TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 9 juin 2011

L'université buissonnière selon Ferry

Encore une convocation pour Luc Ferry ! La dernière, après ses délicates allégations selon lesquelles un ancien ministre se serait fait « poisser » (attraper) à Marrakech dans une « partouze », lui avait valu d'être auditionné par la brigade des mineurs. À présent, c'est son employeur, le président de l'université Paris-Diderot, qui le tance et lui demande de justifier ses absences. Sa mise en disponibilité est échue ; il aurait dû reprendre son service d'enseignant en septembre 2010, dont il est déchargé depuis 1996 et pour laquelle il perçoit un traitement de 4 500 euros. La loi sur l'autonomie des universités rend désormais les présidents comptables de la masse salariale et des emplois. Hors de question de ne pas régulariser une situation qui pourrait, volontairement ou pas, en tout cas insidieusement, flirter avec l'emploi fictif. Luc Ferry collectionne avec une certaine philosophie les mauvais points. Voilà un ci-devant ministre de l'Éducation nationale, peu avare en leçons politiques et sermons moralisateurs, qui vient donc coup sur coup de rehausser le débat public en alimentant le buzz de la rumeur, et de se soustraire à ses obligations administratives. Convoqué à Matignon et sommé de s'expliquer - décidément -, l'indiscipliné professeur s'est fendu d'une déclaration qui, cette fois, ne risque pas de défrayer la chronique. Cette affaire, éventée par le Canard enchaîné, serait « absurde ». Bref, un ragot de plus ! Plutôt que de tirer la morale de cette histoire de tire-au-flanc, osons un sujet de méditation en cette période de bachotage : comment sécher les cours sans se faire poisser par un journal satirique.

Sisyphe et la dette

Alors que le gouvernement grec a présenté son nouveau plan de redressement, un air de fronde s'est emparé de sa propre majorité, tandis que l'hostilité à davantage de mesures d'austérité va grandissant.
Horsch
Né en 1960, Wolfgang Horsch est un dessinateur allemand. Après des études de théologie, il entame en 1990 une carrière de dessinateur pour plusieurs publications germanophones, dont la Süddeutsche Zeitung, le Tagesspiegel, Handelsbaltt, Finanz und Wirtschaft et Der Standard.

Le commentaire politique de Christophe Barbier



Steve Jobs promet le plus beau siège social du monde pour Apple

Le patron de la firme a présenté son gigantesque projet aux élus de la ville de Cupertino dans la Silicon Valley.

Le mardi 7 juin au soir, le lendemain de la présentation de son nouveau service iCloud à San Francisco, Steve Jobs s'est rendu au conseil municipal de Cupertino, ville de 60 000 habitants de la Silicon Valley où se situe l'actuel siège d'Apple. Le numéro un de la firme à la pomme est venu soumettre la création d'un nouveau siège social qui, selon ses propres termes, aura des allures de "navette spatiale qui a atterri". Cette construction devrait accueillir à partir de 2015 quelque 12 000 employés (contre seulement 2 800 à l'actuel siège, situé au 1, Infinite Loop) et être érigée sur un terrain acheté par la firme à la pomme à Hewlett-Packard. Un déménagement nécessaire, explique Jobs, alors que son entreprise a grandi ces dernière années "comme une herbe folle".

Jobs prévoit de faire de ce déménagement un événement architectural. "Les parcs de bureaux avec des tas de constructions, c'est plutôt ennuyeux, nous aimerions faire quelque chose de mieux que cela." Avant de poursuivre, esquisses du futur bâtiment circulaire à l'appui, "nous savons comment déployer la plus grosse surface de verre courbé à des fins architecturales. Je pense que nous avons l'occasion de construire le plus beau bâtiment du monde." Amateur du peintre Maxfield Parrish, Jobs déclarait en 2003 au New York Times : "Le design, ce n'est pas seulement l'apparence et la sensation, c'est aussi l'utilité."
Le respect de l'environnement est également mis en avant. "Aujourd'hui, il y a 3 700 arbres sur le terrain et je propose de doubler ce nombre", explique Jobs, qui réfléchit à réintroduire des abricotiers, qui se trouvaient là auparavant. Ce point devrait être apprécié par les écologistes. Greenpeace a récemment rappelé à l'ordre Apple, pointant du doigt la consommation énergétique de ses datacenters. Ce projet rappellera aussi des souvenirs à Steve Jobs, lui qui, durant son enfance à Palo Alto puis jeune étudiant dans l'Oregon, aimait se balader dans les vergers.
On observe aussi dans cette présentation les redoutables talents de persuasion de Jobs. À une conseillère municipale qui lui demandait quels seraient les avantages pour Cupertino d'héberger cette nouvelle installation, Jobs a répondu qu'Apple est le plus gros contribuable de la ville et qu'il serait dommage que la municipalité s'en prive. Quand cette même élue lui a demandé si Apple allait fournir du Wi-Fi à tout Cupertino, Jobs a rétorqué : "Mais, c'est à vous que je paie des taxes !" Au final, l'entrepreneur semble avoir conquis les membres du conseil municipal, qui l'ont applaudi à plusieurs reprises, un des membres allant jusqu'à montrer, sourire aux lèvres, un iPad 2 : "C'est une technologie merveilleuse. Et mon fils de 11 ans l'adore."

" Pippa Middleton est moche ""

D'abord, la chose qu'elle a au-dessus des lèvres, à droite de son nez trop large de narines et trop court d'arête. Pourquoi appelle-t-on ça un grain de beauté ? C'est une tache. Les dents sont banales. Les yeux vagues ont des poches quand elle sourit. Quand elle ne sourit pas, on ne sait pas, parce qu'elle sourit tout le temps. Normal : une organisatrice d'événements mondains. Comment peut-on sortir avec une organisatrice d'événements mondains ? Les conversations. Le pauvre Alexander Guy Rushworth Loudon, que tous les hommes sur terre seraient en train d'envier parce qu'il est le boy-friend banquier actuel de Pippa, moi je le plains. Je n'ai qu'un conseil à te donner,old sport : casse-toi. Ne reste pas une minute de plus avec cette fille d'hôtesse de l'air et de fabricant de jouets qui joue les ladies depuis que sa soeur Catherine a épousé un chauve en uniforme devant une foule d'un million d'Anglais pétés à la bière : elle est moche. De plus, c'est une peste. Veux-tu que je te rappelle son palmarès amoureux ? Elle est d'abord sortie avec Jonathan Jardine Paterson. Un fils de banquier, comme tu es fils de financier. Il n'y a qu'à Westminster que Pippa supporte d'être à découvert. Ajoutons à la liste des amants friqués de la donzelle les noms de Billy More Nesbitt, aristo écossais non ruiné ; Simon Youngman, héritier d'une mine de diamants ; Charlie Gilkes, propriétaire de night-club ; Alexander Spencer-Churchill, neveu du duc de Marlborough et lointain cousin de Winston Churchill. Le problème, quand on sort avec des hommes riches, c'est qu'il y en a toujours un plus riche que celui avec qui on est. C'est un peu comme dans les bars de Nana Plaza à Bangkok : il y a toujours une fille mieux que la fille avec qui on pensait rentrer à l'hôtel. Du coup, on continue de boire des Heineken avec ses gros potes allemands et australiens et on finit par aller dormir tout seul au Shangri-La dans un lit qui tourne jusqu'au lendemain après-midi.

On a déjà tout dit sur la robe blanche serrée dans laquelle Pippa a présenté son postérieur au monde entier le vendredi 29 avril 2011. Qu'a-t-il de si particulier en dehors du fait qu'il a masqué celui de la future reine d'Angleterre ?

C'est un derrière ni très rond ni très proéminent et même légèrement inerte. Sarah Burton, la créatrice de la robe pour la marque Alexander McQueen, n'aurait pas eu l'idée pornographique de faire se superposer, à la colonne vertébrale de sa cliente, une rangée de boutons qui s'arrête juste à la hauteur des fesses, personne n'aurait sans doute jeté un oeil sur Mlle Middleton. Il y eut aussi la robe émeraude Alice Temperley que Pippa portait pour la soirée privée des mariés. Après le zoom sur ses fesses, le panoramique sur ses seins. Elle possède une honnête poitrine, comme la plupart des femmes de son âge, mais au-dessus ce n'est pas terrible. Il y a là plusieurs os trop apparents qui ne me disent rien qui vaille. Le tout est évidemment couronné, c'est le cas de le dire, d'un sourire plat, vulgaire, vide, inerte, insincère, avide, froid, honteux, hagard, stupide, intéressé, immature, amer et morne, qui ne signifie rien et n'engage personne".

Jean-Louis Borloo se voit à l'Élysée

Le président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, a vivement reproché jeudi au gouvernement de pratiquer "la méthode des boucs émissaires", notamment sur le RSA, redisant son "envie" de briguer l'Élysée où il s'imagine déjà, "semaine après semaine", confronté à l'exercice du pouvoir. "Décidément, après les radars, après la laïcité, voilà qu'il faut absolument cliver, comme si la solution des problèmes qui, me semble-t-il, nécessite plutôt de mettre les gens autour de la table, de fédérer les bonnes volontés, il y avait une forme de sentiment d'impuissance", a déploré Jean-Louis Borloo sur RTL à propos de la polémique concernant le revenu de solidarité active (RSA).
"On ne peut pas cliver sur la pauvreté, c'est un sujet qui est beaucoup trop grave" qui concerne "pratiquement 2 millions de familles, à peu près 4 millions de personnes avec les enfants, qui sont dans une situation psychologique, morale, professionnelle extrêmement difficile". "Les remettre en activité est une nécessité, y compris pour eux (...), mais parler de cancer de l'assistanat (comme l'avait fait le ministre Laurent Wauquiez), je trouve que ce n'est pas correct." "Je ne crois pas à la méthode de la dénonciation et des boucs émissaires", a-t-il lancé reprochant au gouvernement de présenter "un certain nombre de sujets de manière toujours un peu clivante". La bonne "méthode" pour Jean-Louis Borloo, "c'est : on réunit les acteurs, on fait un diagnostic partagé, on le fait avec humilité, on sort de l'idée que c'est toujours de la faute des autres".
L'ancien ministre a ensuite décrit, comme s'il y était déjà, sa vie à l'Élysée. "Je me dis semaine après semaine, dans ce bureau au premier étage entouré de ce jardin, avec une forme de vide, dans telle circonstance que dois-je faire ? Comment j'organise l'action ? (...) Pendant cinq ans, quelles seront mes priorités, mes organisations, les contre-pouvoirs, le mode de gouvernance ? a-t-il détaillé. "Je suis un peu comme les skieurs. Avant les grandes descentes, vous les voyez : ils simulent complètement le passage des portes, eh bien, moi, j'essaie de réfléchir, de simuler. Oui, je me pose la question de mon propre niveau", a poursuivi le président des radicaux.
Le pouvoir à l'Élysée, "oui, j'ai envie de l'exercer, évidemment que j'ai envie de l'exercer", a-t-il assuré, tout en réaffirmant qu'il se prononcerait "entre l'été et l'automne" sur son éventuelle candidature.

PAUVRE HOMME !!!

La salade allemande du concombre


Parce qu'elle a été bafouée, la présomption d'innocence, qui en l'occurrence s'est transformée en présomption de culpabilité, est en train de mettre l'Europe dans de sales draps. L'épidémie liée à la bactérie E. Coli 104 continue de faire des ravages - un 24e décès a été enregistré hier - et un mois après sa naissance en Allemagne, la source de contamination n'est toujours pas identifiée. La résistance de la bactérie tueuse plonge les chercheurs dans un doute profond. Avec le concombre andalou, on croyait tenir le coupable. Innocenté ! La thèse des graines de soja s'effondrerait elle aussi ; il n'y aurait pas un, mais plusieurs aliments suspects. De sorte que les autorités d'outre-Rhin sont mises en accusation. On mesure combien leur précipitation à pointer indûment l'Espagne, premier exportateur de fruits et légumes, lui a porté préjudice, et asséné un coup sévère à l'agriculture européenne. Le temps scientifique et le temps politique ne sont décidément pas les mêmes. Pour avoir voulu surprotéger ses concitoyens, l'Allemagne a alimenté la psychose et provoqué une crise de défiance des consommateurs. Cette affaire révèle la difficulté de l'Union européenne, quand un danger sanitaire survole les frontières, à appréhender les réalités nationales et à se coordonner dans l'urgence. Le pays qui a sonné le tocsin a parlé à la légère ; il s'est trompé. L'Europe doit maintenant se réinterroger sur son système d'alerte sanitaire. Quant à la solidarité qu'elle tente de mettre en place, elle ne pourra qu'indigner les Espagnols, dindons de cette mauvaise farce. Le conseilleur - et fauteur de crise - ne sera pas le payeur !

La Grande-Bretagne ouvre enfin les yeux

« Nous devons lutter contre toutes les idéologies qui peuvent mener au terrorisme, mais la principale menace est bien Al-Qaïda, ses affiliés et les groupes qui partagent les mêmes idées. » Cette affirmation forte nous vient d’outre-Manche, où le ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May, a présenté mardi une refonte de la stratégie de lutte contre le terrorisme et l’islam radical. En clair, Madame le ministre prône un durcissement d’attitude envers les groupes islamistes radicaux, même non-violents (du moment qu’ils ne condamnent pas explicitement la violence), qui perdront les subventions publiques qu’ils reçoivent actuellement. Au Royaume-Uni, c’est ainsi une vingtaine d’associations demandant l’instauration de la charia qui risque de perdre ce soutien de l’Etat.
Theresa May va plus loin. A la tribune de la Chambre des communes, elle admet que, par le passé, les contrôles ont été tellement déficients « qu’il est possible que l’argent ait bénéficié à des personnes contre lesquelles nous nous opposons. Cela ne doit pas se reproduire ».
Principaux points visés : les prisons et les universités. Pour les premières, le gouvernement britannique reconnaît que des islamistes condamnés à de la prison ferme ont pu y diffuser leurs thèses sans contrôle aucun.
Pour les secondes, il avoue que quarante d’entre elles – oui ! 40 ! – présentent un risque élevé de radicalisation. Dénonçant, dans un entretien accordé au Daily Telegraph, le « laxisme » de ces établissements, Theresa May précise : « Je ne crois pas que les Universités aient fait suffisamment pour reconnaître ce qui se passait sur leurs campus et la radicalisation qui s’y développait ; je pense qu’elles peuvent faire davantage. »
Le Daily Mail indique de son côté que plus de 30 % des inculpés d’actes terroristes liés à Al-Qaïda en Grande-Bretagne seraient passés par l’université ou l’enseignement supérieur. Ainsi Taimour Abdulwahab, qui s’était fait sauter en décembre à Stockholm, était étudiant en thérapie sportive à l’University de Bedfordshire ; et Umar Farouk Abdulmutallab, accusé en 2009 d’avoir tenté de faire sauter un vol Amsterdam-Detroit, avait passé un an et demi à l’University College London où il présidait une association islamique. Etc.
Le programme annoncé par le Home Office est une mise en application des principes défendus par David Cameron dans son discours prononcé à Munich en février dernier sur l’échec du multiculturalisme britannique.
Lundi, c’est en compagnie de son homologue français que, dans cette optique, Theresa May a visité les installations de sécurité du tunnel sous la Manche et du port de Calais, dans la perspective des Jeux olympiques 2012 qui se tiendront à Londres.
Theresa May et Claude Guéant se sont félicités de l’« excellence » de la coopération et de la « parfaite collaboration » régnant entre leurs services sur l’immigration et les questions de sécurité.
Evoquant les dispositifs du terminal Eurotunnel de Coquelles et du port de Calais, le ministre britannique a même évoqué « l’une des frontières les plus sûres du monde »…
Quant à Claude Guéant, il assure que les flux migratoires illégaux sont « largement inférieurs à ce que nous avons connu dans le passé ». Cependant, « il nous faut rester très actifs », assure-t-il.
Répondant à nos confrères de La Voix du Nord, le ministre veut se placer sur le même terrain que son homologue britannique, assurant que « l’immigration irrégulière doit être combattue », et que « nous n’avons pas vocation à faire venir en France des étrangers pour qu’ils se retrouvent au chômage comme le sont déjà 24 % des étrangers non communautaires ».
« Si je plaide avec autant de force et si j’agis pour lutter contre l’immigration clandestine et limiter l’immigration légale, c’est précisément pour que l’intégration se fasse mieux », explique-t-il encore.
On attend la suite…

mercredi 8 juin 2011

Les Européens ne sortiront de la crise grecque que par davantage d''Europe

L'Europe ne sortira-t-elle donc jamais de la crise de sa dette souveraine ? La Grèce est à nouveau au bord du gouffre et l'Europe vacille. Alors que débutent ce lundi des discussions décisives pour déterminer les conditions d'une nouvelle aide d'urgence qui pourrait atteindre 60 milliards en faveur de la Grèce, l'Europe continue à rechercher une solution durable.
On pensait la Grèce à peu près sauvée du pire après l'aide d'urgence de 110 milliards d'euros octroyée par les Européens et le FMI en 2010 en échange d'une cure d'austérité extrêmement sévère pour réduire ses déficits, associant privatisations (pour 50 milliards d'euros), coupes budgétaires (pour près de 6,4 milliards) et hausses d'impôts.
Il n'en est rien. La Grèce est en train d'échouer dans ses efforts de stabilisation de ses ratios d'endettement : son économie s'enfonce, le semblant de consensus national sur les efforts demandés se lézarde (les syndicats viennent d'appeler à une grève générale le 15 juin), et les experts de la troïka, mandatés par ses créanciers (FMI, Banque centrale européenne et Commission) viennent de rendre leur verdict après un examen minutieux des comptes publics grecs : la Grèce ne respectera probablement pas l'engagement de réduire son déficit à 7,5 % du PIB à la fin de l'année (contre 10,5 % l'an dernier), condition de la poursuite du programme d'aide de l'Europe.
Privée de tout accès aux marchés financiers jusqu'en 2012, frappée par une nouvelle dégradation de sa dette par l'agence de notation Moody's (de trois crans – de B1 à Caa1 – la ramenant, dans la catégorie spéculative, au niveau de la dette cubaine), la Grèce est prise à la gorge, alors que se profile l'horizon d'un "mur d'échéances" sur sa dette obligataire de plus de 31 milliards d'euros dès cette année, auxquels s'ajoutent 12 milliards d'intérêts à acquitter dans les tous prochains mois auprès de ses créanciers.
Du coup, c'est toute l'Europe qui vacille : le système bancaire grec est au bord de la faillite, la Banque centrale européenne détient plus de 90 milliards d'euros de prêts à ces mêmes banques grecques et serait elle-même déstabilisée par un défaut grec, et les Européens se divisent. La Grèce va-t-elle, peut-elle faire faillite ? Et si la Grèce tombe, combien de temps pourront tenir l'Irlande ou le Portugal ? Dans ce contexte, la spéculation sur une possible "restructuration" de la dette souveraine grecque - c'est-à-dire, sur un "défaut" de la Grèce à rembourser ses échéances en 2011 et 2012, lequel se traduirait par une dépréciation immédiate de 30 % à 40 % de l'ensemble des titres détenus par les créanciers sur les marchés –, a repris de plus belle, ébranlant l'ensemble de la zone. Selon certains économistes, la question désormais ne serait plus de savoir si la restructuration aura lieu, mais quand et selon quelles modalités.
En réalité, choisir la restructuration serait en fait la pire des solutions. Une telle décision serait déstabilisante pour l'ensemble de la zone euro, et aurait des conséquences négatives à terme pour la Grèce qui se verrait refuser pendant plusieurs années l'accès aux marchés financiers, comme après un défaut.
En réalité, l'Europe est prise au piège et n'a guère le choix : un défaut ou une restructuration – même "douce" – de la dette grecque plongerait sans nul doute les marchés européens et la dette européenne dans le chaos. Continuer à verser encore davantage à un pays qui s'avère de plus en plus incapable de respecter ses engagements ne fait que repousser le problème à plus tard et donc l'aggraver.
La Grèce se doit de rembourser l'ensemble de sa dette, mais à des taux beaucoup plus raisonnables que ceux qui lui sont imposés aujourd'hui. Ce qui suppose d'avoir le courage de mettre en place la seule solution tenable sur le long terme : une "européanisation" totale de la dette grecque, c'est-à-dire le rachat par la Banque centrale européenne (BCE) et par le Mécanisme européen de stabilité (MSE) de l'ensemble des titres de dettes obligataires souveraines, et le remboursement de l'intégralité de sa dette par la Grèce directement à ces institutions, à des taux beaucoup plus raisonnables.
Concrètement, nous proposons que l'Europe examine sans tarder le rachat par la Banque centrale européenne (dans la limite de ses capacités bilantielles) et par le Mécanisme européen de stabilité de l'intégralité des titres obligataires souverains grecs détenus par les créanciers privés, au cours actuel du "marché", soit un taux inférieur entre 30 % et 40 % au nominal des titres.
Cette "européanisation" de la dette grecque permettrait d'abaisser significativement le taux d'intérêt appliqué au nom de la solidarité européenne et surtout empêcherait les risques de contagion aux pays fragiles de la zone euro.
En contrepartie, nous proposons que l'Union européenne s'engage résolument dans la voie d'une plus grande intégration européenne, par deux chemins parallèles. En premier lieu, sur le cas grec, en exigeant de durcir encore son droit de regard sur les dépenses budgétaires grecques et sur ses choix essentiels à sa compétitivité. Parallèlement au niveau communautaire, en actant dans les statuts un saut fédéral majeur : celui de doter le Conseil des ministres des finances d'un véritable droit de véto général en Europe sur certaines décisions de politique économique nationale, lorsqu'un pays à sollicité l'aide de la zone euro, en attendant la création, dans un second temps, d'un véritable "ministre des finances de la zone euro", comme l'a proposé Jean-Claude Trichet. Lequel aurait des responsabilités directes dans:

  • La surveillance des politiques budgétaires et de compétitivité ;
  • La supervision et la réglementation du secteur financier intégré de l'Union ;
  • La représentation de la confédération européenne auprès des institutions financières internationales.

La Corée du Nord, l'autre pays du bonheur

La télévision centrale nord-coréenne rapporte que la dictature de Kim Jong-il est le second pays le plus heureux du monde, juste derrière la Chine.

Camarades travailleurs de Corée du Nord, réjouissez-vous ! Vous êtes le second peuple le plus heureux de la terre. C'est la rafraîchissante nouvelle assenée par la télévision centrale nord-coréenne aux habitants du royaume ermite, dont six millions ne mangent pas à leur faim, selon l'ONU. Un sondage exclusif dévoilé lors du journal télévisé place en effet la dictature de Kim Jong-il devant Cuba, le Venezuela et l'Iran dans le top 5 du bonheur.
Avec 98 points sur 100, les Nord-Coréens ne sont qu'à 2 points de la félicité suprême. Loin devant leur rivale capitaliste, la Corée du Sud, qui pointe à une médiocre 153e place. Et surtout à des années-lumière de «l'Empire américain», lanterne rouge du classement mondial, avec 3 misérables points.

Nirvana

Mais un pays devance toujours Pyongyang dans la course au bonheur. La Chine, l'alliée indéfectible, a déjà atteint le nirvana avec une note maximale de 100. Une nouvelle qui a déclenché les commentaires caustiques des internautes chinois, lesquels ne savaient pas qu'ils vivaient déjà au paradis. Il faut dire que la propagande du Nord ne peut plus cacher à ses habitants l'écart de niveau de vie avec le voisin chinois, tant les échanges transfrontaliers se sont multipliés.
Nul doute cependant que, sous la direction éclairée de leur «cher dirigeant», les sujets de Kim rattraperont leur retard très bientôt. Prolétaires, unissez-vous, le bonheur suprême est à portée de main !

Pour le FMI, "la Grèce n'a pas de temps à perdre"

Le Fonds monétaire international (FMI) a fait savoir ce mardi que le déblocage de sa part d'une nouvelle tranche d'aide au bénéfice de la Grèce implique que des décisions difficiles soient prises en Europe.

L'Union européenne a encore du pain sur la planche avant que le FMI n'octroie de nouveaux prêts, a déclaré ce mardi Bob Traa, représentant du FMI en Grèce.
"Je crois qu'il y a un sommet en Europe, en juin, où il faudra bien prendre le taureau par les cornes. Ils devront prendre certaines décisions; alors nous informerons notre conseil et débourserons l'aide début juillet", a-t-il insisté.
Par ailleurs, le parlement grec devrait se prononcer d'ici la fin du mois sur le plan d'austérité gouvernemental à moyen terme, lequel constitue une condition primordiale à l'octroi d'une nouvelle aide internationale. Athènes doit accélérer les privatisations et imposer de nouvelles mesures d'austérité pour pouvoir bénéficier de cette aide, suivant un accord passé vendredi dernier avec le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne.
Selon des sources officielles de la zone euro, citées par Reuters, une proposition portant sur un plan de 80 à 100 milliards d'euros sur trois ans serait prête dans les deux semaines. Mais cette proposition ne résout pas d'importantes questions, telle que la participation du secteur privé. Selon ces sources, 30 milliards seraient tirés d'un report des échéances de la dette, 25 à 30 milliards seraient apportés par les privatisations grecques et 30 à 40 milliards proviendraient de l'aide internationale proprement dite, à raison d'un tiers pour le FMI et de deux tiers pour le Fonds européen de stabilité financière, comme pour l'Irlande et le Portugal.
Bob Traa a souligné que le FMI était opposé à une restructuration majeure de la dette du pays en raison des conséquences imprévisibles que cela pourrait avoir pour les pays de la zone euro. Mais il a laissé entendre que le FMI était ouvert à d'autres solutions. "On peut penser raisonnablement à rallonger les délais de paiement, par exemple des prêts accordés par les partenaires de la zone euro et le FMI parce que nous avons des clauses d'amortissement en fin de programme. C'est une question technique à laquelle nous pouvons réfléchir", a-t-il dit.
La Grèce a déjà obtenu un allongement des délais de remboursement pour le premier programme d'aide et le FMI s'est dit disposé à renouveler la manoeuvre mais pas sans accord préalable avec l'Union européenne.
La dette de la Grèce représente 340 milliards d'euros, soit 150% de son PIB environ. Bob Traa a estimé que le temps était compté. "La Grèce est à un point critique et n'a pas de temps à perdre", a-t-il insisté.

Non, l'Ouest ne se désindustrialise pas !


Il est devenu courant de se plaindre de la « désindustrialisation » de la France, et plus particulièrement, de celle des régions de l'Ouest. Les chiffres sont imparables : au niveau régional (Basse-Normandie, Bretagne, Pays de la Loire), l'industrie a perdu près de 100 000 emplois depuis 1980 ; la valeur relative de l'industrie dans la production est passée de 28 % à 18 % en vingt-cinq ans, tandis que nos achats à l'étranger ne cessent de croître...

Mais, il ne faut pas pour autant oublier la réalité : en 2010, la quantité de biens manufacturés produits dans l'Ouest est d'un quart supérieure à celle de 1990 ; beaucoup d'activités ont connu des essors remarquables (automobiles, aéronautique, pharmacie, nucléaire, équipement électronique...) ; nombre de secteurs ont vu leurs exportations s'envoler (cosmétiques, biens d'équipements, agroalimentaire...).

Qui croire ? Notre perception est déformée par un triple effet : une illusion statistique, la réorganisation de l'appareil productif et surtout une véritable transformation de la nature même de l'industrie.

Si l'emploi baisse, c'est avant tout grâce au progrès technique et à une meilleure organisation, qui permettent de produire autant, et même plus, avec moins de main-d'oeuvre. L'automobile ou la construction navale en sont de parfaits exemples. Ces gains de productivité expliqueraient au moins le tiers des pertes d'effectifs... De même, si la valeur relative de la production industrielle diminue tant, c'est surtout parce que les prix de ses produits (télés, électroménager, micro-ondes...) baissent, alors que les prix de tous les autres produits croissent.

Dans le même temps, les entreprises ont confié à l'extérieur un nombre croissant de leurs fonctions (comptabilité, restauration, nettoyage...). Résultat : les emplois traditionnellement calculés comme industriels sont maintenant comptabilisés dans les activités de service, ce qui expliquerait environ le quart des pertes d'effectifs industriels... On invoque aussi souvent la délocalisation à l'étranger de certaines firmes pour expliquer la désindustrialisation ; ce phénomène ne représente qu'une faible part des destructions d'emplois (5 % à 15 % selon les secteurs et les régions).

C'est l'industrie qui a profondément changé de visage : les établissements industriels sont de plus en plus reliés à des centres de recherche et à toutes sortes d'entreprises de services spécialisées (informatique, logistique, design...). En leur sein, sont désormais produits des biens de plus en plus sophistiqués.

Conséquences : les limites de l'entreprise industrielle deviennent floues, le découpage traditionnel entre activités secondaires (l'industrie) et activités tertiaires (les services) perd complètement de son sens : un iPod est-il un simple produit industriel banal ? N'est-il pas plutôt un ensemble de services complexes intégrés dans une machine miniaturisée ?

Finalement, si l'on veut vraiment estimer le poids réel d'une industrie, il faut additionner les emplois industriels classiques, d'une part, et tous les emplois de services tournés vers l'essor industriel, d'autre part... Et pour nos régions de l'Ouest, l'enjeu est de plus en plus de s'attacher à reconsidérer leur compétitivité, en renforçant le potentiel de leurs PME, en définissant mieux leurs spécialisations, en créant des relations fortes entre les fonctions de recherche, de formation et de production...





Doigt

C’est vrai qu’il fut très bref, ce doigt d’honneur d’Henri Emmanuelli. Un furtif, aurait dit Madame Mado. Tout de même, il fut bien brandi, pointé contre le Premier ministre... Comment ne pas voir, dans cette politique du doigt de l’homme, une nouvelle manifestation de l’effet DSK ? Depuis les déboires sexuels de Dominique Strauss-Kahn, on ne parle plus à l’assemblée que de jupes interdites, de pervers cumulards, de plaisanteries salaces suivies de baffes méritées. Même Madame Lagarde se convertit à l’argumentaire sexué, promettant moins de testostérone si elle devient directrice générale du FMI... Et si l’on arrêtait ces querelles de cornecul pour parler à nouveau de politique ? Avec cependant une hésitation: faut-il dire la politique, au féminin, gestion parfois politicienne de la cité ? Ou le politique, au masculin, expression du vivre ensemble de nos sociétés ? On n’en sort pas...

RSA, justice: pourquoi la droite se durcit



L’envers de la médaille du miracle économique

La Pologne est peut-être considérée comme l'une des réussites économiques de l'Europe, mais son système de santé et ses services sociaux s'effondrent. Et ses jeunes qualifiés préfèrent de plus en plus s'exiler plutôt que d'accepter des emplois très mal payés et sans avenir. 

Les Polonaises qui vivent en Grande-Bretagne ont en moyenne davantage d'enfants que leurs compatriotes restées au pays. Quand Gazeta Wyborcza, le plus grand quotidien de Pologne, a publié cette information il y a quelques mois, la surprise fut énorme. Elle n'était pourtant pas complètement inattendue.
Nombre de commentaires reflètent le gouffre qui sépare le discours public polonais de notre réalité sociale. L'"Occident" était censé être un endroit libéral, voire libertin, et de ce fait très dangereux et corrupteur pour nos jeunes. Mais des enfants ? Voilà qui n'entre pas dans ce scénario.
Les hommes politiques conservateurs tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur  l'état catastrophique de la situation démographique du pays. Les Polonaises ont en moyenne 1,23 enfant, une très mauvaise nouvelle pour l'avenir du pays.

Un marché dévasté

Les explications avancées pour ce faible taux de natalité sont essentiellement d'ordre idéologique. On accuse l'hédonisme de la jeune génération, la permissivité et la sursexualisation de la culture populaire et le manque de patriotisme. Et quand il apparaît que les véritables raisons sont peut-être bien plus prosaïques – des services sociaux en dessous de tout, la faiblesse voire le manque de système de santé, l’absence d'emploi pour les parents et de crèches pour les enfants, le coût élevé du logement – les commentateurs sont mal à l'aise. Le fait que les Polonaises résidant en Grande-Bretagne ont davantage d'enfants que les immigrés du Bangladesh illustre soudain l'échec calamiteux de la politique sociale au pays.
La vérité inconfortable, c'est que la jeune génération, qui est la plus éduquée de l'histoire de la Pologne – près de la moitié des personnes âgées de 25 ans sont diplômées de l'université – est confrontée à un marché du travail épouvantable. Cela n'est pas uniquement dû à la crise économique mondiale : la Pologne n'a connu qu'une période de ralentissement, pas un déclin du PIB.
Malgré tout l'avenir des jeunes Polonais est loin d'être brillant : le pays qui a payé de grosses sommes pour les former n'a pas besoin d'eux sur le marché du travail et ne sait absolument pas quoi en faire : le taux de chômage officiel pour les diplômés de l'université tourne autour de 20%. Ceux qui parviennent à trouver un emploi sont tout aussi frustrés : ils ont souvent l'impression d'occuper des emplois sous-qualifiés, des "McJobs" sans la moindre perspective de carrière et doivent souvent gagner une partie de leurs revenus au noir pour échapper aux impôts – ce qui rend par exemple l'obtention d'un crédit difficile. Il n'y a pratiquement aucune sécurité de l'emploi ; les employeurs pensent que le marché est fait pour les acheteurs et qu'ils pourront toujours trouver un meilleur employé, c'est à dire plus "malléable." Ils sont lents à recruter et rapides à licencier.

Des explications idéologiques bidons

C'est là un tableau que la plupart des Européens de l'Ouest connaissent bien. En Espagne, le taux de chômage des diplômés est deux fois plus élevé qu'en Pologne. La différence en Pologne, c'est le niveau élevé de l'émigration et l'absence totale de mouvement de protestation – ce qui permet aux responsables politiques de garder le silence sur la question ou de donner des explications idéologiques bidons.
Le problème est en partie structurel. La Pologne a une économie où la technologie n'est pas très importante ; elle est dominée par de petites entreprises familiales et il n'y a donc que peu de travail pour les diplômés. Il y a quelques semaines, le journal pour lequel je travaille a publié une lettre d'une jeune diplômée en droit qui prépare son doctorat. Elle n'a pas pu trouver de travail correspondant à son diplôme. Elle a postulé à un emploi de secrétaire mais son patron potentiel lui a écrit pour lui dire qu'elle devait devenir sa maîtresse en ajoutant "Si vous n'êtes pas d'accord, ne répondez pas à mon mail – je me fiche de ce que vous pensez." Imaginez-vous un peu 50 000 diplômés en lettres, c'est ce que nous produisons chaque année, sur ce genre de marché du travail.
La question la plus importante c'est peut-être l'inefficacité de notre Etat et sa classe politique vieillissante et déconnectée de la réalité. Deux des plus grands partis politiques du pays sont dirigés par des quinqua- et sexagénaires, qui ont grandi en luttant contre le communisme. Ils font semblant de s'intéresser aux problèmes de la jeunesse mais pas grand chose de plus.
Les solutions que peut offrir l'Etat, des réductions fiscales pour les employeurs qui recrutent des diplômés, sont en outre lamentablement inadaptées. L'appareil d'Etat est à la fois pléthorique et notoirement inefficace : le gouvernement a récemment reconnu qu'une aide sociale de 50 zlotys (12 euros en coûtait 100 (25 euros) en frais administratifs. Pas étonnant qu'il n'y ait pas d'argent pour des plans destinés aux jeunes. Pas étonnant que ceux-ci quittent la Pologne.
Selon une étude récente, il y avait en 2009 1,8 à 2 millions de Polonais, des jeunes pour la plupart, qui travaillaient à l'étranger. Même si c'est la crise à l'Ouest, ils ne semblent pas près de revenir.
Nos responsables politiques ont beau dire "Nous ne voulons pas que nos jeunes soient à Londres, nous voulons qu'ils soient en Pologne", ils sont en fait bien soulagés. Ils sont ravis que les jeunes ne soient pas là : pas de protestation, pas de criminalité, pas de problème. Il y en a même quelques uns qui envoient de l'argent au pays.

Les banquiers privés européens renâclent à aider la Grèce

Les banques privées de la zone euro ne souhaitent intervenir qu'en dernier recours.
 
"Une participation des créanciers privés ne doit intervenir que si toutes les autres solutions échouent", a déclaré ce mardi la Fédération allemande des banques privées dans un communiqué. Paradoxe : les responsables européens, notamment allemands, ont posé comme condition à tout nouvel effort en faveur de la Grèce, que les banques privées de la zone euro y participent. Une implication qui signifierait pour ces dernières l’abandon de certains de leurs avoirs dans l’immédiat.
La solution privilégiée par Jean-Claude Trichet, président de la BCE, consisterait en effet à prolonger les crédits et les obligations qui arrivent à échéance. Pour que l’opération soit fructueuse, il faudrait qu’environ 75% des banques européennes y prennent part, a confié Padhraic Garvey, analyste d’ING, à l’AFP. Pour cela, une intervention des Etats actionnaires de certaines d’entre elles serait bienvenue : "si leurs Etats leur demandent de garder les obligations grecques, elles le feront", a affirmé Holger Schmieding, chef économiste de la banque allemande Berenberg, lors d’une conférence. Et d’ajouter que : "l’important, c’est que toutes les banques y participent, et pour cela il faut une coordination politique de tous les pays européens". Du côté des banques, au-delà de la prolongation de leurs crédits de court terme à la Grèce, l’attentisme est pour l’instant de rigueur.
Selon les chiffres de la banque des règlements internationaux, les banques allemandes avaient une exposition de 22,7 milliards de dollars au secteur public grec à fin 2010, contre 15 milliards de dollars pour les banques françaises.

JE SAVAIS QUE LES SOCIALISTES FRANÇAIS AVAIENT DE LA CLASSE, MAIS LÀ ; 
HENRI EMMANUELLI LE PROUVE !!!





Henri Emmanuelli n'est pas convaincu par les... par LCP

mardi 7 juin 2011

Hambourg, la cité de la peur

Centre de la crise de l'E.coli, la ville allemande vit sous alerte à l'épidémie : le sang se fait rare dans les hôpitaux et les légumes invendus, trop nombreux. "Nous sommes encore en vie" grince une marchande du marché.
La salade disparaît peu à peu de la ville. Les restaurants remplacent la fameuse feuille verte sur le bord de l'assiette par une tranche de melon. C'est désormais le persil qui donne aux sandwiches la touche de couleur qui favorise les ventes. "On n'a plus le droit de mettre de la salade", explique la vendeuse. Même chose pour les tomates: c'est le paprika qui donne du rouge au petit pain au fromage. A l'extérieur de la grande ville, les paysans épandent des palettes entières d'iceberg et de roquette hachée dans les champs pour servir d'engrais. Elles sont revenues du marché invendues.
La bataille des légumes fait rage à Hambourg depuis que le drapeau de l'E.coli flotte sur la métropole. Les produits allemands sont mis en valeur par rapport aux produits étrangers, les salades difficilement vendables sont présentées comme "produit du jour" sur les marchés hebdomadaires. Par exemple celui de Lohbrügge, ce samedi: l'activité bat son plein et les dialogues semblent tirés d'un film catastrophe. "On est toujours vivants", crache une marchande qui vend des légumes locaux. Tout est récolté par le personnel du producteur, personne n'est tombé malade, personne n'est mort, poursuit-elle. C'est une preuve, non ?
Pourtant les concombres, lourds comme du plomb, restent dans leurs cageots. Les clients n'en veulent pas, même s'ils sont quasiment donnés. La pièce coûte quarante centimes, trois pour un euro. A l'étal d'en face, une dame d'un certain âge confie être "très inquiète." Si elle tombe malade, elle racontera que c'est ici qu'elle a fait ses courses, le vendeur est prévenu. Puis elle se fait emballer un petit pot de salade harengs-betteraves-oignons.

Le mot "salade" sonne comme un coup de feu

Tout est sens dessus dessous. Le mot "salade" sonne comme un coup de feu. Voilà qu'il n'est pas bon pour la santé de manger sainement. Le monde a peur des légumes allemands, introduit des contrôles aux importations, comme les Etats-Unis, ou des interdictions comme les Russes. Pour les agriculteurs allemands en revanche, la seule façon de se protéger contre l'E. coli, c'est d'acheter des légumes allemands.
Sur Internet, les maraîchers font vivre une légende qui est déjà dépassée. La page d'accueil des marchés hebdomadaires de Hambourg annonce toujours : "Nous souhaitons vous faire savoir pourquoi vous pouvez – voire pourquoi vous devez – malgré tout acheter des fruits et les légumes frais au marché. L'EHEC a été repéré dans des concombres venant d'Espagne."
Ca doit bien venir de quelque part. C'est comme pour Fukushima, on a le sentiment de ne rien pouvoir voir, ni entendre, ni sentir quoi que ce soit. Il y a quelque chose qui a rendu malade 2 500 personnes en Allemagne. C'est là, alors nous avons peur. Joachim Gauck, l'ancien directeur du Commissariat aux Archives de la Stasi vient même d'attester l'existence d'une véritable "addiction à la peur" chez les Allemands.
Est-ce si surprenant que les gens éprouvent une peur diffuse? Avant-hier, il y avait de la dioxine dans la nourriture pour les animaux, hier une centrale nucléaire a explosé, aujourd'hui c'est une bactérie inconnue des chercheurs sous cette forme qui se répand. Les produits alimentaires voyagent dans le monde entier apparemment sans laisser de traces. Et les gens, toutes les victimes potentielles, ne peuvent qu'éviter les obstacles invisibles. Ils enlèvent la salade des sandwiches, mangent des pizzas sans tomates, achètent au marché des courgettes plutôt que des concombres.

La peur se manifeste de façon subtile

Pour une ville terrorisée, Hambourg a même passé un merveilleux weekend. Les gens se sont promenés par dizaines de milliers dans le centre ville en vêtements d'été, ont rempli les terrasses des cafés, sont allés au restaurant. Personne ne portait de masque, personne ne s'est terré chez soi par crainte de la bactérie tueuse. La peur se manifeste de façon subtile, par exemple dans tous ces petits flacons bleus de désinfectant qui remplacent désormais le savon dans presque toutes les toilettes publiques. Ou dans les temps d'attente dans les centres de don du sang. Celui-ci se fait rare et chacun pourrait  en avoir besoin bientôt. Olaf Scholz, le maire, a appelé la population à donner son sang. La détérioration brutale des fonctions rénales fait partie des effets horribles de la bactérie.
Hambourg est la ville d'Allemagne qui compte le plus de victimes de l'E.coli. Les hôpitaux sont à la limite de leurs capacités, Daniel Bahr, le ministre de la Santé a dû le reconnaître. Le jeune ministre s'est rendu dimanche au CHU d'Eppendorf, à Hambourg, pour "se faire une idée de la prise en charge des malades." Quand des soldats meurent en Afghanistan, le ministre de la Défense se déplace. Quand un train déraille, le ministre des Transports se déplace. Quand une nouvelle épidémie éclate, le ministre de la Santé se déplace. Depuis la visite de Bahr, Hambourg est en quelque sorte officiellement zone sinistrée.
C'est maintenant la réputation de la "perle de l'Alster" qui est en jeu. La bactérie est considérée en ville comme un criminel. La semaine dernière, le chef de la police a proposé de faire appel à des policiers pour rechercher cet ennemi invisible.


Vu de Pologne

Une épidémie de papier

"Comment les riches pays européens n'ont-ils pas pu empêcher cela ?", s'interroge Gazeta Wybrocza à propos de l'infection E.coli dont l'origine reste incertaine. Pour le quotidien polonais, c'est le système fédéral allemand qui est en cause. Tandis que le célèbre Institut Robert Koch (qui relève du ministère fédéral allemand), est la principale institution allemande responsable de la gestion des maladies infectieuses, la protection sanitaire des citoyens relève pour sa part de la responsabilité des Länder. Par conséquent, même si les experts de l'Institut Robert Koch ont été les premiers à déceler la présence d'une bactérie mortelle dans des crudités, le verdict final sur la question ne peut être rendu par l'Institut fédéral pour l'évaluation des risques basé à Berlin, qui relève du ministère de l'Agriculture.
S'il a "admirablement équipé ses laboratoires", l'institut ne peut pas prélever d'échantillons de nourriture suspecte parce que cela est de la prérogative des Länder. "Les cliniques, les institutions sanitaires, les ministères régionaux et fédéraux travaillent tous de leur côté. Un mois est passé et personne n'est encore en charge du problème", critique Thomas Oppermann député de l'opposition social-démocrate. En raison de ce chaos institutionnel, les experts de l'Institut Koch se sont rendus à Hambourg deux semaines seulement après le début de l'épidémie. Or, le temps est un élément déterminant dans ce type de situation. "Pour de nombreux médecins, il est désormais impossible de repérer la source de l'épidémie", souligne le quotidien de Varsovie.

L'aide du FMI à la Grèce implique des décisions dure en Europe

Le FMI a fait savoir mardi que le déblocage de sa part d'une nouvelle tranche d'aide au bénéfice de la Grèce implique que des décisions difficiles soient prises en Europe.
Un haut fonctionnaire grec a déclaré pour sa part que le gouvernement pensait que le Parlement grec se prononcerait d'ici la fin du mois sur son plan d'austérité à moyen terme, lequel constitue une condition primordiale à l'octroi d'une nouvelle aide internationale.
Athènes doit accélérer les privatisations et imposer de nouvelles mesures d'austérité pour pouvoir bénéficier de cette aide, suivant un accord passé vendredi dernier avec le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne.
Selon des sources officielles de la zone euro, une proposition portant sur un plan de 80 à 100 milliards d'euros sur trois ans serait prête dans les deux semaines. Mais cette proposition ne résout pas d'importantes questions, telle que la participation du secteur privé.
Selon ces sources, 30 milliards seraient tirés d'un report des échéances de la dette, 25 à 30 milliards seraient apportés par les privatisations grecques et 30 à 40 milliards proviendraient de l'aide internationale proprement dite, à raison d'un tiers pour le FMI et de deux tiers pour le Fonds européen de stabilité financière, comme pour l'Irlande et le Portugal.
Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a dit lundi que le dispositif serait prêt avant le 20 juin, date de la réunion de l'Eurogroupe à Luxembourg. Si tel est le cas, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pourraient adopter le paquet lors de leur sommet de Bruxelles des 23 et 24 juin.
PARTICIPATION VOLONTAIRE
L'Union européenne a encore du pain sur la planche avant que le FMI n'octroie de nouveaux prêts, a dit Bob Traa, représentant du FMI en Grèce.
"Je crois qu'il y a un sommet en Europe, en juin, où il faudra bien prendre le taureau par les cornes. Ils devront prendre certaines décisions; alors nous informerons notre conseil et débourserons l'aide début juillet", a-t-il dit.
L'UE tente de mettre au point un dispositif d'aide à la Grèce pour les années à venir qui prévienne tout défaut et implique le secteur privé.
Il y a un an, l'UE et le FMI mobilisaient une aide de 110 milliards d'euros pour la Grèce. Mais cela supposait que le pays puisse à nouveau emprunter sur les marchés début 2012, ce qui est totalement exclu avec des taux de rendement astronomiques sur le marché de la dette grecque.
La participation volontaire du secteur privé au sauvetage de la Grèce, qui serait l'un des volets de la nouvelle aide, appelée à se substituer à la précédente, soulève bien des questions.
L'une des hypothèses est que les créanciers privés rachètent de nouvelles obligations grecques lorsque celles qu'ils détiennent arriveront à échéance, évitant ainsi à la Grèce l'obligation de débourser des liquidités.
Selon les sources officielles de la zone euro, les investisseurs qui ont investi dans du papier à deux et trois ans pourraient ainsi acheter des titres à sept ans voire plus.
Mais pour l'agence de notation Moody's, le compte n'y est pas. Elle voit mal comment ce report d'échéance pourrait être réellement volontaire de la part du privé et elle y voit un défaut en puissance.
"On a du mal à imaginer, dans les circonstances actuelles, que cela se fasse volontairement", a déclaré à des journalistes Bart Oosterveld, directeur de la division "risque souverain" de Moody's. "Il est plus probable que, de notre point de vue, cela soit considéré comme un événement de crédit."
UNION SACREE
Bob Traa a souligné que le FMI était opposé à une restructuration majeure de la dette du pays en raison des conséquences imprévisibles que cela pourrait avoir pour les pays de la zone euro. Mais il a laissé entendre que le FMI était ouvert à d'autres solutions.
"On peut penser raisonnablement à rallonger les délais de paiement, par exemple des prêts accordés par les partenaires de la zone euro et le FMI parce que nous avons des clauses d'amortissement en fin de programme. C'est une question technique à laquelle nous pouvons réfléchir", a-t-il dit.
La Grèce a déjà obtenu un allongement des délais de remboursement pour le premier programme d'aide et le FMI s'est dit disposé à renouveler la manoeuvre mais pas sans accord préalable avec l'Union européenne.
La dette de la Grèce représente 340 milliards d'euros, soit 150% de son PIB environ et Traa a dit que le temps était compté. "La Grèce est à un point critique et n'a pas de temps à perdre", a-t-il dit.
Concernant la participation du privé au sauvetage grec, la fédération bancaire allemande BDB estime que cela doit être une solution de dernier recours et que pour l'instant elle ne s'impose pas.
Un haut fonctionnaire grec a par ailleurs fait savoir que le gouvernement comptait réduire l'impôt sur les sociétés, une concession à l'opposition, ainsi que la TVA à compter de 2012.
Toutefois, ces mesures ne feraient pas partie du plan économique à moyen terme, a-t-il dit à la presse.
Au sein du Pasok, le Parti socialiste au pouvoir, certains avaient réclamé que chaque partie du plan, qui prévoit pour 6,4 milliards d'euros de nouvelles mesures d'austérité, fasse l'objet de votes séparés.
Voter en bloc permettrait d'éviter que chaque mesure ne soit contestée individuellement. L'UE a appelé à une union sacrée sur ce plan qui couvre une période au-delà des élections prévues en 2013.

La Grèce paie des pensions à des milliers de retraités décédés

C’est une nouvelle bien embarrassante pour la Grèce. Alors que le pays est au bord de la faillite et qu’il doit appliquer un plan de rigueur très serré, la ministre du Travail, Louka Katseli, vient d’annoncer que des retraites continuent d’être versées à des milliers de Grecs décédés depuis longtemps.
Environ 16 millions d’euros de perdus
Elle a annoncé que les autorités enquêtaient pour déterminer si les quelque 9 000 centenaires continuant de toucher leur retraite étaient tous encore vivants. Un croisement de données a permis de déterminer que le versement de leur retraite avait été maintenu à quelque 4 500 fonctionnaires décédés, ce qui représente un montant annuel de plus de 16 millions d’euros.
En Grèce, les citoyens ne signalent pas toujours le décès de leurs proches afin de continuer à toucher leur retraite et les contrôles manquent de rigueur.
Le ministère du Travail doit économiser 8 milliards
Une fraude dont Athènes n’a pas franchement besoin : sa dette s’élève actuellement à plus de 300 milliards d’euros d’actifs publics selon la Banque centrale européenne. Le ministère du Travail doit, à lui seul, économiser huit milliards d’euros entre 2012 et 2015 pour continuer de recevoir les aides de l’Union européenne et du FMI.
Kurt Lauk, président du Conseil économique de la CDU allemande, réticent à donner des fonds à la Grèce a affirmé que cet exemple des retraites « prouve la nécessité d’étudier dans le moindre détail les finances grecques avant de verser le moindre centime d’aide » à Athènes.
« Les ministres des finances de l’Union européenne seraient bien avisés de ne pas laisser ces contrôles aux seuls Grecs », a-t-il ajouté.

Peut-être un référendum en Grèce

Le Premier ministre grec Georges Papandréou n'a pas exclu d'organiser un référendum sur "les grands changements" politiques et économiques que son gouvernement ambitionne pour le pays, mais sans envisager une telle consultation sur la cure d'austérité en cours.

"Je suis prêt à procéder à de grands changements et dans ce cadre on pourrait aussi avoir recours au référendum pour obtenir le plus grand consensus possible (...)", a déclaré M. Papandréou au cours d'une réunion-marathon du conseil des ministres dans la nuit de lundi à mardi.

Il a demandé au ministre de l'Intérieur et de l'Admiministration, Yannis Ragoussis, "d'élaborer les réglementations législatives adéquates qui permettraient d'avoir recours à cet outil démocratique, prévu par la Constitution, en cas de besoin".

Rappelant que M. Papandréou s'était déjà prononcé à plusieurs reprises en faveur du principe référendaire, le porte-parole du gouvernement, Georges Pétalotis, a toutefois précisé mardi qu'un tel recours n'était pas envisagé au sujet du nouveau plan d'austérité 2012-2015 en cours d'adoption sous la pression des créanciers du pays.
La question d'un référendum "ne se pose naturellement pas maintenant", a déclaré M. Pétalotis sur la radio Vima FM.

Pour M. Papandréou, "les changements envisagés" pour le pays vont au-delà du plan de redressement, dicté par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en échange de la poursuite de l'aide financière au pays, et concernent tout "le modèle politique et économique" où dominait "le clientélisme".

Le Premier ministre a par ailleurs exclu des élections anticipées d'ici à la fin de son mandat (en 2013), et s'est engagé à respecter l'accord conclu avec les créanciers du pays pour la mise en oeuvre de l'assainissement économique.

"Aujourd'hui, la Grèce subit les répercussions d'une instabilité (financière) générale et cela nous oblige à prendre des décisions difficiles (...), les jours et les semaines qui suivent sont cruciaux", a-t-il dit.

Il a appelé "les députés à voter le programme économique à une forte majorité".
Vendredi, la Grèce et la Troïka (UE-FMI-BCE) ont conclu des négociations pour l'adoption d'un nouveau volet d'économies budgétaires et l'accélération de privatisations en contrepartie d'une nouvelle aide financière de la zone euro au pays.

Depuis lors, la tension sociale ne cesse de monter. Dimanche, le nombre "d'indignés", les manifestants qui campent depuis plus de deux semaines devant le Parlement à Athènes, a atteint plus de 70.000.

Berlin freine le nouveau plan de secours pour la Grèce

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a pourtant laissé entendre qu'Athènes allait bénéficier d'une rallonge financière après le premier plan de secours, adopté en mai 2010.

D'intenses négociations sont en cours afin de trouver une solution permettant d'impliquer les créanciers privés dans un nouveau plan d'aide à la Grèce sans déclencher un défaut, a déclaré lundi 6 juin Jean-Claude Juncker devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, à Strasbourg.
"Il y a un certain nombre de gouvernements qui pensent ne pas pouvoir obtenir l'adhésion de leur Parlement et de leur population s'il n'y a pas d'implication du secteur privé", a dit le président de l'Eurogroupe. "Avec la BCE, nous travaillons à une formule qui n'entraîne pas un jugement définitif et négatif par les agences de notation et qui n'entraîne pas le constat d'un défaut", a ajouté le Premier ministre luxembourgeois, évoquant des "négociations ardues et ardentes". Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, qui l'accompagnait, a précisé que cette solution serait trouvée avant le 20 juin, écartant l'hypothèse d'une restructuration de la dette grecque.
"Ce qu'il y a pour le moment ce ne sont pas des engagements, ce sont des opinions", a réagi le porte-parole du gouvernement allemand, toujours très prudent sur le sujet. Berlin est soucieux de ne pas froisser son opinion intérieure, peu encline à venir au secours de la Grèce.

85 milliards d'euros ?

Après avoir reçu l'an dernier 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans par le FMI et l'UE, la Grèce devrait obtenir d'ici le mois de juillet une rallonge financière de la part de ses bailleurs de fonds internationaux, en échange d'un nouveau train de mesures d'austérité, pour éviter le défaut de paiement. Selon le journal grec Kathimerini, le nouveau plan de sauvetage de trois ans pour la Grèce, qui ira donc jusqu'en 2014, se montera à 85 milliards d'euros, dont un peu moins de la moitié sera fournie par l'UE et le FMI. L'hebdomadaire allemand Der Spiegel parle jusqu'à 100 milliards d'euros. Pour le quotidien allemand Handelsblatt paru mardi, la décision sur un deuxième plan pourrait toutefois ne pas intervenir avant l'automne, en raison notamment de l'opposition de la Slovaquie.
Après avoir examiné pendant un mois entier la mise en oeuvre par la Grèce du premier plan de sauvetage, les inspecteurs représentant la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne ont déclaré vendredi que la Grèce avait accompli des progrès considérables mais qu'il fallait accélérer les réformes structurelles.

Une échéance importante en juillet

Comme Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Juncker a estimé lundi qu'Athènes avait fait des progrès dans l'exécution de son programmes d'ajustement budgétaire. "Le gouvernement grec est en bonne voie pour remplir ses objectifs budgétaires pour 2011", a-t-il dit aux eurodéputés, tout en prévenant que le programme de privatisations de 50 milliards d'euros avancé par les autorités grecques ne résoudrait pas tous les problèmes du pays.
Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou a prévenu qu'Athènes serait incapable de remplir ses obligations à partir de la mi-juillet si le gouvernement n'obtenait pas la prochaine tranche de prêt de 12 milliards d'euros dans le cadre du premier plan de sauvetage de l'UE et du FMI, qui devait à l'origine être débloquée le 29 juin.
Mardi, la ministre grecque de l'Emploi, Louka Katselli, a relancé le débat sur les aberrations du système fiscal grec en citant plusieurs exemples: "J'ai la déclaration sous les yeux, ce couple déclare 19.300 euros par an et paie 9 euros d'impôts par an", a-t-elle détaillé, avant  de présenter le cas d'un couple "possédant un villa de 300 m2, une résidence secondaire de 200 m2, deux voitures, une piscine et un voilier". "Ils déclarent 58.000 euros de revenus annuels, et paient 7.800 euros".

Le marathon judiciaire de DSK

Dans l'affaire DSK, dominaient jusqu'à présent l'incrédulité, un buzz sans pareil provoqué par l'inculpation pour crimes sexuels d'un des hommes les plus influents au monde et des images chocs, rares mais tournant en boucle. Elle est désormais entrée dans une autre dimension, son implacable réalité judiciaire. L'audience d'hier préfigure une longue épreuve où tout pourra se passer à tout moment, y compris une négociation entre les parties. Une audience technique, éclair, sans surprise. DSK ayant confirmé qu'il plaiderait non coupable, seule façon d'éviter éventuellement la prison, la voie à un procès public est tracée. Contraint au silence par le système judiciaire américain, la défense va pouvoir prendre connaissance des éléments à charge et tenter de sortir de cette phase de présomption de culpabilité dans laquelle DSK était confiné. Classiquement, une affaire de viol marque la confrontation entre deux récits, parole contre parole. Le face-à-face opposera certes l'ex-patron du FMI à une femme de ménage noire. Un autre bras-de-fer l'attend pourtant avec un procureur démocrate, intransigeant, sensible à la cause des femmes, qui aura à cœur de convaincre tous les jurés. La défense de DSK, elle, va s'attacher à instiller le doute sur la plaignante, à jeter le discrédit sur sa déposition, et à transférer sur elle la pression médiatique de son célèbrissime client. La bataille de l'opinion est lancée, le décor posé, les acteurs en place. Les stratégies - relation sexuelle consentie contre « lutte des classes » - vont pouvoir se dévoiler. Aucun rebondissement n'est à exclure. Désormais tous les coups sont permis.