samedi 10 mars 2012
Une élection pour le meilleur et pour le pire
Les législatives anticipées devaient porter sur l’Europe et la place que la Slovaquie y occupe. Mais une série de révélations sur la corruption des politiques menace aujourd’hui tout le système.
Mais aujourd’hui, tout a changé. L’Europe est reléguée aux oubliettes et ce sont les affaires internes de corruption, dont l’ampleur sans précédent gangrène les fondements mêmes de la politique slovaque, qui dominent la vie du pays. La divulgation du dossier Gorila [Gorille] – un rapport des Services de renseignement slovaques (SIS) sur les accointances entre le monde politique et le monde des affaires – a poussé les électeurs, en particulier ceux de la droite traditionnelle, vers de nouveaux partis, qui ont surgi comme des champignons après la pluie. Mais aussitôt, les uns après les autres, ils ont sombré dans leurs propres scandales et luttes intestines, desquels, tellement démolis, ils sont sortis méconnaissables. Conséquences prévisibles de ce chaos, les estimations du taux de participation électorale sont extrêmement basses (45 %), sachant que près d’un tiers des personnes déclarant vouloir se rendre aux urnes ne savent pas encore à qui iront leur voix.
Une classe politique qui a perdu la face
En guise d’illustration, on peut mentionner quelques-unes des affaires qui, outre le scandale Gorila, ont dominé la scène politique et dans lesquelles ont été impliqués de nouveaux venus en politique. Le SaS, parti politique libéral [fondé en 2009], qui par sa position anti-européenne a fait tomber le gouvernement de Radičová, a lui-même ruiné sa réputation, qu’il avait laborieusement construite, de parti intègre et vertueux suite à deux révélations : Ľubomír Galko, ministre de la Défense et membre du SaS, a fait espionner des journalistes par les services secrets militaires ; Richard Sulík, le chef du parti, a quant à lui demandé à un homme d’affaires à la réputation mafieuse de mener une enquête de "lustration" sur les cadres de son propre parti. Une vidéo clandestine publiée anonymement le montre dans sa maison en compagnie de son étrange ami lui transmettant des informations sur les coulisses politiques, alors qu’il était président du Parlement.Autre candidat à l’entrée au Parlement : Igor Matovič et son parti Les gens ordinaires. Ce jeune leader populiste a quitté le SaS il y a un an et a rassemblé sur la liste de son parti des personnalités appartenant principalement aux milieux intellectuels conservateurs. Suite au déclenchement de l’affaire Gorila, il les a priés de passer le test du détecteur de mensonges, afin de prouver que jamais elles n’ont soudoyé quiconque ni touché de pots-de-vin. Elles ont refusé, décidant de se retirer collectivement de la liste de candidats. Seul Matovič a passé le test. Elles l’ont considéré comme un fou et un menteur patenté.
Le parti Les 99 % est également un nouveau venu. Fondé en octobre dernier, il réunit des noms inconnus mais a réussi à financer une énorme campagne préélectorale grâce au soutien d’une entreprise d’armement. Ce projet à l’évidence de type entrepreneurial, qui a su très habilement exploité les idéaux et le slogan [We are the 99 %] du mouvement Occupy Wall Street, recueille près de 5 % d’intentions de vote. C’est dire la confusion qui règne dans la tête de nombreux électeurs slovaques. Mais sur la base d’une plainte, la police a commencé à examiner la validité des 10 000 signatures obligatoires de la pétition de soutien permettant d’enregistrer le nouveau parti. Or, il apparaît que la plupart ont été falsifiées. Les magistrats de la Cour constitutionnelle ont averti qu’il y avait ici un risque d’invalidation des élections.
Tous ces scandales, et bien d’autres encore, occupent largement l’espace médiatique. Les responsables politiques ont les nerfs à vif, ils refusent de répondre aux questions embarrassantes des journalistes, quand ils ne quittent pas tout simplement les plateaux de télévision, comme ce fut dernièrement le cas avec Ján Slota, le dirigeant du parti nationaliste SNS [le Parti national slovaque], qui chute vertigineusement dans les sondages. Dans ce contexte, le système informatique du Bureau des impôts s’est effondré. Du coup, il plane sur le budget de l’Etat, plongé depuis février dans un profond déficit, la menace d’être confronté à des préjudices considérables, sans parler des difficultés qui attendent tous ceux qui doivent effectuer leurs déclarations de revenus.
En attendant Fico
Le sentiment que les politiciens véreux sont responsables de l’incapacité de l’Etat à assurer ses fonctions régaliennes de base est très largement partagé, quoiqu’il puisse apparaître quelque peu injuste. Un parti en profite principalement : le parti de gauche SMER de Robert Fico. Si les petits partis mentionnés plus haut, couverts de scandales, parviennent à entrer au Parlement, ils provoqueront, au sein d’une droite affaiblie, un chaos absolu. Mais dans le cas inverse, leurs voix "perdues" auront contribué à aider considérablement Fico. La probabilité que SMER obtienne la majorité absolue aux élections est tout sauf négligeable. Et sous certaines conditions favorables, il pourrait même obtenir la majorité constitutionnelle.Par conséquent, la principale question des élections est celle de savoir combien de sièges gagnera le parti SMER au Parlement. En cas de victoire écrasante, une nouvelle ère s’installera, dont la genèse aura été l’échec absolu d’une classe politique qu’incarne Mikuláš Dzurinda, chef du parti de droite SDKÚ [l’Union démocratique et chrétienne slovaque] et deux fois premier ministre. Son parti assiste aujourd’hui, avec effroi, à une chute des intentions de vote le concernant aux alentours de la barre des 5 %. Il ne lui reste plus qu’à espérer que des électeurs frustrés le sauveront.
Dans une situation où les sondages d’opinion ne constituent qu’un très vague reflet des humeurs extrêmement changeantes de la société, il est tout à fait vain de s’essayer à la divination des résultats électoraux. On peut seulement espérer qu’une fois les élections passées, ce sentiment oppressant d’une situation chaotique et sans issue dans laquelle s’enfonce la société disparaîtra et que le nouveau gouvernement se souviendra des questions importantes, comme celle du futur de la Slovaquie en Europe.
Grèce laboratoire de l’Europe
Le Chili a été le laboratoire de la mise en œuvre des théories de Friedman, qui ont conduit au développement du libéralisme le plus débridé sur l’ensemble de la planète, en épargnant à l’époque une partie de la « vieille Europe ». La Grèce va servir de phase de test à une nouvelle offensive du capitalisme en Europe, en livrant les économies nationales aux exigences et à la rapacité des marchés financiers.
Au Chili le chaos qui a suivi le coup d’état de Pinochet a permis l’instauration d’une politique ultra libérale. En Grèce c’est la crise de la dette, voulue, entretenue et développée par l’oligarchie financière qui va servir à briser les résistances. Les médias ont soigneusement préparé le terrain, pareils à une véritable propagande de guerre, car c’est bien de cela qu’il s’agit : une guerre contre les peuples, une guerre contre les pauvres, en gros, c’est l’éternelle lutte des classes, à laquelle les classes populaires ont tourné le dos mais que les classes bourgeoises n’ont jamais oubliée. Les médias nous ont présenté les grecs comme fainéants, fraudeurs avec le fisc, vivant au dessus de leurs moyens avec nonchalance dans une oisiveté coupable, bref, si un pays va mal c’est toujours de la faute de ses pauvres.
En Grèce, les capitalistes veulent tester un système entièrement dominé par des intérêts privés, avec la suppression totale des services publics, la remise en cause des acquis sociaux et une diminution drastique des salaires. Les mesures et les sacrifices que l’on demande aux grecs, ce n’est pas pour assainir leurs finances, mais pour pouvoir continuer à rembourser leurs créanciers. Après avoir interdit aux banques nationales et à la BCE la possibilité de prêter de l’argent aux États et imposé le recours à l’emprunt auprès des établissements financiers privés afin de créer la dette, les capitalistes ont spéculé pour en arriver à cette situation, et maintenant qu’ils sentent la mise à mort arriver, ils sont pressés de toucher « les dividendes » de leur turpitude.
Dans la Constitution grecque il est écrit que les plus riches (les armateurs) sont exemptés d’impôts ! L’Église orthodoxe grecque, le plus grand propriétaire foncier de Grèce, dispose d’un privilège fiscal. En pourcentage du PIB, la Grèce est le pays de l’UE qui dépense le plus en armement, La Grèce consacre plus d’argent à sa Défense qu’à l’Éducation pour le grand bonheur des états et des marchands d’armes européens ou américains. L’impôt n’est payé que par ceux que l’État peut contrôler, puisque c’est lui qui les paye : les retraités et les fonctionnaires. Les professions libérales sont épargnées, alors que dans leur écrasante majorité elles fraudent de façon notoire. Les médecins par exemple déclarent en général moins de 20.000 euros par an. On met toujours la faute sur les plus pauvres, alors que ce qui coûte le plus cher à une nation, ce sont ses riches !
Actuellement le peuple grec lutte jour après jour. Bien sûr ces luttes sont très mal relayées par nos médias, qui nous parlent plutôt de la tyrannie du régime syrien, mais dites-vous bien que le bonheur du peuple syrien, grecque ou français, nos dirigeants n’en ont rien à faire, ils ne prennent position que par rapport à leurs intérêts, et non par rapport à un sentiment humaniste ou « des droits de l’homme ». D’ailleurs nos gouvernants se sont toujours bien entendus et ont même soutenus les dictateurs les plus sanguinaires pourvu qu’ils maintiennent dans leur pays un régime conforme à nos intérêts, enfin aux intérêts de la classe capitaliste qui nous gouverne, et cela que ce soit sous un gouvernement de droite ou « dit » de gauche. Aucun gouvernement si tyrannique soit-il n’a rien à craindre tant qu’il ne va pas à l’encontre des intérêts de nos puissantes multinationales, « approuvez le système et nous vous fournirons les moyens pour réprimer votre population ». Ces gens là trouvent justes toutes les mesures prises contre le peuple grec et ensuite, ils voteront les mesures qui seront prises contre vous. Pour eux vous êtes une quantité négligeable, vous êtes juste bon à produire, vous reproduire et à mourir, ne vous faites aucune illusion !
La Grèce est un laboratoire et préfigure ce que sera l’Europe de demain, car ne rêvez pas votre tour viendra, plus ou moins vite mais il viendra, vouloir gagner du temps ne sert a rien, il vaut mieux agir maintenant que réagir demain. Mais si vous ne faites rien et acceptez votre sort, alors faites le dignement et arrêtez de vous plaindre !
Santini : " Avec Hollande et Aubry aux commandes, ce serait le bordel dans les six mois"
"Il dit simplement la vérité"
Mais Nicolas Sarkozy, compte tenu de ce qu'il a dit devant les caméras de BFM-TV, ne se prépare-t-il pas à la défaite en disant que, s'il est battu, il abandonnera définitivement la politique ? Santini, qui connaît depuis si longtemps Sarkozy, considère que la gauche se trompe complètement en voyant là un aveu de faiblesse et même, par anticipation, d'échec : « Il a toujours promis qu'il dirait la vérité. Eh bien, il dit simplement la vérité, sa vérité. Il considère qu'en tout état de cause il aura fait le job. Mais il ne baisse pas les bras : c'est même tout-fait l'inverse. D'accord, les gens pensent qu'il a fait des conneries comme le Fouquet's ou le yacht de Bolloré, mais ils se rendent compte aussi que, quand la crise a frappé, il était là, et souvent seul. Alors, je conseille à la gauche, dont l'arrogance pourrait finir par indisposer, de se rendre compte que tout peut encore être remis en question. Et qu'un score de 59-41 au second tour, c'est de la rigolade ! »"Sarkozy est las, mais... de la gauche !"
« Les socialistes, enchaîne Santini, ont raison de s'inquiéter que Nicolas soit las... mais las de la gauche, qui l'aura traité de façon indigne comme jamais aucun chef d'Etat ne l'avait été avant lui ! ». Et le député Nouveau Centre de se déclarer effaré que le candidat socialiste, sur Europe 1 puis sur France 2, n'ait rien eu à dire quand on lui demandait s'il était « d'accord ou non avec Nicolas Sarkozy pour qui il y a, aujourd'hui trop d'étrangers en France »: « Comment peut-on, s'écrie André Santini, ne pas avoir d'opinion et, plus encore, sur l'immigration ? ». Et le ténor UMP d'affirmer, tranchant: « Avec Hollande et Aubry aux commandes du pays, ce serait le bordel dans les six mois ».
vendredi 9 mars 2012
Le monde de la culture grecque appelle au secours
Coupes dans les revenus des fonctionnaires du ministère de la Culture et de ses antennes, retards de plusieurs mois dans le paiement des salaires, les acteurs de la vie culturelle hellénique ne supportent plus les sacrifices faits en raison de l'austérité. «Certains compositeurs ou chanteurs se font payer - quand ils arrivent à se faire payer - avec des chèques virtuels», renchérit Giorgos Tsevrenis, agent d'artiste. «Cela signifie que les chèques sont encaissables dans huit mois ou un an. Pourtant tous les artistes ont baissé leurs cachets», explique-t-il.Des artistes changent de métier
Toutes les semaines, Giorgos Tsevrenis reçoit des artistes de renom se plaignant de ne pas être payés par les mairies ou les festivals. «Il n'y a même pas d'allocation-chômage pour eux, donc la plupart cherchent à récupérer leurs droits d'auteur et les autres changent de métier, s'ils y parviennent…», dit-il, très sceptique sur les bienfaits du nouveau plan d'aide de 130 milliards d'euros, accordé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international.Dans le nord du pays, le Théâtre national de Thessalonique demande même aux spectateurs de payer leurs billets en paquets de pâtes, de riz ou de farine. «Après, cela devient difficile de payer les acteurs en euros…», note Giorgos Tsevrenis.
La célèbre actrice Zeta Douka lance un appel au secours à l'Europe. «On ne peut pas jeter la Grèce, berceau de la civilisation, aux gémonies à cause de ses politiques qui ont mal dirigé le pays pendant quarante ans. La Grèce a légué une richesse culturelle de plusieurs siècles au monde, et on doit la détruire à cause des spéculateurs? Il y a urgence et il faudrait aussi que les Européens ouvrent les yeux au plus vite !», s'enflamme-t-elle.
Certaines associations ont décidé de se mobiliser pour le sauvetage du patrimoine grec via les réseaux sociaux et espèrent être entendues au plus haut niveau.
IVG: "méconnaissance" de Hollande, selon NKM
Les propositions jeudi de François Hollande sur les IVG témoignent d'une "méconnaissance du sujet" et sont "un peu démagogiques", a estimé vendredi sur Europe 1 la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet. M. Hollande a préconisé que tous les établissements hospitaliers publics du pays soient dotés d'un centre IVG et que cette opération soit remboursée à 100%. Soulignant que "la moitié des mineures" ayant subi une IVG prenaient un moyen de contraception, elle a estimé que l'"urgence" résidait plutôt dans
LE POINT NE TOURNE PLUS ROND, QUANT AU NOUVEL OBS DEPUIS QUE CE CONNARD DE JOFFRIN Y SÉVIT, POINT DE SALUT !!!
Carla Bruni-Sarkozy sur France 5 : "J’ai peur pour mon mari"
Carla Bruni-Sarkozy a répondu très détendue aux questions de l’animatrice Allessandra Sublet sur France 5 jeudi soir. Elle s’est confiée sur sa vie privée, sur ses rapports avec la presse, sur son rôle de première dame de France. Carla Bruni-Sarkozy est d’abord revenue sur ses activités de model et d’auteur-compositeur, évoquant le succès de son premier disque, « Quelqu’un m’a dit » auquel elle ne croyait pas au départ : « J’ai été stupéfaite ».
"J'ai peur pour sa santé"
A la question sur l’après mandat de Nicolas Sarkozy, s’il n’est pas élu, ou bien dans 5 ans après un second mandat, Carla Bruni-Sarkozy répond : « Qu’est-ce que vous voulez qu’il fasse ? Il sera obligé d’arrêter la politique. Mon mari est un homme qui donne tout. Après la politique il changera de vie. » On sent que si Nicolas Sarkozy n’était pas réélu en mai, son épouse ne serait pas obligatoirement fâchée car elle confie qu’elle est inquiète pour lui : « J’ai peur pour lui, pour sa santé. Il travaille tout le temps. J’ai peur qu’il meure tout d’un coup ».Sur les années passées à l’Elysée, Carla Bruni-Sarkozy évoque enfin des années de bonheur : « Ces 5 ans ont été les années les plus extraordinaires de mon existence ». Elle évoque ses rencontres avec les grands de ce monde, Nelson Mandela, la reine d’Angleterre ».
Alors, comme ça, Sarko arrêterait si d'aventure... Cela ne lui ressemble pas d'évoquer un retrait avant d'avoir livré bataille, lui qui aime répéter qu'il a surmonté bien des épreuves dans sa vie publique et qu'il est animé par un déterminisme : en politique, quand on veut, on peut ! Comment appréhender cette singulière confession sans verser dans la psychanalyse de comptoir ? On a envie de dire que Nicolas Sarkozy est en train de devenir un président-candidat normal, même s'il est de plus en plus difficile de suivre les méandres de ses multiples personnages. Il s'était déjà épanché de la sorte mais là, il sort du registre de la confidence. Il reste cependant dans la séquence des contritions où il se met à nu. Sans qu'il faille être dupe : le candidat veut faire oublier le président. On est obligé de dire ensuite qu'elle intervient alors qu'il joue son va-tout. S'il doit retrouver son second souffle, c'est maintenant. Envisager sa propre défaite peut être un pari mobilisateur comme une astuce démoralisante. Parions sans risque que dimanche à Villepinte il saura faire de ce signe d'authenticité un levier pour galvaniser les troupes. Elément d'une stratégie d'humanisation ou coup de blues, une chose est sûre : Autant le Sarkozy de 2007 était conquérant, séducteur, autant le Sarkozy de la reconquête a perdu de sa superbe. On sent que lui-même ressent s'être éloigné des cœurs des Français. Toujours aussi combatif pour éreinter François Hollande mais, lorsqu'il s'agit de regarder son bilan en face ou de nous regarder au fond des yeux, la flamme s'est estompée. Cette solennité, ce doute, c'est grave docteur ? Aux Français de le dire.
Thessalonique montre la voie pour s’en sortir
Pendant qu’Athènes se sclérose dans la complainte de la récession et des manipulations de l’étranger, près de la deuxième ville du pays de nouveaux projets bourgeonnent, faisant germer l’espoir. Die Zeit est allé à la rencontre de ces Grecs qui n'espèrent plus rien de l’Etat et qui ont retroussé leurs manches.
Le liquide rose clair remplit le verre jusqu’au bord. Remuer, sentir, goûter, rouler dans la bouche – et recracher. Stellios Boutaris goûte la dernière cuvée des caves Kir-Yanni. "Là, on tient quelque chose !", s’enthousiasme-t-il au sujet du mousseux rosé en gestation avec lequel il entend conquérir l’Europe du Nord. "L’Allemagne est un pays à mousseux, on y trouvera des clients", assure-t-il.
Dans le petit village de Yannkohori, à une heure à l’ouest de Thessalonique, un tel optimisme se comprend. Un timide soleil d’hiver flotte au-dessus du domaine viticole de Kir-Yanni. On aperçoit de la neige au sommet des coteaux verts et gris aux formes douces.
C’est ici que prend naissance ce que Stellios Boutaris tient pour être le modèle économique de la Grèce : "Faire vraiment bien ce que nous savons faire". Un bon vin, par exemple. Le Retsina, le fameux vin de table que l’on achète dans les petites épiceries grecques – c’était hier. Kir-Yanni fournit aujourd'hui les restaurants étoilés d’Athènes ou de Thessalonique – et de plus en plus de clients à l’étranger.
Kir-Yanni devient une marque de cette Grèce nouvelle qui affleure dans ce petit village de Macédoine et dans les rues du chef-lieu de la région, Thessalonique. Elle est portée par ces Grecs qui n’espèrent plus rien de l’Etat. Peut-être est-ce la raison pour laquelle elle reste introuvable dans les rues d'Athènes, occupées par les syndicats d’hier. Par les élus corrompus qui font capoter les réformes par clientélisme ou par les députés qui planquent des millions à l’étranger. Rendons visite à ces Grecs qui veulent travailler pour leur propre compte.
Antithèse de l'homme politique
L’homme a attendu d’arriver à l’âge de la retraite pour poser sa candidature à la mairie de Thessalonique. Yannis Boutaris, 69 ans, est le père de Stellios. Voilà quelques années encore, il dirigeait lui-même le domaine viticole qu’il a fondé en 1996. Puis il est entré en politique et a été élu, voilà un peu plus d’un an, au fauteuil de maire de la deuxième ville de Grèce. En homme d’affaires qui a réussi mais aussi en homme qui ne doit rien à personne : l'antithèse de l’homme politique.Grâce aux réformes qu’il a entreprises, Yannis Boutaris est apprécié de ses citoyens et des visiteurs de l’Union européenne. Il a fait le ménage dans les services de la ville, a réduit le nombre de directions, a fait préparer, chose inédite, un descriptif des postes de chaque employé municipal. Pour que l’on sache qui fait quoi. "C’est mon plus grand défi !", reconnaît-il. On attend de lui qu’il ouvre de nouveaux horizons à des Thessaloniciens frustrés.
Cette ville riveraine de la Méditerranée était autrefois le Manchester de la Macédoine. Mais les usines de textiles, les tanneries, les filatures, les usines de teinture de laine ont émigré vers l’ex-Yougoslavie et la Bulgarie après la chute du Rideau de fer. Les propos publics de certains ministres allemands suggérant une sortie de la Grèce de la zone euro n’ont rien arrangé. Car Thessalonique n’exporte pas de produits bon marché de grande diffusion.
De quoi la deuxième ville de Grèce est-elle donc censée vivre à l’avenir ? "Small is beautiful !", s’exclame Yannis Boutaris. Les Grecs doivent se concentrer sur les petites choses, celles qu’ils maîtrisent bien, et parvenir à l’excellence dans leur fabrication. "Nous ne nous vendons pas assez, et nous ne vendons pas assez nos produits". Yannis Boutaris suggère de prendre modèle sur les Italiens qui soignent la qualité et leurs marques.
Beaucoup partagent cet avis. Un congrès économique organisé non loin de la mairie a réuni des entrepreneurs du nord du pays. Ici, on entend peu les jérémiades athéniennes sur les plans de l’Union européenne et du Fonds monétaire international. C’est un congrès contre Athènes, la capitale figée, contre un Etat central apathique, une critique libérale d’une administration percluse dans sa graisse.
L'atout du tourisme
"Notre crise, c’est l’Etat", confie le professeur d’économie Moïse Sidoropoulos. "Ce ne sont pas des hommes d’affaires qui recherchent la protection de l’Etat que nous voulons, ce sont des entrepreneurs qui vont sur le marché et qui se battent". Voilà qui semble vraiment courageux. Reste à savoir quels marchés sont faits pour les Grecs.Moïse Sidoropoulos en énumère un certain nombre. Les grandes flottes des armateurs grecs doivent être ramenées au pays par le biais d’une baisse des impôts et des taxes. La production d’énergie renouvelable doit être favorisée : la Grèce a du soleil et du vent à revendre. Le pays possède une industrie pharmaceutique modeste mais néanmoins vigoureuse qui s’est spécialisée dans la fabrication de médicaments génériques.
L’agriculture doit exporter davantage de produits de qualité, les exploitations piscicoles doivent soulager les mers victimes de la surpêche. Le premier secteur de l’économie reste néanmoins le tourisme. L’atout numéro un du pays est sa beauté.
Yannis Boutaris ne voit pas les choses autrement. Depuis sa mairie, il tente de redorer le blason de Thessalonique à l’étranger. Il a convaincu des compagnies aériennes de créer des liaisons directes. Les taux de fréquentation grimpent rapidement. Il tente également d’attirer les navires de croisière et s’est déplacé récemment à Hambourg pour s’inspirer du succès de la ville dans l’accueil des navires de grande dimension.
Le domaine viticole de Kir-Yanni symbolise également ce mélange de paradis préservé et de modernité. Son fils ne ressemble en rien aux paysans bourrus d’autrefois. Il court les salons des vins d’Europe et d’Amérique. Et caresse le projet de vendre ses vins en Chine. Voilà belle lurette qu’il s’est lancé dans le commerce en ligne. A l’avenir, le Kir-Yanni arrivera chez vous en un clic de souris. Voilà à quoi pourrait ressembler la Grèce du futur. Si elle a bien calculé son coup.
Lutte des classes
Demandez à un Allemand ce qu’il pense du super-impôt à 75 %, il vous dira : votre M.Hollande est en train de se tirer une balle dans le pied. Parlez-en à Ed Miliband, le leader travailliste britannique – qui vient de la gauche du parti – , il vous dira : nous n’avons pas l’intention de dépasser les 50 %.
Il suffit d’ailleurs de comparer les barèmes de l’impôt sur le revenu de nos voisins européens : aucune tranche ne dépasse le taux français de 45 %. Et encore celui-ci doit-il être augmenté de la CSG et de la CRDS qui portent le prélèvement à 53 % – avec François Hollande, ce serait donc 83 %. Eh bien, là où l’Allemand juge que c’est une sottise, où le travailliste anglais estime que l’on ne doit pas franchir les 50 % de prélèvements, que pensent les Français ? On peut faire un référendum sur le sujet ; le résultat est connu d’avance, les sondages vous le disent : ce sera au moins 60 % de oui.
Les Français applaudissent à l’impôt quand il est payé par un autre. Or un contribuable sur deux ne paie pas d’impôt sur le revenu. Les Français sont donc toujours hostiles à toute hausse de la TVA qu’ils paient, et toujours favorables à la hausse des tranches supérieures de l’impôt sur le revenu, du barème de l’ISF ou des plus-values dès lors qu’ils ne les paient pas. On peut leur opposer des arguments rationnels et de bon sens (lire notre dossier ainsi que le Rendez-vous d’Olivier Dassault), cela ne modifie les jugements qu’à la marge. Démagogie ? En France, le discours “antiriches” relève de l’idéologie de la lutte des classes et de la mythologie révolutionnaire avec ses préjugés et ses invectives. Et ça marche, même sur une opinion surinformée.
Sur quel argument François Hollande s’est-il fondé pour annoncer son super-impôt ? Sur la hausse de 34 % que les dirigeants du Cac 40 se seraient accordée sur leurs rémunérations de 2010. La source de cette information est-elle fiable ? En réalité, elle mélange salaire, rémunération variable et valeur des stock-options. Là où les salaires n’ont pas bougé, ce sont les rémunérations variables qui ont augmenté – en raison de la hausse des bénéfices des sociétés cette année-là par rapport à l’année précédente, qui était un exercice de crise. Les patrons ne se sont donc pas augmentés de manière indécente – c’est leur rémunération variable dont ils ne sont pas maîtres qui a progressé. Qui le dit ? Même le patronat français, tétanisé à l’idée de venir au secours des grands patrons, alors qu’il s’agissait de redresser les erreurs et d’expliquer les chiffres, est resté discret. Il faut être président de la Ligue ou d’un club de football pour être audible.
François Hollande n’est ni Saint-Just ni Robespierre. Il est allé à Londres expliquer aux Français expatriés, pour cause de liberté et de fiscalité (ils sont 300 000), qu’il n’était pas « dangereux ». Mais après avoir déclaré que la finance était son « ennemie », il a voulu frapper plus loin et plus fort : en transformant Nicolas Sarkozy, “président du peuple”, en “président des riches”. Une méthode déjà utilisée avec succès à deux reprises par François Mitterrand. En 1981, celui-ci avait attaqué au canon les “accapareurs”, les “châteaux”, et à travers eux, Giscard, “l’homme des diamants”. Cette affaire, une plaquette de “diamants” de 1 ou 2 carats offerts par un potentat africain, Bokassa, avait éclaté dix-huit mois avant la présidentielle. Giscard avait traité cette histoire par le mépris. Mais le mot “diamant”, reconnaîtra-t-il, était « magique ». Cela devait défigurer son image. Un poison que Mitterrand sut habilement utiliser pendant sa campagne. Les “diamants” de Sarkozy, c’est cette soirée du Fouquet’s organisée par sa femme (Cécilia) pour sa victoire avec des célébrités et des grands patrons. Un autre poison que Hollande sert dans chacun de ses discours.
En 1988, lorsque Mitterrand fut candidat à sa réélection, il avait en face de lui son premier ministre, Jacques Chirac, et son parti, le RPR : il dénonça « les partis, les clans, les bandes » qui voulaient s’emparer du pouvoir, les « intérêts particuliers égoïstes » qui allaient « déchirer le tissu social » ; il accusa Chirac d’avoir abrogé l’impôt sur la fortune – et celui-ci fut convaincu qu’il devait à cette décision sa défaite à la présidentielle. Ni Lionel Jospin en 2002 ni Ségolène Royal en 2007 n’ont remis la lutte des classes à leur programme. François Hollande y revient en comptant bien rééditer les succès de Mitterrand. Le tout est de savoir, si les socialistes cumulaient à la fois tous les organes de l’exécutif (État et collectivités locales) et ceux du législatif (Assemblée et Sénat), ce qu’ils feraient de cette suprématie sur un tel fond de lutte des classes. François d'Orcival, de l'Institut
Les riches, salauds ou héros ?
« La richesse fascine ceux qui en sont privés. Elle est tout à la fois objet de désir et de ressentiment, modèle de réussite et symbole d’injustice », résume le journaliste économique Thierry Pech dans son dernier ouvrage, le Temps des riches (Seuil).
4 000 euros par mois ? 8 000 euros ? 15 000 euros ? À partir de quel salaire est-on riche ? Les Français ont répondu à la question dans un sondage, réalisé en août 2011. En moyenne, ils considéraient qu’un ménage composé de deux adultes pouvait être considéré comme riche avec un revenu mensuel de 8 300 euros. Hasard ?
Ce seuil ressenti rappelle le chiffre de 4 000 euros évoqué en 2006 par François Hollande, alors premier secrétaire du Parti socialiste, pour désigner les riches. Encore plus étonnant, il correspond presque, selon l’Insee, au revenu mensuel moyen des 10 % des ménages les plus aisés (7 700 euros, avec deux salaires).
Des sommes considérées comme énormes pour les uns, et permettant à peine de vivre pour les autres. Le riche, pour la majorité des personnes interrogées, c’est celui qui gagne le double de leurs propres revenus. C’est ainsi que, pour 24 % des Français, un ménage est riche lorsqu’il gagne entre 4 000 et 5 000 euros.
Bien loin de la réalité… et des revenus des super-riches.
Il a fallu attendre 2010 pour que l’Insee réalise – enfin – une étude détaillée sur les très hauts revenus. Le “top 10”, constitué des 10 % des Français les mieux rémunérés. Effectivement, on entre dans ce top 10 à partir d’un peu moins de 4 000 euros imposables par mois. Avec 5 400 euros, on est éligible au club des 5 %. Pour pénétrer dans celui des 1 % les mieux payés, il faut franchir la barre symbolique de 10 000 euros, qui compte tout de même 580 000 Français.
Ensuite, l’échelle des revenus explose littéralement. Quand on entre dans le club, cette fois très restreint, des 0,01 %, celui des vrais “super-riches”, on doit gagner en moyenne 82 000 euros par mois. Là encore, il s’agit de moyenne. Leur revenu par unité de consommation (le premier adulte d’un ménage compte pour un, chaque personne de plus de 14 ans pour 0,5 et chaque enfant plus jeune pour 0,3) varie de 688 000 à plus de 13 millions d’euros annuels.
Ce sont ces 0,01 % qui sont au coeur de toutes les polémiques : comme les grands patrons du Cac 40 dont les revenus ont augmenté de 34 % en 2010, pour s’établir à un peu plus de 4 millions d’euros annuels. Même ceux dont les entreprises n’avaient pas été performantes. Sur le podium : Jean-Paul Agon, le PDG franç ais le mieux payé (L’Oréal) : 10,7 millions d’euros ; suivi de Bernard Arnault (LVMH) et Carlos Ghosn (Renault), à égalité : 9,6 millions.
Un quart des PDG du Cac 40 touche plus de 240 smic. Aberrant ? Les gains des PDG français sont dans la moyenne des salaires des patrons européens, qui s’élève à 3,9 millions, selon le rapport annuel du cabinet Proxinvest. Et la moyenne française n’atteint que 50 % de celle des Britanniques, 70 % des Italiens, 80 % des Espagnols et des Allemands. « Ces salaires n’en sont pas moins indécents », reconnaît l’entrepreneur Charles Beigbeder, fondateur du fournisseur d’électricité Poweo, qui rappelle, néanmoins, que les dirigeants des 250 plus grandes entreprises françaises, hors Cac 40, ont vu leur rémunération baisser de 17 % en 2010, pour s’établir en moyenne à 500 000 euros. Autre réalité que les quarante salaires hors norme du Cac ne doivent pas masquer : les patrons de PME gagnent en moyenne 4 000 euros par mois.
À part les grands patrons, qui sont les super-riches ? Un chercheur, Olivier Godechot, a étudié à la loupe l’évolution de la sociologie des super-riches. Ceux qui entrent dans la catégorie des 0,01 %. En 1976, les capitaines d’industrie se taillaient la part du lion : 38 % de ces très hauts revenus. Les secteurs des services aux entreprises (10 %) et de la finance (6 %) arrivaient loin derrière.
Trente ans plus tard, les cartes ont été rebattues. Parmi les plus hauts revenus, 26 % viennent dorénavant du secteur des services aux entreprises, 24 % de la finance, alors que les industriels ne re présentent plus que 14 % des effectifs.
Les sportifs de haut niveau sont entrés dans le palmarès, même s’ils ne re présentent que 1 % des super-riches. Au premier rang des quels on trouve bien sûr les stars du ballon rond, qui signeraient la mort du football français si, surtaxés, ils préféraient partir à l’étranger.
Les dirigeants d’entreprise sont les plus nombreux (25 %) pour un salaire brut annuel moyen de 225 000 euros. En revanche, les sportifs sont bien mieux payés : 445 000 euros.
Autre question cruciale : les riches sont-ils de plus en plus riches ? Olivier Godechot a également examiné attentivement l’évolution des salaires. Entre 1996 et 2007, les rémunérations des acteurs ont été multipliées par 1,5, celles des sportifs et des PDG par 3,3… et celles des cadres de la finance par 8,7. Les 0,1 % les mieux payés gagnaient 19 fois le salaire moyen en 1980. En 2007, ils percevaient 65 fois plus. Une approche contestée par certains économistes, qui soulignent qu’une comparaison entre le salaire moyen des Français avec une infime minorité, les quelques centaines d’hyperriches, n’a aucune va leur scientifique.
L’autre grande question, celle qui concentre toutes les polémiques et donne lieu aux plus belles empoignades, c’est bien sûr : “Les riches payent-ils suffisamment d’impôts ? ” Une chose est sûre, les super-riches sont loin d’atteindre le seuil de 50 % fixé par le bouclier fiscal. Selon l’Insee, avancent les “antiriches”, le seuil d’imposition moyen du club des 1 % les plus riches ne serait que de 25 %. Seuls 9 % d’entre eux reverseraient plus de 35 % de leurs revenus. Le tout, grâce aux réductions et aux déductions d’impôts permises par les niches fiscales. Mensonge, hurle le camp adverse, qui explique comment les chiffres sont truqués pour faire croire que les riches finissent, proportionnellement, par payer moins d’impôts que les pauvres.
Le ressentiment des “pro” riches est d’autant plus grand qu’ils rappellent que François Hollande, dans un débat avec l’économiste Thomas Piketty, le 28 janvier 2011 sur Media part, expliquait que l’idée d’un taux de prélèvement confiscatoire, sur une toute petite fraction des contribuables, ne produirait aucune recette et accentuerait les délocalisations fiscales. Peu lui importe de se contredire. Le candidat a réussi son coup. Depuis dix jours, sa proposition a effacé tout autre sujet de débat. Mieux, 57 % des Français se déclarent favorables à sa mesure, porteuse, selon eux, de “plus grande justice sociale”. Elle réussit même à emporter l’adhésion de 31 % de sympathisants UMP.
Quid des riches qui s’en iraient sous d’autres cieux fiscaux plus cléments ? Ils n’ont pas attendu la proposition de Hollande pour préparer leurs bagages, commencent à prévenir les fiscalistes. Nombre d’entre eux sont persuadés que les finances françaises sont tellement dégradées que, quoi qu’il arrive, la pression fiscale augmentera après la présidentielle. Quelque soit le nom du nouveau président.
Promesses envolées
“Tout est possible”, proclamait en 1981 le candidat Mitterrand. Élu, il a ouvert les vannes : smic +10 %, allocations familiales + 25 %, allocation vieillesse + 20 %. C’était “l’autre logique”, 1936 dans une version XXL, avec les nationalisations. « Je serai en mesure de recruter, sur les plans public et privé, un million de jeunes dans l’année », promettait le candidat. En voyage en Lorraine, il assurait : « Aucune entreprise ne devra fermer. » Laurent Fabius annonçait pour octobre une croissance à 3,3 ! Elle n’atteindra jamais la moitié du chiffre. Un an plus tard, c’était l’heure des révisions déchirantes. Bientôt deux plans de rigueur : blocage des prix et des salaires, hausse des tarifs publics, gaz, électricité, SNCF, limitation à 2 000 francs par personne et par an de devises pour les voyages à l’étranger. Autant fermer les frontières, le franc est dévalué de 2,5 % alors que le mark est réévalué de 5 %. C’est la fin de la sidérurgie et aussi le glas de la magie distributive. François Mitterrand voulait rompre avec le capitalisme, il a rompu avec le socialisme.
1995. “La France pour tous”. Jacques Chirac choisit le thème de la fracture sociale, promet une grande loi-cadre contre l’exclusion. Il veut revaloriser le smic, les retraites, promet de réinsérer un million de chômeurs de longue durée. Une orientation très sociale inspirée par Philippe Séguin. Elle coexiste avec le libéralisme d’Alain Madelin : la baisse des impôts. Une fois élu, il nomme Alain Juppé, « le meilleur d’entre nous », à Matignon. Façon de consacrer la poursuite de l’engagement européen de la France. Mission impossible car Jacques Chirac a promis tout et son contraire. Trop d’impôts tuent l’impôt, disaitil. Six mois plus tard, les Français devront payer 30 milliards d’impôts et de cotisations supplémentaires. La TVA passe de 18,6 à 20,6. Nécessité fait loi : il faut préparer l’entrée de la France dans l’euro. Six mois après son élection, Jacques Chirac le démontrait avec brio : les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent.
Mai 2007. Nicolas Sarkozy parie sur le volontarisme : “travailler plus pour gagner plus”. Il sera le président du pouvoir d’achat. Il ira chercher la croissance avec les dents. Août : les premiers nuages noirs, qui se déverseront en orage mondial durant l’été 2008, se profilent déjà à l’horizon. Le 16 août, la Bourse chute de 5 points. On connaît la suite : crise financière, récession en 2009 qui hypothèquent sa stratégie de relance. Septembre : le cours mondial du blé atteint des records historiques. Cette envolée se répercute sur le prix du pain et de tous les produits alimentaires : entre 7 et 10 % d’augmentation sur le panier de la ménagère. Le prix du pétrole dépasse les 100 dollars le baril en décembre.
Morale de l’histoire : les promesses ? Mieux vaut ne point trop en faire.
Démagogue et médiocrate
Décidément, François Hollande n’a pas changé depuis qu’il disait qu’il n’aimait pas « les riches » en situant la barre à 4 000 euros. Faute d’imagination pour sortir la France de la crise, il prend délibérément le risque de l’y enfoncer davantage par des propositions démagogiques.
Témoin, cette mesure que les esprits sensés comme François Fillon trouvent « imbécile », mais qui fait mouche : taxer les “gros” revenus, à partir de un million d’euros, à 75 %! Une proposition approuvée par une majorité d’électeurs : peu de gens se sentent concernés par des montants qui, comparés à un revenu médian de 2 400 euros par mois, peuvent sembler astronomiques.
En procédant ainsi, le candidat socialiste commet une double faute. Il se prétendait rassembleur, porteur d’une autre vision de la France qu’il peine à préciser. Se contredisant de meeting en meeting, s’avérant incapable de formuler un idéal dans lequel les Français pourraient se reconnaître, il préfère flatter la jalousie, la rancoeur, la volonté de revanche de la part de victimes de la crise qui cherchent un coupable. François Hollande leur désigne un bouc émissaire : “les riches”, alliés à son ennemie “la finance”, qu’ils pourront punir de leurs malheurs.
Deuxième faute de celui qui prétend gouverner la France : renforcer les Français dans leur préjugé hérité de la Révolution de 1789 selon lequel les inégalités sont toujours le résultat d’une injustice, jamais la récompense d’un talent créateur de richesses pour le pays.
Il y a certes des rentiers, qui n’ont d’ailleurs pas forcément démérité. Mais les quelques milliers de contribuables visés par la mesure Hollande sont d’abord des entrepreneurs, des dirigeants d’entreprise, des chercheurs, des artistes, des sportifs de haut niveau qui contribuent à la notoriété de notre pays, font progresser son économie, sa culture et son prestige. En confisquant le fruit de leur talent, en les privant d’une légitime récompense financière pour leur mérite, on risque d’achever de décourager l’effort et de stériliser la création sous toutes ses formes, à commencer par la création d’emplois dont on a tant besoin.
Il est légitime de parler de confiscation quand s’ajoutent aux 75 % les prélèvements sociaux (8 %) et l’ISF rétabli dans son ancien barème sans plafond. Ceux dont le revenu se situe au-dessous du seuil du million d’euros auraient d’ailleurs bien tort de croire qu’ils seront épargnés par cette folie spoliatrice. Qui peut sérieusement croire que l’on passerait directement de la tranche de 45 % à celle de 75 % sans tranches intermédiaires dans le barème de l’impôt ?
En réalité, c’est tout l’encadrement de nos entreprises qui se trouve menacé par cette volonté de nivellement. Et toute la compétitivité de notre appareil productif qui serait ainsi compromise, non seulement par un coût trop élevé de la main-d’oeuvre non qualifiée mais aussi par l’impossibilité de rémunérer en France à sa juste valeur la main-d’oeuvre hyperqualifiée. Du bouclier fiscal tant critiqué, nous passerions ainsi sans transition au boulet fiscal pour tous ceux qui ont le grand tort de se distinguer par leurs qualités exceptionnelles.
Sans doute n’est-il pas dans l’air du temps de parler de mérite, de talents et de récompenses financières. Mais la France vit dans un monde où prévaut l’économie de marché, où circulent librement les capitaux et les hommes. On voit déjà bien des artistes mais aussi des sportifs français, footballeurs, tennismen et autres, exercer leurs talents soit à l’étranger, soit même en France en étant fiscalement domiciliés ailleurs. La capitale belge prospère en partie grâce aux exilés fiscaux français. Nos jeunes sont de plus en plus nombreux à songer à s’expatrier dans des pays où l’initiative et l’enrichissement ne sont pas regardés comme un péché.
La taxe Hollande sur les “riches” non seulement ne rapporterait rien à l’État mais l’affaiblirait par la diminution de créations de richesses. Car contrairement à ce que voudraient nous faire croire les socialistes, l’enrichissement de quelques-uns grâce à leur valeur reconnue par le marché ne s’oppose en rien à la solidarité nationale. Au contraire, elle la rend possible par les investissements qu’elle attire. Les Français qui se pressaient nombreux aux portes des Apple Stores pour rendre hommage à Steve Jobs au lendemain de son décès l’avaient bien compris : un créateur génial peut contribuer à changer le monde et à créer des milliers d’emplois chez lui et ailleurs. Rien d’anormal à ce qu’il devienne l’un des hommes les plus riches du monde, même si ce n’était pas son but premier. Avec François Hollande, on ne risque pas de voir une telle aventure se reproduire chez nous.
Rama Yade assure qu'elle n'ira pas à Villepinte
L'élue radicale, qui cherche toujours à obtenir le soutien de l'UMP aux législatives, n'a pas encore décidé de faire campagne pour Sarkozy.
La deuxième raison est plus prosaïque. Rama Yade brigue aux élections législatives de juin la circonscription d'Asnières-Colombes-Sud, la deuxième des Hauts-de-Seine, actuellement détenue par Manuel Aeschlimann. Candidat à sa réélection, ce proche du chef de l'État a été réinvesti par l'UMP, après avoir été condamné en appel à un an d'inéligibilité pour favoritisme. Parce qu'il s'est pourvu en cassation, sa sanction est en suspens, mais elle pourrait être confirmée avant les législatives. C'est la raison pour laquelle Rama Yade, bien qu'elle-même en proie à des démêlés avec la justice à cause de son adresse de domiciliation, espérait un soutien du parti majoritaire pour sa candidature. Elle a évoqué la question avec Nicolas Sarkozy à la mi-janvier, selon Paris Match. Sauf qu'Aeschlimann, particulièrement déterminé à ne pas laisser sa place à l'enfant chérie des sondages, a bien fait comprendre que son épouse, l'élue régionale Marie-Dominique Aeschlimann, pourrait être candidate à sa place...
Le Parti radical à la rescousse
Yade avait été prévenue. Fin 2010, alors qu'elle sondait tous les barons des Hauts-de-Seine en espérant succéder à Aeschlimann, le chef de l'État lui avait donné plutôt raison : "Politiquement et intellectuellement, c'est sensé", avait-il jugé, comme l'écrivait Le Point. Avant que Claude Guéant ne complète : "Mais psychologiquement délicat." Pourtant, Yade, toujours populaire et donc courtisée par l'UMP, ne lâche rien. Au mois de février, lorsqu'elle avait fait mine de s'intéresser au candidat centriste, François Bayrou, l'enfant terrible de la sarkozie avait été jusqu'à prévenir qu'elle "ne soutiendrait pas le candidat" à l'Élysée "qui couvrirait les agissements" d'Aeschlimann, qu'elle accuse de s'être ligué avec le maire socialiste de Colombes contre elle.Aujourd'hui, le scénario d'un rapprochement avec le MoDem s'éloigne, mais le Parti radical prétend faire du sort de Yade l'une des conditions de son ralliement à Sarkozy. "Les conditions d'une investiture unique de Rama Yade dans les Hauts-de-Seine restent en suspens", fait valoir l'influent Patrice Gassenbach, président de la fédération de Paris du Parti valoisien, dans un communiqué, écrit à la suite des déclarations de Jean-François Copé sur la présence de Jean-Louis Borloo, à Villepinte, dimanche, jugées "prématurées". Et de conclure par cette formule délicieusement... radicale : "Adepte du partenariat, le Parti radical, s'il accepte de répondre à des invitations, refuse toujours de donner suite à des convocations." Traduire : la forme, ça compte. Tout comme pour Yade, d'ailleurs, qui a peu apprécié d'être comparée à Rachida Dati - l'ancienne ministre de la Justice a fait un retour en grâce remarqué lors du meeting de Nicolas Sarkozy à Lille. L'ex-secrétaire d'État aux Droits de l'homme juge réducteur d'être éternellement étiquetée "icône de la diversité". "De la diversité d'opinions, oui...", lâche celle qui préfère s'exprimer sur les questions d'éducation. Une "diversité d'opinions" qui est loin d'être regrettée par tous les membres de la majorité...
Grande braderie ! Cherche entreprises étrangères pour racheter Grèce, état usagé, prix à débattre
C'est alors que le gouvernement dans sa course à l'euro, comprend que la privatisation, au moins partielle des entreprises publiques est indispensable. Quand au début de l'année 2000 les ministres européens décident d'accepter la Grèce dans l'euro, tout en se félicitant des efforts accomplis, ils demandent néanmoins « la poursuite plus soutenue des privatisations pour alléger un secteur public peu performant, la libéralisation des marchés de l'électricité, de l'énergie et des transports, la réorganisation des caisses d'assurance-maladie, de retraites et la réalisation de profondes réformes structurelles ». C'est ce que vont exiger les différents plans « de sauvetage » de la Grèce depuis 2010.
En 2010, la Troïka fixe à 7 milliards d'euros le montant des privatisations à atteindre dans l'année, au printemps 2011 la somme passe à 50 milliards d'euros à trouver d'ici 2015, en janvier 2012, revenus à plus de réalisme, les Européens fixent des buts plus limités : 4,5 millions d'euros d'ici juin 2012, 7,5 millions d'ici la fin 2013, 15 millions à la fin 2015.
Vendre tout ou partie de quoi ?
- Les chantiers navals de Syros, Skaramanga et Elefsina, les Olympic Airways, feuilleton célèbre d'une dizaine d'années jusqu'à ce que la compagnie, divisée et démembrée puisse trouver acheteurs (4 airbus restent encore à vendre) ;
- Des banques... La Banque de Crète, la Banque de Macédoine et Thrace, la Banque de Grèce centrale, maintenant la Banque Postale, le Mont de Piété ;
- Énergie et des mines... Compagnie d'électricité, compagnie du gaz naturel, société d’exploitation du nickel, unités de production de lignites, gisement de gaz naturel et mines d'or de Macédoine ;
- Services publics... Les compagnies des eaux d'Athènes et de Salonique, Télécom, poste, la compagnie ferroviaire (elle aussi divisée), concessions d'autoroutes ou des grands ponts, extension du métro d'Athènes ;
- Concession de droits de gestion sur tous les aéroports du pays, les ports du Pirée, de Salonique et d'Héraklion, certaines marinas, la Société de la Foire de Thessalonique, la société nationale des parcs d’exposition ;
- La Société des jeux, les casinos, fréquences radio ;
- Société immobilière d'État dont il faut déjà établir la liste exacte, la Société des sites olympiques, la chaîne publique d’hôtels XENIA et les nombreux sites possédés par l'Office du Tourisme concédés en plages privées ;
Qui achète ?
Ce n'est plus une privatisation, mais une braderie. Les candidats au rachat sont le plus souvent des entreprises allemandes, hollandaises ou françaises (Vinci), rarement des consortiums grecs et souvent, le Qatar et la Chine. La Cosco Pacific ltd, a obtenu la concession de 2 terminaux au Pirée et veut en faire sa porte principale vers l'Europe, un nouveau Singapour ou Rotterdam, disait-elle. De nouveaux investissements chinois sont prévus, dans les télécommunications, l'audiovisuel, le tourisme et toujours au port du Pirée. Le Qatar investit dans les mines d'or, dans la nouvelle banque 1ère banque grecque, les terrains de l'ex-aéroport d'Hellinikon, des investissements immobiliers.
Recette applicable à tous les Européens pour faire concurrence aux salaires moldaves ou chinois ?
Pourquoi certains créanciers de la Grèce pourraient préférer une faillite du pays au plan de sauvetage européen
Concrètement, les gouvernements européens ont demandé au secteur privé de renoncer à 53,5 % de ses créances grecques en échange de nouvelles obligations à très long terme et d’obligations du FESF (Fonds européen de stabilité financière) pour les 46,5 % restants, avec une part de garantie européenne.
Quels sont les détenteurs de la dette grecque ?
- environ 155 milliards d'euros sont détenus par le “secteur public international”, et ne seront pas décotés ;
- environ 200 milliards d'euros sont détenus par des investisseurs privés, à qui on propose une décote.
- 50 milliards d'euros pour des banques et des assureurs internationaux ;
- 80 milliards d'euros pour les banques et fonds de pensions grecs ;
- 70 milliards d'euros pour des fonds d’investissements internationaux.
Quels sont les impacts de la restructuration de la dette ?
Certains détenteurs privés de la dette grecque n'ont aucun intérêt à accepter le plan de sauvetage européen
L'objectif de la Grèce...
Tout ça pour ça...
Attention au véritable montant des contrats d'assurance !
Dès lors, il y aura un vrai défaut qui déclenchera les fameux CDS. On essaie de faire croire que les montants sont limités - on parle de 3 milliards d'euros en net - mais le souci est qu’il convient de ne pas perdre les montants bruts, qui semblent avoisiner les 50 milliards d'euros et qui ne se compenseront peut-être pas facilement entre banques mises en difficulté....













