mardi 6 décembre 2011
L’opération commando des pacifistes de Greenpeace ne va pas refroidir le débat entre opposants et partisans du nucléaire civil qui anime ce début de campagne électorale. Les activistes de Greenpeace n’ont certes pas atteint le cœur des réacteurs. Mais ces parties de cache-cache dans deux centrales du pays éclairent l’opinion sur des failles insoupçonnées dans la surveillance des installations : dans ce monde encore dangereux et souvent déraisonnable, cette « défaillance » technologique et humaine peut se révéler aussi peu rassurante et aussi dangereuse que les fuites façon Fukushima actuellement colmatées avec des sacs de sable. La preuve du zéro défaut n’est pas apportée. Cela ne constitue pas une raison suffisante pour jeter le bébé atomique avec l’eau du circuit de refroidissement. Greenpeace rappelle une vérité : la sécurité dans le nucléaire ne se brade pas, ne se calcule pas en terme de rentabilité. La seule réponse valable à ces intrusions, c’est davantage de moyens et de personnels pour protéger les centrales. Cela tombe bien : les partisans du nucléaire se gaussent de créer des emplois. Voilà le moment de le montrer.
Quand, en septembre 2008, la faillite de Lehmann Brothers plongea brutalement le monde dans sa plus grande crise financière depuis la seconde guerre mondiale, chacun comprit instantanément que c’était aussi une très mauvaise nouvelle pour la cause écologique. Depuis, les symptômes inquiétants montrés par la planète sont repassés au second plan, avant de s’estomper de plus en plus derrière les urgences d’une économie très malade. La conférence de Durban s’en désespère et en France la peur du chômage et d’une baisse du niveau de vie a relégué la question de l’énergie en… dernière position des thèmes majeurs qui préoccupent spontanément les Français à l’approche de la prochaine campagne présidentielle.
Au moment même où l’humanité n’avait que quelques années devant elle pour conserver une chance de ralentir le réchauffement climatique, la voilà tout entière mobilisée pour sauver coûte que coûte le modèle économique qui lui a permis de se développer. L’environnement attendra… « Ça commence à bien faire », même, selon certains…
Le nucléaire, qui ne libère pas de CO² dans l’atmosphère, a donc pu s’acheter une nouvelle virginité au point d’être labélisé « propre » et même « sûr » par ses promoteurs. Fukushima ? Un simple accident isolé qui ne doit pas, selon eux, générer des fantasmes au motif que la France, forcément exemplaire, n’a pas eu à déplorer le moindre incident grave dans ses centrales.
L’impossibilité de traiter les déchets ultimes, qui restent contaminants pendant des siècles, contredit d’emblée, pourtant, l’argument de la propreté. Restait la sûreté : les intrusions des militants de Greenpeace, qui s’ajoutent aux négligences constatées ces derniers jours par les enquêtes parlementaires, ont fait exploser les rodomontades rassurantes, et les explications piteuses de la gendarmerie semblent plutôt relever du registre gesticulatoire de l’adjudant-chef Cruchot/Louis de Funès en pleine bavure.
Il ne s’agit pas de prédire l’apocalypse tous les quatre matins et personne ne doute que la production nucléaire est bien protégée sur notre territoire, mais le risque zéro n’existe pas et les catastrophes précédentes ont prouvé que les défaillances humaines pouvaient mettre en péril les systèmes les mieux sécurisés. Ne reste alors que le cas de conscience, simple et universel : accepte-t-on, oui ou non, la présence de cette épée de Damoclès, suspendue au-dessus de nos têtes, et surtout au-dessus de celles de nos descendants ?
Sarkozy-Merkel : les détails du nouveau traité européen
Les deux chefs d'Etat ont enfin parlé d'une même voix. Découvrez le détail de l'accord.
Voici les principaux points sur lesquels Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avaient émis de fortes divergences dans leurs discours de jeudi et vendredi dernier. De quoi aider à décrypter les décisions de ce lundi.
1 - Le style
La mise en scène et le style volontairement dramatisant du texte, tout contribuait à donner au discours de Nicolas Sarkozy un aspect solennel. En s'adressant directement aux Français, le président de la République a donné à cette intervention une forte dimension de politique intérieure. À la fois pédagogue et chef politique, Nicolas Sarkozy a réecrit à sa façon l'histoire économique des trente dernières années, insistant sur des sujets sensibles en politique intérieure. Une sorte d'enseignement préparatoire à une nécessaire réforme de la zone euro, sans fournir plus de détails.
Angela Merkel, elle, s'adressait aux députés allemands. Une obligation avant tout sommet européen pour "informer" la représentation nationale. Le propos a été logiquement plus technique, plus court et plus précis. Ainsi, omises par Nicolas Sarkozy, la place de la Cour de justice de l'Union européenne ou la recapitalisation des banques ont été abordées en détail.
2 - Les euro-obligations
Absente du discours français, l'idée des emprunts communs des pays de la zone euro a été clairement repoussée par la chancelière qui n'y voit pas une solution durable à la crise. Il n'est pas pensable pour Angela Merkel d'accepter une responsabilité pour les dettes contractées par les autres pays.
Résultat des courses : Nicolas Sarkozy s'est finalement rangé au discours d'Angela Merkel : "Les eurobonds ne sont en aucun cas une solution à la crise".
3 - Le rôle de la BCE
Le président de la République a évité la confrontation avec l'Allemagne sur le rôle de la banque centrale, en particulier sur la notion de « prêteur en dernier ressort ». Angela Merkel a donc eu la voie libre pour défendre une BCE « ancrée dans sa tâche de stabilité monétaire ». Et la dirigeante chrétienne-démocrate de rejeter toute comparaison avec les banques centrales américaines ou britanniques « dont les tâches ne sont pas les mêmes ».
Résultat des courses : Les deux dirigeants ont réaffirmé leur confiance en la Banque centrale européenne et leur promesse de s'abstenir de commentaires sur la politique de la BCE.
4 - L'union budgétaire
Le terme a été prononcé par Angela Merkel. Pour elle, l'Europe n'a "jamais été aussi près d'une telle union", désormais "nécessaire". La chancelière a cependant assuré que dans ce cas le droit du Bundestag serait préservé, notamment celui de définir le budget fédéral. Mais l'Union devra reposer sur des "règles strictes communes, au moins dans la zone euro".
Nicolas Sarkozy, lui, s'est bien gardé d'être aussi clair. Ne prononçant pas le mot d'union budgétaire, il a appelé à "examiner" et à "discuter ensemble" les budgets. Quant au contenu de cette union, Angela Merkel a très clairement défendu l'automatisation des sanctions pour les pays à déficit excessif, tandis que Nicolas Sarkozy a seulement défendu l'étrange idée de "sanctions plus automatiques". En revanche, les deux dirigeants s'accordent sur la nécessité de règles d'or s'appliquant à tous les pays membres et sur la nécessité de réformer les traités.
Résultat des courses : le mot d'Union budgétaire n'a pas été prononcé. Concernant la règle d'or, en revanche, Paris et Berlin veulent "une règle d'or renforcée et harmonisée". Merkel : "La règle d'or doit être un véritable engagement national de chaque pays"
5 - Les contrôles
C'est encore le grand point de divergence entre Paris et Berlin. À Toulon, Nicolas Sarkozy a défendu une Europe des gouvernements pour dépasser le débat entre "partisans de l'Europe des nations et partisans de l'Europe fédérale". "C'est par l'intergouvernemental que passera l'intégration européenne", a-t-il martelé. Ce n'est pas l'avis de la chancelière qui a réclamé la possibilité d'une plainte devant la cour de justice européenne contre les mauvais élèves. Une idée que Paris rejette et qui n'a même pas été évoquée à Toulon.
Résultat des courses : La cour de justice de l'Union européenne vérifiera si les budgets respectent la régle d'or. Sarkozy : "La cour de justice ne pourra annuler les budgets nationaux, c'est impossible. En revanche, on peut demander à respecter la règle d'or et la cour de justice peut vérifier"
6 - L'axe franco-allemand
Le président de la République a insisté sur la nécessité de la convergence franco-allemande. Mais, en fait, il s'agit plutôt d'un chemin français. Angela Merkel n'a pas évoqué un travail en commun spécifique avec Paris. Elle a indiqué que le projet sera présenté par Herman Van Rompuy, et affirmé que si la République fédérale voulait développer la "culture de la stabilité" en Europe, elle ne voulait pas "dominer".
Résultat des courses : L'accord franco-allemand fera l'objet d'une lettre mercredi à Van Rompuy. Sarkozy : "Il y a entre nos deux pays 70 ans d'affrontements et 70 ans de paix. Où voulons-nous que soit l'avenir ?"
Rappel des principaux points de ce traité à l'initiative du couple franco-allemand :
- L'accord devrait entrer en vigueur en mars prochain
- Jeudi, si aucun accord n'est trouvé à 27, la France et l'Allemagne iront "à marche forcée" vers un traité à 17. Il pourra donc être approuvé avec une majorité de 85%.
- Le principe des euros-obligations est rejetté
- Sanctions automatiques pour des déficits supérieurs à 3%
- Mise en place d'une réunion tous les mois durant la crise
- Mise en place d'une règle d'or
- Rôle de la BCE : "confiance dans la BCE et indépendance".
- Pérenniser le FESF, le mettre en place dès 2012 avec une majorité de 85% pour les décisions importantes.
- La cour de justice de l'Union européenne vérifiera si les budgets respectent la régle d'or.
Conférence de presse commune d'Angela Merkel et... par publicsenat
Un Français sur trois veut revenir au franc
Faut-il sacrifier l'Europe et l'euro pour sortir de la crise ? La majorité des Français ne le pensent pas, mais ils sont de plus en plus nombreux à être tentés par cette solution, proposée aux deux extrêmes de l'échiquier politique. Selon un sondage Ipsos pour l'association Lire la société, qui sera présenté mercredi 7 décembre à l'occasion de la remise du Prix 2012 du livre d'économie, 44 % des Français pensent que l'euro est un "handicap" pour faire face à la crise actuelle et 45 % qu'il l'est pour l'économie française en général, alors que respectivement 33 % et 34 % pensent que la monnaie unique est un "atout".
"Ce différentiel de 11 points montre qu'il y a incontestablement une fragilisation de l'euro dans l'opinion française", constate Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos.Le fait que 62 % des Français jugent que l'euro est un handicap pour le pouvoir d'achat n'est en revanche pas nouveau, selon lui, l'opinion imputant la hausse des prix à l'euro depuis sa naissance.
Au crible des préférences partisanes, le sentiment que l'euro demeure un atout pour l'économie française est, de très peu, majoritaire dans tout l'éventail politique, y compris au Front de gauche, mais à l'exception du Front national : la position inverse est partagée par les trois quarts des sympathisants du Front national, ce qui suffit à faire basculer le jugement global du côté négatif.
Cette dénonciation des effets de l'euro ne se traduit cependant que partiellement en volonté de revenir au franc. Une majorité souhaite toujours le maintien de la France dans la zone euro. Mais l'opinion inverse a gagné "environ 10 points en six à huit semaines" par rapport aux sondages antérieurs équivalents, pour atteindre 36 %, note M. Teinturier.
On peut aussi interpréter ce souhait de maintien dans l'euro, qui est majoritaire dans tous les partis - y compris au Front de gauche (80 %) - sauf au Front national (22 %), comme la conviction qu'un retour au franc rendrait la situation encore pire.
Un clivage social
Sur cette question, le clivage est moins partisan que social. Ainsi, une majorité d'ouvriers (65 %) et d'employés (53 %) sont favorables au retour au franc, quand les cadres (8 2 %) et les professions intermédiaires (69 %) restent attachés à l'euro. "La fracture sociale est ici beaucoup plus forte que, par exemple, lors du référendum de Maastricht", note M. Teinturier.
Paradoxalement, la défiance vis-à-vis de l'euro ne se traduit pas par une défiance envers les institutions européennes. M. Teinturier se dit même "étonné" de voir 49 % des Français souhaiter un renforcement des pouvoirs de l'Union européenne, contre 37 % un renforcement du pouvoir des Etats, cette position étant cependant majoritaire aux deux bouts "souverainistes" de l'échiquier politique.
De même, les Français se divisent sur une taxation des produits aux frontières de l'Union. Si une majorité, quelle que soit la position partisane, pense que cela permettrait de "protéger" l'économie française, une majorité est également consciente des effets négatifs potentiels sur les exportations françaises, et surtout sur les prix.
La Macédoine gagne une bataille contre la Grèce sur son nom
Athènes veut que soit associé à son nom un qualificatif, tel que « Macédoine du Nord », pour distinguer son voisin du patrimoine historique héllénique et de sa province qui porte le nom de Macédoine.
En raison de ce différend qui dure depuis vingt ans, la Macédoine garde l’appellation provisoire d’ex-République yougoslave de Macédoine (Erym), parfois dénommée Ery Macédoine, ou encore ancienne République yougoslave de Macédoine (Arym, Fyrom en anglais) et reste marginalisée sur la scène internationale, le processus d’adhésion à l’Union européenne étant suspendu depuis son accès au statut de candidate en 2005.
Obligation de négocier pour les deux Etats
Econduite, l’Erym avait dénoncé en 2008 « la violation flagrante » de l’accord intérimaire de 1995 qui régit les relations gréco-macédoniennes. La Cour internationale de justice lui a, lundi 5 décembre, partiellement donné raison.Elle juge en effet que la Grèce « ne s’est pas conformée » à ses obligations, notamment celle de l’article 1 de l’accord intérimaire qui dispose qu’Athènes « ne s’opposera pas à la demande d’admission (de l’Erym) dans des organisations et institutions internationales, multilatérales ou régionales ».
Pour autant, la Cour n’a pas répondu favorablement à l’autre requête de l’Erym, qui voulait que la Grèce ne puisse plus s’opposer à l’avenir à toute demande d’adhésion sur la scène internationale. Car le même accord intérimaire réserve à la Grèce « le droit d’élever des objections » si une telle demande est faite sous une autre appellation que celle d’ex-République yougoslave de Macédoine.
En dernier lieu, la cour rappelle aux deux états leur obligation de négocier et juge bon de préciser qu’il ne s’agit « pas seulement d’entamer des négociations » mais qu’il convient « de les poursuivre autant que possible, en vue d’arriver à des accords »…
Standard & Poor's place les pays de la zone euro sous perspective négative
Standard and Poor's (S&P) accentue ses menaces sur les pays de la zone euro. Lundi 5 décembre, l'agence de notation américaine a placé la note de 15 pays de l'Eurozone sous surveillance avec perspective négative, en raison de l'accroissement des tensions systémiques au cours des dernières semaines.
Elle menace par ailleurs de dégrader ces notes d'endettement à long terme, si rien n'est fait pour endiguer la crise. Six pays, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche, la Finlande et le Luxembourg, perdraient ainsi leur "AAA", la meilleure note possible. Si la rumeur concernant une dégradation de la note française gonflait ces derniers temps, c'est la première fois que l'Allemagne, première économie européenne, se voit mise en danger par une agence de notation.
>> Voir notre infographie : La notation des pays européens par S&P
La note de Chypre était déjà sous surveillance avec implication négative, tandis que celle de la Grèce, en défaut de paiement, n'a pas été placée sous surveillance, ce qui explique que les annonces de S&P ne concernent que 15 des 17 pays membres de la zone euro.
AVIS RENDU APRÈS LE SOMMET DE VENDREDI
Une mise sous surveillance avec implication négative signifie en effet que S&P est en train de revoir les notes attribuées aux pays concernés et qu'elle pourrait décider de les baisser dans les trois mois à venir. S&P a cependant précisé qu'elle avait l'intention de conclure sa revue le plus vite possible, dans la foulée du sommet européen de vendredi.
Considéré par certains comme celui de la dernière chance pour sortir de la crise de la dette, ce sommet est censé conclure une semaine faite de rendez-vous importants, dont le premier en date a été la rencontre entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
A l'issue de cette dernière, les deux dirigeants ont annoncé un accord franco-allemand "complet" sur le renforcement de la gouvernance de zone euro, passant par la rédaction d'un nouveau traité dès le mois de mars. Cet accord fait suite à des semaines de négociations laborieuses pour tenter de remédier à la crise de la zone euro provoquée par l'endettement de nombreux pays.
Parmi les causes de l'accroissement des tensions systémiques pointées par Standard & Poor's, figurent le durcissement des conditions de crédit, les primes de risque plus élevées demandées pour des obligations souveraines, y compris celles émises par des pays notées "AAA", la persistance des désaccords entre dirigeants européens sur la manière de sortir de la crise, le niveau élevé d'endettement dans une bonne partie de la zone euro et un risque accru de récession dans la zone euro.
"PRENDRE TOUTES LES DÉCISIONS NÉCESSAIRES"
Après cette annonce, la France et l'Allemagne se sont voulues rassurantes et ont déclaré dans un communiqué commun que la stabilité de la zone euro était leur premier objectif. "La France et l'Allemagne, pleinement solidaires, confirment leur volonté de prendre toutes les décisions nécessaires, en lien avec leurs partenaires et les institutions européennes pour assurer la stabilité de la zone euro", indique le texte.
Et de préciser : "La France et l'Allemagne réaffirment que les propositions formulées aujourd'hui conjointement permettront de renforcer la gouvernance de la zone euro afin de rétablir la stabilité, la compétitivité et la croissance."
PAS D'AUGMENTATION DU CAPITAL DES BANQUES
Le ministre de l'économie, François Baroin, a quant à lui assuré que "tout était fait pour protéger les économies des Français". Il a également affirmé que l'Etat n'aurait pas besoin de participer à une augmentation du capital des banques françaises. "Tout est fait pour permettre aux banques de maintenir l'irrigation à l'activité économique. Elles le continueront. Il n'y aura pas besoin de participation publique à l'augmentation du capital des banques", a-t-il déclaré sur France 3.
M. Baroin a malgré tout reconnu que la zone euro n'allait "pas bien", et qu'il lui fallait absolument "restaurer la confiance" auprès des marchés. Mais il a assuré que la France était un "pays sérieux", ce que l'agence de notations reconnaissait.
lundi 5 décembre 2011
Hausse des inégalités : la France moins touchée
Par ailleurs, il a peu évolué en France : de 8 en 1985, il est passé à 6 en 1995. Pour l'OCDE, la raison est simple : "Entre 1990 et 2006, la part de la tranche supérieure de 1 % des revenus n'a que légèrement augmenté en France, de 8,2 % à 8,9 %. Dans le même temps, ces parts ont souvent doublé dans les pays anglophones." Selon l'OCDE, les écarts de salaires français ne se sont pas accrus, notamment en raison de la baisse parallèle du temps de travail des plus pauvres et des plus riches. "Dans la plupart des pays de l'OCDE, l'écart s'est creusé, avec les bas salaires travaillant moins et les hauts salaires travaillant plus", compare le rapport.
PENTE COMMUNE
L'OCDE estime également qu'en France la progression du travail des femmes et de leurs rémunérations a contrebalancé le creusement des écarts de salaires des hommes. Les services publics, pour lesquels la France dépense 16% de son PIB, permettent également de combler les inégalités plus fortement qu'ailleurs.
Le système de prestations sociales et d'impôt en France a aussi atténué les inégalités. Comme l'avait montré l'Insee dans son portrait social 2011, le système français a toutefois tendance à se dégrader. L'impôt sur le revenu est moins redistributif qu'en 1990 et les prestations sociales "n'ont pas suivi le rythme de la croissance des salaires réels moyens".
La France glisserait ainsi sur une pente commune à celle de tous les membres de l'OCDE sans toutefois atteindre, pour le moment, le "record" des injustices dans les pays développés remporté par Israël, la Turquie… et les Etats-Unis.
Outre-Atlantique, les 10% les plus riches gagnent en moyenne quatorze fois plus que les 10% les plus pauvres. En Italie, au Japon, en Corée du Sud et au Royaume-Uni, cet écart est de dix pour un et de six pour un en Allemagne, au Danemark et en Suède. Tandis qu'au Mexique et au Chili, le revenu des "nantis", qui reste vingt-cinq fois plus élevé que celui des plus pauvres, a "finalement commencé à reculer", observe l'OCDE.
L'origine principale de ces divergences réside dans les inégalités croissantes de rémunérations salariales, selon l'organisation.
Au fil des années, les travailleurs hautement qualifiés ont profité des progrès de la technologie quand les autres subissaient les effets de la mondialisation. "L'étude chasse ainsi l'idée selon laquelle la croissance économique profite automatiquement aux plus défavorisés", pointe l'OCDE.
UNE REDISTRIBUTION MOINS PERFORMANTE
Aux Etats-Unis, par exemple, les revenus des 10 % de travailleurs les plus riches étaient 3,8 fois supérieurs à ceux des 10 % les plus pauvres en 1980. Ce rapport est passé à près de 5 en 2008.
Les réformes entreprises dans les pays développés pour améliorer leur compétitivité et fluidifier leur marché du travail (promotion du travail, chômage partiel afin de minimiser les licenciements…), ont contribué à accroître les inégalités de revenus.
Les systèmes d'imposition et de prestations sociales, moins redistributifs, sont aussi un des facteurs d'iniquité croissante, pointe le rapport. Lequel mentionne la réduction des taxes pour les plus riches au regard d'une réduction des transferts fiscaux en faveur des plus pauvres. La redistribution, remède historiquement le plus efficace pour atténuer les inégalités, est devenue moins performante au cours des quinze dernières années, conclut l'OCDE.
L'organisation internationale appelle les gouvernements à agir pour remédier à ces injustices. Et vite. "Le contrat social commence à se fissurer dans de nombreux pays", alerte l'OCDE, recommandant aux pays de revoir leur système d'imposition et d'investirdans la formation des travailleurs. "De loin l'instrument le plus puissant pour contrer les inégalités", estime-t-elle.
Jean-Baptiste Chastand et Claire Gatinois
Le faux plat de la précampagne
Plus que jamais, la crise européenne impose ses urgences et sa dramaturgie. Pour la troisième fois en six mois, les réunions de cette semaine – rencontre Sarkozy-Merkel ce lundi 5 décembre, puis sommet de Bruxelles jeudi et vendredi – vont être présentées comme vitales pour sauver l'Europe. Et ce sera un peu plus vrai encore qu'en juillet ou en novembre, tant la défiance mine la zone euro.
Plus que jamais, cette crise imprime sa marque sur la campagne présidentielle. Non seulement les Français n'ont pas encore la tête à la joute électorale du printemps – ils s'inquiètent bien davantage des menaces économiques et financières du moment –, mais l'incertitude de la situation et de l'avenir à six mois est telle que ni le président sortant, Nicolas Sarkozy, ni celui qui aspire à le remplacer, François Hollande, n'ont intérêt à se découvrir trop tôt. Plutôt que de foncer dans le brouillard, l'un et l'autre diffèrent donc le moment de s'engager à fond.Dans cet exercice, le chef de l'Etat est évidemment en position avantageuse : l'actualité se charge de lui fournir un agenda et autant d'occasions de s'exprimer ès qualités, sans compter celles inscrites dans son programme systématique de labourage de terrain engagé depuis des mois. Il en use, voire en abuse, mélangeant les genres et entrelardant tous ses discours de président d'incises de candidat contre la gauche en général et son champion en particulier.
C'est de bonne guerre, dira-t-on. Et surtout bien pratique. Ainsi à Toulon, le 1er décembre, les vigoureux coups de patte contre la retraite à 60 ans et les 35 heures, ces "fautes graves", ou contre ceux, suivez mon regard, qui "boudent le nucléaire" et "renoncent à notre indépendance énergétique", ou encore ceux, les mêmes, qui envisageraient de renoncer au droit de veto de la France au Conseil de sécurité de l'ONU - même si M. Hollande a nettement écarté cette hypothèse -, bref ces attaques ont peu ou prou masqué l'absence cruelle de propositions du président face à la crise.
Ce ministère de la parole, incessant depuis la fin octobre, comme celui de l'activisme qui est dans sa nature ont permis à M. Sarkozy de desserrer l'étau dans lequel il était pris depuis de très longs mois. Sa cote de popularité comme les intentions de vote en sa faveur paraissaient installées à des niveaux irrémédiables. En regagnant quelques points sur ces deux tableaux, il a retrouvé et redonné à ses partisans quelque espoir.
Il est vrai qu'il a été bien aidé par son concurrent socialiste. François Hollande avait soigneusement analysé les campagnes présidentielles précédentes. Il s'était préparé à ce faux plat séparant son investiture de son entrée en campagne effective, en janvier 2012. Il avait prévu de consacrer ces cent jours-là à l'organisation de son équipe, à la décantation de son projet et à des déplacements significatifs à l'étranger. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait.
Mais deux facteurs sont venus chahuter ce beau programme. D'une part, d'étonnants cafouillages ont terni son image. L'ancien premier secrétaire du PS avait réussi à se délester de cette encombrante tunique et à faire de cette liberté l'un de ses principaux atouts, dans la primaire et au-delà. Les négociations laborieuses et les marchandages confus avec les écologistes l'ont renvoyé à ce tropisme-là, qui est aux antipodes de la logique présidentielle. De même, s'il s'est tenu à distance de quelques déclarations intempestives, dans son camp, contre la raideur allemande face à la crise européenne, il ne les a pas clairement condamnées. Dans les deux cas, il est apparu finasseur ou flottant.
D'autre part, les électrochocs de la crise ont cassé le rythme qu'il s'était fixé. Il avait annoncé, au lendemain de la primaire, une période de "diète médiatique". Il s'est presque immédiatement trouvé contraint de la rompre, tant le silence du candidat socialiste eût été incompréhensible. Mais il l'a fait, presque toujours, avec un temps de retard, obligé de réagir, prisonnier, en quelque sorte, des initiatives et commentaires présidentiels. Et justifiant, du même coup, le jugement des Français : selon une récente enquête d'Ipsos (Le Monde du 23 novembre), M. Hollande distance largement M. Sarkozy pour ce qui est des convictions, de la compétence, de la sympathie, de l'honnêteté ou de la sincérité ; mais moins de la moitié des sondés (47 %) le jugent dynamique, très loin derrière le chef de l'Etat (73 %). Dans la période actuelle, c'est une faiblesse.
Pour autant, les partisans de Nicolas Sarkozy auraient tort de se réjouir trop vite. Si la crise lui permet aujourd'hui un léger rebond, elle souligne également sans pitié ses handicaps.
L'enquête mensuelle de conjoncture de l'Insee auprès des ménages rendue publique le 25 novembre est sans appel : la confiance des Français est en recul et se situe à son plus bas niveau depuis février 2009. Qu'il s'agisse de l'appréciation de leur situation financière, de leur capacité d'épargne, de l'évolution de leur niveau de vie (qui a chuté de 20 points depuis juillet et atteint son plus bas niveau historique) ou des perspectives d'évolution du marché de l'emploi, tous les indicateurs sont en baisse. L'aggravation brutale du chômage depuis trois mois (5,1 millions d'inscrits à Pôle emploi) et la menace d'une croissance très faible, voire d'une récession au début de 2012, ne sont pas de nature à redonner confiance aux Français. Ni à exonérer le chef de l'Etat de sa part de responsabilité dans la situation d'un pays qu'il dirige depuis bientôt cinq ans. Rien ne lui servira d'être actif s'il apparaît, tout autant, impuissant et comptable d'un bilan très négatif.
Comme le dit froidement un conseiller de Nicolas Sarkozy, "François Hollande est, intellectuellement, un candidat de crise. L'est-il biologiquement ?" Il lui reste à le démontrer. Sans précipitation, certes. Mais sans hésitation non plus. C'est la condition sine qua non pour créer un élan et une dynamique. Et pour espérer l'emporter.
La "Françallemagne", ou le mariage de la carpe et du lapin
"Convergence franco-allemande". C'est la formule préférée du président Sarkozy en cet automne où les mauvaises nouvelles économiques tombent au rythme des feuilles de marronniers. En fait de convergence, il s'agit plutôt d'un alignement de la France sur l'Allemagne. Paris s'efforce de rester dans la roue du maillot jaune de l'Union européenne et ne conteste plus à Berlin son rôle de leader. Sarkozy cherche désormais à l'imiter en espérant créer un condominium sur l'Europe, une sorte de "Françallemagne" à la Charlemagne qui dicterait sa loi au reste des pays de l'Union, rétrogradés au rang de figurants plus ou moins intelligents. Nombre de politiciens et politologues français aiment à illustrer cet espoir en usant du cliché: "le couple franco-allemand, moteur de l'Europe".

Drôle de ménage où Madame porte la culotte et Monsieur, la brosse à reluire. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy font de plus en plus penser à ces couples dessinés par Dubout qui met en scène d'imposantes matrones traînant derrière elles un petit mari grimaçant et sautillant.
Plusieurs obstacles se dressent devant la création de cette "Françallemagne". Tout d'abord, les Français se montrent plus déterminés que les Allemands à pousser plus loin leurs marivaudages. Du haut de son sommet, l'Allemagne tend à considérer la France comme un pays du Sud aussi paresseux et endetté que les autres. Alors que ses voisins du Nord démontrent une belle solidité économique et une admirable constance dans l'effort. Pourquoi Berlin privilégierait-il une entente avec Paris plutôt qu'avec Amsterdam ou Stockholm?
Sur le plan diplomatique, les vues allemandes et françaises ont souvent divergé, on l'a vu avec la guerre en Libye où Paris a trouvé à Londres l'appui que Berlin lui a refusé sans prendre de gants. L'organisation économique des deux pays n'a guère de points communs. L'Allemagne est restée une puissance industrielle avec un tissu dense d'entreprises moyennes qui constituent le fer de lance des exportations. Rien de tel en France qui voit mourir son industrie jour après jour et dont les PME n'exportent guère. Par sa "convergence franco-allemande", le président Sarkozy cherche d'ailleurs à puiser dans l'exemple germanique l'impulsion nécessaire au redressement industriel. Mais l'Allemagne l'aidera-t-elle dans cette entreprise au risque de créer de nouveaux concurrents? Une France réduite, comme aujourd'hui, aux services convient bien mieux à Berlin.
Il en va de même dans les rapports sociaux. Multiples syndicats aux maigres troupes en France; peu de centrales mais aux effectifs nombreux en Allemagne. Culture de la rupture d'un côté du Rhin, culture du compromis sur l'autre rive.
La "Françallemagne" illustre la nostalgie française de la puissance perdue. Paris a tenté de la réanimer, au moins partiellement, par le truchement d'une Europe forte politiquement. Ce fut l'échec. Elle essaie désormais de s'appuyer sur l'Allemagne pour donner un peu de corps à son rêve devenu inaccessible.
L’actualité offre à la presse de moins en moins de parenthèses souriantes. Samedi soir, sur le coup de minuit, elle en a ouvert une. Enfin, une élection sereine! Celle de l’Alsacienne Delphine Wespiser, nouvelle Miss France 2012. Une consécration sans enjeu politique mais dont les commentaires ont mis en évidence, s’il le fallait encore, la bienveillance particulière dont bénéficie l’Alsace dans le cœur des Français. Cette espèce d’affection naturelle, mêlant admiration et identification, qui se manifeste quand la région est distinguée d’une façon ou d’une autre pour représenter la nation toute entière.
La légèreté froufrouteuse de la cérémonie a eu le charme décalé de ces rituels qui traversent le temps en dépit des modernisations d’une mise en scène toujours joyeusement pompière. Comme chaque année, jury, public et téléspectateurs ont volontiers joué le jeu gentiment cocardier de l’exhibition avec écharpe bleu-blanc-rouge pour désigner la vraie, l’unique, l’universelle première dame du pays. La seule, en tout cas, à pouvoir se prévaloir de ce titre, reine républicaine aux cheveux fauves et aux yeux verts, bénéficiant sur l’estrade d’un triomphe dont rêveraient tant d’héroïnes du petit monde du pouvoir.
Ce nationalisme-là, majoritairement visuel et autocentré, est heureusement inoffensif et tranche avec l’incroyable nombrilisme, perverti par la germanophobie latente qui resurgit au moment où la France et l’Allemagne affichent quelques intérêts divergents dans le traitement des convulsions de l’euro. Une (mauvaise) règle d’histoire s’écrit sous nos yeux en temps réel: la crise fait resurgir les vieilles caricatures, nourrit des publicités bien lourdes, et réveille dans certains esprits dépassés les ressentiments recuits entre deux voisins qui, fort heureusement, n’en sont plus là depuis longtemps. Et voilà qu’on reparle «d’hégémonie allemande» sur l’Europe pour qualifier les positions d’une Allemagne qui, après tout, ne fait que défendre ses intérêts et préserver les fruits, chèrement acquis, de dix années d’efforts. A sa place, la France - qui, elle, a préféré laisser filer son déficit - ne ferait pas autre chose...
Au final, c’est un désagréable malaise qui envahit peu à peu les relations du couple franco-allemand à un moment de tension contradictoire: les partenaires sont obligés de lier leurs destins jusqu’à l’aube d’une improbable sortie de crise, quand l’excitation de rendez-vous électoraux à venir leur donne furieusement envie de faire chambre à part.
Il n’est de bon bec que de Paris, ni de bel accent que parisien. Vu de la capitale, l’accent marseillais dénote la fainéantise noyée dans le pastis. L’accent toulousain, une brutalité fleurie de rugbyman, cong. L’accent du Nord, une bonhomie simplette mais digne. L’accent alsacien, un souvenir de casque à pointe… C’est ainsi, dans notre France parisienne, hors le parler pointu, point de salut. Madame Joly vient de l’apprendre à ses dépens : née en Norvège, elle parle le français avec un accent prononcé. L’écrivain Patrick Besson, Parisien croisé de Russe et de Croate, s’en est moqué dans « Le Point », lui prêtant un accent allemand version Francis Blanche, ou films de guerre du dimanche soir avec officier nazi citant La Fontaine dans le texte… Racisme, a protesté Madame Joly. C’était juste joliment brillant, et bêtement méprisant. En un mot, très parisien. Cong, aurait rajouté le Toulousain.
L'euro est mort…vive l'Europe !
Deux ans après la crise grecque, force est de constater que tous les efforts pour préserver la stabilité financière de la zone euro ont échoué. De sommet en sommet, l'objectif des dirigeants européens n'a été que de gagner du temps à tout prix sans s'attaquer aux causes profondes de la crise de l'euro. Derrière le bruit des sommets européens à répétition, des prétendus plans de sauvetage et des remous quotidiens des marchés, c'est une tendance claire vers la désintégration de l'euro qui se dessine.
On nous a promis que la Grèce rembourserait la totalité de sa dette ; elle en remboursera certainement moins de la moitié. On nous a assurés que les banques européennes étaient solides et continueraient de financer l'économie ; elles sont aujourd'hui incapables de se financer sur les marchés et doivent liquider une part importante de leurs actifs. On nous a assurés que la crise ne concernait que les pays périphériques de la zone et que le cœur resterait épargné : l'Italie emprunte aujourd'hui à 7 % et les pays les plus vertueux de la zone se financent à des taux plus élevés que le Royaume-Uni.L'origine de l'impasse politique et économique de la zone euro est claire : une monnaie de réserve internationale telle que l'euro ne peut fonctionner sans fournir un actif sans risque dont la liquidité est garantie par une banque centrale jouant son rôle de prêteur en dernier ressort. Le fait d'offrir aux investisseurs le choix entre des dettes souveraines plus ou moins risquées avec un risque de défaut variant entre les pays au gré des déclarations contradictoires des leaders européens et des bruits de couloir a fini par provoquer une spirale de défiance sur la solvabilité des pays fragiles et par décourager les investisseurs de long terme.
Une conclusion de bon sens s'impose : tant que la zone euro ne financera pas sa dette par l'intermédiaire d'un Trésor européen émettant des euro obligations et financé en dernier ressort par la BCE, le projet de monnaie unique européenne sera voué à l'échec.
Or, ceci semble aujourd'hui hors d'atteinte pour une raison simple : l'opinion publique allemande n'y est pas prête. Rien ne sert d'incriminer les Allemands, ni d'espérer qu'une crise encore plus grave les convainque finalement de franchir le pas. Les Allemands, du fait de leur histoire douloureuse, de l'écart culturel trop important avec les peuples du Sud dont ils ne sentent pas partager le destin, ne prendront pas ce cap, ou bien le prendront quand le bateau européen, et par là-même l'économie mondiale, auront déjà fini de sombrer.
Il faut donc cesser cet acharnement absurde à vouloir contre vents et marées repousser le constat d'échec de l'euro. Toute l'énergie et la volonté de nos responsables politiques doivent maintenant être employées à dessiner pour les peuples européens un chemin porteur d'avenir et d'espoir.
Ceci passe en premier lieu par un plan crédible et exhaustif de sortie de la monnaie unique pour provoquer un choc de confiance et de croissance. Les tenants du dogme de l'euro nous disent que le démantèlement de l'euro est techniquement impossible et représenterait un coût exorbitant pour les citoyens européens. Mais les obstacles techniques sont faits pour être surmontés. Mieux vaut stopper aujourd'hui cette machine infernale et se laisser une chance de renouer avec la croissance en Europe. Les pays pourront alors dévaluer leur monnaie, retrouver leur compétitivité, appliquer des plans intelligents et progressifs de consolidation budgétaire, restructurer leur dette si nécessaire et retourner vers la solvabilité. Nous pourrons relancer en même temps le projet européen en finançant de manière commune des grands projets d'infrastructure, d'éducation, de recherche et développement et de croissance verte. L'exemple récent de l'Islande montre que la dévaluation de la monnaie associée à un défaut partiel sur la dette peut ramener en quelques années un pays surendetté vers la croissance.
Quelles que soient les modalités précises de ce plan, laisser aux partis extrémistes le monopole d'un discours de vérité sur le futur de la monnaie unique est irresponsable et nous amènera avec certitude à un raz de marée populiste lors des échéances électorales de 2012.
Biden appelle l'UE à agir sur la crise de la dette
Les dirigeants de la zone euro doivent mesurer les importantes conséquences qu'aurait un échec du règlement de la crise de la dette en Europe, a estimé dimanche le vice-président américain Joe Biden.
En visite en Grèce, Biden a expliqué que la confiance des Etats-Unis dans la capacité de l'Europe à finalement surmonter cette crise ne s'était pas vraiment améliorée au cours des deux dernières semaines.
"Je crois que plus il devient clair qu'il n'y a pas d'autre solution et que le temps presse, pas seulement en Europe, mais aussi aux Etats-Unis et dans le monde, plus il y a des chances que les décisions à prendre soient très difficiles", a-t-il déclaré aux journalistes qui l'accompagnaient d'Istanbul à Athènes.
"Mais au-delà de ça, je n'ai pas de données empiriques qui puissent me permettre de dire que nous devrions être ou ne pas être plus optimistes aujourd'hui qu'il y a deux semaines", a-t-il poursuivi.
Les dirigeants de la zone euro se retrouvent jeudi et vendredi à Bruxelles après une visite du secrétaire américain au Trésor en Europe de mardi à jeudi.
La venue de Timothy Geithner traduit l'inquiétude de Washington face à la crise de la dette européenne qui pourrait saper la fragile reprise qui se dessine aux Etats-Unis.























