mercredi 22 juin 2011
Quelquefois les chiffres en disent plus long que tous les discours, surtout politiques. Ainsi, fin 2004, 8 000 soldats de l’ISAF, essentiellement issus des pays de l’OTAN, étaient déployés en Afghanistan pour pacifier et démocratiser ce pays. Question de mois, disait-on... Ils étaient 50 000 soldats à l’automne 2008. Et 140 000 au début de cette année, Américains aux trois quarts, auxquels il faut encore ajouter près de 18 000 hommes exclusivement sous commandement américain...
Inutile d’être grand stratège pour expliquer le gonflement des effectifs de l’OTAN (et ceux des candidats à l’Alliance atlantique) année après année: en Afghanistan, la situation est de plus en plus incontrôlable. Les « talibans » (terme générique qui regroupe une bonne dizaine d’organisations dont al-Qaïda et d’authentiques résistants à l’«occupation étrangère») sont aujourd’hui actifs dans environ 75 % du pays. Ce n’est pas tout: longtemps considérée comme une «marionnette» des Occidentaux, le président Karzaï s’en prend aujourd’hui ouvertement à ses protecteurs en dénonçant – souvent avec raison – les bombardements incontrôlés. Depuis longtemps, il a pris langue avec certains groupes «talibans». Quant au Pakistan lui-même en proie au terrorisme, pourtant officiellement meilleur soutien des États-Unis dans la région, il pratique un double langage, tantôt donnant refuge aux talibans et à al-Qaïda dans la «zone tribale», tantôt les combattant au gré des intérêts de ses services secrets, un État dans l’État...
Face à ce marasme, l’évidence s’impose: cette guerre est, sur le terrain politique, perdue pour les États-Unis et pour ses alliés. Encore faut-il savoir sortir du bourbier la tête haute. C’est ce que tentera de faire Barack Obama aujourd’hui dans un exercice qui ressemblera fort à son discours de «sortie d’Irak». À une différence près: toute l’OTAN est concernée par les événements d’Afghanistan. Et qui dit OTAN, dit aussi Europe. Même si dans le Vieux continent, et particulièrement en Allemagne, on se réjouira de ce désengagement à terme (bien qu’annoncé sous mille nuances politiques...), il marquera aussi une défaite idéologique. L’Occident qui voulait imposer ses valeurs jusqu’à délivrer les femmes afghanes de la burqa a échoué. Ailleurs dans le monde, on s’en souviendra...
Cette cruelle expérience ne doit surtout pas être répétée en Libye. Face au régime de Kadhafi, les Européens sont directement à la manœuvre, avec Français et Britanniques en tête devant les États-Unis de plus en plus en «réserve» militaire et politique. Or, malgré les rodomontades annonçant comme imminente la chute du dictateur libyen, ce conflit s’éternise. Il a déjà coûté plus de 100 millions d’euros en trois mois au contribuable français. Selon les amiraux, la capacité d’intervention du groupe aéronaval français atteint la limite de ses capacités techniques. L’«Air chief mar-shal» de la «Royal Air Force» et le «First sea lord» de la marine britannique ne disent pas autre chose. Et d’autres engagés sur le théâtre libyen comme les chasseurs danois rentrent chez eux après avoir épuisé toutes les munitions de leur armée de l’air...
Comment quitter le ciel de la Libye ? La solution militaire s’éloigne. Le jour des négociations, peut-être déjà engagées par les «démocrates» de Benghazi, approche. Cette fois-ci, ce sera aux Européens, surtout franco-britanniques, plus qu’aux Américains, de savoir s’y prendre à temps...
Les Grecs devront-ils vendre l’Acropole à un émir du Qatar, le Pirée aux Chinois et une île paradisiaque des Cyclades au dernier ami en cour chez Madame Loréal pour éviter la banqueroute et sauver l’euro ? Le scénario de la crise est digne d’une tragédie grecque. Le président Papandréou doit sacrifier la croissance et le bonheur de son peuple pendant quatre ans pour apaiser la colère de la déesse Europe, repousser l’hydre et les cerbères du FMI, éloigner les foudres du dieu Marché. S’il écoute l’agora qui gronde, son peuple qui n’honore plus les factures et les retraités athéniens désespérés au milieu des ruines de l’austérité, il refusera le plan de l’UE et du FMI entraînant tout un continent et sa monnaie unique dans les abysses boursiers et l’abîme du déficit. Si Athènes tombe, Rome vacillera très vite. Et Paris tremblera aussitôt car le Portugal, l’Irlande, l’Espagne sont promis et soumis au même sort que la Grèce. Pour le moment impitoyable avec Papandréou, l’Europe n’a pourtant pas le droit d’abandonner la Grèce à son triste déclin. L’UE porte une lourde part de responsabilité dans cette crise : pour ne pas avoir imposé une gouvernance économique, fiscale et budgétaire commune en même temps que la monnaie unique comme le demandait le gouverneur de la banque centrale Jean-Claude Trichet, elle a bricolé un édifice monétaire dans lequel chacun bâtit dans son coin un bout de fondation, de mur, de colonne. Or quand une colonne tombe…
Rencontres d'hommes d’affaires crétois avec des diplomates
Le président de Invest in Greece, Aristomenis Syngros, s’est référé au nouveau modèle de développement mis en place en Grèce, qui repose sur l’innovation, la compétitivité, l’extraversion, l’emploi et, naturellement, les avantages comparatifs du pays, alors que le président de l’EOT, Nicolas Canellopoulos, a noté la place géopolitique stratégique de la Crète et le haut niveau des infrastructures de l’île.
La délégation de Synergassia en Crète comportait des diplomates d’Egypte, Argentine, Autriche, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Grande-Bretagne, France, Géorgie, Estonie, Etats-Unis, Jordanie, Canada, Chine, Chypre, Liban, Lituanie, Monténégro, Mexique, Moldavie, Afrique du Sud, Pays-Bas, Pakistan, Pologne, Roumanie, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Syrie, Tchéquie, Tunisie.
mardi 21 juin 2011
Grèce : une aide sous condition
La Grèce doit montrer "d'une façon crédible" qu'elle tient ses engagements, et pour cela "il faut attendre le vote final sur le programme" sur lequel elle s'est engagée envers ses interlocuteurs internationaux, a insisté le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker. "Pour prendre la décision (sur le déblocage des prêts) début juillet, nous aurons besoin d'avoir la décision du Parlement grec" sur un nouveau plan d'austérité et de privatisations, lui a fait écho le ministre belge, Didier Reynders.Ce plan, sur lequel le Parlement grec doit se prononcer d'ici fin juin, est si impopulaire que le Premier ministre socialiste, Georges Papandréou, a été obligé de remanier son gouvernement pour améliorer les chances qu'il soit adopté. Il a encore réclamé dimanche un "accord national" des partis politiques à un "moment crucial" pour le pays. Mais l'opposition s'y refuse jusqu'ici, et réclame des élections anticipées.
Au-delà des financements immédiats, la zone euro doit aussi mettre sur pied un deuxième plan d'aide pour éviter une faillite de la Grèce à plus long terme, car les premiers prêts promis l'an dernier s'avèrent insuffisants. Les "paramètres principaux d'une nouvelle stratégie de financement claire" devraient être définis "d'ici début juillet", ont assuré les ministres, qui commencent enfin à parler d'une seule voix sur l'un des points les plus sensibles, la participation des banques et autres créanciers privés d'Athènes. Berlin notamment exige depuis le début cette participation du privé au deuxième plan d'aide, qui s'ajouterait à de nouveaux prêts et à des privatisations. Le volume total se chiffrerait ainsi à une centaine de milliards d'euros, selon plusieurs sources. Preuve de sa bonne volonté, Papandréou a indiqué que l'Etat et le gouvernement étaient "déterminés à prendre la bonne voie avec le programme".
Le "debt roll-over" désigne, en jargon financier, le fait que les créanciers, quand leurs prêts arrivent à maturité, les remplacent par d'autres de même montant. C'est le scénario qui était défendu notamment par la France, la Commission et la Banque centrale européenne. Les ministres soulignent que cette opération devrait représenter un apport "substantiel" au programme grec, une autre exigence de Berlin, "tout en évitant un défaut (de paiement) sélectif" du pays, qui par effet de domino risquait de mettre toute la zone euro en danger. Les ministres de la zone euro se retrouveront le 3 juillet pour une réunion extraordinaire avec l'objectif de finaliser l'aide financière.
| Un référendum de la Constitution à l'automne |
Un référendum sur une réforme de la Constitution se tiendra en Grèce à l'automne pour tenter de mettre un terme à la crise, a annoncé lundi le nouveau porte-parole du gouvernement, Elias Mossialos. Il sera "précédé, en septembre, d'un large dialogue auquel seront conviés tous les citoyens soucieux d'exprimer leurs points de vue", a déclaré à la presse M. Mossialos. "La réforme constitutionnelle inclura prioritairement le système politique lui-même et les troubles auxquels il fait face", a-t-il ajouté sans autres précisions. |
Dette : Fitch menace à son tour les Etats-Unis
L'agence de notation a menacé ce mardi de placer la note souveraine des Etats-Unis en surveillance négative si le plafond d'endettement de l'Etat n'était pas très vite relevé.
"Si nous arrivons au 2 août sans une hausse du plafond d'endettement, Fitch placera sous surveillance négative la note souveraine des Etats-Unis", a indiqué Andrew Colquhoun, en charge des questions de dette souveraine chez Fitch pour l'Asie Pacifique, lors d'une conférence.Le Trésor américain a prévenu que l'Etat commencerait à faire défaut à ses obligations si le Congrès ne relevait pas le plafond d'endettement fixé pour le moment à 14.300 milliards de dollars d'ici le 2 août.
Quoi de neuf, docteur ?
Crise : 780 milliards pour sauver l'euro
« Assurer la stabilité de la zone euro »
Ce mécanisme, qui prendra la suite du Fonds européen de stabilité financière (FESF) à partir du 1er juillet 2013, ne disposera pas d'un statut de créancier préférentiel dans le cas des pays ayant déjà reçu un plan d'aide de la zone euro - Grèce, Irlande et Portugal - ce qui devrait permettre de favoriser un retour de ces pays sur les marchés. « L'accord d'aujourd'hui souligne la détermination des Etats membres de la zone euro de faire tout ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité de la zone euro », a déclaré le président de l'Eurogroupe lors d'une conférence de presse. Le Premier ministre luxembourgeois a par ailleurs indiqué avoir convoqué pour le dimanche 3 juillet une réunion extraordinaire des ministres des Finances de la zone euro pour discuter de la situation en Grèce.Crise grecque : l'Europe peut-elle encore éviter la contagion ?
Crise gouvernementale et sociale à Athènes, disputes au sein de la zone euro, notamment entre l'Allemagne et la Banque centrale européenne (BCE), exigence d'un plan de rigueur supplémentaire pour débloquer de nouvelles tranches de prêts européens et du Fonds monétaire international (FMI) alors que l'économie du pays est exsangue : les ingrédients de la crise grecque forment un cocktail explosif pour l'avenir de la zone euro.
Stabiliser la dette d'ici à 2015 et redresser la balance des paiements courants au prix d'une austérité draconienne supposerait, selon les calculs des économistes de Dexia AM, de subir une croissance légèrement négative jusqu'en 2015, et ensuite que les marchés financiers retrouvent confiance et se remettent à leur prêter à des taux abordables (pas plus de 5,5 % pour la Grèce).
Les bailleurs de fonds de la Grèce restent ainsi "prisonniers de la logique du donnant-donnant", regrette Anton Brender, directeur des études économiques de Dexia AM. "L'austérité est dangereuse car elle casse la croissance, et parce qu'elle pose un risque social extrêmement fort. Idéalement, il faudrait être capable d'aider les pays fragiles sans imposer de mesures d'austérité, et de prêter à des taux beaucoup plus faibles", plaide-t-il.
Sauf à changer de logique - monétiser la dette, financer un plan d'investissement européen -, la restructuration de la dette grecque s'imposera. Mais à quelle date ? Et à quel prix ?
Même le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, considéré comme l'un des plus coopératifs avec ses partenaires européens au sein de l'équipe gouvernementale à Berlin, veut que les créanciers privés soient mis à contribution pour toute nouvelle aide à la Grèce.
Mais la BCE est opposée à tout "événement de crédit", c'est-à-dire à toute modification des conditions de remboursement de la dette grecque qui serait considérée par les marchés financiers comme un défaut de paiement de facto.
Dans ce cas, elle refuserait de prendre en garantie les titres d'Etat grecs, asséchant les financements des banques grecques, ce qui précipiterait la sortie du pays de la zone euro. A travers le sauvetage de la Grèce - même s'il doit se faire en partie à fonds perdus - se joue ainsi l'avenir de la zone euro.
Le danger, en effet, est celui de la contagion d'un défaut de paiement grec. Selon les calculs de Dexia AM, les besoins de financements cumulés de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande atteignent 201 milliards d'euros pour les vingt-quatre prochains mois, d'ici à la mi-2013.
Cela représente une contribution des pays aidants, comme la France et l'Allemagne, de l'ordre de 2,5 points de produit intérieur brut (PIB).
"RISQUE SYSTÉMIQUE"
"Jouer aux allumettes est beaucoup plus dangereux si on est assis sur un baril de poudre. En cas de restructuration de la dette grecque, compte tenu des dynamiques à l'oeuvre sur les marchés, on est sûr de la contagion à l'Irlande et au Portugal", juge M. Brender.
L'attention se porterait alors sur les pays jugés par les marchés financiers comme à risque intermédiaire : l'Espagne, mais aussi l'Italie et la Belgique. En ajoutant l'Espagne, le montant passe à 523 milliards d'euros.
Les différents mécanismes de financements européens et du FMI - qui peuvent atteindre jusqu'à 750 milliards d'euros - permettraient encore d'y faire face, s'ils sont effectivement mis en place. Mais une contagion à l'Italie ferait plus que doubler le besoin de financement (1 123 milliards d'euros).
L'idée serait donc de gagner du temps. Mais elle n'a de sens que si l'on peut espérer, parallèlement, une reprise de l'économie mondiale, une baisse de l'euro ou encore la mise en place de financements publics - par exemple via la BCE - venant soutenir des investissements favorables à la croissance dans la zone euro, afin de contrebalancer les efforts de rigueur des comptes publics.
Cela est également logique si la solidarité européenne se renforce à terme, grâce, par exemple, à l'adoption d'un budget fédéral et des transferts fiscaux. "En gagnant du temps, on a une chance d'arriver à restructurer, à un moment où la vulnérabilité de l'Espagne aura disparu", estime M. Brender.
Si tel n'est pas le cas, en revanche, le danger persistera et le refus social ne fera que grandir dans les pays en crise. "Si la restructuration de la dette grecque avait été réalisée en octobre 2009, le risque systémique aurait sans doute été moins grand qu'aujourd'hui.
Et si on attend un an de plus, le risque sera encore plus grand", avertit l'économiste Antoine Brunet, président d'AB Marchés.
En dernier ressort, on peut alors imaginer que la BCE soit confrontée à un dilemme: laisser la zone euro exploser ou suivre l'exemple de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui, dans le cadre de ses opérations dites d'assouplissement quantitatif de la masse monétaire, a acheté, entre novembre 2010 et juin 2011, pour 600 milliards de dollars d'obligations du Trésor américain dès leur émission.
En deux ans et demi, elle a ainsi absorbé au total 2 000 milliards de dollars de titres privés et publics pour soutenir l'économie.
La "monétisation" directe de la dette est interdite par les traités européens, ce qui n'a pas empêché la BCE de procéder, face à la crise, d'abord à l'achat de 60 milliards d'euros d'obligations bancaires dites "sécurisées" sur le marché, puis, plus récemment, de 75 milliards d'euros de titres de dettes publiques grecque, portugaise et irlandaise.
Ces montants restent homéopathiques au regard du remède de cheval administré par la Fed, car la BCE ne veut prendre aucun risque inflationniste.
Mais une extension de la crise la mettrait au pied du mur. "Dans la crise de la zone euro, ça se jouera sur l'Espagne dans les prochains mois et les prochaines semaines ; ou ça passe ou ça casse", pronostiquait l'économiste Jacques Mistral, lors d'une table ronde à l'Institut français des relations internationales (IFRI), le 24 mai, sur l'avenir de l'euro.
"L'Espagne jouera le rôle de juge de paix pour dire ce que l'Europe veut ou ne veut pas, et ce qu'elle consent ou pas ", ajoutait Jérôme Cahuzac, président (PS) de la commission des finances de l'Assemblée nationale.
Il souscrit "personnellement" à l'idée que la BCE puisse monétiser directement la dette publique, comme la Fed - et non plus seulement en acheter des quantités limitées sur le marché secondaire -, y voyant "le meilleur moyen de casser les reins aux phénomènes spéculatifs" sur les titres d'Etat. "On peut regretter que l'Allemagne y soit très hostile", notait-il.
En cas de contagion de la crise grecque aux autres pays européens, la BCE aura, in fine, la réponse entre ses mains. Veiller à la stabilité des prix suppose aussi d'éviter le risque de déflation qui s'étendrait aux plus grands pays. Et c'est le rôle de la BCE d'assurer la stabilité financière de la zone euro.
Berlin enterre trop vite l’euro
Quelques jours après le rappel à l'ordre sans précédent de la chancelière Angela Merkel par le président français Nicolas Sarkozy, et ensuite, la pression du président américain Barack Obama, voilà que cette Une scandaleuse montre un drapeau grec recouvrant le cercueil dans lequel repose la monnaie unique.
S'il ne s'agit pas de la voix officielle de Berlin, cette Une révèle cependant le sentiment d’une partie de la classe dirigeante allemande, lectrice de ce journal : l'Allemagne ne souhaite pas accorder de nouvelle aide à la Grèce.
Parmi les "arguments" de l'article du Spiegel, des soi-disant vérités allemandes sont exprimées pour la première fois : la zone euro est composée d’économies qui ne peuvent pas avoir de cohérence en raison de différences structurelles de politique monétaire et économique. Selon le magazine, cette situation évolue désormais et présente un risque des plus élevés pour l'euro et pour l'Europe elle-même.
Une politique égoïste qui brise les peuples
Ce qui n'est évidemment pas mentionné, c'est que tout cela n'est pas uniquement dû à la crise de la dette grecque. Cela est causé, en très grande partie, par la volonté de l’Allemagne d’utiliser la crise grecque comme un levier pour la révision générale de la monnaie unique.Berlin a montré sa volonté de se distinguer par une politique nationale égoïste qui brise les peuples et les Etats qui ne peuvent pas ou refusent d'y participer. Ceux qui sont incapables de répondre aux exigences allemandes n’ont plus leur place dans la monnaie unique et dans l’Europe.
Le plus frappant est que, exactement au même moment, arrive une voix inattendue d'opposition à la politique allemande qui renverse tout ce que nous savions jusqu’à aujourd'hui de la version "officielle" que tenait nos prêteurs : celle de Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe en personne et Premier ministre luxembourgeois. Dans une interview donnée au quotidien belge La Libre Belgique, Juncker dit des choses qui bouleversent la ligne dominante imposée par Berlin. Il explique, entre autres, que la peur d'une extension de la déstabilisation provoquée non par les "marchés" mais par le peuple constitue désormais une réalité dont nul ne peut prédire où, quand et comment elle finira.
Après la pression des Etats-Unis et de la France, l’Allemagne montre qu’elle perd la bataille pour son hégémonie en Europe et voilà ce qui dérange Der Spiegel et ses lecteurs. Une bataille qui consistait surtout en une politique dévastatrice pour la Grèce.
En fait, les Allemands voulaient mettre fin à un "cauchemar", celui de pays qui ne peuvent les aider à tracer un chemin impérial. Aujourd'hui, ils voient la fin de l'euro, non parce que la monnaie unique est véritablement en fin de course, mais parce que meurt ce qu'ils voulaient faire de l’euro.
La seule chose qui leur reste maintenant est de quitter cette zone euro. Peut-être est-ce là le nouveau message caché de cette publication indécente. L'image du Spiegel montre l'euro enterré avec le drapeau grec, mais finalement, ce sont surtout les couleurs noir, rouge et or des fossoyeurs hâtifs que l'on remarque.
Requiem allemand pour la monnaie unique
Depuis quatorze mois, les dirigeants de la zone euro multiplient les plans de sauvetage, se retrouvent lors de sommets à haute tension, se bagarrent pour des compromis boiteux et aggravent considérablement les risques pour l’Union. Depuis quatorze mois, ils évitent aussi de se rendre à l’évidence : cela ne peut pas continuer ainsi. Tel qu’il a été conçu, l’euro n’existe plus, et l’union monétaire européenne ne fonctionne plus. Ce qu’il faut, c’est un plan B.
Le manque de légitimité démocratique des "renfloueurs" est aujourd’hui devenu le premier handicap dans la gestion commune de la crise. Oublié le temps des débats subtils pour savoir si le Parlement européen associait les citoyens de manière juste et proportionnelle aux décisions du Conseil et de la Commission. Quand les choses deviennent sérieuses, comme c’est le cas aujourd’hui, les décisions ne sont plus prises par des organes globalement démocratiques, désormais, mais lors de sommets plus ou moins secrets réunissant une poignée de dirigeants.
Le projet de paix pourrait bien finir en guerre économique
Les citoyens s’en irritent. La crise de la dette a d’ores et déjà blackboulé deux gouvernements européens, en Irlande et au Portugal, et l’Espagne et la Grèce pourraient bientôt suivre. Pour les Allemands aussi, ce sera dur. Une ligne de fracture court à travers tout le continent, séparant ceux dont les besoins d’argent sont croissants de ceux qui doivent les financer. Des Grecs frustrés s’en prennent aux Allemands, lesquels s’en prennent aux Grecs, aux Portugais, aux Espagnols et aux Italiens. L’unité européenne, un projet politique censé apporter la paix sur le continent, menace de finir en guerre économique entre ses Etats membres.L’euro, créé dans le but de souder durablement l’Europe, est devenu la menace numéro un pour l’avenir du continent. La désintégration de l’union monétaire ramènerait l’Europe plusieurs dizaines d’années en arrière – un coup dont elle ne se relèverait peut-être jamais, d’autant que sa position est menacée par les nouvelles puissances asiatiques. C’est pourquoi les dirigeants européens veulent à tout prix défendre l’euro. Et c’est pourquoi ils enchaînent les plans de sauvetage. Ils veulent gagner du temps. Ils espèrent que les marchés se calmeront et que leurs réformes feront effet.
Malgré toutes les mesures d’aide et tous les risques endossés par leurs renfloueurs, les pays malades de la zone euro en sont au même point qu’ils étaient voilà déjà plus d’un an : au bord du gouffre. Les primes de risque sur leurs obligations souveraines ont atteint de nouveaux records, et les Grecs ont besoin d’argent frais pour éviter la banqueroute. Le risque que la crise ne gagne d’autre pays de la zone euro est loin d’être écarté.
Schématiquement, deux options s’offrent à l’Union. La première est radicale : les dirigeants européens mettraient le holà et abandonneraient les pays malades à leur propre sort. La seconde est plus pragmatique : les pays concernés poursuivraient leur route, cahin-caha, avec un peu plus de rigueur, toutefois, en priant pour le rétablissement. Aucune des deux solutions ne sera bon marché.
La réintroduction de la drachme de plus en plus envisagée
Mais la crise ne s’arrêterait pas avec l’éviction de la Grèce. En réalité, celle-ci pourrait même l’aggraver. Les dettes du pays changeraient de devise du jour au lendemain. Leur valeur s’envolerait rapidement, en raison de la dévaluation de la drachme, et les emprunteurs grecs auraient énormément de mal à honorer leurs engagements. Les banques seraient une nouvelle fois sous pression, non seulement en Grèce, mais aussi dans le reste de la zone euro. Il faudrait encore une fois mettre en place des mesures d’aide au secteur bancaire.
Au bout du compte, l’union monétaire risquerait d’être divisée en deux camps : d’un côté les pays dotés d’une même devise forte, de l’autre un groupe de pays revenus à leur monnaie nationale, faible. Cette solution trouve le soutien des détracteurs de l’euro, comme Wilhelm Nölling, un ancien membre du conseil d’administration de la Bundesbank.
Avec un groupe de personnes partageant les mêmes vues, il avait déposé jadis une plainte contre l’introduction de l’euro auprès de la cour constitutionnelle fédérale, sans succès, et poursuit aujourd’hui à nouveau le gouvernement concernant le fonds de sauvetage de l’euro. Le tribunal constitutionnel doit rendre son jugement.
L’autre alternative à la désintégration de l’union monétaire n’est guère moins menaçante et conduirait directement à une "union de transfert". Laquelle est déjà effective de longue date, après un an au chevet de la Grèce. Le "mécanisme européen de stabilité financière" (MES), un fonds permanent de soutien à l’euro qui doit être instauré en 2013, serait une étape de plus sur cette voie périlleuse. Le scénario final pourrait ressembler à ceci : les pays déficitaires seraient financés par les Etats membres du nord, plus stables, et les crédits seraient convertis en aides non remboursables, sans intérêts à payer.
Une union de transfert permanente
A l’union monétaire se substituerait une union financière, et les pays endettés deviendraient des pays sous perfusion, dépendants des aides de leurs voisins économiquement plus solides – comme le Mezzogiorno en Italie ou la Wallonie en Belgique. Afin de parer à cette éventualité, bon nombre d’économistes et de financiers recommandent de réaliser au plus vite l’union politique de l’Europe, autour d’un gouvernement central fort.Mais les choses ne sont pas aussi simples, car une intégration accrue ne fera pas nécessairement disparaître les déséquilibres économiques. Cela, nul ne le sait mieux que les Allemands, qui ont vécu une expérience similaire voilà près de vingt ans lors de la réalisation de l’union monétaire entre les deux Allemagne. Le 1er juillet 1990, le Deutsche Mark a été échangé contre l’ancien Mark est-allemand à un taux de 1 pour 1. Trois mois plus tard seulement, les Länder d’Allemagne de l’Est rejoignaient la République fédérale.
C’est devenu le modèle-type d’union monétaire associée à une union politique. Mais ceux qui ont cru qu’une unification rapide permettrait d’amortir le choc économique de l’unification monétaire entre les deux Allemagne ont été vite déçus. Les déséquilibres économiques se sont en effet trouvés renforcés. Des milliers d’entreprises des nouveaux Länder ont mis la clé sous la porte, ne parvenant pas à hisser leur productivité au niveau des standards occidentaux. Le taux de chômage a explosé et les transferts financiers entre les deux Allemagne ont rapidement dépassé le billion. Aujourd’hui encore, les Länder de l’Est claudiquent péniblement derrière l’Ouest.
Conclusion : l’unité allemande ne saurait servir de modèle, mais serait plutôt une invitation à la prudence. Elle montre à quelle vitesse une union monétaire mal conçue peut se muer en une union de transfert permanente. Un tel modèle serait de toute façon incompatible avec les traités européens – il faudrait en élaborer de nouveaux et les faire adopter par l’ensemble des parlements nationaux, voire les faire accepter par les populations par voie de référendum. Mais d’ici là, il n’est pas impossible que les peuples d’Europe et leurs représentants aient déjà décidé de l’avenir de l’union monétaire. A Athènes ou à Lisbonne, par exemple, si les réformes exigées se heurtent à l’opposition populaire. Ou à Berlin – quand il faudra payer les milliards de garanties bancaires.
lundi 20 juin 2011
«Si la Grèce était le premier pays à faire défaut...»
Dans une interview à La Tribune, le ministre belge des Finances compare un défaut de la Grèce à la faillite de Lehman Brothers.
Dans un entretien à La Tribune le ministre a lancé : «Si la Grèce était le premier à faire défaut, les regards se tourneraient ensuite vers d'autres pays comme l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, peut être la Belgique mais aussi la France». Didier Reynders rappelle en outre les conséquences de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers à l'automne 2008 et invite à ne pas «rééditer une faillite de ce type, d'autant qu'elle pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l'ensemble de la zone euro».
Et le ministre avoue ne pas «très bien comprendre» les réticences de certains à intervenir en Grèce au vu des enjeux collossaux. Il rappelle que «l'euro est un bénéfice extraordinaire pour les pays exportateurs avant tout». Didier Reynders ajoute que les sommes nécessaires à la Grèce sont bien moindres que les trillions d'euros débloqués pour sauver les banques en 2008.
Participation volontaire du secteur privé
Par ailleurs, le ministre estime que «la solution budgétaire grecque doit venir de la Grèce» avant d'ajouter «mais il faut aussi que l'Europe intervienne, qu'elle mette en place des instruments budgétaires adéquats». Concernant une mise à contribution du secteur privé, Didier Reynders affirme qu'il faut que cela se fasse «sur une base volontaire». Selon lui, «si on force les banques, ce sera difficile de retourner les voir et de demander de l'argent pour les financements futurs».Une conception partagée par les ministres des Finances européens qui ont opté pour la mise en place d'un deuxième plan de soutien à la Grèce basé sur le principe d'une implication du secteur privé sur une base volontaire. Les détails de cette aide devraient être dévoilés courant juillet.
Même quand il n’y aura plus de kérosène, les hommes rêveront encore d’avions. Ce n’est pas une question de nécessité, mais de dimension. Que voulez-vous, les hommes, pauvres mortels, n’ont jamais renoncé au ciel, même s’ils n’auront jamais d’ailes. Peu importe la crise, rien ne les arrêtera! Ils parviendront à repousser toujours plus loin les défis lancés aux lois de la pesanteur... et de l’énergie.
Cette semaine, et comme tous les deux ans quand il vient planer au-dessus de Paris, Icare aura encore le vertige. Pouvait-il imaginer qu’une drôle de libellule viendrait narguer le 45 ème salon du Bourget. Que le Solar Impulse, pas plus lourd qu’une voiture mais avec l’envergure d’un Airbus, volerait la vedette à la flottille d’aéronefs qui se disputent des milliards de dollars? Il sera d’autant plus bienvenu qu’il apportera un peu de légèreté à un événement dont les enjeux sont si élevés qu’ils créent d’incroyables tensions au sol.
Comme d’habitude, l’argent des contrats et la rivalité au couteau entre Airbus et Boeing domineront le plus grand rendez-vous mondial de l’aéronautique. Si le spectacle sera sur les pistes de l’aéroport parisien, le vrai combat se jouera dans les hangars avec cette originalité propre à un secteur qui n’a jamais oublié la force de la démonstration. Certains ministres français ont même épicé ce moment toujours très attendu avec d’étranges tentations protectionnistes. Il faudrait qu’Air France renonce à s’équiper, en partie, avec des Boeing au prétexte de soutenir la production de l’avionneur européen. Faut-il que le pays soit si peu sûr de lui pour mettre des barbelés sur l’immense marché des airs, là où, précisément, la concurrence est une règle d’or précieuse pour assurer la fluidité des commandes. Et réussir? Certes, l’Amérique n’est pas en reste, qui a réussi à faire capoter la fourniture d’avions ravitailleurs européens à l’US Air Force, mais Airbus aurait plus à perdre qu’à gagner si le gouvernement intervenait pour lui réserver, d’emblée, la plus grosse part des commandes de la compagnie tricolore, l’une des plus importantes du monde.
Ce simple épisode, dont on a du mal à croire qu’il soit sérieux, montre à quel point certains esprits français peinent, contrairement à ceux de nos voisins allemands, à se placer dans la perspective d’une compétition internationale. Avec de telles logiques défensives, faudra-t-il s’étonner des résultats calamiteux de notre commerce extérieur?
Curieuse agitation tout de même, tellement décalée avec l’élan d’innovation qui caractérise cette édition. Le fragile Solar Impulse - dont les sorties dépendront du soleil les jours prochains - préfigure déjà une nouvelle génération d’appareils propres et encore plus performants qui excitent déjà notre imaginaire. Alors vole, mon ange, vole!
L'Europe demande des garanties à la Grèce
La zone euro s'est donné jusqu'à début juillet pour définir les paramètres du financement pour le pays en difficulté.
La zone euro a renvoyé dimanche soir la balle dans le camp de la Grèce en refusant de débloquer la cinquième tranche de l'aide à Athènes et de valider un second plan d'aide au pays tant que le Parlement grec n'aura pas voté un nouveau programme d'austérité. Alors que la date de ce vote n'est pas encore arrêtée, les ministres des Finances de la zone euro, qui se sont réunis huit heures durant à Luxembourg, se sont donné jusqu'à début juillet pour prendre une décision sur ces deux dossiers, faute de quoi la Grèce ferait défaut sur sa dette dans les jours suivants.Ils ont, en revanche, d'ores et déjà clarifié la manière dont les créanciers privés seraient associés à un second plan de soutien. Il s'agira d'une participation informelle et volontaire, correspondant à ce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient décidé à Berlin vendredi. "Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de définir d'ici début juillet les principaux paramètres d'une stratégie de financement pour la Grèce", peut-on lire dans un communiqué d'une page publié à l'issue de la réunion.
Secteur privé
"Les ministres des Finances de la zone euro sont d'avis que tout financement supplémentaire pour la Grèce sera de source publique et privée. (...) Une participation du secteur privé à un second plan d'aide à la Grèce se fera sur une base volontaire et informelle via un roll-over d'obligations grecques arrivant à maturité", est-il encore indiqué. Cette modalité est connue comme "l'initiative de Vienne", par laquelle des banques privées avaient accepté en 2009 de ne pas se désengager d'Europe centrale au plus fort de la crise.
Après la valse-hésitation au cours de la semaine sur l'opportunité de débloquer la cinquième tranche d'aide de 12 milliards d'euros prévue dans le cadre du plan de 110 milliards approuvé en mai 2010, les ministres ont décidé de rester fermes. Ils ont de nouveau appelé à une unité politique nationale en Grèce "compte tenu de la longueur, de la magnitude et de la nature des réformes requises".
Exigences
Surtout, ils "(ont) rappelé avec force au gouvernement grec que, d'ici la fin du mois, il doit faire en sorte que tous soient convaincus que tous les engagements pris par les autorités grecques soient remplis", selon les mots du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à la sortie de la réunion. "Vous ne pouvez pas imaginer une seconde que nous nous engagions à financer sans savoir si le gouvernement grec a endossé les obligations qui sont celles de la Grèce", a-t-il encore indiqué aux journalistes.
Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a confirmé que les fonds ne seraient pas débloqués pour le moment, même si des discussions s'engageront entre les départements du Trésor des principaux États membres et les créanciers privés de la Grèce. Les ministres des Finances de la zone euro doivent, quant à eux, se retrouver dès lundi à Luxembourg pour avancer sur les autres dossiers que devront valider les chefs d'État et de gouvernement des vingt-sept lors d'un sommet, jeudi et vendredi.
Déplacement à Bruxelles
Au menu : renforcement des capacités de prêt du Fonds européen de stabilité financière (FESF) créé en mai dernier, formalisation par un traité du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui s'y substituera à partir de 2013 et réforme du Pacte européen de stabilité et de croissance. Dès lundi également, le Premier ministre grec Georges Papandréou doit se déplacer à Bruxelles pour y rencontrer le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, alors que la réaction des marchés et celle de la rue à Athènes seront scrutées avec attention.
Les ministres des Finances du G7 (États-Unis, Japon, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada) ont évoqué ce week-end la crise grecque lors d'une conférence de presse téléphonique, a fait savoir le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda.
Grèce : le secteur privé mis à contribution
Les détails du nouveau plan de soutien à Athènes seront définis en juillet. Par ailleurs, une nouvelle tranche de prêt devrait être débloquée en juillet à condition que la Grèce vote un nouveau plan de rigueur.
A plus long terme, les ministres ont également posé les jalons d'un nouveau plan de soutien afin d'éviter un défaut de paiement à plus longue échéance. Cette fois, le secteur privé devrait être mis à contribution. «Les ministres se sont mis d'accord sur le fait que les financements additionnels nécessaires seront financés à la fois par des sources officielles et privées», ont assuré les grands argentiers européens. Les ministres commencent en outre à parler d'une seule voix sur les modalités que prendra cette aide : ils ont en effet «salué l'objectif d'une implication volontaire du secteur privé sous la forme de roll-overs informels et volontaires de la dette grecque existante arrivée à maturité». En d'autres termes, les créanciers devront accepter de remplacer les prêts arrivant à maturité par d'autres de même montant.
L'aide pourrait atteindre une centaine de milliards d'euros
Jusqu'à présent les ministres étaient divisés sur la question : l'Allemagne privilégiait l'idée d'un allongement des maturités sur la dette, là où Paris défendait l'option du «roll-over». «Nous nous sommes mis d'accord sur l'implication volontaire du secteur privé alors qu'il y a une semaine ou deux, différentes options étaient sur la table», s'est félicité Jean-Claude Juncker. L'important est surtout de convaincre les investisseurs qu'il ne s'agit pas d'un défaut partiel de paiement, susceptible de provoquer la panique des marchés et une contagion de la crise à d'autres pays de la zone euro.Le montant de cette aide n'a pas non plus été déterminé. Les ministres ont simplement indiqué que cette opération devrait représenter un apport «substantiel» au programme grec «tout en évitant un défaut (de paiement) sélectif» du pays. Certains évoquent déjà un volume total d'une centaine de milliards d'euros.
Si les grands principes de cette nouvelle aide ont été actés, les détails du plan restent à définir. Les «paramètres principaux d'une nouvelle stratégie de financement claire» devraient être définis «d'ici début juillet», indiquent les ministres. L'ambition initiale des ministres étaient pourtant de «discuter de la participation des créanciers privés», avait indiqué Jean-Claude Juncker avant d'ajouter «la question étant de savoir jusqu'où elle peut et doit aller».
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