et même graves : le chômage en général, le chômage des jeunes en particulier, le logement, la précarité qui s'étend, l'âge du départ à la retraite et le financement assuré de ces retraites dans l'avenir, l'augmentation des impôts, la dette, la sécurité, etc. On comprend bien que les candidats s'efforcent de répondre à toutes ces questions et qu'ils essaient de rassurer les Français en expliquant et en ouvrant des voies plus ou moins nouvelles vers des solutions.
Mais la France n'est pas une île. Si les Français ne s'occupent pas du monde, il faut savoir que le monde se préoccupe de la France et s'inquiète de nous voir si peu conscients des dangers qui menacent. Nous semblons croire, en effet, que l'orage que l'on entend gronder au loin, ne nous atteindra pas. Pourtant après la Grèce, l'Italie, le voici sur l'Espagne. Croyons-nous que, par miracle, il s'arrêtera à nos frontières ?
La dette follement creusée nous rattrape et, si l'on ne prend pas rapidement toutes les mesures nécessaires, elle mettra en péril non seulement le modèle social auquel nous sommes si justement attachés, mais aussi l'ensemble de notre mode de vie.
Regarder la réalité en face
C'est dans la solidarité avec les autres pays, c'est dans le renforcement de l'Europe que nous trouverons notre salut. C'est bien sûr dans l'effort, cet effort qu'ont su fournir d'autres pays, comme la Suède, le Canada ou l'Allemagne. Il n'est pas défendu de considérer ces exemples et peut-être d'en tirer des leçons pour nous-mêmes. Ainsi, l'Allemagne est aussi endettée mais, grâce à l'efficacité de son industrie, à ses exportations, elle peut faire face. Nous en sommes loin.
Pourtant, le temps presse car le monde continue à tourner. Nous devons tenir compte de cette mondialisation et non la nier. En effet, si le monde est en changement permanent, il est aussi en chantier, rappelait récemment le géographe ambassadeur Michel Foucher. Nous ne pouvons rester à l'écart et donc nous devons nous demander quelle puissance nous voulons être au XXIe siècle ? Comment mobiliser les énergies ? Comment nous appuyer sur l'Europe qui est un nécessaire levier ? Il nous faut une vision, de grands projets ; il faut viser haut pour impulser le sursaut, redonner souffle, vigueur, énergie, espérance à notre pays, à sa jeunesse. Mais qui parle de tout cela en cette campagne ?
De toute façon, l'heure de vérité va sonner immédiatement après l'élection du président de la République. C'est alors que, loin des fifres et des tambours de campagne, nous nous trouverons devant la dure réalité, cette réalité qu'il faut accepter de regarder en face dès maintenant, ce qui évitera peut-être d'amères déceptions génératrices hélas de colère.

En attendant la chose sérieuse 


Les deux actes de campagne qui ont secoué les internautes cette semaine ne sont pas les deux défilés des candidats sur France 2, pulvérisés à l’audimat par la série de TF1 « Profilage ». Des millions d’internautes ont regardé la vidéo officielle du candidat Poutou pastichant « Questions pour un Champion » et la vidéo canular d’une sculpturale blonde (Suédoise) chantant sa flamme pour Mélenchon, façon supportrice de Poutine. Deux clips décalés et drôles, originaux et bien ficelés.
Faut-il y voir le signe que cette campagne ennuie les Français ? Ou bien ont-ils déjà fait leur choix ? Les sondages ne bougent plus depuis la poussée Mélenchon. Les candidats répètent des annonces distillées depuis des semaines, se portent les mêmes coups et continueront demain avec les derniers meetings. La mode du chiffrage systématique crée surtout de la confusion et des polémiques. Les commentateurs tournent et retournent les apports et les reports de voix. Si les Français ont plus besoin de se divertir que de plancher sur les programmes, si on n’apprend rien de neuf, c’est que les candidats ont su marquer leur identité et leurs différences. Ils ont fait le job. C’est plutôt une bonne nouvelle.
Le 22 avril, le citoyen passera à la chose sérieuse avec toutes les données en main. En attendant qu’il profite de quelques sourires de campagne.

« Hollande Inch’allah » : le PS drague le vote communautaire

François Hollande n’a échappé à aucun cliché pour draguer le vote communautaire musulman et de banlieue. Dans une vidéo de campagne grotesque, sur fond de « gangsta rap » et ponctuée de témoignages appelant à la « victoire de François Hollande Inch’Allah », le candidat socialiste se présente se met en scène en superstar du ghetto… Pathétique !
Comme l’a révélé un de nos contributeurs, la nouvelle vidéo de campagne pose de nombreuses questions : d’abord parce qu’elle n’est pas officiellement assumée par le PS alors que les moyens mis en oeuvre excluent un montage amateur et parce que les socialistes ne se préoccupent guère des questions de propriété intellectuelle.
Mais le rap Hollande pose d’autres questions. Démocratiques celles-là. Un candidat qui aspire à devenir président de la République peut-il cautionner une tentative si grotesque de racolage de l’électorat musulman et de banlieue ? L’unité nationale doit-elle, sous prétexte de scrutin, être piétinée pour servir des intérêts communautaristes ?
Une drague au vote de banlieue qui manque en plus de subtilité tant les clichés sont lourdingues : une chanson de Jay-Z ; des cartes électorales brandies par des minorités visibles ; des Inch’allah qui pleuvent ; et un montage qui voudrait faire passer la campagne de rentier de François Hollande pour l’élan électoral d’un Barack Obama.

Tous les ingrédients d’une grosse daube de communication politique comme les partis sont si fiers d’en produire. Une vidéo qui n’a d’ailleurs très étrangement que très peu intéressé les spécialistes du Web politique, d’habitude si prompts à poser les questions qui dérangent… mais seulement quand il s’agit de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Présidentielles : la notation des candidats


Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à l’occasion du scrutin présidentiel, ceux qui se déterminent selon ces soucis, premiers, que sont l’existence de la France comme nation souveraine, fille aînée de l’Eglise, et le respect du Décalogue dans le cadre légal et social, manifestent des désaccords profonds. La raison en est évidente, comme le signalent chacun à sa manière Jean-Pierre Maugendre et Bernard Antony dans des articles qu’ils nous autorisent à reproduire.
Nous n’aspirons nullement à l’apparition d’un parti confessionnel. Mais nous ne pouvons que constater l’absence d’un candidat ou d’un mouvement en lice qui ait la volonté d’affirmer et de défendre, pleinement et explicitement, des exigences minimales sur le plan simplement humain – quoi qu’il en soit des nécessités actuelles de la France. Il n’y a pas de mouvement, pas de candidat sur la ligne de départ qui propose le rétablissement plénier de biens qui au fil des ans ont été si bien oubliés qu’aujourd’hui, demander le respect de la vie innocente depuis sa conception et sans exceptions, la protection du mariage dans sa réalité naturelle et le droit des parents de soustraire leurs enfants à des programmes, des méthodes et des embrigadements de la jeunesse tels que les impose la dictature de l’Education nationale, passe pour une forme d’intégrisme.
Pourtant l’idéologie et le totalitarisme sont du côté de ceux qui refusent cela, en totalité ou en partie.
Ce sont les trois « points non négociables » que Benoît XVI a dégagés – il n’a rien inventé – non parce qu’ils sont les seuls axes politiques qui devraient déterminer les chrétiens, mais, me semble-t-il, parce qu’ils sont déjà malmenés et toujours davantage menacés aujourd’hui au niveau mondial, et qu’ils sont la condition pour que le monde marche et donne aux chrétiens la possibilité d’être eux-mêmes.
Parce qu’un monde qui se nourrit de la mort des innocents est un monde déjà mort.
Parce qu’une société qui supporte et soutient l’explosion de la famille qui est son vivant matériau de construction, et qui tente d’imposer le suprême nihilisme qu’est la négation de la différence et la complémentarité des sexes, se dissout nécessairement dans le néant.
Parce que sans le droit de transmettre non seulement la foi, mais même la simple intelligence, il n’y a plus grand-chose à espérer.
Dans le monde catholique de conviction – appelons-le comme cela – on s’interroge pour savoir s’il faut voter ou s’abstenir, en espérant peut-être trouver dans le monde des politiques celui qui, pleinement, aurait la volonté d’instaurer le plein respect de ce bien commun à toute l’humanité – à défaut, dans la dissociété où nous sommes, d’en avoir le pouvoir immédiat.
Les faits sont là hélas – et ils l’ont souvent été au cours de l’histoire du monde : y a-t-il eu beaucoup de pays ou d’époques où les « points non négociables » ont été intégralement respectés ? En chrétienté bien plus qu’ailleurs, mais nous n’y sommes plus.
Mais les chrétiens et les hommes de bonne volonté savent quel est le bien intégral à affirmer, à réclamer, à défendre coûte que coûte, parce que le prix à payer pour son oubli ou son rejet est terrible.
C’est dans cette optique que Reconquête a fait sa notation des candidats, partant d’une première nécessité, celle de sortir de « cette Europe-là » qui impose souvent sournoisement la désintégration morale qui aboutit à la ruine de la société. A ce compte-là, Marine Le Pen arrive en tête, avec 20 sur 40 ; sur les « points non négociables » elle prévoit généralement le statu quo, ce qui est largement insuffisant, avec quelques améliorations (soutien à la natalité et revenu parental, déremboursement très partiel de l’avortement, refus du mariage homosexuel mais maintien du PACS).
Deuxième des cinq candidats évalués, mais sans chance réelle, Dupont-Aignan. Puis Sarkozy : avec 12 sur 40, il est tenu compte de son bilan, mais il est devant François Hollande qui avec 3 sur 40 récolte la note qui sied à un programme digne de Zapatero, dont on a pu constater la réalité et les dégâts. Que faire lorsqu’il ne reste plus que des très insuffisants ? Rémi Fontaine, Denis Sureau se référant à l’Américain Alasdair MacIntyre prônent la dissidence, recommandent l’abstention. Bien d’autres parmi nos « proches » tiennent compte du fait qu’aucun candidat n’est satisfaisant, et rappellent qu’il y a des biens à sauver. Des biens essentiels pour les familles qui sont aujourd’hui le refuge et l’espace de la vraie liberté.
Cela suppose l’affirmation claire de ces biens. Sans complexes. Sans souci de marketing. Sans mensonges par omission non plus, comme le font ces autres groupes qui – au jeu des critères, comme Audace 2012 – notent mieux Sarkozy que Marine, ou Bayrou que Sarkozy, par le simple artifice qui consiste à taire le mal qu’ils ont déjà fait à la France, ou toléré.
Mais il reste des biens à sauver ; nous n’avons pas encore touché le fond.

Hollande appelle à voter massivement pour lui

Chelles (Seine-et-Marne) à voter "massivement" pour lui dès le 22 avril, assurant qu'il était candidat non "pas pour exister le temps d'une campagne", mais pour être "président de la République".

"Oui, j'appelle tous ceux qui doutent, s'interrogent sur la capacité" des politiques à "changer, de venir voter", a lancé le candidat PS à l'Elysée, lors d'une réunion publique en plein air à Chelles.
"Je vous appelle à voter massivement dès le premier tour", a-t-il, poursuivi devant plusieurs centaines de personnes (un "bon millier" selon le PS), ajoutant: "l'enjeu, ce n'est pas le 6 mai, l'enjeu, c'est le premier tour, c'est le 22 que la dynamique va être engagée".
PAUVRE HOMME, BIENTÔT DÉLAISSÉ PAR LES SIENS, CAR SI IL PERD, IL PERD TOUT

Bayrou : "Je porte le rassemblement du pays" (E1

François Bayrou a reconnu vendredi avoir remarqué "les hommages de toute nature" qu'on lui adresse à droite et à gauche.
"Dans un pays en crise, seule la manière de faire que je présente peut permettre de s'en sortir", a-t-il affirmé au micro d'Europe 1. Le candidat centriste a résumé ainsi son projet : "écarter les extrêmes, rassembler les bonnes volontés, avoir un choix majeur, essentiel, qui est de recommencer à produire en France pour créer des emplois, améliorer le pouvoir d'achat et désendetter le pays".
"Je suis celui qui porte l'idée de rassemblement du pays et c'est pourquoi je suis au centre", a de nouveau affirmé François Bayrou.

IL L'A DIT
Un diplomate est un homme qui est payé pour tenter de résoudre les difficultés qui ne se seraient jamais présentées s’il n’y avait pas eu de diplomates 
Hubert Védrine
 UN SOCIALISTE DIT QUELQUE CHOSE DE VRAI ET D'INTELLIGENT
REMARQUONS LE.
 

Lauvergeon fustigée par Sarkozy et boudée par Hollande

Accusé par Anne Lauvergeon d’avoir défendu des intérêts privés dans la gestion du nucléaire français, Nicolas Sarkozy a qualifié vendredi les propos de l’ex-patronne d’Areva de "politicaille". Interrogé dans Les Echos sur la possibilité de confier un portefeuille ministériel à "Atomic Anne", François Hollande affirme que celle-ci est "d’abord une dirigeante d’entreprise". 

Le feuilleton Lauvergeon se poursuit, et les passes d’armes s’enchaînent. Après la sévère charge de l’expatronne d’Areva envers Nicolas Sarkozy, le président-candidat a contre-attaqué. Alors que celle-ci l’accuse d’avoir défendu des intérêts privés dans la gestion du nucléaire français, Nicolas Sarkozy a qualifié ces propos de "politicaille", vendredi, sur i-Télé. "Franchement, Anne Lauvergeon, qui voulait rester à tout prix présidente d'Areva, ne devait pas être gênée par le système qu'elle dénonce maintenant", a-t-il raillé, jugeant du coup sa position "peu crédible".
De plus, Nicolas Sarkozy rappelle qu’"Atomic Anne", telle qu’on la surnommait chez Areva, "est par ailleurs aujourd'hui la présidente de Libération (de son conseil de surveillance plus exactement, Ndlr) dont on connaît l'engagement à gauche". La veille, Anne Lauvergeon s’est livrée dans L’Express.fr à une fronde envers le gouvernement, l’accusant d’avoir voulu vendre un réacteur nucléaire à la Libye jusqu’en 2010. Elle a également accusé Henri Proglio, le PDG d’EDF, d’avoir mis en place "un système de clan" autour du nucléaire français après avoir pris les rênes du groupe public en 2009.

L’agacement du PS

Si à droite, l’initiative d’Anne Lauvergeon, évincée d’Areva en 2011, fait grincer des dents, le PS semble également prendre ses distances. Vendredi dans Les Echos, un journaliste a interrogé François Hollande pour savoir s'il la nommerait ministre en cas d’élection. Réponse du socialiste : Anne Lauvergeon est "d'abord une dirigeante d'entreprise", lâche-t-il. Et de relever que "les personnalités issues de la société civile, aussi talentueuses soient-elles, ont eu souvent des difficultés pour accéder aux fonctions politiques"… L'intéressée a pris acte lors d'une interview sur France Inter, assurant qu'elle n'était pas déçue. "Je dirais : message envoyé, message reçu", a-t-elle indiqué.

Pour mémoire, Anne Lauvergeon fut notamment la sherpa de François Mitterand, chargée de mission pour l’économie internationale et le commerce extérieur. Selon un "confidentiel" du Figaro, la fronde de l’ex-patronne d’Areva agacerait plus d’un socialiste : "Plusieurs personnalités du PS s'indignent d'une démarche jugée avant tout opportuniste." Laquelle viserait notamment, selon le quotidien, à décrocher la direction d’EDF.
En revanche, Anne Lauvergeon serait peut-être la bienvenue chez François Bayrou, s’il l’emportait le 6 mai prochain. Selon le "gouvernement idéal" des gaullistes proches du candidat centriste, l’ancienne patronne d’Areva pourrait faire partie d’un "pôle choc" visant à relancer l’industrie et équilibrer au plus tôt les comptes de l’Etat. Dans un communiqué publié jeudi, Florent Longuépée, ex-compagnon de route de Philippe Séguin, et Xavier Jaglin, ex-villepiniste, soutiens du leader centriste, précisent que Jean Arthuis, Alain Lambert, Jean Peyrelevade et Robert Rochefort complèteraient ce groupe. Encore faudrait-il que François Bayrou reprenne cette hypothèse s’il est élu, et que Anne Lauvergeon accepte le poste.