Il a arpenté hier le Salon de l’Agriculture, superbe, forcément, mais sans tambour ni trompette : Dominique Galouzeau de Villepin, candidat sans troupe ni parrain, le plus célèbre inconnu de cette campagne. Il eut un jour le monde entier pour auditoire à l’Onu, contre la guerre d’Irak. Il est aujourd’hui pareil aux gargouilles de Notre-Dame qui, au soir tombé, bavardent, éructent, jacassent, mais que les hommes ont cessé d’écouter. Lui reste la raillerie contre ceux qui « prennent les Français pour des couillons »… Oui, il cause comme ça maintenant, Galouzeau. Mais n’en doutez pas, il s’amuse : « Au baromètre du plaisir, je suis en tête ». Il prend la pose dans un quotidien le dos tourné à l’objectif, en Sisyphe arc-bouté contre sa cheminée. Et il lance, au Salon : « Je n’ai pas mis ma culotte de chou pour me faire brouter le derrière par les petits lapins ». Ce Villepin-là nous manquera.
samedi 3 mars 2012
Il a arpenté hier le Salon de l’Agriculture, superbe, forcément, mais sans tambour ni trompette : Dominique Galouzeau de Villepin, candidat sans troupe ni parrain, le plus célèbre inconnu de cette campagne. Il eut un jour le monde entier pour auditoire à l’Onu, contre la guerre d’Irak. Il est aujourd’hui pareil aux gargouilles de Notre-Dame qui, au soir tombé, bavardent, éructent, jacassent, mais que les hommes ont cessé d’écouter. Lui reste la raillerie contre ceux qui « prennent les Français pour des couillons »… Oui, il cause comme ça maintenant, Galouzeau. Mais n’en doutez pas, il s’amuse : « Au baromètre du plaisir, je suis en tête ». Il prend la pose dans un quotidien le dos tourné à l’objectif, en Sisyphe arc-bouté contre sa cheminée. Et il lance, au Salon : « Je n’ai pas mis ma culotte de chou pour me faire brouter le derrière par les petits lapins ». Ce Villepin-là nous manquera.
Et voici qu'en Syrie, ce qui paraissait impossible, impensable, se produit : le chef de l'État fait tirer le canon sur les quartiers rebelles de ses propres villes. Les morts se comptent par milliers désormais. Le dictateur syrien, comme à d'autres époques que nous croyions révolues, ose braver l'opinion publique mondiale. Celle-ci, indignée, s'avère impuissante, obligée d'assister au désastre sans même pouvoir porter secours aux blessés et aux affamés, bientôt réduits à se rendre comme les assiégés de jadis.
La médiation de l'Onu est absolument indispensable
Sans doute, une intervention armée des autres nations est impossible en Syrie. Déjà, l'action entreprise en Libye fut difficile à organiser. Elle fut tout juste tolérée par les deux grands pays, la Chine et la Russie, qui aujourd'hui bloquent les politiques qui pourraient influer sur le drame syrien. De plus, l'intervention libyenne qui a entraîné la chute de Kadhafi ne produit pas aujourd'hui tout le positif espéré. Qu'en serait-il en Syrie ?
La question est de savoir maintenant comment soutenir les révoltés syriens, comment aider ces populations souffrantes et comment préserver, demain, la paix entre les différentes communautés qui pourraient fort bien s'affronter violemment. On sait, par exemple, quelles sont les difficultés et les menaces qui pèsent sur les chrétiens en ce pays.
La situation pourrait aussi entraîner de graves développements dans les pays voisins, à commencer par le Liban, et dans toute la région.
On pense, bien sûr, aux médecins, aux journalistes, aux humanitaires qui s'efforcent d'apporter leur aide et de recueillir informations et témoignages. Eux aussi doivent absolument être protégés et évacués dans les meilleures conditions possible.
Cependant, on se demande ce qui pourra faire fléchir Bachar el-Assad qui paraît de plus en plus enfermé dans son schéma simpliste et répressif. Pourtant, même s'il parvenait à rétablir « son ordre », notre indignation vis-à-vis du dictateur et de ses méthodes ne s'éteindra pas.
Puisse Kofi Annan, envoyé spécial de l'ONU, aboutir à créer une médiation qui s'impose absolument.
Jacques Séguéla: "Internet dessert la politique"
Jacques Séguéla est l'invité de Renaud Revel pour ce sixième numéro d'Immédias, l'émission de L'Express réalisée en partenariat avec Ina.fr. Le publicitaire, qui fut le conseiller en communication de François Mitterrand dans les années 80, livre ses impressions sur la campagne électorale en cours.
Face à Renaud Revel, il livre ses impressions sur la campagne électorale en cours et sur les stratégies de communication des candidats en lice. Après avoir donné son avis sur l'affiche de Nicolas Sarkozy, "La France forte", Jacques Séguéla revient sur la mesure proposée par François Hollande de taxer à 75% les plus hauts revenus, mesure qu'il critique vivement, allant jusqu'à la qualifier de "racisme financier".
Enfin, interrogé sur le rôle d'Internet dans cette campagne de 2012, le communicant rappelle l'utilisation du Web par Barack Obama en 2008, alors qu'il briguait la Maison Blanche. Pour Jacques Séguéla, le réseau social Twitter est l'"écume de la politique" et, plus globalement, Internet "dessert la politique et la communication".
Peut-on se passer des riches en France?
Le PS souligne la justice de la proposition, ses adversaires dénoncent une mesure improvisée qui va faire fuir les riches et les cerveaux.
vendredi 2 mars 2012
Taxe à 75% : Les Français disent oui
« Folie fiscale »
Selon TNS Sofres, seuls les sympathisants UMP se disent en majorité défavorables (65% contre 29%) à la mesure préconisée par le candidat socialiste à la présidentielle. Le candidat PS François Hollande a dévoilé annoncé cette proposition lundi, s'attirant les foudres de la droite et de Nicolas Sarkozy, qui dénonce une « folie fiscale ».De manière générale, 39% des personnes interrogées trouvent que François Hollande avance « plutôt de bonnes propositions » et 35% « plutôt de mauvaises propositions ». Selon ce sondage, le candidat du MoDem François Bayrou arrive en tête des candidats concernant la qualité des propositions. 42% pensent qu'il fait « plutôt de bonnes propositions », 12% qu'il fait « plutôt de mauvaises propositions ». Mais 25% (le taux le plus élevé à l'exception d'Eva Joly) qu'il ne fait... « pas de propositions ».
(Sondage réalisé en ligne le 1er mars auprès d'un échantillon national de 1.010 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas)
"Epuration" : Copé accuse Hollande
Bertrand : "Pourquoi Hollande n'assume pas ses amitiés?"
Ou quand Hollande fait du Mélenchon pour faire diversion… C'est une opération de communication pour faire oublier qu'il y a dans son programme une augmentation d'impôt généralisée, non pour les plus riches mais pour tous les Français. Donc pour faire passer la pilule d’un nouvel impôt pour la dépendance, il essaye de faire croire que seuls les plus riches paieront.
(Il coupe)… qui a été annoncée dans la plus totale improvisation! La preuve, Jérôme Cahuzac, responsable de la fiscalité de François Hollande, n'était même pas au courant. C'était simplement un coup médiatique, qui montre que cette campagne et ce candidat ne sont pas préparés.
Cela fait longtemps que je dis que certains revenus sont indécents, c'est vrai. Mais la proposition de François Hollande d’augmenter la tranche marginale rapporterait à peine 300 millions d'euros. François Hollande dit aux Français : "Je ne vous demande aucun effort, je vais faire payer les plus riches, et cela suffira". Le problème c’est qu’avec François Hollande, on est riche très vite! Je vous rappelle que selon lui, un couple gagnant 4.000 euros est riche…
Certaines rémunérations sont indécentes, c'est un fait. Et quelques grands patrons ont eu des comportements intolérables. Ils nous ont répondu qu'ils allaient mettre en place une "soft law". Ce code de bonne conduite est respecté par la quasi totalité, mais pour les quelques-uns qui ont des comportements de rapaces, cette "soft law" ne suffit plus, donc il faut une loi.
On a évité l'explosion du chômage, maintenant on ralentit sa progression, mais ce n'est pas suffisant. Ce que l'on veut, c'est faire reculer le chômage. C'est le sens du dispositif "zéro charge pour les jeunes", des accords compétitivité-emploi ou du recours à l’activité partielle.
Qui a dit "moi j'ai essayé, ça ne marche pas, c'est un formidable effet d'aubaine pour les entreprises"? Martine Aubry! Personne ne sera jamais aussi sévère qu'elle sur ce sujet. Ce contrat, cela revient à un contrat d'apprentissage avec un jeune et un maître de stage, mais au rabais car sans diplôme à la fin. Et cela existe déjà, les entreprises n'ont pas attendu François Hollande pour faire du tutorat : il y a entre 100.000 et 150.000 tuteurs aujourd'hui, auxquels s’ajoutent 300.000 maitres d’apprentissage. Si le contrat de génération était vraiment une solution, il en parlerait matin, midi et soir.
Il a tenu parole : tous les reclassements promis ont été obtenus! Le Président de la République a annoncé qu’Arcelor Mittal allait investir dès à présent 17 millions d’euros pour permettre la réouverture des hauts fourneaux au second semestre, et pour développer des nouvelles installations et produits.
Ils estiment que tant que les hauts fourneaux ne rouvrent pas, ils doivent continuer leur mouvement. Ils savent ce que je viens de vous expliquer, mais ils sont comme Saint-Thomas.
Quand on voit les déclarations des lieutenants de Hollande, cela me fait doucement sourire… J'ai été attaqué personnellement par Najat Vallaud-Belkacem, et je ne l'ai entendu ni démentir ni condamner. Il ne faut pas qu'il y ait deux poids deux mesures.
Nicolas Sarkozy a été attaqué sans cesse pendant cinq ans. Le PS veut le faire passer pour l'ami des riches, mais rappelez-moi qui a financé le loyer de la permanence de campagne de madame Royal? (Pierre Bergé, copropriétaire du Monde, Ndlr) Quand des journaux sont financés par des millionnaires de gauche, quelqu'un trouve-t-il quelque chose à redire?
Avez-vous vu certaines Unes de Libération, du Monde! C'est leur droit de faire ça, mais c'est aussi le nôtre de dire que l'on n'est pas dupe. Pourquoi Hollande se cache et n'assume pas ses amitiés?
Mais les socialistes sont dans une escalade verbale depuis cinq ans! Eux auraient le droit de s'en prendre à lui matin, midi et soir, et lui n'aurait pas le droit de s'exprimer?
Une élection présidentielle, c'est une confrontation! Et nous nous souhaitons qu’elle se fasse sur les idées. Tout a changé depuis l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, l'esprit change, la dynamique change, et elle est de son côté. Les socialistes, eux, sont sous pression, et Hollande a horreur de ça. Il aurait aimé avancer masqué, sans dire les choses, mais ce n'est pas ce que les Français attendent.
Pas du tout, car cela se jouera dans les 15 derniers jours. Les idées sont chez Nicolas Sarkozy. François Hollande est en campagne depuis des mois, et je cherche toujours une vraie idée dans son programme. Quel est son projet de société? L’antisarkozysme ne suffira pas.
La crise nous a obligés à changer notre façon de faire de la politique. Les Français ont conscience que si on veut garder notre modèle social, il faut des réformes importantes dans le domaine économique. Il faut davantage de compétitivité. François Hollande pense, lui, que le statu quo est possible.
Il mise sur la croissance, comme on mise au casino. Mais la présidentielle n'est pas un jeu. La croissance ne se décrète pas, il faut la favoriser. Nous nous voulons réduire la dépense publique et favoriser la compétitivité et l'emploi. François Hollande fait tout le contraire. Les socialistes français sont parmi ceux, en Europe, qui présentent les recettes les plus démodées, les plus décalées. Ils ont quinze ans de retard.
Le journaliste (David Pujadas, Ndlr) lui a posé une question et le président y a répondu en toute sincérité. Même si les questions des priorités des médias ne reflètent pas toujours les questions et les attentes populaires. Nicolas Sarkozy tient un discours de vérité : il dit les choses. C'est là la différence fondamentale avec l'ambiguïté de François Hollande.
Comme tous les dirigeants dans le monde qui sont aux responsabilités au moment de la crise la plus grave depuis 1929. Mais Nicolas Sarkozy nous a évité une nouvelle crise de 1929! Est-ce qu'il y aurait eu un meilleur capitaine que notre président dans la tempête? Tout le monde s'accorde à reconnaître que non.
Quatre meetings par semaine, plusieurs interviews dans les médias et les questions au gouvernement et en permanence sur le terrain…. Moi comme les autres sommes à fond dans cette campagne. De plus, Nicolas Sarkozy réunit un comité politique à partir de cette semaine, dont plusieurs membres du gouvernement vont faire partie. C'est la preuve que tout le monde est associé.
Un escalier se monte marche par marche. Je ne vais pas tomber dans le piège qui consiste à s'arroger des postes, des prérogatives avant la fin du combat. Je laisse cette indécence aux socialistes.
Je veux bien commenter l'actualité, le projet socialiste, les idées que nous défendons. Pour le reste… Les Français détestent ceux qui s'autoproclament d'avance. Ceux qui font ça, certains socialistes notamment, ont juste oublié une chose : ce sont les Français qui décident.
Un ministre allemand veut confier l'économie grecque à un commissaire européen
Le ministre allemand de l'économie, Philipp Rösler, voudrait voir l'un des 27 commissaires européens se charger spécialement de la remise sur pied de l'économie grecque, et a déclaré dans un entretien publié vendredi 2 mars dans le quotidien Handelsblatt "ne pas comprendre que la Grèce s'oppose à cette proposition".
Le "commissaire à la reconstruction" aurait "la responsabilité principale des élans de croissance et de la mise en œuvre des réformes" dans le pays, a suggéré le ministre libéral (FDP). Il coordonnerait notamment les propositions d'aide des Etats membres. M. Rösler a redit sa déception devant le peu d'entrain de la Grèce à accepter les offres allemandes de soutien. "Il est d'autant plus important maintenant que la Grèce soit enfin prête à plus de coopération", a-t-il dit. En début de semaine, un document émanant de son ministère avait circulé qui dressait un bilan décevant des initiatives lancées par l'Allemagne pour soutenir l'effort grec.
"Je ne comprends pas que du côté grec on s'oppose à cette proposition", a-t-il ajouté à propos de l'idée d'un commissaire dédié. "J'ai parfois l'impression que le peuple grec est conscient des sacrifices nécessaires, mais que les élites grecques ne veulent pas renoncer à leurs privilèges", a-t-il poursuivi. L'Allemagne avait déjà lancé l'idée d'un "commissaire aux économies" qui veillerait aux finances grecques, une idée rejetée par la plupart de ses partenaires et par les Grecs eux-mêmes, qui y voyaient une tentative de mise sous tutelle très malvenue. M. Rösler est coutumier des déclarations à l'emporte-pièce sur la Grèce. Il avait évoqué publiquement une faillite du pays il y a quelques mois, embrasant les marchés.François Hollande avance avec un programme de gauche et Nicolas Sarkozy a lancé sa campagne sur des valeurs de droite. C’est au moins un critère de différence mais pas le principal. Hier soir à Lyon, François Hollande a assumé sa normalité et face à la crise, a construit son discours autour des verbes réconcilier, rassembler, réunir, rassurer maintes fois prononcés.
Il a cité avec application, syndicats, fonctionnaires, élus locaux, ces corps intermédiaires que Nicolas Sarkozy souhaite court-circuiter. Il peint ainsi un autoportrait en parfait contraste avec un Nicolas Sarkozy qui dans la tempête, revendique de bousculer les codes, de bouleverser les fonctionnements institutionnels, de boucler les réformes inachevées. Le candidat Sarkozy de 2012 face à la crise est dans la continuité de celui de 2007 qui avait imposé, non seulement à son camp mais aussi à l’adversaire, un discours et un style qui renversaient la table. Le PS désigna une candidate de rupture atypique voire surprenante, en tout cas pas conventionnelle.
Cette fois, les deux candidats n’ont ni fond, ni forme en commun et en plus se rendent coups pour coups. Cette vraie opposition d’idées et de personnalités rend moins audible les discours d’une Marine Le Pen sur les « siamois » et restreint l’espace de François Bayrou et de Jean-Luc Mélenchon. L’élection est bipolaire parce qu’il existe de vraies différences
Hollande recule sur la taxation de l'assurance-vie
François Hollande avait déclaré lundi soir vouloir soumettre l'assurance vie au régime commun de l'impôt sur le revenu. Une position de principe confirmée le lendemain par Michel Sapin. Ce jeudi, l'ancien ministre de l'Économie déclare au contraire que la fiscalité restera inchangée après huit ans de détention.
Sanctionner les retraits avant huit ans de détention
"Mais ce principe doit être adapté à la spécificité de chacun des placements et de chacun des outils d'épargne. S'agissant de l'assurance-vie, il paraît légitime lorsque cet outil d'épargne est utilisé à court terme - moins de 8 ans - que le principe soit appliqué intégralement", a-t-il indiqué. Autrement dit, que les intérêts de ces placements soient soumis au barême de l'impôt sur le revenu, qui varie de 5,5% à 14%, 30% ou 41% actuellement selon les tranches d'imposition, voire de 45% et 75% si le PS introduisait ces deux taux supplémentaires. Cela ne concernerait que les nouveaux contrats, souligne Michel Sapin. Actuellement, les épargnants ont tout intérêt à conserver leur contrat d'assurance-vie pendant au moins 8 ans, période de détention à partir de laquelle la taxation des produits de ce placement est plus douce, à 7,5%. Un retrait avant quatre ans de détention s'accompagne d'une taxation de 35%, qui baisse à 15% entre 4 et 8 ans.
Or ces derniers mois, beaucoup d'assurés ont ponctionné leur contrat avant terme. Selon la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), 74% des rachats effectués sont partiels et 48% du total des retraits sont liés à un besoin de consommation.
Une épargne longue au delà de huit ans
"Au-delà de 8 ans, il s'agit d'une épargne longue, qui est utile à un grand nombre de Français et utile au financement de l'économie française, et compte tenu de cette spécificité, François Hollande ne propose pas de modification des modalités d'imposition", affirme aujourd'hui Michel Sapin .C'est-à-dire qu'au-delà de 8 années de détention, les intérêts continueront d'être taxés à hauteur de 7,5% pour toutes les personnes imposables et que l'abattement de 4.600 euros par personne sera conservé. "L'assurance-vie sera soumise au barème de l'impôt sur le revenu" avait indiqué lundi à La Tribune Michel Sapin, sans faire de différence entre le court et le long terme. "Nous ne prévoyons pas de maintenir des abattements exonérant le fruit de ces placements", avait-il poursuivi. Ces propos, synonymes de durcissement de la fiscalité de l'assurance-vie, avaient été mal accueillis par les assureurs, qui y voyaient une atteinte à ce placement adopté par 17 millions de ménages français.
Déjà l'an dernier, ce support d'épargne était la cible d'une taxe dans le cadre de la réforme sur la fiscalité du patrimoine. Par un lobbying appuyé, le Landerneau de l'assurance avait fait en sorte que ce projet soit éventé. Le lobby des assureurs aurait bien pu frapper à nouveau...
Le monde des affaires
Le Parti socialiste n’a pas le monopole de l’argent sale. La droite aussi a eu – l’emploi du passé s’impose-t-il ? – son lot de valises de billets et de fausses factures. Mais au moins n’a-t-elle jamais prétendu incarner le camp du bien contre les forces du mal.
Il est fascinant de voir les socialistes, malgré les scandales, les affaires de moeurs et les soupçons de toutes sortes qui éclaboussent ses rangs, continuer à se draper dans le manteau de la morale avec une totale absence de scrupules. « J’aime les gens quand d’autres sont fascinés par l’argent », assène ainsi François Hollande devant ses militants ravis. On aimerait savoir ce que pensent les fédérations socialistes des Bouches-du-Rhône ou du Pas-de-Calais de telles professions de foi. Parce qu’elle refuse de nier la réalité, la droite n’a jamais promis à ses électeurs un monde idyllique, abandonnant l’utopie au camp d’en face. Au moins évite-t-elle ainsi la cruelle comparaison entre le rêve annoncé et la triviale réalité.
“Un terrible avantage”
Najat Vallaud-Belkacem était il y a cinq ans l’une des porte-parole de Ségolène Royal ; elle l’est aujourd’hui de François Hollande. C’est une militante souriante et courtoise, bonne cliente des plateaux de télévision.
Elle a publié dimanche dernier un communiqué, c’est-à-dire un texte écrit, réfléchi, pas une réplique à l’emporte-pièce dans un match médiatique, qui dit ceci : « Le Nicolas Sarkozy qu’on cherche à vendre aux Français est un faux, une contrefaçon, un produit de contrebande imaginé par des cerveaux d’extrême droite et revendu par des valets sans morale comme Xavier Bertrand qui ne prennent même plus la peine de justifier l’injustifiable… » Un tel communiqué n’a été rédigé que sur instructions, et de François Hollande lui-même. Ces mots illustrent un climat ; il y a comme un air de panique dans pareil déchaînement.
Ce déchaînement est en effet à l’opposé du portrait lisse et rassembleur que le candidat socialiste veut donner de lui-même. « La gauche aurait bien tort de diaboliser ses adversaires, comme s’il fallait congédier ceux qui ne pensent pas comme elle », écrit-il dans son petit livre de campagne (Changer de destin, Robert Laffont) publié la semaine dernière, mais dont la rédaction a été achevée au mois de janvier, quand son auteur était dans les hauteurs stratosphériques des sondages. Avant que Nicolas Sarkozy n’entre en campagne et ne vienne le bousculer.
Jusque-là, en effet, Hollande cherchait à se présenter comme un socialiste, certes, mais pragmatique et modéré. Il répète alors qu’il appartient à la génération Mitterrand, qu’il en est fier, que son « engagement n’a pas varié », et il veut en même temps que l’on sache qu’il « regarde avec respect » le général de Gaulle, « le président qui rêvait d’une nation réconciliée autour de la fierté, de l’audace et de l’indépendance, l’homme d’État qui confondait sa personne et le destin national »… En un mot, et comme dans les congrès socialistes, il incarne la “synthèse” de cette opposition des contraires, de Gaulle et Mitterrand, celui-ci n’ayant pas cessé d’affronter celui-là, à toutes les étapes de sa présidence, depuis « le coup d’État permanent », la bataille présidentielle de 1965, jusqu’à vouloir lui ravir le pouvoir en Mai 68, avant de finir par s’installer dans ses meubles à l’Élysée en 1981. Mais cela, c’est du passé, lui, Hollande, ne craint personne.
Pourtant derrière cette apparence de “synthèse”, le petit livre de campagne révèle déjà du sectarisme dans une personnalité moins ronde qu’il n’y paraît. Ce que dit François Hollande de son éducation, par exemple : il s’est construit, écrit-il, contre celle de son père. Parce que celui-ci professait des convictions “Algérie française”. Or en 1958, l’été du retour au pouvoir du général de Gaulle, quand toute la droite était “Algérie française”, François Hollande avait 4 ans. Quelle précocité politique ! Il en avait 8 en 1962 lorsque l’Algérie prit son indépendance, aux pires heures du drame pour les pieds-noirs, les harkis et l’armée française. Il n’empêche, « ma République, dit-il, c’est celle des appelés qui ont refusé le putsch des généraux d’Algérie, des manifestants de Charonne [algériens, NDLR] et des “indignés” de Mai 68, étudiants et ouvriers qui ont bousculé la vieille société »… Et quand il condamne Marine Le Pen, c’est parce qu’elle a eu l’audace de citer Pierre Gaxotte parmi ses auteurs ! Gaxotte (1895-1982), normalien et académicien, historien de la Révolution, du siècle de Louis XV et de l’Allemagne, mais qui eut le défaut d’être de droite.
Claude Allègre qui était alors son ami, confiait en 2007 (la Défaite en chantant, Plon) : « Hollande a une grande confiance en son talent de manoeuvrier. Il est de gauche, mais au fond, il ne croit pas beaucoup aux idées. Il pense qu’il imposera son point de vue parce qu’il est plus rapide et plus vif que les autres. » Il compte aujourd’hui sur son passé de personnage bonhomme pour faire une campagne de second tour, négligeant le premier qui ne serait plus qu’une formalité.
Mais attention, lui aurait soufflé Rivarol (autre intellectuel qui n’aimait pas la Révolution) : « C’est un terrible avantage que de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. » Car c’est là que l’attendait Nicolas Sarkozy, l’obligeant à faire des choix non plus sur des attitudes mais sur le fond (le travail, la famille et le mariage, la laïcité et le rôle des religions, l’éducation et la vie en société). C’est cela qui l’a déconcerté et fait sortir de ses gonds.
jeudi 1 mars 2012
Une fronde anti-austérité monte en Europe
Cette signature ouvre la voie à une procédure de ratification qui s'annonce délicate, à l'heure où la crise des dettes souveraines connaît un répit relatif en marge du sauvetage de la Grèce. Mardi 28 février, le premier ministre irlandais de centre gauche, Enda Kenny, a annoncé, contre toute attente, son intention d'organiser un référendum pour ratifier le pacte.
Eviter la mise en cause du MES
En France, M. Sarkozy s'est résolu à ne pas précipiter la ratification parlementaire avant les élections présidentielle [22 avril-6 mai] et législatives [10-17 juin], mais il entend y procéder au plus vite s'il est réélu. Au contraire, si M. Hollande l'emporte, de nombreux responsables de gauche ne veulent pas entendre parler d'une ratification du texte en l'état. Dès le sommet européen de juin, ils espèrent muscler le volet croissance et gouvernance économique d'un traité avant tout conçu pour inscrire dans le marbre la discipline budgétaire chère à Mme Merkel.Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, que les chefs d'Etat et de gouvernement doivent confirmer pour deux ans et demi dans ses fonctions, veut éviter la mise en cause de l'autre traité, sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), en cours de ratification. Sous pression pour augmenter la force de frappe de ce fonds de secours permanent, l'Allemagne a insisté pour lier politiquement les deux textes.
Sur le fond, l'opposition entre M. Sarkozy et M. Hollande sur le nouveau traité reflète le débat du moment entre les Vingt-Sept. Après avoir donné la priorité à l'austérité, sous la pression des marchés, ils doivent discuter de la meilleure façon de soutenir leurs économies sans creuser davantage les déficits.
Les plans d'austérité, en vigueur un peu partout sur le continent, sont de plus en plus contestés par les syndicats et par les opinions publiques, sur fond de montée du chômage dans les pays les plus fragiles. Ils risquent de surcroît, de l'avis de nombreux dirigeants, d'aggraver la récession qui menace. " En ce moment, on insiste trop sur les pénalités financières et les paquets d'austérité ", a jugé le socialiste Martin Schulz, président du Parlement européen, lors d'une visite à Athènes, mardi.
"Une crise de croissance"
Les mises en garde en ce sens se sont multipliées. Douze pays, dont l'Italie, l'Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Pologne, demandent de réorienter la politique économique défendue par le tandem Merkel-Sarkozy. " La crise à laquelle nous faisons face est aussi une crise de croissance ", ont-ils fait valoir dans un courrier rédigé à l'initiative de Mario Monti, président du conseil italien.Mais, dans l'esprit des douze signataires de cette lettre, le remède passe par davantage de libéralisations, par la réforme du marché du travail dans chacun des Etats et par une plus grande ouverture commerciale du continent. Ce ne sont pas vraiment les solutions préconisées par la gauche française !
La récession qui menace les Vingt-Sept inquiète de surcroît leurs partenaires internationaux. A plus court terme, l'enjeu est aussi – et peut-être surtout – de préciser les modalités d'application du pacte de stabilité et de croissance, tel que renforcé depuis l'automne. L'Espagne demande à revoir à la baisse les objectifs qui lui sont fixés, demande repoussée d'un revers de main par la Commission et la Banque centrale européennes.
Avec un souci qui risque de compliquer le début de mandat du prochain président français : protéger la crédibilité du dispositif de surveillance collective qui émerge peu à peu de la crise de la zone euro.
Néandertal, déjà navigateur en Grèce entre -100 et -50.000 ans ?
Compilant des données géologiques, ce chercheur soutient qu’il y a 100.000 ans, la Méditerranée, avec un niveau inférieur de 120 mètres au niveau actuel, devait tout de même avoir, au large la Grèce, une profondeur d’environ 180 mètres. Il était donc impossible pour ces hommes d'avoir traversé ainsi la mer. Reste donc l’hypothèse d’une traversée en canoë ou en radeau, sur ces bras de mer qui font pas moins de 5 à 12 kilomètres de long (40 pour la Crète). Faites de bois, les embarcations utilisées se seraient alors dégradées au cours du temps sans laisser de trace.
L’explication est toutefois contestée par Paul Pettitt, de l'Université de Sheffield (Royaume-Uni), qui suggère que les Néandertaliens peuvent avoir tout simplement… nagé jusque là, et souligne en outre que les outils trouvés sur ces îles n’ont pas fait l’objet d’une datation absolue. Il est attesté que l’Homo sapiens, lui, a utilisé des embarcations dès -50.000 ans, au moins.
Deux monnaies valent mieux qu’une
Une fois ce constat dressé, il n’y a pas beaucoup d’issues. D’abord, les Etats endettés ne peuvent pas abandonner la monnaie unique, car cela frapperait les créanciers qui attendent d’être remboursés en euros. En outre, les pays endettés n’arrivent pas à garantir le fonctionnement normal de leurs entreprises, car il n’y a pas d’euros en circulation et ils n’ont pas le droit de les imprimer eux-mêmes.
La devise nationale pour les besoins internes
Il ne reste donc que deux solutions : soit solliciter des emprunts à long terme, en euros, auprès du FMI et de l’UE, ou introduire une monnaie nationale (drachme, escudo) en parallèle, que l’on peut imprimer soi-même en cas de besoin.La première variante (considérée aujourd’hui comme la plus vraisemblable) ne peut fonctionner qu’à condition que les pays exportateurs “sages” de l’UE (l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg) aient constamment envie de verser de l’argent à des pays périphériques.Toutefois, il se pourrait que ces derniers n’aient pas la motivation nécessaire pour améliorer la situation.
L’autre possibilité serait de mettre en circulation une devise nationale, parallèlement à l’euro. Les créanciers trouveraient ainsi leur compte: les débiteurs pouvant plus facilement rembourser leurs dettes en euro, monnaie qui viendrait des exportations et des subventions européennes. Pour les besoins internes au pays, on utiliserait la devise nationale.
Cette solution garantirait également une stabilité interne puisque les salaires des enseignants, des pompiers ou des médecins seraient payés en devise nationale, réimprimable en cas de besoin. Le taux de change entre l’euro et la monnaie nationale serait flottant, ce qui conduirait très probablement à une baisse annuelle d’environ 20% du pouvoir d’achat et des salaires réels.
Une expérience qui a déjà fait ses preuves
Cette situation ne rendrait pas les Grecs et les Portugais heureux mais ce n’est pas ce que l’on cherche aujourd’hui. Nous avons plutôt besoin d’Européens du Sud qui, bien que mécontents et affamés, décident d’aller au travail pour un salaire qu’ils ont jusqu’à présent considéré comme insuffisant. Pour nous, la vraie plus-value serait de pouvoir éviter d’avoir à verser nos euros au fonds d’aide européen et éviter de dévaluer l’euro à force de constamment le réimprimer.Ce modèle a-t-il déjà fonctionné ? Nous pouvons prendre pour exemple notre expérience de la fin des années 1980 et du début des années 1990, lorsque parallèlement au rouble [la monnaie qui avait cours lorsque l’Estonie faisait partie de l’Union soviétique], et avant l’arrivée de la couronne [en 1992], nous avions aussi des dollars et des deutsche marks.
C’est justement à cette époque que sous l’influence des monnaies parallèles et de la forte inflation, il y a eu une redistribution des ressources et des dépenses dans la société.
Pour une partie de la population, il est que cela a été difficile, mais il n’empêche que les écoles et les hôpitaux étaient ouverts, que personne n’a brûlé de voitures, qu’il y avait une gouvernance et que l’économie s’est vite adaptée pour devenir plus compétitive et orientée vers les exportations. Et en seulement quelques années, l’Estonie est devenue, aux yeux des investisseurs étrangers, l’un des pays les plus attractifs au monde.
Dans la peau d’un Grec
A quoi ressemblerait la vie d’un fonctionnaire Allemand moyen si la République fédérale était contrainte de suivre la même cure d’austérité draconienne qu’elle impose en ce moment à la Grèce ? Avec l’aide de quelques experts, Cicero a essayé de l’imaginer.
Appelons-le Erich Hansen. Erich Hansen est éducateur dans le public dans une petite ville de la Hesse [dans le centre de l’Allemagne]. Avec les jeunes qu’il accueille dans sa structure, il fait des allers et retours réguliers à Marbourg, non loin de là, pour y jouer au bowling.
A l’avenir, Erich Hansen devra se poser la question de savoir s’il ne serait pas préférable d’emmener les enfants dans la forêt – le ticket d’entrée au bowling pourrait devenir trop onéreux, et Erich Hansen doit se serrer la ceinture. Comme le reste de la République fédérale.
Appuyons-nous sur l’hypothèse formulée par la fondation Hans Böckler avec l’aide de l’Institut de macroéconomie et de recherches conjoncturelles (IMK) pour comprendre à quoi ressemblerait l’Allemagne si elle était soumise aux mêmes plans de rigueur que la Grèce.
Le salaire d’Erich Hansen fonderait de 3 250 euros mensuels à 2 760. En revanche, sa cotisation d’assurance-maladie bondirait en un an de 530 euros, pendant que la TVA passerait de 19 à 22 %. L’éducateur, qui aime bien prendre une petite bière et griller une cibiche après le travail, doit s’attendre à une flambée de 33 % des taxes frappant l’alcool, le carburant et les cigarettes.
Le pays se "tiers-mondialise"
Le climat est tendu chez les collègues d’Erich Hansen. Le gouvernement a annoncé la suppression de 460 000 postes dans le secteur public. Les retraités allemands devront compter avec une baisse de 1 000 euros de leurs revenus annuels. Une perspective effrayante quand on songe aux manifestations que les gels des salaires ont déclenchées par le passé en Allemagne.La raison pour laquelle Erich Hansen et les autres doivent se serrer la ceinture, c’est parce que si l’on transpose sous nos latitudes les exigences imposées à la Grèce, la République fédérale devra économiser près de 500 milliards d’euros sur cinq ans. C’est ce qu’a calculé Henner Will, expert à l’IMK, qui est arrivé à la conclusion que la troïka formée par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international avait sous-estimé les répercussions de la politique d’austérité.
Le produit intérieur brut grec va se contracter de 2,6 % en 2011, prévoyait-on officiellement lors de la présentation du plan de rigueur imposé à la Grèce. Au bout du compte, il aura dévissé de 5 %, rien de moins, et l’on ne parle ici que de l’année 2011 : car la politique d’austérité grecque ne fait que commencer.
Les chiffres sont effrayants et sans équivoque : l’austérité mènera les Grecs à la ruine si l’on poursuit dans cette voie. Plus le chœur sur la question grecque s’enrichit de nouvelles voix, plus le concert dure, et plus tout ce qui touche à l’avenir de l’euro, de la Grèce et donc de l’Europe devient une question de foi. Comment l’histoire se terminera-t-elle ? Nul ne le sait.
Un regard vers la Grèce suffirait à redresser la barre et à montrer que, pour les citoyens grecs, l’affaire est pliée depuis longtemps : la débâcle est complète et le pays se "tiers-mondialise" – un phénomène qui n’est encore en Allemagne qu’une menace, que l’on brandit comme un chiffon rouge.
Pendant ce temps, Erich Hansen a perdu son emploi. L’éducateur a dû faire une croix sur ses indemnités de chômage. L’Etat lui prend 600 euros par an. Erich contribue ainsi au sauvetage de l’euro.
Référendum surprise en Irlande
Mais le ministre de la Justice irlandais a jugé nécessaire un référendum pour la ratification du texte juridique de dix pages. Se conformant à son avis, le Taoiseach a annoncé devant le Parlement qu’il serait demandé au peuple irlandais son “autorisation”.Je suis fermement convaincu que c’est dans l’intérêt supérieur de la nation que ce traité soit approuvé, car nous pourrions ainsi poursuivre dans la voie des progrès que le pays a régulièrement réalisés depuis un an.
… qu’un rejet ouvrirait d’épouvantables perspectives pour ce pays. Comme le traité n’exige pas une ratification par tous les Etats participants avant d’entrer en vigueur, un Non de l’Irlande laisserait ce pays sur le bord de la route, tandis que le reste de la zone euro avancerait dans une plus étroite intégration. L’Irlande resterait officiellement un membre de la zone euro, mais elle serait malheureusement exclue du noyau de prise de décision qui s’est d’ores et déjà placé à l’avant-garde de l’UE. Surtout, un Non priverait l’Irlande d’un accès ultérieur aux mécanismes de sauvetage et aux liquidités — le bouclier qui joue un rôle capital pour notre stature sur les marchés et notre redressement.
Ceux qui s’y opposeraient, au lieu de simplement le rejeter parce qu’ils sont à juste titre en colère à cause de tant de conséquences affreuses et injustes liées à la perte de l’indépendance économique du pays, devraient présenter un autre moyen viable de financer cet Etat en faillite. Cela devrait être le test décisif pour toute proposition autre que la ratification. Nous sommes placés devant un dilemme absolu — nous sommes soit à l’intérieur soit en dehors, aussi peu agréable que soit cette réalité restrictive. Il est difficile d’imaginer que nos collègues européens, qui eux-mêmes se battent sur tous les fronts, puissent obligeamment faire quelques arrangements spéciaux pour un petit Etat membre aussi désespérément tributaire des prêts européens, aussi draconiennes que soient les conditions assorties à ce financement.
Une petite consolation tient au fait que la question est plus facile à comprendre que le contenu et les implications du traité de Maastricht ou de celui de Lisbonne. Les gouvernements ont, avec beaucoup de malhonnêteté, prétendu que ces traités avaient peu d’importance. L’impression d’avoir été floués éprouvée par les électeurs, a certainement contribué à la défaite du gouvernement — au moins lors de la première consultation. Avec un peu d’effort, on peut effectivement comprendre le pacte budgétaire. On peut prédire, sans trop de risques de se tromper, ce qui arriverait si le pacte était rejeté. […] L’autre grand paradoxe est que le pacte budgétaire ne comporte rien ou presque qui ne soit déjà dans le droit irlandais, en raison du durcissement des règles de la zone euro intervenu l’année dernière, à l’exception, peut-être du statut constitutionnel.




















