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mardi 4 décembre 2012
Les coulisses obscures de l'Arche
Les coulisses obscures de l'Arche
Ils avaient voulu embarquer dans un avion 103 orphelins africains
originaires du Darfour en guerre pour les faire adopter ou accueillir
dans des familles françaises prêtes à payer. Mais ces enfants étaient
tchadiens, avaient encore leurs familles, ils étaient couverts de faux
pansements et les familles d'accueil ne connaissaient pas la vérité. Le
procès de l'Arche de Zoë qui débute à Paris, près de six ans après les
faits, devra éclaircir bon nombre de zones d'ombre de ce fiasco
"humanitaire". Même la vogue de l'aide au Darfour à l'époque où les cas
réguliers de dévoiement des bons sentiments de certains bénévoles
n'expliquent pas comment l'affaire a pris une telle ampleur. L'absence
du couple à l'origine de l'Arche de Zoë et manifestement en quête de son
heure de gloire médiatique ne permettra malheureusement pas d'en savoir
plus. Les quatre coaccusés, complices passifs d'une opération qui a mal
tourné, servent surtout de lampistes. Reste à déterminer si cette
épopée lamentable n'a pas été facilitée, sinon provoquée. Elle s'est
déroulée sous les yeux des autorités tchadiennes comme des services
français, très présents sur place, et dont les rapports sont notoirement
compliqués. Instrumentaliser et piéger un gogo ou un Don Quichotte de
passage pour mieux faire pression sur un "ami" n'a rien de nouveau.
Surtout lorsque condamnés puis graciés au Tchad, leur renvoi en France
s'accompagne d'une exigence de dommages et intérêts. L'humanitaire a
bien des vertus mais est souvent instrumentalisé et sert malheureusement
parfois à bien d'autres intérêts que ceux des populations en détresse.
lundi 10 septembre 2012
La première leçon de Professeur Hollande
François Hollande a marqué hier sa grande rentrée sur TF1 en démontrant qu'il avait bel et bien endossé les habits et les responsabilités de président. Sérieux, presque austère, il a montré qu'il était le patron, qui « fixe un cap », parlant à la première personne d'ambition, d'assumer, de responsabilité : « ce que j'ai dit doit être la règle ». Travaillant à sa nouvelle stature, il a surtout veillé à tenir un discours rassembleur, sans montrer du doigt les mauvais élèves. Insistant sur les termes de combat ou de bataille, il a appelé à l'effort de tous, notamment en terme d'impôts, au patriotisme, à l'exemple, à la responsabilité des partenaires sociaux pour négocier vite. Se montrant ferme avec la menace du bâton de l'État, mais aussi rassurant, il a distribué les propos aimables pour les chefs d'entreprises, évoquer la priorité à la sécurité. Il a même un agenda pour fin 2012, puis 2014 et même un objectif 2017 ! Le programme est confirmé, malgré la croissance revue à la baisse et le chômage en hausse, les efforts à faire pour les ménages ou les administrations. Et les réformes, fiscales, du financement de la protection sociale et du marché de l'emploi n'ont pas été masquées. Pas de vraie annonce donc, l'objectif n'était pas là, mais plutôt l'affirmation d'un leadership réaliste, serein, comme pour démonter toutes les récentes critiques. C'était donc bien la rentrée, le prof veut montrer qu'il connaît son boulot, les devoirs s'amoncellent déjà et l'année s'annonce longue avec un programme chargé, sans qu'on en voie le bout. Il va vraiment falloir qu'il explique bien, parce que les leçons vont avoir du mal à rentrer si les bonnes notes n'arrivent pas bientôt.
François Hollande a marqué hier sa grande rentrée sur TF1 en démontrant qu'il avait bel et bien endossé les habits et les responsabilités de président. Sérieux, presque austère, il a montré qu'il était le patron, qui « fixe un cap », parlant à la première personne d'ambition, d'assumer, de responsabilité : « ce que j'ai dit doit être la règle ». Travaillant à sa nouvelle stature, il a surtout veillé à tenir un discours rassembleur, sans montrer du doigt les mauvais élèves. Insistant sur les termes de combat ou de bataille, il a appelé à l'effort de tous, notamment en terme d'impôts, au patriotisme, à l'exemple, à la responsabilité des partenaires sociaux pour négocier vite. Se montrant ferme avec la menace du bâton de l'État, mais aussi rassurant, il a distribué les propos aimables pour les chefs d'entreprises, évoquer la priorité à la sécurité. Il a même un agenda pour fin 2012, puis 2014 et même un objectif 2017 ! Le programme est confirmé, malgré la croissance revue à la baisse et le chômage en hausse, les efforts à faire pour les ménages ou les administrations. Et les réformes, fiscales, du financement de la protection sociale et du marché de l'emploi n'ont pas été masquées. Pas de vraie annonce donc, l'objectif n'était pas là, mais plutôt l'affirmation d'un leadership réaliste, serein, comme pour démonter toutes les récentes critiques. C'était donc bien la rentrée, le prof veut montrer qu'il connaît son boulot, les devoirs s'amoncellent déjà et l'année s'annonce longue avec un programme chargé, sans qu'on en voie le bout. Il va vraiment falloir qu'il explique bien, parce que les leçons vont avoir du mal à rentrer si les bonnes notes n'arrivent pas bientôt.
dimanche 9 septembre 2012
La malle ou le nouveau paquet fiscal
La marque Vuitton n'a jamais autant mérité sa légende d'emblème du
voyage dans la bonne société. La motivation affichée par Bernard
Arnault, 4e fortune au monde, d'obtenir la double nationalité
franco-belge, fait au mieux sourire s'il ne ressemblait à un chantage et
l'annonce qu'il reste "résident fiscal français" ne devrait pas
résister au temps et au vote du projet de taxation à 75 % des plus hauts
revenus. Alors que les avis d'imposition et impôts locaux tombent en ce
moment, toujours à la hausse pour les classes moyennes, l'annonce fait
mal. Surtout pour le président de la République, François Hollande, qui
effectue sa grande rentrée médiatique ce week-end. Histoire d'afficher
son refus de voir son style de présidence, sa méthode et son action
jugées trop vite, une politique demandant toujours du temps pour faire
effet . Sauf qu'en période de crise, les citoyens attendent des
résultats rapides, surtout si on les gave d'annonces et de réformettes.
Et que le temps de réaction de l'économie est bien plus rapide que celui
de la politique : par exemple les hauts revenus ont compris depuis
longtemps que leurs intérêts voyageaient vite, bien et loin comme leurs
bagages de marque. Un dur retour à la réalité pour le président, qui
écoutant les plus idéologues de ses amis, a oublié que le monde est
devenu un village, qu'on n'y circule plus en calèche mais en avion, et
que l'individualisme prime dés qu'on parle argent. Voilà au moins un
premier sujet pour les futurs cours de morale à l'école et pour le
président dés ce soir sur TF1 : l'intérêt du pays passe-t-il par le
nouveau paquet fiscal Ayrault alors qu'on peut se faire facilement la
malle ?
LE MOMENT VIENDRA, OÙ HOLLANDE
S'ENTENDRA DIRE CASSE TOI PAUV'CON !
LE MOMENT VIENDRA, OÙ HOLLANDE
S'ENTENDRA DIRE CASSE TOI PAUV'CON !
samedi 18 août 2012
Le principe de précaution surchauffe
La vague de chaleur qui débute est signalée par un formidable concert de conseils et de précautions. Même si les prévisions de température et de durée sont loin d'atteindre les records de 2003, la leçon de la fameuse canicule et de son cortège de décès prématurés a manifestement été bien enregistrée par les pouvoirs publics et les professionnels de la santé et de l'accueil des personnes fragiles. Il a toutefois fallu quelques années pour que l'ensemble des établissements spécialisés soit équipé pour faire face, et autant pour que les dispositifs d'alerte et d'accompagnement soient mis en branle. Cet investissement en temps et argent a porté ses fruits : pour un pic de fortes chaleurs de quelques jours dans notre région, épisode caniculaire pour le tiers centre et sud de la France, le matraquage préventif est en marche, ministre de la santé en tête, désireuse d'anticiper toute polémique. Un travail indispensable, pour réduire au maximum les incidents, même s'il est difficile de ne pas tomber dans l'excès de zèle ou le catastrophisme, ou dans l'irone face à une telle surchauffe météo. Après tout, en plein été, même au nord de la Seine, quelques jours frisant les 35º en plein soleil, cela semble presque normal et rassurant, surtout lorsqu'on a connu un dernier mois de juillet aussi grisâtre et pluvieux. Cela rétablit la moyenne. Reste que justement, nous n'y sommes guère habitués à cette chaleur. Ce qui doit nous rendre d'autant plus attentifs aux petits gestes utiles pour limiter les risques d'insolation ou de baignades, mais aussi et surtout les autres excès en tous genres dont la Picardie a plus l'habitude le week-end.
La vague de chaleur qui débute est signalée par un formidable concert de conseils et de précautions. Même si les prévisions de température et de durée sont loin d'atteindre les records de 2003, la leçon de la fameuse canicule et de son cortège de décès prématurés a manifestement été bien enregistrée par les pouvoirs publics et les professionnels de la santé et de l'accueil des personnes fragiles. Il a toutefois fallu quelques années pour que l'ensemble des établissements spécialisés soit équipé pour faire face, et autant pour que les dispositifs d'alerte et d'accompagnement soient mis en branle. Cet investissement en temps et argent a porté ses fruits : pour un pic de fortes chaleurs de quelques jours dans notre région, épisode caniculaire pour le tiers centre et sud de la France, le matraquage préventif est en marche, ministre de la santé en tête, désireuse d'anticiper toute polémique. Un travail indispensable, pour réduire au maximum les incidents, même s'il est difficile de ne pas tomber dans l'excès de zèle ou le catastrophisme, ou dans l'irone face à une telle surchauffe météo. Après tout, en plein été, même au nord de la Seine, quelques jours frisant les 35º en plein soleil, cela semble presque normal et rassurant, surtout lorsqu'on a connu un dernier mois de juillet aussi grisâtre et pluvieux. Cela rétablit la moyenne. Reste que justement, nous n'y sommes guère habitués à cette chaleur. Ce qui doit nous rendre d'autant plus attentifs aux petits gestes utiles pour limiter les risques d'insolation ou de baignades, mais aussi et surtout les autres excès en tous genres dont la Picardie a plus l'habitude le week-end.
vendredi 17 août 2012
Sécurité : gesticuler empêche d'articuler
La sécurité ! Le sujet est revenu à la une ces derniers jours, avant
même que les incidents d'Amiens-Nord ne soient placés sous les
projecteurs. Les interrogations sur les centres d'éducation fermés pour
mineurs, la création des fameuses zones de sécurité prioritaires, les
actions contre les camps de Roms datent d'avant la visite de François
Hollande à des victimes d'agression à Grenoble ou son hommage mardi aux
gendarmes tuées en juin. Occuper le terrain sur lequel la droite va
inévitablement attaquer est logique pour le PS, toujours suspect d'être
laxiste. Mais l'impression de cacophonie, entre les prises de position
de la garde des Sceaux Christine Taubira et celles du ministre de
l'Intérieur Manuel Valls, n'éclaire guère la logique qui préside au sein
du gouvernement sur le sujet. Critique du tout-répression et
tout-enfermement contre fermeté martiale et recrutement de policiers, la
caricature est trop simple. Du coup, ces annonces font écho à l'ère
Sarkozy, toujours dans l'émotion et le tout sécuritaire. L'exemple
d'Amiens pourrait pourtant être le déclencheur d'une autre politique, un
temps annoncée. Celle où on cesse d'accumuler des dispositifs, ZSP,
Anru, zone franche, etc., où on évalue leur efficacité et leur
empilement, et où on repense tout en simplifiant, puisque ca ne marche
pas ; et où on rapproche la police des habitants. Cela serait plus
parlant pour les citoyens et plus simple pour les administrations, sans
coûter plus cher. Bref, adopter une façon « normale » de gouverner en
lançant et articulant des réformes de fond et dans la durée, et en les
expliquant, pas en gesticulant et en cédant aux premières pressions de
l'actualité.
samedi 28 juillet 2012
Un phare dans la tempête sur l'emploi
Après les incantations de campagne, la présidence de François Hollande
est déjà confrontée à la dure épreuve de la réalité économique. Le
ministère du redressement productif fait face aux incendies de PSA ou de
Doux, tentant péniblement de reprendre la barre sans en avoir ni les
moyens financiers. Les discours ne suffisent pas à sauver les
entreprises quand il faut plutôt organiser les conditions économiques de
relance ou de reprise et soigner l'attractivité de notre marché de
l'emploi. L'inflation de textes législatifs et de prélèvements n'aident
pas à favoriser la compétitivité, surtout dans les sociétés à fort taux
de main d'uvre. La polémique sur le centre d'appels téléphoniques
délocalisé au Maroc par le syndicat des transports d'Île de France, géré
par le PS, en est le vibrant rappel. Supprimer des emplois en France,
et donc des contribuables, pour faire des économies sur des dépenses
publiques est un comble et revient à se tirer une balle dans le pied. «
La faute au code des marchés publics » rétorque la région Ile-de-France,
mal à l'aise face au patriotisme économique revendiqué par Arnaud
Montebourg. « Éviter la surenchère protectionniste, mais être attentifs
aux intérêts français » a réagi hier le président, en défendant chez
Valeo le rôle des entreprises et de l'innovation. Le phare qui lui a été
offert lui sera sûrement utile pour éclairer enfin la direction qu'il
veut donner aux entrepreneurs et créateurs d'emploi. Il devra surtout
vite moderniser le rapport de sa majorité parlementaire avec l'économie
pour simplifier les réglementations et favoriser ainsi le travail et la
production en France.
dimanche 15 avril 2012
Les prisonniers de la campagne
La vie quotidienne des Français est décidément bien oubliée dans cette
campagne électorale. Après la viande halal et autres thèmes essentiels,
Florence Cassez vient ainsi d'être invitée à l'élection présidentielle.
Le voyage d'un ex-ministre au Mexique et une petite phrase du directeur
de campagne de François Hollande ont suffi à déclencher une vague
d'indignation chez les amis de Nicolas Sarkozy. Même l'avocat et la
famille se sont sentis tenus de s'exprimer. Et l'équipe du candidat PS a
dû se fendre d'un démenti apaisant. Une tempête dans un verre d'eau,
qui montre la nervosité croissante des états-majors des deux favoris au
coude à coude dans les sondages à une semaine du scrutin. Hier encore,
ce fut aussi au tour de la reconnaissance de « la responsabilité
historique » de la France dans l'abandon des harkis. Cinquante ans
après, il est temps, mais chacun l'avait déjà compris depuis belle
lurette
Chaque parcelle d'électorat, chaque sujet susceptible de
déclencher une émotion dans le public devient matière à controverse ou à
petite phrase pour gagner quelques milliers de bulletins. Ils sont
pourtant bien plus à songer à l'abstention, faute d'entendre parler de
leur avenir et de projets concrets susceptibles de répondre à leurs
inquiétudes ou à leur rejet de la politique. Les derniers grands
meetings de ce week-end sont une des dernières occasions de les
convaincre de rejoindre tous ceux qui font encore le choix de voter,
tout en éprouvant souvent bien des doutes. Avec des questions bien plus
aiguës qu'une éventuelle action en faveur d'une malheureuse prisonnière,
prise en otage d'une campagne dont elle reste aussi bien loin.
lundi 3 octobre 2011
« Parce qu'il le vaut bien »
« Semestris horribilis »
Nicolas Sarkozy émerge de deux semaines terribles au plan national. Entre la perte du Sénat, l'échec d'une politique budgétaire européenne capable de faire front à la chute boursière, l'annonce d'un budget de rigueur, la litanie de ses « amis » confrontés à des juges pour l'affaire Karachi comme pour la violation des sources dans l'affaire Bettencourt, les bourdes téléphoniques de Brice Hortefeux, less intermédiaires qui commencent à parler par crainte d'être lâchés, la litanie des casseroles est vraiment longue. À côté, le PS fait vraiment petit joueur avec ses primaires et ses affaires DSK ou Guérini
Même tenue à distance, l'image du président est ainsi suffisamment entachée pour que des fidèles commencent à s'interroger sur l'élection 2012. Il suffit d'entendre les ténors de l'UMP affirmer sans cesse qu'il n'est en rien touché et qu'il est le seul et unique candidat légitime, pour comprendre que le tabou est sérieusement ébranlé. Et que l'échéance de 2017 semble désormais la plus gagnable par la droite, les quadras UMP affichant déjà leurs rivalités à venir. Heureusement, il reste une vraie fidèle qui ne cède rien à cet air du temps contrariant pour le président de la République. La milliardaire Liliane Bettencourt dément aussi fermement lui avoir donné de l'argent pour le financement de la campagne de 2007, qu'elle affirme être prête à « la guerre nucléaire » avec sa propre fille. Avec la chance actuelle du locataire de l'Élysée, il peut s'attendre à la voir placée sous tutelle pour raison de santé dés demain. Et s'il ne peut plus compter que sur des appuis et témoins de cet ordre, toute son année à venir risque fort d'être aussi horrible
vendredi 23 septembre 2011
Des déficits pour optimistes
Seulement 14 milliards de déficit ! Le trou du régime général de la Sécurité sociale prévu en 2012 se veut une bonne nouvelle. À force de déficits sans cesse croissants, on finit par se satisfaire d'une réduction par rapport aux années précédentes. Les branches retraite ou maladie poursuivent même un lent rétablissement
Il serait donc dommage de bouder notre plaisir de contribuable et de ne pas encourager ce travail de réduction des déficits publics et ses premiers résultats. Heureux hasard, les mesures d'économies pour 2012, année électorale, ne sont pas même trop visibles pour la majorité des assurés. La baisse de prix des médicaments est forcément bien vue, mieux que la hausse des taxes sur le tabac et l'alcool ou surtout sur les complémentaires santé, qui se répercutera sur les cotisations. Pourtant, en accumulant les milliards (134 en cumulé fin 2010), on finit d'ailleurs par atteindre des sommes tellement gigantesques qu'elles en deviennent irréelles. Même le remboursement annuel des intérêts des emprunts nécessaires au financement s'évalue en centaines de millions, soit le prix d'hôpitaux entiers. Plus triste, la question du retour à l'équilibre annuel, inconnu depuis 10 ans, ne semble même plus envisagée. Du moins jamais avant des années, au-delà d'un mandat présidentiel
Ce grand plan de retour aux équilibres devra pourtant être débattu un jour entre partenaires sociaux et appliqué, même dans la douleur. Et d'ici là, il reste à espérer que la crise et ses répercussions sur la croissance économique ne mettent pas à mal ces prévisions. Les bonnes nouvelles budgétaires se font rares, en effet.
dimanche 4 septembre 2011
Une dernière séance bien trop tardive
Le procès Chirac n'aura-t-il donc jamais lieu, même si procès des emplois fictifs il y a ? Quinze ans après les derniers faits reprochés, ces fameux emplois fictifs de la mairie de Paris, quatre ans après la fin de son mandat, cinq mois après un précédent renvoi, Jacques Chirac devait être jugé à partir de lundi. La justice française qui ne va décidément pas au même rythme pour tous, notamment pour les affaires d'État, avait pris son temps, entre immunité et lenteurs de procédure, voulues ou non. Sauf que le prévenu est soudain décrit par ses proches comme incapable de participer à trois semaines d'audience en raison d'un état de santé dégradé et d'une mémoire défaillante, rapport médical à l'appui. Mais il insiste, avec élégance ou cynisme, pour que le procès ait bien lieu, sans lui, juste avec ses avocats Car il est bien difficile de croire à une contre-expertise au bilan radicalement contradictoire ou à un nouveau report de ce procès tant attendu. Pas de quoi scandaliser la majorité des Français, attachés à cet homme vieillissant, émus par l'apparente dégradation de sa santé et oublieux de cette vieille affaire. Mais quelle que soit l'issue des débats, ce serait une déception pour beaucoup qui désiraient en savoir plus ou se félicitaient simplement de voir enfin un ancien président traité comme n'importe quel citoyen De quoi remettre au jour les imperfections de notre démocratie et de la séparation pouvoir-justice. En attendant la difficile décision du président du tribunal, la moindre des cohérences voudrait que M. Chirac préserve sa santé en cessant d'écrire ses mémoires et en démissionnant du Conseil constitutionnel
Le procès Chirac n'aura-t-il donc jamais lieu, même si procès des emplois fictifs il y a ? Quinze ans après les derniers faits reprochés, ces fameux emplois fictifs de la mairie de Paris, quatre ans après la fin de son mandat, cinq mois après un précédent renvoi, Jacques Chirac devait être jugé à partir de lundi. La justice française qui ne va décidément pas au même rythme pour tous, notamment pour les affaires d'État, avait pris son temps, entre immunité et lenteurs de procédure, voulues ou non. Sauf que le prévenu est soudain décrit par ses proches comme incapable de participer à trois semaines d'audience en raison d'un état de santé dégradé et d'une mémoire défaillante, rapport médical à l'appui. Mais il insiste, avec élégance ou cynisme, pour que le procès ait bien lieu, sans lui, juste avec ses avocats Car il est bien difficile de croire à une contre-expertise au bilan radicalement contradictoire ou à un nouveau report de ce procès tant attendu. Pas de quoi scandaliser la majorité des Français, attachés à cet homme vieillissant, émus par l'apparente dégradation de sa santé et oublieux de cette vieille affaire. Mais quelle que soit l'issue des débats, ce serait une déception pour beaucoup qui désiraient en savoir plus ou se félicitaient simplement de voir enfin un ancien président traité comme n'importe quel citoyen De quoi remettre au jour les imperfections de notre démocratie et de la séparation pouvoir-justice. En attendant la difficile décision du président du tribunal, la moindre des cohérences voudrait que M. Chirac préserve sa santé en cessant d'écrire ses mémoires et en démissionnant du Conseil constitutionnel
mercredi 10 août 2011
Encore une leçon des Anglais !
Ça chauffe à Londres et dans plusieurs autres grandes villes britanniques, à quelques encablures de lieux très appréciés des touristes français
Ces actes nous parlent en France, notamment après les émeutes des quartiers de 2005 et les étés chauds des années 1980. Pas plus que nous, notre voisin au communautarisme assumé, ne semble finalement avoir réussi à maîtriser ses quartiers difficiles, l'exclusion et la criminalité qu'ils génèrent. Même si la City a résisté hier à la tentation du krach financier, la crise financière mondiale n'est peut-être pas si innocente dans cette soudaine flambée de violences et de pillages qui touche des quartiers défavorisés. Les mesures d'économie drastiques prises par le nouveau gouvernement conservateur britannique ont touché en premier les budgets sociaux, de l'éducation et de la santé. Autant d'argent qui permettait d'atténuer les rigueurs de la crise de l'emploi, qui frappe aussi l'Angleterre. Car les exclus du système sont là-bas aussi, surtout les jeunes et les minorités. Le rappel des limites et des risques des politiques d'austérité touchant d'abord les populations fragiles, est brûlant, particulièrement en cet été où la récession s'annonce, sitôt la crise financière passée. La France devra elle aussi y songer, tant pour préserver son modèle social, certes imparfait, que la paix dans les quartiers, déjà mis à mal par le manque de qualification et d'éducation, y compris familiale, le chômage, l'absence de perspectives mais aussi de moyens pour pallier l'ennui. Le déploiement de policiers en grand nombre ne résout les problèmes qu'un temps... Mais cela, nous, on le sait déjà !
jeudi 4 août 2011
Des montagnes russes à la roulette russe
Les montagnes russes sont le manège préféré des marchés financiers. Après le sauvetage de la Grèce, ils sautent au déficit des USA, puis replongent sur la zone euro et les finances italiennes et espagnoles
Avec à chaque fois, un court yoyo des bourses, optimistes puis en recul, histoire d'encaisser quelques bénéfices
Et chaque nouvel indicateur économique, négatif, d'emploi, de consommation, de croissance, provoque un nouveau soubresaut. Une instabilité qui rend fou, puisque chaque hoquet des agences de notation malmène les finances des états, qui dépensent des centaines de milliards pour se défendre ou lancent des plans de rigueur. Et ils se font ensuite malmener car soit trop dépensiers, soit en récession. La peur s'auto-alimente. Les signaux négatifs des dettes publiques et la menace d'une dégradation de note et d'une hausse de taux d'intérêt rendant le remboursement plus onéreux appellent des plans de rigueur et la frilosité des investisseurs, inquiets, alimentant la récession. Suivent une baisse de la consommation, puis de la production et des échanges mondiaux et des crises sociales, pouvant se propager d'Occident en Orient. Ce scénario à la grecque est pourtant totalement contraire aux intérêts même des marchés. Un jeu de roulette russe que seules des décisions politiques fortes, instaurant de vrais outils de régulation, notamment via la Banque centrale européenne, peuvent encore empêcher. Et si la volonté manque encore, il ne semble pourtant pas qu'on puisse attendre le prochain sommet du G20 à Cannes, en novembre, pour réagir et montrer leurs limites aux marchés.
mercredi 27 juillet 2011
Règle d'or et langue de bois
Les déficits publics sont décidément dans l'eil du cyclone. L'épisode grec a commencé à faire réfléchir plus d'un gouvernant, se référant à la nouvelle bible des agences de notation
Nicolas Sarkozy ne fait pas autre chose en invitant les parlementaires de tous bords à instituer une « règle d'or » dans la Constitution, préconisant un retour progressif à l'équilibre des comptes publics. Une proposition que le Président, qui travaille son image d'homme responsable et de rassembleur, sait déjà rejetée. La gauche refuse d'être contrainte en cas de victoire en 2012 et accuse la majorité d'avoir gonflé la dette de 450 milliards en quatre ans (sur 1 650), critiquant niches d'impôts, bouclier fiscal, TVA pour les restaurateurs. La droite objecte crise, baisse des recettes fiscales, plan de relance, réforme des retraites
Au final, ce sujet crucial devient un énième dialogue de sourds ou de petites phrases, alors que chaque parti est conscient du problème et des risques encourus. Le gouvernement se garde d'évoquer le terme de rigueur mais réduit effectifs et budgets, les citoyens ne veulent pas entendre parler de coupes dans les services publics, ni payer plus d'impôts, pas plus que les entreprises. Une inertie collective accrue par une année électorale où nulle décision majeure et forcément impopulaire ne sera prise. Le temps pour les candidats de reporter la note à après-demain, même si elle est chaque jour un peu plus salée. Cette campagne est pourtant l'occasion idéale d'exposer les solutions concrètes de chacun. Car la prochaine présidence sera placée sous le joug de la dette plus que des incantations et des promesses.
mardi 26 juillet 2011
Dangereuse traversée du plafond
À peine le plan de sauvetage de la Grèce bouclé, une nouvelle échéance se profile à l'horizon des bourses du monde, engendrant de nouvelles tensions et de nouveaux risques pour les économies nationales. Malgré des semaines de discussions entre les républicains et l'administration de Barack Obama, le relèvement du plafond de la monumentale dette publique américaine de 14 300 milliards de dollars n'est toujours pas validé. Faute d'un accord politique au 2 août, les États-Unis pourraient être déclarés en défaut de paiement. Une issue peu vraisemblable mais qui suffit à alimenter l'incertitude des investisseurs à travers le monde et à créer des effets d'opportunité pour tous les spéculateurs, qui rebondissent d'une crise à l'autre. Une nouvelle fois, la stabilité de l'ensemble de l'économie mondiale est soumise aux hésitations de quelques hommes politiques, relayées par les agences de notation et amplifiées par la crainte des financiers de perdre gros. Un climat où la psychologie importe autant que les fondamentaux de l'économie. Depuis la crise de 2008 provoquée par les investisseurs financiers et les banquiers, ces derniers préfèrent nettement pointer du doigt les errements des déficits des États que de remettre en cause leurs bonus encaissés souvent grâce à leurs analyses et paris sur les résultats économiques et dysfonctionnements des budgets des nations modernes. USA en tête, peu de pays semblent se soucier de leur dépendance croissante à ces flux financiers incessants, volatiles et parfois irresponsables. Le renoncement à tout contrôle de ces marchés risque pourtant à terme d'enterrer lui-même ses meilleurs défenseurs.
jeudi 21 juillet 2011
Déballage sordide et arrière-pensées
Le grand déballage se poursuit et s'amplifie autour de l'affaire DSK. Depuis la plainte pour viol de Tristane Banon, les auditions des proches et personnes au courant de l'agression présumée s'enchaînent, tout comme les fuites provenant des milieux proches de l'enquête. Une suite d'affirmations ou allégations, de détails privés et de règlements de compte, qui vire petit à petit au sordide, sans que cela n'éclaire vraiment la réalité ou la gravité des faits reprochés. Après l'entreprise de démolition publique menée aux USA, l'étape française est encore plus pernicieuse puisqu'elle salit une bonne partie de l'entourage de l'ancien président du FMI, suspect au mieux de n'avoir pas dénoncé les faits ou d'avoir fermé les yeux. Et si l'image d'un DSK paraît définitivement ternie, sinon pire, une autre cible apparaît en filigrane : François Hollande, qui aurait su, mais n'aurait rien fait. En impliquant dans le dossier, même de manière collatérale, ce candidat du PS à la présidentielle toujours bien placé dans les sondages, les auteurs des fuites savent qu'ils jouent sur les effets pervers de la rumeur et du temps. Un mélange des genres dangereux, dont les médias et les citoyens vont devoir se méfier dans une année préélectorale cruciale. D'autant que le prologue américain et ses rebondissements ultérieurs ont montré la prudence avec laquelle il fallait manier ce cocktail sexe-pouvoir-argent et politique, idéal pour le scandale. Et ne pas oublier les vertus du respect de la vie privée, à l'heure où les excès des journaux trash britanniques sont cloués au pilori.
mardi 19 juillet 2011
Happés par le piège afghan
L'hommage rendu ce jour par la République aux sept soldats français tués en Afghanistan la semaine dernière est la moindre des reconnaissances pour ces jeunes hommes engagés à l'autre bout du monde. Il doit aussi faire penser à ces centaines de blessés, laissés dans l'ombre depuis dix ans. Il remet en lumière cette guerre, dont l'objectif s'est dissous et dont nul ne voit plus le bout. Et ce n'est pas l'annonce récente par le président d'un retrait de mille soldats d'ici fin 2012, puis celui des 3 000 autres d'ici 2014 qui va rassurer. Les Canadiens viennent de terminer leur repli, après bien d'autres nations. Le relais aux soldats afghans, souvent corrompus ou infiltrés par les talibans, ne suscite guère de confiance. Entre corruption des anciens chefs de guerre promus au gouvernement et le trafic florissant de la drogue, la sécurité du pays recule, avec toujours plus de morts, comme encore hier un proche conseiller du président assassiné dans sa maison à Kaboul même. L'ONU elle-même semble avoir renoncé, retirant vendredi 14 chefs talibans de la liste des sanctions, dans l'espoir de les distinguer d'Al-Qaïda et de tenter de nouer un dialogue. De quoi faire sourire ces combattants qui renforcent peu à peu leur emprise morale et politique sur le terrain, à défaut d'être triomphants par les armes. Plus que jamais, le débat sur le maintien sur place de nos forces armées pendant encore trois années promises à une escalade de la violence doit être réengagé. La lutte contre le terrorisme a d'autres voies que celles des vallées afghanes et de l'alignement sur les États-Unis
lundi 23 mai 2011
La reconquête bientôt sur les écrans
Loin du tapis rouge de Cannes et du film « La conquête » sur son accession au pouvoir, Nicolas Sarkozy est allé modestement glaner quelques lauriers en Côte d'Ivoire. Au terme de six mois de crise politique et de guerre civile, il était le seul chef d'État européen à l'investiture du président Ouattara, à côté du patron de l'ONU. Depuis un mois, l'actualité s'est détournée de ce pays, où résident plusieurs milliers de Français. Mais cette visite sobre illustre le nouveau Nicolas Sarlozy. S'il intervient, « c'est à la demande de l'ONU » ; s'il laisse des troupes sur place, « c'est pour la sécurité, pas pour assurer la stabilité d'un gouvernement, fut-il ami ». On aimerait y croire ! Mais si la France parvient à accompagner une vraie transition démocratique et la réconciliation entre Ivoiriens, il pourra se targuer d'une dimension internationale, comme celle qui l'a fait devenir étendard de la révolte libyenne. Cette stature à peaufiner durant les réunions du G8 et du G20 de l'année forme un axe de sa reconquête de l'électorat. En France, il pourra bientôt faire oublier les mesures impopulaires du passé en élaborant un prochain budget national moins austère, présenté comme la récompense des efforts des Français. Nicolas Sarkozy construit ainsi sa nouvelle image d'homme d'État, doté d'une carrure mondiale. Cette stratégie à petits pas, ces ingrédients s'ajoutent pour transformer le vibrionnant « bling bling » trop bavard de 2007, en sage pour 2012, en père de la Nation, artisan de la démocratie dans le monde. Un pari osé mais que la mise sur la touche de son principal concurrent et les divisions et faiblesses de ses autres adversaires rendent désormais possible.
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